Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Bienvenue à Bouquinbourg
Publicité
7 juin 2010

Fablehaven T.2 La menace de l'étoile du soir, Brandon Mull

9782092525647FSConquise par le premier opus de la saga Fablehaven, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de ce sanctuaire secret pour créatures merveilleuses avec le deuxième tome, La menace de l'étoile du soir.

Le roman débute à la fin de l'année scolaire, près d'un an après les événements du premier tome. Kendra et son frère Seth ont repris une vie normale mais les deux adolescents sont encore marqués par les événements auxquels ils ont assisté avec leur grand-père.
Dès le début des vacances estivales, ils retournent à Fablehaven pour aider leurs grands-parents dans leur tentative de sauvegarder le sanctuaire face à la menace de la société de l'étoile du soir. A leurs côtés, un maître des potions, un c
ollectionneur d'objets magiques et une chasseuse de créatures maléfiques... Le temps presse ! Il  leur faut préserver l'artéfact caché dans Fablehaven des griffes de l'étoile du soir !

Autant j'ai passé un excellent moment de lecture avec Le Sanctuaire secret, le premier tome de la saga, autant ce deuxième opus m'a déçue. Le début du roman est long, très long, trop long à mon goût. Les deux héros sont au collège et attendent avec impatience la fin de l'année, tel le lecteur qui attend que les péripéties débutent et que l'action se situe de nouveau dans le fabuleux sanctuaire.
L'intrigue met du temps à se mettre en place et se perd en détails souvent inutiles. J'ai cru plusieurs fois que le livre allait me tomber des mains, tant mon entrain s'émoussait au fil des pages.
Les personnages n'ont pas gagné en épaisseur psychologique et voient leurs défauts exacerbés avec cette suite. Seth est toujours aussi inconscient malgré ses erreurs passées et le moralisme associé, tandis que Kendra, sa sœur, est un personnage insipide et fade, dont le caractère ne se révèle qu'à partir de la moitié du roman.
Je me suis ennuyée avec cette lecture, n'y trouvant ni la fraîcheur et la nouveauté du premier tome ni d'intérêt pour l'intrigue manichéenne et simpliste. Le roman semble structuré de façon caricaturale, et la scène finale n'en est que davantage un archétype. Même la révélation du dénouement n'a pas su aiguiser ma curiosité et me donner envie de poursuivre plus loin ma lecture.
C'est vraiment dommage car le premier tome était réellement prometteur, notamment avec cette idée de réserve pour créatures merveilleuses quelles qu'elles soient, bénéfiques ou maléfiques. Son côté à la fois fascinant et innovant avait su me conquérir malgré certaines lourdeurs dans la narration. Avec ce deuxième tome, j'ai eu l'impression de n'avoir que des aspects négatifs et de ne pas retrouver l'imagination et l'attrait du Sanctuaire Secret.

Publicité
12 juillet 2010

Les fables de sang, Arnaud Delalande

9782253128861FSJe poursuis mes lectures autour de Versailles (la troisième depuis quelques semaines !) avec Les fables de sang, le sixième roman d'Arnaud Delalande.

Versailles, 1774. Louis XV se meurt tandis que son petit-fils s'apprête à monter sur le trône. Pietro Viravolta de Lansal, agent secret de Sa Majesté,  protège la couronne et la monarchie. Lorsqu'une fable de La Fontaine lui parvient personnellement, illustrant un crime atroce, Viravolta est sur ses gardes. Un mystérieux Fabuliste menace le nouveau roi et sa jeune femme, Marie-Antoinette, en mettant en scène les fables de  La Fontaine...

Je me suis laissée porter par cette intrigue, digne d'un roman de capes et d'épées, et son rythme endiablé. Histoire et fiction se mêlent avec brio dans un compte à rebours très prenant. L'intrigue en elle-même est assez basique (un complot visant la couronne) mais Arnaud Delalande la porte par sa plume et son imagination. On suit avec plaisir le fil de la pensée de Viravolta et de son ennemi, Le Fabuliste, et leur course-poursuite jusqu'à son paroxysme.
On croise au fil des pages Louis XVI et sa femme, mais aussi les Jansénistes (ça me rappelle une de mes récentes lectures ...) et La Fontaine, par l'intermédiaire de ses célèbres fables, le tout au service de l'intrigue imaginée par Arnaud Delalande.
Le dénouement, porté par une écriture cinématographique, dote l'intrigue d'une certaine originalité... Je n'en dirai pas plus, bien entendu !
Enfin, les descriptions de Versailles sont très riches et permettent de se plonger avec délice dans  le château de cette époque. Les détails historiques étayent l'intrigue sans pour autant noyer le lecteur sous un aspect documentaire. On parcourt avec les différents personnages les jardins magnifiques du château avec l'impression de le visiter grâce aux  descriptions de l'auteur.
Bref, un excellent roman historique qui a le mérite d'avoir un rythme rapide sans pour autant faire l'impasse sur des descriptions vivantes et riches ! De quoi me donner envie de revisiter les Jardins de Versailles très vite !

"La terreur quotidienne du retournement de faveur pouvait pousser des individus a priori sains d'esprit au délire. Le fonctionnement de la Cour était à l'image de la bonne vieille roue de la fortune. Les miroirs de la Galerie renvoyaient à l'infini ces luttes de petits pouvoirs et de grandes douleurs." (p.75)

"La ville inspirait  et expirait comme une asthmatique, mais de manière si forte, si puissante, que de vieille douairière en dentelle , elle pouvait soudain se transformer en ogre capable de dévorer ses congénères. Elle transpirait la crasse autant que la lumière." (p.103)

Je remercie livraddict et LDP pour ce roman reçu dans le cadre d'un  partenariat.

18 juin 2010

Au bord du Gange et autres nouvelles, Rabindranath Tagore

9782070406043FSCela faisait un petit moment que ce recueil de nouvelles me narguait en librairie, avec sa couverture rouge vraiment très accrocheuse... Je n'ai pas su résister, bien entendu !

Six nouvelles composent ce recueil. Chacune dresse le portrait d'un personnage, dans une Inde intemporelle. Cela pourrait être aujourd'hui, mais il s'agit probablement du début du XXème, qu'importe. Ces intrigues à la fois mystérieuses et vraisemblables emmènent le lecteur au coeur de ce pays à la culture foisonnante.

Une lecture agréable, trop courte à mon goût. Encore une fois, il est difficile d'en parler sans en dire trop...
La plume de Tagore est à la fois poétique et incisive. On suit avec plaisir le destin de ses personnages. On s'émeut, on s'insurge, on s'indigne parfois, mais toujours avec plaisir.
Du fantôme du jeune fille malheureuse en amour à la légende de l'avare qui enterre un de ses proches et
son argent pour mieux retrouver ce dernier dans une autre vie en passant par l'histoire d'un amour impossible entre deux amants ou encore l'amour d'une soeur pour son frère aîné et son courage pour le défendre, ces nouvelles ont le don de faire voyager son lecteur dans le pays des traditions et de l'imagination. Un petit bonheur !  Je suis vraiment ravie d'avoir découvert (enfin !) Tagore, et je ne compte pas m'arrêter là dans la découverte de son œuvre !

Ce recueil de nouvelles faisait l'objet d'une lecture commune avec Pickwick et Delphine dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde ! Allez donc voir ce qu'elles en ont pensé. Et une lecture de plus pour le Challenge 2 euros, imaginé par Cynthia !

Vignette_LC 48925717_p 52639973_p

22 mai 2010

Requiem pour une étoile, Jennifer D. Richard

9782221111482FSA l'occasion de ma seconde participation à l'Opération Masse Critique de Babelio, j'ai eu le plaisir de recevoir Requiem pour une étoile, le second roman de Jennifer D. Richard.

