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29 octobre 2017

Read-a-Thon Halloween 2017, me voilà ! [billet mis à jour toute la journée]

Par la barbe de Merlin, l'heure est venue de terminer en beauté le Challenge Halloween 2017 avec un weekend de Read-a-Thon ! Et si vous me connaissez un peu, vous savez à quel point j'adore ces marathons de lecture entre blogueurs... (vous pouvez voir tous mes read-a-thon ici !).

les défis,rat halloween,challenge halloween 2017

Bon, ma vraie vie étant très chargée, il m'était impossible de participer depuis vendredi, mais j'avais tout préparé pour que ce dimanche pluvieux et brumeux (météo ô combien halloweenesque !) soit un dimanche RAT (Read-a-Thon en abrégé, pour ceux qui dorment au fond...). La preuve en images : 

Le lieu du crime... Ma PAL et mes grignottes

Mon salon douillet est prêt, ma PAL et mes gourmandises aussi, je viens de remplir une théière de thé brûlant... Il ne manque que Chachat, qui aurait été parfait pour peaufiner l'ambiance (quoi de mieux qu'un chat noir en cette période d'Halloween ?), mais vous savez qu'il profite d'une vie toulousaine bien plus douce et clémente...

Je déclare donc officiellement l'ouverture de mon Read-a-Thon d'Halloween (je vous épargne le fait que je me suis trompée d'heure avec le changement cette nuit...) !

9h12 : Allez zou, pour commencer, j'ai envie de me plonger dans Le Protectorat de l'Ombrelle T.3 Sans honte de Gail Carriger, sur mon Kindle. Une tasse de thé brûlant, et c'est parti !

12h42 : Bon j'ai eu de la visite et finalement je n'ai pas lu grand chose... Ça commence bien ! Un petit tour sur les blogs des autres participants et cette fois je me plonge vraiment dans ce troisième tome des aventures d'Alexia qui me plaît beaucoup.  

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15h17 : Petite pause déjeuner rapide (avocat, champignon et galettes de riz !) et je me replonge dans Le Protectorat de l'Ombrelle. J'ai eu l'impression d'être efficace mais j'ai honte du peu de pages lues donc je vais me taire pour le moment !

20h10 : Bon, ce RAT ne restera pas dans les mémoires vues le nombre de lignes lues... Je me suis dispersée, j'ai peu lu, je crois que je vais aller creuser ma citrouille et grignoter quelque chose.

23h20 : Une barquette de frites arrosées de sauce barbecue et deux épisodes de la saison 1 de Stranger Things plus tard, jeImage associée crois qu'il faut que je me rende à l'évidence : je ne suis pas vraiment dans ce RAT, malgré toute ma bonne volonté, malgré les grignotes prévues à cet effet et les théières de thé et de roïbos pour me réchauffer. J'ai la tête ailleurs, déjà à Londres, où je pars demain pour célébrer Halloween.

Bilan de ce RAT 

Roulement de tambour... Etes-vous prêt pour le bilan de RAT le plus drôle qui soit ? J'ai hésité à vous avouer le nombre de pages lues mais je suis trop honnête pour vous faire des pirouettes (et puis Hilde a dit que l'essentiel c'était de participer alors...). J'ai donc lu 34 pages sur presque 12h. Ouais, je sais c'est impressionnant... Mais sinon j'ai aussi bu plein de thé, grignoté des noix de cajou, papillonné sur internet, regardé Stranger Things et pensé à mon trip à Londres où je pars demain entre copines pour fêter Halloween. Bref, une journée de RAT moins productive en terme de lecture que mes journées habituelles, mais je suis à l'aise avec l'idée ! J'ai comme d'habitude adoré participer, malgré mes piètres résultats. Merci aux organisatrices de choc et à tous ceux qui sont passés par là pour m'encourager.

N'hésitez pas à aller encourager les autres blogueurs qui sont en plein Read-a-thon aussi : Bidib, Chicky PooFondant, Halloween PumpkinKiona, Kobaitchi, Margotte, Samlor  et bien entendu nos sorcières organisatrices de choc, Hilde et Lou !

Edit du 5 novembre :

Zou ! Billet mis à jour pour vous montrer ma citrouille (enfin) creusée ! Cette année, pas de Jack traditionnel mais une citrouille plus décorative, plus sobre. A croire que je grandis enfin ! Halloween à Londres était moins spectaculaire que ce que je pensais, et finalement l'ambiance était déjà tournée vers Noël. C'est pas grave, on était déguisées et on en a bien profité quand même mais je n'ai pas de photo à vous montrer... Comme quoi, même mon excuse pour un RAT un peu avorté n'est pas prouvable. Et pourtant, promis, j'y étais !

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27 avril 2017

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury

La fille qui lisait dans le métroLa fille qui lisait dans le métro est un roman de Christine Féret-Fleury paru aux éditions Denoël en mars.

Juliette prend le métro tous les jours pour se rendre à l'agence immobilière où elle travaille. Et tous les jours, dans la rame de la ligne 6, elle observe les passagers qui lisent. Ceux qui pleurent, ceux qui ne dégustent que quelques pages, ceux qui lisent fièvreusement... Un matin, Juliette décide de bouleverser ses habitudes et de descendre deux stations avant son arrêt, pour terminer son trajet à pied. Dans une petite rue, elle découvre un livre coincé dans une porte. Intriguée, elle s'approche quand une fillette d'une dizaine d'années l'invite à entrer, croyant avoir affaire à une passeuse de livres...

J'ai lu ce roman aujourd'hui, dans le métro, alors que j'assistais à une journée professionnelle (belle mise en abyme !). J'avais vu passer sa couverture colorée depuis quelques temps et je me suis laissé tenter par l'éditeur, ne connaissant pas son auteure. Et je dois dire que cette lecture ne me restera pas en mémoire... Intrigue facile et éculée, dénouement prévisible, personnages caricaturaux et superficiels, je me suis demandée au fil des pages où l'auteure avait voulu en venir, sans trouver une réponse une fois la dernière page tournée.

Juliette est une trentenaire un peu paumée dans la vie - comme c'est monnaie courante dans la chick-lit et certains feel good - et qui trouve un sens à cette dernière grâce sa rencontre avec Soliman et Zaïde. Elle découvre à leurs côtés à quel point les livres peuvent changer leur lecteur et les faire réfléchir à leur propre vie... Ok, jusque là, rien de révolutionnaire. Mais en fait, c'est tout. Voilà l'essentiel du roman ?! Pour une grosse lectrice qui travaille en plus dans le monde des livres, autant vous dire que je suis restée perplexe... Le propos du roman est simpliste, et la psychologie de l'héroïne (allez, n'ayons pas peur des mots et appelons-la l'héroïne !) est si rapidement esquissée qu'il est impossible de s'y attacher. L'ensemble est plat, mièvre et reste en surface. Aucune surprise, tout est facile. J'ai pensé à la bibliothérapie de Régine Detambel (qui ne m'avait pas convaincue non plus) et j'ai enchaîné ces pages au rythme des stations, pas convaincue ni séduite une seconde par ce que je lisais. Un rendez-vous complètement manqué...

Logo Challenge Feel good

28 juin 2016

La troisième fille, Agatha Christie

La troisième fille, Agatha ChristieLa troisième fille est un roman policier de la Reine du crime - Agatha Christie - paru en 1966 en Angleterre.

Alors qu'il vient de terminer l'écriture de son essai sur les maîtres du roman policier, Hercule Poirot s'ennuie... Mais ce sentiment est de courte durée car une jeune fille vient le trouver pour lui demander de l'aide. Elle pense en effet avoir commis un crime, mais elle en doute. Le détective belge a à peine le temps de lui poser quelques questions qu'elle s'évanouit dans la nature. Il n'en faut pas plus à Poirot pour qu'il décide de mener l'enquête !

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman d'Agatha Christie et celui-ci était une découverte. Je m'en suis réjouie ! Hélas, la réjouissance fut de courte durée tant l'ennui m'a gagnée au fil des pages...

L'intrigue se met en place rapidement mais patine tout aussi rapidement, Poirot se retrouvant face à un crime qui n'a pas eu lieu et un personnage énigmatique qui disparaît. Le détective s'enlise dans ses réflexions, passant très régulièrement en revue la galerie des personnages qui entourent cette énigme, peinant à émettre des hypothèses. La jeune Norma, qui fait appel à lui, disparaît et laisse derrière elle bien des interrogations. C'est lent, très lent, il ne se passe pas réellement grand-chose et le lecteur a l'impression d'être figé aux côtés d'un Poirot vieillissant et empêtré dans ce mystère.

