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8 juin 2011

Le club du suicide, Clément Baloup et Eddie Vaccaro

9782302016033_cgJ'avais aimé le roman de Stevenson. J'ai été curieuse de découvrir son adaptation en BD...

Le prince Florizel s'ennuie. En compagnie du colonel Géraldine, son écuyer, il rencontre un soir un jeune homme ruiné et suicidaire. Celui-ci les convie à une assemblée étrange : le Club du suicide, un lieu où chaque soir, les cartes désignent, parmi l'assemblée réunie, qui sera la victime et qui sera le bourreau. Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

9782302016033_pgSéduite dès la couverture, je n'ai pas été déçue par cette BD que j'ai dévorée d'une traite ! Clément Baloup et Eddie Vaccaro se sont approprié brillamment ce roman de Stevenson et lui offrent ici une adaptation en BD très réussie. Je suis d'ordinaire assez méfiante quant aux adaptations de romans en BD, mais avec ce titre, j'ai baissé ma garde... Et j'ai eu raison !
Le travail à l'aquarelle d'Eddie Vaccaro offre un rendu désuet très doux, aux ambiances chamarrées, qui colle parfaitement à l'intrigue et au contexte historique, et n'est pas sans me rappeler le travail de Posy Simmonds. Chaque scène semble fonctionner en autonomie grâce à ces univers graphiques proches et pourtant si singuliers.
L'intrigue est très fidèle à celle de Stevenson, et Clément Baloup s'en est emparé en l'enrichissant de certains passages inédits éludés par le roman. Une petite pépite !

Un grand merci aux Éditions Soleil pour ce très bel album. A découvrir également, l'interview des deux auteurs, qui nous permet d'appréhender davantage leur travaille collaboratif sur ce classique. 

Et voici ma quatorzième participation 01-ClubSuicide
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma sixième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 17/20) !
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15 mai 2011

Les amants d'Avignon, Elsa Triolet

9782070344628FSLes Amants d'Avignon est une nouvelle tirée du recueil Le premier accroc coûte deux cents francs, récompensé par le Goncourt en 1945 et écrit par Elsa Triolet. D'origine Russe, celle qui inspira une partie de l'oeuvre romanesque et poétique de Louis Aragon livre dans cette nouvelle de nombreux détails sur son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

L'héroïne de cette nouvelle, Juliette Noël, participe activement à la Résistance française. Sur les routes et dans le froid, elle brave vaillemment la dureté de la vie au nom d'une cause qu'elle défend corps et âme. Faisant fi de sa vie personnelle et sentimentale, la belle se bat aux côtés de ceux qui militent pour un avenir meilleur.

Difficile de ne pas trop révéler de cette courte nouvelle ! J'ai découvert la plume d'Elsa Triolet grâce à ce texte et j'ai apprécié son style concis et incisif. Sans flonflon ni poésie, elle donne à voir des illustrations de cette période de notre Histoire.
Grâce au personnage de Juliette, qui lui ressemble en bien des points, l'auteure nous intronise au sein de la Résistance et au coeur de ces heures sombres pour la France.
L'abnégation dont fait preuve Juliette, qui n'est pas loin de celle dont a fait preuve Elsa Triolet à cette époque, et le courage qui l'habite forcent le respect et suscitent l'admiration.
Un très beau texte. Pour ne pas oublier. Pour ne pas nier le courage de certains. Pour ne pas baisser48925717_p les bras.

Une nouvelle lecture que j'inscris dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

18 mars 2011

Ma boîte à poèmes, anthologie réalisée par Michel Piquemal

9782848015637Du 7 au 21 mars, partout en France, c'est le Printemps des poètes. Le thème de cette année ? "Infinis paysages". L'occasion de se replonger avec délice dans la poésie sous toutes ses formes !

Et pour initier les plus jeunes, Michel Piquemal propose, aux éditions Tourbillon, une anthologie poétique dans un joli coffret cartonné composé de 80 fiches classées par thèmes. Et pour clore en beauté cette initiation poétique, un atelier d'écriture permet aux plus jeunes de s'initier aux joies des jeux langagiers, à travers diverses contraintes linguistiques.

piquemal_michel_boite_poemes_L_v4KqGBOutre l'aspect de ce coffret vraiment réussi (tant les illustrations de Julia Wauters que les couleurs utilisées), j'ai vraiment adoré son contenu ! 
Le classement et la numérotation des fiches permet de naviguer facilement dans le coffret, tandis que les couleurs rendent leur rangement facilité.
 
Enfin, la présence de bribes de textes sous forme d'aimants à assembler au gré des envies est une idée vraiment géniale pour stimuler la fibre poétique des plus petits...
Une excellente façon d'initier les enfants à la poésie !

 Je remercie grandement Aurélie et les Éditions siteon0_130x51, spécialisées en littérature de jeunesse, pour cette belle découverte !

 

Deux haïkus, pour le plaisir :

"Debout sur la cime
Le corps lavé par la marche
Vivre nous respire."

(Patrick Jonquel)

 

"Un monde de douleur
et de peine
Alors même que
les cerisiers
Sont en fleurs."

(Issa)

16 octobre 2010

Le plus bel âge, Joanna Smith Rakoff

9782258081345FSLe plus bel âge est le premier roman de l'américaine Joanna Smith Rakoff, publié en France en 2010 aux Presses de la cité.

Une bande d'amis depuis l'université évolue  à New York. Entre ces quatre filles et ces deux garçons - Lil, Sadie, Beth, Emily, Tal et Dave - les amitiés se nouent et se dénouent au fil du temps, au même rythme que leurs amours. Entre mariages et licenciements, amours non partagées et déceptions, ces six jeunes adultes grandissent ensemble...

Annoncé comme un roman d'apprentissage, Le plus bel âge se présente comme une peinture sociale d'une génération, entre promesses et désillusions.
Non sans rappeler Bret Easton Ellis et Jay Mcinerney, Joanna Smith Rakoff nous livre ici un roman dense à multiples facettes.
Porté par un rythme parfois très lent, il amorce des problématiques assez ethnocentrées qui ne tendent pas à une forme d'universalité, comme le laisse entendre la quatrième. Des tragédies personnelles aux doutes existentiels en passant par les amours compliquées de cette bande de jeunes adultes, ce roman oscille entre littérature sentimentale et réflexion plus profonde sur le monde d'aujourd'hui.
Si j'ai été portée par la première partie de ce récit, je dois avouer que je me suis ennuyée à la longue, ne parvenant ni à m'identifier aux personnages principaux ni à m'intéresser à leurs petits états d'âme.
Une lecture que je ne regrette absolument pas car elle m'intéressait de prime abord, mais qui ne me laisse pas un grand souvenir une fois la dernière page tournée...

Je tiens à remercier  logo2et les éditions presses_de_la_cit_ pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.


Le plus bel âge par Joanna Smith Rakoff

Le plus bel âge
Joanna Smith Rakoff

Critiques et infos sur Babelio.com

18 mai 2010

Le souffle des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211046FSLes romans qui mêlent fiction et histoire ? J'adore ! Les romans qui mêlent fiction et histoire pour les jeunes ? Je suis prudente quant à la qualité, mais quand elle est au rendez-vous, je ne peux que m'incliner...