Le monde est au bord du chaos. Partout la violence et la pauvreté règnent. Pour permettre à sa famille d'échapper à une destinée funeste, Illidan part travailler pendant un an à la Fournaise. Lieu de toutes les violences et de toutes les atrocités, la Fournaise se présente comme un des derniers endroits où l'on peut encore gagner de l'argent dans ce monde. Mais à quel prix ?
De retour de cet enfer, Illidan se rend compte qu'il a tout oublié de son passé. De sa vie de famille à son année à la Fournaise, rares sont les bribes de souvenirs qui lui reviennent. Et si finalement son amnésie était salvatrice pour sa santé mentale, effaçant dans les méandres de sa mémoire ce qu'il a vu à la Fournaise, ou ce qu'il a fait ?

Difficile de ne pas en dire trop...  D'une lecture très rapide, ce roman est absolument incroyable ! Jennifer D. Richard manie d'une main de maître son intrigue, dévoilant juste ce qu'il faut au lecteur pour permettre à celui-ci de s'imaginer son univers apocalyptique sans en comprendre les codes. C'est une sorte de contrat de lecture implicite passé entre l'auteure et celui qui la lit dès les premières pages.
Le flou qui règne autour de ce monde en plein chaos participe de l'ambiance et de l'ambiguïté de cette intrigue. On ne sait rien de ce qui précède le début du roman, si ce n'est que la terreur et la violence règnent sur ce monde.
Les personnages sont énigmatiques, eux aussi, et leur part de mystère est aussi au service de l'intrigue. Pourquoi Illidan a-t-il tout oublié ? Pourquoi ses fils craignent-ils tant leur mère, une femme pourtant parfaite en apparence ? Et quel est ce mystérieux contrat que Sigrid, la femme d'Illidan, a passé avec un homme à la mine patibulaire ? Que de questions se chevauchent tout au long de cette lecture. Et c'est en cela que réside le talent de Jennifer D. Richard :  faire s'interroger son lecteur sur une intrigue floue contextualisée dans un univers dont elle ne nous donne pas les codes... Brillant !
Le roman est divisé en trois parties, chacune prise en charge par un personnage et narrée d'après son point de vue. Au fil des pages, le mystère se dissipe peu à peu... jusqu'à la révélation finale, qui intervient dans les dernières pages.
Formidable histoire d'amour impossible, Requiem pour une étoile ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant. En 225 pages, Jennifer D. Richard entraîne avec brio son lecteur dans une intrigue dense au rythme rapide.
Une excellente découverte pour moi, un roman lu en une après-midi, une expérience de lecture étrange. Merci Jennifer D. Richard pour ce voyage ! Je m'en vais de ce pas découvrir Bleu poussière, le premier roman de cette auteure paru en 2007.
Merci encore à logo2et aux éditions logo pour ce roman fabuleux !

Requiem pour une étoile par
Jennifer Richard

Requiem pour une étoile

Requiem pour une étoile

Jennifer Richard

Critiques et infos sur Babelio.com

14 mai 2010

Fablehaven T.1 Le Sanctuaire Secret, Brandon Mull

fablehavenIl y a quelques temps sur la blogosphère, le premier tome de cette saga a fait couler beaucoup d'encre... Laissant passer cet engouement, je me suis intéressée cette semaine au premier tome de la série Fablehaven, ou "refuge des créatures fabuleuses", intitulé Le Sanctuaire Secret.

Alors que leurs parents partent en croisière en Scandinavie Kendra, treize ans, et son frère Seth, onze ans, sont confiés à leurs grands-parents paternels. Leur vieille maison,  au beau milieu de la nature, semble d'un ennui mortel pour les deux adolescents.
Mais des phénomènes étranges se produisent peu à peu et conduisent leur grand-père à leur avouer qu'il est le gardien de Fablehaven, un refuge pour créatures fabuleuses. Fascinés, les deux enfants regardent d'un autre œil la forêt qui environne la propriété, remplie de ces êtres incroyables. Le jour où leur grand-père est enlevé et l'équilibre de la réserve remis en question par une sorcière maléfique, les deux jeunes héros passent à l'action !

Autant le dire tout de suite : j'aurais adoré ce roman plus jeune ! L'univers merveilleux de Brandon Mull n'a certes rien d'innovant puisqu'il a directement puisé dans la fantasy ses personnages, mais il est une invitation à l'évasion et à l'imagination. Les personnages boivent un lait produit par une vache géante pour voir les rares créatures fabuleuses autorisées à se promener dans le jardin de la vieille demeure, telles les fées. Sans ce lait, le jardin semble peuplé d'insectes en tous genres, mais la forêt, où toutes sortes de créatures plus ou moins bienveillantes évoluent, est moins effrayante...

L'intrigue a un schéma assez classique - deux adolescents doivent rétablir un équilibre mis à mal par des forces occultes - et est souvent assez manichéenne, mais fonctionne bien. Les trouvailles de Brandon Mull - notamment l'idée de préserver la diversité des espèces fabuleuses, ode à nos préoccupations actuelles - permet de revisiter l'aspect fantasy du roman. Les ogres côtoient les sorcières, naïades et autres satyres pour mieux vanter l'importance de cette diversité.

Petit bémol à mon goût, la psychologie des personnages qui, si elle est assez bien détaillée,  est parfois assez grossière : je n'ai pas pu m'empêcher d'être agacée par le personnage de Seth, à la fois égoïste et inconséquent. Son attitude donne trop souvent lieu, à mon goût, à des leçons de morale consensuelle dans le roman, donnant à ce dernier un ton édifiant et moralisateur parfois lourd...

Pour conclure néanmoins, j'ai passé un très bon moment de lecture, m'évadant avec plaisir à Fablehaven, et, comme je viens d'acheter le deuxième tome de la série, La menace de l'étoile du soir, vous aurez très vite mon avis sur ce roman !

Publicité
27 avril 2010

La solitude lumineuse, Pablo Neruda

576380_gf Je ne connaissais Pablo Neruda que pour sa poésie. Quelle surprise de découvrir ce texte en prose ! Extrait de ses mémoires - J'avoue que j'ai vécu - publiées de façon posthume, La solitude lumineuse relate les souvenirs de Neruda à l'époque où il était consul. Nommé à Colombo, à Ceylan, à Singapour puis à Batavia, il donne à voir dans ce court texte ses souvenirs.

Quelle plume ! La prose de Neruda est d'une musicalité rare (et encore, je ne parle que de la traduction française). Ses phrases, imagées et empreintes de poésie, emmènent le lecteur dans ses pérégrinations. La solitude ressentie loin de son pays natal, le Chili, les rencontres qu'il a faites à travers ces pays, les personnes qui l'ont marqué, les événements dont il se souvient... Neruda invite son lecteur dans son voyage. Bien qu'il soit court, ce texte est d'une richesse en évasion vraiment appréciable.
A ma lecture, je m'arrêtais quasiment à toutes les phrases pour m'imprégner de leur poésie et rêver un peu... Une lecture que je conseille à tous !
Je me retiens de vous citer l'intégralité de ce texte tant il m'a conquise mais vous offre néanmoins un petit florilège des phrases qui m'ont arrêtée plus que les autres :
"Un peu plus loin, dans une autre cage, allait et venait une panthère noire, encore pleine de l'odeur de sa forêt natale. C'était un étrange fragment de nuit étoilée, une bande magnétique qui s'agitait sans arrêt, un volcan noir et élastique qui voulait raser le monde, une dynamo de force pure qui ondulait ; et deux yeux jaunes, pré
cis comme des poignards, et qui interrogeaient de tout feu car ils ne comprenaient ni la prison ni le genre humain." (p.15-16)

"Partout les statues de Bouddha, de Lord Bouddha... Les statues sévères, verticales, vermoulues, avec une dorure qui leur communique un éclat animal et un écaillement extérieur qui donne à croire que l'air les détériore." (p.23)

"Et il en émane une odeur non de pièce morte, non de sacristie et de toiles d'araignée, mais d'espace végét49862010_pal, de rafales qui retomb46247012_pent soudain en ouragan de plumes, de feuilles, de pollen de la forêt sans fin..."  (p.25)

J'inscris cette lecture dans le cadre de deux challenges : Bienvenue en Inde, initié par Hilde et moi, et le Challenge 2 euros de Cynthia.