Les personnages sont assez plats, parfois caricaturaux, et même Poirot est en retrait, manigançant certaines opérations que le lecteur apprend a posteriori.

Un dénouement digne des grands Agatha Christie permet de redorer le blason de la Reine du crime, mais pas assez pour effacer le sentiment d'ennui qui naît et s'installe progressivement tout au long de ces 300 pages. Un Agatha Christie que je ne connaissais pas mais que je suis certaine de ne pas relire tant il m'a laissée de marbre...

Voici ma troisième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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12 novembre 2016

Juliette, Camille Jourdy

Juliette, Camille JourdyJuliette est le nouvel album de Camille Jourdy - mise en lumière récemment grâce à l'adpatation ciné de sa géniale trilogie Rosalie Blum - paru en février chez Actes Sud.

Juliette revient chez son père. On ne sait pas trop pourquoi, ni pour combien de temps. La jeune femme est un peu perdue dans sa vie, dans ses pensées. Entre sa soeur adultère, son père qui oublie tout et sa mère fantasque, Juliette navigue dans ses sombres pensées, sans but aucun. Jusqu'au jour où son chemin croise celui de Georges, un peu paumé aussi...

J'avais adoré la poésie de Rosalie Blum, ses personnages attachants et ce petit rien qui donne le sourire, une fois la dernière page tournée. J'avais donc hâte de découvrir ce nouvel album, de découvrir la plume et le dessin de Camille Jourdy dans une autre intrigue. Et si cette rencontre fut belle, elle n'en demeure pas moins teintée d'une grosse mélancolie.

Difficile de ne pas comparer ces deux albums. Car tous deux portent le nom d'un personnage féminin et mettent en scène le quotidiens de personnages banals. Des personnages lambda, insignifiants mais justement exceptionnels par leur banalité. La force de Camille Jourdy c'est justement cette vraisemblance qui offre à ces comédies humaines leur touche singulière. Mais si Rosalie Blum donnait le sourire, Juliette ne peut se targuer d'avoir le même effet sur son lecteur. L'intrigue met en scène le même type de personnages un peu dépressifs, un peu paumés, qui semblent impuissants voire démissionnaires face à leur vie - à l'encontre même de l'idéal prôné par les valeurs de notre société. Juliette porte en elle des secrets que le lecteur ne découvre pas au fil des pages, et l'ensemble offre un sentiment de mélancolie sans réelle raison. J'ai refermé l'album avec un goût d'inachevé, avec l'envie d'en savoir plus sur ces personnages auxquels je me suis attachée au fil des pages. Une belle lecture sensible et réaliste, sans aucun doute, mais qui me laisse sur ma faim. Merci Sébastien pour cet album.

Planche 1 Planche 2

Planche 3

5 avril 2016

La Passe-miroir T.1 Les fiancés de l'hiver, Christelle Dabos

La_Passe_miroir_TLa Passe-Miroir est une série imaginée par Christelle Dabos, lauréate du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama. Le premier tome, Les fiancés de l'hiver est paru en 2013. Le second, Les disparus du Clairdelune, vient de paraître en octobre dernier.

Ophélie est une adolescente malingre et solitaire, qui vit avec sa famille dans un royaume merveilleux. La jeune fille possède un don singulier, celui de lire le passé des objets en les touchant. Etre liseuse - c'est le nom de son don - fait d'elle la promise idéale de Thorn, l'héritier du clan des Dragons. Ophélie est obligée de quitter sa famille et l'arche d'Anima pour rejoindre Citacielle, la capitale du Pôle et conclure ce mariage d'alliance. Mais les circonstances de son départ s'opacifient lorsqu'Ophélie se voit cachée par sa belle-famille et semble être la proie d'un complot sordide. Son futur époux, Thorn, laisse planer le doute et la jeune fille est seule, si seule à Citacielle...

Je lis beaucoup moins de romans jeunesse depuis quelques temps, préférant me tourner vers d'autres types de littérature. Mais ce roman a titillé ma curiosité vu le nombre incroyable d'éloges le concernant et le bruit qu'a fait la sortie du second tome. Curieuse de découvrir ce premier roman d'une lauréate d'un concours d'écriture, c'est donc avec envie que j'ai ouvert ces pages. Quelle bonne idée j'ai eue ! La Passe-Miroir est de loin le meilleur roman jeunesse que j'ai lu ces dernières années !

Tous les ingrédients sont réunis pour que le lecteur soit happé dès les premières pages et n'ait plus envie de reposer le roman. Christelle Dabos a inventé un univers des plus aboutis aux codes soignés qui fait la part belle à l'imaginaire. Le don d'Ophélie, les lieux qu'elle fréquente ou encore les différents pouvoirs des personnages qu'elle rencontre et leur psycholgie, tout est soigneusement décrit et participe de cet univers fascinant. Le suspense est distillé avec délicatesse et offre à l'intrigue ce qu'il faut de mystère pour lui conférer un aspect des plus singuliers. Si le résumé peut vous faire penser à d'autres romans jeunesse, sachez que celui-ci saura sans aucun doute vous étonner et vous charmer. Pour ma part, j'ai dévoré les 500 pages de ce premier tome à une vitesse vertigineuse et je n'attends qu'une chose : découvrir rapidement le second !

D'autres lecteurs : Faelys, RadicaleMaia, Yuko, Melisende, Bladelor, etc.

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16 février 2016

Bem-vindo a Porto ! [Bienvenue à Porto !]

Une échappée au mois de janvier. J'en rêvais. Je vous avais dit que j'avais envie de positif et de plaisir pour cette année 2016. J'ai donc décidé de me donner les moyens d'assouvir mes envies. Alors cette idée a germé dans ma tête et a trouvé comme par magie sa concrétisation. Tout comme il y a quasi deux ans jour pour jour j'étais partie un weekend entre copines à Marrakech, j'ai programmé avec mon alsacienne préférée une échappée au coeur de l'hiver pour nous retrouver. Direction le soleil. Direction le Portugal. Direction Porto ! 

Bon, pour le soleil, c'était pas gagné ! Mais niveau retrouvailles et échappée salvatrice et ô combien régénératrice, c'était tout bon ! Nous sommes tombées sous le charme de cette ville, connue pour l'apéritif qu'elle produit au niveau mondial (non non, je ne choisis pas mes destination selon l'alcool qu'elle produit, même si comme pour l'Ecosse, nous n'avons pas pu faire l'impasse sur une petite visite-dégustation !).

Douceur de vivre et calme règnent dans cette ville perchée sur une colline, dont les rives sont baignées par le fantomatique Douro. Une parenthèse hors du temps, entre modernité et conservatisme. Une architecture disparate, mais à laquelle j'ai été des plus sensibles. Un accueil chaleureux et souriant, serviable et généreux. Une gastronomie étonnante, un peu roborative parfois, mais succulente. Une librairie dont je rêvais, aussi, et dont une photo a été un temps ma bannière de blog... Une ville à arpenter à pied, pour en percevoir vraiment l'ambiance. Un weekend entre copines, entre discussions et balades. Une parenthèses qui a illuminé ce mois de janvier un peu sombre, un peu tristounet, et qui m'a permis de recharger mes batteries. Petit retour en images sur ces trois jours à Porto (les légendes s'affichent au survol de la souris sur les photos).

Façade du café Art Nouveau le Majestic  L'intérieur du Majestic

La ligne 1 du Tramway La Capela das Almas, en azulejos

La célèbre et magnifique librairie Lello & Irmao  Dont J.K. Rowling s'est inspirée pour Harry Potter !!

Photo classiqe du blog : moi derrière un livre ! :)

Et zou ! Je vous mets même une petite vidéo de l'intérieur de Lello & Irmao (oui, je sais, il me manque un stabilisateur de caméra, c'est atroce, mais j'ai filmé avec mon téléphone à la main, en trépignant d'excitation... C'est pour ça que ça tremble tant !!)

Vue de Porto et du Pont Luis Ier Vue depuis le Ponte Luis Ier

Vue de Porto, depuis les quais de Vila Nova de Gaia

Iglesia Sao Francisco

Cathédrale Sé de Porto, de nuit Porto, ou la ville aux mille descentes

La nuit se couche sur Porto WP_20160130_053

Porto de nuit, vue des hauteurs

Caldo verde et empadas végétariens Fancesinha et bacalau (morue) frite

Le pain perdu, la spécialité du Majestic ! Visite des chais du Porto Calem

Une seule envie, après ces trois jours : découvrir le reste de ce pays si charmant !

 

21 janvier 2015

Les vieux fourneaux T.1 et 2, Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux est une série de BD dont les deux premiers tomes sont parus respectivement en avril et en octobre 2014 chez Dargaud. Wilfrid Lupano en signe le scénario et Paul Cauuet les dessins.