Éléonore est née à Lille en 1852. Dotée d'une sensibilité musicale exceptionnelle récusée par son père, la jeune fille est envoyée chez sa tante à Paris pour débuter son apprentissage de lingère. Elle repère très vite, rue Saint Georges, la boutique de monsieur Sax, remplie de cuivres en tous genres. Téméraire, la jeune fille se travestie en garçon pour travailler dans les ateliers de cet inventeur d'instruments de musique. Sa supercherie découverte, elle intègre alors la fanfare des Tourterelles, uniquement composée de femmes, et dirigée par le frère de monsieur Sax. Débute alors pour la jeune fille une vie remplie de rencontres et de musique à Montmartre.
Mais les événements de la Commune viennent bouleverser ce fragile équilibre... Et lorsque l'Exposition Universelle est organisée à Paris en 1878 et qu'un trompettiste américain entre dans la vie d'Éléonore, tout chancelle...

Je me suis laissée entraîner dans le tourbillon de cette intrigue, vibrant au son des cuivres de la fanfare féminine des Tourterelles. Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas mêlent avec brio l'histoire de la France au 19e avec l'histoire du saxophone et autres cuivres, le tout au service d'une intrigue fictive haute en couleurs. Il est rare, dans un roman, que le thème de l'histoire de la musique et de ses instruments soit abordé. Pour ma part, il me manquait des jalons pour me repérer dans ce domaine, jalons construits grâce aux détails historiques de ce roman, précis sans être lourds. C'est le principal atout de ce roman, à mon sens : s'engager dans une voie que peu empruntent et le faire sans didactisme aucun.
Les personnages ont une psychologie suffisamment développée pour permettre au lecteur une identification certaine.  Eléonore est une jeune héroïne courageuse, portée par son amour de la vie et de la musique. Sur son parcours, elle croise de nombreux mentors qui sauront la guider dans ses choix et l'aider à affermir son caractère et ses convictions politiques pour ne pas se perdre dans l'obscurité des affrontements de la Commune. Aux personnages imaginés par l'auteur se superpose les figures historiques de cette époque, comme Hector Berlioz, Alexandre Dumas ou encore Napoléon
III.

L'intrigue de ce premier opus est intéressante et imprévisible, la lecture est très fluide et les années filent pour le personnage d'Éléonore, au gré de l'Histoire et de ses rencontres. Il fait bon vivre à Montmartre en compagnie de ces personnages mélomanes et bohèmes.
Pour ma part, je continue mon voyage à la Nouvelle-Orléans avec Le Swing des Marquises, où Éléonore... Mais chut !  Je n'en dirai pas plus !
J'inscris bien entendu cette lecture dans le Challenge Des notes et des mots d'Anne
challenge-Des-notes-et-des-mots-4
Je tiens à remercier chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série. Quelle belle découverte ! Pour jeter un œil sur leur site, c'est par ici, et pour voir leur page Facebook, consacrée uniquement aux livres, c'est par là !

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9 avril 2010

Le grand fariboleur, Marie-Sabine Roger, Arno

9782848651378FSJ'avais découvert cet album il y a deux ans grâce à ma sœur qui travaille en bibliothèque jeunesse. De retour chez elle, je l'ai relu et j'ai eu envie de vous en parler car il avait été un grand coup de cœur pour moi à l'époque. Mais n'ayant pas de blog au moment de sa découverte, je n'avais pas pu beaucoup en parler autour de moi...

A l'aube naissante, quand les enfants dorment à poings fermés, le Fariboleur entre doucement dans leurs chambres pour récolter les fariboles, "ces pelures de songeries qui s'éparpillent au bas des lits comme de minuscules miettes", afin de les bricoler dans son atelier, et d'illuminer ensuite les rêves des enfants soucieux...

Une intrigue imaginative, portée par les illustrations d'Arno, hautes en couleurs et absolument magnifiques.
Une poésie dans la plume de Marie-Sabine Roger qui entraîne le lecteur dans cette histoire aux mille couleurs.
Un conte intemporel pour petits et grands dont la lecture est un délice tant pour l'oreille que pour l'œil.
Une plongée onirique dans
un univers merveilleux qui ne laisse pas indifférent.

IMG_3761_d019dUn excellent album à découvrir absolument, pour rendre grâce aux talents de ses deux auteurs... Merci sœurette pour cette découverte ! Seul regret : ne pas l'avoir acheté et fait dédicacer quand il est venu dans ta médiathèque...

J'inscris bien entendu cette lecture dans le cadre du Challenge "Je lis aussi des albums" initié par Herisson08 et comme quatrième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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8 mars 2010

Junk, Melvin Brugess

9782070396924FSNous avions lancé l'idée d'une lecture commune avec Tinusia pour ce roman qui me tentait depuis un certain temps... C'est chose faite !Sans_titre_2
Junk est un roman paru en 2002 aux éditions Gallimard dans la collection Scripto, pour les adolescents. Ce détail explique mon choix de le classer en littérature de jeunesse, malgré la couverture que je présente ici (la version adulte, parue en 2009 dans la collection Folio).

Nico est un jeune adolescent mal dans sa peau : avec une mère alcoolique qui ne tient plus debout et un père violent, sa vie est dure. Heureusement il a Gemma, une fille de son âge avec qui il sort. Un peu paumée aussi, en rébellion surtout.
Le jour où Nico décide de fuguer, il rencontre Richard, un homme étrange et profondément philanthrope, qui récupère des maisons abandonnées pour ouvrir des squats pour les jeunes sans toit. Nico s'installe donc dans un squat où Gemma le retrouve, ayant fuguée elle aussi, mais par désœuvrement. Les deux adolescents débutent alors une vie de pseudo liberté, où tout est simple. Mais le jour où deux jeunes de leur âge arrivent et leur proposent de venir vivre dans leur squat, l'enfer de la drogue se referme sur eux...

Cinquième coup de cœur de cette année, Junk est un livre que l'on n'ouvre pas sans conséquences et qui résonne longtemps après en avoir tourné la dernière page...
L'auteur présente les événements relatés comme inspirés de ce qu'il a vu et côtoyé lorsqu'il vivait à Bristol dans les années 80. La misère et la drogue vont souvent de paire et se referment sur de nombreux jeunes telle la gueule d'un loup.
Nico et Gemma, les deux personnages principaux, ont l'innocence et la candeur de leur âge, à peine quinze ans, et se croient naïvement plus forts que leurs paradis artificiels. Leur histoire est très dure, mais reflète une triste réalité que l'on ne peut ignorer. La narration alternée, adoptant à tour de rôle le point de vue des différents protagonistes, permet d'avoir non seulement une vue d'ensemble de l'intrigue mais aussi des opinions diverses sur celle-ci. Certains personnages subissent leur addiction sans en avoir conscience, tandis que d'autres, plus lucides, tentent en vain de décrocher, ou tout du moins de baisser leur consommation. Les relations entre les personnages sont réalistes, la psychologie de ces derniers très bien étudiée, l'intrigue bien menée...

Bref, j'ai eu du mal à refermer ce livre, prise dans le tourbillon infernal de cette histoire, souffrant avec les personnages, espérant en même temps qu'eux, anticipant, parfois, leurs déconvenues et leurs rechutes. L'enfer de la drogue est décrit avec précision par l'auteur qui l'argumente ainsi : « Je pense qu'il est préférable que les jeunes n'entendent pas parler de la drogue pour la première fois le jour où quelqu'un essaiera de leur en vendre. » Les mots sont durs, les sensations décrites en détails, les phrases font sens douloureusement et dangereusement. On est emportés par cette lecture noire, repoussant l'inextricable dénouement, tentant de fuir cet engrenage déjà enclenché.