19 mars 2010

Petits contes amoureux, Gudule, Samuel Ribeyron

9782745930774Un très bel album pour voyager à travers le monde et ses traditions orales. Onze contes sont racontés par Gudule et illustrés par Samuel Ribeyron dans cet album pour les petits dès 4 ans.

En Egypte, le lecteur voyage avec Aïcha, la fille d'un cadi et ses trois prétendants ; à Madagascar, il connaîtra l'histoire de Tabo-ada, une jeune princesse très laide qui cherche néanmoins son prince ; en Inde, Gudule nous invite à lire le destin de Balaam et Oumi, deux cœurs amoureux que leurs rêves séparent ; en Bulgarie, l'album s'attarde sur l'histoire du petit bossu qui avait du miel dans sa ruche ; en Turquie nous est donnée à voir l'histoire de la belle Zénobia, fille du sultan, qui met au défi ses prétendants afin de choisir le plus courageux...

Les textes courts sont les témoins des tradition orale de chacun de ces pays. Les illustrations toute en douceur et en couleurs tendres sont un régal pour les yeux.challenge2

Ce tour du monde des contes sur l'amour est un plaisir autant pour les yeux que pour l'esprit. Qu'il est bon de regarder les traditions populaires de nos voisins plus ou moins proches et d'y trouver des échos dans nos propres souvenirs d'enfant et des résonances dans nos lectures d'adulte ! Cette lecture s'inscrit dans le Challenge Je lis aussi des albums ! d'Herisson08 (3/11) et comme troisième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle ! 

4 avril 2010

L'écho des morts, Johan Theorin

couv69435149Je viens de terminer L'écho des morts, sacré Prix du meilleur polar suédois en 2010. J'étais assez enthousiaste à l'idée de cette lecture...

Lîle d'Öland, au Sud Est de la Suède. Joakim, sa femme Katrine et leurs deux enfants ont décidé de quitter Stockholm pour s'installer à Aludden, une ancienne demeure de gardien de phare. L'endroit est immense et isolé, mais la famille se plaît dans ce havre de paix.
Jusqu'au jour où une catastrophe se produit. Joakim, de retour de Stockholm, apprend par téléphone qu'un membre de sa famille vient de se noyer. Affolé, il rentre chez lui et découvre  avec horreur la victime de ce drame...
Anéanti par cette perte, le père de famille tente de faire face en rénovant la vieille bâtisse. Mais tandis que d'étranges voix surgies de nulle part le font frémir, sa fille, Livia, semble communiquer avec l'au-delà à travers ses rêves...

Au début de ma lecture, j'oscillais entre l'enthousiasme et la crainte de tomber dans un roman fantastique où les morts communiquent avec les vivants... Étant relativement rationnelle et pragmatique, l'ennui a commencé à pointer en même temps que les évocations diverses de fantômes...
Heureusement, et sans vous révéler pour autant l'intrigue complète de ce roman, libre au lecteur d'interpréter ces mentions de l'au-delà... J'ai donc poursuivi ma lecture avec plaisir !
Johan Theorin, que je lisais pour la première fois, emmène son lecteur dans une Suède aussi frigorifiante qu'inquiétante. La tourmente
- spectaculaire tempête de neige inattendue - menace les personnages, tandis que l'intrigue avance pas à pas.
Le rythme est assez lent, la narration alterne les focalisations sur les personnages principaux, menant ainsi plusieurs intrigues en parallèle.
L'intrigue principale est assez pesante : un père de famille fait face à un deuil en le niant totalement, allant jusqu'à continuer à mettre quatre assiettes pour le repas de Noël, tandis que derrière son dos se nouent plusieurs histoires que l'on soupçonnent liées. Les divers personnages ont une psychologie intéressante et bien développée.
J'ai passé un bon moment de lecture, me laissant engourdir dans cette atmosphère froide et venteuse, évoluant doucement au rythme de l'intrigue et des personnages. Seul bémol, le dénouement, assez rapidement traité, que j'ai trouvé un peu invraisemblable et qui a décrédibilisé à mes yeux tout ce qui précède...

Je remercie   47286519  et les éditions  logo_haut pour cette livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

23 mars 2010

Madeleine Vionnet, ma mère et moi, Madeleine Chapsal

Madeleine Vionnet, ma mère et moi

Sitôt reçu, sitôt lu ! J'étais assez curieuse de ce livre, dont la quatrième m'a intriguée. Plutôt que de la reformuler, une fois n'est pas coutume, je vous livre ici les mots de l'auteur :

"Madeleine Vionnet, ma marraine, et Marcelle Chaumont, ma mère, ont créé et dirigé la plus grande maison de haute couture d'avant-guerre, à Paris. Elles m'ont éduquée dans le luxe, mais aussi l'exigence. Je devais exceller en tout, à l'école, aux cours de maintien, dans mon apparence. À leur image... Dès mes trois ans, j'ai assisté aux collections et peu à peu j'ai pris conscience de la grandeur de ce travail accompli par une ruche de douze cents employées, dans une discipline quasi militaire, pour créer et reproduire plus de mille modèles par an.
Reste que je ressentais la futilité de ce monde aujourd'hui disparu. Une femme ne valait-elle que par ce qu'elle portait ? Ces chiffons sublimes pouvaient-ils consoler certaines d'avoir dû renoncer à un métier, à une vocation, à leurs rêves d'autonomie ? Derrière cette coûteuse élégance se menait en sourdine un combat. C'est cette histoire ambiguë de femmes en marche vers leur libération, d'une mode à l'autre, que j'ai voulu raconter. J'en fais partie. " Madeleine Chapsal


D'une lecture très rapide, ce livre n'est pas à proprement parler un roman mais plutôt un récit autobiographique parcellaire, un ensemble de souvenirs et de témoignages sur cette époque et les deux fabuleuses couturières parentes de l'auteur.
De sa marraine, Madeleine Vionnet, nous apprendrons finalement peu, Madeleine Chapsal avouant elle-même en savoir peu sur la vie de celle-ci, cette femme à la volonté hors du commun et au talent incontesté.
De sa maison de couture, rue de Rivoli à ses débuts, au magnifique hôtel particulier de l'avenue Montaigne, lorsque le tout Paris passait commande chez elle, nous connaîtrons des fragments : son autorité naturelle, sa bienveillance envers ses ouvrières, son talent et son avant-gardisme.
De ses anciennes couturières, nous auront quelques anecdotes, de sa filleule, l'auteur, des impressions floues, liées à l'enfance : le luxe incroyable dans lequel elle baignait, mêlé à la simplicité de sa vie, son affection pour les deux filles de son associée, Madeleine et sa sœur, la déférence avec laquelle chacun s'adressait à elle et le respect qu'elle inspirait.
La mère de Madeleine Chapsal, qui débuta comme seconde main dans la maison de couture Vionnet, s'associera avec sa fondatrice grâce à sa créativité et à sa passion pour la couture. A elles deux, la maison Vionnet connaîtra ses heures de gloire, avant la Seconde Guerre mondiale.
Un beau récit de la vie de ces deux femmes, de leur émancipation financière, rare à cette époque. Une plongée dans le monde la haute couture et de son fonctionnement. Sans suivre un ordre chronologique stricte, Madeleine Chapsal offre au lecteur un ensemble de souvenirs et de faits, recueillis plus récemment, sur la fondation d'une des plus grande maison de couture du Paris des années 30.
Un très bel hommage à Madeleine Vionnet, une femme disparue dans l'anonymat et enterrée dans le Jura. Un livre qui permet de lui redonner un nom et lui rendre ses innovations, afin que les jeunes générations ne l'oublient pas.