Les vieux fourneaux T Les vieux fourneaux T

Tome 1 Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine. Trois amis d'enfance, septuagénaires, anars, unis par les mêmes idées et un passé commun. Mais aujourd'hui, on enterre Lucette, l'épouse d'Antoine. Alors malgré leur verve et leur humour, les trois amis n'ont pas le coeur à la fête.
Mais avec une lettre posthume dans laquelle elle avoue un adultère commis quelques décennies plus tôt, Lucette jette un pavé dans la mare. Sus à ses soixante-dix printemps ! Antoine part en trombe, armé d'un fusil, direction la Toscane, où coule des jours paisibles l'objet de cet adultère, son ancien patron. Pierrot et Mimile n'ont d'autre choix que de suivre leur ami pour éviter le pire. C'est parti pour un road-movie haut en couleurs !

Tome 2 Bonny and Pierrot

Revoilà nos trois amis, toujours unis par leur envie de ne pas laisser le monde actuel tourner aussi mal et enrayer le système à coup d'attentats gériatriques au nom des générations futures. Mais lorsqu'un étrange paquet arrive par la poste pour Pierrot signé Bonny, sa comparse d'avant, son amour de jeunesse, celui-ci s'effondre. Il la pensait morte depuis quarante ans. Il ne faut pas longtemps au fringant septuagénaire pour se lancer sur les traces de sa belle !

***

Coup de coeurAttention, coup de coeur... (oui je sais, deux en quelques jours, mais que voulez-vous, 2015 commence bien en terme de lecture, alors j'en profite et n'hésite pas à apposer mon logo aux livres qui le méritent !)
Ouvrir Les vieux fourneaux, c'est se garantir une parenthèse de rire assuré, un bon moment de franche rigolade et ce, grâce à des dialogues truculents, intelligents et des personnages savoureux à la répartie brillante, tout en réflechissant en parallèle au monde d'aujourd'hui. C'est bien simple : cette série devrait être remboursée par la Sécu ! Voilà, c'est dit. Et je pense que je ne suis pas loin de la vérité tant ces deux albums sont bourrés d'humour et portés par une intrigue émouvante et des personnages attachants qui offrent un regard critique sur notre société qui va mal.

C'est hilarant, caustique, jamais méchant. Certaines références sur le côté soixante-huitard doivent me manquer, c'est certain, mais cela ne m'a pas empêchée de me régaler avec ces deux albums et de rire à gorge déployée aux dialogues des ces trois loustics si attachants.
Chaque album, s'il suit un fil rouge pour la série, possède néanmoins une intrigue qui lui est propre, qui se termine à la fin du tome. Le premier tome se centre sur la vengeance d'Antoine en Toscane, tandis que le deuxième opère un focus sur Pierrot et sa jeunesse avec Bonny. Un troisième tome consacré à Mimile, peut-être ?

Les dessins de Cauuet s'attachent à rendre compte de l'âge des personnages et de toutes ces petites choses qui apparaissent en même temps que le temps passe : rides, tremblements, hésitations, mémoire qui flanche et incontinence. Mais ce sans aucun pathos ni méchanceté mais avec humour et tendresse. Comme un hommage à cette génération qui semble déconnectée de ce vingt-et-unième siècle ultra-connecté qui va trop vite et sur lequel elle porte un regard critique qui fait du bien, sans nier pour autant sa responsabilité dans le monde d'aujourd'hui.
Les vieux fourneaux est une parenthèse, une lecture à part, une bulle de réflexion sur les maux de notre époque - crise, solitude, vieillesse, lutte des classes et choc des générations -, un concentré d'humour, à coup de répliques jubilatoires, de jeux de mots et d'expressions. Bref un vrai régal à mettre entre toutes les mains ou à laisser traîner pour tenter les autres... La preuve ? Ma grand-mère de 89 ans, en voyant ces albums sur la table à Noël, en a ouvert un et s'est plongée dedans, tournant les pages sans rien dire à personne. Pour quelqu'un qui n'aime pas trop les BD...
Pour ma part, je ris encore toute seule en pensant au concept d'attentat gériatrique et à la mamie hackeuse qui pirate le site de Nadine Morano...

Voici ma 57e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20 et 18/20)

 Top BD

 

Planche 2Planche 1

Planche 3

Ils sont nombreux à avoir parlé du tome 1 Aifelle, Canel, JacquesMoka, Noukette, JéromeSandrine, StephieViolette, Yaneck et Yvan et du tome 2 : Canel, JacquesJérome, Mo', Noukette, etc.

 

L'interview des deux auteurs à propos de leur projet par Jacques

19 janvier 2015

Mes lèvres sont mortes à minuit, Arièle Butaux

Mes lèvres sont mortes à minuit, Arièle ButauxMes lèvres sont mortes à minuit est le dernier roman de la pianiste et altiste de formation Arièle Butaux paru aux éditions Écriture en octobre 2014.

Malika est femme de ménage dans un appartement parisien dans lequel elle n'a strictement rien à faire. Chez Paul et Laura, tout est blanc, immaculé, impeccable, à l'image des monochromes que peint Paul et des vêtements de Laura.
Mal à l'aise face à tout ce blanc et cette propreté extrême, Malika s'interroge sur cette obsession. Mais le jour où une tâche de sang vient souiller la moquette du salon - et par là-même la pureté de cette vie bien rythmée - les apparences s'effritent et Malika voit l'équilibre du couple s'effondrer.

Sous le charme de ce titre très poétique et intriguée par la quatrième évoquant un huis clos des plus glaçants, je me suis plongée avec plaisir dans ce drame psychologique, pensant être happée par le suspense et tourner les pages de plus en plus vite pour en connaître le dénouement.
Mais si j'ai effectivement tourné très rapidement les pages, ce n'est pas tant grâce à la tension grandissante que pour vérifier que l'hypothèse que j'avais au quart de l'intrigue n'était pas la clé du mystère. Malheureusement si... Et pourtant je ne suis pas des plus perspicaces pour découvrir les détails retors des drames psychologiques. Quelle déception !
Porté par une plume insipide et sans saveur, Mes lèvres sont mortes à minuit est un texte qui s'oublie aussi vite qu'il se lit. C'est bien dommage. Il y avait tant à faire avec l'idée de départ...
Bref, une lecture à côté de laquelle je suis complètement passée et qui ne m'a pas donné envie de découvrir le texte qui suivait, intitulé Le choix du Roi.

Je tiens néanmoins à remercier Pauline de Langage&Projets et les éditions Écriture.

26 février 2015

Journal intime d'un chat acariâtre, Frédéric Pouhier et Susie Jouffa

Journal intime d'un chat acariâtre

Journal intime d'un chat acariâtre est un petit livre paru en février 2014 aux éditions First.

Edgar est un chaton de six mois lorsqu'il est adopté. Mais pour ce petit chat hautain, la vie avec les humains est loin d'être la panacée. Alors chaque jour, Edgar raconte dans son journal sa vie impossible dans sa famille, sa vie en captivité, comme il la qualifie.

Voilà un petit livre à offrir aux amoureux des chats ! Histoire de rire sur les félins et leurs petites habitudes. Car si Edgar est hautain et parfois méprisant avec sa famille, il n'en demeure pas moins la caricature du chat domestique, indolent et paresseux, câlin quand il en a envie et gourmand, chasseur à ses heures perdues et avide de confort.  
La forme du journal intime permet de prendre le lecteur à partie et fait naître davantage d'humour encore, car Edgar exagère bien souvent, tout en pensant être de bonne foi. Et le lecteur de suivre ses aventures - sa captivité, comme il la définit - et de reconnaître sous les traits de ce félin un brin acariâtre, son  propre chat.   
Pour ma part, j'ai bien ri avec ce petit livre qui se lit très rapidement, et j'ai souvent retrouvé Chachat...

Petit florilège pour que vous cerniez Edgar...