Une lecture coup de poing dont vous ne sortirez pas indemne. A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais en gardant à l'esprit la visée de l'auteur...

Lectures communes

17 mai 2017

L'adoption T.1 Qinaya, Zidrou et Monin

L'adoption, Zidrou - MoninQinaya est le premier tome du diptyque L'adoption paru en mai 2016 chez Bamboo dans la collection Grand Angle. Zidrou en signe le scénario et Arno Monin les dessins.

Un tremblement de terre au Pérou. Qinaya, petite orpheline de quatre ans, est recueillie par Alain et Lynette, un couple français. Pour la famille de ceux-ci, l'arrivée de la petite fille est source de joie. Mais pas pour Gabriel, pour qui devenir grand-père ne coule pas de source, alors qu'il n'a jamais pris le temps d'être un père présent pour ses enfants.

Il y a eu tant d'éloges sur cet album, qu'il était difficile de passer à côté. Et effectivement, je n'ai pas fait confiance les yeux fermés à mes acolytes de la BD de la semaine pour rien...

Ce premier tome est un petit bijou visuel, tout en rondeur et en douceurs, qui  plonge son lecteur dans une histoire familiale touchante. Si le scénario semble simple de prime abord, l'histoire est traitée avec beaucoup de délicatesse et de justesse. De la difficulté d'être grand-père à celle d'être père, en passant par les affres de la soixantaine et les relations intergénérationnelles, Zidrou aborde tous ces thèmes au fil de ces pages qui se dévorent.

Le rythme est lent, à l'image du temps qu'il faut à Gabriel et Qinaya pour s'apprivoiser. Et si derrière ce retraité revêche se cache un homme empêtré dans un rôle qu'il ne connaît pas, derrière la petite bouille de Qinaya et ses grands yeux se cache une fillette rigolote et vive d'esprit.

Je n'aurais qu'un mot : succombez-vous aussi à ce premier tome et faites comme moi, attendez la suite qui sort à la fin du mois avec impatience ! Les avis de Jérôme, Noukette, Jacques, etc.

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BD de la semaine saumon 

Aujourd'hui chez Stephie !

16 mars 2011

Le gourmet solitaire, Jiro Taniguchi et Masayuki Kusumi

leGourmetSolitaireJ'ai découvert Jiro Taniguchi avec Quartier Lointain, un de mes coups de coeur en 2010. Malgré cette rencontre si fructueuse, je n'avais pas poursuivi jusqu'alors ma découverte de ses bandes dessinées... Jusqu'à la lecture du Gourmet solitaire. Et en ces périodes douloureuses pour le Japon, j'ai eu envie de vous parler de ce titre aujourd'hui.

Le personnage de cette bande dessinée est un solitaire dont on apprend le minimum : il travaille dans le commerce d'articles de mode, est célibataire et vit à Tokyo.
Au fil de ses déplacements professionnels, il déambule dans les quartiers de la mégalopole et de ses alentours. A chaque fois, c'est l'occasion pour lui de déjeuner dans un lieu différent, goûtant aux spécialités de la maison, découvrant de nouvelles saveurs, ou se laissant emporter par l'attitude des habitués...

C'est simple : ouvrir cette BD, c'est s'exposer à avoir faim immédiatement ! Jiro Taniguchi fait faire à son lecteur un vrai marathon culinaire des spécialités japonaises, en poussant le vice jusqu'à les dessiner ! A chaque début de chapitre, le titre du plat que son personnage va découvrir au détour d'une ruelle.legourmetsolitaire1
La plume de Taniguchi nous emporte dans cette ode à la gastronomie japonaise et finalement, qu'importe la vie de son personnage, l'important réside dans son rapport à ses petites gargotes dans lesquelles il s'arrête et les petites merveilles qu'il y découvre.
On a plaisir à prendre le temps, comme lui, de déguster chaque vignette, de le voir savourer chaque assiette et se laisser porter par l'ambiance du lieu.
Encore une fois une lecture vraiment délicieuse (facile, je sais...) que je vous conseille avidement !

Et voici ma deuxième participation 
au rendez-vous hebdomadaire de
Mango !

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1 octobre 2011

Sorbet au piment rouge, Pierre Luneval

sorbet_au_piment_rouge_couverture2Sorbet au piment rouge est un recueil de nouvelles de Pierre Luneval paru en 2011 aux Éditions du Bord du Lot. 

Seize nouvelles composent ce recueil. Seize nouvelles très différentes qui alternent humour noir, absurde et dissection du quotidien. De la maîtresse qui accompagne ses élèves au cinéma à l'auteur esseulé lors d'une séance de dédicace en passant par un homme qui vient de perdre sa femme et par là-même son identité, les nouvelles de Pierre Luneval nous entraînent à chaque page dans un univers fantasque aux frontières parfois floues.

Comme à chaque fois que je lis un recueil de nouvelles, un sentiment diffus  m'envahit, un sentiment que j'ai du mal à qualifier et à analyser. Si certaines nouvelles m'ont complètement charmée et immergée dans un univers singulier (je pense notamment à « Première dédicace », « Le café au lait » et « Respire »), d'autres m'ont laissée de marbre. Il m'est donc difficile d'avoir un avis bien tranché sur ce recueil et surtout, un avis harmonieux dans l'ensemble. Ces nouvelles sont très différentes et leur hétérogénéité est parfois trop déroutante pour les apprécier à la suite l'une de l'autre. Si certaines sont liées par des éléments (comme le personnage de Vanitas de Holos), d'autres fonctionnent comme des électrons libres en marge de l'ensemble.
Ce qui est certain, c'est que Pierre Luneval possède un style bien à lui, à la fois poétique et musical, et joue avec les mots avec brio. Si j'ai pensé immédiatement à Philippe Delerm dans la première nouvelle, je n'ai visiblement pas été la seule puisque Pierre Luneval évoque lui-même ce romancier. Une sorte d'hommage, peut-être, de clin d'oeil, sans doute.
Les univers mis en scène dans ses nouvelles sont également bien singuliers et furieusement dérangeants pour certains. On frôle le fantastique parfois, on y sombre littéralement à d'autres moments, on ne sait plus où donner de la tête ni que penser. Ce sont donc seize nouvelles souvent déroutantes que nous présente Pierre Luneval. Des nouvelles parfois amères, parfois cruelles, qui laissent un drôle de goût en bouche, une fois la dernière page tournée. Un recueil qui porte donc bien son nom, et qui porte en lui un piquant à la fois singulier et dérangeant.
Sorbet au piment rouge
est un recueil qui sort de l'ordinaire, qui, s'il dissèque parfois le quotidien, ne le fait que pour se détourner de la réalité et dépeindre celle beaucoup plus fantaisiste de l'auteur. Même si je n'ai pas apprécié toutes ces nouvelles, beaucoup d'entre elles possèdent une saveur bien particulière que je ne suis pas prête d'oublier.

Je remercie  Agents littéraires et les bord du lot pour ce roman reçu en partenariat.

