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8 mai 2011

Alfred Hitchcock, architecte de l'angoisse 1899-1980, Paul Duncan

9783822816721FSPour les amateurs du genre (dont je fais partie), les éditions Taschen ont réalisé un beau livre sur le maître du suspense.

Sa vie, sa filmographie, son travail de cinéaste sont présentés ici, accompagnés de nombreuses et très belles photos de tournage et d'une foule de citations du maître.
Des photogrammes de films complètent le tout, ainsi que des anecdotes de tournage. On apprend énormément au fil des pages, tant sur le personnage public d'Hitchcock que sur sa façon d'appréhender le cinéma. Un magnifique objet et un livre de qualité disponible à un petit prix.

Des analyses succinctes des films permettent en outre d'apporter un éclairage parfois différent à ces derniers. Paul Duncan analyse ainsi les rapports entre les personnages masculins et féminins des films pour en dégager des similitudes et des rapprochements entre les différentes époques et phases de l'oeuvre du maître du suspense. C'est effrayant de comprendre pourquoi ces films exercent une telle fascination sur les spectateurs...

En grande fan de ce cinéaste, je n'ai pu qu'être absolument séduite par ce magnifique ouvrage. C'est le premier documentaire que je lis sur ce réalisateur et son oeuvre...mais peut-être pas le dernier ! 

« Nous sommes tous des criminels, nous qui regardons. Nous sommes tous des voyeurs. Et nous respectons le onzième commandement : " Tu ne te feras pas prendre"».  Alfred Hitchcock (p.16)


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26 mai 2011

Peur sur Lutèce, Patrick Demory

26_1228253Patrick Demory est spécialisé dans l'histoire du bas-empire romain, période historique souvent méconnue. Peur sur Lutèce est son second roman. Après Le Feu de Mithra, l'auteur met à nouveau en scène son héros, le centurion Marcus Pius.

Hiver 358 de l'ère chrétienne. Le christianisme s'étend. Lutèce est la capitale des Gaules. Les armées romaines se reposent en garnison dans la ville, accompagnées de leur César et de son épouse.
Mais des disparitions inquiétantes ne tardent pas à alerter les soldats. Des maïeutika, les femmes chargées de s'occuper des femmes enceintes et de leurs accouchements, disparaissent, tandis que leurs patientes agonisent dans d'affreuses souffrances, obnubilées par des cauchemars sur leur future maternité. Marcus Pius craint rapidement pour Hélène, la femme de leur César, enceinte elle aussi.

J'aime beaucoup l'antiquité romaine, et je me suis aperçu avec cette lecture que je ne connaissais que très mal le bas-empire. Ce roman a donc été parfait pour me remémorer mes souvenirs de fac quant à la romanisation de la Gaule !
N'avoir pas lu le premier opus qui met en scène le centurion Marcus Pius ne m'a absolument pas gênée dans ma découverte de ce roman, et, pour une fois, je suis d'accord avec la mention de l'éditeur qui précise que sa découverte peut se faire indépendamment de la première aventure de Marcus.
L'intrigue imaginée par Patrick Demory puise ses origines dans l'Histoire en s'inspirant d'éléments réels sur le Concile de Nicée, les avancées de la médecine et certains aspects de la vie du César Julien (que je me garderais bien de dévoiler ici !). A partir de cette trame historique, il a bâti ici une intrigue riche, captivante et très bien documentée.
Pour ma part, je me suis sentie complètement immergée dans cette période historique, et ce dès la première page. Les détails sur la vie quotidienne des Romains en Gaule et leurs relations avec les différents peuples de l'époque est vraiment très instructif et complète à merveille cette intrigue bien menée. La postface de l'auteur éclaire le lecteur sur la part fictionnelle de l'intrigue et permet de mieux cerner les éléments historiques.
Bref, une grande réussite que ce roman, qui évite l'écueil, bien fréquent, d'un contexte historique qui prend le pas sur une intrigue faible et décousue.
J'ai été conquise ! Et Jérôme aussi, aux dires de son billet...

Je tiens à remercier 53811911_p et 64606378_p pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

Une lecture que j'inscris bien entendu dans
le Défi Au coeur de la Rome antique !

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6 juin 2011

Petit meurtre et menthe à l'eau, Cécile Chartre

1249449330Cécile Chartre est bibliothécaire jeunesse à Pau. Petit meurtre et menthe à l'eau est son troisième roman paru aux Éditions du Rouergue.

Philibert, 13 ans, est tout sauf ravi de passer son mois d'août à la montagne avec son père et Magali, sa belle-mère. Rando et sac à dos ne passionnent pas le collégien. Ainsi, lorsqu'il voit au Shopi une annonce pour garder un chat pendant une semaine, il saute sur l'occasion. Non seulement il pourra avoir une semaine de tranquillité loin des randonnées familiales, mais en plus il se fera de l'argent de poche !

Cécile Chartre prend le pas, dans ce court roman, de donner la parole à un jeune adolescent en pleine crise. Philibert, le narrateur, a tout de l'ado insupportable que tout rebute, sans pour autant être antipathique. Sa psychologie, finement étudiée, n'est pas sans me rappeler son pendant féminin Adélaïde, chez Geneviève Brisac, dans Angleterre, découvert il y a peu.
Évitant l'écueil du parler djeunes, Cécile Chartre réussit à se glisser dans la peau de son héros et le rendre attachant. Alternant doutes et coups de gueule, Philibert est un ado de 13 ans bien campé !
Une lecture courte, à la douce saveur de la menthe à l'eau, qui se lit d'une traite, et se termine avec une jolie pirouette ! A conseiller dès 9-10 ans ! L'avis en demi-teinte de Manu.               

Je tiens à remercier Jérôme, Lire_pour_le_plaisir et les Éditions rouergue pour ce petit roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

23 avril 2011

Le Mandala de Sherlock Holmes, Jamyang Norbu

le_mandala_de_sherlock_holmesLe Mandala de Sherlock Holmes est un pastiche écrit par un holmésien confirmé d'origine tibétaine, Jamyang Norbu, qui me narguait depuis quelques temps... Quelle idée aussi, de mêler le célèbre détective à l'Inde, pays qui me fascine ?

Sherlock Holmes vient de disparaître dans les chutes de Reichenbach. Tous le croient mort... En réalité, c'est en Inde et au Tibet qu'il s'est réfugié, pour échapper à son ennemi le Professeur Moriarty. Grâce à Hurree Chunder Mookerjee, espion et savant bengali qui l'accompagne et met par écrit leurs aventures, l'intervalle de temps entre la mort présumée de Holmes dans les chutes et sa réapparition dans La maison vide est enfin dévoilé au grand public...

