Voilà un roman à la première de couverture vraiment magnifique (et pourtant, je ne m'attache pas à l'aspect des livres en général...)
Inde, 1631. L'impératrice Mumtaz Mahal vient de mourir en couche, laissant son mari, l'empereur Chah Jahan, régner seul, entouré de ses sept enfants. Fou de douleur, celui-ci décide de construire un mausolée à la mémoire de celle qui a partagé sa vie, un mausolée en marbre blanc, un mausolée de lumière... Le futur Taj Mahal. Accablé de chagrin, l'empereur décide de se retirer du pouvoir, laissant à l'un de ses fils le soin de gouverner, et gardant auprès de lui, ses deux filles en âge de se marier. Entre les frères, les animosités font rage pour accéder au trône, tandis que Jahanara et Roshanara, les deux sœurs, mènent une lutte silencieuse pour conquérir le même homme.
J'attendais beaucoup de cette lecture, adorant l'Inde et la littérature qui lui est consacrée. Et je dois dire que je n'ai pas vraiment été emballée. Sous couvert d'une fresque historique pourtant très documentée, Indu Sundaresan ne parvient pas à donner à son roman une dimension individuelle. Les personnages sont certes bien esquissés mais le roman file sans qu'elle nous donne réellement à voir leur quotidien ou leur intériorité. Les années s'égrainent au fil des chapitres, s'intéressant en premier lieu à la construction du fameux mausolée, et donnant à voir très rapidement l'évolution des personnages. Très centré finalement sur les événements historiques, ce roman se compose d'une part fictionnelle vraiment minime. Au cours de ma lecture, j'ai eu uniquement l'impression de lire un roman historique se penchant sur cette période qu'une fiction se fondant sur un pan du passé et brodant sur les événements personnels autour, comme le laisse sous-entendre le résumé de la quatrième. Au final, peu de détails sur l'Inde, ses coutumes ou encore ses mœurs et les personnages et leurs histoires individuelles...
J'ai néanmoins passé un bon moment de lecture, connaissant peu le contexte socio-historique de la construction du Taj Mahal, mais je dois avouer que ce roman ne m'a pas vraiment captivée...
Le 17 février dernier , Hilde
et moi lancions notre Challenge Bienvenue en Inde.
Le principe ? Lire
au moins 1 livre sur l'Inde / de littérature indienneen 2010.
Après plus d'un mois, voici un petit récapitulatif.
45 inscrits pour ce voyage, 15 billets écrits depuis le début par les vaillants blogolecteurs, et surtout, plein d'idées lectures nées de notre remue-méninge collectif !!
Voici donc les billets publiés depuis le début de cette aventure :
Je viens de terminer La colère des aubergines, un recueil de nouvelles ayant pour thème la cuisine indienne écrit par Bulbul Sharma. Souvent empreintes de souvenirs, ces nouvelles nous emportent dans une Inde parfumée d'épices et de senteurs diverses, accompagnant les femmes qui préparent ces mets fins et gouteux. Les histoires se succèdent, chacune tournant autour d'une ou plusieurs recettes, et l'on suit avec ravissement la préparation de celles-ci. Amours blessées, adultères, deuils, piques-niques ou encore fêtes sont l'occasion de préparer et déguster ces repas raffinés.
La lecture de ce roman gastronomique est un réel plaisir des sens. L'auteur nous emmène avec brio dans ces cuisines où les épices sont maîtresses et où les femmes officient. Les anecdotes qu'elle relate sont l'occasion de nous faire découvrir un pan de la gastronomie indienne, ainsi que les coutumes rattachées à celle-ci. Très vulgarisées, ces dernières permettent une immersion totale dans ce pays et ses traditions et permettent d'en avoir un aperçu intéressant... La colère des aubergines est ma deuxième lecture dans le cadre du Challenge Bienvenue en Inde qu'Hilde et moi avons organisé...
A cette occasion, j'ai donc préparé un Curryd'agneau aux épinards (recette prise évidemment dans La colère des aubergines !)
Pour 2 personnes :
*1kg d'agneau en morceaux *1 cuillère à café de curcuma *4 oignons râpés *1 gousse d'ail *3 clous de girofle *2 cuillères à café de gingembre frais râpé *2 gousses de cardamome *1 bâton de cannelle *6 cuillères à café de yaourt *1 cuillère à café de sel *4 cuillères à café d'huile *1 cuillère à café de ghî (que j'ai remplacé par une noisette de beurre) *2 tasses d'épinards légèrement cuits, écrasés *2 grosses tomates hachées
Faites chauffer l'huile et le ghî dans une casserole à fond épais. Faites frire le gingembre, l'ail, la cardamome, le curcuma, la cannelle et les clous de girofle.