22 juin 2011

Kaamelott tome 2 Les sièges de Transport, Alexandre Astier, Steven Dupré

Kaamelott_tome_2J'ai beaucoup ri avec la série TV et le premier tome de la BD Kaamelott. J'ai donc poursuivi ma lecture de cette série qui compte à ce jour cinq tomes (le dernier étant paru en novembre 2010), avec Les Sièges de Transport, le deuxième opus.

Perceval et Karadoc sont chargés par Arthur de chercher dans la forêt un tabouret magique qui permet de se téléporter sur un autre tabouret. Mais ils ne sont pas les seuls à la recherche de cet objet : Haki, le chef viking, veut lui aussi s'en emparer et envahir l'île de Bretagne.20080629231256_t2

Quel plaisir de retrouver l'ambiance de Kaamelott avec cette BD ! Si certains la trouvent éloignée de la série ou encore pas assez fidèle à celle-ci, je ne peux qu'affirmer le contraire.
Je trouve justement que l'intérêt de cette BD réside dans la réussite de sa transposition dans ce genre à partir de la série TV, sans toutefois utiliser les mêmes intrigues. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre... Il n'est pas facile de changer de média, et cette fois, passer de l'écran au livre s'est fait avec brio !
Je me suis esclaffée avec cette lecture (particulièrement avec le gag de la chambre/bureau du roi Arthur) comme je ris devant la série. Le trait de Steven Dupré, tout en rondeur et en détails, offre un rendu visuel assez proche de l'atmosphère de la série, tandis que l'humour d'Alexandre Astier suinte à chaque réplique. Truculent, je vous le dis ! 
Pour être brève : Kaamelott en BD, c'est un condensé d'humour à ne pas négliger, surtout en ces temps moroses !
L'avis de Yaneck sur ce tome.

 Et voici ma seizième participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma huitième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 15/20) !
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20 avril 2018

Milarepa, Eric-Emmanuel Schmitt

Milarepa eric emmanuel schmittMilarepa est un des romans qui compose Le Cycle de l'invisible, cycle consacré à la spiritualité et écrit par le romancier et dramaturge franco-blege Eric-Emmanuel Schmitt. Il est paru en 1997 aux éditions Albin Michel. 

Paris. Simon fait toutes les nuits un rêve étrange. Un jour, dans un café, il rencontre une femme qui lui susurre à l'oreille qu'il est la réincarnation de Svastika, l'oncle de Milarepa qui vécut au Tibet au XIe siècle et qui détestait ce dernier. Pour échapper au samsaraSimon doit raconter cent mille fois cette histoire, celle du yogi et poète Milarepa devenu maître de renom du bouddhisme tibétain.

Eric-Emmanuel Schmitt excelle encore une fois avec ce roman sous forme de monologue philosophique et spirituel. Simon relate ainsi la légende de Milarepa, la haine de son oncle Svatiska à son encontre et les conséquences sur le caractère du jeune Milarepa, qui d'esprit vengeur, grâce à l'étude et la méditation avec son maître, le Lama Marpa, atteint l'Eveil et enseigne la sagesse à ses disciples. La narration alterne le Paris d'aujourd'hui, avec Simon, et le Tibet du XIe siècle, sur les traces de Milarepa. 

Un texte très poétique, très bref, suivi d'une postface, "Ce que le bouddhisme nous apporte..." signée par l'auteur. Un merveilleux cadeau et une très belle lecture. Merci Marine !

"Désirer trop trouble l'âme." (p.47) 

"Rien n'est permanent, rien n'est réel." (p.48)

"Rien ne pèse plus lourd lorsqu'on sait que tout est illusion." (p.59)

28 mars 2018

La différence invisible, Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

La différence invisibleLa différence invisible est un album de Julie Dachez illustré par Mademoiselle Caroline. Il est paru en août 2016 chez Delcourt dans la collection Mirages. 

Marguerite a vingt-sept ans et si en apparence sa vie est équilibrée - elle travaille, est en couple, a des amis - Marguerite souffre et se sent différente. Ses manies sont nombreuses et son environnement doit être un cocon protecteur dans lequel elle doit pouvoir se ressourcer. Lassée de ce mal-être, Marguerite va consulter divers spécialistes jusqu'à ce que l'un d'eux mette un nom dessus : Marguerite est autiste Asperger. Dès l'annonce du diagnostic, elle se sent soulagée et comprise. Sa différence s'explique et porte un nom. Marguerite amorce alors sa renaissance. 

Album autobiographique de Julie Dachez, La différence invisible est un titre percutant sur l'autisme. Son point fort réside dans le fait que le syndrome est décrit de l'intérieur, par Julie elle-même autiste Asperger, contrairement aux Petites victoires, qui évoquait cette question du point de vue du père d'un jeune enfant autiste. Le trait de Mademoiselle Caroline, tout en simplicité, rend hommage aux questionnements intérieurs du personnage. La couleur est utilisée avec parcimonie, notamment pour évoquer les agressions sonores dont est victime Marguerite, hypersensible aux bruits ou le sentiment de libération une fois qu'elle se sent comprise. Un cahier pédagogique en fin d'album complète l'explication du syndrome par des chiffres, des précisions sur ses formes et une bibliographie fournie.

Un album extrêmement instructif, qui souffre parfois de quelques longueurs dues à la volonté d'être informatif, mais que j'ai pris plaisir à découvrir après l'avoir tant vu passer sur les blogs. L'avis de Petite Noisette, Mo' et Stephie et le blog de Julie Dachez.

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 BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

9 juin 2011

Le cri, Laurent Graff

9782290001721FSSouvenez-vous... J'avais découvert Laurent Graff lors du Read-a-Thon avec Il ne vous reste qu'une photo à prendre, un court roman vraiment brillant, véritable coup de coeur. Le cri est le quatrième roman de cet auteur, et vu qu'il est très court, je n'ai eu aucun scrupule à l'intercaller entre deux lectures plus longues... 

Le narrateur travaille à une barrière de péage d'une autoroute. Celle-ci est quasiment vide. Les automobilistes sont si rares que l'homme se prend à rêver. Il se lie d'amitié avec le gendarme chargé de la surveillance de cette portion d'autoroute, qui s'ennuie beaucoup lui aussi, et une jeune femme qui n'a jamais d'argent pour le péage et va chaque jour rendre visite à son mari et son amant, alités à l'hôpital après un accident de voitures.
Alors que la vie se déroule de façon monotone, un cri atroce déchire peu à peu l'atmosphère, rendant fous les humains. Peut-être est-ce depuis que le tableau de Munch a été volé ?munch_TheScream

Il est difficile de commenter ce livre tant il est court et pourtant si riche ! Mon résumé n'est pas forcément séduisant mais j'ai tenté de rendre compte des faits qui se déroulent dans le roman sans vous en dire trop... La suite ? Il faut le lire !
Encore une fois, Laurent Graff réussit une performance avec un roman très bref (125 pages), où chaque mot fait sens. Loin de subir cette sorte d'économie verbale, il parvient à  esquisser en si peu de pages un univers semblable au nôtre en bien des points, mais dans lequel le fantastique éclôt très vite. Un fantastique étrange, qui interroge. Et quand on connaît un peu le romancier, le doute s'installe.

Encore une fois, Laurent Graff amorce une réflexion sur le sens de la vie et la mort. C'est très subtil, un peu barré. Un roman comme je les aime ! J'ai préféré Il ne vous reste qu'une photo à prendre, mais chaque lecture de cet auteur est une nourriture intellectuelle délectable que je ne saurais que conseiller.

