Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 avril 2012

Le tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte

Le tableau du maître flamandLe tableau du Maître flamand est un roman de l'écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte paru en 1990 et couronné par le Grand Prix de littérature policière en 1993.

Madrid. Julia, restauratrice de tableaux, découvre sur l'oeuvre du XVe siècle qu'elle restaure, une mystérieuse inscription : Quis ecavit equitem ? Cette inscription latine, masquée par Van Huys, l'auteur du tableau, fait étrangement écho au sujet même de la toile. Qui a tué le chevalier, l'un des joueurs peints ?

Un ultime visionnage de La neuvième porte, la semaine dernière, m'a donné envie de sortir ce roman de ma PAL. Arturo Pérez-Reverte est en effet le romancier à l'origine de ce film de Polanski avec Johnny Depp, film plutôt bien ficelé je dois dire.
Mais revenons à ce roman... J'en avais entendu beaucoup de bien, d'où mon achat chez un bouquiniste il y a quelques temps... Et nombreux ont été les commentaires récents m'assurant une lecture absolument délicieuse...
Malheureusement, j'ai été un peu déçue. L'idée de départ est excellente et prometteuse, mais le rythme de l'intrigue est trop lent pour tenir le lecteur en haleine. Le manque d'épaisseur psychologique des personnages les fait irrémédiablement pencher du côté de la caricature.  C'est bien dommage !
J'ai pourtant aimé les mises en abyme de l'auteur, nous faisant voyager entre les deux époques. Si le procédé est éculé, il n'en demeure pas moins efficace avec cette intrigue.
Mais la magie n'a opéré qu'un temps et j'ai trouvé trop de longueurs à ce roman et un dénouement vraiment trop prévisible pour, après en avoir fermé la dernière page, me dire que je l'ai vraiment aimé.

Une chronique de soukee rangée dans Romans policiers - Vos commentaires [42] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


09 avril 2012

Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran, Natacha Levet

Sherlock Holmes de Baker Street au grand écranSherlock Holmes : de Baker Street au grand écran est un essai de Natacha Levet,  maître de conférences en littérature à l'université de Limoges, paru en janvier aux éditions Autrement. 

Natacha Levet se penche avec application, en 211 pages, sur le personnage imaginé par Conan Doyle. Elle passe au crible la naissance littéraire du mythique enquêteur britannique, sa personnalité, les inspirations littéraires de son auteur, le triomphe quasi immédiat de ses aventures, mais aussi leurs adaptations multiples à la TV, au cinéma, au théâtre, en littérature...

Vous ne connaissiez de Sherlock Holmes qu'une silhouette portant une cape, un deerstalker et une pipe ? Vous pensiez que Robert Downey Jr. était le seul interprète de talent du célèbre enquêteur ? Pire : vous n'avez jamais lu d'aventure de Sherlock Holmes et vous avez regardé d'un oeil distrait l'une ou l'autre adaptation de Guy Ritchie sans vous poser aucune question ? Vous pensez donc ne pas être concerné par ce livre. Faux, absolument faux : cet essai est fait pour vous !
Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran
est un livre rudement bien documenté, qui saura séduire les novices holmésiens comme les plus aguerris. Non seulement il permet d'apporter un éclairage nouveau au personnage et à ses aventures - en passant par son célèbre acolyte Watson - mais en outre il offre une analyse très fine sur ce qui a précédé l'oeuvre de Doyle et ce qui lui a succédé. Une étude très complète qui permet de réviser ses classiques tout en approfondissant certains points.
Natacha Levet revient ainsi aux origines du célèbre enquêteur : le contexte de son écriture par Conan Doyle, tant historique que biographique,  mais aussi les figures d'enquêteurs littéraires célèbres qui ont influencé son créateur : le chevalier Dupin et l'inspecteur Lecoq, personnages imaginés respectivement par Edgar Poe et Emile Gaboriau. On apprend ainsi qu'Holmes est loin d'être le premier enquêteur flanqué d'un acolyte à qui il conte ses exploits, à avoir des capacités de déduction et de logique hors du commun, voire un don pour le déguisement...
Natacha Levet prolonge sa réflexion en listant les adaptations littéraires, cinématographiques et théâtrales des aventures de Sherlock Holmes, et leurs influences sur le mythe holmésien et ses représentations et clôt sa réflexion sur une bilbiographie et une filmographie des plus complètes ! 
Une lecture très enrichissante donc, très abordable en terme de contenu, qui permet d'en savoir plus sur un personnage mondialement connu, devenu en quelques années un mythe littéraire.