Ajoutez la viande, le yaourt et le sel. Faites frire jusqu'à ce que la viande brunisse légèrement. Ajoutez les tomates, une tasse d'eau et les épinards. Laissez mijoter à feu doux jusqu'à ce que la viande soit tendre. Servez avec du riz. Ce plat est toujours meilleur le lendemain !!
Je viens de terminer ce recueil de nouvelles de Kipling, fortement inspirées de sa vie en Inde. Cinq nouvelles le composent, extraites du recueil Simples contes des montagnes, paru en 1887.
Ces nouvelles ont pour cadre la petite ville de Simla, au pied de l'Himalaya, dans laquelle les Anglais, civils et miliaires, sont établis. Loin de leur pays natal, ils patientent dans la chaleur et la moiteur de l'été indien. Des intrigues amoureuses se nouent, des amitiés voient le jour, teintés parfois de drames...
D'une lecture très rapide (moins de 80 pages), ce recueil de nouvelles plonge le lecteur dans l'Inde victorienne. Peu de détails sur l'époque néanmoins, ni sur le pays lui-même, mais plutôt des petites anecdotes nées du déracinement des soldats et de leur rencontre avec ce pays.
Une lecture agréable donc, telle une chronique de cette époque coloniale. Chaque court récit est édifiant, mettant en évidence des histoires personnelles somme toute assez banales. Les personnages sont esquissés, les intrigues rapidement tissées.
Déconseillée donc à ceux qui aiment les histoires fouillées et qui ne restent pas en surface !! Mais cette lecture m'a donné envie de découvrir davantage Kipling et peut-être lire son recueil Simples contes des montagnes dans son intégralité !
Cette lecture était ma première dans le cadre du Challenge Bienvenue en Inde, organisé par Hilde et moi !
Et il s'inscrit encore et toujours dans le cadre du Challenge 2euros de Cynthia !!
Pour vous aider à découvrir l'Inde et sa littérature, Hilde et moi avons constitué cette bibliographie non exhaustive. N'hésitez pas à nous aider à la compléter !
Sarah Dars La morte du Bombay Express, Bengale Hot, Malabar Connection
Sachi Deshpande La nuit retient ses fantômes
Alexandra David-Néel L'Inde où j'ai vécu : Avant et après l'Indépendance
Irène Frain Le Nabab
Catherine Golliau Le roman de l'Inde insolite
Daswani Kavita Mariage à l’indienne
Githa Hariharan Les Mille visages de
la nuit
Indrajit Hazra Le jardin des délices
terrestres
Rudyard Kipling Une vie gaspillée
Dominique Lapierre Il était
minuit cinq à Bhopal, Cette nuit la liberté, La Cité de la Joie
Jean-Claude Lattes, Eric Deschodt Le seul amant
John Irwing L'enfant de la balle
Jhumpa Lahiri L'interprète des
maladies
Kamala Markandaya Le Riz et la Mousson
Sharon Maas Noces indiennes, La Danse des Paons
Yann Martel L'histoire de Pi
Kenizé
Mourad Le Jardin
de Badalpour
Rohinton
Mistry L’équilibre du monde
Anita Nair Le Chat Karmique, Les neufs visages du cœur, Compartiments pour dames
V.S. NaipulLa moitié d'une vie, Semences magiques, Le masseur mystique, Le regard de l'Inde
R.K.
Narayan Mémoires d'un Indien du sud, Le Guide, The painter of Signs
Pablo Neruda La solitude lumineuse
Ruth Prawer
Jhabvala La vie comme à Delhi
ArundhatiRoy Le dieu des
petits riens
Salman Rushdie L’enchanteresse de Florence,La terre sous ses pieds, Les enfants de minuit
Lavanya Sankaran Le tapis rouge
Ravi Shankar Etteth La couleur du deuil
Bulbul Sharma La colère des aubergines, Mes sacrées tantes
Siddhart Dhanvant Shanghvi La Jeune Fille qui
marchait sur l'eau
Indu Sundaresan Au couvent des petites fleurs, Princesse de l'ombre
Vikras SwarupSlumdog millionaire ou Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint
milliardaire
Shashi Tharoor L'Emeute, Le Grand roman indien
Antonio Tabucci Nocturne indien
Seth Vikram Un garçon convenable, Deux vies
Farahad Zama Le bureau de mariage de Monsieur Ali
Littérature de jeunesse
Kanchana Arni Bestiaire indien Samhita Arni Le Mahabharata Kamala DasLe témoin Patrice Favaro L'étoile de l'Himalaya (roman), L'Inde de Naïta (roman) Caroline Laffon et Gwen Le GacAmrita et la fin de la mousson (documentaire) Miguel LarreaLes tribulations de Kip Parvati Jean-Claude Mourlevat et Nathalie Novie, Sous le grand banian (album) Anne PougetLes énigmes du vampire Balwant Singh Une enfance intouchable Suzanne Ficher StaplesLe feu de Shiva (roman)
Bhajju Shyam Mon voyage inoubliable (album) Marc Varvello et Séverine Assous, Oublie les Mille et unes Nuits !