"Les chats ne s'excusent jamais. Ils laissent ça aux chiens." (p.34)

"Cher journal, je viens de découvrir avec effroi que j'étais un animal domestique. Oui, vous l'avez bien lu : do-mes-tique, du latin domesticus. Mais pour qui me prennent-ils ? Pour la femme de chambre d'un hôtel particulier où vit un couple de bourgeois ? Moi, un animal domestique ? Jamais je ne ferai partie d'une quelconque domesticité. Je me considère plus ou moins comme un prince déshérité ayant trouvé le gîte et le couvert chez un couple de gueux qui ne me méritent pas." (p.36)

"Quand je m'ennuie, je mange. Quand je suis heureux, je mange. Quand je suis triste, je mange. Mais qu'on ne vienne pas me dire que je suis gourmand, ça va m'énerver, et quand je suis énervé, je mange." (p.74)

"Je ne crois pas aux relations longues distances. C'est pourquoi, cette nuit, j'ai déplacé mon lit à côté du réfrigérateur." (p.97)

Un grand merci à ceux qui se reconnaîtront de m'avoir offert ce livre pour Noël ! Chachat ne ressemble heureusement pas à Edgar (quoique...).  
Et comme ça fait bien longtemps qu'il n'est pas apparu ici, voici en exclusivité le grand fauve qui fait une tentative de camouflage sur une peau de mouton, tout en faisant semblant de dormir d'un oeil. Je le laisse faire ou je lui dis que noir sur blanc, c'est légèrement visible ??

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30 décembre 2014

Retour à Little Wing, Nikolas Butler

Retour à Little WingRetour à Little Wing est le premier roman de l'américain Nikolas Butler publié en août 2014 aux éditions Autrement. 

Lee, Ronny, Kip et Hank. Quatre amis qui ont grandi ensemble à Little Wing, petite bourgade du Wisconsin. Certains en sont partis, d'autres sont restés. L'un est fermier, l'autre chanteur, le troisième ancien courtier, tandis que le quatrième, depuis un accident de rodéo, n'est plus tout à fait lui-même.   
Pour l'heure, les retrouvailles ont sonné à l'occasion du mariage de Kip. Mais malgré leur passé commun, les quatre hommes sont aujourd'hui bien différents dans leur façon d'appréhender leur vie et le monde. Et si l'amitié et les souvenirs restent leur point d'ancrage, la vie et ses surprises rendent parfois bien difficile la compréhension et la communication.

Quelle lecture... Ce roman est une petite merveille d'une fraîcheur inouïe. Et pourtant, ceux qui me connaissent bien savent que la littérature américaine n'est pas celle vers laquelle je me tourne d'ordinaire spontanément. Mais j'ai bien fait de passer outre et de sortir de ma zone de confort pour partir à la rencontre de ce petit bijou littéraire.   
Ode à la vie et à l'amitié, Retour à Little Wing entraîne son lecteur dans le microcosme de cette petite ville américaine perdue au fin fond du Wisconsin. Le temps semble s'y être arrêté. Les habitants comme condamnés à y rester.    
La narration à plusieurs voix - chacun des quatre personnages prend à tour de rôle en charge une partie de l'histoire - offre une dimension très intime et personnelle au récit. Chacun y va de son souvenir, de son anecdote. De ses blessures, aussi. De ses rancoeurs, parfois. Au lecteur d'accompagner tout ce petit monde qui gravite autour de cette ville imaginaire. Entre ceux qui sont restés et ceux qui reviennent, après des années, le fossé est là. Sauront-ils le combler ?    
L'émotion est au rendez-vous de ces souvenirs évoqués, de ces querelles du passé, de ces erreurs de chemin. Personne n'est épargné, ni Lee, le chanteur adulé, ni Hank, le paisible fermier, ni Ronny, ancienne star du rodéo aujourd'hui diminué, ni Kip, un peu trop calculateur. L'amitié est forte, entre ces quatre personnages, et il en faut une sacré dose pour surmonter des présents aux réalités multiples.    
Nikolas Butler signe ici un excellent premier roman au rythme parfait et 
dans lequel on plonge sans hésitation. Pour ma part, je suis encore hantée par les personnages et l'ambiance singulière de cette histoire, quelques semaines après ma lecture.

D'autres avis : Clara, Estellecalim, Jérôme, Jostein KathelMimipinsonSandrine, Tiphanie, etc.

"Nous étions unis par le sentiment d'être différents de notre milieu et aussi peut-être par un sentiment de supériorité par rapport à l'endroit qui nous avait formés. En même temps, nous étions épris. Épris d'être les rois d'une petite ville, perchés sur ces tours abandonnées, dominant notre avenir, en quête de quelque chose - du bonheur peut-être, de l'amour, ou de la gloire." (p.88)

"Chez nous, c'était un foyer. Un nid. Un endroit dans lequel ont et on aime. Il est parfois utile d'espionner la vie des autres. Pour moi, en tout cas, ça m'avait fait réaliser combien j'aimais ma vie." (p.125)

"Chantez comme si vous n'aviez aucun public, chantez comme si les critiques n'existaient pas, chantez votre ville natale, chantez le grand bal du lycée, chantez les cerfs, chantez les saisons, chantez votre mère, chantez les tronçonneuses, chantez le dégel, chantez les rivières, chantez les forêts, chantez les prairies." (p.232)

"Hank m'a alors serré dans ses bras et je me suis remis à pleurer, mais il m'a serré si fort - on aurait dit qu'il avait juré de me briser les côtes - que j'ai compris qu'il ne me lâcherait pas avant que j'arrête de pleurer. J'ai aussi compris quel type de père il était, quel type de mari et d'homme il était. J'ai compris qu'il était plus fort que moi, meilleur que moi." (p.245)

J'ai lu ce roman dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire de Priceminister. Merci Oliver et toute l'équipe pour l'organisation !

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5 juin 2013

Abélard, Renaud Dillies et Régis Hautières

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Abélard est un dyptique de BD paru chez Dargaud en 2011, imaginé par Renaud Dillies et dessiné par Régis Hautière.

Abélard est un petit poussin rêveur. Sa vie s'écoule en douceur dans son marais, en compagnie de ses amis, jusqu'au jour où la belle Epilie surgit. Sous le charme, Abélard décide d'aller voir le monde. Quitter ses amis, ses repères, pour voir l'ailleurs et conquérir le coeur de sa belle en lui décrochant la lune. En route pour l'Amérique où, paraît-il, une machine permettant de voler vient d'être inventée !

Abélard est une série de BD régulièrement chroniquée sur la blogosphère depuis sa parution. Les très nombreux avis élogieux ne m'ont pas laissée insensible. Et j'ai bien fait ! J'ai dévoré les deux tomes de cette série en un rien de temps, émue comme jamais par cet adorable poussin.
Difficile d'en parler tant ces albums m'ont touchée. Ce drôle de poussin tout rond, toujours coiffé d'un chapeau plus gros que sa tête, découvre le monde avec une naïveté émouvante.
Le dessin de Régis Hautière, que je découvrais avec cette lecture, possède un charme surrané par ses contours flous et ses couleurs chaudes. Le lecteur est plongé, dès les premières pages, dans l'univers singulier et philosophique d'Abélard.
L'intrigue de Renaud Dillies est simple sur le papier mais possède une force redoutable. Je défie quiconque de ne pas adhérer au charme d'Abélard ! La poésie qui se dégage de l'histoire de ce poussin est inouïe et porte un elle une universalité certaine. L'anthropomorphisme permet une fois encore de faire naître des émotions bien singulières.

Détail poétique supplémentaire : chaque jour, le chapeau d'Abélard lui délivre une maxime permettant à ce dernier de se construire et de réfléchir à sa vie et au monde qui l'entoure. L'amitié, la mort, le silence, les blessures de la vie, le chapeau permet au petit poussin de se nourrir de ses aventures et réfléchir.
Vous l'aurez compris, je suis sous le charme d'Abélard et ne sors pas indemne de cette lecture toute en finesse.

 Voici ma 54e participation
 à la BD du mercredi de Mango
    Et ma 43e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 19/20)

Top BD

D'autres avis sur ce diptyque : ChocoFleur, Jérôme, Joëlle, Lasardine, Lire pour le plaisir, MarionMo', NouketteOliv', Yvan, Yaneck etc.

Planche 1 Abélard Planche 2 Abélard

Abélard Carte

30 septembre 2013

Pompéi, Maja Lundgren

Pompéi est un récit écrit en 2001 par l'auteure suédoise Maja Lundgren. Il est paru en 2002 en France aux éditions Actes Sud.

An 79 de notre ère. La terre tremble quelques jours avant la sinistre catastrophe mais les signes échappent aux habitants de la cité de Pompéi. Chacun vaque à ses occupations. Par-delà les rues de la ville, le lecteur part à la rencontre de certains de ses habitants - gladiateurs, marchands, prostituées, mimes, esclaves, notables - et découvre cette époque fascinante. 