"Le public du XIXe siècle est friand de récits de crime et la presse exploite abondamment ce goût en développant la rubrique des faits divers et la fiction criminelle. Il s'agit moins d'une fascination morbide que de l'expression de nouvelles angoisses face à un monde qui change très vite." (p.6)

"Arthur Conan Doyle n'invente pas une forme littéraire, mais il en exploite le potentiel et en fixe un modèle possible, perfectionnant le genre de récit en récit. " (p.7)

"Les aventures de Sherlock Holmes offrent un écho aux controverses et aux grandes interrogations médicales de l'époque." (p.75)

"C'est la combinaison d'un héros tout-puissant, d'une aventure et d'une parole théâtralisée qui constitue la base d'un fonctionnement mythique du récit." (p.94)

"[Watson] est surtout le double naïf du lecteur, attendant la révélation de la parole holmésienne, incapable de se livrer à la même analyse alors même qu'il possède les mêmes informations que le détective." (p.97-98)

"Sherlock Holmes théâtralise sa parole, mais il a besoin pour cela du medium narratif qu'est Watson afin d'accompagner le lecteur dans le brouillard des signes, avant de tout expliquer d'une parole magique qui éclaire et révèle." (p.99)

Et pour les plus réticentes,
Robert et Jude sauront vous convaincre...
(autre version : Rachel saura vous convaincre...)

 

 

Une chronique de soukee rangée dans Essais - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

04 avril 2012

Polina, Bastien Vivès

Polina, Bastien VivèsPolina est un album signé Bastien Vivès, sorti en 2011 chez Casterman, récompensé par Le Prix des Libraires 2011 et Le Grand Prix de la Critique BD 2012.  Lauréat en 2009 du Prix Révélation au Festival d'Angoulême avec son album Le goût du chlore, Bastien Vivès, 28 ans, poursuit son chemin dans le monde de la bande dessinée.

Polina a six ans lorsqu'elle rencontre le professeur Bojinski, chorégraphe réputé. Cette rencontre se solde par cette remarque assassine : "Il faut être souple, si vous espérez un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don." Mais quelques années plus tard, Polina retrouve le chorégraphe très strict. Et malgré sa dureté, elle apprend avec lui la rigueur nécessaire à la danse classique.

Tant a déjà été dit sur cet album que je peine à trouver quelque chose d'original à ajouter. Et pour cause : Polina est un album déroutant, et ce à plusieurs niveaux.
Déroutant par son sujet, tout d'abord, le monde très fermé des danseurs professionnels. Si vous pensez que ce n'est pas pour vous car vous ne dansez pas ou que vous n'y connaissez rien, vous vous trompez. Je suis dans ce cas-là et j'ai pourtant été captivée par l'histoire de Polina, de son enfance à son âge adulte. Aimiez-vous tant que ça la boxe pour apprécier Million Dollar Baby de Clint Eastwood ? Bon, c'est la même chose. Cet album possède la même portée universelle.
Déroutant, ensuite, dans sa temporalité, et surtout dans ses ellipses. Tout au long de ces 206 pages, on suit le parcours de Polina. De ses débuts à 6 ans à son entrée à l'école de danse puis au théâtre. Bastien Vivès parvient avec une facilité déconcertante à faire défiler les jours et les années sans aucune indication. J'ai été bluffée, notamment, par une page qui, en six cases, fait ressentir au lecteur la succession des jours d'entraînement de l'héroïne. Six cases seulement, et des journées pourtant symbolisées. Grandiose !
Déroutant, enfin, dans son dessin. L'album est en niveaux de gris et le trait de Bastien Vivès minimaliste. Ce dernier ne s'encombre ni de personnages secondaires - aux visages parfois gribouillés -, ni de décors détaillés. Le trait est simple et s'attache au personnage de Polina. Les instants dansés sont très soignés et témoignent du talent de l'auteur. Regarder une planche de dessins montrant un personnage danser, c'est assister à un ballet.
Bref, une lecture absolument incroyable, et déroutante (mais ça, vous l'aurez compris). Ne dites pas que vous n'aimez pas les dessins, qu'un album en niveaux de gris vous laisse de marbre, etc. Ouvrez Polina et venez en parler !

Les avis de Mango, Marion, Theoma, Sophie, Lili Galipette, Alex-Mot-à-Mots, d'Antigone, sur cet album.

