Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Bienvenue à Bouquinbourg
Publicité
12 septembre 2018

Une histoire d'hommes, Zep

Une histoire d'hommes ZepUne histoire d'hommes est un album de Zep paru en 2013 aux éditions Rue de Sèvres.

Trois quadra embarquent à bord d'un vol vers le Devon. Ils vont passer quelques jours chez Sandro, le quatrième membre du groupe de rock qu'ils formaient ensemble, il y a vingt ans. S'ils ont tous cessé la musique et choisi une vie rangée, Sandro, de son côté, a continué, devenant en quelques années une star internationale. C'est l'heure des retrouvailles sur fond de souvenirs, de nostalgie, de présents, aussi, plus ou moins rangés. Les vannes fusent, l'amitié renaît mais aussi les rancoeurs et les incompréhensions. Et là, juste là, sous leur yeux, la vérité éclate au grand jour.   

J'avais découvert le papa de Titeuf en BD adulte il y a deux ans avec Un bruit étrange et beau, album que j'avais trouvé extrêmement poétique et esthétique. J'ai retrouvé cette poésie et cette esthétique soignée dès les premières pages d'Une histoire d'hommes.
L'amitié masculine est au centre de cet album aux univers chromatiques soignés, le passé et le présent s'entremêlant tandis que les personnages refont le film de leur histoire commune, chacun apportant avec son témoignage une bribe de compréhension. La mélancolie règne, tandis qu'ils évoquent leurs jeunes années de rockeurs insouciants, entre musique, drogues et filles. Les souvenirs se succèdent, le trait réaliste de Zep lui donnant vie dans des doubles pages bichromiques des plus intéressantes.  
Huis-clos lent et nostalgique, Une histoire d'hommes fait entrer le lecteur dans l'intimité de ses personnages, entre passé et présent, entre fantasmes et désillusions, jusqu'au coup de théâtre final. A lire, sans hésiter, pour découvrir Zep dans ce petit quelque chose de poétique et de mélancolique qui lui va si bien.

Planche 1Planche 2Planche 3Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

Publicité
13 juin 2018

Un autre regard T.1, Emma

Un autre regard EmmaUn autre regard est le premier album documentaire de la blogueuse, ingénieure informaticienne et dessinatrice Emma, paru en mai 2017 aux éditions Massot. Il reprend les strips publiés sur son blog depuis 2016.

Percutant, intelligent, fin, posant sur notre société un oeil critique, ce premier tome s'intéresse tout à tour aux violentes perquisitions perpétrées dans certains quartiers dans le climat post-attentats, à la question de la violence des opprimés, des épisiotomies forcées, au regard masculin et ses conséquences sur les femmes, au clitoris, aux victimes des violences policières et à la maternité.

Avec un humour féroce, Emma se penche sur ces questions sociétales en interrogeant son lecteur à travers de courts chapitres. Qu'est-ce qui est juste ? Qu'est-ce qui semble normal ? Elle interpelle, s'interroge. Appuie là où ça fait mal, reconnaissons-le.   
Le trait est minimaliste, les personnages très simples et les décors quasi absents mais l'ensemble sert le propos juste comme il faut.  J'ai dévoré d'une traite ces sept chapitres, réfléchissant moi aussi aux chiffres que je lisais, aux anecdotes  évoquées, aux situations dépeintes. Il y a encore beaucoup à faire pour que les injustices cessent... Le second tome d'Un autre regard a fait couler beaucoup  d'encre en évoquant la question de la charge mentale. Mais j'en reparlerai plus en détails dans ma chronique de ce second tome. Un diptyque à lire et offrir sans réfléchir une seconde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog d'Emma.

Planche 1 Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

25 mai 2017

Le coma des mortels, Maxime Chattam

Le coma des mortels Maxime ChattamLe coma des mortels est le dernier roman de l'écrivain français Maxime Chattam paru en juin 2016 aux éditions Albin Michel.

Pierre. Le narrateur de cette histoire. Un homme qui a laissé sa vie derrière lui pour en recommencer une autre. Une vie toute neuve. Avant, il s'appelait Simon. Désormais, ça sera Pierre. Employé au zoo de Vincennes pour nettoyer les cages des animaux, Pierre a un cercle très restreint de connaissances. Mais étrangement, les morts se succèdent autour de lui. Mais qui est finalement Pierre ?

Cela faisait des années que je me disais qu'il fallait que je découvre l'oeuvre de ce romancier (j'avais même désespéré Nelfe à ne pas avoir lu un de ses romans) et voilà qui est chose faite avec ce titre, acheté lors de notre sortie en librairie le mois dernier par une élève qui souhaitait que je le lise pour en discuter ensemble.

Je suis tombée sous le charme du style de Maxime Chattam, enferrée dans cette intrigue sombre et épineuse où le narrateur fait naître des doutes dès les premiers instants. Bon, vous me connaissez : quand une narration est à la première personne, je suis distante, je me méfie, même, de ce personnage qui prend en charge l'intrigue et qui nous livre sa version des faits. Sa vérité. C'est exactement l'attitude que j'ai adoptée en me plongeant dans ces pages, hypnotisée malgré moi par cette histoire racontée à rebours par le personnage principal. Et quelque part, j'ai bien fait, même si je ne vous dirai rien de plus.

Tout est mystérieux - à commencer par Pierre, bien entendu - et Maxime Chattam emprisonne son lecteur dans ce roman noir un peu dérangeant, où le sexe côtoie la mort et où l'amour semble perdu. Portrait grinçant d'une humanité qui dérange, un brin barré à l'image du narrateur, Le coma des mortels a su me séduire malgré un dénouement un peu simple qui m'a laissée sur ma faim. Un romancier que je découvre avec ce titre et dont je vais explorer l'oeuvre (bon, pas de façon trop rapprochée non plus parce que ça reste relativement un thriller et que je suis petite nature...) L'avis de Nelfe, très déçue par ce titre.

"La comédie c'est un peu comme l'écriture : une forme d'art dangereuse pour la santé mentale qui consiste à développer une schizophrénie contrôlée et à jouer avec en testant la plasticité, la résistance et l'étendue." (p.41)

"Elle a une beauté progressive. Il y a des beautés myopes - belles de loin -, des beautés presbytes - à tomber par terre mais insupportable à vivre de près -, des beautés astigmates - en clair moches. Constance, elle, est une beauté progressive. Plus on l'observe, plus on découvre de petits détails qui font son charme." (p.328-329)

22 mars 2017

HHhH, Laurent Binet

HHhH Laurent BinetHHhH est le premier roman de Laurent Binet paru en 2010 chez Grasset et lauréat la même année du Goncourt du premier roman.

Prague, 1942. L'opération Anthropoïde est lancée. Depuis Londres, la résistance organise l'assassinat d'Heydrich, chef de la Gestapo nazie, planificateur de la Solution finale, celui que l'on surnomme le Boucher de Prague ou encore la Bête blonde. Deux parachutistes tchèque et slovaque sont chargés de mener à bien cette mission de haut risque.

Curieux nom pour un roman - HHhH étant l'acronyme de Himmlers Hirn heißt Heydrich, le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich - qui a fait grand bruit lors de sa sortie. Et s'il trottait dans ma tête depuis bien longtemps, c'est mon voyage à Prague qui m'a décidée à l'ouvrir. Et quelle claque !

Littérairement parlant, Laurent Binet réussit un tour de force brillant. S'interrogeant constamment sur la place de la fiction romanesque dans la perspective historique, il tente de relater les faits tels qu'ils se sont déroulés, en s'éloignant le moins possible de la réalité. Mais en tant que romancier, il se fait parfois emporter par sa verve et son envie de romanesque dans une histoire qui, il faut bien l'avouer, l'est intrinsèquement. Alors il hésite, en tant que narrateur, en tant qu'auteur, il aimerait pouvoir broder certaines scènes, rajouter du larmoyant à certains moments, de l'héroïque à d'autres, mais il recentre constamment son propos en assénant que la documentation qu'il a glanée pour préparer ce texte ne lui permet pas de savoir ce genre de détail.