Offert par ma binômette lors du Swap de Printemps, Pompéi est un livre que je souhaitais lire depuis quelques temps. 
Et si l'antiquité romaine me fascine toujours autant, je dois avouer que j'ai été assez déroutée par ce récit. Maja Lundgren a pris le parti d'une fiction extrêmement bien documentée mais à la construction narrative complexe. Si l'idée d'une déambulation dans les rues de la tristement célèbre Pompéi, quelques heures avant l'éruption du Vésuve, est intéressante, l'auteure semble pourtant vouloir à tout prix noyer son lecteur sous une foule de détails historiques au détriment d'une quelconque cohérence narrative. 
Les personnages se succèdent, tout comme les chapitres aux formes variées (l'un d'eux énumère notamment les métiers exercés dans la ville), et il semble difficile d'y déceler un quelconque lien.
L'écriture de Maja Lundgren est intéressante mais il ressort de l'ensemble un sentiment de confusion qui m'a mise mal à l'aise. L'impression d'être passée à côté du projet de l'auteure, de ce qu'elle voulait transmettre à son lecteur...

J'aime cette époque, beaucoup même. Donc j'ai réussi à me glisser dans ce livre et découvrir certains aspects de la vie quotidienne ou des moeurs des Pompéiens que j'ignorais. Mais si j'ai été charmée, c'est par cet aspect documentaire. Ce qui est le comble pour une fiction.
Une lecture en demi-teinte, donc, que j'ai partagé avec CottageMyrtille, mon acolyte de lectures communes (quand on aime, on ne compte pas !)
Merci, chère Mrs Pepys, pour ce livre. J'avais très envie de le lire. Je suis ravie de l'avoir découvert grâce à toi ! L'avis de Cess, enchantée.

Voici une nouvelle participation à mon Défi Au Coeur de la Rome antique.

23 avril 2013

La mort s'invite à Pemberley, P.D. James

P1060314La mort s'invite à Pemberley est le dernier roman de  la britannique Phyllis Dorothy James alias P.D. James, paru en 2011 en langue anglaise avant d'être traduit en français chez Fayard en 2012 .

P.D. James a fait le choix audacieux de faire un pastiche du célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen. L'intrigue se situe après la fin du roman originel. Elizabeth Bennet a épousé M. Darcy. Ensemble, ils ont eu deux enfants. Leur bonheur semble total. Le roman s'ouvre à la veille du célèbre bal donné à Pemberley, la demeure familiale. Mais cette dernière est le théâtre d'un crime affreux commis en pleine nuit dans le parc.

La mort s'invite à Pemberley est le premier roman que je lis de la grande dame du roman policier. P.D. James, un grand nom à découvrir, c'est évident... Ou à redécouvrir, à défaut d'avoir apprécié ce livre ! Comme d'ordinaire, lorsqu'un rendez-vous avec une oeuvre est manqué, je ne vous fais pas languir.
La magie n'a pas opéré avec ce titre. Pas une seule seconde. Si j'ai apprécié l'oeuvre d'Austen, je n'ai absolument pas réussi à me glisser dans l'intrigue de P.D. James. Des lourdeurs la parsèment, dès les premières pages qui résument Orgueil et Préjugés, et ne quittent pas le roman. Les personnages sont grossièrement dépeints et leurs relations semblent artificielles.
L'intrigue policière, quant à elle, se met en place rapidement mais souffre d'une lenteur qui n'augure rien de bon. Les témoins se succèdent, les redites dans les dialogues aussi, puis le procès surgit sans qu'à aucun moment le lecteur n'ait le loisir de se poser en enquêteur. C'est à peine si le meurtre distille une once de piment à ce roman. Le dénouement apporte une touche de rebondissements mais bien trop tard pour que ce roman ne trouve grâce à mes yeux.
L'ironie et la critique sociale que j'avais tant appréciées chez Jane Austen ont disparu ici au profit de badinages. La condition féminine, sujet central des oeuvres d'Austen, subit dans ce roman d'importants anachronismes. Un pastiche n'est pas aisé et rares sont les auteurs qui ont su se glisser dans les pas d'un autre en se faisant oublier. P.D. James échoue ici, égrenant dans ses pages une touche contemporaine préjudiciable à l'ensemble.
Une rencontre ratée, vous l'aurez compris. Mais je ne m'avoue pas vaincue et découvrirai P.D. James avec d'autres oeuvres.

D'autres avis : Cynthia, PetiteFleurYuko, etc.

Ce roman me permet d'avancer dans deux de mes challenges :

c'est ma deuxième participation au Challenge British Mysteries de Lou et Hilde

et la lettre J de mon Challenge ABC organisé par Babelio.

British Mysteries   Challenge ABC Babelio

 

8 avril 2013

Le Secret d'Osiris, Nabil Mallat

Le Secret d'Osiris, Nabil MallatLe Secret d'Osiris est un roman de l'universitaire Nabil Mallat paru en mars 2013 aux éditions L'Archipel.

L'archéologue Maxime de Latour n'en revient pas : ses fouilles sur le plateau de Gizeh ont permis à son équipe de découvrir une chambre funéraire dédiée au dieu Osiris. Dans le sarcophage qui s'y trouve, un papyrus attise bien des convoitises.
Mais sitôt cette découverte faite, l'équipe d'archéologues en est écartée et se voit dans l'obligation de quitter l'Egypte. Et le papyrus disparaît ! Commence alors une course contre la montre pour découvrir qui l'a volé et dans quel but. Surtout que Maxime et son équipe ne sont pas seuls : ils sont talonnés par un criminel pilleur de tombeaux qui se cache sous le pseudonyme de Seth.

L'Egypte antique possède un incroyable pouvoir de fascination. C'est indéniable. En tout cas, je peine à résister à l'attrait que cette période exerce sur moi. J'ai donc plongé avec plaisir dans ce roman qui se propose d'aborder la question de Nabta Playa, un site archéologique situé à l'ouest d'Abou Simbel et considéré comme le berceau de la civilisation égyptienne.
L'auteur, par le biais d'une découverte archéologique sans précédent, nous permet de plonger dans la frénésie des recherches scientifiques et de lever le voile sur certaines découvertes archéologiques récentes.
Mais si l'intrigue est alléchante et les connaissances de l'auteur solides, le roman perd vite en consistance par sa brièveté. L'auteur est ambitieux et allèche son lecteur dès les premières pages, mais l'émulation s'essouffle au profit d'une intrigue qui avance au pas de course, au détriment d'informations solides. Le sujet mérite amplement un roman plus long, sinueux, abreuvant le lecteur avide d'informations sur Nabta Playa de descriptions et de réflexions sur le sujet.
Le Secret d'Osiris
pèche donc par ce rythme trop rapide et transforme un roman qui aurait pu être passionnant en course-poursuite trop rapide sur fond de découverte archéologique. C'est vraiment dommage car l'auteur maîtrise son sujet et le prouve à bien des égards. J'aurais aimé me plonger plus longtemps dans l'Egypte antique en compagnie de Nabil Mallat.

Je tiens néanmoins à remercier Julie et les éditions l'archipel pour ce roman.

Voici ma première participation au Challenge Voyage dans l'Egypte antique que j'organise.

 

Petit logo

28 juin 2012

Vous prendrez bien une tasse de thé ? Claude Keller

Vous prendez bien une tasse de théVous prendrez bien une tasse de thé ? est le premier roman du psychothérapeute Claude Keller paru en mai 2012 chez Plon.

Lyon, l'hiver. Dora, quinze ans, est une lycéenne brillante. Fille d'un psychanalyste et d'une soprano, la jeune fille est destinée à un brillant avenir. Mais le jour où elle rencontre Benjamin, vingt-deux ans, enfant de la Ddass et voyou à ses heures, sa vie bascule. Dora décide de fuguer pour le rejoindre. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises. Car la vieille dame qu'ils rencontrent dans la rue les emmène dans un immeuble bourgeois où tout va basculer. Les vies ordinaires vont voler en éclat et les masques tomber. Et Dora et Ben sont loin d'être les seuls concernés : tout l'immeuble le sera.