Conseillé par Fabrice Bourland à l'occasion du Festival Quais du polar à Lyon l'an dernier, ce roman m'a vraiment conquise !
Jamyang Norbu mêle habilement les genres et les auteurs, faisant ainsi se rencontrer Sherlock Holmes, imaginé par Conan Doyle, et Hurree Chunder Mookerjee, né sous la plume de Rudyard Kipling.
L'intrigue développée est intéressante, ne souffre d'aucun temps mort, et illustre à merveille la solide connaissance de l'auteur de l'oeuvre de Doyle. Si une pointe de fantastique éclôt dans cette nouvelle aventure de Sherlock Holmes, ce n'est, à mon sens,
que pour adhérer davantage à la culture et aux traditions tibétaines et les faire davantage connaître aux lecteurs. La rencontre avec le Dalaï-Lama participe de cette volonté, et le glossaire présent en fin de roman aide grandement à s'immerger dans cet univers.
Cette décision de faire voyager Holmes en Inde et au Tibet si elle peut sembler cocasse, est en fait encore une fois très fidèle à l'oeuvre de Doyle puisqu'elle s'inspire d'une citation de Holmes dans La Maison vide, citation qui laisse à croire que le célèbre détective a voyagé quelques temps dans ces deux pays.
Finalement, j'ai quasiment eu l'impression de lire un manuscrit de Doyle retrouvé et édite de façon posthume, tant Jamyang Norbu réussit la prouesse d'adopter le style de celui-ci et de recréer à merveille l'ambiance de ses romans. Une très bonne lecture que je conseille aux lecteurs invétérés des aventures de Sherlock Holmes !Vignette_LC

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J'ai lu Le Mandala de Sherlock Holmes dans le cadre d'une lecture commune avecHilde, avec qui j'organise le Challenge "L'Inde en fêtes" dans lequel j'inscris bien entendu cette lecture.

13 avril 2011

Murena T.3 La meilleure des mères, Dufaux, Delaby

murena_T3Quel plaisir de se plonger dans l'Antiquité romaine avec la série Murena... Je poursuis ma lecture avec ce troisième tome, La meilleure des mères.

La tension entre le jeune empereur Néron et sa mère est de plus en plus prégnante et, dans ce tome, manque d'éclater au grand jour. Tandis que Néron fait de l'empoisonneuse de sa mère sa prisonnière et devient son unique commanditaire, affirmant haut et fort son indépendance face à celle-ci, Agrippine, de rage, met tout en ordre pour faire assassiner légalement Domitia Lepida, la tante chérie par son fils. Les complots ourdissent à Rome, et rares sont ceux qui en sortiront indemnes...

Dévorée comme chacun des tomes, La meilleure des mères est encore une fois une BD brillante ! Sans temps mort dans l'intrigue, Dufaux et Delaby nous entraînent toujours plus loin dans leur connaissance de cette époque et la vulgarise avec brio. Les relations entre Néron et Agrippine, sa mère, s'enveniment au nom du pouvoir et de la puissance, et nous permettent d'appréhender les intrigues de cette époque et leur violence intrinsèque.59955902_p
Je ne saurais le répéter assez : Murena est LA bande dessinée à découvrir sur l'Antiquité romaine, qui conquit chaque lecteur,  qui est accessible et  qui permet ainsi de découvrir facilement cette époque fascinante s'il en est...

Et voici ma neuvième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

Et ma sixième participation 
au rendez-vous hebdomadaire de Mango  !

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3 mars 2011

India Dreams T.1 Les Chemins de Brume, Maryse et Jean-François Charles

india_dreams_tome_1_les_chemins_de_brume_7965111India Dreams est une série de BD composée de 6 tomes, publiée chez Casterman et présentée ainsi :

"Londres, décembre 1944. Emy déteste les Indes. 16 ans plus tôt, elle y a perdu ses parents. Et voilà que resurgit le passé. De façon fortuite, Emy prend connaissance du journal intime de sa mère, Amélia, jeune femme résignée, à peine sortie des principes de l’Angleterre Victorienne, et confrontée, au travers d’une Inde dite impudique, au réveil de sa propre sensualité. "India Dreams" nous permettra de connaître son incroyable destin."

Le premier tome de la série, Les Chemins de Brume, débute à Londres en 1944. Emy découvre le journal intime d'Amélia, sa mère. Celle-ci, jeune anglaise éduquée par les codes de l'Angleterre victorienne, s'embarque en 1930 pour Bombay avec sa fille, afin de rejoindre Thomas, son mari, capitaine dans l'armée des Indes au Radjasthan. Mais les retrouvailles entre les deux époux sont décevantes. Thomas semble avoir changé, et Amélia a bien du mal à s'accoutumer au climat et aux traditions indiennes.

Vignette_LCLe premier tome de cette BD était une lecture commune avec Hilde (vous trouverez son avis dans ce billet). Pour ma part, j'ai été absolument enchantée par cette lecture.
Non seulement les illustrations sont tout bonnement magnifiques (finesse
des traits et soin du détails), mais les couleurs utilisées sont très subtiles et participent de l'immersion dans cette région de l'Inde à la chaleur suffocante. L'alliance des deux offre beaucoup de sensualité à ce premier tome.planche_pg
L'intrigue développée est très bien ficelée et l'alternance d'époque (1930 et 1944) la dynamise. Ce premier tome fonctionne réellement comme le pilote d'une série en posant un cadre et des personnages tout en multipliant les ficelles de l'intrigue.
L'Inde n'est pas une toile de fond utilisée comme élément exotique : ses traditions et son Histoire font partie de l'intrigue et l'aspect colonial y est très bien décrit.

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Bref, une lecture qui m'a ravie et que je compte bien poursuivre avec la lecture des autres tomes.

J'inscris cette lecture comme première participation au Challenge "L'Inde en fêtes", à l'occasion de Shivaratri.
Découvrez les avis de Irrégulière, Yoshi et Nane sur ce premier tome.

7 avril 2011

L'Inde en fêtes #2 Mewar Festival d'Udaipur et Compartiment pour dames d'Anita Nair

logo_IndeHilde et moi vous proposons "L'Inde en fêtes"

Le principe ? Lire des livres sur l'Inde / de la littérature indienne tout au long de l'année, à l'occasion de 5 fêtes populaires sélectionnées (toutes les informations sont ici ou chez Hilde !)

Deuxième fête : Mewar Festival à Udaipur
(du 6 au 8 avril)

flickr_5011840324_hdUdaipur  est une ville d'Inde située dans l'état du Rajasthan, entourée de lacs et culminant à 577 m d'altitude. Chaque année, elle célèbre le Mewar Festival, qui est un festival dédié à l'arrivée du printemps, considéré en Inde comme la saison reine.
L'ouverture du festival est faite par une procession exclusivement féminine. Les femmes se parent de leurs plus beaux saris et sont considérées commes les reines du festival.
Des bateaux décorés défilent aussi, et donnent lieu à des chants et des festivités à leurs bords et sur les rives.
La ville organise de nombreuses animations culturelles à cette occasion, et une fête foraine prend place au coeur de la vieille ville, tandis que les processions défilent sur les quais du lac Pichola. Un spectaculaire feu d'artifice clôt les festivités au terme des trois jours.

Une vidéo du site Vision Rajasthan :

 

 

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A l'occasion de ce Festival, nous avions organisé une lecture commune du roman d'Anita Nair, Compartiment pour Dames.

Akhila a quarante-cinq ans. Sans mari ni enfants, elle vit avec sa soeur, son beau-frère et leurs enfants. Mais Akhila en a assez de cette vie. Un jour, elle décide de prendre un train pour l'extrémité Sud de l'Inde. Un voyage pour réfléchir à sa vie, faire un point sur sa situation.
Dans le compartiment du train, elle fait la connaissance de ses compagnes de couchette. Chacune lui raconte alors sa vie et son expérience pour la faire réfléchir à sa propre situation.

