01 février 2012
Les Voisins du 109 "Vendredi", Coyotte et Nini Bombardier
Les Voisins du 109 est une série d'albums signée Coyotte et Nini Lombardier parue chez Le Lombard. A ce jour, deux tomes la composent, Vendredi et Samedi.
Une banlieue comme bien d'autres. Un immeuble, le 109, que rien ne distingue des autres, si ce n'est ses locataires.
Lorsque M. et Mme Moinot emménagement, ils rencontrent les autres habitants de l'immeuble : le couple de gothiques, qui vit quasiment dans le noir, la vieille dame entourée de chats, un couple de soixante-huitards nostalgiques, un comédien qui se cherche, le gardien de l'immeuble peu engageant... Une fois les préjugés mis de côté, la confiance s'installe et chacun devient acteur de ce théâtre de l'entraide. Et tout le monde apprend à vivre ensemble.
J'ai toujours beaucoup aimé Coyotte. Petite, j'ai été biberonnée à Litteul Kevin. L'humour Fluide Glacial, c'est mon truc !
Donc quand ma soeur m'a parlé il y a quelques temps de cette série que Coyotte a imaginée en collaboration avec Nini Lombardier pour le scénario, je me suis jetée dessus.
Et j'ai bien fait ! L'album se présente comme une journée, celle du vendredi, jour d'emménagement des Moinot. A chaque étage, les personnages vivent leur vie et entrent en interaction avec les nouveaux venus, un peu guindés, un peu trop propres sur eux, un peu trop lisses... L'album est scindé en plusieurs histoires qui s'étalent sur plusieurs pages. Chacune met en lumière un des habitants de ce chouette immeuble.
Et je dois dire que se plonger dans une BD comme celle-ci c'est la garantie de rire et de passer un excellent moment. Coyotte et Nini Lombardier font voler en éclat les préjugés à coup de personnages mordants, un brin piquants. Un peu caricaturaux parfois, certes, mais tellement vraisemblables !
Bref, un petit régal d'humour et de satire dont je ne peux que vous conseiller la lecture. Juste pour rire. Juste pour se détendre un peu. Juste pour réfléchir un tantinet sur la façon dont on vit ensemble et dont on juge ceux qui nous entourent.
Et pour les plus récalcitrants, dites-vous que La vie mode d'emploi de Perec n'est pas si loin...
Et voici ma 34e participation
à la BD du mercredi de Mango
Et ma 25e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)
Et voici les dix premiers titres du Top BD des blogueurs du mois de janvier,
calculé par Yaneck
- Gaza 1956, Joe Saco, Futuropolis
- Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association
- Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest
- Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis
- Maus, Art Spiegelmann, Flammarion
- Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman
- Les ignorants, Etienne Davodeau, Futuropolis
- Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial
- NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius
- Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là
...
Pour voir la suite, pour savoir ce qui a bougé ce mois-ci, pour en savoir un peu plus sur le Top BD des blogueurs, rendez-vous chez Yaneck...

29 janvier 2012
Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe, Andrew O'Hagan
Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une oeuvre du romancier écossais Andrew O'Hagan parue en 2010 avant d'être traduite en France en 2011.
Marilyn pleure son mariage avorté avec Arthur Miller. Pour la consoler, Frank Sinatra lui offre un chien. Et c'est Maf, ce petit bichon, qui va nous raconter l'histoire de la belle actrice. Entre réflexions philosophiques, citations tirées de grands classiques et analyses politiques, le petit chien de Marilyn observe tout et critique tout.
Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une biographie de Marilyn très originale. Plutôt que de revenir sur l'enfance de celle qui fut la star hollywoodienne par excellence, ses amours et ses problèmes, Andrew O'Hagan s'offre le luxe de faire prendre en charge la narration par un chien. Et le résultat est furieusement réussi !
Maf est un condensé de snobisme intellectuel qui juge d'un oeil acéré la société qui entoure sa belle maîtresse qui sent si bon. Adopter le point de vue du compagnon invisible de Marilyn, son chien, permet à Andrew O'Hagan de brosser un portrait décalé de cette dernière, entre fascination et incompréhension de son compagnon.
Si j'ai déjà beaucoup lu sur cette actrice (fictions et biographies), j'ai aimé me replonger dans un pan de sa vie avec ce roman. J'ai ri, je me suis interrogée sur la véracité de certains faits, bref, j'ai aimé cette lecture !
Cette lecture me permet d'inaugurer ma participation au Challenge Biographie d'Alinéa et de poursuivre mon Challenge Marilyn chez George.
Je tiens à remercier
ainsi que
pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique !

28 janvier 2012
Tag Etre ses livres

Voici un tag initié par Calypso, mais c'est Liliba qui m'a taguée.
Le principe ? Se définir avec des titres de livres que nous avons lus...
Je me lance !
(avec les liens vers mes billets pour vous éviter le : « C'est de qui ça ?? »)
Décris-toi : La reine des lectrices
Comment te sens-tu : La dame pâle
Décris là où tu vis actuellement : De l'autre côté du miroir
Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu : La cité des livres qui rêvent
Tes meilleures amies sont : Prodigieuses Créatures
Toi et tes amis, vous êtes : Ceux qui sauront
Comment est le temps : Quelque part entre les ombres
Ton moment préféré de la journée : Petit déjeuner chez Tiffany
Ton animal préféré : Lion qui rapetisse
Ton moyen de transport préféré : Rien
Ta passion : C'est décidé, je pars !
Le défaut qui t’horripile le plus : La colère des aubergines
Le métier qui te fait rêver : J'aurais adoré être ethnologue
Ton histoire d’amour : Les années douces
Qu'est-ce que la vie pour toi : La solitude lumineuse
Ta peur : La bibliothèque, la nuit
Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : Prenez soin de vous
Pensée du jour : Mots d'amour secrets
Comment aimerais-tu mourir : La mort muette
La condition actuelle de mon âme : Le coeur cousu
Ton rêve le plus cher : Le sens du bonheur
Ce tag a déjà bien tourné. Mais si FondantOchocolat, L'Ogresse et Latite
ne l'ont pas eu et souhaitent jouer le jeu, alors je les tague officiellement !