Le deux carnets de photos, au centre du livre, permettent d'avoir un aperçu appréciable des créations décrites dans le texte et font susciter la tendre nostalgie de cette époque et l'affection de l'auteur pour ces deux femmes.
Je remercie 47286519 et les Éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

fashion

16 février 2010

Intrusion, Elena Sender

123648ui2ikce89f5b66fviewattth12670570b31Encore un livre que j'ai eu du mal à refermer, tant l'intrigue m'a captivée... Intrusion eSans_titre_2st un thriller, mais aussi le premier roman d'Elena Sender, grand reporter au magazine Sciences et Avenir.

Cyrille Blake est neuropsychiatre à Paris. Quelques années auparavant, elle a fondé le Centre Dulac, un établissement spécialisé dans la recherche du bonheur. Les patients qui s'y rendent souffrent  de pathologies légères que le Dr Blake soigne grâce à diverses techniques : psychothérapie, yoga, hypnose, mais aussi cures de Mésératrol, un médicament encore expérimental qui permet d'atténuer les souffrances psychologiques.
Le jour où Julien Daumas pousse la porte du Centre Dulac, il  bouleverse cet apparent équilibre. A Cyrille qui ne semble pas le reconnaître, il confie son mal : des cauchemars horrifiants  dans lesquels un homme le lacère à coup de couteaux.
Ébranlée par cette rencontre, Cyrille Blake doute : pourquoi ne se souvient-elle pas de ce patient qu'elle a soigné dix ans  auparavant, lorsqu'elle était encore interne ? Souffre-t-elle d'un blocage mnésique quant à une période de son passé ? En fouillant dans ce dernier, Cyrille va découvrir des événements  terrifiants enfouis au plus profond d'elle même...

C'est rare pour moi de lire à la suite des livres qui m'enchantent autant, mais je ne vais pas le cacher, ce livre m'a conquise ! Je ne suis pas adepte des thriller en temps normal, les trouvant souvent courus d'avance et prévisibles, mais avec Intrusion, j'ai vraiment été transportée dans une intrigue à la fois dérangeante et addictive. Quatrième coup de cœur de l'année donc, pour un thriller cette fois. 
L'intrigue est à la fois haletante et très bien ficelée, le rythme est très rapide, les événements s'enchaînent, ponctués de temps morts, ilots de sérénité avant la prochaine catastrophe.  La plume d'Elena Sender est précise et recherchée, sans pathos ni violence inutile. Elle sait trouver les mots justes pour faire susciter certaines émotions chez le lecteur.
Les personnages sont à la fois émouvants et attachants. Pas de manichéisme à outrance ici, mais des êtres humains faillib
les, avec des défauts et des faiblesses qui les poussent à commettre des actes parfois insensés.
Cyrille est un personnage intéressant, passionné par son métier. Son empathie et son dévouement pour aider les autres font d'elle un personnage qui attire d'emblée la sympathie du lecteur. Julien Daumas, quant à lui, personnage à la fois traumatisé et inquiétant, fascine autant qu'il effraie.
L'aspect médical du roman est très documenté, se fondant sur des recherches en cours sur la mémoire, d'après la quatrième de couverture. Elena Sender vulgarise tout cet aspect avec brio, permettant à quiconque de se l'approprier, et le rendant par là même fascinant.
Un excellent premier roman, addictif et inquiétant...

Merci à 47286519et aux logofr pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat !

6 mars 2010

Natures mortes au Vatican, Michèle Barrière

9782253125167FSAyant vraiment apprécié Meurtres à la pomme d'or de Michèle Barrière, je me suis précipitée sur la suite des aventures de François, le héros de ce premier opus...

Le roman débute à Rome, en 1570. François, qui a fui Montpellier, est secrétaire particulier du cuisinier du Pape, Bartolomeo Scappi. Il aide ce dernier à la rédaction d'un recueil de recettes.
Mais le calme est de courte durée : le célèbre peintre Arcimboldo est enlevé, tandis que François est la proie d'un horrible chantage. Lorsqu'une fête se transforme en massacre de jeunes filles, François décide d'intervenir...

Encore une fois une lecture agréable et très rapide. Michèle Barrière nous transporte avec brio dans cette Italie de la Renaissance,  faisant côtoyer aux personnages réels des protagonistes de sa création.
La cuisine tient toujours une grande place dans ce roman dit gastronomique, et nombreuses sont les explications culinaires et les recettes. L'intrigue en elle-même n'est pas forcément ce qui m'a le plus séduite, mais j'ai aimé néanmoins cette quête à travers l'Italie et ses mystères.
J'ai passé un très bon moment de lecture, me plongeant avec plaisir dans cette époque et ses coutumes...

A la fin du roman, encore une fois, un carnet de recettes d'époque, mais aussi un dossier sur les lieux et les personnages évoqués, ainsi qu'une bibliographie sélective pour approfondir sur le sujet...

8 janvier 2010

Meurtres sur le Palatin, Cristina Rodriguez

9782702434697Et voilà, terminé Meurtres sur le Palatin, de Cristina Rodriguez, premier livre que je lisais de cette auteure.

Nous sommes sous le règne de Tibère à Rome. Un homme a été découvert criblé de coups de poignards, un denier dans la bouche pour payer son passage au royaume des morts. Une affaire de corruption et d'argent sale semble y être liée.
Kaeso, un jeune prétorien, se charge de l'enquête. Accompagné de Io, son fidèle léopard, il parcourt la ville et ses sombres quartiers pour mettre au jour la vérité.

Grande amatrice de polars historiques, et particulièrement sur la Rome Antique, je me suis précipitée sur ce titre ! Je ne connaissais ni cette auteur ni son célèbre personnage.
L'intrigue débute in medias res et semble intéressante de prime abord. Je me suis laissée porter... Les meurtres se succèdent (comme l'indique le pluriel du titre...) et le récit avance à bon rythme.
Les personnages sont bien esquissés, peut-être un peu archétypaux (le héros est d'une beauté rare et ne semble présenter aucun vice, sa cousine folle amoureuse de lui est aussi jolie que futée...), mais cela ne trouble pas la lecture.
Par contre, beaucoup de dialogues, parfois inutiles à mon goût, au détriment de descriptions de l'environnent direct des personnages. Rome n'apparaît pas du tout comme un personnage du roman et ne donne lieu qu'à très peu de descriptions.
De plus, pour un roman qui se passe à cette époque, je m'attendais à beaucoup plus de détails historiques, voire une approche beaucoup plus fouillée des mœurs et traditions de la Rome Antique.
Pour avoir lu de nombreux romans sur cette période, j'ai été un peu déçue de cet aspect là. L'intrigue semble avoir été transposée à cette époque sans en apporter plus de précisions. Les mœurs romaines ne sont pas étudiées (et parfois même des mœurs contemporaines semblent avoir été collées sur les personnages de façon anachronique), ni les traditions ou encore les événements historiques.
Nous n'en apprenons pas plus que l'intrigue policière présentée, qui est assez plate. Ce qui est bien dommage !

C'est donc un r
oman qui se lit très vite mais ne laisse pas forcément un souvenir impérissable pour ma part.
J'ai pris plaisir à me plonger dans cette époque grâce aux connaissances que j'en ai, mais n'est pas été transportée par l'intrigue p
olicière assez banale.

Je remercie Logo_147286519 ainsi que les 47970598_p  de m'avoir offert ce livre !
D'autres critiques de blogueurs : El Jc et Jess.

Et voici ma seconde participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

17 février 2010

Murena chapitre premier : La pourpre et l'or, Dufaux, Delaby

25783418_5452062Conseillée par Anneso, j'ai donc acheté le premier tome de la série Murena, une BD historique. Et je ne suis pas déçue !!

Rome, mai 54. L'empereur Claude prépare sa succession, hésitant entre son fils adoptif, Néron, né de son union avec Agrippine, et son propre fils, Britannicus, qu'il a souvent délaissé au profit de Néron.
Derrière lui se trament maints complots pour que ces enfants accèdent au pouvoir. Le jeune Néron, aidé de sa mère, va tout faire pour  y accéder, tandis que Claude tente de faire de son fils naturel son successeur...