Planche Polina

Double page Polina

Et voici ma 38e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 29e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17,5/20)

Top BD

Et voici les dix premiers titres du
Top BD des blogueurs du mois de mars

 

  1. Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis                                           
  2. Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                          
  3. Habibi, Craig Thompson, Casterman                                                            
  4. Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                                               
  5. Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman  
  6. Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial  
  7. NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius   
  8. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis                                                                         
  9. Black Hole, Charle Burns, Delcourt                                           
  10. Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest                      

...

Pour en savoir plus sur le Top BD des blogueurs, rendez-vous chez Yaneck

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [42] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

03 avril 2012

Panne de mots, fatigue, vraie vie, etc.

Comme beaucoup de blogueurs et de blogueuses, il m'arrive d'avoir des moments de doutes à propos de mon blog. Comme en ce moment, par exemple.
Des doutes quant à son intérêt, tout d'abord. Qui suis-je pour prétendre que mes lectures en intéressent d'autres ? Que mes avis personnels puissent avoir un quelconque intérêt pour d'autres lecteurs ? Je ne suis pas critique littéraire, mes avis sont le fruit d'une rencontre avec un livre, et cette rencontre dépend de mon état d'esprit, des résonances que cela va provoquer en moi, de la lecture précédente, etc. Moi-même quand je relis parfois certains de mes billets, je n'éprouve plus le même sentiment sur un livre. Difficile donc de captiver quiconque quand on a cette idée en tête...

Des doutes également, quant à la place à accorder à mon blog dans ma vie. Parfois quotidienne, parfois hebdomadaire, selon le temps dont je dispose. Depuis bientôt 3 ans maintenant, tous les livres (ou presque) qui passent entre mes mains sont chroniqués ici. Je suis souvent enthousiaste à l'idée de disserter longuement sur un livre, que je l'aie aimé ou pas. Et parfois, les mots me manquent. Non pas que ma lecture ne m'en inspire pas, mais plutôt parce qu'écrire est plus laborieux. Comme en ce moment. Non seulement je peine à m'intéresser à la lecture car trop de questions se bousculent dans ma tête, mais en plus lorsque je parviens à terminer un livre, j'ai beaucoup de mal à en parler. Et chaque billet me prend beaucoup plus de temps que d'ordinaire.
Et puis la vraie vie, vous savez, celle que vous ne passez pas derrière votre ordinateur, est très chouette aussi. Et dans ces moments là, ces moments de doutes, il est difficile de trouver le temps de palabrer. Pas envie de me réveiller et de voir que j'ai passé ma vie derrière mon écran à oublier ce(ux) qui m'entoure(nt).

Mais heureusement, il y a du positif partout. Quand une amie non blogueuse vous dit qu'elle pioche très régulièrement des idées de lectures sur votre blog et qu'en ce moment, elle a deux envies de lecture grâce à vous, ça fait tout drôle... D., tu te reconnaîtras, ton mail d'hier m'a redonné confiance quant à l'utilité de cette espace et m'a redonné le sourire ! Quand vous réussissez à susciter l'envie ou la curiosité d'autres blogueurs, c'est aussi une petite victoire !

Et puis même si en ce moment je suis moins présente ou que mes billets me demandent davantage d'effort que d'habitude, je n'ai pas l'intention d'arrêter d'alimenter cet espace. Parce qu'en dehors des moments de doutes, j'y prends beaucoup de plaisir. Et que ce blog est un formidable outil pour voir éclore des amitiés virtuelles ou non (Nesto, j'y crois !) avec des personnes qui ont des centres d'intérêts très proches des miens... Bref, vous l'aurez compris, et tant pis si mes paroles se perdent dans l'immensité de la toile, vous n'avez pas fini de me lire !

Sur ce, je file ici, avec LE roman qui réussit, ô grand exploit du moment,
à éveiller mon intérêt : Le tableau du Maître Flamand d'Arturo Perez-Reverte

P1030743

Pour quelqu'un en panne de mots, ma logorrhée est plutôt impressionnante...

 

Une chronique de soukee rangée dans Blablas - Vos commentaires [71] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

01 avril 2012

Tarja, Jean-Noël Sciarini

TarjaTarja est un roman de Jean-Noël Sciarini paru aux Editions La Joie de Lire en août 2011.