Le résultat est un roman - oui, HHhH est bien un roman - troublant, fondé sur des faits historiques, extrêmement bien documenté, mais dans lequel Laurent Binet ne cesse de mettre en perspective l'articulation entre la fiction romanesque et la vérité historique. Il dément parfois ce qu'il a écrit quelques pages avant, s'excusant de ne pas avoir la documentation nécessaire ou les témoins pour être sûr de ce qu'il affirme. Ce n'est pas dans ces pages que le lecteur lira des adieux déchirants ou des dialogues aux envolées lyriques car Laurent Binet s'y refuse. En revanche, le lecteur découvrira un passage primordial de l'Histoire, raconté sous l'angle de la fiction, mais qui tend à être le plus fidèle possible aux faits. Un bijou littéraire qui m'a ravie, me permettant de compléter mon voyage à Prague par cet épisode historique fondateur.

"Cette scène est parfaitement crédible et totalement fictive, comme la précédente. Quelle impudence de marionettiser un homme mort depuis longtemps, incapable de se défendre ! De lui faire boire du thé alors que si ça se trouve, il n'aimait que le café. De lui faire enfiler deux manteaux alors qu'il n'en avait peut-être qu'un seul à se mettre. De lui faire prendre le bus alors qu'il a pu prendre le train. De décider qu'il est parti un soir, et non un matin. J'ai honte." (p.144)

24 novembre 2016

Nos adorables belles-filles, Aurélie Valognes

Nos_adorables_belles_filles_Aur_lie_ValognesNos adorables belles-filles est le second roman d'Aurélie Valognes paru en mai 2016 chez Michel Lafon.

La belle-famille, tout un poème... Pour Jacques et Martine, qui ont eu trois fils, la question des belles-filles est épineuse. Entre Stéphanie, très maternante et angoissée, Laura, végétarienne militante et Jeanne, la petite nouvelle, un peu brute de décoffrage, le couple de sexagénaire peine à maintenir l'harmonie familiale. Ce serait sans compter leurs propres fils et leurs caractères et Antoinette, la doyenne de la famille qui ajoute son grain de sel à tout. Sans oublier le penchant despotique de Jacques et le craquage imminent de Martine, après quarante ans de soumission. Alors quand tout ce petit monde se réunit dans la maison familiale en Bretagne, l'ambiance est rapidement électrique...

Parfait vaudeville feel good, Nos adorables belles-filles est une promesse de détente et de rire. Aurélie Valognes décrit avec beaucoup d'humour des situations familiales dans lesquelles chacun peut se reconnaître et qui en feront sourire plus d'un. Les personnages - parfois un brin caricaturaux, il faut bien l'avouer - n'en demeurent pas moins attachants et d'une vraisemblance très actuelle.

Si le début de ma lecture m'a fait redouter un roman facile et à la psychologie bâclée, finalement, il n'en est rien. Le rythme est rapide, les dialogues fusent et l'ensemble est très agréable à lire. J'ai souvent ri face aux situations qui sentent si réalistes et qui permettent une identification certaine (si je vous dis que je me reconnais dans la belle-fille végétarienne qui stresse tout le monde à ne pas manger comme les autres convives, je vous étonne ?) J'ai imaginé, au fur et à mesure de ma lecture, sa mise en scène et je dois avouer que la transposition théâtrale serait intéressante... En bref, une comédie de moeurs qui promet un beau moment de détente et de rire.

Logo Challenge Feel good

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour la découverte de ce roman.

Publicité
3 janvier 2016

Marie-Antoinette : Carnet secret d'une reine, Benjamin Lacombe

Marie_Antoinette_LacombeMarie-Antoinette : Carnet secret d'une reine est un album de Benjamin Lacombe paru dans la collection Métamorphose chez Soleil en décembre 2014.

Aidé de l'historienne et spécialiste de la belle autrichienne Cécile Berly, Benjamin Lacombe nous propose dans cet album de découvrir le journal intime de Marie-Antoinette. Mêlant lettres authentiques et fictives, l'album met en scène les pensées et la correspondance de cette reine mythique. Le résultat est un objet majestueux qui rend grâce à la grandeur de cette femme adulée et haïe dans le même temps.

Après Léonard de Vinci, Benjamin Lacombre s'empare encore une fois d'un mythe pour en donner sa propre vision. La dernière reine de France se pare sous son coup de crayon d'une grâce infinie et d'une préciosité qui lui sied parfaitement. Marie-Antoinette prend littéralement vie au fil des pages et apparaît tour à tour fragile et belle, dans des univers ronds et sombres, entourée d'animaux extravagants comme elle. S'animalisant au fil des pages, la frêle jeune fille,  rendue coupable de tous les maux de la France, n'échappe bien entendu pas à son destin tragique sous le crayon de Lacombe, mais gagne en majestuosité et en présence. Le rendu est magnifique, l'esthétique de l'ensemble est à couper le souffle et offre une nouvelle vision de ce personnage mythique.

Vous me connaissez maintenant. Vous savez à quel point j'aime le trait de Benjamin Lacombe. Chaque découverte de ses albums m'émerveille et m'interroge dans le même temps. Car si Lacombe a su trouver sa patte, son style reconnaissable entre tous (des yeux immenses et intenses, notamment), il réussit l'exploit de se renouveler à chaque album et d'offrir une réelle identité graphique indépendante à chacun de ses albums. Celui-ci ne déroge pas à la règle et réussit la gageure de s'emparer d'un personnage historique maintes fois interprété et représenté tout en lui offrant une esthétique singulière et innovante. Il y a fort à parier que cette vision de Marie-Antoinette fera parler d'elle. Un grand merci aux Éditions Soleil pour cet album.          

 

 

La bande-annonce de l'album, très alléchante


23 janvier 2016

La logique de l'amanite, Catherine Dousteyssier-Khoze,

La logique de l'amanite

Une drôle de lecture que cette Logique de l'amanite de Catherine Dousteyssier-Khoze, publiée en août 2015 chez Grasset et que j'ai eu l'occasion de découvrir grâce aux Matchs de la Rentrée littéraire de Priceminister.

Nikonor est un vieil aristo acariâtre retranché seul dans le château familial en Corrèze. Féru de mycologie, il décide d'écrire ses mémoires avant un face-à-face funeste avec sa soeur jumelle, annoncé dès les premières pages. Alors Nikonor raconte sa vie, se raconte, au fil des pages. De son enfance dans le château familial à ses études de droit à Paris en passant par cette Étrange passion pour la cuisine et les champignons, le vieil homme amer crache son passé avec un humour féroce et un fiel indéniable. Très vite, des disparitions émaillent le récit de cette vie singulière. Le lecteur, pris en otage de cette narration à la première personne, est enrôlé par la parole du vieil homme et entraîné dans ses souvenirs dans un compte à rebours angoissant. Et le doute de s'insinuer...

La logique de l'amanite est un excellent premier roman qui prend littéralement en otage son lecteur. Porté par la voix d'un personnage acariâtre et antipathique à souhait, il dresse un univers silencieux et solitaire dont seul Nikonor rompt le silence. La langue est fine, très fine, l'humour sombre à souhait, Nikonor désagréable au possible, mais le charme opère et le piège se referme peu à peu. J'ai adoré écouter la voix de cet amateur de champignons et de littérature me raconter son histoire.

5 février 2015

Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

le plus petit baiser jamais recenséLe plus petit baiser jamais recensé est un roman du musicien et écrivain montpelliérain Mathias Malzieu paru en 2013 chez Flammarion.

Un inventeur en mal d'amour échange un jour un baiser éclair avec une femme qui disparaît aussitôt. Sous le charme de ses sens, il part à sa recherche. Aidé d'un vieux détective et de son perroquet apprivoisé, il va tout faire pour retrouver celle qui se volatilise quand on l'embrasse.