Cela faisait quelques années que ce roman me faisait de l'oeil avec sa couverture verte et son visage féminin. Et autant le dire tout de suite : j'ai vraiment adoré cette lecture. Anita Nair nous entraîne dans le quotidien des femmes en Inde. Les récits de chacune des voyageuses sont comme des nouvelles dans le roman et permettent d'aborder un éventail assez large des situations des femmes dans ce pays.
La plume d'Anita Nair possède une intensité poétique rare et donne une dimension toute particulière à ces récits très émouvants. Au coeur de cette nuit qui semble sans fin et de ce huis-clos dans ce compartiment pour dames, la solidarité entre ces femmes qui ne se connaissent pas éclot, chacune tentant d'apporter, par son expérience, un peu de chaleur et de réconfort aux autres.

Vignette_LCUn roman à lire pour découvrir la vie des femmes en Inde et la façon dont elles s'échappent d'un quotidien dicté par les traditions du pays.

Les avis de Nesto, Penelope, Sharon, Sabbio et Hilde qui participent au challenge et Ellcrys et Manu avec qui nous avions programmé cette lecture commune !

 "Des foetus ballotés à l'intérieur d'un utérus, chacun se nourrissant de la vie de l'autre, grâce à l'obscurité environnante et à l'assurance que ce qui était partagé entre ces cloisons n'irait pas au-delà de cette nuit et de ce huis-clos." (p.43)

"C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues." (p.222)

 

L'ensemble des billets publiés à cette occasion par les participants :

Mini_Taj Hilde

 Mini_TajNesto

Mini_Taj Penelope

 Mini_Taj L'Ogresse de Paris :

Mini_TajSabbio

 Mini_TajSharon

 Mini_Taj soukee

 

 

26 mars 2011

Doubles-jeux # 1 De l'obéissance (Livre I), Sophie Calle

calleVous savez sans doute à quel point j'aime le travail de Sophie Calle et j'admire cette femme. Je vous avais déjà présenté Prenez soin de vous, ou comment elle avait transformé une odieuse rupture  par mail en projet artistique, accompagnée par 107 femmes.

Aujourd'hui, j'ouvre un cycle de billets dédié à son projet intitulé Doubles-jeux.
Le principe ? Paul Auster, dans Leviathan, s'est inspiré de la vie de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria. Sophie Calle, séduite, a décidé de transformer cette inspiration en jeu artistique et de mêler, à son tour, réalité et fiction en jouant avec le roman de Paul Auster. Elle s'inspire ainsi de ce double littéraire et fictif imaginé par Paul Auster et décline ce jeu en sept livres, réunis dans un joli coffret carton, accompagnant une exposition au Centre National de la Photographie (en 1998, lors de la parution du coffret).

Aujourd'hui, je vous présente le premier livre, De l'obéissance, ou comment Sophie Calle a décidé de se prêter au jeu des manies du personnage de Maria. Paul Auster lui za imaginé deux rituels : des semaines où elle suit un régime chromatique, et des journées entières basées sur certaines lettres de l'alphabet.
Le résultat ? Le menu chromatique de Sophie Calle, et des textes qui commencent par la lettre B, C ou W.

J'ai dévoré ce premier livre comme il se doit hier soir, charmée par l'imagination incroyable de cette artiste étonnante. Perfectionniste dans ce projet, elle avait même proposé à Paul Auster de diriger sa vie pendant une année entière, obéissant à ce qu'il décidait pour elle. Ce dernier a refusé, ne souhaitant pas assumer la responsabilité des conséquences de cette année entre réalité et fiction.
coup_de_coeur_2011Pour moi, ce projet dans son entièreté m'a séduite de bout en bout. J'aime être surprise par des idées aussi loufoques que géniales. Bien entendu, c'est un gros coup de coeur pour moi, le troisième en 2011. Je ne peux que vous encourager très vivement à découvrir ce coffret et ces sept livres. Et je remercie comme il se doit celui qui m'a offert cette perle à l'occasion du premier anniversaire de mon blog...

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Coffret doubles-jeux, composé de 7 livres,
publié chez Actes Sud.

5 mars 2011

Le sexe à Rome, John R. Clarke

9782732431185FSQuels étaient les mœurs sexuelles des Romains à l'Antiquité ? Pourquoi affichaient-ils tant de représentations artistiques de rapports sexuels dans leurs demeures et quelles en étaient les significations ?
John R. Clarke, professeur d'histoire de l'art à l'université d'Austin, au Texas, s'est penché sur la question à travers les vestiges de cette époque. Si le sujet peut sembler déroutant, voire prêter à sourire, le documentaire qui en résulte est tout à fait passionnant.

Il nous propose, à partir de peintures (notamment de la Maison des Mystères à Pompéi), de sculptures, d'amulettes ou encore de poteries diverses, de tenter de comprendre la représentation de la sexualité des romains (de 100 av. J.C. à 250 apr. J.C.), et de nous affranchir de la vision judéo-chrétienne que nous en avons pour mieux en percevoir les codes, qui sont parfois surprenants.
Nous apprenons ainsi qu'une sexualité épanouie était une bénédiction divine, et que les romains ne s'attachaient pas aux différences entres hommes et femmes en matière de plaisir (les termes "homosexualité" ou "hétérosexualité" n'existaient pas). Chacun faisait comme bon il lui semblait, du moment qu'il s'agissait d'un individu de situation sociale inférieure. Car finalement, aucune égalité ne régnait dans ce domaine : les Romains bien-nés faisaient ce qu'ils voulaient avec leurs esclaves hommes ou femmes (considérés comme du mobilier de leur demeure) ou des individus plus jeunes, mais il était mal-vu d'avoir ce type de rapport entre citoyens d'une même classe sociale.

Plus étonnant encore, les représentations picturales sexuelles avaient des fonctions qu'on peine à imaginer aujourd'hui : prouver sa catégorie sociale (il était bien vu d'avoir des tableaux représentant des scènes sexuelles socialement acceptées dans sa domus), éloigner le mauvais oeil (notamment dans les thermes, lors du déshabillage, il fallait rire pour éloigner le mauvais oeil dû aux convoitises) ou encore faire rêver ceux qui fréquentaient les lupanars. Car, et c'est encore une chose qui peut étonner, les lupanars n'étaient absolument pas les maisons closes propres et luxueuses qu'on peut imaginer et qui sont souvent représentées dans les films. Les Romains riches avaient leurs propres esclaves pour accomplir leurs désirs, donc seuls les classes inférieures fréquentaient ces établissements, de fait peu onéreux pour les attirer. Lorsqu'un coït coûte le prix d'une coupe de vin, le lecteur d'aujourd'hui comprend mieux que les luxueux lupanars étaient en réalité d'obscurs bouges sans lit ni coussin...

