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4 mars 2018

Les morts de la Saint-Jean, Henning Mankell

LES MORTS DE LA SAINT JEANLes morts de la Saint-Jean est un roman policier du suédois Henning Mankell mettant en scène l'inspecteur Kurt Wallander. Il est paru en 1997 en Suède et en 2001 en France aux éditions du Seuil.

Août 1996. La police d'Ystad piétine sur la disparition de trois jeunes gens, durant la nuit de la Saint-Jean. La mère de l'un d'eux est persuadée qu'il leur est arrivé malheur, tandis que des cartes postales signées de leurs trois noms leur parviennent, postées d'un peu partout en Europe. L'affaire prend un autre tournant lorsque Wallander découvre que Karl Evert Svedberg, l'un de ses collègues, a été assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Ce dernier s'intéressait durant son temps libre à la disparition des trois jeunes. L'enquête bascule brutalement lorsque les corps sont retrouvés dans un parc par des promeneurs. Déguisés en costumes d'époque les trois jeunes semblent être en plein pique-nique alors que les analyses attestent que leur mort remonte à deux mois. Wallander en est sûr : les deux affaires sont liées !

J'ai longtemps été réticente mais j'ai enfin sauté le pas : ce roman est mon premier livre audio ! 17h10 d'écoute, essentiellement durant mes trajets pour aller travailler. Et si au début l'expérience m'est apparue très agréable, je me suis rapidement lassée, trouvant que le rythme était trop lent et que l'intrigue piétinait un peu. Je ne suis pas une grande adepte des polars contemporains, les trouvant souvent trop violents et répétitifs, mais une collègue m'ayant chaudement recommandé celui-ci, j'ai succombé en l'empruntant à la médiathèque. 
Outre la lenteur due au temps d'écoute (je lis plus rapidement !), j'ai trouvé que l'intrigue démarrait rapidement pour s'enliser progressivement, à l'image d'un Wallander vieillissant, souffrant de diabète et de surpoids. Les enquêteurs stagnent dans leur réflexion, s'égarant dans des pistes que le lecteur sait être des leurres. La narration est en effet parfois prise en charge par le tueur, ce qui donne au lecteur une longueur d'avance sur les personnages. Le suspense est moindre donc, et rapidement le lecteur de comprendre les contours du dénouement. Ne reste que le mobile. Un polar qui m'a détendue un temps, donc, mais qui n'a pas su capter réellement mon intérêt et dont je vais oublier le dénouement rapidement.

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16 novembre 2017

Les Harmoniques, Gérald Tenenbaum

Les Harmoniques, Gérald TenenbaumLes Harmoniques est le dernier roman du mathématicien et écrivain Gérald Tenenbaum paru en février 2017 aux éditions de l'Aube.

Un homme et une femme se retrouvent au débarcadère du vaporetto de Venise. Ils ont rendez-vous. Leurs destins sont croisés dans une histoire plurielle dont il faudra remonter le temps pour en comprendre l'essence.

Roman mélancolique et poétique à souhait, Les Harmoniques est comme une chanson douce un peu triste que l'on écoute avec plaisir. Chassé-croisé de personnages, de sentiments, d'époques et de lieux, il emmène son lecteur au coeur d'une intrigue à tiroirs qui se joue comme une partition. L'amour éclot, pour mieux être entraîné dans un espace-temps tourbillonnant et mélodieux. Les chapitres se succèdent, alternant les années, créant une confusion savamment entretenue, pour mieux dévoiler le dénouement.

Gérald Tenenbaum possède une plume fine, mélodieuse et précise, qui entraîne son lecteur au gré des chapitres, entre la France, l'Italie, l'Argentine, illustrant le concept d'harmonique dépeint en citation liminaire. Une lecture qui transporte dans un monde de mots et de sons. Une belle découverte.

"Entre brume et lagune, la lumière éraillée de fin d'après-midi oscille à l'infini. Une pluie fine brise les formes, le ciel brouillé se ressaisit dans la densité liquide. On est charmé, donc troublé, par la texture de l'air, une épaisseur qui ne protège pas. On plisse les yeux, on réprime un frisson, on inspire prudemment, et, comme une évidence longtemps éludée, on se résout à admettre que le reflet de la clarté est aussi une clarté." (p.9)

"On cherche parce que, au fond de soi, le mystère est un défi à ce que l'on est, on cherche pour parachever l'ordre du monde, on cherche parce que le trou béant de l'incapacité à répondre aux questions que l'on porte en soi est un outrage à l'élégance." (p.70)

31 août 2017

Au fond de l'eau, Paula Hawkins

Au fond de l'eau, Paula HawkinsAu fond de l'eau est le nouveau roman de la britannique Paula Hawkins, mondialement connue pour son thriller La fille du train (qui m'avait réconciliée avec les thrillers l'an dernier). Il est paru en France en juin chez Sonatine.

Lorsque Nel est retrouvée morte dans la rivière, sa soeur, Jules, est obligée de revenir à Beckford, la ville de leur enfance, pour s'occuper de sa fille, Lena. Le passé ressurgit et Jules doit affronter l'effroyable présent : sa soeur s'est donné la mort dans le bassin aux noyées, cette partie de la rivière où des femmes se sont jetées dans l'eau pour en finir. Alors qu'elle faisait un reportage photographique sur cette partie de la rivière, Nel a été emportée par son projet artistique. C'est ce que tout le monde croit, y compris l'inspecteur Sean. Mais Jules se rend rapidement compte que la mort de sa soeur survient quelques temps à peine après le suicide d'une adolescente du village, Katie, la meilleure amie de Lena. Et si ces deux morts étaient liées ?

J'avais été complètement happée par l'intrigue de La fille du train, me prenant au jeu de cette narration alternée savamment orchestrée, et j'attendais ce nouveau roman avec impatience. Hélas, il est bien difficile d'être à la hauteur d'une pépite littéraire, quel qu'en soit son genre. Et Paula Hawkins n'est pas parvenue à transformer l'essai.

Au fond de l'eau est un thriller efficace, certes, mais qui ne possède en rien la saveur de La fille du train. Ses personnages sont assez communs, sans réelle complexité psychologique et son intrigue ficelée trop rapidement pour ne pas être prévisible. Paula Hawkins opte à nouveau pour une narration alternée mais sans la singularité d'un narrateur aux souvenirs confus, comme dans son précédent roman. Et l'air de rien, l'ensemble perd de son charme. Les personnages se succèdent pour prendre en charge la narration et offrir au lecteur leur point de vue, mais  le tout reste plat, sans relief. Si j'avais tourné les pages de La fille du train à une vitesse vertigineuse, je me suis passablement ennuyée à Beckford sur les traces de Nel et de ce bassin aux noyées. Un thriller très commun, qui n'a su ni me terroriser ni me surprendre. C'est bien dommage...

Nelfe en revanche a passé un très bon moment entre ces pages.

20 septembre 2017

Shenzhen, Guy Delisle

Shenzhen, Guy DelisleShenzhen est le premier album autobiographique du canadien Guy Delisle paru en 2000 aux éditions de l'Association.

Alors qu'il travaille dans l'animation, Guy Delisle est envoyé en mission en Chine durant trois mois, afin de superviser un studio de dessins animés. Et sur sa vie quotidienne à Shenzhen, il prend des notes, griffonne, réfléchit et livre à son retour un album autobiographique relatant son expérience.

J'aime beaucoup Guy Delisle, vous le savez. Après Chroniques Birmanes et Chroniques de Jérusalem, j'ai eu envie de découvrir ses premiers albums autobiographiques. Shenzhen plante le décor de ce qui sera ensuite la patte de Delisle, sa marque de fabrique : un humour omniprésent, une auto-dérision constante, une éternelle curiosité et un questionnement permanent sur ce qui l'entoure. Pas de paillettes ni de fard, Delisle nous donne à voir son carnet de voyage durant lequel parfois il s'ennuie et le dit ouvertement.

De ses débuts solitaires dans ce pays dont il ne parle pas la langue à ses sorties entre collègues et les incompréhensions culturelles et linguistiques qui en découlent, il ne nous vend pas du rêve mais nous livre son expérience, sa réalité. C'est drôle, immersif, et si le style est un peu plus brouillon au niveau narratif et visuel que dans les albums suivants, il n'en demeure pas moins que le plaisir de lecture est là. 

Plusieurs anecdotes m'ont rappelé mon voyage en Chine il y a cinq ans et ses déboires culturels : le fait que le concept des files d'attente soit complètement étranger aux Chinois (en gros, ils vous passent devant sans aucun problème et personne ne semble s'en rendre compte), que pour traverser il faille jouer sa vie (j'ai eu la même impression au Vietnam !), et plus d'une fois j'ai ri dans ces pages. En revanche, Guy Delisle a été beaucoup plus téméraire que moi au niveau culinaire. Il a osé goûter du serpent, du chien, (j'en aurai été bien incapable, et ce pour plein de raisons !) et a bu une liqueur avec du sang et une autre avec la vessie écrasée d'un serpent. Voilà voilà...

Belle immersion culturelle - moins poussée que les albums suivants - Shenzhen est un excellent album autobiographique qui suinte l'authenticité, marque de fabrique de l'auteur.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Stephie !

5 juin 2017

Le dimanche des mères, Graham Swift

A17871Le dimanche des mères est le dernier roman de l'écrivain britannique Graham Swift paru en janvier 2017 chez Gallimard.

30 mars 1924, Angleterre. Alors que l'artistocratie offre traditionnellement une journée à ses domestiques afin que ceux-ci rendent visite à leur mère, Jane, jeune domestique orpheline, hésite sur son emploi du temps : va-t-elle lire ou se promener à vélo ? Mais le téléphone qui sonne coupe court à ses doutes : Paul Sheringham, jeune aristocrate dont elle est la maîtresse depuis de nombreuses années, lui demande de le rejoindre dans sa maison familiale vide. Jane court le retrouver, profitant de cette entrevue alors que le mariage de Paul avec une riche héritière doit se dérouler deux semaines plus tard.