10 mars 2011

Les leçons du Mal, Thomas H. Cook

MALThomas H. Cook est un romancier américain, grand nom de la littérature policière contemporaine. Son dernier roman, Les leçons du Mal, paraît aujourd'hui aux Editions du Seuil.

Lakeland, petite bourgade du Mississipi. Jack Branch, fils de bonne famille, est revenu dans la ville où sa famille a prospéré pour enseigner au lycée.
Son cours sur le Mal et ses incarnations revêt une importance toute particulière à ses yeux, dans le climat social encore marqué par la guerre de Sécession.

Lorsque ses élèves doivent choisir une personne incarnant le Mal absolu à leurs yeux, Jack encourage l'un d'eux, introverti et mis à l'écart, à travailler sur son père, meurtrier rendu célèbre pour avoir assassiné une étudiante et avoir été abattu en prison.
Mais, lancés dans ce projet de dépasser la notion de Mal et la question d'hérédité qu'elle pose, Jack et Eddie, son élève, vont aller trop loin...

Les Etats-Unis ne m'ont jamais fait rêver en littérature et ne font que peu fonctionner mon imaginaire. Or, j'ai eu un peu de mal à m'immerger complètement dans une intrigue quand je n'arrive pas à me représenter mentalement les lieux de l'action. J'ai donc eu quelques difficultés à rentrer dans ce roman qui se déroule au Mississipi dans les années d'après-guerre.
Mais une fois l'intrigue lancée, il ne m'a plus été possible de le lâcher ! Premier roman que je lisais de cet auteur, Les leçons du Mal jouit d'une construction absolument talentueuse : différentes époques se succèdent au cours d'un même chapitre, évoquant, dès le début, un procès, ce qui participe grandement du suspense distillé au fil des pages. Sans jamais être confus ni brouillon, Thomas H. Cook nous entraîne d'une main de maître dans cette histoire.

L'intrigue est simple mais fonctionne bien : un jeune enseignant pousse un de ses élèves à se pencher sur l'histoire de sa famille pour s'en détacher et réfléchir à la notion de Mal. Mais cette notion leur échappe finalement à tous deux, et les conséquences en sont dramatiques...
Les personnages possèdent une psychologie finement étudiée grandement en lien avec l'histoire du sud des Etats-Unis avant les mouvements des droits civiques. La société était alors régie par des règles qui divisaient les classes sociales, reléguant certaines familles, voire certains quartiers, sous la domination des nantis. Jack, que l'on pourrait qualifier de bien-né, tente ainsi d'aider Eddie, issu d'une famille modeste, dans un souci de libérer ce dernier du fardeau de son ascendance. Il lui rêve un avenir et le pousse à transcender ses origines. Mais la vie n'est pas si manichéenne, et le Mal revêt bien des formes...
Bref, une très bonne lecture qui a su me séduire malgré mon peu d'enthousiasme pour le lieu de l'intrigue et qui me donne envie de découvrir les autres romans policiers de Thomas H. Cook.

 Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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6 février 2011

Murena T.2 De sable et de sang, Dufaux, Delaby

9782871291732FSJ'ai découvert la série Murena il y a quelques temps et j'avais été charmée par cette histoire de l'antiquité romaine retranscrite en BD.  Alors que le tome 8 est paru en novembre, je poursuis de mon côté mon petit bonhomme de chemin avec la lecture du deuxième opus, De sable et de sang.

Nous sommes en 54 av. J.C. L'empereur Claude vient de mourir empoisonné. Néron, nommé nouvel empereur, s'éprend d'une jeune esclave mais s'attire les foudres du jeune Pallus, lui aussi sous le charme de la belle. Pour se venger de Néron, ce dernier transmet à Britannicus, le fils du défunt empereur, un document attestant la volonté de Claude de répudier Néron et faire accéder Britannicus au trône. Aux intrigues politiques se nouent peu à peu les histoires personnelles des personnages...

Je suis encore une fois tombée sous le charme de cette BD historique ! Porté par des illustrations au réalisme surprenant, ce deuxième opus plonge le lecteur dans les méandres du pouvoir et les affres de la politique de cette époque, le tout sans être ronflant ni encyclopédique. Chapeau !
Très fidèle historiquement, cette BD permet d'appréhender la Rome antique sous un autre angle, voire de la découvrir pour ceux qui connaissent peu cette époque.
Pour ma part je suis conquise et poursuis ma lecture avec le troisième tome,  La meilleure des mères.
aigles
Mais Murena n'est pas la seule BD consacrée à l'histoire de l'antiquité romaine. Les Aigles de Rome est une autre série de BD (en 2 tomes pour
59955902_p l'instant) qui s'intéresse à la Rome d'Auguste, au 1er siècle av. J.C.  Je vais succomber je crois...

Et voici ma sixième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique. Les avis de petite noisette  et cl!ne sur ce tome, très enthousiastes aussi !

28 décembre 2017

Mon Best of 2017

Encore une année qui se termine ! Il est l'heure de jeter un oeil à cette année de lecture et de remettre en lumière les livres qui m'ont particulièrement marquée en 2017.

Best of 2017

Mon roman de l'année

Ce n'est certes pas une nouveauté, puisque Watership Down a été écrit par Richard Adams en 1972, mais une nouvelle traduction du chef d'oeuvre de la littérature anglaise par les éditions Monsieur Toussaint Louverture en septembre 2016. Watership Down ou comment l'aventure d'une bande de lapins va vous tenir aux tripes et vous transporter dans une épopée romanesque à la portée universelle. Un chef d'oeuvre.

 

Mes deux albums de l'année

Impossible de départager ces deux albums, parus respectivement en février chez Delcourt et en août chez Rue de Sèvres. L'un aborde le destin d'un personnage condamné à courte échéance et qui décide de profiter du peu de temps qui lui reste, l'autre la question du bonheur à travers l'angle de la philosophie. Deux lectures marquantes, deux lectures que je conseille beaucoup autour de moi. Deux albums à retenir. 

 

Ma série de l'année

Sans conteste Outlander de Diana Gabaldon, qui transporte son lecteur en Ecosse, entre le 18e et le 20e siècle. Voyage dans le temps, roman d'aventure, fresque historique sur fond de romance, de sexe et de violence, un cocktail détonnant que j'adore ! Mon objectif pour 2018 ? Terminer la saga, qui compte 9 tomes.

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Mon année en livres

39 romans + 34 BD+ 8 romans jeunesse + 3 essais + 1 album  = 85 livres

En préparant ce bilan, j'ai eu peur de me noyer dans mes chroniques, de prendre beaucoup de temps pour départager mes chouchous de l'année... Et en fait non. Pour la simple et bonne raison que j'ai (et je m'en doutais) moins lu de fictions en 2017, et surtout peu de bons romans par rapport aux années précédentes. Si j'ai accordé une place importante aux BD (sachant que je n'ai pas fini de publier mes lectures de cet été...), j'ai clairement pris moins de temps pour lire des romans, et surtout j'ai souvent opté pour la facilité des feel good, voire des romances (deux en décembre !). J'ai manqué de temps, j'ai lu beaucoup d'autres choses en parallèle (dont je parlais dans ce billet), j'ai souvent fragmenté mes lectures donc finalement, heureusement que c'était des lectures prévisibles et faciles !