Je m'arrêteLogo_1 là, car je pourrais vous en faire un exposé beaucoup plus long si je m'écoutais. En résumé : un livre étonnant, très documenté et qui nous pousse à mettre de côté notre façon de penser la sexualité aujourd'hui pour comprendre les moeurs de cette époque.
J'inscris c
ette lecture comme huitième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

 

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Villa des Mystères, Pompéi

7 mars 2011

Cendrillon, Alexandra Huard (d'après Charles Perrault)

id_5960cendrillon1J'aime beaucoup découvrir des albums de contes classiques. Qu'ils soient fidèles au texte originel ou s'en détournent, ce sont des lectures qui me ravissent à chaque fois.
La collection Tam Tam du Monde des Editions Tourbillon est parfaite pour ça puisqu'elle propose un catalogue d
e contes du monde entier, dans un petit format carré à couverture cartonnée.
Le Petit Poucet côtoie ainsi Kerwan et le dragon de l’océan ou encore Le dernier noël des trolls.

Pour ma part, j'ai été ravie de découvrir Cendrillon illustré par Alexandra Huard, une jeune illustratrice originaire d'Annecy primée pour son projet d'illustration à la carte à gratter au festvial d'illustration de Bologne en 2010.c_illustration2w

Ses illustrations aux tonalités sombres ont su moderniser ce conte de Perrault tout en se détachant sensiblement des illustrations courantes qu'il a occasionnées. J'ai été séduite par la précision de son trait tant dans son traitement des personnages que dans ses décors. Un album que j'ai adoré découvrir...

Je tiens à remercier une nouvelle fois Inès Adam et les Éditions siteon0_130x51, spécialisées en littérature de jeunesse, pour cette belle découverte !

Et pour en savoir plus sur cette jeune illustratrice de talent,
on file sur son blog !

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  Et voici ma huitième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

 

 

4 mars 2011

Marilyn dernières séances, Michel Schneider

9782070349289Sur Marilyn Monroe, beaucoup a été écrit, trop peut-être... Après avoir lu deux biographies la concernant, j'ai décidé de m'en tenir là sur les récits plus ou moins fantasmés concernant sa vie.

Pourquoi alors avoir succombé à Marilyn dernières séances ? Je ne sais pas. Peut-être parce que le parti de Michel Schneider n'était pas, comme bien d'autres, de comprendre le destin brisé de la star à travers son enfance, ses errements ou encore ses amants. 
Peut-être aussi parce qu'il n'affirme jamais entreprendre de comprendre celle qui fut tant médiatisée qu'elle se perdit en chemin. Il ne subsiste de la fascinante Marilyn que des souvenirs, des films, des mensonges aussi, et puis des réalités arrangées. Et Michel Shneider compose avec ces vides laissés au présent.
De ses derniers instants, il n'évoque que des bribes, décidant de laisser de côté la polémique sur cette nuit ultime où tout a basculé. Et finalement, c'est ce qui m'a plu.    
Loin des documentaires plus ou moins fiables qui promettent de révéler enfin ce qu'il advint de l'actrice adulée, Marilyn dernières séances se présente comme un ouvrage à part qui, s'il ne débute pas avec l'enfance de la jeune femme, n'échappe néanmoins pas à quelques rapides retours sur cette époque. Sa construction déconstruite chronologiquement évite, pour qui connaît un tant soit peu le parcours artistique et personnel de la belle, de lasser son lecteur. Michel Schneider alterne passé et présent, sans pour autant perdre son lecteur dans les méandres de cette vie chaotique.
Son propos ? Se pencher sur les relations qu'entretinrent Marilyn et son quatrième psychanalyste, Ralph Greenson, durant les deux dernières années de la vie de la mythique blonde. Sur leur relation destructrice, l'auteur ne porte pas de jugement, mais laisse parler les professionnels qui  connurent ce tandem improbable. Des deux, qui avait l'emprise sur l'autre ?  Qui détruisait l'autre ? Le mystère reste entier. Et finalement, des incertitudes qui demeurent sur la vie de Marylin, celle-ci semble être la plus fascinante.
Sans jamais sombrer dans une psychologie facile et hasardeuse, Michel Schneider offre ici un ouvrage étonnant autant qu'agréable. Un livre au rythme rapide, sans temps mort, au style soigné et imagé, qui a su capter mon intérêt malgré deux ouvrages déjà lus sur le sujet.

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J'inscris cette lecture comme troisième participation au Challenge Marilyn Monroe de George.L'avis deDaniel Fattore.

"REWIND. Remettre la bande à zéro. Recommencer toute l'histoire. Repasser la dernière séance de Marilyn. C'est toujours par la fin que les choses commencent." (p.15)

"Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle." (p.15)

"Elle était devenue mon enfant, ma douleur, ma soeur, ma déraison." (p.24)

"Je suis son analyste, je veux incarner une image paternelle positive, un père qui ne la décevrait pas, qui éveillerait sa conscience ou lui prodiguerait, à tout le moins, de la bonté." (p.290)

"La détresse était le seul moyen pour elle de s'assurer de la présence de l'autre et elle était devenue une entité cauchemardesque qui en dépit de tout amour, de toute fragilité ou splendeur, le détruisait inexorablement. Et s'il n'avait pas envie d'être détruit ?" (p.388)

                          photo_151937_2570323_201004062832363    marilyn_monroe_les_hommes_preferent_les_blondes

8 février 2011

La cote 400, Sophie Divry

9782923682136FSUn titre pareil, vu mon métier, ne peut que me faire sourire... Et finalement, il n'y a pas qu'avec le titre que j'ai souri...

La cote 400 est un court roman d'une soixantaine de pages très étonnant. La narratrice, une bibliothécaire d'une cinquantaine d'années, se lance un matin dans un monologue sur son métier et plus généralement sur la littérature et la vie, en passant par ses névroses et frustrations personnelles, alors qu'un visiteur s'est fait enfermer dans la bibliothèque la nuit. Ce monologue constitue l'intégralité du roman. Le malheureux visiteur à qui il est destiné ne sera, tout au long du roman, qu'un "vous" impersonnel et ectoplasmique dans la bouche de cette narratrice très loquace.

 

Premier roman de Sophie Divry, La cote 400 est une petite merveille furieusement drôle ! Je l'ai lu d'une traite, séduite tant par le sujet qui m'est proche que par le style incisif et mordant à souhait de cette jeune auteure.
L'originalité même de la forme de ce roman - un monologue sans transition ni hésitation aucune - m'a donné l'impression d'être en apnée tout au long de ma lecture, subissant moi aussi la logorrhée de ce personnage esseulé.
Ses réflexions sur la célèbre classification Dewey, la hiérarchie des sciences au sein même de la bibliothèque et plus généralement de la société, la solitude qui la pèse, perdue au sous-sol de géographie où rares sont les lecteurs qui s'y aventurent, l'absurdité de la côte 400, initialement destinée aux langues, mais délaissée dans la structure dans laquelle elle travaille, etc. m'ont fait rire autant qu'elles m'ont fait réfléchir.
Bref, une grande bouffée d'air frais avec cette profusion de réflexions, un humour féroce, un personnage unique et désabusé qui occupe tout l'espace et monopolise la conversation... Merci Sophie Divry pour ce roman qui ne cesse de m'étonner par sa richesse !

Petit florilège de certains passages qui m'ont particulièrement plu...