Ameeta Nanji, Mitchell Shelby Crites, Melba Levick, et
Ariel Marinie Aux couleurs de l’Inde Traditions,
artisanat, vie quotidienne
Bénédicte Manier :Quand les femmes auront disparu : l'élimination des filles en Inde et en Asie
Vincent Pierre Etienne Saris et turbans en Inde sur les chemins du vent
Cuisine
Cuisine Indienne, Éditions
Marabout Chef
Cuisine indienne de BikashKumar,
Marcela Kumar, Éditions Hachette Pratique
Bôllyfood ! De Marie-Laure
Tombini, Éditions Mango
Cuisine indienne de Vijay
Acharya, Éditions Solar
Cuisine indienne de Sylvia
Prébois, Aruna Rajendra, Éditions Dormonval
Et le site Internet de Pankaj qui propose des recettes indiennes en vidéo : Pankaj-blog.com (merci Tinusia pour cette adresse et merci Pankaj pour ton autorisation !)
Musiques(elles sont disponibles sur Deezer ou Spotify)
*Aaja Nachle disponible
unique ment sur Youtube ici !
Né de notre goût pour la littérature indienne, ce challenge consiste à lire au moins 1 livre sur l'Inde / de littérature indienneen 2010. Le challenge se terminera fin décembre.
L'objectif du challenge : faire découvrir cette littérature souvent peu lue et échanger autour de la civilisation indienne. L'inscription se fait dans les commentaires.
Afin de mettre à jour le récapitulatif des billets, n'oubliez pas de nous indiquer en commentaire quand vous écrivez un article dans le cadre du challenge !
Chacun peut également participer en s'intéressant à l'Inde : *Voir des films Bollywood *Écouter de la musique indienne / Bollywood *Cuisiner des recettes indiennes etc.
Et comme tout challenge qui se respecte, nous avons réalisé deux logos pour celui-ci. A chacun de choisir celui qui s'accorde le mieux avec les couleurs de son blog !
Qui est des nôtres ??
Les 68 voyageurs à nos côtés :
(en rouge les livres à lire, en violet les liens vers les
billets déjà publiés)
Voici un beau roman, lu il y a peu et publié aux Éditions du Seuil en 2002.
La mémoire du corps de Shauna Singh Baldwin relate l'histoire de la création du Pakistan en 1947 à travers le parcours d'une famille, et plus particulièrement de deux femmes, que tout oppose : Satya, la première femme de Sardarji, riche propriétaire sikh, à la fois fougueuse et dominatrice et Roop, la seconde épouse, une très belle jeune fille de dix-sept ans, hésitante et peu téméraire. Les deux femmes s'affrontent silencieusement sous le même toit tandis que leur mari les ignore et s'investit dans les relations indo-britanniques. Mais l'avenir de l'Inde est incertain, et les communautés s'affrontent, sur le même tempo que les deux femmes qui se déchirent. L'Indépendance est proche, les armées britanniques sur le point de partir et les musulmans voient leur rêve d'un état musulman sur le point de se réaliser.
Un beau roman, mêlant à la fois fiction et réalité historique. La narration à la troisième personne m'a cependant gênée tout au long de la lecture, donnant l'impression d'une intrigue plate et qui reste en surface par cette impossibilité d'avoir accès à l'intériorité des personnages. Pas de ressenti donc, ni de dialogue intérieur qui viennent entrecouper la narration. Malgré ce désagrément, j'ai apprécié ce roman et plus particulièrement l'aspect historique. Il permet de mieux comprendre les tensions qui ont précédé en Inde la création du Pakistan. Les croyances différentes, les traditions et les nombreuses religions représentées dans ce pays sont décrites et participent à la compréhension de l'Histoire. La condition de la femme sikhe en Inde à cette époque est abondamment abordée grâce aux deux héroïnes. On les suit à travers leur quotidien, les grandes cérémonies tels le mariage ou encore les naissances des enfants, les traditions qui régissent leurs attitudes, etc. Petit
bémol cependant, l'absence d'un glossaire à la fin du roman pour expliciter les
nombreux termes hindi utilisés. On comprend la plupart avec le
contexte, mais c'est un peu dommage... L'intrigue est parfois longue, l'aspect fictionnel souvent compliqué (un entrelacs de personnages gênent fréquemment la compréhension) mais la réussite de ce roman réside dans le fait d'aborder ce point de l'histoire indienne par le biais de ce genre littéraire et sans démagogie.