Tarja a 16 ans. Et à 16 ans, elle est la cible de son école. Accusée d'être une fille facile, elle est la proie de ses camarades, des murs du collège tagués, aux réseaux sociaux. Et pour la jeune adolescente, la descente aux enfers est lente, malgré l'aide de son ami Léon. Surtout avec la secret qu'elle dissimule aux autres...

Jean-Noël Sciarini signe ici un très beau roman, tout en finesse et en pudeur. Sa plume percutante permet au lecteur d'éprouver immédiatement une grande empathie pour son héroïne, une jeune fille en détresse à bien des égards. Tarja souffre, et le lecteur avec elle. Mais Jean-Noël Sciarini ne sombre pas dans le pathos et nous offre ici un texte qui insuffle un vent d'espoir, malgré tout.
Le mal-être adolescent est étudié dans sa complexité, qu'il s'agisse du rôle des réseaux sociaux aux habituelles mais non moins destructrices rumeurs.
Un très beau texte qui souligne cette douloureuse et fragile période de la vie. A lire, pour y réfléchir.
Une lecture professionnelle que j'ai partagée avec Eidole en lecture commune.

Lecture pro       Lectures communes 

 

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,


28 mars 2012

Le retour à la terre T.1 La vraie vie, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet

Le retour à la terre TLe retour à la terre est une série de BD en 5 tomes parue chez Dargaud de 2002 à 2008. A l'origine ? Le déménagement de Manu Larcenet à la campagne... Et l'idée de Jean-Yves Ferri de l'adapter en BD humoristique.

Quitter Paris, le périph' et Juvisy pour les Ravenelles un charmant petit village entouré d'exploitations agricoles et de vaches... La transition est un peu rude pour Manu, sa femme Mariette et Speed, leur chat. Il faut réapprendre les codes (= abattre des arbres de 50m), s'intégrer (= boire le tord-boyaux local...) et se persuader que tout est beaucoup plus calme dans cette nouvelle vie...

A force de participer aux mercredis BD de Mango, le nom de Manu Larcenet m'est devenu familier, au point d'emprunter, sans regarder, cette BD dans mon fonds.
Le retour à la terre
est un album composé de gags courts, en 6 cases, qui se fondent sur le quotidien de Manu et Mariette. Leur emménagement, leur acclimation (et celle de leur chat !) mais aussi la venue de leurs anciens amis, sont autant de temps forts tout au long de cette BD.
L'humour émerge de cette distance entre leur quotidien parisien et celui aux Ravenelles. C'est déroutant car les codes sociaux ont changé, les habitudes aussi, et les problèmes ne sont plus liés au périph'...  
Si le trait de Manu Larcenet ne m'a pas vraiment séduite, j'ai néanmoins passé un très bon moment en compagnie de Manu, Mariette et Speed. J'ai beaucoup ri et j'ai souvent été impressionnée par la faculté de Jean-Yves Ferri de faire rire en 6 cases tout en ayant contextualisé son gag de façon bien précise.
 
Les avis de
Canel, Héloïze, Stephie et Mo'.

Et voici ma 37e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 28e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 15/20)

  Top BD 2012

Planche Le retour à la terre 2

Planche Le retour à la terre 3



Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [32] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

26 mars 2012

Les Étrangers du temps : Destins obscurs, Corinne Gatel-Chol

P1030735Les Étrangers du temps est le premier roman de Corinne Gatel-Chol. Après des études d'histoire, cette stéphanoise d'origine évolue tour à tour dans le milieu journalistique, économique, publicitaire et dans la création de sites internet avant de se tourner vers l'écriture, revenant ainsi à ses premières amours.

Alors que sa famille emménage dans un ancien château en Haute-Loire, le jeune Hadrien étouffe dans son adolescence.
Écrasé par une pression familiale trop forte - entre une jumelle à qui tout réussit et un frère aîné qui prend trop de place - le jeune homme se referme peu à peu sur lui-même et sombre dans l'alcool et la drogue. Dans la vaste propriété de ses parents, il découvre une évasion en le journal de Colombe, jeune domestique de seize ans qui travailla en 1896 au château
. 
Hadrien se plonge dans la lecture de ces pages d'un autre temps qui lui permettent d'oublier son quotidien. Mais sa consommation de drogue et d'alcool effacent peu à peu les frontières temporelles et Hadrien chavire, sans s'en douter...