Agréable surprise que cette BD qui relate l'Histoire de Rome à cette époque.  Les illustrations sont très réussies, rythmant l'intrigue tel un film, les personnages sont bien esquissés, la lecture en est rapide.                                                                                                                     
La vie quotidienne de
murena_t1s Romains est montrée telle qu'elle était, sans pathos ni transposition de sentiments actuels. Le quotidien était dur et violent, surtout pour les esclaves et les gladiateurs, et cette BD n'épargne pas cette partie de l'Histoire.
J'ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans l'histoire de la Rome antique à travers cette BD très documentée (la bibliographie située à la fin de la BD nous renseigne sur les sources des auteurs).
Un glossaire à la fi
n nous renseigne sur les événements réels de la BD (paroles de personnages, anecdotes, etc.) et rend cette lecture encore plus enricLogo_1hissante.

Bref, une très bonne découverte ! Merci encore Anneso pour cette idée de lecture. Il ne me reste plus qu'à acheter les autres tomes maintenant !

Et voici ma troisième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

29 janvier 2010

Les Enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel

9782253115854FSÇa y est, je viens de fermer la dernière page du premier tome [Des] Enchantements d'Ambremer, de Pierre Pevel, et ce avec regret...Mais avant tout, laissez-moi vous racontez un peu l'intrigue de ce roman...

Paris, 1909.  Mais la capitale n'est pas ce que nous imaginons de la Belle Époque.  Elle est imprégnée des éléments de l'OutreMonde, ce monde merveilleux dans lequel licornes, elfes et dragons coexistent avec les humains.
Ainsi, au Paris que nous imaginons de cette époque, s'entrelacent créatures merveilleuses et autres inventions imaginaires : saules rieurs, dragons minuscules pareils à des insectes, chênes bavards etc.

Vivant au cœur de ce Paris des Merveilles, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, est amené à collaborer sur une enquête de trafic d'objets enchantés. Mais à cette simple affaire de corruption s'ajoute des meurtres étranges. Des gargouilles tuent, envoûtées par une sorcière adepte de magie noire, des objets disparaissent, tandis qu'une magicienne soulève un pan de l'histoire de l'OutreMonde que même la reine du royaume souhaiterait laisser dans l'ombre... L'affaire se corse pour notre mage, qui s'obstine à découvrir la vérité.

Premier coup de cœur de l'année 2010 (et pas le dernier j'espère !), ce livre est d'une lecture Sans_titre_2très agréable. Par son écriture fluide, Pierre Pevel nous emmène avec brio dans son univers merveilleux et fascinant. Sa plume poétique et souvent bien rythmée et son écriture cinématographique permettent de rentrer facilement dans cette intrigue. Mêlant éléments historiques et imaginaires, il donne à voir dans ce court roman un monde peuplé de créatures issues de la fantasy, dont il dicte lui-même les codes. La prouesse de cet auteur réside ici en cette faculté à dépeindre en si peu de pages (350), un univers imaginaire dans lequel le lecteur se glisse avec aisance.

L'intrigue est très bien menée et permet de mêler une enquête policière aux éléments historiques. Ici, pas de logique à la Sherlock Holmes, ni de réflexion pragmatique sur l'identité du meurtrier, mais des techniques d'enquête de mage et des raisonnements issus du monde merveilleux. Le rythme de l'intrigue est rapide, les événements se succèdent et ne laissent pas de répit au lecteur, donnant souvent l'impression d'assister visuellement à la scène, tant les descriptions de Pevel, minutieuses et précises , complètent brillamment cette succession de péripéties.

Les personnages sont attachants, et leur psychologie est soignée. Parfois stéréotypés par leur fonction ou leur nature (le mage courageux, le gnome râleur, etc.), ils n'en demeurent pas moins intéressants et surprenants.

"Originaires de l'OutreMonde, les chats-ailés ne se contentent pas de parler. Ils sont savants, qualité qu'ils doivent à une longévité exceptionnelle et à une capacité unique : celle de s'imprégner de la matière des livres sur lesquels ils dorment." (p.29)

"Ambremer était une cité médiévale, telle que vous, moi et l'essentiel de nos contemporains la rêvent. A savoir pittoresque et tortueuse, avec des venelles pavées plutôt que boueuses, des maisons en belle pierre plutôt qu'en mauvais torchis, des toits de tuile rouge plutôt que de chaumes sales. (p.47)

"On évitait les mages parce qu'on les redoutait ; on les connaissait mal puisqu'on ne les fréquentait guère ; et de l'ignorance naissaient la crainte et les plus folles rumeurs." (p.134)

Seul regret, et non des moindres : le second tome de la série, actuellement introuvable et en rupture d'édition, me laisse largement sur ma faim...

En tout cas, je remercie 47286519et les Éditions Livre de Poche de m'avoir offert ce livre !!

20 janvier 2010

Cercueils sur mesure, Truman Capote

Cercueils_sur_mesureEmportée par le Challenge 2 euros de Cynthia, en ce moment je n'arrête pas de lire  des 47287655courts romans ou des nouvelles publiés dans cette collection.

Je viens de terminer
Cercueils sur mesure, le deuxième roman que je lis de l'écrivain américain Truman Capote.

Dans ce très court roman de 120 pages, Truman Capote nous présente une forme littéraire très originale : il extrait du réel une histoire romanesque qu'il met en récit, sans pour autant la fictionnaliser.
En effet, il relate dans ce titre un fait divers réel qui a défrayé la chronique aux Etats Unis : une série de meurtres très cruels et assez mystérieux, pour lesquels les victimes recevaient à chaque fois une mise en garde par un colis contenant un cercueil miniature avec une photo d'eux à l'intérieur...
Connaissant personnellement un enquêteur qui travaillait sur ces meurtres, Truman Capote relate les entretiens qu'il a eus avec lui et les personnes qu'il a eu l'occasion de rencontrer. Il ne s'agit donc pas d'une fiction à proprement parler, mais d'un roman qui rend compte d'un événement réel.

Bref, vous l'aurez compris, l'intrigue est d'autant plus mystérieuse et fascinante qu'elle a vraiment eu lieu !
Le texte, composé presque entièrement de dialogues, est d'une lecture très rapide, et la traduction très bien menée. Les soupçons se portent très vite sur un individu, mais les preuves manquent. Haletant, ce roman nous mène vers l'inexorable avec brio.
Encore une fois, une très bonne lecture, qui me donne envie de pousser plus en avant ma découverte de cet auteur...

10 janvier 2010

La femme d'un autre et le mari sous le lit, Fédor Dostoïevski

9782070356942Inscrite à plusieurs challenges en ce moment (cf. ci-contre), j'ai fait ce matin d'une pierre deux coups en lisant cette nouvelle de Dostoïevski : non seulement elle me permet de commencer mon  Défi "Une année en Russie", organisé par Pimpi, mais en plus je continue mon Challenge 2 euros, initié par Cynthia.

                        russie          2_euros

Dans cette très courte nouvelle - une petite centaine de pages - Ivan Andréiévitch soupçonne sa femme d'adultère et tient à tout prix à la démasquer.
Engoncé dans sa jalousie maladive, il en oublie toute cohérence lorsqu'il rencontre d'autres personnages et en devient incompréhensible.
S'en suit une série de quiproquos qui vont finalement inverser la situation...

D'une lecture très agréable, cette nouvelle est composée essentiellement de dialogues. Ceux-ci s'entremêlent jusqu'à l'inextricable, conduisant le lecteur à une certaine confusion, celle-ci faisant écho à la confusion d'
Ivan Andréiévitch. On ne sait plus qui parle, qui est l'amant et qui est le mari.
Le mari trompé est très comique et toute la nouvelle est finalement très théâtrale.
Les dialogues s'enchaînent, les rôles s'inversent, la méprise règne pour le plus grand plaisir du lecteur.
En revanche, la Russie n'est que le cadre de cette nouvelle et ne donne lieu à aucune description. Aucune indication temporelle ou spatiale n'éclaire le lecteur.
Dostoïevski est concis et va à l'essentiel, et c'est en cela que réside, selon moi, l'intérêt de ce texte.