A la manière d'un Perec, Claude Keller nous propose, dans son roman, de se focaliser sur un immeuble et ses habitants à un instant t.
Un engrenage se met en place, et tous les personnages vont se rencontrer, alors même que rien de les y destinait. Certains avec leurs blessures, d'autres avec leurs vices ou encore leur violence, et la jeune héroïne se retrouve bien vite au milieu d'un théâtre de violence et d'excès complètement étranger à son univers confortable.
Le suspense ne cesse d'augmenter et l'étau de se resserrer autour de ce couple de jeunes un peu paumés. A la façon d'une pièce de théâtre, Claude Keller fait minutieusement converger tous ses personnages au 7 rue d'Auvergne et le compte à rebours se met en marche.
Mais si l'idée de départ est bonne, malheureusement, le tout s'essouffle rapidement. La psychologie des personnages est légère et sombre souvent dans la caricature. Le schéma jeune fille de bonne famille / jeune garçon paumé de la Ddass est trop éculé pour réellement fonctionner. L'auteur affuble ses personnages de personnalités et de caractères ô combien faciles : le gamin de la Ddass à qui rien ne sourit, la jeune bourgeoise qui a sauté une classe et aux parents CSP+, la jeune punk avec épingle à nourrice dans ses oreilles en rupture avec sa famille, la veuve riche et un peu gaga, etc. La galerie de personnages ressemble à n'importe quel saga de l'été ou feuilleton télévisé... C'est ennuyeux et ça manque de saveur.
C'est bien dommage, car l'alternance de points de vue offre à l'intrigue un dynamisme bienvenu et permet au lecteur de s'immerger complètement dans ce vaudeville contemporain qui aurait pu être drôle, émouvant, poétique même (comme le promettait la quatrième). Mais rien de tout cela pour moi. Je n'ai pas réussi à prendre en sympathie les personnages ni m'intéresser vraiment à leurs sorts. Malgré une construction narrative intéressante et un suspense indéniable, j'ai refermé ce roman un peu déçue.
Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Plon  pour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 

14 décembre 2011

Les enfants d’Evernight T.1 De l’autre côté de la nuit, Andoryss et Yang

Le premier tome [d]es Enfants d'Evernight, De l'autre côté de la nuit, est paru chez Delcourt en août 2011.

Londres, 1899. Alors que son père veut l'envoyer à l'orphelinat, Camille s'endort agitée et souhaite ne jamais se réveiller. Son voeu est exaucé en partie, puisqu'au matin, elle se réveille dans un monde étrange, un monde de l'autre côté de la nuit, un monde peuplé de rêves et de cauchemars. Un monde dans lequel, en tant qu'humaine, elle n'a pas le droit de rester. Mais sa venue va bouleverser l'ordre des choses et les règles établies depuis longtemps...

Voilà une intrigue attrayante et bien ficelée ! Établir un parallèle avec le monde des songes n'est pas sans rappeler Miyazaki, et l'antropomorphisme mis en scène abonde dans ce sens, mais qu'importe !
Ce premier tome fonctionne comme une scène d'exposition qui amorce une histoire riche, dans cet univers onirique à souhait proche de l'univers des mangas (notamment dans les graphismes).
J'ai passé un bon moment avec cet album, même si les dessins ne m'ont pas particulièrement touchée et que certains plans et découpages m'ont fortement fait penser à un animé japonais voire à un jeu vidéo du type Final Fantasy. Mais je pense que cette série saura séduire un lectorat avide de héros adolescents et d'univers parallèles merveilleux aux dangers multiples.

Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Delcourt  pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 Et voici ma 31e participation
à la BD du mercredi de
Mango

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 Et ma 22e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 15/20)

 

La vidéo de la maison d'édition pour présenter l'album.

 

 

 

18 octobre 2011

Challenge Gilmore Girls

Karine:) en parlait depuis quelques mois...

Je l'attendais...

Le voilà !

Logo-challenge-gilmore-girls-Karine

Pour ceux qui ne connaissent pas, Gilmore Girls est une série TV en 7 saisons débutée en 2000. L'histoire ? Celle de Lorelai, gérante d'un hôtel-restaurant, et de sa fille, Rory, studieuse et passionnée de lecture, à Stars Hollow, petite bourgade fictionnelle du Connecticut. 

En quoi consiste ce challenge ? Si vous connaissez la série, vous savez que Rory ne se déplace jamais sans un livre dans son sac. Ce sont ainsi 343 romans qui sont cités au cours de ces 7 saisons. Karine:) nous propose d'en lire 3 jusqu'au 31 décembre 2012.

Après examen de cette liste, je me suis rendu compte que j'ai lu 36 de ces oeuvres, que j'en possède une dizaine en version papier, sans compter toutes celles qui sont dans le domaine public et que je peux télécharger sur ma liseuse. Le choix sera donc difficile !

Edit du 23 octobre : J'ai tranché et sélectionné ceux qui sont disponibles grauitement sur ma liseuse ! Ce sera :

  • Les Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare (Edit du 29/12 : Je remplace ce titre par Emma de Jane Austen, dont j'ai reçu un très bel exemplaire à Noël ! Je sais je suis influençable...)
  • La petite fille aux allumettes d'Andersen
  • Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brönte.

Pour vous inscrire et voir la liste des romans dans son intégralité, rendez-vous chez Karine:) !


17 avril 2011

Oscar Wilde et le cadavre souriant, Gyles Brandeth

Oscar Wilde et le cadavre souriantOscar Wilde et le cadavre souriant est le troisième roman policier écrit par l'écrivain anglais Gyles Brandeth qui met en scène le célèbre dandy. Intriguée par l'idée de ce mélange des genres, j'ai donc commencé la série par ce troisième tome...

1883. Oscar Wilde, après une tournée florissante aux Etats-Unis, s'installe à Paris pour aiguiser sa notoriété. Grand ami de Sarah Bernhardt, il travaille avec Edmond La Grange sur sa nouvelle mise en scène, une nouvelle adaptation de Hamlet. Mais très vite, des meurtres entâchent la pièce et la réputation de la célèbre famille La Grange... Oscar Wilde mène alors l'enquête.

Si j'ai été intriguée par l'idée de Gyles Brandeth - faire d'un écrivain un détective en mêlant Histoire et fiction - je dois dire que c'est un rendez-vous manqué avec ce roman...
Non seulement l'intrigue traîne en longeur et s'attarde sur des détails biographiques inutiles à la fiction, mais en plus l'enquête en elle-même n'est vraiment pas palpitante et ne ressemble que de très loin à un roman policier.

Le premier cadavre est celui d'un caniche, puis s'ensuit, après une longue période au calme soporifique pour le lecteur, une série de trois meurtres pour le moins précipités et pour lesquels Oscar Wilde va se montrer très clairvoyant.
En pâle copie de Sherlock Holmes (ce qui n'est pas étonnant vu que Gyles Brandeth fait également intervenir Conan Doyle dans son intrigue), Wilde mène une pseudo enquête plutôt ennuyeuse, sur fond d'une nonchalance propre à son personnage d'artiste excentrique.
Une lecture qui m'a laissée complètement de marbre, et m'a même ennuyée sur la fin... Bien entendu, je m'arrête là pour la découverte de cette série !
L'avis de
Sharon qui a raté ce rendez-vous, elle aussi...

2 juin 2011

Une passion indienne, Javier Moro

passionJavier Moro est un scénariste espagnol né en 1955 (grand cru, diraient certains...) Il est l'auteur, entre autres, d'Il était minuit cinq à Bhopal, Le sari rose et Pied de Jaipur.

Une passion indienne relate la vie d'Anita Delgado, jeune danseuse andalouse dont s'est entiché le maharajah de Kapurthala, un petit état de l'Inde du Nord. Mariée à ce dernier à dix-huit ans, la jeune fille quitte son pays pour découvrir les Indes. Nous sommes en 1908. Le pays est encore sous la domination anglaise. La Partition n'est encore qu'un projet. Pour la jeune fille, cinquième épouse du maharaja et rebaptisée Maharani Prem Kumari, se faire accepter dans ce pays aux coutumes si éloignées des siennes n'est pas une mince affaire.

Il est un point sur lequel je voulais m'arrêter pour débuter ce billet, c'est son classement dans mon blog dans la catégorie "Biographies et écritures du moi". Cette catégorisation m'a tiraillée, mais j'ai finalement opté pour ce choix. Sous-titré en effet "roman", ce livre n'est en rien une fiction et s'apparente en bien des points à une biographie de la princesse andalouse. L'auteur relate des faits de façon successive, sans parfois même prendre la peine de les lier entre eux, et n'éclaire à aucun moment son lecteur sur cet étrange sous-titre. Même si une biographie possède de façon intrinsèque une part fictionnelle due à l'interprétation de l'auteur des faits et de la vie de la personnalité à laquelle il s'intéresse, ici, rien n'est clair. Quelle est la part de fiction dans ce livre ? Mystère... Pour ma part, je n'ai à aucun moment eu l'impression de lire un roman dans la mesure où tous les éléments relatés sont historiquement avérés et que les photos présentes en fin d'ouvrage appuient ceux-ci.
Ce détail soulevé, je ne peux ensuite que vous avouer que cette lecture m'a profondément ennuyée. Je m'attendais à lire le récit haut en couleurs de cette femme, véritable jouet occidental pour le maharaja, et de sa vie romanesque s'il en est. Déception ! Javier Moro a construit son livre de manière chronologique, ce qui semble logique dans l'optique d'une biographie, mais n'a pas réussi à insuffler ce petit quelque chose qui aurait pu éveiller mon intérêt. J'ai eu l'impression de lire une énumération de faits mis bout à bout, sans réelle cohérence ni réflexion.
Dans son soucis de donner le maximum de détails sur le destin de cette femme, Javier Moro a oublié l'essentiel : intéresser son lecteur tout au long de ses 430 pages.Je ne vous cache pas ma déception. La vie d'Anita Delgado méritait une biographie davantage romanesque, à l'image de ce qu'elle a vécu, et non un documentaire présenté comme un conte de féesVignette_LC moderne sans aucune réflexion derrière...