Reçu en cadeau pour mon anniversaire (merci à celui qui se reconnaîtra !), j'ai dévoré ce roman le temps d'une après-midi ensoleillée dans mon jardin, me plongeant dans cette intrigue aux relents de Downton Abbey.

La Première Guerre mondiale terminée, l'Angleterre est à un tournant social et économique. La domesticité n'est plus ce qu'elle était, ni les relations entre maîtres et personnels. Le monde change, la guerre a laissé des stigmates, et c'est comme une fin de siècle que dépeint cette intrigue brève et rapide. Le lecteur suit cette journée du 30 mars aux côtés de Jane, racontée par une Jane plus âgée, devenue toute autre que domestique. Le temps semble figé, le vernis s'effrite, les vélos ont remplacé les chevaux et les frontières s'effacent. 

J'ai plongé dans cette intrigue comme en apnée, me demandant où Graham Swift allait m'emmener. Et je n'ai pas été déçue du voyage. J'ai adoré cette incursion dans cette Angleterre du début du 20e portée par une plume sensuelle et dense. Une belle lecture, sans aucun doute !

Première participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda.

Une pensée toute particulière aux londoniens en ces jours sombres...

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24 janvier 2018

Pyongyang, Guy Delisle

PyongyangPyongyang est un album du québécois Guy Delisle publié par L'Association en 2003.

Après son expérience à Shenzhen, Guy Delisle s'est rendu à Pyongyang pour pousuivre son activité dans l'animation.  Une immersion de quelques mois en Corée du Nord, l'un des pays les plus secrets du monde.

On retrouve dans Pyongyang ce qui fait tout le charme des albums de Delisle : un humour féroce, une auto-dérision et une humilité à toute épreuve. Mais la particularité de cet album réside dans cette expérience hors du commun en Corée du Nord. Delisle se heurte à beaucoup d'interdits, à des règles strictes qui lui sont imposées pour le contrôler, et en rend compte sans jugement. Les anecdotes se succèdent au rythme des jours, et Delisle de les rapporter avec une pointe d'humour et de questionnement.

Si son trait s'est grandement amélioré au fil du temps, sa façon de chroniquer son quotidien aussi. Pyongyang semble plus décousu que ses albums à venir, parfois un peu brouillon, des tranches de vie qui se succèdent sans réelle connexion entre. Qu'importe ! J'ai encore passé un excellent moment, comme toujours, pardonnant à Delisle ses tâtonnements pour mieux apprécier son propos et cette plongée à Pyongyang.

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Cette semaine chez Mo' !

26 avril 2017

Le Travailleur de la nuit, Matz et Chemineau

Le travailleur de la nuitLe travailleur de la nuit est un album signé Matz pour le scénario et Chemineau pour les dessins paru en avril chez Rue de Sèvres.

Amiens, 1905. Procès d'Alexandre Jacob, marin, cambrioleur professionnel, anarchiste. Cet homme au destin exemplaire a connu le bagne, le cachot, la violence, les insultes, les procès et les injustices pour défendre les valeurs qui sont les siennes. De son enfance à Marseille à son engagement dans la marine en passant par son détour dans la piraterie puis son accomplissement dans son engagement politique et ses célèbres cambriolages avec son gang surnommé "Les Travailleurs de la nuit", retour sur cette vie hors du commun et cet homme au courage indéniable.

Magnifique biographie d'un homme engagé, luttant contre l'injustice et l'inégalité, Le travailleur de la nuit est un vibrant hommage à celui qui, dit-on, inspira Arsène Lupin à Maurice Leblanc. Alexandre Jacob était un homme comme on en fait peu, mal-né, sans éducation, mais aux idées, au charisme et à l'ingéniosité hors pair.  Ces pages le remettent en lumière, esquissent sa vie tumultueuse et ses nombreux cahots. En cette fin du 19e et ce début du 20e siècle, les conditions sociales n'étaient pas les mêmes, les injustices criantes, et des voix comme la sienne s'élevaient pour les dénoncer.

Ce one-shot se lit d'une traite, pour parcourir sans répit la vie tumultueuse de cet enragé, ce Robin des bois moderne qui cambriolait les riches pour redonner aux pauvres. Les dessins de Chemineau, aux couleurs tendres, font voyager le lecteur entre la France et la Guyanne, sur terre, en mer, de la naissance à la mort de ce révolté fidèle à ses idées qui s'est battu pour un monde meilleur. Une lecture excellente ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte.

"J'ai vu le monde et il n'était pas beau."

                                                                  Alexandre Jacob

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

14 juin 2017

Où le regard ne porte pas...T.1 Georges Abolin et Olivier Pont

Où le regard ne porte pasOù le regard ne porte pas... est une série en deux tomes imaginée par Georges Abolin et Olivier Pont et parue chez Dargaud en 2004.

1906, Barellito, petit village italien qui prospère grâce à la pêche. Le jour où William et sa famille quittent Londres pour venir s'y installer, ce petit équilibre va être rompu. Car en visionnaire, Alex, le père de William, a décidé d'acheter un bateau et d'aller pêcher au large. Mais les pêcheurs du coin ne voient pas d'un bon oeil cette avancée technique. En parallèle, William fait la connaissance de Lisa, Nino et Paolo, trois enfants de son âge. Ensemble, dans ce paysage paradisiaque, ils se découvrent. Car tous trois semblent liés par leur date d'anniversaire et un étrange objet que détient Lisa.

Un de mes collègues m'a offert les deux tomes de cette série à l'occasion de mon départ (J., si tu passes par ici, merci beaucoup !) et je dois dire qu'après six ans à se conseiller des livres - et notamment des BD -, j'ai ouvert cet album les yeux fermés, certaine d'y trouver la poésie qu'il évoquait dans le petit mot qu'il m'a laissé.

J'ai plongé dans ce petit village italien du début du 20ème siècle, son charme suranné, sa nature sauvage, impétueuse et à la fois envoûtante, ses villageois bourrus et rétrogrades, aussi. J'ai glissé dans l'eau, aux côtés de Williams et de ses amis, menée par le rythme absolument parfait de cette intrigue en apparence simple. Et j'ai aimé. Beaucoup aimé même.

Georges Abolin prend le temps de dérouler patiemment les fils de son histoire, entre suspense et accalmie. Il la jalonne de mystères - les dons étonnants de Lisa, les visions rougeoyantes à la première personne qui émaillent l'intrigue -, de tranches de vie, de difficultés aussi - notamment du côté des adultes de l'intrigue.

Les dessins magnifiques d'Olivier Pont portent ce récit en lui offrant une lumière douce et un rythme semblable à celui des jeux des enfants dans cette nature qui semble insouciante. Ode à l'enfance, à l'amitié, à l'insouciance ce premier tome est un enchantement très poétique, une échappée dans le temps. J'aurais aimé être aux côtés de ces personnages dans ce village où le temps semble s'être arrêté, plonger moi aussi dans ces eaux. Je n'ai qu'une hâte : ouvrir le second tome pour connaître le dénouement de l'intrigue!

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Cette semaine chez Noukette !

20 avril 2017

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi, Rachel Joyce

La lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva un mardi, Rachel JoyceLa lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva le mardi... est le premier roman de la britannique Rachel Joyce paru en 2012 aux éditions XO. C'était à l'origine une pièce radiophonique pour la BBC que l'auteure avait écrite alors que son père était en phase terminale d'un cancer.

Harold Fry reçoit un jour une lettre d'une ancienne collègue. Queenie, c'est son nom, lui annonce qu'elle est en train de mourir d'un cancer. Ému, Harold rédige une réponse qu'il décide de poster sur le champ. Laissant sa femme Maureen affairée à faire du ménage, le sexagénaire sort pour rejoindre la prochaine boîte aux lettres. En chemin, il change d'avis : il ne va pas poster sa réponse mais il va aller rendre visite à Queenie dans son centre de soin palliatif. Du sud de l'Angleterre, il décide de rejoindre la frontière écossaise sans aucune préparation, sans sac à dos, avec ses chaussures bateau, lui qui n'a jamais fait réellement de sport dans sa vie. Harold promet à Queenie qu'il va arriver, mais qu'elle doit l'attendre. Il marche donc, pour qu'elle vive.

Ce roman a fait grand bruit lors de sa parution il y a quelques années mais jusque là, je n'avais pas eu la curiosité de comprendre pourquoi. Je n'avais pas été conquise par Deux secondes de trop, le second roman de Rachel Joyce mais comme j'ai eu l'occasion d'avoir celui-ci entre les mains, j'ai commencé à lire la première page... pour ne plus le lâcher !

Vous savez comme les histoires de marche méditative m'inspirent (à la même époque l'an dernier je dévorais Wild de Cheryl Strayed) et celle-ci n'a pas fait exception. Même si l'histoire d'Harold est fictive, elle a su me toucher dès les premières pages. J'ai été émue par cet homme à la retraite qui décide sur un coup de tête de tout plaquer et de marcher pour lutter contre la mort de son amie. Sa marche prend des allures de rédemption et d'introspection. Les kilomètres faisant, Harold se dépouille de ses certitudes pour mieux analyser son parcours de vie et comprendre pourquoi il en arrive là. C'est émouvant, jamais larmoyant malgré le sujet grave, et si l'ensemble est un tantinet improbable (parcourir 1000 km en 87 jours sans aucune préparation me semble compliqué), l'ensemble fonctionne bien. 

J'ai aimé accompagner Harold dans sa marche pour retrouver Queenie, réfléchir à ses côtés à sa vie, ses choix, ses erreurs comme ses bons moments. J'ai aimé moi aussi laisser de côté toute certitude sur ce chemin. Et je me dis de plus en plus que je vais entreprendre un tel périple moi aussi un de ces quatre !