En 2018, j'ai envie d'être davantage en accord avec mes goûts de lectrice : revenir à la littérature française, certes, mais poursuivre aussi mon exploration de la littérature étrangère, m'attaquer à des monuments littéraires que je n'ai pas encore lus comme Hemingway, sortir de ma zone de confort, ne pas me ménager, et revenir à mes premières amours en élargissant sans cesse mon horizon littéraire. Voilà. Pas de résolutions mais des envies. Des envies de qualité. Des envies de découvrir de nouvelles plumes, de me laisser émouvoir. D'être transportée par la littérature comme j'aime l'être.

Une dernière réflexion, pour terminer. Je l'évoquais lors des 8 ans de Bouquinbourg en novembre mais je m'interroge depuis des mois sur le format du blog. Non je ne deviendrai pas booktubeuse, je suis trop peu à l'aise face à une caméra pour ça, mais j'y réfléchis depuis quelques temps et je pense qu'en 2018 je vais opérer un tournant. Certes, je continuerai à écrire ici, mais je pense que je posterai également mes chroniques sur mon compte Instagram, que beaucoup d'entre vous connaissent. J'aime ce réseau social de photos, j'aime soigner l'esthétique des miennes (merci de ne pas vous moquer !) et j'aime l'idée des fils d'actualité auxquels on s'abonne, sans avoir à sortir du réseau pour aller consulter une page. Cela pourrait être un bon compromis. Voilà. Pas de gros changement ici, donc, mais une nouvelle façon de mettre en valeur mes lectures, là-bas... Sur ce, belle soirée à tous et bonnes lectures !

3 juin 2015

Belle-île en père, Patrick Weber et Nicoby

Belle-île en père

Belle-île en père est un album écrit par Patrick Weber et dessiné par Nicoby paru chez Vents d'Ouest en mars cette année.

Vanessa Blue, actrice principale d'une série télévisée sentimentale, décide de s'écarter du tourbillon médiatique qu'est sa vie. Elle part se ressourcer loin des paillettes à Belle-île, en Bretagne, comme Sarah Bernhardt, un siècle avant elle. C'est dans ce lieu sauvage et à la nature violente que la jeune femme se lance sur les traces de son passé pour tenter de découvrir pourquoi son père a disparu, des années aupravant. 

En ce moment j'ai une obsession, c'est la Bretagne. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas mais cette région m'attire irrésistiblement et je n'ai pas su résister à l'appel de cet album.   
Mais voilà une BD bien singulière, hybride, entre fiction, échappées biographiques vers Sarah Bernardt et hommage au lieu. Un mélange assez singulier qui peine malheureusement à fonctionner car les trois visées semblent se télescoper et aucune n'aboutit réellement.       

Planche 1Les dessins de Nicoby laissent la part belle aux couleurs vives et aux contours bien définis. Les personnages ont des traits esquissés rapidement, tout comme les paysages, ce qui laisse au lecteur une belle part d'imagination. Mais de mon côté, la magie visuelle n'a pas opérée, pas même sur les paysages sauvages de Bretagne.    
Un album qui se termine par des photos de Belle-île, ce qui participe encore davantage à la confusion liée au genre. Une lecture qui m'a plu pour son cadre mais dont je n'ai pas réellement saisi la portée.  

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck !

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11 avril 2014

La famille Fang, Kevin Wilson

FangLa famille Fang est le second roman de l'universitaire américain Kevin Wilson paru en 2011 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Presses de la Cité en 2013. 

Les Fang. Leur vie ? L'art. Leurs oeuvres ? Des happenings dans lesquels ils se mettent en scène tous les quatre et sèment le chaos au milieu de badauds ahuris. Pour Caleb et Camille, les parents, la vie n'a d'intérêt qu'à travers la création artistique. Pour Annie et Buster - surnommés enfants A et B - ces mises en scène loufoques ponctuent leur enfance et fédèrent leur famille.  
Une fois parvenus à l'âge adulte, Annie et Buster tentent de se construire une vie qui leur est propre et de s'émanciper de leurs parents. Mais ça serait sans compter ces derniers qui disparaissent mystérieusement. Ultime mise en scène ou réelle disparition, Annie et Buster doutent.

Voilà. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été transportée par une lecture. Happée. Contrainte et forcée de tourner les pages pour en savoir plus. C'est chose faite avec ce roman absolument incroyable. 
La famille Fang est un ovni littéraire, c'est indéniable. A l'image de sa couverture. Un roman à part, qui met en scène des personnages complètement barrés pour qui l'art prévaut. C
aleb et Camille, artistes géniaux, s'interrogent sans cesse sur leur pratique artistique et entraînent le lecteur dans leur réflexion.  Mais face à eux, leurs deux enfants. Contraints de suivre leurs parents dans leurs délires artistiques mais portant un regard distancié sur ces derniers, ils représentent la raison face à l'extrême du génie.  Et c'est par le biais de ces deux personnages plus raisonnables mais non moins torturés que Kevin Wilson amène le lecteur à s'interroger. Où s'arrête l'art ? Quand faut-il cesser de penser à la création pour vivre ? Et quand faut-il cesser la reproduction du schéma familial pour se construire en tant qu'individu ?  
Ce sont toutes ces questions que ce roman aborde à travers une intrigue riche, alternant les époques et les happenings familiaux. On réfléchit avec Caleb et Camille, on reste interloqué face aux situations extrêmes dans lesquelles ils se mettent au nom de l'art, on regarde la création artistique de l'intérieur. Et ça fait du bien. 
Nullement indigeste, jamais élitiste, à la fois drôle et piquant, La famille Fang est un petit bijou dont je ne saurais que vous conseiller la lecture. Il se chuchote qu'une adaptation ciné avec Nicole Kidman et Jason Bateman est prévue pour 2015...    

Coup de coeur

J'avais dit que c'était fini... Mais je reviens sur ma décision tant j'ai été chamboulée par ce roman. Sans hésitation aucune, je lui attribue ce logo printanier et lui offre le privilège d'être mon premier coup de coeur 2014.  

 

9 juin 2013

A vos agendas #Juin 2013 : ma sélection de manifestations littéraires en France

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Ce mois de juin est placé sous le signe du policier, cela ne fait aucun doute. Parmi les quatre manifestations que je vous présente aujourd'hui, trois sont en effet dédiées à ce genre littéraire. Rendez-vous donc au Havre (76), à Frontignan (34) et à Saint-Maur (94) pour plonger à pieds joints dans le polar, mais aussi à Vannes (56) pour un festival de littérature générale.

Mon billet paraît trop tard pour vous parler du Festival du Livre de Nice... Si vous voulez plus d'infos sur ce salon qui a fermé ses portes ce soir, c'est par ici !

Suggestion : Si vous êtes allé faire un tour dans un de ces salons/festival et que vous en avez parlé sur votre blog, n'hésitez pas à me laisser un commentaire avec le lien de votre chronique. Je ferai un récap' des billets !

     Je vous souhaite à tous un très beau mois littéraire !

   Au programme du mois de juin

agenda Les 14,15 et 16 juin 2013 : Le polar à la plage agenda 

au Havre

On y va pour...

*Participer à une murder party !
*Assister à la représentation de théâtre "Scène noire sur Seine".
*Déguster un tajine de la mer en compagnie de certains écrivains, sur le port.