Ce roman a été lu dans le cadre d'une lecture commune avec
Elea23. Je l'inscris bien entendu dans le cadre du Challenge "L'Inde en fêtes".

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12 septembre 2011

Tout, tout de suite, Morgan Sportès

5953_1384599Morgan Sportès est un écrivain français dont le livre-enquête, L'Appât, publié il y a vingt ans et adapté au cinéma par Bertrand Tavernier en 1995, reçut l'Ours d'or à Berlin. Tout, tout de suite est son dernier roman, sorti en août chez Fayard et en lice pour le Goncourt 2011.

L'horreur du crime a fait couler beaucoup d'encre. En 2006, un jeune juif d'origine modeste est enlevé, séquestré et torturé pendant plus de vingt jours par une bande de jeunes, avant d'être assassiné. Morgan Sportès revient sur cet acte de barbarie. Il explore, dans ce roman inspiré de ces faits réels, les raisons qui ont poussé ces jeunes - parfois désoeuvrés, parfois parents, parfois mineurs - à torturer un autre être humain. Sans jugement, il reconstitue les faits, analyse notre société, les désillusions qu'elle créé, jusqu'à permettre l'irréparable. L'inénarrable.  L'indicible.

Lecture dure au sens propre, Tout, tout de suite est un roman assez étrange. Tout d'abord parce qu'il s'inspire de faits réels, certes, mais aussi parce qu'il décortique  notre société et ses dérives au travers de ce crime au caractère insoutenable. Le choix de Morgan Sportès d'écrire un roman et non pas un documentaire permet d'établir une distance, une distance avec ce crime, mais aussi une distance avec notre société gangrenée qui se détériore peu à peu. Une société qui permet à cette violence d'éclore. Et cette distance est salvatrice pour le lecteur. Sans elle, cette lecture serait d'autant plus dérangeante.
Tout, tout de suite n'est pas un roman que je souhaitais lire, appréhendant les mots de Morgan Sportès pour mieux me cacher derrière un voile protecteur.
Je l'ai néanmoins lu.
De ce roman terrible, je retiendrais un sentiment de malaise, qui ne m'a pas lâchée. Malaise du à à cette histoire, c'est évident, mais dû aussi à notre monde actuel. Une sorte de fatalisme en somme. C'est dur d'ouvrir les yeux. Dur de regarder la violence en face. De la voir éclore. De parler d'acte inhumain quand ce sont bien des Hommes qui l'ont commis.

Une lecture éprouvante s'il en est. Une étude sociétale inquiétante et pourtant bien réelle réalisée par un auteur qui analyse un monde qui va mal.
Une lecture dérangeante, tout sauf reposante, mais ô combien essentielle.
Je remercie libfly et   pour ce livre de la rentrée littéraire reçu en avant-première. L'avis de Stephie sur ce roman.

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17 mars 2011

Ceux qui sauront, Pierre Bordage

Ceux_qui_sauront_Pierre_Bordage_Uchronie_J_ai_LuEt voilà la première uchronie chroniquée sur mon blog ! Pour ceux qui commencent déjà à se demander de quoi je parle, une uchronie "est un temps imaginaire, une autre Histoire que celle que nous connaissons", pour reprendre les mots d'Alain Grousset, directeur de la collection Ukronie chez Flammarion.

Nous sommes en 2008. La Révolution française n'a pas eu lieu. La société est régie par des règles inégalitaires :  les masses populaires n'ont pas accès à l'éducation et sont maintenues dans l'ignorance. La monarchie en vigueur leur interdit toute scolarisation et l'accès aux progrès technologiques.
Deux adolescents, Jean et Clara, tentent d'échapper à leur condition. Le premier en apprenant clandestinement à lire pour ne pas subir les conditions de vie de sa classe sociale ; la seconde en fuyant le mariage arrangé pour le prestige de sa famille. Mais les tensions sociales, très prégnantes, sourdent, et les deux adolescents sont entraînés malgré eux dans la violente opposition sociale.

J'avais ce livre dans ma PAL depuis quelques temps et je suis vraiment contente de l'en avoir sorti ! Pierre Bordage nous entraîne avec brio dans cette uchronie aux relents actuels. Evidemment, la Révolution française a bien eu lien en 1789, mais quand on regarde de plus près la société  française actuelle, très inégalitaire, l'intrigue de Ceux qui sauront n'est pas loin...
En réécrivant ainsi notre Histoire, Pierre Bordage imagine une France encore monarchiste, dans laquelle le peuple n'a pas accès à la lecture et pour qui l'éducation est prohibée pour éviter tout soulèvement. Le propos est certes accentué par rapport à notre situation, mais peu s'en faut...
Pour en revenir à ce roman, l'intrigue est bien ficelée et fonctionne très bien. L'alternance de chapitres avec un narrateur féminin et un narrateur masculin permet de séduire un vaste public.
Pierre Bordage mêle inextricablement le destin de deux personnages que tout oppose : l'une riche, l'autre pauvre ; l'une pour qui l'éducation est un fardeau, l'autre pour qui la lecture est synonyme de liberté. Bien entendu, tout converge vers leur rencontre (et je dois dire que je l'attendais un peu plus tôt dans le roman...) qui occasionne une remise en question des deux côtés.
Le présent imaginé par Pierre Bordage est un savant mélange de ce qui fut et de ce que nous connaissons aujourd'hui (internet est ainsi appelé R2i pour Réseau International et Informatique), même si certaines technologies n'ont pas vu le jour, par peur des dirigeants d'être utilisées comme contre-pouvoirs (comme le téléphone par exemple)

Un roman qui se lit très vite, au rythme étourdissant, et à l'intrigue intéressante 59552646_pqui évite de sombrer dans l'écueil de la facilité. Une approche sombre d'une société perdue, qui résonne étrangement avec les événements mondiaux actuels... J'inscris cette lecture dans le Challenge  Winter Time Travel de Lhisbei, consacré aux uchronies.
L'avis d'Emmyne, qui avait lu ce roman à sa sortie en 2009.

 

14 mars 2011

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

696941_gfComme j'en ai entendu parler de ce roman... A en croire certaines blogueuses, c'eût été sacrilège de passer à côté. Bon, j'aime Barcelone et la quatrième de ce roman m'intriguait, donc j'ai succombé (c'est rare que je résiste, vous remarquez ?)

Barcelone, 1945. Le père du narrateur emmène son fils dans un endroit aussi mystérieux que source de fantasmes : le Cimetière des Livres Oubliés. Sont entreposés ici tous les livres dont personne ne se souvient. La règle ? La première fois que l'on s'y rend, en adopter un, pour qu'il continue à vivre grâce à ce nouveau lecteur. Daniel Sempere, le narrateur, choisit un livre sans savoir que celui-ci va bouleverser sa vie. Quelqu'un veut à tout prix le récupérer tandis que ceux qui ont connu son mystérieux auteur se taisent à son sujet...

L'Ombre du vent fait partie de ces romans fleuves qui parcourent les années à partir d'une intrigue très bien ficelée. Histoire et fiction se mêlent inextricablement autour de personnages à la psychologie solide.
Si j'ai aimé me plonger dans la Barcelone de ces années là, j'ai été peut-être un peu déçue par cette lecture. Et pourtant, je crois que cette déception n'est absolument pas due au roman en lui-même mais plutôt à mes attentes par rapport à cette lecture. Je m'attendais peut-être à un roman plus fort, plus poignant, ou une intrigue plus alambiquée. Je ne sais pas...

J'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture et trouvé la plume de Zafon poétique à souhait et son imagination assez fascinante. L'intrigue est très bien ficelée et m'a tenue en haleine tout au long du roman, jusqu'à son dénouement vraiment imprévisible. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la nouvelle La bibliothèque de Babel de Borgès quant à ce fameux
Cimetière des Livres Oubliés. Mais je pense sincèrement que cette lecture aurait pu davantage me plaire si je n'en avais pas eu tant d'éloges si dithyrambiques.

Les avis de Cynthia, Iluze, Alex-Mots-à-Mots, Héloïze, Mazel, Choupynette et des citations choisies par L'Ogresse de Paris.