Ouvrir un roman de Mathias Malzieu, c'est se plonger à coup sûr dans un univers au charme singulier. Un brin mélancolique et suranné. Un tantinet barré et sombre. Complètement poétique et fantasque.  
J'avais aimé La mécanique du coeur, lu il y a quelques années, mais je n'avais pas ouvert un livre de Malzieu depuis. 
J'ai retrouvé avec plaisir son monde, son côté rock et barré dans ce roman qui se présente comme une suite métaphorique de La mécanique du coeur. Le héros de cette nouvelle intrigue a encore une fois le coeur brisé et souffre des méandres de l'amour. Le lecteur suit sa drôle d'enquête pour retrouver la femme invisible de ses rêves, à coup d'inventions farfelues et de trouvailles improbables.
On ne peut que penser à Boris Vian et son Écume des jours et à Michel Gondry et ses petits trucages et bricolages rigolos (surtout que Gondry a adapté en 2013 L'Écume des jours). C'est drôle, onirique et très inventif, à l'image de la plume de Malzieu. 
Mais... Mais en étant complètement honnête, si la teneur poétique de l'écriture de Mathias Malzieu est indiscutable, on pourrait néanmoins reprocher à celle-ci d'être un peu trop chargée en figures de style pour être fluide et simplement belle. Comme si l'auteur avait trouvé sa patte et la déclinait au fil de ses histoires. Comme si - je vais loin en disant ça - Mathias Malzieu se regardait faire du Mathias Malzieu. Les figures de style se succèdent -et notamment les oxymores- et rendent parfois l'ensemble un peu indigeste, un tantinet prétentieux. La cohérence se perd malheureusement au fil du conte et s'égare dans les méandres des mots. Comme si ceux-ci prenaient finalement le pas sur l'intrigue.
Une lecture en demi-teinte, donc. Un ensemble très imagé qui perd en fluidité et une histoire d'amour impossible qui pourrait être attachante et tendre mais qui souffre des jeux de style de son auteur. Je referme ce roman sans avoir compris pourquoi la belle disparaissait à chaque baiser. Était-ce l'essentiel, me direz-vous ? Peut-être pas... Mais cela m'a finalement gênée. Et si Malzieu soulève toujours autant d'enthousiasme à chacune de ses parutions, je m'en réjouis pour lui. Mais je crois que pour ma part, je suis moins sensible à son écriture et passerai désormais mon chemin. 

D'autres avis : Jostein, Lasardine, Liliba, Mélo, Yuko, etc.

4 décembre 2013

Sexe et sentiments, Amandine et Eddy Simon

Sexe et Sentiments

Sexe et sentiments est un album paru  aux éditions Jungle en septembre 2013. Il est signé Eddy Simon pour le texte et Amandine pour le dessin. Si le premier a réalisé le Kama Sutra en BD en 2010, la seconde est notamment connue pour sa série Mistinguette parue aux éditions Jungle également.

Ils ont entre 14 et 17 ans. L'âge des premiers émois amoureux, des premiers baisers et des premières relations intimes. On découvre son corps, celui de l'autre et avec ces expériences nouvelles émergent des doutes, des questions.

Abordant son sujet sous un angle très pédagogique et prenant appui sur des témoignages de lycéens, Sexe et Sentiments est un album qui oscille entre fiction et documentaire pour mieux aborder un sujet au coeur des préoccupations adolescentes.
En suivant le quotidien de plusieurs ados, l'album se penche sur la question des premières fois, de l'homosexualité, de la naissance des premiers sentiments amoureux... Porté par  un graphisme rond très actuel, cet album saura séduire son public-cible par la teneur de ses propos et son accessibilité.
Les personnages doutent, réfléchissent ensemble, prennent conscience des attentes de chacun et évoluent au fil des pages. Et si parfois certaines questions restent en suspens, c'est pour mieux laisser au lecteur le soin d'y réfléchir.
Petit plus : les infos situées en début et fin d'album, sous forme de questions posées par les personnages croisés au fil des pages. De quoi en savoir un peu plus sur l'IVG, la pornographie, la contraception, l'homosexualité, le plaisir, etc.

Voilà ma 60e participation à la   organisé par Mango et ma 49e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

 

   Planche 1 Sexe et SentimentsPlanche 2 Sexe et Sentiments

Je tiens à remercier Audrey de LP Langage et Conseils et les éditions Jungle pour cet album.

29 octobre 2014

Contrecoups, Nathan Filer

Contrecoups, Nathan FilerContrecoups est le premier roman du britannique Nathan Filer paru en août pour la rentrée littéraire aux Éditions Michel Lafon. Lauréat du Prix Costa qui récompense le meilleur livre de l'année en Grande-Bretagne, Contrecoups est directement inspiré de l'expérience en hôpital psychiatrique de Nathan Filer durant dix ans, en qualité d'infirmier. 

Matthew, dix-neuf ans, est hanté par la mort de son frère, Simon, survenue dix ans auparavant. N'ayant jamais pu dépasser la culpabilité qui le hante, Matthew souffre désormais de schizophrénie et se débat avec cette maladie.
Pour exorciser celle qu'il compare à un serpent, Matthew s'exprime à travers des écrits, des dessins. Pour raconter son passé, cette nuit terrible où tout a basculé, l'après. Après la mort de Simon. Après ce vide laissé derrière lui et qui a ouvert la voie au chagrin de ses parents. Ce moment où il a perdu pied, à l'adolescence. Et puis son quotidien, en centre de jour, dans un hôpital psychiatrique. Matthew nous raconte son histoire, sans faux-semblant ni hypocrisie.

Voilà un des premiers romans noté lors de mon repérage de rentrée littéraire et que j'avais hâte de découvrir. Je pressentais une grande émotion lors de cette lecture, une narration à la première personne qui allait me prendre à la gorge et m'entraîner dans un tourbillon intime dont je ne ressortirais pas indemne, un roman que je ne pourrais lâcher tant le sujet, dur, allait me hanter et me tenir en haleine jusqu'à la dernière page.
Mais non. Rien de rien. Je suis restée complètement de marbre face à cette histoire pourtant intéressante et accrocheuse et j'ai tourné les pages avec une lassitude grandissante, étonnée de ne pas être touchée par cette intrigue.
Matthew ne m'a pas émue avec son drame familial et sa lente plongée dans la maladie, ni l'histoire de son frère trisomique, et sa mort aussi bête que tragique. Malgré une narration en je, l'ensemble est froid, distancié et n'a fait naître aucune émotion en moi. Je n'ai pas été mal à l'aise à l'évocation cynique par Matthew de son quotidien en hôpital psy, ni n'ai éprouvé une quelconque tristesse lors de la description de son mal-être après le décès de son frère. Rien. 
Alors certes, allez-vous me rétorquer, ce n'est pas parce que je ne pleure pas toutes les larmes de mon corps en lisant ce roman qu'il n'est pas bon. Soit. Mais pour ma part je suis restée spectatrice passive de ce drame, pas concernée une seconde par ces personnages si peu consistants. Même Matthew, protagoniste principal, demeure un personnage flou auquel il est difficile de s'attacher. Le fait qu'il prenne en charge la narration ne permet pas d'objectivité quant à sa personnalité mais le tout semble se résumer à sa schizophrénie et à son travail de deuil. Le traitement même de la maladie est rapide - puisque pris en charge par celui qui en souffre - et n'offre pas de point de vue intéressant sur la question.

Bref. Si le roman possède une originalité dans son traitement à la première personne, la magie n'a pas opéré pour moi. Une première lecture de cette rentrée littéraire à côté de laquelle je suis complètement passée, c'est indéniable.
D'autres avis, beaucoup plus enthousiastes : Azilis, Cajou, Dup et Radicale ne sont pas sorties indemnes de cette lecture.

Je tiens néanmoins à remercier les éditions  et  pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.