23 novembre 2009

Le fruit du dragon, Claire Ubac

dagonVoilà encore un roman que j'essaie de diffuser autour de moi tellement il m'a plu ! Le fruit du dragon est un roman de Claire Ubac publié en 2003 par  l'École des Loisirs.

Margaux rêve du voyage en Asie que son père lui a promis, rien que tous les deux. Depuis le divorce de ses parents, elle peine à discuter réellement avec lui.
Mais ce dernier s'enlise peu à peu dans une dépression liée à  cette séparation et se sent incapable de tenir sa promesse  d'emmener sa fille en périple en Asie.
L'adolescente est donc confiée à des amis de son père, un couple accompagné de sa fille Jesse, 13 ans, que Margaux a tôt fait de rebaptiser "Supernigaude".
Le voyage à travers le Vietnam va finalement se transformer en voyage initiatique pour la jeune fille, loin de ceux qu'elle aime et de ce qu'elle connaît.Elle va prendre conscience de sa relation avec ses parents, de son rapport à l'autre et de sa conception de la vie... Elle va grandir et beaucoup apprendre de ce voyage, de sa déception et de ses frustrations.

Le fruit du dragon est un roman très rafraîchissant, qui transporte le lecteur dans la moiteur du  Vietnam et les parfums d'Orient.
Les descriptions font appel à tous les sens et mobilisent le lecteur à tous les niveaux. Le Vietnam est au centre d'une représentation à la fois visuelle, olfactive et auditive.
Le lecteur vit chaque instant au côté de l'héroïne, capable, grâce à la plume de Claire Ubac, de s'imaginer lui aussi en plein milieu d'un marché d'Hanoï ou en train de visiter un temple bouddhiste.
Les personnages sont très attachants, notamment Margaux, l'héroïne, pleine de doutes et de colère.
Pour échapper à la frustration de son quotidien, elle s'invente un quotidien où Lia, son alter ego imaginaire, est détenue captive par cette famille. Ces situations cocasses l'empêchent souvent de faire preuve de bonne foi et donnent lieu à des séquences très intéressantes dans lesquelles elle découpe les scènes plan par plan,
à la manière d'un metteur en scène ou un réalisateur.

A lire pour l'originalité de l'intrigue, mêlant quête identitaire et humour, mais aussi pour le Vietnam, personnage à part entière dans ce roman.
Il m'a personnellement convaincue davantage encore de l'attrait que j'avais pour ce pays...

"
Abandonnée de sa famille et louée à des kidnappeurs sans scrupule, quelques goulées d'eau à vingt degrés de moins que la fournaise ambiante font comprendre à Lia la captive à quel point elle tient encore à la vie." p.43

"Le corps se traîne en limace, rêvant qu'on le déleste de ses vêtements et de sa chevelure lourde comme un serpent. Des odeurs violentes prennent le nez, parfums d'épices, senteur familière de poulailler, puanteur de fruits surs, d'urine ou de camphre. Les bruits sont vivants aux oreilles. Je commence à repérer la mélodie de la langue vietnamienne." p.80

12 novembre 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

BUTTONCurieuse comme je suis des adaptations au cinéma des œuvres littéraires, après avoir vu le blockbuster américain sorti en février 2009 sur nos écrans, je me suis ruée dans la librairie derrière chez moi pour acheter la nouvelle de Fitzgerald dont le film s'était inspiré.
J'insiste sur ce dernier mot. En effet, alors que L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher s'étend sur 2h35, la nouvelle qui en est la source ne fait que 59 pages (enfin 47 si on enlève les pages de garde du début...) Autant dire que les scénaristes ont librement brodé autour de l'intrigue originelle. Rares sont les similitudes entre les deux versions et je suis même étonnée que ce film ait pu prendre ce titre, et non pas "librement inspiré de la nouvelle, etc." Mais tout ceci n'est qu'une question de droit d'auteur...

Bref, pour parler ici de la nouvelle de Fitzgerald, j'ai été agréablement surprise par cette histoire à la fois courte et très imaginative.
Et comme le logo l'indique, cette lecture s'inscrivait dans le Challenge 2 euros initié par Cynthia ici !
1860 aux Etats-Unis. Le couple Button donne naissance à son premier enfant, mais celui-ci, par le plus grand des mystères, s'avère être un vieillard de 70 ans. 
Le temps passant, ses parents s'aperçoivent qu'il subit une croissance inversée et retourne littéralement en enfance, défiant les lois de la nature et de la logique.
Benjamin voit ses proches et sa femme vieillir au fil des années, se raidir  et disparaître avec le temps, tandis qu'il se découvre une nouvelle vigueur et profite de ses années de jeunesse.
Mais au bout de cette inversion du temps, le retour à l'état de nourrisson et à l'origine le guette.
Challenge
L'auteur de Gatsby le Magnifique nous livre ici une nouvelle étrange, à la fantaisie rare.
L'écriture est fluide, la traduction coule sans lourdeur et nous entraîne dans ce conte avec légèreté.
L'intrigue est plus suggérée qu'elle n'est détaillée, et son originalité permet à l'auteur de ne pas s'étendre sur de nombreuses scènes. Des situations générales prennent le pas sur les anecdotes, et les années du personnage défilent à vive allure au fil des pages.
"
Nous ne nous étendrons pas sur la vie de Benjamin Button entre sa douzième et sa vingt-cinquième année. Disons simplement que ce furent des années de décroissance régulière." (p.30)
Ode au temps qui passe et que l'on ne peut retenir, cette nouvelle laisse un sentiment de mélancolie étrange lorsqu'elle se termine. L'inéluctable arrive à grands pas pour le personnage, tel le fatum, ou destin,  qui s'abat sur les héros des tragédies grecques.


14 avril 2011

Le sens du bonheur, Krishnamurti

9782363940087 Je ne connaissais que de nom le sage et philosophe indien Krishnamurti (1895-1986). La découverte de cet essai n'est pas tant due à son contenu qu'à sa forme.

En effet, le buzz actuel dans le monde éditorial concerne ce nouveau format, le Points 2, une innovation que seules les Editions Points pourront commercialiser en français jusqu'en 2013.

Le principe ? Un livre plus petit qu'une main, très léger et qui tient dans la poche ; un texte imprimé sur du papier Bible, qui se lit horizontalement.    
Le résultat ? Un confort de lecture indéniable, une légèreté en main vraiment appréciable, un objet aussi facile à transporter qu'à utiliser. Le petit format n'est pas synonyme d'écriture illisible, au contraire, et l'usage des marges et des blancs permet d'organiser la page de manière harmonieuse. Les livres sont disponibles dès aujourd'hui en librairie.

Quant au contenu, j'ai découvert avec plaisir Krishnamurti et sa pensée. Si ses réflexions concernent toujours la société indienne du XXe, ses propos tendent à une forme d'universalité et permettent à tous de s'interroger.
J'ai picoré ce livre au gré des pages, m'arrêtant sur certains chapitres pour mieux passer sur d'autres. J'ai aimé suivre la pensée de ce philosophe et réfléchir en sa compagnie sur le monde qui nous entoure. Une très belle découverte ! Et vu son format, ce petit livre a tôt fait de rejoindre mon sac à main pour mettre à profit certains temps morts du quotidien...

 logo_IndeJe tiens à remercier Jérôme et Mini_livre pour la découverte de ce nouveau format qui m'a conquise de bout en bout et de ce philosophe indien.
J'inscris cette lecture dans le Challenge dédié à l'Inde et sa culture, "L'Inde en fêtes", organisé par Hilde et moi.