"Être bibliothécaire n'a rien de valorisant, je vous le dis : c'est proche de la condition d'ouvrier. Moi, je suis une taylorisée de la culture." (p.12)

"Savoir se repérer dans une bibliothèque, c'est dominer l'ensemble de la culture, donc le monde."
(p.15)


"Quand je lis, je ne suis plus seule, je discute avec le livre. Cela peut être très intime. Vous connaissez ça, peut-être. Ce sentiment d'échanger mentalement avec l'auteur, de pouvoir suivre son chemin, d'être accompagnée des semaines entières par lui."
(p.20)

"De toute façon, les livres, c'est comme les carrosses, ça sert surtout à frimer. La vraie culture, chez les riches, ça ne vient jamais qu'après, en contrebande, et c'est toujours mal vu." (p.24)

Un grand merci à   logo2 et aux Éditions Les Allusifs pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

La cote 400 par Sophie Divry

 

La cote 400

La cote 400

Sophie Divry

Critiques et infos sur Babelio.com

3 février 2011

La mécanique du coeur, Mathias Malzieu

9782081208162FSLa mécanique du coeur est le second roman de l'écrivain et musicien Mathias Malzieu, chanteur du groupe de rock Dionysos, et a été à l'origine d'un projet plus vaste regroupant un CD et des films d'animation en guise de clips.
J'en avais beaucoup entendu parler à sa sortie en 2007, mais il a fallu attendre qu'une lycéenne se plante devant moi en me demandant de le lire pour que je le fasse passer en priorité dans mes lectures...

Édimbourg, 1874. Par la nuit la plus froide de l'hiver, naquit le petit Jack. Sa jeune mère disparaît dans le froid tandis que Madeleine, la sage-femme qui l'a mis au monde, répare son cœur gelé. Pour permettre au petit Jack de vivre, elle lui greffe une horloge à la place du cœur.
Le petit Jack grandit, et cette bizarrerie anatomique l'empêche de se faire adopter par des parents aimants. Le jeune garçon reste avec Madeleine. Jusqu'au jour où il rencontre une petite chanteuse qui chamboule son fragile équilibre et met en péril sa santé : la mécanique de son cœur ne lui permet aucune émotion forte. L'amour lui est interdit !
Mais le jour où la petite chanteuse disparaît sur les routes pour rejoindre son Espagne natale, Jack n'écoute plus son cœur et se lance seul dans un périple amoureux...

Quel joli conte ! J'ai lu d'une traite ce court roman, me laissant entraîner dans cette histoire merveilleuse aux allures de Tim Burton.
Mathias Malzieu écrit très bien (ça, je m'en doutais vus les textes de Dionysos...) et fait preuve d'une étonnante imagination avec ce roman.
Le récit alterne entre fiction et réalité (le petit Jack croise sur son chemin le terrifiant Jack l'Éventreur et Méliès), porté par une ambiance au charme suranné.
L'histoire d'amour entre les deux personnages, Jack et la petite chanteuse, semble être frappée par le sceau de la fatalité... Je n'en dirai pas plus, promis ! Si ce n'est que je vous encourage vivement à le lire...

Edit du 10 février 2014 : en bonus, la bande-annonce 

de Jack et la mécanique du coeur, réalisé par Stéphane Berla et Mathias Malzieu,

sorti le 5 février.

 

 

8 décembre 2010

Lettres du Père Noël, J.R.R. Tolkien

NoelQuand j'ai su que Pocket éditait les lettres que Tolkien a écrites à chaque Noël à ses enfants, durant 23 ans, en se faisant passer pour le Père Noël, et que quinze de ces trente lettres étaient inédites en français, il a été impossible de me raisonner et de résister...

Je me suis absolument régalée à découvrir ce petit livre vraiment magnifique ! Illustré par les dessins de Tolkien et les fac-similés de ses lettres (avec les différentes écritures qu'il a inventées pour ses personnages), chaque page est une découverte réjouissante.
De la simple lettre écrite par le Père Noël en réponse à celles de ses enfants, en 1920 Tolkien brode au fil des ans ses histoires en introduisant des personnages aux côtés du Père Noël : l'Ours Polaire, son adjoint gaffeur, Ilbereth, son elfe secrétaire, les gobelins... Les aventures du Père Noël sont périlleuses et livrer les cadeaux aux enfants malgré les bêtises de l'Ours Polaire et le conflit mondial qui gronde, s'avère parfois difficile.

Onirique à souhait, magique et incroyablement talentueux, ce recueil a fait naître deux sentiments en moi : il a tout d'abord accru mon admiration pour ce linguiste et écrivain hors pair (qui a inventé un alphabet des gobelins pour l'occasion) mais il m'a aussi donné envie de récupérer cette idée s'il y a un jour des enfants dans mon entourage proche (pour la souffler à leurs parents ou m'en occuper moi-même !)

Pour rés
coeurumer, je serai brève : A lire ! A lire !  A lire !   A lire ! ... 
Bien entendu, j'accorde à ce recueil le titre amplement mérité de quatorzième coup de cœur de cette belle année 2010...

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Conquis ?


27 janvier 2011

L'énigme de Catilina, Steven Saylor

9782264028457FSJe vous avais annoncé ici que je me relançais dans la relecture de l'intégralité de la série "Les Mystères de Rome" de Steven Saylor. Je poursuis donc valeureusement cette redécouverte - je dis valeureusement car mes lectures professionnelles ont très légèrement envahi mon quotidien ces derniers temps... - avec le troisième polar historique de la série, L'énigme de Catilina.

Dix années se sont écoulées depuis la précédente enquête de Gordien. Ce dernier a quitté Rome avec sa femme Bethesda et son fils adoptif, Meto, pour s'installer en Etrurie, dans une ferme léguée par un de ses amis.
Loin du tumulte politique de Rome, Gordien occupe ses journées aux travaux des champs et à la construction d'un moulin à eau. Mais l'accession au pouvoir de son ancien ami Cicéron n'est pas sans heurt. Celui-ci, devenu consul, demande à Gordien d'espionner le sénateur Catilina, prétendument corrompu. Bien malgré lui, Gordien se retrouve donc au milieu d'une intrigue politique qui lui échappe complètement.

Si j'ai été moins charmée par ce roman que par les précédents, c'est que l'intrigue a perdu de son panache en se passant loin de la ville. Le fougueux Gordien est devenu plus pragmatique et veille à protéger sa famille des intrigues qui se trament à Rome. Et c'est ce qui est dommage ! Au lieu de voir les journées de notre enquêteur au repos à la campagne, j'aurais préféré être au cœur du tumulte romain de cette période !
Steven Saylor prend le parti de présenter ce point obscure de l'Histoire romaine (Catilina est et restera un personnage très controversé de l'Histoire) par l'intermédiaire d'un regard extérieur, celui de Gordien, qui reçoit des bribes d'information par ses contacts restés à Rome.
Néanmoins, j'ai encore une fois passé un très bon moment avec ce roman malgré une intrigue un peu moins dynamique que les précédentes. Steven Saylor alterne fiction et réalité historique avec brio, entraînant son lecteur dans une histoire finalement très subjective. Catilina y apparaît en victime d'un complot ourdi par Cicér
Logo_1on et ses sbires et qui donnera lieu aux célèbres Catilinaires... Catilina restera finalement bien une énigme...
Au final, une approche intéressante de cet événement et un roman agréable à lire !