29 janvier 2014

Les Carnets de Cerise T.2 Le livre d'Hector, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les Carnets de Cerise TLe Livre d'Hector est le second tome de la série Les Carnets de Cerise, imaginée par Joris Chamblain et dessinée par Aurélie Neyret, paru en novembre 2013 chez Soleil dans la collection Métamorphose.

Cerise a grandi et va entrer au collège. Mais pas question pour elle de cesser d'observer le monde qui l'entoure... Alors que ses amies partent durant l'été, Cerise est intriguée par une vieille dame qui se rend chaque semaine à la bilbiothèque pour emprunter systématiquement le même livre. Il ne lui en faut pas plus pour vouloir percer ce mystère ! Aidée de la bibliothécaire, la fillette se lance dans cette aventure... au détriment de ses amies et de sa mère.

Quel bonheur de retrouver Cerise et son univers ! Une nouvelle fois, Joris Chamblain a su me charmer avec une intrigue qui laisse la part belle aux relations humaines et à la réflexion. 
Le personnage de Cerise évite de sombrer dans la caricature de la pré-ado mal dans sa peau et apporte une fraîcheur à l'intrigue. La vraisemblance est là, néanmoins, cristallisée par les mésententes entre l'héroïne et ses amies, désintéressées de ses enquêtes farfelues, et les relations compliquées entre Cerise et sa mère, dépassée par l'attitude de celle-ci.
Les dessins d'Aurélie Neyret offrent une nouvelle fois une tonalité à part à cette intrigue. Les couleurs douces et le trait rond sont une ode à l'enfance et à la candeur de ces doux moments où l'innocence domine et où l'insignifiant se transforme en extraordinaire.
Le mélange des genres - entre carnet intime et bande-dessinée - découvert dans le premier tome, confère à l'album un style à part, toujours aussi séduisant et original. L'intrigue, qui se déroule principalement à la bibliothèque municipale, rend hommage au monde des livres et fait écho aux velléités d'écriture de la jeune héroïne. Un album qui m'a enchantée, vous l'aurez compris. Et comme lorsque j'ai découvert cette série, j'ai hâte de lire la suite ! 
Un grand merci à Bénédicte et aux
Éditions   pour cet album.

Voici ma 61e participation à la organisée par Mango et ma 50e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

imaginée par Joris Chamblain et illustrée par Aurélie Neyret, publiée dans la collection Métamorphose de chez Soleil. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/01/12/26127751.html#sthash.tPGIiYcv.dpuf

Planche 1  Planche 2

Planche 3

17 juillet 2014

Le génie des coïncidences, J.W. Ironmonger

Le génie des coïncidencesLe génie des coïncidences est un roman de J.W. Ironmonger paru en juin 2014 chez Stock.

Thomas Post est un universitaire spécialisé dans la thèse des coïncidences. Tout événement n'est, selon lui, que le fruit du hasard et toute notion de coïncidence n'est qu'une interprétation de l'enchaînement de faits que ses calculs mathématiques déconstruisent.
Fort du succès de sa théorie, le jeune maître de conférence voit sa thèse mise à mal lorsqu'il rencontre Azalea Lewis, une jeune femme dont la vie entière semble régie par de curieuses coïncidences. Cette dernière le met au défi de lui prouver que sa thèse des coïncidences s'applique à sa drôle de vie.

Voilà un roman diablement rafraîchissant. J.W. Ironmonger entraîne son lecteur dans une intrigue à tiroirs à la fois temporels et géographiques. De 1982 à 2012, de Londres à l'Ouganda en passant par l'Irlande, Thomas va se lancer sur les traces du passé d'Azalea pour essayer de tester sa théorie sur son histoire personnelle.
Les chapitres se succèdent, alternant les époques de narration sans jamais perdre le lecteur, et ce dernier de suivre avec minutie le cheminement intellectuel du jeune universitaire pour voir si sa théorie n'est pas bancale.
L'émotion est au rendez-vous de cette intrigue qui allie fiction et Histoire - avec notamment les enlèvements d'enfants en Ouganda - et les rebondissements, nombreux, tiennent le lecteur en haleine.

J'ai lu ce roman d'une traite, dévorée par la curiosité, m'interrogeant au passage moi aussi sur cette étrange notion de coïncidences. Et si... Et si nos vies étaient dictées par quelque chose ? Et si le hasard n'existait pas ? Et si tout convergeait vers un point précis ? Et si, finalement, nous n'avions que peu de libre arbitre dans tout ça ? Et pour une fois, ça fait un bien fou de mettre de côté toute rationalité et de se poser en observateur de sa vie en ayant ces questions en tête...
Le génie des coïncidences est une lecture absolument délicieuse, savamment construite, dont je ne peux que vous conseiller la lecture.
Les avis de Cathulu et Clara
.

Un grand merci aux Éditions Stock et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

12 février 2014

Long John Silver T.2 Neptune, Xavier Dorison et Mauthieu Lauffray

long-john-silver-tome-2- -neptune-9564Long John Silver est une série de BD en quatre tomes publiée chez Dargaud. Neptune, le deuxième album, est paru en septembre 2008. J'avais adoré le premier tome. Raison de plus pour poursuivre la lecture de cette série !

Le navire qui vogue vers l'Amérique du Sud, avec à son bord Long John Silver et ses pirates, progresse lentement. Embauché par Lady Hastings pour débusquer le trésor de son mari, Long John Silver dissimule son véritable dessein : fomenter une mutinerie et se rebeller contre le capitaine du bateau, une fois le trésor en vue. Mais Elsie, la domestique de Lady Hastings, va mettre à mal ce plan en découvrant le contrat passé entre sa maîtresse et le flibustier. Son meurtre met à jour les plans du pirate et faire peser des doutes sur ses véritables intentions. La tension monte d'un cran sur le navire, et la situation devient vite incontrôlable.

Excellente série, Long John Silver offre au lecteur une plongée des plus réussies dans l'oeuvre de Stevenson.  
Ce deuxième tome, très sombre, se présente comme un huis-clos glaçant. La vie à bord est rude et le meurtre de la jeune domestique va déchaîner les plus bas instincts des personnages.  
La palette de couleurs utilisée est très sombre et offre un rendu superbe. Le temps est à l'image de l'ambiance qui règne sur le navire : tumultueux et imprévisible. Le découpement des pages alterne des vignettes classiques et de larges planches qui dynamisent le tout et renforcent la violence du récit. La narration alterne accalmie et déchaînement de violence et le lecteur de suivre le tout avec avidité.  
Car l'intérêt de ce tome est de montrer Silver dans sa dualité et dans sa difficulté à contenir l'envie de meurtre qui sourd en lui. Son obsession : tuer le Capitaine pour prendre sa place. Mais il se doit de maîtriser sa mutinerie pour parvenir à ses fins. Cette difficulté suinte à toutes les pages et le côté torturé du pirate semble se cristalliser dans ce tome.     
Un album à dévorer d'une traite, dans un souffle. Une réussite incontestable, tant graphique que narrative. Merci C. de cette attention.

Voici ma 62e participation à la   organisée par Mango et ma 51e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

Planche 1 Planche 3

3 juillet 2013

François sans nom T.1 Le sculpteur et la voleuse, Ricard, Runberg et Bianchini

François sans nom TFrançois sans nom est une série imaginée par Sylvain Ricard et Sylvain Runberg et dessinée par Marci Bianchini éditée chez Soleil dans la collection Quadrants. Le premier tome, Le sculpteur et la voleuse, est paru en mai 2013.

1466, quelque part en France. Alors que la jeune Félyzée est accusée de vol, elle croise la route d'un dénommé François. Un vagabond solitaire et érudit, accueilli par un sculpteur et qui aide ce dernier à réaliser les décorations du fronton de la cathédrale. Mais François poursuit d'autres desseins, gardés secret jusque là. Et Félyzée apprend bien vite qu'on le suspecte d'être le poète François Villon en exil...