 

28 février 2011

Alchimie, Beth Fantaskey

9782702434925Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas choisi cette lecture : c'est une  lecture professionnelle que j'ai faite il y a quelques semaines. Par manque de  temps, je n'avais pas encore pris le temps de la présenter.
Je dois avouer aussi que,
en commençant  ce roman, je n'étais attirée ni par la couverture ni par le bandeau "Par  l'auteur de Comment se débarrasser d'un vampire amoureux ?" et que je redoutais le pire...

Alors qu'elle assiste à l'enterrement de son père, assassiné sur un parking, Jill  Jekel se lie d'amitié avec un garçon de son collège, Tristan Hyde, venue la  soutenir dans cette épreuve. Entre les deux adolescents, aux noms trop évocateurs pour être anodins, une alchimie naît peu à peu.
Lorsque Jill se rend compte que son père, chercheur en biologie, a vidé le compte en banque qui devait servir à financer ses études et que sa mère s'enfonce peu à peu dans une sévère dépression, la jeune fille décide de prendre sa vie en main et de participer à un concours de chimie. Aidé de son acolyte littéraire, elle se lance dans la recréation de la potion qu'a utilisé le célèbre Dr Jekyll pour se transformer en Mr Hyde....

Alors que j'ouvrais ce roman avec beaucoup d'a priori, j'ai été agréablement surprise. Même si les personnages possèdent peu de densité psychologique et que le style de l'auteur est plat, l'intrigue fonctionne bien.
Le suspense est au rendez-vous de ce roman qui, s'il n'est finalement qu'une réécriture moderne de Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, possède néanmoins certaines qualités indéniables.
L'alternance de points de vue à chaque chapitre (ou presque), annoncée par le nom du personnage qui prend en charge la narration, permet de dynamiser le récit et d'en apporter plusieurs éclairages. Le choix typographique de l'italique lorsque la Bête prend le contrôle du personnage est aussi une excellente façon de l'indiquer finement au lecteur.
Enfin, le fait que ce roman soit en un seul tome, et non pas le premier opus d'une série, permet d'appréhender dans sa globalité l'intrigue développée par l'auteur et de ne pas avoir une impression d'inachevé une fois la dernière page tournée.

Même si l'intrigue comporte certaines prévisibilités et que la plume de l'auteure est vraiment sans intérêt, ce roman
a le mérite de moderniser l'oeuvre de Stevenson en l'adaptant à des héros adolescents contemporains, ce qui permet de tisser un parallèle entre ces deux œuvres.

21 février 2011

Les Aigles de Rome livre 1, Marini

aiglesJe vous avais dit dans ce billet sur Murena que j'avais très envie de découvrir une autre série de BD se passant au temps de l'Antiquité romaine : Les Aigles de Rome. C'est chose faite avec le premier tome.

Nous sommes en 9 av. J.C. L'Empire romain vient de soumettre les tribus germaniques. Des jeunes princes issus de familles nobles sont faits prisonniers et donnés à Rome. Parmi eux, Ermanamer.
Éduqué en bon romain par Titus Valerius, un ancien militaire, le jeune Ermanamer se heurte très vite à Marcus, le fils de ce dernier, du même âge que lui. Malgré les  fréquentes disputes, les années passent et les deux jeunes hommes deviennent vite inséparables...

jpg_aiglesderome_t1_08Si les illustrations m'ont véritablement charmée, j'avoue ne pas avoir été complètement conquise par cette BD.
L'Histoire de Rome est complètement secondaire et ce premier tome n'est finalement consacré qu'à la rencontre entre les deux personnages principaux, Ermanamer et Marcus, et à la naissance de leur amitié. L'auteur ne donne nullement à voir des événements historiques ni un quelconque aperçu de la période historique.

De plus, ce qui m'a vraiment gênée et qui ne m'a pas permis de m'immerger complètement dans cette période, c'est l'usage des insultes et autres gros mots actuels à quasiment toutes les pages. Loin d'être facilement impressionnable à ce niveau là (je côtoie des ado à longueur de journée, les insultes font donc partie de mon quotidien), j'ai trouvé ce choix linguistique totalement inapproprié au contexte de la série.
Si les Romains usaient certainement de gros mots et pouvaient être vulgaires, ils le faisaient dans leur langue, en latin donc, et ne se traitaient pas de "connard" à tout bout de champ... C'est vraiment dommage car ces anachronismes linguistiques apparaissent dès le début de la BD et sont si fréquents qu'ils ont vraiment gâché  ma découverte de celle-ci...

J'ai finalement eu l'impression de lire une BD contemporaine relatant une amitié entre deux adolescents, saupoudré d'uLogo_1n décor de Rome antique...
Je ne sais pas encore si je vais poursuivre ma découverte de la série... Quelqu'un connait-il cette BD et peut-il me dire ce qu'il en est du deuxième tome ?
J'inscris cette lecture comme septième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

17 octobre 2010

Le crime d'Halloween, Agatha Christie

9782253182207_GQuoi de plus adapté en cette période de Challenge Halloween que ce roman d'Agatha Christie, publié pour la première fois en Angleterre en 1969 ?

A Woodleigh Common, petite bourgade à une soixantaine de kilomètres de Londres, une fête pour enfants est organisée à l'occasion d'Halloween. L'après-midi, les adultes sont tout à leurs préparatifs, tandis que les enfants trépignent d'impatience.
Quand la petite Joyce clame fièrement qu'elle a vu un crime être commis sous ses yeux, personne ne la croit et tous la traitent de menteuse.
Mais quand la petite Joyce est retrouvée noyée dans une bassine à la fin de la fête, la soirée revêt une sombre allure.
Sommé par son amie, la romancière Ariadne Oliver, de venir enquêter sur cet odieux crime, Hercule Poirot se rend sur les lieux, prêt à tout pour retrouver l'assassin de la fillette.

Moi qui pensais connaître tous les Agatha Christie mettant en scène Hercule Poirot, force a été d'admettre qu'il n'en était rien... Je me suis donc précipitée pour acheter ce titre et le dévorer dans la foulée !
Encore une fois, la célèbre romancière anglaise nous offre une ambiance bucolique entachée par une sordide histoire de meurtre. La fête d'Halloween sert de toile de fond à une intrigue qui trouve ses racines dans des faits bien antérieurs. Les citrouilles se fendent d'un sourire inquiétant tandis que de sombres événements se profilent à l'horizon.
Hercule Poirot, en détective avisé, mène une enquête en tout point passionnante, laissant la possibilité à son lecteur de réfléchir à ses côtés pour démasquer le criminel. Les personnages se dissimulent derrière de pâles masques, les alibis s'effritent, la vérité point...
Bref, une très bonne lecture, un roman policier traditionnel comme je les aime et une ambiance surannée au charme indéniable.
1874991148

Et voici ma troisième participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

10 mars 2010

La Princesse Ligovskoï, Michel Lermontov

9782070398676FSUne lecture de plus dans le Défi Une Année en Russie, organisé par Pimpi. Elle n'était pas prévue au programme (j'ai Crime et Châtiment sur le feu...) mais je suis tombée sur ce folio 2 euros par hasard, et j'ai été attirée par la couverture....

Saint-Pétersbourg, 1833. Georges et Vièrotchka se sont aimés puis perdus de vue dans d'obscures circonstances... Devenue la Princesse Ligovskoï suite à son mariage, Vièrotchka accompagne son mari à Saint-Pétersbourg où son ancien amant et fiancé, devenu un jeune officier de la Garde, demeure. Leurs retrouvailles ne les laissent pas indemnes...

Court texte de Michel Lermontov, La Princesse Ligovskoï est un roman inachevé. Assez frustrant donc de ne pas savoir ce qu'il advient des deux héros, mais un pari que l'on prend en ouvrant ce livre. Difficile donc d'en dire beaucoup sans trop dévoiler l'intrigue.
La plume est très fluide et se lit avec aisance. Les phrases, longues, très ponctuées et souvent très imagées, invitent à la rêverie. Le narrateur nous entraîne avec malice dans cette histoire.
Une plongée dans la société pétersbourgeoise des années 1830 très agréable, portée par l'étiquette et les conventions de l'époque. Une intrigue bien menée, prélude à un roman qui aurait pu être très prometteur...
Un très bon moment de lecture, très rapide.