 Et voici ma cinquième participation au Défi "Au coeur de la Rome antique".


29 novembre 2010

Clara Militch, Ivan Tourguéniev

claraVoici une nouvelle qui m'a attiré l'œil par sa couverture très accrocheuse (c'est  pourtant rare que je succombe à cet argument !) et qui m'a permis de découvrir Tourguéniev. Parfait !

Jacques Atarov, un jeune homme de vingt-cinq ans timide et peu sociable, rencontre un soir dans une soirée mondaine une jeune actrice du nom de Clara Militch. Lorsque celle-ci tente de lui parler en tête-à-tête, le jeune homme maladroit la repousse.
Malgré sa culpabilité, il oublie peu à peu la jeune femme, jusqu'au jour où il apprend le suicide de Clara, que certains mettent sur le compte d'un chagrin amoureux. Le jeune
homme, fou de douleur,  va alors tenter de comprendre cette femme et les raisons qui l'ont poussée à se donner la mort.

Courte nouvelle très agréable à lire, Clara Militch est l'histoire d'un amour impossible par-delà la mort. Tourguéniev entraîne son lecteur dans cette intrigue à la fois simple et bien menée. Les personnages ont la naïveté et la fraîcheur de la jeunesse qui rend leur histoire à la fois tragique et empathique.
Une très bonne lecture, encore une fois avec cette collection, qui me permet de découvrir un auteur que je n'avais jamais lu et ajouter certains de ces livres à mes lectures futures !

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Une lecture de plus pour le Challenge 2 euros de Cynthia et pour le Défi "Une année en Russie" de Pimpi.

16 décembre 2010

Quand ma boîte aux lettres me ravit...

Ce soir, en rentrant du boulot,
j'ai découvert un petit colis non identifié dans ma boîte aux lettres...

Ce n'est autre que Hilde,

qui co-organise avec moi le Challenge Bienvenue en Inde,
qui m'a envoyé de jolis marque-pages et une lecture tout à fait à propos :
Au pied du sapin, un recueil de contes sur le thème de Noël.
Le tout accompagné de deux jolies cartes...

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Un grand merci Hilde, tu as embelli ma soirée !
Merci pour ces jolies attentions et cette lecture, c'est adorable.

C'est l'occasion pour annoncer officiellement que nous avons
décidé de reconduire une deuxième édition
de notre challenge indien
que nous co-organiserons ensemble cette année encore.

Nouveau nom, nouveau logo et nouvelles idées
dès le mois de janvier !

15 décembre 2010

La Tour noire, Louis Bayard

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Présenté comme " le meilleur thriller de l'année " par le Washington Post et encensé par la critique Outre-Atlantique, La Tour noire est le second roman du journaliste américain Louis Bayard publié en France.

Paris, 1818. Hector Carpentier, étudiant en médecine, est accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais vu. Dans la poche de la victime, le nom et l'adresse du jeune étudiant sont inscrits sur un papier. Appréhendé par le célèbre Vidocq, le jeune homme est embarqué  à son insu dans une intrigue politique haletante. Alors que le contexte politique et social du pays est trouble, certains semblent douter du décès du Dauphin, Louis XVIII, à la prison du Temple...

Cette lecture m'a déroutée dès les premières pages par son style. A mi-chemin entre le témoignage et la confession, le début du roman m'a vraiment surprise. Le narrateur - Hector Carpentier - s'adresse directement au lecteur, procédé que je déteste, tant il empêche de s'immerger complètement dans l'intrigue. Le héros raconte donc son histoire à un "vous" qui n'est autre que le lecteur. Le roman alterne entre cette confession du héros et un autre narrateur (dont on apprend au fil de la lecture l'identité) qui relate les conditions d'un détenu dans une prison.

Passé cette première impression peu encourageante, j'ai été agréablement surprise par cette lecture. Car malgré cet effet de style qui m'a dérangée, je suis néanmoins rentrée dans ce roman tant l'auteur déploie de connaissances intéressantes sur cette période. A partir d'un point trouble de l'Histoire - la mort présumée du jeune Dauphin dans sa geôle sans que l'on ait retrouvé sa dépouille - Louis Bayard brode une fiction haletante au rythme trépidant. L'intrigue est bien construite, les personnages  sont certes peu esquissés mais sans être caricaturaux (notamment Vidocq) et le rythme rapide. Malgré une fin un peu rocambolesque et qui aurait mérité, peut-être, un développement plus important, j'ai passé un bon moment avec ce roman.

Je remercie 53811911_p et Les Éditions Le Cherche-midi pour cette lecture reçue dans le cadre d'un partenariat

22 octobre 2010

Le Vampire du Sussex, Arthur Conan Doyle

 Il y a quelques temps, j'ai acheté toute la collection des enquêtes sherlockde Sherlock Holmes pour palier mes lacunes concernant ce célèbre détective. Afin de poursuivre ma participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou, j'ai estimé logique de faire remonter ce recueil de nouvelles en haut de ma liste de priorités de lectures.

Six nouvelles le  composent. Dans Le Vampire du Sussex (qui donne son nom au recueil), Sherlock Holmes est amené à enquêter sur une étrange affaire : une mère  se nourrit du sang de son nouveau-né, tel un vampire. Son époux, affolé, fait appel au célèbre détective pour résoudre cette affaire. Dans Le client célèbre, il s'agit pour Sherlock Holmes d'empêcher une jeune femme de se marier avec un individu peu recommandable au passé douteux. La nouvelle L'aventure du soldat blanchi, racontée exceptionnellement par Sherlock Holmes et non le Dr Watson, relate le cas d'un jeune soldat qui a disparu après la guerre et dont personne, pas même son meilleur ami, ne peut avoir de nouvelles... La Pierre de Mazarin entraîne le détective et son acolyte sur la trace d'un joyau manquant à la couronne d'Angleterre. Dans Les Trois Pignons, un mystérieux cambriolage met Sherlock Holmes sur la trace d'une dangereuse maîtresse. Enfin, L'aventure des trois Garrideb permet au détective londonien de déjouer une tentative d'escroquerie.

Encore une fois, un recueil de nouvelles d'une lecture très agréable qui permet de s'immerger dans l'univers holmesien cher à beaucoup de lecteurs. Les aventures de Sherlock Holmes et de son célèbre acolyte et secrétaire sont toujours aussi amusantes à lire, même si elles comportent un petit bémol selon moi : Conan Doyle ne permet pas au lecteur de jouer dans la même cour que son enquêteur en ne délivrant qu'au compte-goutte les indices de l'enquête. Ainsi, contrairement à Agatha Christie, le lecteur est davantage spectateur des aventures de Sherlock Holmes qu'acteur à ses côtés. Le fait que Watson, comparse et admirateur du détective, relate les affaires de ce dernier offre une vision subjective et a posteriori des événements qui encourage cette mise à l'écart des indices. C'est bien dommage !