"Dans ce lieu, les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps, continuent de vivre en attendant de parvenir un jour entre les mains d'un nouveau lecteur, d'atteindre un nouvel esprit." (p.13)

"Je pensais à mon envie de me réfugier dans son regard insaisissable, dont je craignais qu'il ne fût transparent, vide. Je pensais à la solitude qui allait m'assaillir, cette nuit, quand je l'aurais quittée, quand je n'aurais plus de stratagèmes ni d'histoires pour me concilier sa compagnie. Je pensais au peu que j'avais à lui offrir et à tout ce que je voulais recevoir d'elle." (p.235)

18 février 2011

Le coeur cousu, Carole Martinez

9782070379491Hathaway m'a ravie en m'offrant, à l'occasion du Swap Nouvel An 2011, Le cœur cousu, premier roman de Carole Martinez, repéré sur son blog quelques temps auparavant...

Soledad porte bien son prénom : sa vie entière n'a été que solitude. A l'aube de sa mort, elle décide de raconter l'histoire des femmes de sa famille, à commencer par Frasquita, sa mère, couturière de génie. Ayant hérité, au sortir de l'enfance, d'une magnifique boîte à couture, leur mère a consacré des heures à coudre, broder, orner tout ce qu'elle trouvait, tissus comme plaies... Mais une fois mariée, son talent a jeté  l'opprobre sur elle et sa famille, certains l'accusant de sorcellerie et de mensonge pour renier son don.
Au fil des ans et des enfants qu'elle met au monde, Frasquita abandonne la couture pour éviter toute médisance. Mais le jour où son mari, qui se lance dans les combats de coqs,  joue et perd son épouse, la vie de Frasquita et de ses enfants bascule.

Quelle plume ! Carole Martinez m'a émue à chacune de ses pages, m'emportant loin, dans cette Espagne à la chaleur étouffante. Pour un premier roman, Le coeur cousu est une petite réussite à côté de laquelle il ne faut pas passer ! J'ai éprouvé beaucoup de sensations que la lecture [Du] Soleil des Scorta de Laurent Gaudé avait fait naître en moi...
Carole Martinez manie la langue avec une finesse rare et allie celle-ci à une intrigue romanesque et originale s'il en est, entre histoire familiale et conte.
Son récit emboîté alterne les époques et les personnages avec une aisance que j'ai rarement vue. Un récit qui coupe le souffle, émeut aux larmes et fait sourire. En bref, une petite merveille !

coup_de_coeur_2011Sans aucune hésitation, je lui décerne le titre de deuxième coup de cœur de l'année 2011. Un immense merci Hathaway pour ce roman magistral ! (son avis est ici !)

Un avant-goût de la plume fantastique de Carole Martinez :

"Mon nom est Soledad.
Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec
des bras morts incapables d'enlacer et de grandes
mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un
mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans
le sang.
Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.
Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence
l'écoulement sableux qui me traverse.
LA TRAVERSÉE.
Il faudrait bien que tout ce sable retourne un jour
au désert." (p.7)

20 avril 2010

Le mystère de la maison Aranda, Jeronimo Tristante

couv71970536Je viens de terminer Le mystère de la maison Aranda, bien heureuse de découvrir ce roman policier dont j'avais entendu parler il y a quelques temps.

Madrid, 1877. Victor Ros vient d'être promu sous-inspecteur. Pour cet ancien voleur à la tire, cette promotion est le résultat d'un dur labeur. Mais au moment où il rentre dans sa nouvelle fonction, deux affaires attirent son attention : des prostituées se font assassiner d'un coup de poignard dans le ventre, tandis que dans le même temps une jeune femme agresse son mari en pleine nuit, après avoir lu un passage de La Divine Comédie...

Très enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture, mon entrain s'est affaibli au fur et à mesure de celle-ci... Le rythme de l'intrigue est très lent (une centaine de pages pour que l'histoire se mette en place), les personnages sont peu consistants et une abondance de dialogues parfois stériles et redondants parsèment le texte. Bref, un enthousiasme de plus en plus mou de mon côté, mais j'ai néanmoins poursuivi ma lecture.
Sauf que... Sauf que l'évocation des meurtres des prostituées , qui survient très tôt dans le roman, m'a bien évidemment fait penser à Jack l'Éventreur, transposant le drame à Madrid. Cet aspect de l'intrigue m'a fortement déplu, me faisant suspecter l'auteur de manquer d'imagination...
Et l'allusion à l'œuvre de Dante m'a complètement refroidie. Toute l'intrigue repose sur la question de la prétendue malédiction de la maison où la jeune femme agresse son mari, et le lien avec le livre démoniaque qu'elle lisait : La Divine Comédie. Depuis quelques années, une malédiction semble frapper les habitants de la maison Aranda et pousser les épouses à poignarder leurs maris. Et à chaque fois, l'œuvre de Dante se trouve à leurs côtés, sur la scène du crime. J'ai vraiment eu beaucoup de mal à adhérer au raisonnement de l'auteur et n'ai jamais été entraînée dans le côté fantastique dont il a teinté son roman.
L'intrigue est simple, trop simple pour un lecteur averti de romans policiers, les révélations sont courues d'avance et les personnages ont une psychologie développée a minima. Le duo que forme Victor Ros avec son collègue ressemble à une pâle copie de Sherlock et Watson, appliquant avec soin la méthode développée par Doyle :  observation et déduction.
Bref, après un dénouement ô combien prévisible, j'ai refermé ce roman en me disant qu'outre le voyage dans le Madrid de la fin du XIXe, il ne m'avait pas beaucoup apporté... Dommage ! C'est vraiment rare que je ne n'accroche pas avec un "Grand détective" de 10/18...
Je remercie néanmoins  
47286893 et la collection 10/18 pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

18 juin 2017

Watership Down, Richard Adams

Watership Down Richard AdamsWatership Down est un monument de la littérature anglaise écrit en 1972 par Richard Adams et écoulé à plus de 50 millions d'exemplaires à travers le monde. Sa réédition, en septembre 2016 par Monsieur Toussaint Louverture, a permis de remettre ce roman sur le devant de la scène.

Parce qu'un jour son jeune frère Fyveer lui prédit une grande catastrophe, Hazel décide de fuir sa garenne avec tous ceux qui le souhaitent pour trouver un ailleurs meilleur. Voici donc une bande de lapins séditieux, mus par un instinct de survie, lancés à l'aventure. Les dangers sont nombreux jusqu'à leur terre promise, celle que Fyveer a vue en rêve, mais le courage ne leur manque pas.

Incroyable épopée au rythme intense, Watership Down est un roman marquant à plus d'un titre. Tout d'abord parce que ses personnages sont des lapins, mais pas des lapins humanisés, non. De vrais lapins, qui ont un quotidien de lapins, entre grignotage de trèfles, terriers et prédateurs divers. Des lapins à quatre pattes, qui se battent avec leurs griffes et leurs dents, détestent nager et ne comprennent pas le monde des humains et leurs terrifiants objets. Richard Adams réussit l'exploit de donner à voir l'intériorité de ce monde animal avec un oeil des plus aiguisés.

Marquant également par le vocabulaire singulier que l'auteur imagine pour ses personnages. La langue des lapins est fleurie, à l'image des plantes qu'ils adorent : fu inlè désigne ainsi le lever de la lune, sfar le fait d'être pétrifié de peur,  farfal le repas, etc. L'univers des lapins est riche, tout comme les légendes qu'ils aiment à raconter le soir, lors des veillées, et qui mettent en scène Shraavilshâ, un héros légendaire. J'ai eu l'impression de redécouvrir Le Seigneur des anneaux, par cet aspect linguistique et culturel riche et cette mythologie (Krik, le dieu des lapins, est fréquemment évoqué).

Marquant, enfin, car très vite le lecteur oublie qu'il s'agit finalement de lapins. La portée universelle est là, dans le courage et les valeurs de ce groupe de lapins valeureux qui tentent coûte que coûte de survivre et de construire une nouvelle garenne. Les parallèles sont nombreux - et certains m'ont sans aucun doute échappé - et plus d'une fois, dans les scènes de combats où le courage ne manque pas aux petits lapins, j'ai oublié qu'il s'agissait d'animaux. Epopée remplie d'espoir et de poésie, Watership Down est une de ces lectures qui marque durablement. J'ai adoré trembler aux côtés d'Hazel et ses troupes, frémir à l'apparition de la moindre belette, espérer qu'ils atteignent leur terre promise. Bref, un régal, un délice. Un roman à découvrir d'urgence. Merci de ce chouette conseil S. ! Jérome aussi avait adoré.

Une nouvelle participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda !

mois anglais 2014_4.jpg

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