21 novembre 2016

Famille zéro déchet ze guide, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Famille presque zéro déchet ze guideFamille zéro déchet ze guide, écrit par Jérémie Pichon et mis en images par Bénédicte Moret, est paru en mars 2016 chez Thierry Souccar.

Préfacé par Nicolas Hulot et Béa Johnson, ce livre reprend ce qui a été à l'origine des billets de blog et raconte le quotidien d'une famille de quatre personnes engagée dans la lutte contre les déchets. A coup de chiffres clés, de comparatifs, d'expériences et de conseils, Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants nous expliquent pourquoi et comment ils en sont venus à réduire leurs déchets et nous aident dans cette démarche.

Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants

Loin des stéréotypes qui dépeignaient les écolos comme des marginaux un peu barrés en train d'élever des chèvres dans le Larzac en grignotant trois graines, être concerné par l'environnement aujourd'hui est presque devenu une obligation tant les enjeux sont importants. Ceux qui me suivent sur Instagram voient bien toutes mes réflexions et mes essais dans ce domaine et loin de moi l'idée de vous faire du bourrage de crâne ici (libre à vous d'arrêter de lire ce billet aussi...), mais j'avais très envie de vous parler de ce guide reçu en cadeau lors de mon dernier anniversaire, et qui est tout bonnement devenu un incontournable chez moi. Après sa lecture très instructive et agréable grâce aux nombreuses illustrations (oui, je sais, je suis en train de dire que j'ai aimé parce qu'il y avait des dessins...on dirait une élève !), j'ai adopté la recette de lessive home made verte, j'ai cousu des sacs à vrac et acheté des filets à provision pour éviter de prendre des sachets transparents au rayon fruits et légumes, j'ai remplacé beaucoup de cosmétiques par des versions bonnes pour la planète et pour mon corps, etc.  Bref, il y a un avant et un après cette lecture pour moi, survenue après celle de No Impact man et Zéro déchet et je n'ai eu de cesse d'en parler autour de moi.

Jamais moralisateur, ni culpabilisant, mais tout en couleurs, classé de façon thématique et sur le ton de l'humour, Famille zéro déchet ze guide nous fait entrer dans le quotidien de cette famille et son combat de tous les instants. Avec ce guide, vous comprendrez enfin tous les effets de notre consommation sur l'environnement, vous serez capables de répondre aux zérosceptiques (ceux qui vont essayer de démonter vos beaux efforts à coup d'excuses et de phrases plombantes), de fabriquer vous-même (entre autres) votre déodorant ou votre produit vaisselle, de faire moins mais mieux au moment des fêtes, de penser durable pour le jardin comme pour la maison, etc. Les chiffres sont glaçants, les effets de nos déchets monstrueux sur la faune et la flore, mais le côté bohème et décalé de cette famille permet de faire passer la pilule et de donner envie d'agir. Le couple à l'origine du projet est tout simplement complémentaire. Jérémie signe des textes bourrés d'humour que sa compagne, Bénédicte, complète par des illustrations tout aussi drôles. Un guide à découvrir sans tarder !

A noter : Les Zenfants Zéro Déchet ze mission vient tout juste de sortir début novembre.

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31 août 2016

Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro

Zaï Zaï Zaï Zaï, FabcaroZaï zaï zaï zaï est un album de Fabrice Caro, alias Fabcaro, paru en mai 2015 chez 6 pieds sous terre.

Pris en tort par le vigile d'un supermarché parce qu'il a oublié sa carte de fidélité, Fabrice, auteur de BD de son état, s'enfuit. Débute alors une immense traque et une course-poursuite contre cet incroyable hors-la-loi mis au ban de la société.

Alors c'est simple : cet album est une pure merveille ! Un condensé de non-sense, d'absurde et de loufoquerie à côté duquel il serait vraiment dommage de passer ! Dès les premières planches, Fabcaro plante le décor de ce road-movie décalé à l'humour ravageur, un brin kitsch, complètement ubuesque, littéralement déjanté. Fabrice menace le vigile d'un poireau avant de prendre la fuite ! Difficile de rester insensible face à cette scène et celles qui suivent, toutes aussi savoureuses. Cette fuite effrénée est l'occasion pour l'auteur de dénoncer les travers de notre société : le poids des médias, le racisme ordinaire, le conformisme, l'étroitesse d'esprit, la rumeur, etc. Sous couvert d'humour, sans ton moralisateur, c'est bien une critique de la société que Fabcaro nous livre ici, et c'est en usant d'un procédé littéraire bien ancien qui consiste à parler d'un ailleurs que l'auteur dénonce le ici et maintenant.

Le dessin un peu flou - qui fait penser à celui de Bastien Vivès - porte ce road-movie au rythme lent. L'auteur donne à voir ses scènes, tels des tableaux, et permet à son lecteur de s'immiscer dans cette intrigue barrée. Le découpage des planches est irrégulier et chaque page offre une chute ou une occasion de s'ésclaffer allègrement. C'est bien simple, Zaï zaï zaï zaï est une confiserie délicieuse que l'on regrette d'avoir trop vite terminée. A bon entendeur...Un gros coup de coeur, sans hésitation aucune, que je vous encourage vivement à découvrir et un grand merci à celui qui me l'a offert. Les avis de Mo, Noukette, SabineYvan, Jérome...

"La vie est une chienne borgne sous un ciel d'octobre, je vous souhaite de le découvrir le plus tard possible."

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12 septembre 2016

Harry Potter and the Cursed Child, J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

harry-potter-and-the-cursed-child-678x1024Harry Potter and the Cursed Child est le texte de la pièce de théâtre éponyme jouée pour la première fois le 31 juillet 2016 à Londres. Co-écrit par l'auteure des aventures de la saga Harry Potter, J.K. Rowling, Jack Thorne et le metteur en scène John Tiffany, ce huitième volet des aventures du célèbre petit sorcier est sorti le jour de la première londonienne en anglais et paraîtra en français chez Gallimard le 14 octobre 2016. 

Londres, dix-neuf ans après la bataille de Poudlard. Harry, trente-sept ans, désormais employé au Ministère de la Magie, est marié à Ginny et père de trois enfants, James, Lily et Albus. La rentrée d'Albus à Poudlard est rude et le garçon peine à trouver sa place en étant le fils du célèbre Harry Potter. Sa plus grande crainte se réalise - être admis à Serpentard après la cérémonie du Choixpeau magique - et Albus ne parvient pas à s'intégrer aux autres élèves. Son amitié avec Scorpius, le fils de Draco Malefoy, ne l'aide pas à se sociabiliser, et les deux garçons traversent leur scolarité en vase clos. A l'aube de leur cinquième année, et après une énième impression de décevoir constamment son entourage, Albus décide d'agir. Il entraîne Scropius avec lui dans une idée rocambolesque mais dont il ne perçoit pas les conséquences.

Entre Harry et moi, c'est une grande histoire d'amour. Une très grande histoire d'amour même. J'avais consacré mon mémoire de Master 1 de littérature à l'analyse de la peur dans l'oeuvre en examinant son traitement cinématographique et littéraire. Avant ça, j'étais déjà accro à cette série. Après cette année d'étude sur l'oeuvre, je sais que Harry Potter est inscrit en moi et fait partie de mon histoire. J'ai même frôlé l'hystérie en allant visiter les studios de tournage à Londres il y a quatre ans (et je pèse mes mots : je n'avais quasi pas dormi de la nuit tant j'étais excitée par cette journée...)

Bref, ça c'était un petit préambule pour vous mettre en situation. Vous comprendrez donc que j'attendais avec impatience de découvrir de nouvelles aventures de Harry, Ron et Hermione, histoire de prolonger les heures de lecture délicieuses de mon adolescence. Et si cette rencontre fut belle, elle fut néanmoins teintée de points négatifs à mentionner.

J'ai en effet adoré retrouver ces personnages qui m'ont accompagnée durant tant d'années, dont j'ai tant parlé, sur lesquels j'ai échafaudé tant de théories. J'ai adoré découvrir ce que J.K. Rowling avait esquissé pour leur avenir, même si moi aussi j'avais fait quelques plans dans ma tête à la fin du dernier tome. Mais ce huitième tome pèche tout simplement parce que ce n'est pas J.K. Rowling qui est derrière. Et cela change tout. Non que je sois une puriste de la romancière mais elle a réussi à créer des personnages qui ont bouleversé le paysage de l'édition jeunesse et accompagné des générations de lecteurs et il fallait posséder un sacré talent pour prendre sa suite. Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Première déception, et non des moindres : les personnages que nous retrouvons dans ce huitième tome ne sont que de pâles copies des personnages originaux. Leur psychologie semble esquissée très rapidement et j'ai même peiné à retrouver Harry sous les traits de ce quadra impulsif, colérique et optu. Le trio Harry-Ron-Hermione est inexistant, même lorsqu'ils se retrouvent et leur alchimie passée semble révolue, malgré les liens qui les liens (Ron et Hermione étant mariés). La nouvelle génération ne bénéficie pas d'un meilleur traitement. Résultat : il est bien difficile de ressentir une quelconque émotion pour Albus, Scorpius ou les autres.

Deuxième déception et non des moindres, la plume. Ce n'est pas J.K. Rowling qui signe cette oeuvre et cela s'en ressent énormément. Le style est plat, sans relief, l'humour souvent lourd et les répétitions nombreuses. La forme théâtrale était très intéressante et aurait pu donner lieu à une salve de dialogues truculents mais ce n'est pas le cas. Et c'est dommage, car c'est un des points forts de J.K. Rowling.