26 janvier 2012
Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg
Beignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes) est l'oeuvre la plus connue de la romancière et actrice américaine Fannie Flagg. Publiée la première fois en 1987, elle a été traduite en plusieurs langues et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par John Avnet en 1991.
Evelyn Couch est une quinquagénaire dépressive et malheureuse. Lors d'une visite à sa belle-mère, dans la maison de retraite de Rose Terrace, elle fait la connaissance d'une des pensionnaires, Mrs. Threadgoode. Les deux femmes sympathisent et Mrs. Threadgoode, veuve et sans famille, fait revivre son passé en Alabama, dans la petite ville de Whistle Stop, avec ses habitants, et surtout son café. En 1929, lorsque l'établissement ouvre ses portes, les Noirs n'ont pas le droit d'y entrer, le Ku Klux Klan sévit et les lois raciales ont la dent dure. Mais Ruth et Idgie, qui tiennent le café, n'en ont cure ! Et la petite communauté s'entraide malgré les différences et les forts caractères.
Je ne lis pas beaucoup de littérature américaine, j'avoue. Je suis peu attirée par ce pays et sa littérature. Mais il y a quelques mois, un collègue m'a parlé de ce roman dont le titre m'intriguait depuis des années. Et je ne sais plus où ni à quelle occasion je l'ai acheté, pensant le lire cet été.
Après un été pauvre en lecture, et me trouvant à court de livre un soir (c'est rare !), j'ai ouvert la première page de ce roman. Juste pour lire l'incipit. Juste pour voir si... Juste... Vous m'aurez comprise : je me suis fait avoir dès la première phrase, dès la première ligne de ce roman ! Impossible de décrocher mes yeux du texte ! Au point de quasiment sacrifier ma nuit entière (terminer à 4h quand on se lèvre à 7h, c'est rude !) Et pourtant, les Etats-Unis et moi, c'est loin d'être une grande histoire d'amour...
Tout est aboslument incroyable dans ce roman. Sa construction narrative tout d'abord, qui alterne les époques, mais aussi les genres. Le roman commence en effet en 1929, à l'ouverture du café de Whistle Stop, puis n'a de cesse de varier entre les époques : la fin des années 80 avec le présent d'Evelyn et de Mrs. Threadgoode, à la maison de retraite, l'enfance de Nini, alias Mrs. Threadgoode, etc. La narration est parfois prise en charge par Dot Weems, qui écrit la gazette de Whistle Stop, parfois par le journal de Birmingham, etc. Sans jamais perdre son lecteur, Fannie Flagg l'entraîne dans cette histoire incroyable d'une petite ville d'Alabama, aux habitants drôles et fiers malgré tout. Malgré la menace qui rôde, la pauvreté et la misère qui sévissent, les divergences d'opinion qui persistent.
Les personnages qu'elle dépeint sont furieusement vraisemblables. Evelyn et ses complexes, Mrs. Threadgoode est ses souvenirs d'enfant qui s'estompent, Idgie le garçon manqué au grand coeur, la belle et douce Ruth, etc.
J'ai plongé avec délice dans ce roman, me surprenant à tourner les pages sans me soucier de l'heure. J'ai eu
l'impression de rencontrer une grande famille de personnages aux valeurs profondément humanistes. Fannie Flagg nous permet de lever un voile sur un pan de l'histoire des Etats-Unis et le fait avec brio ! Pas de misérabilisme ni de jugement. Juste une intrigue et des personnages attachants, sur fond de contexte historique. C'est brillant, sans aucun doute ! (et ça file des complexes au point de vue de la construction narrative...)
Un nouveau coup de coeur, sans aucune hésitation, que je vous conseille de lire au plus vite !

25 janvier 2012
Le Cabaret des muses T.1 Au Moulin-Rouge, Gradimir Smudja
Le Cabaret des muses est une série de BD en cours, en 4 tomes pour le moment, écrite et dessinée par Gradimir Smudja. Au Moulin Rouge en est le premier tome, paru en 2007 chez Delcourt.
Paris, 1889. Montmartre en est le centre, le coeur névralgique, là où se presse toute la bohème de l'époque et où Henri de Toulouse-Lautrec passe ses journées et ses nuits. Le peintre, issu d'une famille aristocrate, a quitté sa famille pour rejoindre l'univers artistique parisien de ce XIXe siècle finissant. Entre l'ivresse et la peinture, ses amis et ses cauchemars, le peintre entraîne le lecteur à travers sa vie et ses oeuvres.
Encore un album choisi au hasard de mes pérégrinations à la bibliothèque (vive la sérendipité comme dirait l'autre !), choisi tant pour son sujet que pour ses illustrations.
Gradimir Smudja nous offre ici une interprétation à la fois onirique, comique et artistique de la vie du peintre Toulouse-Lautrec. Au fil des pages, le lecteur croise certaines de ses oeuvres, mais aussi les contemporains et amis du peintre : Cézanne, Van Gogh, Degas, etc.
Le trait est rond, à l'image du petit homme, les dessins sont soignés et détaillés et les couleurs pastels complètent ce parcours artistique et biographique.
Pour autant, je n'ai pas vraiment accroché avec cette lecture. Malgré le talent de Smudja et son hommage à un peintre que j'aime beaucoup, je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à tourner les pages de cet album. L'intrigue est très décousue et alterne cauchemars du peintre et rencontres en tous genres. Je n'ai pas vraiment compris le fil narratif - s'il y en a un - et plusieurs fois j'ai vérifié ne pas avoir sauté de page tant je ne comprenais pas la transition...
Bref, un album intéressant visuellement parlant, mais cela s'arrête là pour moi...
Et voici ma 33e participation
à la BD du mercredi de Mango
Et ma 24e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