Ils seront présents à cette édition 

Jacques Olivier Bosco, Thierry Crifo, Ignacio del Valle, Claire Favan, Dominique Delahaye, Philippe Huet-Marin Ledun, Sophie Loubière, Nadine Monfils, Jean-Bernard Pouy, Laura Sadowski, Cathi Unsworth, etc.  (la page des invités)

Toutes les informations sur la page du festival

 

 agenda Les 21,22 et 23 juin 2013 : agenda

Salon du livre en Bretagne à Vannes

On y va pour...

*Assister à un café littéraire avec Didier Van Cauwelaert et Irène Frain.
*Réfléchir à la question de l'humour dans les livres grâce à une table-ronde sur ce thème.

Ils seront présents à cette édition 

Janine Boissard, Richard Bohringer, Irène Frain, Serge Joncour, Gilles Laporte, Yann Queffélec, Michel Quint,Tatiana de Rosnay, Gonzague Saint-Bris, Jean Teulé, etc.  (la page des invités)

Toutes les informations sur la page du festival

 

 agendaLes 22 et 23 juin 2013 : Saint-Maur en poche agenda 

On y va pour...

*Assister à l'un des nombreux tête-à-tête de Gérard Collard, libraire à la Griffe Noire, avec un des auteurs présent au salon.
*Ecouter Jean-François Merle, directeur de collection chez Omnibus et spécialiste du polar,  parler de l’histoire du polar et de son renouveau lors d'une table ronde.

Ils seront présents à cette édition 

Agnès Abécassis, Olivier Adam, Michèle Barrière, Tonino Benaquista, Jean-Philippe Blondel, John Connoly, Barbara Constantine, Didier Daeninckx, Fatou Diomé, Frédéric Lenormand, Pierre Pevel, Lydie Salvayre, Sylvain Tesson, etc.  (la page des invités)

Toutes les informations sur la page du festival

 

 agenda Du 24 au 30 juin 2013 :agenda

Festival International du roman noir

à Frontignan   

On y va pour...

*Visiter l'exposition d'affiches illustrant trente-quatre films jamais tournés par de grands réalisateurs (Demy Hitchcock, Tati, Kubrick...) .
*Profiter d'un éclaircissement sur la police scientifique et explorer certaines des techniques utilisées par celle-ci.
*Faire une sieste noire : écouter, allongé sur un transat, une lecture publique.

Ils seront présents à cette édition 

 Emile Bravo, Karen Campbell, Thierry Crouzet, Marin Ledun, Anthony Pastor, Jean-Hughes Oppel, Fred Vargas (marraine du festival), etc.  (la page des invités)

Toutes les informations sur la page du festival

 

 agenda agenda agenda

Un mois alléchant et placé sous le signe du policier. Cette année, c'est décidé, je vais à Saint-Maur en poche ! De quoi rajouter quelques titres à ma PAL...

Et vous, allez-vous à une de ces manifestations ? A une autre dont je n'ai pas parlé ?

 

  • En Niçoise avertie, Cla est allée faire un saut au Festival du Livre de sa ville. Son billet par ici !

 

9 mai 2012

Le Viandier de Polpette T.1 L'ail des ours, Olivier Milhaud et Julien Neel

Le viandier de Polpette TLe Viandier de Polpette est une nouvelle série imaginée par Olivier Milhaud et dessinée par Julien Neel, le créateur de la série Lou !. Le premier tome, L'ail des ours, est paru en mai 2011 chez Gallimard.

Imaginez un décor féerique : une petite auberge, nichée sur une falaise, avec un ruisseau qui coule, un moulin, une nature verdoyante etc. Son propriétaire, le comte Fausto de Scaramandra, y a été envoyé par son père alors qu'il était enfant. Oisif, le jeune homme profite du calme de son nid douillet et de ses occupants : Polpette, ancien cuistot dans l'armée, qui officie désormais à l'auberge du Coq Vert, Biryani, le serviteur qui s'est occupé de lui depuis son enfance, Alméria, la jeune femme qui gère la chaufferie des termes... La vie y est paisible. Jusqu'au jour où le père de Fausto décide de rendre visite à son fils qu'il n'a pas vu depuis quinze ans.

Le Viandier de Polpette, c'est une bouffée d'air frais. Les dessins, assez naïfs, entraînent le lecteur dans un univers édulcoré rassurant et fantaisiste.  
Le ton est décalé et
l'humour, omniprésent - surtout avec le personnage égocentrique et naïf de Fausto - offre à l'intrigue une note particulière. Et si cette dernière ne possède pas une profondeur extraordinaire en apparence et semble simpliste, détrompez-vous, il n'en est rien. Cet album possède une fraîcheur indéniable et offre une belle histoire d'amitié, d'entraide et de solidarité, portée, entre autres, par ses dessins enfantins aux couleurs douces.
Mais
Le Viandier de Polpette ne serait pas un viandier (référence au plus ancien livre de cuisine connu, attribué à Guillaume Tirel au 14e sièle - fin de la minute culture, bonsoir) sans les nombreuses recettes qui complètent le récit. En effet, chaque fois qu'il est fait mention d'un plat préparé par Polpette, ce dernier est présenté et sa préparation explicitée. Oeufs aux foies de volaille, prego, beignets d'épinard et d'agneau, etc. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec Le Gourmet solitaire de Taniguchi...
Enfin, le petit plus que j'ai adoré : la légende de l'auberge, à la fin de l'album, qui indique où chacun des personnages vit et assure ses fonctions... Une manière de prolonger l'intrigue et de visualiser davantage encore ce havre de paix qu'est l'auberge du Coq Vert !

Planche 1 Planche 2

J'ai donc été séduite par cette lecture. Les nombreux personnages croisés dans ce 1er tome laissent à penser que la suite des aventures de Polpette et de ses amis sera riche. Je serai au rendez-vous du prochain tome, sans hésiter !
Ils ont lu ce 1er tome du Viandier de Polpette :
Faelys, Jérôme, Canel, Kikine...

 Et voici ma 39e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 30e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)

Top BD

 

25 janvier 2012

Le Cabaret des muses T.1 Au Moulin-Rouge, Gradimir Smudja

Le Cabaret des Muses TLe Cabaret des muses est une série de BD en cours, en 4 tomes pour le moment, écrite et dessinée par Gradimir Smudja. Au Moulin Rouge en est le premier tome, paru en 2007 chez Delcourt.

Paris, 1889. Montmartre en est le centre, le coeur névralgique, là où se presse toute la bohème de l'époque et où Henri de Toulouse-Lautrec passe ses journées et ses nuits. Le peintre, issu d'une famille aristocrate, a quitté sa famille pour rejoindre l'univers artistique parisien de ce XIXe siècle finissant. Entre l'ivresse et la peinture, ses amis et ses cauchemars, le peintre entraîne le lecteur à travers sa vie et ses oeuvres.

Encore un album choisi au hasard de mes pérégrinations à la bibliothèque (vive la sérendipité comme dirait l'autre !), choisi tant pour son sujet que pour ses illustrations.Planche
Gradimir Smudja
nous offre ici une interprétation à la fois onirique, comique et artistique de la vie du peintre Toulouse-Lautrec. Au fil des pages, le lecteur croise certaines de ses oeuvres, mais aussi les contemporains et amis du peintre : Cézanne, Van Gogh, Degas, etc.
Le trait est rond, à l'image du petit homme, les dessins sont soignés et détaillés et les couleurs pastels complètent ce parcours artistique et biographique.
Pour autant, je n'ai pas vraiment accroché avec cette lecture. Malgré le talent de Smudja et son hommage à un peintre que j'aime beaucoup, je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à tourner les pages de cet album. L'intrigue est très décousue et alterne cauchemars du peintre et rencontres en tous genres. Je n'ai pas vraiment compris le fil narratif - s'il y en a un - et plusieurs fois j'ai vérifié ne pas avoir sauté de page tant je ne comprenais pas la transition...
Bref, un album intéressant visuellement parlant, mais cela s'arrête là pour moi...