Il n'en reste pas moins que j'ai apprécié cette lecture parce que je peine à être objective. J'ai aimé sa forme théâtrale, fondamentalement différente des précédents opus de la série. Les décors et l'univers ayant déjà été bien campés, il est aisé de se glisser dans cette nouvelle intrigue et d'en suivre les bouleversements. J'ai même apprécié le rythme rapide dû au genre et j'ai souvent imaginé comment je mettrai en scène certains passages et l'effet qu'ils auraient sur le spectateur. Je dois avouer que la forme m'a réellement plu et que j'ai aimé imaginer l'univers de J.K. Rowling transposé sur une scène de théâtre.

L'intrigue est pour sa part bien ficelée, dynamique, avec de nombreux retournements de situation, même si elle est brève en comparaison des précédents tomes. La narration n'est pas linéaire et alterne passé et présent, pour faire parfois des bonds en avant pour mieux revenir et c'est intéressant.

Bref, difficile d'en dire plus sans trop en dire pour ceux qui souhaiteraient le lire. En définitive, je crois que c'est ma nostalgie des incroyables heures de lecture de ma jeunesse qui m'a fait apprécier ce huitième tome, car les bémols sont nombreux. Mais je crois que découvrir une nouvelle aventure de Harry, Ron et Hermione l'a emporté et j'ai apprécié malgré tout ces pages.

16 septembre 2015

Eloge de la névrose en 10 syndromes, Leslie Plée

Eloge de la névroseEloge de la névrose en 10 syndromes est le dernier album de l'illustratrice parisienne Leslie Plée paru en août dans la collection Tapas chez Delcourt.

Du syndrome de l'adultisme à celui de l'imposteur procrastinateur en passant par celui du fardeau, Leslie Plée croque avec humour les petites névroses du quotidien.

J'ai découvert Leslie Plée il y a cinq ans à l'occasion de la lecture de Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses, le petit album dans lequel elle racontait avec un humour féroce son expérience de "libraire" dans une grande surface de produits culturels. A cette occasion, même, je lui avais posé quelques questions pour en savoir un peu plus sur elle et son métier d'illustratice (mon interview ici). Je n'avais jusque là pas eu l'occasion de rouvrir un de ses albums. J'étais donc enthousiaste à l'idée de découvrir cet éloge de la névrose. 

Leslie Plée nous offre encore une fois une analyse des plus fines de notre société et de ses petits travers psychologiques, le tout dans un condensé d'humour qui laisse difficilement indifférent. La jeune illustratrice n'hésite pas à se mettre une nouvelle fois en scène pour illustrer ses propos sur les névroses diverses et variées qui hantent nos quotidiens, inventées par ses soins ou bien réelles. De l'auto-dérision, donc, et pas qu'un peu, de la psychologie, aussi, Michel, son chat obèse et mascotte de ses albums, et un dessin minimaliste pour illustrer le tout. J'ai été conquise !

L'humour est toujours aussi décapant, parfois engagé (notamment pour la condition féminine avec le syndrome des règles bleues), jamais méchant. Leslie Plée est avant tout la cible de son humour et c'est très agréable de retrouver son personnage un peu gauche et complexée mais qui assume désormais ses névroses. L'ensemble est un peu fantasque, entre syndromes réels, syndromes réels mais adaptés par Leslie Plée et pure imagination de cette dernière. Une petite bouffée d'air frais que cet album sans langue de bois dont la lecture va sûrement occasionner chez vous une identification. Alors, êtes-vous atteint par le syndrome du nicodépendant anxieux ou par le syndrome de l'adultisme ? Ouvrez cet album pour le savoir !

Merci beaucoup à Mélanie et aux éditions Delcourt pour cet album.

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Le blog de Leslie Plée

Leslie Plée

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 C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette.

 

26 novembre 2015

Deux secondes de trop, Rachel Joyce

Deux secondes de trop, Rachel JoyceDeux secondes de trop est le second roman de l'anglaise Rachel Joyce paru chez XO en 2014. Son premier roman, La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi reçut le prestigieux National Book Award en 2012.

Angleterre, 1972. Pour coïncider avec la rotation de la Terre, il a été décidé que deux secondes seraient rajoutées au temps. Deux minuscules secondes, qui auraient pu passer inaperçues mais qui troublent énormément le jeune Byron. Et lorsque le moment annoncé arrive, Byron et sa mère sont victimes d'un accident de voiture, Byron ayant déconcentré sa mère au volant. Les conséquences de cet accident vont être lourdes pour le jeune garçon et sa mère, et seule le temps parviendra à panser les blessures occasionnées.

J'ai beaucoup entendu parler de cette auteure et de son premier roman, et étant tombée sur celui-ci par hasard avant de partir en vacances cet été, je l'ai glissé sans hésiter dans mes valises, pensant passer un délicieux moment dans les 70's avec une intrigue tournée autour de la question du temps et de ses distorsions. J'adore les voyages dans le temps et toutes les thématiques qui tournent autour de cette question et je pensais les retrouver dans ce roman (j'ai d'ailleurs beaucoup réfléchi au pourquoi du comment de ces deux secondes moi aussi, en même temps que le petit Byron...).
Mais en réalité, Deux secondes de trop est un roman bien plus grave qu'il n'y paraît. L'intrigue tourne autour de cet accident de voiture et de ces conséquences dramatiques sur la famille, alternant passé et présent. Le ton est lourd, grave, et les personnages semblent engoncés dans des situations dramatiques dont le lecteur doute qu'ils puissent sortir. 
J'ai trouvé l'ensemble très pesant et j'ai éprouvé un certain malaise à cette lecture. Malgré un retournement de situation final intéressant (mais qui n'ôte rien au caractère morose de l'intrigue), j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce roman, non parce que je m'y suis ennuyée ou que l'auteure écrit mal, mais parce que tout semblait si sombre pour les personnages que je n'avais pas envie de progresser dans ma lecture pour apprendre d'autres événements dramatiques pour eux. Une lecture de vacances qui m'avait tout sauf détendue, vous vous en doutez...

Les avis d'Anne, Alex-mot-à-mots, Keisha, Amartia, etc.

29 octobre 2015

Demain est un autre jour, Lori Nelson Spielman

Demain est un autre jour, Lorie Nelson SpielmanDemain est un autre jour est le premier roman de l'américaine Lori Nelson Spielman paru en 2013 aux éditions du Cherche Midi.

Elizabeth Bohlinger vient de mourir, laissant ses trois enfants éplorés. Alors que Brett, sa fille, s'apprête à prendre la tête de son immense empire cosmétique, Elizabeth lui réserve une bien drôle de surprise... Certaine que sa fille n'est pas heureuse dans sa vie actuelle, elle l'oblige à remplir une liste de dix objectifs qu'elle avait dressés lorsqu'elle avait quatorze ans, faute de quoi, elle ne pourra toucher son héritage. Brett à la vie si rangée avec son copain Andrew et son emploi dans l'entreprise familiale ne voit pas d'un très bon oeil cette ultime requête. Parce qu'entre devenir enseignante, avoir un bébé, acheter une maison ou encore acheter un cheval, elle se demande bien si ces rêves correspondent à sa vie et surtout par quoi commencer...

Ce roman est un concentré de feel good et je ne voyais pas meilleur moyen pour commencer ledit Challenge Feel Good ! Sous couvert d'une intrigue qui semble simple et cousue de fil blanc, Lori Nelson Spielman interroge son lecteur, à travers le personnage de Brett : votre vie ressemble-t-elle à celle dont vous rêviez, enfant ? Parce que pour Brett, c'est tout le contraire. Et ce personnage de femme vulnérable au début du roman va se métamorphoser au fil des pages et des objectifs atteints. Et la voir ainsi évoluer, c'est diablement grisant.

Des thématiques intéressantes comme la relation mère-fille et père-fille ou encore la quête identitaire émaillent le récit. Brett part à la recherche de ses racines tout en partant à la recherche d'elle-même, abandonnant tout sur son passage, l'injonction de sa mère résonnant comme un appel à la renaissance.

Et si certaines situations sont prévisibles (notamment l'aspect sentimental de l'intrigue), que les personnages sont parfois caricaturaux et que quelques situations sont invraisemblables ou faciles, il n'en demeure pas moins que l'ensemble remplit complètement son objectif et que j'ai eu beaucoup de plaisir à accompagner Brett pendant son année de défi, jubilant à ses côtés à chaque objectif atteint. J'ai ri, j'ai pleuré (si si, je vous assure... mais je ne suis pas une référence !) et j'ai refermé ce roman avec le coeur plus léger. Comme si suivre Brett dans ses errements m'avait donné le courage d'affronter les miens. Je n'ai pas envie d'en dire beaucoup plus. Sachez simplement que Demain est un autre jour est un roman gorgé d'espoir et d'optimisme et qu'il cristallise l'essentiel du feel good book.

Je n'ai pas été la seule à succomber à l'appel de ce roman... D'autres lecteurs : George, Liliba, Noukette, Stéphie, Keisha, Lystig, Leiloona, Karine, Solenn, Clara, L'Irrégulière, FondantGrignote, Bianca, etc.

Première participation au Challenge Feel Good

Logo Challenge Feel good

14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

12 septembre 2014

Rosa Candida, Auður Ava Ólafsdóttir

Rosa Candida, Auður Ava ÓlafsdóttirRosa Candida est le premier roman traduit en français de la femme de lettres islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, paru chez Zulma en 2010.

Arnljótur a vingt-deux ans et une passion : les roses. Les faire pousser sur son île, l'Islande, relève de l'exploit, et c'est avec bonheur qu'il prenait soin de la roseraie avec sa mère, avant le décès de cette dernière. C'est d'ailleurs au milieu des roses qu'Arnljótur aima Anna, une jeune fille de son âge. Mais l'arrivée de Flóra Sólt, le fruit de cette union, a transformé Arnljótur en père imprévu.
Désireux d'aller plus loin dans sa passion, Arnljótur décide néanmoins de quitter l'Islande pour se retirer dans un monastère qui possède l'une des plus belles roseraies du monde. Mais le jeune homme oscille dans cette quête initiatique, tiraillé qu'il est entre quitter les siens et se construire à travers sa passion. Jusqu'au jour où Anna décide de le rejoindre avec leur fille.