En clair, à lire si on s'intéresse à l'Inde et à l'histoire du Pakistan, ou encore pour en savoir plus sur les traditions et religions de ce pays.
Je viens de terminer ce matin La reine des rêves de Chitra Banerjee Divakaruni, l'auteur de la Maîtresse des épices que je vous ai présenté dernièrement et qui s'inscrit dans la même veine. Encore une fois j'ai été agréablement surprise par ce roman et transportée dans son univers...
Rakhi est une jeune mère célibataire d'origine indienne qui vit à Berkeley, en Californie. Avec sa meilleure amie Belle, elle a ouvert un salon de thé, la Chaï House. Mais depuis qu'elle est petite, elle est fascinée par sa mère, cette étrangère si lointaine et intrigante. Car cette mère si spéciale est reine des rêves : depuis qu'elle est jeune, elle a le don de pouvoir analyser les rêves des autres, mais aussi d'avoir des visions lorsqu'elle dort. Ce don si spécial lui confère une vie de frustrations et de secrets, dans laquelle ni son mari ni sa fille n'ont une place à part entière. Pour Rakhi, cette mise à distance est éprouvante. Le jour où elle tombe par hasard sur le journal que sa mère a tenu depuis sa jeunesse et qui relate en hindi sa formation avec les Anciennes pour appréhender son don, c'est l'occasion pour elle de se rapprocher de son père, figure absente et ectoplasmique de sa vie...
Encore une fois, Chitra Banerjee Divakaruni nous entraîne dans cette intrigue familiale simple et bien menée. L'ailleurs est là, représenté par cette Inde mystérieuse que l'héroïne ne connait que par les livres et les rares anecdotes de sa mère. Beaucoup
de poésie dans ce roman aux saveurs de l'Inde. Les phrases coulent, les sens sont en éveil, la lecture est un réel plaisir. Mais ce roman aborde également une réflexion sur
l'intégration délicate des Indo-Pakistanais au lendemain du 11
septembre aux États-Unis, la douleur d'être montrés du doigt, stigmatisés voire accusés.
Une nouvelle fois une parenthèse magique aux saveurs d'épices et de cha à lire avec plaisir... "Mais la frange dentelée de ce silence s'est effilochée et le tissu de notre couple s'est défait un peu plus." p.123
"Pourtant, je pense qu'avant de mourir j'aimerais aller en Inde - ne serait-ce que pour que les fantômes qui dansent dans ma tête comme des feux follets sur l'eau puissent s'apaiser." p.127-128
Pour continuer mon tour du monde des livres qui m'ont plus cette année, je tenais à vous parler d'un de mes derniers coups de coeur : La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni, paru aux éditions Philippe Picquier en 2002.
Laissez-vous emporter par Tilo, expatriée en Californie où elle tient une petite échoppe d'épices. Possédant l'art d'apaiser l'âme et le corps grâce aux celles-ci, elle soigne avec douceur ceux qui poussent la porte de sa boutique, clairvoyante sur leurs malaises et leurs émotions... A chaque épice ses caractéristiques et ses propriétés et Tilo sait manier cet art avec habileté. Jusqu'au jour où un bel inconnu passe le pas de sa porte et fait chavirer son cœur. La maîtresse des épices remet alors en cause son savoir et son don au risque de se perdre dans cet amour impossible.
Ce livre m'a beaucoup émue. La
réflexion sur les conditions difficiles des expatriés indiens aux États-Unis, leur déception face au rêve américain et les réactions
parfois violentes à l'encontre de leur origine est bouleversante. La syntaxe est précise, le rythme des phrases semble s'adapter aux épices et à leur symbolique. La traduction est légère et permet d'appréhender le texte sans lourdeur. A sa lecture, ce livre semble diffuser les épices qu'il évoque autour de nous et nous apprend à les regarder d'un autre œil.