Une série sur le sulfureux poète François Villon ? En voilà une bonne idée ! Ricard et Runberg nous offrent ici un scénario intéressant fondé sur l'anonymat que souhaite conserver le héros et le trouble jeté sur son passé. Qui est-il ? Pourquoi tant de hargne à l'encontre de l'Evêque d'Orléans, Thibaut d'Aussigny ? Ce premier tome nous permet d'aborder facilement la vie du poète le plus connu de la fin du Moyen Age par le biais d'une intrigue fictive au rythme bien mené.
Les dessins de Bianchini nous entraînent dans une France médiévale très bien reconstituée, à la vraisemblance historique respectée. Les tons chauds, ainsi que les dessins détaillés, permettent une immersion intéressante dans cette époque sombre.
Les planches possèdent un rendu dynamique grâce aux découpage des vignettes et leur organisation.
En bref, un premier tome prometteur !

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf
Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf
Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf

Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de Mango

Et ma 44e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)Top BD

- See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf

Planche 1Planche 2

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album reçu en service de presse.

Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf
Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions pour cette lecture. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf
22 mai 2013

Les Mondes de Yaxin : le jour de la licorne, Man Arenas

Les mondes de Yaxin le jour de la licorneLes Mondes de Yaxin : le jour de la licorne est un spin-off (une série dérivée) de la série Yaxin, signée Man Arenas, paru en mars 2013 dans la collection Métamorphose de chez Soleil.

Le petit Faune Gabriel est fasciné par les licornes et s'interroge sur ces créatures merveilleuses. D'où viennent-elles ? Quel est leur rôle ?

Poétique à souhait, cet album est une petite merveille visuelle. L'artiste Man Arenas offre à son lecteur l'étendue de son talent à travers de grandes planches riches en détails. Semblables à des tableaux, les pages se succèdent, tout en légèreté.
Les licornes y sont sublimées et c'est avec ravissement que le lecteur imagine, en compagnie de Gabriel, la vie de ces créatures légendaires fascinantes.

Les textes courts, rythmés et à la musicalité agréable, complètent la douceur des tons pastels et du trait rond de l'auteur. Le haïku - court poème japonais - n'est pas loin, et avec lui la poésie qui encense la nature et la vie.

Un très bel objet, dont la forme carrée permet l'éclosion de la poésie au fil des pages. Une lecture à mi-chemin entre le merveilleux et la légende. Une agréable découverte, c'est certain. A ne pas réserver aux adeptes des licornes ou du fantastique, ni à ceux qui ont lu la série originelle, Yaxin. Ce n'est pas mon cas et j'ai néanmoins grandement apprécié la douceur qui se dégage de ces pages.
Faelys avait été conquise, elle aussi, par cette découverte.

 Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette très belle lecture.

 Les mondes de Yaxin planche 2

15 mars 2013

De là, on voit la mer, Philippe Besson

De là on voit la mer, Philippe BessonDe là, on voit la mer est le dernier roman de Philippe Besson paru en janvier 2013 chez Julliard.

Louise est romancière. Pour trouver l'inspiration pour son dernier roman, elle loue une maison en Toscane, laissant son mari résigné à Paris.
Là, sous la chaleur écrasante de l'été italien, isolée de tout, elle se plonge dans l'écriture. Mais l'arrivée du jeune Luca dans sa vie bouleverse cette solitude et réveille ses sens. L'accident de voiture de son mari à Paris la ramène bien vite à la réalité et la confronte à son couple et à ses failles.

Roman sur la solitude nécessaire à l'acte d'écriture, De là, on voit la mer nous entraîne dans le sillage de Louise et de ses réflexions.
Son activité d'écrivain contraint l'héroïne à fuir son quotidien, Paris et son mari pour trouver en elle les mots. Mais si cette solitude est justifiée par l'écriture, elle n'en demeure pas moins floue et blessante pour celui qui partage sa vie, François, et qui subit au fil des ans ce caractère imprévisible et indépendant.

L'accident de ce dernier contraint la romancière à ôter son masque et cesser son jeu cruel. Les questions fusent, les réponses aussi. La vérité jaillit. Mais est-ce bien elle ? Quand des choix doivent être faits, que reste-t-il des détours et des esquives ordinaires ?
Philippe Besson nous livre ici une ode à la liberté, portée par une plume poétique à souhait. Louise, son héroïne, est un personnage singulier, à la psychologie finement dépeinte. L'heure des aveux arrive pour elle et les doutes ne sont plus permis.

Ce roman dévore son lecteur et le laisse en proie à des questions bien plus universelles que son intrigue le laisserait penser de prime abord. Il fait chaud, il fait très chaud sous le soleil toscan et l'on aimerait, un temps, embrasser le parcours de Louise et être à ses côtés, dans cette villa italienne au calme apaisant. Mais cela ne dure qu'un temps. Quand le drame se produit et que la belle Louise doit assumer, le lecteur se détache irrémédiablement d'elle.
J'ai aimé me plonger dans cette intrigue et me laisser emporter dans son tourbillon de questions, non sans une pensée pour
Le Soleil de Scorta de Laurent Gaudé. La moiteur et la touffeur de ces villages italiens se ressemblent, c'est indéniable.

"Donc elle écrit dans la chaleur épouvantable d'un été toscan qui ne veut pas mourir." (p.19)

Je tiens à remercier  Babelio et les Editions  Capture pour l'envoi de ce roman à l'occasion de l'opération Masse Critique.

16 février 2013

Gâtée, vous avez dit gâtée ?

Ma boîte aux lettres m'a ravie cette semaine... J'ai en effet eu l'immense plaisir de recevoir deux colis, à quelques jours d'intervalle, de blogueuses très attentionnées. Il faut dire que j'ai eu la chance d'être tirée au sort à deux concours... 

CottageMyrtille, tout d'abord, m'a envoyé un petit paquet tout frais, de sa montagne enneigée. Hermux en a été assez intrigué. 
1 petit carnet illustré d'une poupée gigogne, un stylo, un confit de violettes typique de chez elle et une carte enneigée le composait. Merci beaucoup ma chère Cottage ! J'ai été très touchée par ces attentions et j'adore ce que tu m'as préparé ! 

                              P1050925 P1050929

P1050931

Le deuxième paquet me vient de Manon et Laurie, deux copines blogueuses qui animent ensemble le blog The Shop around the corner, un blog foisonnant que je vous encourage à découvrir ! Merci beaucoup à vous deux, j'ai été ravie de tout ce que j'ai reçu ! 

Un joli colis en partenariat avec Gallimard et Momie BD&Mangas, une librairie Clermontoise, qui contenait :

  • 1 tee-shirt anniversaire des 40 ans de Gallimard
  • 1 exemplaire de la revue Zone Grise
  • Le voyage amoureux, 12 histoires d’amour venues du monde entier
  • Regards croisés sur l’adolescence, son évolution, sa diversité de Marcel Rufo et Marie Choquet
  • 1 exemplaire unique du livre en carton des éditions Céphisa Cartonera Le premier Noël du Père Noël d'Emilie Giraudet
  • Le tome 1 du manga Jinbe Evolution de Hiroshi Fukuda
  • Des marque-pages offerts par Bookstory
  • Des cartes postales des éditions Gallimard
  • La possibilité de télécharger tout le catalogue de Bookstory sur ma liseuse 
  • Une jolie carte toute ronde !

P1050934

 

Un grand merci à vous trois les filles, vous avez illuminé ma semaine ! 

 
 

19 novembre 2012

Une place à prendre, J.K Rowling

Une place à prendre, JUne place à prendre est le premier roman écrit par l'anglaise J.K Rowling, mondialement connue pour sa série Harry Potter, paru en septembre 2012 chez Grasset pour l'édition française.

Pagford, petite paroisse du Sud-Ouest de l'Angleterre. Barry Fairbrother succombe à une crise cardiaque. Son décès laisse de nombreuses personnes éplorées : sa femme et ses enfants, bien entendu, mais aussi les filles de l'équipe d'aviron du lycée dont il était l'entraîneur, ses acolytes politiques, etc. Mais certains se réjouissent de cette mort prématurée. Car Pagford, tranquille en apparence, regorge de malaises sociaux et politiques contre lesquels Barry menait une lutte sans merci. La menace source et l'équilibre de la petite ville est très vite menacée par les intérêts de chacun.