Les Étrangers du temps fait partie de ces romans qu'il est difficile de reposer une fois commencés. J'ai été curieuse de découvrir cette intrigue, qui, sous couvert d'esotérisme, aborde des problématiques bien plus complexes. 
Hadrien est en effet un personnage adolescent mal dans sa peau, comme beaucoup. Son échec au bac, ses conflits avec ses parents, sa difficulté à trouver sa place dans sa famille face à une soeur trop brillante, sont autant de thématiques finement observées. Hadrien est un personnage, certes, mais finalement bien proche du réel... Les Etrangers du temps
L'idée brillante de Corinne Gatel-Chol est de faire basculer son héros dans l'Histoire. Mais basculer non pas au sens littéral. Hadrien perd le contrôle à cause de sa consommation de drogue et d'alcool et confond son époque et celle de la jeune Colombe, espérant ainsi sauver la jeune fille d'un danger qu'il pressent. 
L'intrigue aurait pu s'arrêter là. Mais il n'en est rien. Car finalement, l'intérêt de ce roman réside dans le mal-être de cet adolescent et la réaction des membres de sa famille. Comment aider un frère, un fils, qui sombre ? Comment, sans le brusquer ni le materner, l'aider à remonter la pente et revenir parmi les siens ? L'auteure se penche sur cette question avec justesse, et offre à son roman une dimension bien singulière.
Bref, vous l'aurez compris, j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce premier tome. Je me suis évadée dans la vaste propriété de Haute-Loire avec Hadrien, je me suis passionnée pour l'histoire de la jeune Colombe, en cette fin de 19e
siècle, j'ai tremblé avec les proches du jeune homme, à le voir sombrer dans ses hallucinations. Merci Corinne Gatel-Chol pour ce roman, au propre comme au figuré !

D'autres lecteurs Des Étrangers du temps : CottageMyrtille, Iluze, Marylin, Emeralda, Marmotte, Belledenuit, Stephy21.  
Lu sur mon KindleVoici ma cinquième lecture sur mon Kindle, et ma cinquième participation au Club des lecteurs numériques.

                    Lecteurs numériques    

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

24 mars 2012

Mary Poppins, Pamela Lyndon Travers

Mary PoppinsMary Poppins est le premier roman de Helen Lyndon Goff, publié sous le pseudonyme de Pamela Lyndon Travers en 1934. Adapté au cinéma en 1964 par les studios Disney avec Julie Andrews dans le rôle titre, ce roman est le premier à mettre en scène la célèbre nurse anglaise. Suivront cinq aventures de Mary Poppins.

Allée des Cerisiers, chez la famille Banks. Katie, la gouvernante des enfants, est partie sans prévenir M. et Mme Banks. Ces derniers, désemparés, rédigent une annonce pour lui trouver une remplaçante. Et par un frais matin bercé par le vent d'est, Mary Poppins fait son apparition dans la famille...

Ayant été bercée par Julie Andrews et ses chansons dans l'adaptation de Disney, j'étais depuis quelques temps taraudée par le roman originel. Dans un premier temps, je me suis rendu compte que l'oeuvre avait supplanté son auteur puisque j'étais incapable de citer de mémoire le nom de cette dernière et que personne autour de moi n'a pu m'aider (pas même ma libraire !)
Cette mince difficulté contournée, j'ai acheté ce livre et j'ai plongé dans ses pages. Et force est de reconnaître que Pamel Lyndon Travers dresse dans son roman un portrait de Mary Poppins moins sympathique que le personnage de Disney. J'ai été déroutée par sa froideur, son égocentrisme et sa suffisance, et je n'ai pas retrouvé la gentillesse et la bonté qui émanaient du personnage de Julie Andrews. Bon, de la part de Disney, je ne suis pas non plus très surprise de cette édulcoration, mais j'ai été assez déroutée par le personnage...  
Au fil des pages, sa froideur s'atténue pour se transformer en rigueur professionnelle, et le brin de folie du personnage émerge. Et le mystère s'épaissit quant à sa réelle identité. Qui est finalement Mary Poppins, qui utilise son jour de congé pour rendre visite à son ami peintre de trottoir ? Cette femme qui ne manque pas une occasion de regarder sa mise dans une vitrine ? Qui fête son anniversaire au zoo en compagnie des animaux ? Qui fait faire le tour du monde aux enfants qui se lèvent grognons, en l'espace de cinq minutes ? Mystère... 
J'ai passé un très bon moment en compagnie des enfants Banks et de leur nannyPamela Lyndon Travers possède une imagination très onirique et développe dans ce roman des archétypes de rêves enfantins : voler, rentrer dans un tableau, rencontrer des animaux qui parlent, etc.  J'aurais aimé lire ce roman plus jeune, car bien des chapitres ne sont pas développés dans le film de Disney et m'auraient séduite.
Une sympathique découverte donc, qui a comblé mes attentes. Une romancière à redécouvrir, pour son univers merveilleux, son humour et son côté un brin désuet.