A l'image des Rosa candida, ces délicates roses à huit pétales dont il emprunte le nom, ce roman est une parenthèse de douceur et de finesse. Auður Ava Ólafsdóttir entraîne son lecteur dans un univers paisible, porté par le personnage d'Arnljótur, étonnant de maturité et de sérénité, entouré des fleurs qu'il affectionne tant. 
La décision du jeune homme de se retirer dans un monastère pour redonner vie à une roseraie abandonnée fait écho au rythme du roman, lent et aérien à la fois, comme si le temps s'était figé pour donner à Arnljótur la liberté qu'il recherche. Le jeune adulte 
s'isole des siens, dans ce monastère dont on ignore même dans quel pays il se trouve, pour mieux se trouver. Mais ce serait sans compter sur l'arrivée d'Anna et de Flóra Sólt qui bouleverse cet équilibre fragile et infléchit petit à petit la volonté de solitude du jeune homme. 
Magnifique roman contemplatif et quête initiatique dans le même temps, Rosa Candida invite le lecteur à la rêverie et à la sérénité aux côtés d'un personnage étrangement serein et déterminé face à la vie, le tout porté par une plume des plus poétiques. Une lecture à déguster et qui me rappelle avec plaisir mon voyage en Islande il y a quelques années. 

D'autres avis : Alex-mot-à-mots, Canel, ChocoClaraEnna, EstellecalimLeiloona, LilibaMimi Pinson, Miss AlfieNatioraSharon, TheomaYuko, etc.

 

8 juillet 2013

Dieu m'étonnera toujours, Suites pour le temps qui passe, Claire Fourier

Dieu m'étonnera toujours, Claire FourierDieu m'étonnera toujours est le dernier roman de Claire Fourier publié aux Editions Dialogues. Celle qui fut bibliothécaire et professeur de lettres se consacre désormais à l'écriture et vit entre Paris et la Bretagne.

Une femme se retire dans un monastère de la Chartreuse pendant dix jours. Pour réfléchir. Pour fuir le temps. Pour se retirer de sa vie. La-bas, dans la chaleur du mois d'août, elle enfile les bottes laissées par le Chartreux et entreprend de désherber le jardin laissé en friche. Cette activité physique lui permet de s'abandonner à ses idées et réfléchir à sa vie. Et l'ascetisme de ces dix jours au monastère, s'ils lui offrent à penser, réveillent aussi ses sens.

Dévoré d'une traite durant mon voyage vers Canterbury, je suis tombée sous le charme de l'écriture de Claire Fourier et de ces Suites pour le temps qui passe. Sa plume, tout en poésie et en légèreté, entraîne le lecteur dans cette histoire intime d'une femme dont on ne connaîtra presque rien. Et c'est là l'intérêt de ce livre : le personnage est secondaire, se fait oublier tel le Chartreux qui hante les murs du monastère ; c'est le cheminement intellectuel de cette femme qui est intéressant, ses errances, ses désirs, ses pensées labyrinthiques et ses questionnements métaphysiques.

Et la construction atypique de ce livre - les chapitres alternent souvenirs de la narratrice et courts poèmes proches du haïku japonais - complète ce parcours introspectif. Une sensibilité singulière émane de ces lignes et c'est avec délectation que le lecteur s'imisce dans les réminiscence de la narratrice et observe son bien-être à se retirer du monde, à dormir peu et travailler beaucoup, à mettre de côté tout confort et toute opulence pour mieux se réjouir d'eau fraîche et d'une miche de pain.

La méditation est là, entre les lignes, et suit les méandres de la mémoire de la narratrice. Qu'il est bon de suivre avec elle ces dix jours de réflexion et de retour sur soi !

"J'aurais tué la poussière d'or de l'oeuvre au noir - celle où l'on distingue la lumière filtrée du temps - et balayé moins de grains que des graines de lumière." (p.38)

"Venue pour mettre mon esprit en jachère, je trouvais une jachère à cultiver. Venue pour trouver du vide, je trouvais du rare. " (p.24)

"Kimono de soie

Bol de thé fumant

l'espace et le temps me boivent"

(p.15)

"Je cueille une rose

j'accueille un haïku

souvenir d'été"

(p.93)

un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/06/30/27538425.html#sthash.anGvRJiP.dpu

Un grand merci à Babelio  et aux  Editions dialogie   pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 En bonus, Claire Fourier vous parle de son livre :

10 février 2013

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Le cirque des rêves, Erin MorgensternLe Cirque des Rêves est le premier livre de la romancière et artiste américaine Erin Morgenstern. Publié en 2011, ce roman est rapidement devenu un best-seller en Angleterre et aux États-Unis. En cours de traduction dans vingt-neuf pays, il est paru en octobre 2012 en France, aux éditions Flammarion.

Célia et Marco ne se connaissent pas, mais leurs vies sont liées, liées par une étrange compétition dont leurs mentors détiennent les règles. Les deux jeunes gens, illusionnistes de leur état, vont se rencontrer et s'affronter au Cirque des Rêves. Un cirque itinérant noir et blanc qui sera le théâtre de leurs enchantements... et de leur amour.

Vous avez dû remarquer que cela fait quelques temps que j'étais plongée dans ce roman (je ne vous cache plus mes lectures en cours avec ma rubrique "Je suis plongée dans..." dans la colonne de droite). Et s'il a pu sembler à certains que je m'endormais sur ce roman, il n'en est rien. Avec l'hiver, contrairement à d'autres blogueuses, mon rythme de lecture s'est mis en hibernation. Je ne peux pas vraiment vous dire pourquoi, mais juste que je lis drôlement moins vite qu'en temps normal...
Passons. Ce roman m'a littéralement enchantée, malgré le temps que j'ai mis à le lire. Erin Morgenstern a créé un univers onirique - ce fameux cirque - dans lequel je me suis plongée avec délice. J'ai aimé m'imaginer déambulant dans ses allées sinueuses et labyrinthiques, humer le parfum du feu et des différentes confiseries, découvrir ses différents chapiteaux et me laisser entraîner au gré de mon envie, découvrant les artistes fantastiques mais aussi les mises en scènes fabuleuses de chacune des tentes noires et blanches. J'ai aimé imaginer mon propre cirque à partir des descriptions qu'en fait l'auteure, descriptions soignées et poétiques à souhait.
L'intrigue repose sur l'idée d'un combat entre enchanteurs à travers leurs élèves. Rien d'original en soi mais ce roman possède un petit quelque chose qui fait la différence. Et ce petit quelque chose, c'est ce fameux cirque. 
Et si l'intrigue amoureuse est loin d'être une surprise, elle pimente le déroulé de la compétition. Je me suis perdue, parfois, dans la chronologie non linéaire de l'intrigue, pour mieux m'y retrouver ensuite. C'est confus, parfois brumeux, mais finalement cela ressemble à ce cirque vaporeux et fantasmagorique.
Onirique et envoûtant, Le Cirque des Rêves vous emportera dans son sillage, c'est certain. En tout cas, il ne m'a pas laissée insensible et les descriptions d'Erin Morgenstern me hanteront un certain temps. A quand une adaptation ciné ?
D'autres avis : Alice, Bouchon des Bois, Caroline, Stephie...

« Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors que hier il ne l'était pas. » (p.7)

Un grand merci à ma soeurette pour ce cadeau de Noël !

 

12 septembre 2013

Une bonne éducation, Sylvia Tabet [Rentrée littéraire 2013]

Une bonne éducation, Sylvia TabetUne bonne éducation est un roman de l'écrivaine et artiste parisienne Sylvia Tabet qui paraît aujourd'hui aux éditions Dialogues.

La vie semble douce, lorsqu'on grandit dans les quartiers aisés de Paris. Mais pour Anne, la narratrice, son frère et sa soeur, sous l'apparente quiétude d'un milieu bourgeois sourd la violence d'une mère. Une enfance partagée entre la peur des coups et les moments de répit, grâce à leur père, leur grand-mère, ou encore la jeune fille au pair. Une enfance noyée par l'angoisse et une vie d'adulte marquée à jamais. Anne se souvient.

Une bonne éducation est un roman dont on ne ressort pas indemne. Le sujet traité est lourd mais abordé par la narratrice avec un détachement qui évite de sombrer dans un pathos éculé. Comme si Anne portait en elle la douleur de cette enfance volée mais avait mis à distance sa peur pour mieux la donner à voir. On évite ainsi les descriptions des coups et autres brimades pour se centrer plutôt sur les souvenirs qu'elle garde de cette période. 
Sylvia Tabet possède une plume d'une finesse étonnante, dotée d'un rythme changeant, à la fois rapide et lent, semblant suivre le cours des pensées de la narratrice. Les mots coulent, avec musicalité, et offrent au regard l'histoire de ces enfants silencieux. 
J'ai été émue par cette histoire, je me suis glissée dans les mots d'Anne, comme pour l'aider à supporter sa douleur, comme pour l'aider à panser son enfance blessée.  
J'ai parfois été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles et ces souvenirs sans date. Mais finalement j'ai eu l'impression d'écouter parler la narratrice. Et ce qui pourrait être assimilé à une confusion ressemble en réalité au cheminement de sa pensée. Son enfance enterrée, Anne relate ses souvenirs. C'est dur. Mais c'est diablement émouvant.

"Le beau fait du bien. Comme s'il renvoyait à la paix. A la douceur. Le beau fait oublier ce poids constant d'une vie décalée du bien-être et de la sécurité, c'est une forme de consolation ; une liberté, un pansement." (p.118)

"J'ai douze ans, ensemble nous pleurons sur les choses vraiment graves de la vie, ces réalités qui ont fait boule de neige sur notre histoire, sur nos jours empilés ; celles qui ne pourront jamais s'arranger et qui font que l'existence, tout à coup, devient essentiellement le passé, rendant le présent infranchissable." (p.157)

Merci à Julia et aux  Editions dialogie   pour la découverte de ce roman.