"Il savait qu'il est facile de faire parler de soi, mais il savait aussi que le monde ne s'intéresse pas deux fois de suite à la même personne ; il lui faut sans cesse de nouvelles idoles, de nouvelles modes, de nouveaux romans..." (p.24)

"La pauvrette, pressentant que c'est là son dernier adorateur, s'efforce sans amour, uniquement par amour-propre, de garder le plus longtemps possible le mauvais sujet à ses pieds... en vain : elle s'englue de plus en plus - et finalement... hélas... après cette période il ne reste que les rêves d'un mari, de n'importe quel mari... rien que des rêves." (p.44)

"Oh ! Les dames étaient le véritable ornement de ce bal, comme de tous les bals possibles !... Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de la nature et merveilles du magasin de modes... ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français de première qualité, phrases sonores empruntées  au roman à la mode, bijoux de location..." (p.116)


46357548_pEt je fais encore une fois d'une pierre deux coups (ça va devenir une habitude !) en inscrivant cette 47287655lecture non seulement dans le Défi Une année en Russie de Pimpi, mais aussi dans le Challenge 2euros de Cynthia !



28 août 2017

Le blog fait sa rentrée ! [Bilan de lecture juillet/août 2017]

Après presque deux mois de silence radio, me revoilà à Bouquinbourg, prête à vous parler de ces lectures qui m'ont accompagnée cet été. Un été très rempli, comme vous le savez si vous me suivez ici ou sur Insta - entre Paris, Metz, Toulouse, Bordeaux, l'Angleterre et la Crète - , un été synonyme d'un nouveau déménagement et d'un nouveau départ, mais un été qui a aussi apporté son lot de sombres nouvelles. La perte d'un être cher est venue endeuiller ces journées ensoleillées, déposant un manteau de souffrance et de douleur sur le mois d'août. Je n'en dirai pas plus si ce n'est qu'A. m'était cher et qu'il était un fidèle de Bouquinbourg depuis ses premières heures. Il ne commentait jamais, mais m'envoyait régulièrement des messages privés pour me parler de mes billets, de ses lectures, m'en conseiller certaines, me demander mon avis sur d'autres. Nos discussions littéraires se prolongeaient avec grand plaisir à chaque fois que nous nous voyions et il faisait partie de ces lecteurs dont j'aimais à connaître les impressions de lecture. Il m'avait ainsi largement encouragée à découvrir Le roman du mariage, me disant qu'il avait souvent pensé à moi durant sa lecture et qu'il était certain que je l'apprécierais. Il avait raison... Très récemment, c'est avec Les deux vies de Baudouin que nos lectures se sont croisées et nos impressions recoupées sur cet album poignant et ô combien positif. Bref, c'est avec le coeur lourd que je reviens ici. Mais je reviens car la littérature est justement une des choses qui nous reliait et qu'il aimait. Il n'en demeure pas moins que ces échanges informels, imprévus et précieux autour de la lecture vont me manquer, entre autres...

Cet été a donc été singulier mais la lecture y a trouvé sa place, comme d'ordinaire. Étant beaucoup en vadrouille, c'est mon Kindle que j'ai glissé dans mon sac à dos et qui a été mon complice livresque estival la plupart du temps. Je reviens tout juste chez moi et mon appartement n'est pas encore aménagé mais mes livres ont d'ores et déjà été sortis des cartons pour trouver une place - provisoire - sur mes étagères. En revanche, je suis complètement déconnectée de la rentrée littéraire pour le moment mais je me sens très à l'aise avec cette idée. Je laisse la frénésie éditoriale passer et je viendrai plus tard picorer les pépites qui émergeront, piochées chez les lecteurs qui ont des goûts communs avec moi. 

Mon nouveau chez moi

Bon, parlons peu, parlons bien : qu'ai-je lu cet été, et quelles sont les chroniques qui vont fleurir ici dans les prochains jours ? Petit tour d'horizon de mes lectures estivales qui fera office de bilan de lecture juillet/août. 

Mes lectures de l'été (chroniques à venir rapidement)

** Romans **

 

Romans été

 

** BD **

BD été 1

BD été 2

 ** Bilan **

Vu comme ça, on a l'impression que j'ai lu beaucoup de BD et peu de romans. C'est pas faux (Perceval, sors de ce corps !). Mais en réalité, ma grosse lecture estivale a été le troisième tome d'Outlander, dans lequel je suis toujours plongée du reste (1020 pages tout de même !). J'adore m'immerger dans l'Ecosse du 18e, comme à chaque fois, et j'ai entrecoupé mon immersion par la lecture de la série des Agatha Raisin de M.C. Beaton, des romans rapides grignotés ça et là qui m'ont fait voyager dans les Cotswolds quand j'y étais en chantier.

Bon, il ne faut pas se leurrer, je lis toujours beaucoup moins en été qu'en automne/hiver. Et cet été n'a pas dérogé à la règle. Entre le déménagement, les soirées en tous genres, le catamaran, la planche à voile, le paddle, le kayak, construire un mur en pierres sèches, visiter Oxford et Christ Church, palmer dans la mer Égée, randonner en Crète, jouer au ballon dans la piscine (ah non, soeurette n'a pas voulu...), boire des smoothies sur le roof top, emménager, aller voir des concerts, des feux d'artifice, buller dans un lagon merveilleux, aller manger chez Cyril Lignac, bref, parfois, entre tout ça, j'ai trouvé le temps de lire. Mais pas tout le temps...

Mais la rentrée revient, l'automne aussi et je sais que je vais retrouver mon rythme de lecture habituel. En attendant, j'ai du pain sur la planche avec ces chroniques à rédiger (les brouillons sont déjà faits, ne vous inquiétez pas !). Heureusement que je me suis offert un nouveau joujou ultra rapide pour que bloguer reste un plaisir (ces derniers temps, je méritais une médaille pour ma patience). Le voilà avec mes réceptions en services de presse et les derniers cadeaux de fin d'année reçus lors de mon départ. 

Mes prochaines lectures

Deux mois sans bloguer, et voilà le résultat : un billet fleuve... Vous avez bien du courage si vous l'avez lu jusqu'au bout ! Bon mois de septembre à tous et belles lectures !

29 mars 2016

La nuit de l'oracle, Paul Auster

La nuit de l'oracle, Paul AusterLa nuit de l’oracle est un roman de l’écrivain américain Paul Auster paru en 2004 chez Actes Sud.

Sidney Orr est écrivain, et après une longue maladie, il se remet peu à peu à l’écriture. Il trouve l’inspiration grâce à un étrange petit carnet bleu acheté dans une papeterie minuscule. Mais peu à peu, alors qu’il est pris par la frénésie de l’écriture, Sidney voit peu à peu son univers se détériorer et les frontières entre fiction et réalité s’estomper.

Premier Paul Auster que je lis (il faut bien un début à tout !), La nuit de l’oracle est un roman gigogne des plus fascinants où plusieurs histoires s’emboîtent. Il y a celle, principale et évidente, de Sidney Orr qui raconte sa vie et abonde en notes de bas de page, afin de donner le maximum de précisions à son lecteur, mais celle aussi qu’il écrit dans son carnet bleu et enfin La nuit de l’oracle, le roman que trouve le personnage de son livre. Trois histoires emboîtées, trois frontières de plus en plus poreuses, et un personnage qui ne sait plus si ce qu’il écrit est vrai ou si sa vie est une fiction.

Brillamment orchestré, La nuit de l’oracle est un texte à la narration alambiquée qui plonge dans les méandres de l’imagination d’Auster et dont le lecteur sort à bout de souffle, chamboulé et un peu secoué par ce labyrinthe étourdissant.

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>
Publicité