J'ai grandi avec la série Harry Potter. J'avais adoré, gamine, cet univers si singulier et le côté rassurant de ces romans et j'attendais la sortie de chaque nouveau tome avec impatience. Depuis, j'ai grandi... (Enfin, je viens juste d'aller aux Studios Harry Potter et je dois vous en faire le compte-rendu avec photos et tout le toutim, mais passons.)
Les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister ont été l'occasion de découvrir ce premier roman pour adultes dont la sortie faisait déjà tant d'émules. Je l'ai ouvert sans a priori, sans attente. Juste tentée par la quatrième énigmatique et elliptique à souhait.  
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue, loin de là. J'ai retrouvé dès les premières pages le style de Rowling, sa manière de faire monter le suspense et de gérer le rythme de son récit, dans un univers faussement rassurant aux perfidies multiples. J'ai grignoté chacune de ces 700 pages, découvrant les ramifications si nombreuses à l'intrigue principale.   
Les personnages se succèdent, et avec eux autant de psychologies finement étudiées et jamais archétypales. Chacun porte en lui son histoire et ses tourments et l'auteure parvient à leur donner vie à travers sa plume. C'est à peine si l'on a l'impression de lire un roman tant J.K. Rowling nous dresse des portraits complexes et nous offre des personnages d'une vraisemblance troublante. Car sous des abords caricaturaux - la junkie qui a du mal à décrocher, l'adolescente infecte avec ses profs qui tente de faire face à une situation personnelle des plus sordides, la jeune fille bouc émissaire qui s'auto-mutile, etc. - chacun des personnages nés sous la plume de J.K. Rowling recèle une complexité bien loin des archétypes du genre.    
La bourgade de Pagford lui permet de recréer un microcosme à l'image du monde et de ses travers. Les thèmes abordés sont nombreux (le racisme, la pédophilie, le viol, le harcèlement moral, les déterminismes sociaux, etc.) et la mort de Barry Fairbrother n'est qu'un détail autour duquel tout gravite. La petite paroisse condense tout ce que l'humanité peut avoir de moche et de mesquin et cela fait froid dans le dos.   
Un petit bémol, néanmoins, à noter : à trop vouloir se pencher sur la misère et les injustices de ce monde, J.K. Rowling nous livre ici un roman qui est loin d'être une partie de plaisir en terme de lecture. Certains passages m'ont mise mal à l'aise, d'autres sont réellement plombants. La misère sociale de certains personnages est désolante mais pourtant ô combien vraisemblable. Et c'est justement cette vraisemblance qui fait la force de ce roman. Pagford est une représentation de tous les travers de notre société et fait douloureusement écho à ce que nous vivons, à ce que nous côtoyons. C'est dur, parfois lourd à lire, mais tellement bien écrit et amené que l'envie d'en savoir plus est plus forte.   
Certains ont adoré ces 700 pages, d'autres l'ont détesté. Pour ma part, sans être un coup de coeur, j'ai été bluffé par le talent de J.K. Rowling. Une place à prendre est un roman très bien ficelé qui lui ouvre grand la porte de la littérature adulte.

D'autres avis sur ce roman : Argali, Cla S, Herisson, ManuCatherine, Noukette, Syl, Stephie, Mélo, Mango, Belledenuit, LystigCryssildaL'Irrégulière...   
Un grand merci à Oliver et à
Priceminister pour la découverte de ce roman.

 

Les matchs de la rentrée littéraire 2012 sur PriceministerNote : 17/20

 

6 janvier 2013

Six Feet Under : nos vies sans destin, Tristan Garcia

Six Feet under nos vies sans destin, Tristan GarciaSix Feet under : nos vies sans destin est un essai paru en septembre 2012 chez PUF. Tristan Garcia, son auteur, est né à Toulouse en 1981 et a enseigné la philosophie avant de se tourner vers l'écriture de séries télé.

Six Feet Under [Six Pieds sous terre] est une série américaine en cinq saisons créée par Alan Ball et diffusée par HBO de 2001 à 2005.
Elle met en scène, tout en pudeur et en réalisme, le quotidien de la famille Fisher, qui gère une entreprise de pompes funèbres : Ruth, la mère adultère à la recherche d'elle-même, Nath, le fils aîné qui n'avait pas prévu de rester à Los Angeles, David, qui refoule son homosexualité pour mieux se consacrer à l'entreprise familiale et Claire, la petite dernière, qui termine ses études. Et puis Nathaniel, le père, mort dès les premières minutes du pilote, et qui, par son testament, oblige toute la famille à vivre ensemble autour de la société qu'il a créée.

La famille FisherSix Feet Under est ma série fétiche, celle qui m'a captivée, m'a fait sourire, pleurer, réfléchir. Une série dont je ne me lasse pas et dont chaque visionnage m'apporte quelque chose.
La parution de cet essai chez PUF m'a interpellée et sitôt reçu à Noël, je me suis littéralement jetée dessus. Tristan Garcia aborde, avec une plume d'une justesse inouïe, Six Feet Under sous tous ses angles. En 168 pages, il s'attarde sur les prémisses de la série - qu'il appelle le prégénérique -, décortique le générique ainsi que la première scène du pilote, puis nous propose une réflexion thématique et graduelle : les individus, la famille, le travail, l'amour, la mort, la quête du sens, le tout ponctué par le portrait des personnages principaux et l'analyse d'épisodes clés de la série.
L'analyse des protagonistes et de leur vie au cours des cinq saisons permet de les mettre en résonance et de davantage les cerner. On se rend ainsi compte que Ruth a sacrifié son bien-être pour s'occuper des siens, que le couple David/Keith est le plus solide tout au long de la série, que Claire se perd dans l'art pour s'exprimer et trouve dans la photographie la possibilité d'être avec les autres tout en les observant du dehors et que Nath, cherchera tout au long de sa vie un accomplissement inespéré.
A la fois taxée d'élitisme et encensée par la critique, Six Feet Under est un condensé de réalisme à l'état pur porté par un rythme lent, comme celui de la vie. Un petit bijou d'intelligence et d'émotions dont personne ne sort indemne. Ce petit guide en est une analyse indispensable et permet de clore le chapitre ouvert en 2001.
Avis à mes lecteurs habituels, deux choix s'offrent à vous : soit vous avez vu cette série et vous l'adorez (cela s'entend !), soit vous êtes obligés de regarder au moins le pilote pour comprendre ce que je viens de développer plus haut.

« Ample et minutieuse saga sur le temps, la finitude, la morale, la société et l'art de son temps, cette série peut pourtant prétendre à un statut proche de celui de la Recherche proustienne - à ceci près que le « je  » du narrateur aurait éclaté, s'ordonnant en une concaténation de subjectivités égales et négociant entre elles les conditions de leur éducation sentimentale, de leur possibilité de "vivre enfin" ». (p.12)

« Immense oeuvre étalée sur cinq années, Six Feet Under ressemble à une vaste opération de chimie qui dissout nos pensées, nos croyances, nos désirs et nos sentiments dans l'existence ordinaire ; et quel est le précipité obtenu à la fin ?  Notre conscience de nous-mêmes, en larmes. » (p.13)

 A défaut d'un trailer digne de ce nom, je vous laisse avec le générique, envoûtant. 

22 janvier 2012

Argentina, Argentina... Christophe Léon

Argentina, Argentina

Argentina, Argentina... est un roman de Christophe Léon paru en août 2011 aux Editions Oskar.