J'inscris ce recueil 
comme ma sixième participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

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11 octobre 2010

La série Draculivre, Eric Sanvoisin et illustré par Olivier Latyk

J'ai découvert la série Draculivre grâce à ma chère Tinusia,
qui m'avait offert, lors du SwapÔcontes organisé par Emmyne, Le Petit buveur d'encre rouge,
un bel album inspiré du célèbre conte.
Charmée par cette histoire de vampires des livres,
j'ai depuis acheté et dévoré tous les autres tomes de la série !
Voici donc deux billets en un : La petite buveuse de couleurs et
Le buveur de fautes d'orthographe !

9782092525470FSCarmilla, la petite buveuse d'encre, est malade. Elle ne peut plus avaler une seule goutte d'encre et devient chaque jour plus faible. Très inquiet, Odilon, le petit buveur d'encre, met tout en œuvre pour l'aider.Et si un livre avait rendu malade sa bien-aimée ?

Toujours aussi attachant, cet album est encore une belle réussite ! Une intrigue originale, des illustrations oniriques (N.B. OlivierLatyk ayant remplacé Martin Matje pour illustrer cette série) et toujours beaucoup d'humour. Bref, encore un tome qui m'a charmée et transportée dans la cité des buveurs d'encre ! 

9782092521267FSOdilon est inquiet : son oncle Draculivre ne supporte pas trouver une faute d'orthographe dans un livre, au point qu'il confisque immédiatement ledit livre dès qu'il le sait. Pourtant, les fautes d'orthographe ont un goût bien particulier qu'Odilon adore. Seraient-elles dangereuses pour la santé ou est-ce Draculivre qui est malade ?

Belle ode à l'orthographe, ce petit album permet d'aborder cette question tout en douceur avec les lecteurs enfants, sans pour autant sombrer dans la démagogie ni une moralisation trop prégnante.
Une grande imagination, comme toujours, au service d'une intrigue simple tout en étant originale. Un petit bonheur de lecture, comme à chaque fois !
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Et voici ma deuxième participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

Un petit tour sur le blog d'Eric Sanvoisin pour en savoir plus sur cette série ?

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7 septembre 2010

Le thé des nuages, Mal Peet et Elspeth Graham

couv_29_307x370Touchée par l'illustration de la couverture de cet album, et comme il s'agissait d'un conte indien,  j'ai vraiment eu  envie de le découvrir...

Magnifique conte, Le thé des nuages s'inspire de nombreuses fables indiennes sur les cueilleurs de thé. Il relate l'histoire d'une enfant qui, s'étant fait accepter par des singes, se voit recevoir de leur part un panier entier de feuilles de thé très rares qui donne une boisson exquise : le thé des nuages...
Porté par des illustrations au graphisme très réaliste, cet album est un plaisir de lecture.

J'ai souvent eu l'impression de regarder un tableau quand je détaillais les illustrations aux couleurs douces de Juan Wijngaard.
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Ode à l'onirisme et aux traditions populaires, cet album permet d'ouvrir une fenêtre d'évasion très appréciable sur l'Inde et la boisson la plus bue au monde... Amateurs de thé, voici un album pour vous !
Je pense que je ne regarderais plus ma tasse de thé de la même façon maintenant, oscillant entre la condition des cueilleurs de thé et les fables qui leur sont associées...

Je tiens à remercier une nouvelle fois Inès Adam et les Éditions siteon0_130x51, spécialisées en littérature de jeunesse, pour cette belle découverte !

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J'inscris bien entendu cette lecture dans notre Challenge Bienvenue en Inde !Que de trouvailles durant ce challenge... Et comme sixième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle.

 


27 octobre 2010

Entremonde, Hiromi Goto

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Il y a quelques mois, j'ai eu la chance de gagner ce roman pour la jeunesse à un concours surlivraddict, en partenariat avec les  Éditions baam. Malgré mon récent déménagement, je l'avais mis dans mes cartons, bien décidée à me plonger dans ce cet Entremonde,dont la première de couverture  me rappelait les films de Miyazaki.

Mélanie a quatorze ans. A cause de son surpoids, elle est la risée de ses camarades. Élevée seule par sa mère, elle survit dans une misère précaire que tous ignorent. Un jour, alors qu'elle rentre de l'école, sa mère a disparu sans laisser de trace. Inquiète, Mélanie l'attend, en vain, jusqu'à la nuit. Réveillée par un coup de téléphone, elle apprend que sa mère a été enlevée par un certain M. Gluant. Ce dernier lui donne rendez-vous dans un tunnel d'autoroute. Bien décidée à sauver sa mère, Mélanie se voit propulsée dans l'Entremonde, un univers entre le Monde de la Chair et celui des Esprits où les âmes, une fois leur vie terminée, expient leurs pêchés...

Quelle imagination ! Hiromi Goto nous entraîne dans ce conte merveilleux avec aisance. En 300 pages, elle esquisse les contours d'un univers qui alterne entre onirisme et monstruosité. Cette course folle de Mélanie n'est pas sans rappeler celle d'Alice au Pays des Merveilles, toutes deux pénétrant dans un univers parallèle par un tunnel (vertical pour Alice, horizontal pour Mélanie) et rencontrant dans leur périple des personnages aussi étranges qu'absurdes. Les animaux anthropomorphes et les créatures hybrides foisonnent dans ce conte, le dotant parfois d'un caractère inquiétant. L'univers de Miyazaki n'est pas loin non plus, entre le personnage de la vieille dame qui aide Mélanie et les créatures bizarres à la physionomie changeante que l'héroïne croise.

Je me suis laissée happer par cette plongée dans l'Entremonde, charmée par l'imagination d'Hiromi Goto et suspendue au fil de son intrigue. Un excellent roman pour la jeunesse qui mérite de ne pas passer inaperçu longtemps !

Un grand merci àlivraddict et aux Éditions  baam pour ce concours et cette jolie lecture !

26 juin 2010

Swap surprise sur l'Asie...

P1000427Quelle surprise de recevoir ce matin un énorme colis de la part de la Poste ??!! Je n'ai pas de swap en cours, je n'ai rien commandé de spécial...

Qu'est ce que ça peut bien être ???

Bon, en voyant l'expéditeur sur le bon de livraison, j'ai quand même compris assez vite qu'il s'agissait de ma super sœur, qui, inspirée par les swaps que j'ai fait il y a quelques temps, a décidé de me swaper sans me prévenir et sans occasion particulière !!! Oui, je sais, une sœur comme ça, il faut en prendre soin...  ;)

J'ai donc commencé mon déballage, très curieuse et très touchée de cette attention... J'ai tout de suite compris que sœurette, ayant perçu mon léger engouement pour l'Asie, en avait fait le thème de son swap... Merci, merci et encore merci !!!

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J'ai été très gâtée !!!

vitenamJ'ai reçu plein de nouvelles lectures très alléchantes, sur l'Asie en général et  le Vietnam en particulier :

Des albums :

*Devinettes et caramboles, un poème vietnamien illustré par Vanessa Hié (qui m'avait conquise avec La fabuleuse cuisine de la route des épices, déjà acheté par ma sœur... Merci sœurette !!)

*Pourquoi les grenouilles annoncent-elles la pluie ? de Geneviève Laurencin et illustré par Clothilde Perrin.

*Mon carnet vietnamien de Marie Sellier et illustré par Cécile Gambini (dont j'adore les illustrations !)