5 septembre 2013

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall Smith

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall SmithL'air d'été est rempli de promesses est le neuvième tome de la série de l'écossais Alexander McCall Smith mettant en scène Isabel Dalhousie, directrice d'une publication philosophique et enquêtrice à ses heures perdues. Il paraîtra le 25 septembre en librairie aux Éditions des Deux Terres.

Isabel Dalhousie a la fâcheuse manie de se mêler des affaires des autres. Non par goût des mystères en tous genres mais plutôt parce qu'elle s'interroge sur la nature humaine et sa complexité. Pour cette quadra rentière rédactrice en chef d'une publication philosophique, fraîchement mariée et mère, la vie n'est que perpétuels questionnements. 
Mais alors qu'elle décide de se consacrer à sa famille et à sa revue, Duncan Munrowe, riche propriétaire foncier, fait appel à elle. Un tableau de sa collection privée a été dérobé. Isabel ne peut lui refuser son aide et doit mener de front cette nouvelle affaire et la précocité de Charlie, son fils.

Je fais décidément les choses à l'envers en ce moment : j'aurais aimé vous parler d'abord des premiers tomes de cette série, mais qu'importe !  
Mon incursion dans les romans d'Alexander McCall Smith a débuté il y a quelques mois avec le premier tome des Chroniques d'Edimbourg. Et si j'ai été séduite par le fourmillement de l'immeuble situé au 44 Scotland Street, je l'ai été d'autant plus par le personnage d'Isabel et ses aventures. 
Alexander McCall Smith a imaginé un personnage attachant et furieusement vraisemblable. Sa finesse d'esprit et sa capacité à analyser le monde qui l'entoure en font une héroïne à part au charme singulier. Loin des clichés du genre et de la dichotomie beauté/intelligence, le personnage d'Isabel est un condensé d'intelligence et d'humanité. Une femme que l'on aimerait croiser au détour d'une rue, le temps d'un échange.  
Dans ce nouvel opus, la philosophie tient toujours une part importante et c'est avec délectation que le lecteur suit le cheminement de l'héroïne et se laisse envahir par le doute. Car l'intérêt de cette série ne réside pas dans ses enquêtes mais dans la démarche intellectuelle de celle qui les résoud. En toute humilité, Isabel Dalhousie convoque les grands penseurs et confronte les théories pour essayer de cerner la nature humaine. Le manichéisme est absent mais le vice bien là et Isabel de démêler le vrai du faux. Et cette histoire de tableau volé pourrait faire voler en éclat des certitudes et un équilibre chèrement acquis. 
Je me refuse à vous parler davantage de la vie personnelle de l'héroïne, vous évitant ainsi certaines révélations, mais je conclurai en affirmant qu'Alexander McCall Smith a su offrir à Isabel Dalhousie une vie à la hauteur de ses aspirations. A mi-chemin entre un cadre conventionnel et une vie de bohème.  
Laissez-vous entraîner dans le sillage d'Isabel, vous perdre dans les ruelles d'Edimbourg et sentir palpiter cette ville aux abords si calmes. Laissez-vous envahir par cet esprit aiguisé qui saura faire émerger le doute en vous. Laissez-vous tenter, tout simplement.

Un grand merci à Loan et Carla et aux Éditions des Deux Terres pour ce roman. 
Voici ma deuxième participation au Challenge consacré à Alexander McCall Smith organisé par Emy.

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26 janvier 2012

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

Beignets de tomates vertesBeignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes) est l'oeuvre la plus connue de la romancière et actrice américaine Fannie Flagg. Publiée la première fois en 1987, elle a été traduite en plusieurs langues et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par John Avnet en 1991.

Evelyn Couch est une quinquagénaire dépressive et malheureuse. Lors d'une visite à sa belle-mère, dans la maison de retraite de Rose Terrace, elle fait la connaissance d'une des pensionnaires, Mrs. Threadgoode. Les deux femmes sympathisent et Mrs. Threadgoode, veuve et sans famille, fait revivre son passé en Alabama, dans la petite ville de Whistle Stop, avec ses habitants, et surtout son café. En 1929, lorsque l'établissement ouvre ses portes, les Noirs n'ont pas le droit d'y entrer, le Ku Klux Klan sévit et les lois raciales ont la dent dure. Mais Ruth et Idgie, qui tiennent le café, n'en ont cure ! Et la petite communauté s'entraide malgré les différences et les forts caractères.

Je ne lis pas beaucoup de littérature américaine, j'avoue. Je suis peu attirée par ce pays et sa littérature. Mais il y a quelques mois, un collègue m'a parlé de ce roman dont le titre m'intriguait depuis des années. Et je ne sais plus où ni à quelle occasion je l'ai acheté, pensant le lire cet été.
Après un été pauvre en lecture, et me trouvant à court de livre un soir (c'est rare !), j'ai ouvert la première page de ce roman. Juste pour lire l'incipit. Juste pour voir si... Juste... Vous m'aurez comprise : je me suis fait avoir dès la première phrase, dès la première ligne de ce roman ! Impossible de décrocher mes yeux du texte ! Au point de quasiment sacrifier ma nuit entière (terminer à 4h quand on se lèvre à 7h, c'est rude !) Et pourtant, les Etats-Unis et moi, c'est loin d'être une grande histoire d'amour...
Tout est aboslument incroyable dans ce roman. Sa construction narrative tout d'abord, qui alterne les époques, mais aussi les genres. Le roman commence en effet en 1929, à l'ouverture du café de Whistle Stop, puis n'a de cesse de varier entre les époques : la fin des années 80 avec le présent d'Evelyn et de Mrs. Threadgoode, à la maison de retraite, l'enfance de Nini, alias Mrs. Threadgoode, etc. La narration est parfois prise en charge par Dot Weems, qui écrit la gazette de Whistle Stop, parfois par le journal de Birmingham, etc. Sans jamais perdre son lecteur, Fannie Flagg l'entraîne dans cette histoire incroyable d'une petite ville d'Alabama, aux habitants drôles et fiers malgré tout. Malgré la menace qui rôde, la pauvreté et la misère qui sévissent, les divergences d'opinion qui persistent.
Les personnages qu'elle dépeint sont furieusement vraisemblables. Evelyn et ses complexes, Mrs. Threadgoode est ses souvenirs d'enfant qui s'estompent, Idgie le garçon manqué au grand coeur, la belle et douce Ruth, etc.
J'ai plongé avec délice dans ce roman, me surprenant à tourner les pages sans me soucier de l'heure. J'ai euCoup de coeur 2012 l'impression de rencontrer une grande famille de personnages aux valeurs profondément humanistes. Fannie Flagg nous permet de lever un voile sur un pan de l'histoire des Etats-Unis et le fait avec brio ! Pas de misérabilisme ni de jugement. Juste une intrigue et des personnages attachants, sur fond de contexte historique. C'est brillant, sans aucun doute ! (et ça file des complexes au point de vue de la construction narrative...)

Un nouveau
coup de coeur, sans aucune hésitation, que je vous conseille de lire
au plus vite !

5 mai 2011

Orgueil et préjugés, Jane Austen

jane_austen_orgueil_et_prejuges_10_18_Orgueil et Préjugés est un des romans les plus connus de la romancière et femme de lettres anglaise Jane Austen. Publié en 1813, il demeure à ce jour un incontournable de la littérature anglaise.

J'en connaissais l'intrigue avant même de me plonger dedans, ayant étudié certains fragments en fac. Mais la tentation de me faire une journée dédiée à l'Angleterre lors du mariage princier* m'a incitée à me plonger dans ce roman. (*cf. Ma journée "So British")

Orgueil et Préjugés relate le quotidien d'une famille anglaise au 19e, les Bennet, dont les cinq filles sont à marier. Entre les mondanités et les obligations de cette famille bourgeoise, les journées passent dans l'attente d'un mariage. Jusqu'au jour où Mr Bingley vient s'installer à Netherfiled, propriété voisine de celle des Bennet. Tout le voisinage se met alors en branle pour séduire ce célibataire tant convoité. Jusqu'à l'arrivée de son ami Mr Darcy...

J'avais déjà apprécié ma lecture de L'Abbaye de Northanger il y a quelques années, et renouer ici avec Jane Austen a été une très bonne chose.
Orgueil et Préjugés est un roman à l'humour féroce, véritable critique de la société de l'époque et de la rigidité de ses codes sociaux.

Les personnages de Jane Austen possèdent une psychologie finement étudiée et portent en eux certaines valeurs représentatives de leur classe sociale et de leurs attentes. Les filles cadettes des Bennet sont ainsi stupides à souhait, écervelées et mièvres, et ne jurent que par le mariage et l'argent, tandis qu'Elizabeth possède un caractère plus féministe et moderne, symbolisant ainsi le contre-pied de ces normes sociales pourtant bien réelles alors. 

Véritable bijou d'humour et de cynisme, Orgueil et Préjugés ne doit pas être réduit à sa dimension sentimentale et ne garder que son côté mièvre. C'est avant tout une oeuvre critique de son temps et de la condition des femmes de l'époque. Cet aspect, parfois acerbe, il est vrai, m'a séduite de bout en bout et fait beaucoup rire. Quelle modernité ! Quelle verve ! Le plus de l'édition 10/18 ? Une préface signée Virginia Woolf.