22 janvier 2012
Argentina, Argentina... Christophe Léon
Argentina, Argentina... est un roman de Christophe Léon paru en août 2011 aux Editions Oskar.
Pascal est journaliste. Pour préparer son article sur les enfants volés par les militaires argentins durant la junte, il part à la rencontre d'Ignacio, un de ces enfants désormais adulte.
Les deux hommes vont s'apprivoiser et Ignacio va livrer à Pascal son histoire et l'histoire de sa famille, lors des heures sombres de son pays. La disparition de ses parents, son adoption par un colonel et sa femme, les retrouvailles avec sa grand-mère, des années après, et sa construction personnelle malgré une enfance brisée.
Argentina, Argentina... est un roman assez court mais d'une intensité dramatique remarquable. Christophe Léon ne s'attarde pas sur des détails inutiles - comme la vie personnelle de Pascal, le journaliste, ou son projet d'article - et prend le parti de centrer son récit sur un pan de l'histoire de l'Argentine, raconté par un personnage adulte à travers ses souvenirs d'enfant.
J'ai été très émue à la lecture de ce récit, le trouvant à la fois vibrant d'émotion et tout en pudeur. Les deux hommes s'apprivoisent progressivement et aplanissent au fil des heures leurs différences culturelles, personnelles, etc. C'est beau, c'est simple. Pas de fioriture ni de plume aux envolées lyriques. Juste une rencontre entre deux personnages et un lourd passé qui ressurgit.
J'ai vraiment passé un très bon moment avec ce roman jeunesse. Il m'a permis d'en savoir un peu plus sur un pays dont j'ignore quasiment tout. Par contre, je m'interroge sur la réception par des adolescents : comment vont-ils appréhender ces détails historiques qui ne sont pas vus en cours, qui ne sont pas médiatisés
aujourd'hui, dont on ne parle pas en France à l'heure actuelle ? Je le verrai vite, car c'est une lecture que j'ai faite dans un cadre professionnel !
J'ai lu Argentina, Argentina... en lecture commune avec Eidole, rencontrée il y a peu par blogs interposés (une lecture commune qui nous a permis de mieux nous connaître !) Je m'en vais voir de ce pas ce qu'elle en a pensé !

19 janvier 2012
Notre Dame de Paris, Victor Hugo et Benjamin Lacombe
Benjamin Lacombe s'est penché sur le chef-d'oeuvre de Victor Hugo... Le résultat ? Un projet audacieux en deux volets et un premier tome paru en novembre 2011 chez Soleil.
Inutile de vous présenter ici l'histoire bien connue de la belle Esmeralda et de ses prétendants, dans un Paris en pleine effervescence.
Je souhaite davantage m'attarder sur le projet de cet album et sa réalisation. Si les adaptations de classiques en albums ou en bandes dessinées sont courantes de nos jours, rares sont celles qui présentent le texte intégral.
C'est le cas ici. Benjamin Lacombe illustre les mots de Victor Hugo et leur offre un univers pictural singulier. J'aime beaucoup son travail, en général, et là encore je n'ai pas été déçue. Si l'on retrouve son trait habituel, Benjamin Lacombe nous donne à voir avec cet album un autre aspect de son talent et offre un bel hommage au texte d'Hugo. Trahison car interprétation par l'image, certes, mais respect de celui-ci, complémentarité même. Les illustrations ne prennent pas le pas sur le texte mais viennent le compléter sans jamais l'écraser.
Un très bel objet qui permet d'aborder le texte originel d'une autre manière. Un choix graphique réussi qui donne l'impression au lecteur d'avoir entre les mains un manuscrit ancien (grâce aux enluminures, à l'épaisseur du papier, à sa teinte...) Un album à réserver aux plus grands, pour bien appréhender les subtilités du texte hugolien, ou à feuilleter avec les plus jeunes pour en apprécier l'esthétique.
Un magnifique album que j'ai adoré découvrir. Il ne reste plus qu'à attendre le second volet ! Un grand merci à Bénédicte et aux Éditions
pour la découverte de cet album.




