*Khanh, Dung et Nghiep vivent au Vietnam d'Alexandre Messager et illustré par Sophie Duffet, un documentaire sur trois enfants qui vivent dans ce fabuleux pays.

Des romans :

*La Montagne volante de Christoph Ransmayr, une petite merveille d'après la libraire lyonnaise qui a conseillé ma sœur...

*L'équilibre du monde de Rohinton Mistry, un roman fleuve sur l'Inde contemporaine (parfait pour notre challenge indien !!)

*Itinéraire d'enfance de Duong Thu Huong, une auteure que j'avais envie de découvrir depuis quelques temps...

En un mot, PARFAIT !

 Et pour accompagner tout ça, de quoi se sustenter :nourriture

*Des noddles japonaises natures
*Des noodles japonaises au thé !!!! Super, je vais essayer ça ce week-end !
*Des sucreries à  la cacahuète
*Des nougats au sésame (hmmm....)

Et pour terminer, le clou de ce swap, un superbe sac à bento* fait main par Clém ! Bon, je lui avais innocemment envoyé un patron il y a quelques mois pour qu'elle me dise, elle, spécialiste ès couture, si c'était compliqué à faire (surtout pour moi qui ne sais pas tenir une aiguille...) Et en bonne cachotière, elle me l'a fait dans un superbe tissu violet et rose, avec deux grosses perles cuivrées pour serrer le tout... Je crois que je ne vais pas mettre mon bento dedans, j'ai trop peur de le tâcher !!

(*pour ceux qui l'ignorent, un bento est une boîte repas japonaise, composée la plupart du temps de plusieurs étages et qui permet d'emmener son déjeuner partout ! )

En un mot, merci mille fois sœurette, tu m'as ravie au plus haut point avec ce swap imprévu et absolument génial... Je crois que je te suis redevable à jamais...
Je trouverai bien une façon de te rendre la pareille !  :)

12 octobre 2010

Le Projet Bleiberg, David S. Khara

couv_4Il ne m'aura fallu qu'une après-midi pour dévorer le nouveau roman de David S. Khara (qui nous avait alléchés lors de ma petite interview du 10 septembre...), le tant attendu Projet Bleiberg. Et le résultat dépasse de loin ce que j'imaginais !

Jeremy Novacek est un jeune trader New Yorkais alcoolique et dépressif. Un matin, après un ultime réveil rendu difficile par l'alcool, il reçoit la visite de deux émissaires de l'armée venus lui annoncer le décès de son père, ancien pilote de l'US Air Force dont il n'a plus eu de nouvelles depuis sa plus tendre enfance. Parti annoncer cette triste nouvelle à sa mère dans la maison de santé où elle perd peu à peu l'esprit, le jeune homme se retrouve en possession d'une étrange clé marquée d'une croix gammée.
Entre passé et présent, Histoire et actualité, Jeremy va tenter de comprendre pourquoi son père a mystérieusement disparu quand il était jeune et ce qu'il avait découvert lors de la Seconde Guerre mondiale, qui pourrait menacer l'Humanité actuelle.

Bien loin de son premier roman, Les Vestiges de l'Aube, qui traitait de vampires, David S. Khara nous entraîne avec ce nouveau roman dans une histoire palpitante servie par un rythme trépidant. Aucun temps mort dans l'action, les événements s'enchaînent à une vitesse vertigineuse, ne laissant au lecteur que peu de temps pour les assimiler. La psychologie de ses personnages est fine et vraisemblable et permet une identification certaine.
Encore une fois, David S. Khara fonde son intrigue sur une réalité historique qu'il teinte brillamment de fiction (c'est même précisé en préambule, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller vérifier au cours de ma lecture si certains personnages étaient fictifs ou non...) A partir de cette période noire de l'Histoire, la Seconde Guerre mondiale, il brode une fiction à la fois effrayante et pourtant réaliste, à la lumière de la folie humaine. Je ne serai pas plus prolixe pour ne pas dévoiler la clé de cette intrigue.

Bref, une excellente lecture qui m'a plongée au cœur des services secrets et des machinations  pol
iSans_titre_2tiques et idéologiques, le tout teinté d'humour ! Quoi de plus mérité que le titre de treizième coup de cœur de cette belle année 2010 ?
Merci David S. Khara pour ce roman (au sens propre comme au figuré...),  merci de m'avoir permis de le découvrir au plus vite. Continue de nous faire rêver avec ta plume si fine et tes intrigues toujours bien menées.

"Dans cet univers absurde, l'ignorance protégeait le sommeil et prolongeait l'espérance de vie." (p.11)

"Prenons un shaker. Versons-y une pointe d'Air Force, une lampée de CIA, deux doigts de Suisse et un zeste de Nazi. On obtient un cocktail que je suis curieux de goûter." (p.43-44)


Pour la plaisir, je vous remets la bande-annonce de ce roman :

                           


21 juin 2010

Intrigue à l'anglaise, Adrien Goetz

54260756_p Voici un des premiers titres que j'ai relevé en furetant sur les blogs et qui m'avait attirée, il y a de cela quelques mois. Étant tombée dessus complètement par hasard en librairie (je vous jure, un pur hasard...), je n'ai pu que succomber, bien entendu. La vie est bien faite parfois, non ?

Tout juste diplômée, Pénélope, conservatrice de musée, est nommée dans la jolie ville de Bayeux, mondialement connue pour sa tapisserie. La petite ville s'annonce étriquée pour la jeune parisienne. Mais ce serait sans compter l'agression de la directrice du musée. Choquée, Pénélope doit prendre en charge ce dernier et se rend à une vente aux enchères, où elle se fait dérober ce qu'elle vient d'acquérir : des fragments de tapisserie. L'histoire devient sérieuse. La jeune conservatrice décide de mener l'enquête : et si ces deux faits étaient liés ? Et si la célèbre tapisserie que tout le monde admire était incomplète et que sa fin devait mettre à mal la monarchie anglaise actuelle ?

J'ai passé un excellent moment de lecture (en ce moment, je n'arrête pas !) La spécificité de ce roman policier - tant est qu'il soit possible de le classer en roman policier - réside dans le fait qu'aucun enquêteur ne mène l'enquête. Celle-ci est prise en charge par une jeune héroïne qui n'a rien à voir avec la police et qui enquête à son compte pour y voir plus clair. Sa psychologie est fournie sans pour autant centrer le roman sur son personnage. Car la véritable héroïne de ce roman, c'est cette fameuse tapisserie de Bayeux (qui est en réalité une broderie ). On l'imagine, à travers les descriptions, on tente de comprendre l'histoire de sa création, la technique utilisée même. Bref, on se passionne ! Et c'est là la réussite d'Adrien Goetz ! 
Les détails historiques sont très nombreux, tout comme les précisions artistiques  (on n'en attendait pas moins d'Adrien Goetz, professeur d'histoire de l'art à la Sorbonne)
Cette lecture m'a rappelé La Dame à la Licorne, de Tracy Chevalier, qui m'avait entraînée au Moyen Âge dans la réalisation de la célèbre tapisserie du même nom.

L'avis d'Heclea sur ce roman.

Enfin, pour voir la tapisserie de Bayeux dans son intégralité, à partir de photos, c'est par ici

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