Pour illustrer tout le talent de Jane Austen
dans cette critique féroce, la première phrase du roman :

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle forture doit avoir envie de se marier et, si peu qu'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles." (p.21)

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Et si de nombreuses adaptations ont été faites au cinéma et à la TV, (j'en connais qui se pâment pour Colin Firth dans le rôle de Darcy !^^) je n'ai pas pu résister à la tentation de vous présenter Coup de foudre à Bollywood, un remake sauce indienne de ce roman. Voici la bande-annonce aux couleurs chatoyantes de ce film, pour vous donner un aperçu de cette version un peu mièvre, certes, mais tellement pétillante !

 

 

Et voici ma deuxième participation au Challenge de Will,
La littérature fait son cinéma,
dans la catégorie Meilleure actrice (10 livres à chroniquer).


7 août 2010

Tamara Drewe, Posy Simmonds

L'heure est venue pour moi de sortir mon blog de sa torpeur estivale et de vous faire part
de mes récentes découvertes livresques !
J'espère que votre mois de juillet a été plus réussi que le mien
(voiture de location tombée en panne en Suède... 10° en camping et pluie battante... mouais... on a fait mieux comme détente !)

Bref,  avant que mon déménagement en région parisienne ne perturbe ma connexion internet le 15 août,
je me devais de partager avec vous mon coup de cœur de l'été...
S'il ne doit y en avoir qu'un, ce sera définitivement ce titre là (et je crois même
qu'il sera en tête de mes coups de cœur annuels !)

Souvenez-vous, il y a quelques mois de cela, je vous avais présenté un roman graphique
qui m'avait subjuguée
, Gemma Bovery de Posy Simmonds.

J'ai poursuivis ma découverte de cette auteure avec un autre de ses romans graphiques, Tamara Drewe.

Tamara_Drewe_couv      tamara42

Tamara Drewe est une jeune anglaise sophistiquée : nez refait, plastique parfaite, boulot d'enfer (chroniqueuse dans un célèbre journal) et vie trépidante, rien ne lui résiste.
Le jour où, au décès de sa mère, elle retourne dans le petit village où elle a grandi afin de remettre à neuf la demeure de son enfance, elle va bouleverser la vie paisible de ses habitants.
Dans la bucolique retraite d'écrivains tenue par la dévouée Beth Hardiman, les esprits s'échauffent à la vue de la belle Tamara. Qu'il s'agisse du jardinier Andy, son ami d'enfance, de 
Glen, l'universitaire en mal d'inspiration, ou encore de Nick Hardiman, auteur de best-sellers, personne ne sortira indemne du retour de Tamara Drewe dans les parages...    

Avis aux amateurs de campagnes anglaises en tous genres : fantastique étude sociologique par le prisme de la société anglaise, Tamara Drewe est un roman graphique rare. Chaque double page est un plaisir pour l'œil, alternant textes à l'humour féroce et illustrations soignées et poétiques.
Les personnages sont croqués à merveille : de la belle citadine qui réapprend les joies de la vie rurale au rocker égocentrique insupportable en passant par la femme au foyer dévouée et aimante, chacun se reconnait dans un des traits de caractère que Posy Simmonds décrit avec férocité. Rien n'est épargné dans notre petite société... Et c'est ce qui est bon ! Tant à dire sur cette lecture... Je vous laisse maître de vous laisser convaincre par mon enthousiasme hors norme... ou pas !

coeurCe titre fait partie du cercle étroit de livres que je ne voulais pas voir finir, et qui accompagne ma vie de tous les jours une fois la dernière page tournée.
 Bien évidemment, et avec un énorme logo, onzième coup de cœur de l'année, amplement mérité.
Attention, je vous aurais prévenus : ouvrir Tamara Drewe, c'est s'abandonner à la dépendance que ce roman graphique procure. Il y a un avant et il y a un après... Tout du moins pour moi !

Et pour ceux qui, comme moi, veulent faire perdurer leur dépendance à ce titre, ruez-vous sans hésiter sur l'adaptation ciné de Stephen Frears sortie le 14 juillet sur nos écrans, admirablement fidèle à l'œuvre de Posy Simmonds et prolongement délectable pour les afficionados...

 

 


 

11 octobre 2019

Read-a-thon d'Halloween : billet mis à jour tout au long du weekend

Hallow RAT

S'il y a bien un Read-a-thon que j'attends toujours avec beaucoup d'impatience, c'est celui du Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde ! Il arrive toujours à point nommé au mois d'octobre, alors que les jours raccourcissent, la luminosité baisse et que tout nous incite à rester au chaud à bouquiner.     
Cette année les organisatrices ont ouvert le Challenge par un premier Read-a-thon mais je rentrais tout juste de mes trois semaines à Bali et avec mes 24 heures de voyage et mes 6h de décalage horaire, je n'ai rien fait d'autre si ce n'est dormir en pyjama Harry Potter devant la saga du petit sorcier à lunettes. Autant vous dire que j'attendais ce deuxième RAT en trépignant.     
Bon, si vous me connaissez et me lisez régulièrement, vous savez ce que c'est un Read-a-thon (RAT pour les intimes !) : un marathon de lecture ! En gros, il s'agit de lire au maximum sur une période donnée, ici, de jeudi soir à dimanche soir (comme j'étais occupée, je ne commence que maintenant, vendredi soir mais avec FondantGrignote et  L’Or rouge, on prolonge lundi !). Et comme là c'est un RAT d'Halloween, bien logiquement, on va se concentrer sur des lectures Halloweenesques !

N'hésitez pas à aller encourager les autres participantes de ce RAT : Nath, BidibFondantGrignote, Hilde, L’Or rouge, Sophie, Tiphanya, Samarian, Touloulou, Jo jo en herbe.

Alors, tout bon RAT commence par deux choses : les provisions de livres et les victuailles ! En grande organisée que je suis, je ne prends jamais ces étapes liminaires à la légère. J'ai pensé cette semaine aux livres que j'allais réserver à ce RAT et voilà donc la liste de ma PAL de RAT d'Halloween (majoritairement sur ma liseuse) :

Ma PAL pour le RAT d'Halloween- Boo de Neil Smith

- Soeurs Sorcières T.2 et 3 de Jessica Spotswood

- Le Protectorat de l'ombrelle T.4 et 5 de Gail Carriger

- Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons, Jasper Fforde

- Miss Peregrine et les Enfants Particuliers T.2, Ransom Riggs

- La porte des ténèbres, Glenn Cooper

Quant aux victuailles, je suis beaucoup plus raisonnable que lors de mes premiers RAT. Je n'ai craqué que pour des gaufres liégeoises et du chocolat au riz soufflé. Et ce weekend, j'ai prévu une soupe de butternut et des crêpes !

Vendredi 11 octobre

19h : Il est l'heure de déclarer ouverte ma participation à ce nouveau RATfantômes contre fantômes d'Halloween ! Le weekend vient de commencer mais il ne va pas s'ouvrir par de la lecture mais par un petit film en amoureux. Le programme de ce weekend est chargé au niveau films (nous avons prévu de regarder pleeeeeeein de choses, je ne sais pas comment je vais trouver le temps de lire entre temps^^) mais ce soir nous ouvrons le bal avec un classique que je n'ai pourtant jamais vu : Fantômes contre fantômes de Peter Jackson (1996).  Bon début de soirée à tous ! 

Samedi 12 octobre

8h : Bon, force est de constater que je me suis endormie hier soir devant le film^^. Nous le terminerons dans la journée !Sans coeur Je viens de me préparer une théière de thé noir à la noisette et cette fois, c'est parti, je commence à lire !     
Avant de commencer une nouvelle lecture, j'aimerais terminer Sans coeur, le quatrième et avant-dernier to
me des aventures d'Alexia Tarabotti, l'héroïne de la série Le Protectorat de l'ombrelle imaginée par l'américaine Gail Carriger. J'en suis à la moitié, soit à la page 270, donc j'espère avoir le temps de le finir aujourd'hui et commencer une nouvelle lecture. Belle lecture à tous ! 

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11h : Allez bim ! Je n'ai pas réussi à beaucoup avancer ma lecture, entre les commentaires auxquels répondre ici et surIMG_20191012_111513(1) Insta, ma concentration n'a pas été maximale. J'ai avancé de 6% dans le roman (et oui, sur le Kindle ce sont des pourcentages !). Mais comme toute la maisonnée est maintenant réveillée (Chachat compris !), je me suis préparé une tasse de rooïbos, j'ai fait chauffer une gaufre liégeoise et lavé une poire (que j'ai oublié de prendre en photo, sinon c'est pas drôle !) et cette fois, c'est parti pour de bon ! A moi la fin de ce tome 4 du Protectorat de l'ombrelle !

18h : C'est y est, je viens de terminer Sans Coeur !(+270 pages). J'ai adoré encore une fois les aventures de la paranaturelle Lady Maccon et ses acolytes vampires et loups-garous dans ce Londres victorien bourré de steampunk. Et je ne vais pas attendre le Challenge Halloween de l'an prochain pour lire le cinquième et dernier tome de la Boo Neil Smithsérie.     
Dans la foulée, nous avons regardé la fin de Fantômes contre fantômes. Si le début était drôle et parodique, la moitié et la fin du film étaient un peu effrayantes (enfin, pour la petite nature que je suis !^^) mais j'ai néanmoins adoré ce Peter Jackson, toujours très juste dans sa critique de cette société fascinée par les tueurs en série.   
Il fait maintenant tout gris et il pleut fort. Je pense que le tour en ville va tomber à l'eau (je suis un chat d'intérieur : dès qu'il pleut, j'ai beaucoup de mal à mettre le nez dehors !) donc je me lance avec plaisir dans Boo de Neil Smith, paru il y a peu à L'Ecole des Loisirs. Merci pour vos encouragements et à plus tard !