 Et voici ma 33e participation
à la BD du mercredi de
Mango

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 Et ma 24e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

 

15 septembre 2011

Tokyo, Mo Hayder

mo-Hayder_tokyoTokyo est le troisième roman de la romancière britannique Mo Hayder. Publié en France en 2004, il traînait dans ma PAL depuis quelques temps, après avoir été dégoté chez un bouquiniste.

Grey, la vingtaine, débarque seule à Tokyo, obsédée par un sujet : le massacre de Nankin par les Japonais en 1937. Mais le seul témoin de cet épisode, un vieil universitaire, n'est pas disposé à revenir sur cette période de sa vie et à lui parler.
La jeune anglaise est rapidement embauchée dans un bar à hôtesses. Mais les cients qu'elle y rencontre sont loin d'être des hommes d'affaires lambdas. Subvenant à ses besoins, Grey continue en parallèle ses recherches sur Nankin. Car son obsession n'est pas qu'empathique : la jeune femme a bien des secrets à cacher et des réponses à trouver dans cette tragédie. Et son précédent internement en hôpital psychiatrique la pousse à chercher des vérités dans le passé.

Je connaissais de réputation Mo Hayder et de ses romans. Je savais que je m'exposais à une lecture choquante, violente, etc.
Résultat ? Une nuit d'insomnie quand, arrivée à la moitié du livre et après un début plutôt calme, l'intrigue s'accélère.  Je me suis laissé happée jusqu'à la dernière page. Vous dire que j'étais tellement tendue qu'il m'était impossible de m'endormir sans connaître le dénouement n'est pas loin de la vérité... Non, en fait c'est l'exacte vérité !
Tokyo est un roman que l'on peut qualifier de morbide. Non seulement l'histoire personnelle de Grey, l'héroïne, prend très vite une tournure dérangeante, mais les détails historiques sur le massacre de Nankin font froid dans le dos.
Si Mo Hayder avoue en postface la difficulté de trouver des documents sur cet épisode historique et, surtout, des documents exposant les faits d'une façon cartésienne, sans exagération dans la cruauté ni dans l'horreur, elle en propose ici une version très personnelle mêlée à une part fictionnelle intéressante. Les personnages possèdent une psychologie très fine et leurs vies s'entremêlent inextricablement.
Comme tout bon thriller, la tension monte progressivement (le personnage de la Nurse est devenu mon cauchemar ultime !) et les explications sont données au compte-goutte pour ménager le suspense. L'alternance de temporalité entre les chapitres - Nankin en 1937 et aujourd'hui à Tokyo - permet de faire évoluer les deux histoires de façon parallèle et de faire monter l'intensité dramatique conjointement.

Lectures communesIl y a beaucoup à dire sur ce roman mais je m'arrêterai là. Pour terminer, je vous préviens : si vous ouvrez ce livre, faites le en connaissance de cause. Pour ma part, je crois que je vais m'arrêter là dans ma découverte de Mo Hayder (je suis une trop petite nature pour ce type de thrillers...)
Tokyo
était une lecture commune avec
Manu, Estellecalim, (un peu en retard) Canel et Sophie.

Et comme je n'ai pas pu résister au Challenge Thriller de Cynthia,
je me suis inscrite dans la catégorie "Touriste planquée" (3 thrillers à lire avant le 15 juin 2012)

Challenge Thriller

16 septembre 2011

A l'enfant que je n'aurai pas, Linda Lê

9782841115631Les Affranchis est une nouvelle collection des éditions NiL conçue et dirigée par Claire Debru. En voici la ligne éditoriale :

"Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite. »"

A l'enfant que je n'aurai pas est un texte dans lequel Linda Lê s'adresse de façon intime à cet enfant qui n'existe pas, celui qu'elle a décidé de ne pas avoir. Par ce choix difficile - celui de ne pas donner la vie, de ne pas être mère - Linda Lê s'affranchit des conventions sociales bien ancrées dans notre inconscient collectif. Ne pas avoir d'enfant peut-être un choix, et non pas une résignation, et être bien vécu.
C'est donc dans cette lettre à cet enfant imaginaire que Linda Lê défend son choix de vie, son refus de devenir l'image même de la femme nécessairement mère. Sans pour autant renier sa féminité. Sans pour autant renier ce qu'elle est, et ce qu'elle sera.
Cet exercice de style intime s'il en est est une merveille d'écriture. Linda Lê nous livre dans une plume imagée et poétique une partie de son passé, décortique et donne à voir ce qu'ont été son enfance et son rapport à sa mère et à la maternité. Un texte poignant, engagé, intime et vibrant. A lire d'un souffle, d'une traite, sans respirer !

Je remercie libfly et les Editions Nil  pour ce livre reçu en avant-première.
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28 septembre 2011

Rural ! Etienne Davodeau

RuralRural ! est une BD parue en 2001 chez Delcourt et récompensée en 2002 au Festival d'Angoulême par le Prix Tournesol - prix en marge du festival, créé à l'initiative des Verts pour récompenser un album sensible aux problématiques écologiques ou porteur de valeurs comme la justice sociale, la défense des minorités et la citoyenneté.

L'album débute en février 2000. Etienne Davodeau a côtoyé pendant un an des agriculteurs pour comprendre leur quotidien dans leur exploitation biologique, le Kozon, à 25km au sud d'Angers. S'occuper des vaches au quotidien, mais aussi des champs, semer, récolter, faire sécher, stocker... Tout ce qu'implique une labellisation agriculture biologique. Et en parallèle, la construction de l'A87 entre Angers et Cholet. Le tracé de cette autoroute qui va défigurer à jamais le paysage et va séparer en deux leur exploitation. Quant à leurs voisins, l'autoroute passe sur leur maison...9782840555834_5

Rural ! est la première BD documentaire que je lis. Et quelle lecture ! Etienne Davodeau nous entraîne dans son projet dès la première page et nous fait vivre à ses côtés le quotidien des personnes qu'il rencontre. On se prend de sympathie pour eux, on suit leur quotidien, leurs avancées comme les embûches qu'ils rencontrent.
On en apprend sur l'agriculture biologique, certes, mais aussi sur la construction d'une autoroute, sur les petits riens, parfois moches, qui déterminent le tracé (le copinage, la corruption, entre autres) et sur l'entraide qui naît lors de situations comme celle-ci.
Pour ma part, j'ai été charmée par cette plongée ultra-réaliste dans l'univers de l'exploitation agricole (ah ! les scènes de vêlage !) . Etienne Davodeau a su donner à voir ces vies disséquées par son coup de crayon. Ses dessins en noir et blanc rendent hommage à son projet de BD documentaire et lui offre une bichromie intéressante. A découvrir, c'est certain !

 

   Et voici ma 24e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1


Et ma 15e au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 16/20)

Logo_top_bd_2011

 

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