Pascal est journaliste. Pour préparer son article sur les enfants volés par les militaires argentins durant la junte, il part à la rencontre d'Ignacio, un de ces enfants désormais adulte.
Les deux hommes vont s'apprivoiser et Ignacio va livrer à Pascal son histoire et l'histoire de sa famille, lors des heures sombres de son pays. La disparition de ses parents, son adoption par un colonel et sa femme, les retrouvailles avec sa grand-mère, des années après, et sa construction personnelle malgré une enfance brisée.

Argentina, Argentina... est un roman assez court mais d'une intensité dramatique remarquable. Christophe Léon ne s'attarde pas sur des détails inutiles - comme la vie personnelle de Pascal, le journaliste, ou son projet d'article - et prend le parti de centrer son récit sur un pan de l'histoire de l'Argentine, raconté par un personnage adulte à travers ses souvenirs d'enfant.
J'ai été très émue à la lecture de ce récit, le trouvant à la fois vibrant d'émotion et tout en pudeur. Les deux hommes s'apprivoisent progressivement et aplanissent au fil des heures leurs différences culturelles, personnelles, etc. C'est beau, c'est simple. Pas de fioriture ni de plume aux envolées lyriques. Juste une rencontre entre deux personnages et un lourd passé qui ressurgit.
J'ai vraiment passé un très bon moment avec ce roman jeunesse. Il m'a permis d'en savoir un peu plus sur un pays dont j'ignore quasiment tout. Par contre, je m'interroge sur la réception par des adolescents : comment vont-ils appréhender ces détails historiques qui ne sont pas vus en cours, qui ne sont pas médiatisésLecture pro aujourd'hui, dont on ne parle pas en France à l'heure actuelle ? Je le verrai vite, car c'est une lecture que j'ai faite dans un cadre professionnel !

Lectures communesJ'ai lu Argentina, Argentina... en lecture commune avec Eidole, rencontrée il y a peu par blogs interposés (une lecture commune qui nous a permis de mieux nous connaître !) Je m'en vais voir de ce pas ce qu'elle en a pensé !

2 octobre 2011

Le crime de l'Orient-Express, Agatha Christie

9782253010210FSLe crime de l'Orient-Express, paru pour la première fois en 1934, est un des romans les plus célèbres de la Reine du crime.

Hercule Poirot voyage dans le prestigieux Orient-Express pour rentrer à Londres. Mais un crime est commis durant la nuit, alors que le train est bloqué par la neige et notre détective belge préféré est chargé de résoudre l'enquête. Bien vite, la victime apparaît sous un jour peu flatteur. Les masques se hissent. Les témoins se taisent. Hercule Poirot enquête.

Pourquoi vous parler de ce roman connu de tous ? Parce que c'est une relecture pour moi - j'ai lu quasiment tous les romans d'Agatha Christie quand j'étais plus jeune - et que j'aime, par période, me replonger dans un de ses romans. Il est certains moments durant lesquels le charme suranné des romans d'Agatha Christie m'attire inéluctablement. Un plaisir rassurant en somme.
Si je me souvenais vaguement de l'intrigue, j'avais en tout cas bien en mémoire le meurtrier. Plaisir gâché vous me répondrez ? Non. Même si je connaissais le dénouement, j'ai dévoré ce roman en une soirée, appréciant le style d'Agatha Christie et me délectant des indices qu'elle parsème dans ses dialogues.
Je n'en dirai pas plus. D'autres l'ont fait bien mieux que moi et avant moi. UnChallenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie excellent roman policier à découvrir ou à redécouvrir.

Une lecture que j'inscris dans le Challenge La littérature fait son cinéma de Will, avec l'adaptation cinématographique de ce roman réalisée par Sidney Lumet en 1974 avec pléthore de grands acteurs : Albert Finney, Lauren Bacall, Anthony Perkins, Sean Connery et Ingrid Bergman.

 

 

 

 

15 août 2011

Raison et sentiments, Jane Austen

Raison et sentimentsParu en 1811 de façon anonyme, Raison et sentiments (Sense and sensibility) est le premier roman de Jane Austen et l'un de ses plus connus.

A la mort de son mari, Mrs Dashwood et ses filles se trouvent privées de leur héritage. Forcées de quitter leur domaine de Norland, elles trouvent refuge à Barton Cottage, dans le Devon. Les réceptions se succèdent, ainsi que les invitations. Si Elinor, l'aînée, reste fidèle à Edward, rencontré avant son départ de Norland, Marianne, la benjamine, tombe rapidement sous le charme de John Willoughby. Et les deux soeurs souffrent rapidement des affres de l'amour et de ses caprices. Tout n'est pas calme, dans le Devon..

J'ai lu il y a peu Orgueil et préjugés, et si j'avais adoré découvrir la verve de Jane Austen et sa critique sociale féroce, je dois avouer que le charme a moins opéré ici.
L'intrigue de ce roman possède de grandes similitudes avec Orgueil et préjugés - des jeunes filles à marier issues d'une petite bourgeoisie désargentée - ainsi qu'avec la vie-même de Jane Austen. Peut-être ai-je lu ces romans de façon trop rapprochée ? Peut-être ne suis-je pas assez patiente ces derniers temps pour supporter sans grincer des dents les personnages de Jane Austen, dont les seuls remous de l'existence semblent se résumer à leur vie affective ô combien tumultueuse ? Peut-être aussi que j'ai moins perçu dans ce roman l'ironie de la femme de lettres anglaise et que les personnalités qu'elle a décortiquées m'ont moins concernée que dans son précédent roman ? Toujours est il que je n'ai pas vraiment été passionnée par cette lecture aux relents parfois mièvres... Je comprends et conçois l'attrait que les romans de Jane Austen peuvent exercer sur certain(e)s lecteurs/rices, mais je pense que le moment était vraiment mal choisi pour moi pour me lancer dans cette lecture et l'apprécier, peut-être, à sa juste valeur.
Sans en nier les qualités littéraires évidentes, je ne peux décemment pas ériger ce roman en grand souvenir de lecture estivale ni le faire entrer dans le panthéon littéraire des oeuvres qui auront marqué mon parcours de lectrice. Une relecture, peut-être, me fera changer d'avis... ou pas ! Lectures communes

Raison et sentiment était une lecture commune avec : Cynthia, Marion, Sofynet, Mélusine, L'Ogresse de Paris, Frankie, Reveline, Sabbio et Missycornish.

Et comme ce roman a donné lieu à un grand nombre d'adaptations cinématographiques, j'inscris tout naturellement cette lecture comme septième participation au Challenge de Will La littérature fait son cinéma.

Et parce que j'adore Hugh Grant, je ne résiste pas à la tentation d'insérer la bande-annonce du film réalisé en 1996 par Ang Lee.

 

19 novembre 2009

Diego et Frida, Le Clézio

diegoVoilà un livre que j'ai cherché longtemps sur les étals des libraires et des bouquinistes avant de le trouver dernièrement à Paris.
Je pense que le fait que Le Clézio ait eu le Nobel de Littérature en 2008 a dû participer à sa réimpression.

Diego et Frida relate, comme son nom l'indique, la romance entre les deux artistes mexicains
Diego Rivera et Frida Khalo, sur fond d'implication politique et historique.
Le couple s'aime et se déchire au rythme de l'histoire du pays qu'ils aiment tant et de leurs nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis.
Diego, bien plus âgé que Frida, est déjà un artiste accompli lorsqu'ils se rencontrent en 1923 à la Preparatoria. Son implication politique, sa passion pour l'art et les femmes habiteront ce géant, cet "ogre" comme le nomme Le Clézio, toute sa vie, au détriment de ceux qui l'aiment.
Frida, quant à elle, se plonge dans la peinture, et les autoportraits plus particulièrement, suite à l'accident de bus qui la rendra infirme et stérile à vie. La souffrance de sa vie transparaît dans ses peintures, tout comme son amour inconditionnel pour Diego.