Je ne résiste pas à l'envie de vous ajouter la bande-annonce du film...


Mary Poppins - Bande-annonce 



Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [19] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

22 mars 2012

La brocante Nakano, Hiromi Kawakami

La brocante NakanoLa brocante Nakano est un roman de l'auteure à succès Hiromi Kawakami publié en 2007 en France chez Picquier. Découvrir une autre oeuvre de la romancière qui m'avait émue avec Les années douces ? J'étais très enthousiaste...

Tokyo. La brocante tenue par M. Nakano est un lieu rempli d'objets hétéroclites et de personnages très différents. Entre M. Nakano, lui-même, aux allusions parfois déplacées, la jeune Hitomi, dont le coeur balance pour Takeo, l'employé taciturne et introverti, et Masayo, la soeur de Nakano, artiste un peu barrée, les jours passent et ne se ressemblent pas.

J'ai ouvert ce livre en m'attendant à trouver des tranches de vie de ce lieu calme, à la frontière entre le passé et le présent. Cette brocante poussiéreuse, où se lient des relations entre les personnages, m'est malheureusement apparue fade. Et pourtant, ce n'est pas faute de descriptions soignées et d'ambiance particulière ! Je me suis perdue dans ces histoires indépendantes, reliées uniquement par les relations entre les personnages.  J'ai persévéré, voulu croire à une erreur de ma part, une fatigue particulière qui permettait à ce roman de ne pas me plaire... Mais la magie n'a pas opéré.  
Les personnages m'ont agacée, souvent, et notamment Hitomi, la narratrice, dont les complexités sentimentales m'ont laissée de marbre.
J'aurais aimé retrouver l'étincelle qui avait fait de ma lecture des Années douces une très belle découverte, mais non... Une lecture en demi-teinte donc, qui ne m'a pas séduite, sans pour autant me déplaire complètement néanmoins. En définitive, si vous voulez en savoir plus, ouvrez La brocante Nakano !

   Voici ma deuxième participation aux
10 jours japonais chez Choco

et
au
Challenge Dragon organisé par Catherine.

 10-jours-japonais  

Challenge Dragon

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

21 mars 2012

Ma première journée en Orient, Lafcadio Hearn

Ma première journée en OrientMa première journée en Orient, suivi de Kizuki le sanctuaire le plus ancien du Japon, sont deux textes extraits de Pèlerinages japonais, recueil de nouvelles de l'écrivain irlandais Lafcadio Hearn, naturalisé japonais en 1896.

Lorsqu'il débarque sur le sol japonais en 1890, Lafcadio Hearn suit le conseil d'un professeur d'anglais qu'il rencontre : « Ne manquez pas de noter vos premières impressions aussitôt que possible [...] Elles sont évanescentes, vous savez, elles ne vous reviendront jamais. »
Le voilà donc parti à la découverte de Yokohama dans un kuruma, un pousse-pousse. Et au hasard des rues et de ses découvertes, il nous fait partager ses impressions.
 

Cela faisait un certain temps que ce court livre dormait sur mes étagères, et j'ai profité d'une journée de transports parisiens pour le glisser dans mon sac et le découvrir. 
Véritable carnet de voyage - malgré sa brièveté -, ce texte nous offre une belle découverte du Japon de la fin du XIXe. L'auteur s'emerveille, s'étonne de ce qu'il voit, s'interroge parfois, et partage ses impressions avec ses lecteurs. Les idéogrammes, l'architecture, les us et coutumes, Lafcadio Hearn pose un oeil occidental sur ce qu'il découvre au fil de son trajet en kuruma. Sans jugement, il nous fait part de ses découvertes, à la lumière de ce qu'il connaît.
Un très beau voyage littéraire qui permet une évasion rapide dans un Japon passé. Une envie de faire de même, lors de mes prochains voyages : noter mes premières impressions pour en avoir une trace...

  Voici ma première participation aux 10 jours japonais chez Choco.

10-jours-japonais

Ma première participation, également, au Challenge Dragon
organisé par
Catherine.

 

 Et, enfin, ma dix-septième participation au Challenge 2 euros
organisé par
Cynthia

47287655

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,