20h12 : Il est temps de faire une pause dans ma lecture de Boo. Le roman commence très fort : 7 septembre 1979, Oliver Dalrymple, surnommé Boo par ses camarades à cause de sa carnation très pâle et de ses cheveux blonds, vient de mourir et arrive au paradis. L'adolescent asocial, surdoué et passionné par les sciences, découvre un univers ordonné où les morts sont séparés par pays et classes d'âge. Mais l'arrivée d'un nouveau met à mal le fragile équilibre qu'Oliver s'est construit en quelques semaines... Je ne vous en dis pas plus, mais j'aiTeen wolf dévoré 82 pages sans m'en rendre compte et je me suis régalée     
Mais pour l'heure, il est temps de partager un petit film en amoureux. Au programme ce soir, Teen Wolf de Rob Daniel (1985). Hasard ou coïncidence, on se fait un weekend spécial Michael J. Fox et films vintage ! Et ça fait du bien ! Allez zou, je file voir chez mes copinautes de RAT et on commence le film (j'espère que je ne vais pas m'endormir devant comme hier soir !). J'espère avoir l'énergie de repasser ici vous écrire mes impressions, mais sinon on se retrouve demain matin ! Belle soirée tout le monde !

Dimanche 13 octobre

8h40 : Bonjour à tous, bon je reviens après une nuit  très chaotique : je crois que l'esprit frappeur m'a jeté un mauvais sort, je suis malade ! Ça m'arrive tellement peu souvent ! J'ai eu beaucoup de mal à m'endormir, la gorge commençant à me brûler sérieusement, et cette nuit, ça a empiré. Du coup ce matin, alors que je sens que toute ma sphère ORL est touchée, je me suis préparé une décoction de gingembre pour booster mon système immunitaire et mettre à mal ce début de rhume.     
Hier soir, ô miracle, je n'ai pas dormi durant le film qui était un teen movie mignon qui m'a fait penser à une série que j'aimais durant mon adolescence, Le loup-garou du campus. Vous regardiez vous aussi ? En tout cas c'est drôle de voir Michael J. Fox si jeune et contrairement à Fantômes contre fantômes, Teen Wolf est parodique et humoristique et ne fait pas du tout peur.

Allez, une tasse de ma potion brûlante, mon pyjama Harry Potter et je me replonge dans Boo dont j'ai lu encore quelques pages hier soir et que j'adore. A plus tard !

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14h30 : Je viens de fermer la dernière page de Boo (+400 pages). L'intrigue prend un tournant intéressant et interroge à la fois l'humanité et ses travers, un peu à la manière de La Loterie de Shirley Jackson ou Rien de Janne Teller. C'est un excellent roman ado, très prenant, où la question de la vie après la mort est abordée subtilement. Bref, je vais vous en parler sur le blog cette semaine mais j'ai adoré !    
Soeurs sorcières T
Ma soeur et sa famille ne vont pas tarder à arriver pour partager un goûter de crêpes véganes, alors je vais aller faire un petit tour chez les autres participantes et commencer, si j'ai le temps, le tome 2 de Soeurs sorcières de Jessica Spotswood. J'avais adoré le premier tome l'an dernier et je ne veux passer à côté de la suite de cette série. Bonne suite de lecture à tous et à plus tard ! 

 19h30 : Bon le goûter était excellent mais j'ai oublié de faire des photos ! Nos crêpes véganes ont fait des émules et j'en suis ravie.     
Mais avec tout ça, je n'ai pas du tout lu. Et avec le soir qui arrive, je suis un peu fatiguée par mon rhume (qui va beaucoup mieux, ceci dit !). Du coup, on va continuer dans notre veine de films vintage en regardant Labyrinthe de Jim Henson (1986). Espérons que j'ai encore un peu d'énergie après le film pour commencer Soeurs sorcières car je n'ai pas eu le temps finalement avant le goûter. J'espère que votre après-midi s'est bien passée. Belle soirée tout le monde et à plus tard, merci de vos nombreux passages et commentaires, c'est toujours tellement chaleureux les RAT !

Lundi 14 octobre

7h00 : Bonjour à tous, j'espère que vous avez bien dormi. Moi oui, malgré Chachat, mon petit chat noir maléfique qui a décidé de faire le foufou ce matin et me réveiller à 5h40. Ceci étant dit, cela m'a permis de bouquiner et d'avancer dans le deuxième tome de Soeurs Sorcières. J'en suis à 12% et je retrouve tous les ingrédients qui m'avaient séduite l'an dernier quand j'ai découvert la série : une héroïne intéressante, des questions sur la condition féminine, une once de mystère autour de la prophétie des Sorcières et une plongée historique soignée. Bref, je me régale déjà !     
Hier soir j'ai passé un excellent moment avec Labyrinthe. Hormis l'interprétation de David Bowie qui détonne dans ce conte aux allures de fantasy, j'ai trouvé ce film intelligent et sa morale très juste. C'est fou qu'il n'ait pas rencontré le succès de L'Histoire sans fin (sorti deux ans auparavant).      
Enfin, même si le RAT s'est terminé officiellement hier soir, je me joins à FondantGrignote et L’Or rouge
qui ont décidé de le poursuivre aujourd'hui, de façon officieuse. Ça me donne une bonne excuse pour bouquiner et regarder un petit film d'Halloween ! Passez un beau début de journée et à plus tard.
12h : Matinée productive mais pas en lecture ! Si vous avez jeté un oeil à mon Insta, vous avez vu que ce matin, j'ai passé ma maison au peigne fin pour la désencombrer. Mission accomplie ! Bon en revanche, je n'ai avancé que de 4% sur ma lecture de Soeurs Sorcières. Je pensais la reprendre mais le facteur vient de sonner et m'apporter une très belle nouvelle lecture que je vais dévorer de ce pas : l'adpatation en BD de Sombres Citrouilles de Malika Ferdjoukh avec les dessins de Nicolas Pitz. J'avais adoré le roman (que je n'ai pas chroniqué, étrangement) donc j'ai hâte de découvrir son adaptation en BD. Un petit tour chez FondantGrignote et L’Or rouge, qui poursuivent elles aussi le RAT, une tasse de thé et c'est parti pour une après-midi de lecture au soleil.

Nouvelle lecture avec Chachat qui m'accompagne !

 

14h : Je viens de tourner la dernière page de Sombres Citrouilles (+153 pages). Quelle adaptation réussie ! Je vousSombres citrouilles en parlerai mercredi prochain (le jour de sortie de l'album) mais je peux d'ores et déjà vous dire que Malika Ferdjoukh dresse un portrait de famille assez acide, en ce 31 octobre. Je n'en dis pas plus mais j'ai adoré me replonger dans cette histoire et les dessins de Nicolas Pitz soulignent à merveille l'ambiance créée par l'auteure.      
Pour l'heure, comme j'ai peur de piquer un petit somme si je me replonge dans Soeurs Sorcières, je me lance dans un nouveau petit film, un téléfilm pour être précise, Halloweentown de Duwayne Dunham (1998). Bon, c'est un film Disney Channel, donc il y a peu de chance que celui-ci me donne des cauchemars (enfin, normalement...^^). A plus tard ! 


17h : Bon, regarder un film ne m'aura pas protégée de la sieste qui s'est abattue sur moi ! :) J'ai donc repris le film où je m'étais arrêtée. C'était mignon, les décors étaient sympa. Bon, ça reste du Disney Channel, hein, mais j'ai beaucoup aimé la ville d'Halloween et ses décors kitsch. C'était mignon et coloré, parfait pour cet après-midi ! Allez je retourne dans le deuxième tome de Soeurs Sorcières avant que ma moitié ne revienne. Mais avant, je file voir chez FondantGrignote et L’Or rouge comment se passe leur après-midi ! A plus tard ! 

18h30 : Mon yogi barbu vient de rentrer, à nous la soirée à deux sous un petit plaid (bon en vrai il fait trop chaud pour se mettre sous un plaid mais ça fait tellement automnal !^^).     
Je m'arrête à 20% de Soeurs Sorcières (+90 pages) mais j'aime vraiment beaucoup ce deuxième tome. J'ai hâte de m'y replonger ce soir !      
Mais pour l'heure, on va se préparer un petit repas et revoir Beetlejuice de Tim Burton (1988) avec grand plaisir. Qu'elle fait du bien cette petite plongée dans les films d'Halloween des 80's et 90's ! Belle soirée à tous, et si je n'ai pas le temps de repasser ce soir, je reviendrai demain faire le bilan de ce RAT. Merci à tous de vos très nombreux passages et commentaires !

Bilan du RAT 

Trois journées consacrées à la lecture et aux films d'Halloween, quel délice ! Jouer les prolongations hier était une excellente idée et m'a permis d'avancer dans ma lecture de Soeurs Sorcières et regarder deux films de plus !  Maintenant, il est l'heure du bilan. Ce weekend en chiffres :

  • 958 pages lues (je crois que c'est mon reccord pour un RAT !)
  • 1 roman + 1 BD lus en entier, 1 roman terminé et 1 roman commencé
  • 5 films des 80's et 90's
  • Du thé noir, du rooïbos, une décoction de gingembre et une infusion de thym, romarin et citronnelle bus
  • Quelques gaufres liégeoises grignotées

Un très beau weekend, en somme. Contrairement à l'an dernier, je n'ai pas creusé ma citrouille ce weekend. Je le ferai un peu plus tard, histoire d'en profiter à Halloween.     
En tout cas, un très grand merci aux organisatrices, Hilde et Lou, qui nous permettent chaque année de nous régaler durant un RAT d'Halloween (cette année, deux !). Un immense merci à vous tous qui êtes passés à Bouquinbourg m'encourager, me laisser de petits mots et échanger sur mes lectures et mes films. Et un merci tout particulier à notre Hallow'PomPom Acr0, qui, si elle ne participait pas au RAT, est venue sans relâche nous encourager pendant ce weekend.     
Je ressors de ce weekend encore plus empreinte de l'atmosphère d'Halloween et je n'ai qu'une envie : poursuivre lectures et films d'Halloween ! Belle journée à tous et encore merci !

 

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