La plume de Le Clézio dépeint avec beaucoup de douceur ces deux existences, permettant au lecteur de s'immiscer discrètement entre eux.
Cette biographie très documentée, mêlant notamment des extraits de correspondances à des citations d'autres biographies, permet d'avoir une approche biographique et artistique assez globale des deux protagonistes.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et vous le conseille vivement. Il m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur les deux artistes. J'ai cherché pas mal de leurs œuvres d'art sur Internet, certaines faisant écho à des périodes de vie décrite dans ce livre.

Cette biographie était en fait pour moi le prolongement du visionnage du film éponyme de Julia Taymor consacré à Frida et sorti sur les écrans en 2003. Il m'arrive en effet souvent d'avoir une boulimie sur un auteur, un personnage historique ou encore une époque et de me jeter à corps perdu dans des lectures qui lui sont consacrées...

"L'infirmité progressive, l'enfermement dans la solitude de la douleur ont transformé le rêve d'enfant en fantasme, et donné une valeur presque mythique à cette autre elle-même, qu'elle scrute indéfiniment dans son miroir." p.65

"L'hiver est doux et pluvieux, et elle pense avec nostalgie aux ciels éclatants et au froid du matin à
Coyoacán, aux enfants qui grignotent la canne à sucre de Noël au coin des rues, aux Indiennes qui vendent des fleurs de noche buena et de la terre végétale." p.146

"Pris par la réalisation des peintures murales du Palais National, dans le tumulte sensuel de la vie et les remous de la politique au jour le jour, Diego peut bien croire au bonheur de Frida dans sa nouvelle vie, son indépendance. Elle-même ne joue-t-elle pas à être heureuse ?" p.218

17 avril 2010

L'affaire du Chien des Baskerville, Pierre Bayard

baskerville_bayardA Lyon, à l'occasion du Festival Quais du Polar, j'ai eu la chance de rencontrer Pierre Bayard, un auteur que j'apprécie et estime beaucoup, après avoir lu Qui a tué Roger Ackroyd (sur lequel j'avais rédigé un billet) et Enquête sur Hamlet.
Pour terminer ma lecture de son cycle de "critique policière", qui est définie, par le site Fabula comme une
  "démarche justicière", prenant comme point de départ
" l’attention aux invraisemblances", je me suis lancée dans L'affaire du Chien des Baskerville.
Je me suis donc empressée d'acheter cet essai, de le faire dédicacer (en faisant au passage deux ou trois blagues...) et de le dévorer !

Tout le monde connaît la légende du chien des Baskerville, développée par Conan Doyle dans son ouvrage éponyme. Sur la lande déserte, un immense chien, telle une évocation des Enfers, surgit, tous crocs dehors, pour tuer ses pauvres victimes... Le célèbre Sherlock Holmes, appelé à enquêter, s'intéresse de près au décès de Charles Baskerville, héritier de la famille, survenu quelques mois avant le début de la narration. Quelqu'un semble s'en prendre aux Baskerville, et Henry, le neveu de Charles, est en danger ! Heureusement, Watson et Sherlock sont là pour le protéger et déjouer la machination qui se trame...
Oui, mais... Mais Pierre Bayard se penche sur cette affaire et met en parallèle certaines incohérences du texte... Et si Sherlock Holmes s'était trompé d'assassin ? Et si ce dernier coulait depuis tout ce temps des jours paisibles entre les lignes de Conan Doyle, à jamais innocenté d'un crime que personne ne semble voir dans ce roman ?

Comment résister à une deuxième lecture de Conan Doyle, plus approfondie, plus fouillée, qui permet de lire entre ses lignes ? Pierre Bayard excelle une nouvelle fois dans cet exercice, scindant son propos en étapes progressives et amenant son lecteur à une révélation pour le moins étonnante.
Une excellente lecture pour qui s'intéresse à cette enquête du célèbre détective et qui permet de la reconsidérer sous un autre angle. U
Sans_titre_2n détour par les relations entre Doyle et son célèbre personnage permet non seulement de mettre en perspective ce roman par rapport à l'œuvre de l'écrivain mais aussi de comprendre l'emprise du personnage sur son créateur et les réactions qu'il suscite chez ce dernier.
Pierre Bayard insinue le doute dans l'esprit de son lecteur, l'amenant à s'interroger sur le degré fictionnel d'un texte et la frontière entre réalité et imagination...
Allez, j'avoue, sixième coup de cœur de l'année... Vous l'aviez peut-être deviné ?

"Observation et déduction, telles sont donc, exposées ici pour la première fois mais souvent reprise dans l'ensemble de l'oeuvre, les deux clés de la méthode Holmes, celle qui doivent lui permettre de mener à bien ses enquêtes." (p.41)

"Loin d'être un système fermé, la méthode Holmes laisse ainsi subsister, tant au niveau ponctuel des indices qu'à celui de la construction d'ensemble, des solutions alternatives. Et c'est paradoxalement sa richesse qui la conduit à l'incertitude." (p.58)

"Et dès lors que Le Chien des Baskerville, s'ouvre sur une erreur d'interprétation de Holmes, il est inévitable de se demander si celle-ci ne préfigure pas une erreur plus globale, portant sur l'ensemble du roman, et si, se glissant dans la marge étroite entre loi scientifique et généralité statistique, un assassin n'en aurait pas profité pour échapper à la police et pour couler depuis, en toute impunité, des jours paisibles." (p.58)

"Et si l'on suit cette hypothèse, il existe donc, autour du monde littéraire ouvert par l'œuvre, une multitude d'autres mondes possibles que nous pouvons compléter par nos images et nos mots." (p.69-70)

3 avril 2013

Ekhö Monde miroir T.1 New York, Arleston et Barbucci

Ekhö Monde miroir TEkhö est une nouvelle série signée Arleston pour le scénario et Barbucci pour les dessins. Le premier tome, New York, est paru en mars 2013 chez Soleil.    

Alors qu'un vol long courrier à destination de New York est secoué de turbulences et menace de s'écraser, deux de ses passagers se réveillent miraculeusement dans un monde étrange qui semble le miroir du nôtre. L'avion est un énorme reptile, les passagers du vol sont des créatures étranges et si  New York a conservé la topographie qu'on lui connaît, la ville semble être un mélange mi-fantasy mi-steampunk. Fourmille et Yuri, les deux passagers miraculés, ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Sont-ils morts ? Rêvent-ils ? Et comment revenir dans leur monde ?

Séduite par les dessins de cet album, j'ai plongé avec plaisir dans cette intrigue d'héroïc-fantasy. L'idée d'un monde parallèle n'est certes pas neuve et fait penser ici au roman Neverwhere de Neil Gaiman, mais Arleston réussit à lui donner une note sympathique et humoristique très appréciable.
L'intrigue se met en place très rapidement et s'ouvre en ramifications prometteuses pour la suite. Le duo de personnages, un brin caricatural, fonctionne bien et le lecteur sait d'entrée que leur répulsion réciproque n'est que le signe d'un amour naissant dans les tomes suivants.
Pour ma part, j'ai toujours été fascinée par les mondes miroirs et leurs possibilités. Le New York présenté dans ce premier tome a su me séduire par sa loufoquerie. Empruntant à diverses époques, l'architecture est soignée et certaines planches sont vraiment de toute beauté. Les détails sont nombreux, l'humour suinte à chaque planche via les dialogues ou les décors et l'ensemble est très agréable à découvrir. L'amie des animaux que je suis a adoré les petits écureuils notaires fous de thé imaginés par Arleston... Oui, je sais, j'ai un côté cucul parfois. 
Je déplore cependant que certains plans soient centrés sur la poitrine de l'héroïne ou les fesses des personnages féminins, ainsi que certaines scènes de strip-tease confèrent malheureusement une touche un brin perverse à cet album. Dommage que les auteurs oublient que leurs lecteurs ne sont pas que des hommes avides d'attributs rebondis.

 Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette très belle lecture.

  Voici ma 52e participation
 à la BD du mercredi de Mango
  

    Et ma 41e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 16/20)

  Top BD

             Planche 1 Ekhö Planche 2 Ekhö

Planche 3 Ekhö

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 > >>
Publicité