Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

08 mars 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

Verte, Marie Desplechin et Magali Le HucheVerte est un album illustré par Magali Le Huche qui paraîtra le 22 mars aux Editions Rue de Sèvres. Il est l'adapation du roman éponyme de Marie Desplechin paru à L'Ecole des Loisirs en 1996, premier tome d'une trilogie.

Verte a onze ans. Et dans sa famille, on est sorcières de mère en fille. Mais Verte aimerait être normale, pas comme sa mère, Ursule, excentrique mère célibataire. Quand Ursule s'inquiète que Verte ne développe pas ses pouvoirs, elle fait appel à sa mère, Anastabotte, afin que celle-ci lui apprenne les rudiments de sorcellerie. Entre la grand-mère et la petite-fille, une complicité naît immédiatement.

J'avais adoré le roman de Marie Desplechin, découvert il y a presque dix ans, et j'étais très enthousiaste à l'idée de découvrir son adaptation en album. Et je n'ai pas été déçue.

Magali Le Huche s'empare de l'univers imaginé par Marie Desplechin et se le réapproprie pour donner vie à des personnages haut en couleurs. Les trois personnages féminins principaux - Verte, Ursule et Anastabotte - possèdent chacune une identité graphique intéressante, excellent prolongement au roman. Les planches se succèdent, entre décors soignés et cases minimalistes, dans un tourbillon aussi vif et dynamique que le roman. L'intrigue est préservée grâce aux dialogues fins qui conservent sa profondeur.

Le trait rond et les couleurs douces offrent à l'ensemble un caractère un brin suranné, réconfortant et apaisant, comme pour représenter le foyer heureux que forme ces trois générations de femmes aux pouvoirs singuliers.

Une belle lecture, très agréable. Un excellent prolongement au roman qui permet une mise en images réussie. Bref, un album qui plaira aux petits comme aux grands ! Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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22 février 2017

Culottées T.1, Pénélope Bagieu

Culottées TCulottées est un album de Pénélope Bagieu paru en septembre 2016 chez Gallimard. Il regroupe les quinze premières planches prépubliées de façon hebdomadaire par la jeune illustratrice sur le blog éponyme qu'elle a lancé sur le site du Monde. Un second album a suivi, en janvier 2017.

Clémentine Delait - la célèbre femme à barbe -, Margaret Hamilton - qui terrorisa des générations d'enfants par ses rôles de sorcières terrifiantes -, Giorgina Reid - gardienne d'un phare et experte en terrassement -, Agnodice - gynécologue au IV av. JC -, Joséphine Baker - actrice, résistante et mère de famille nombreuse-, etc. Pénélope Bagieu dresse dans cet album le portrait de quinze femmes qui se sont élevées contre la pression sociale de leur époque pour vivre librement et accomplir leurs rêves.

J'avais entendu parler de l'initiative de Pénélope Bagieu d'un blog consacré à des femmes culottées (et c'est le cas de le dire !) l'an dernier, sorti conjointement mais sans rapport avec le scandale d'Angoulême quant à l'absence de femmes sélectionnées pour le Grand Prix du Festival, mais je n'avais pas eu l'occasion d'aller y jeter un oeil. Il a fallu qu'on me mette cet album sous le nez ce weekend pour que je m'y plonge dedans... et j'ai rudement bien fait !

Il sont loin le dessin et le ton de Joséphine ou de Cadavre exquis, les premiers albums de Pénélope Bagieu.  La jeune illustratrice a évolué dans son trait et son propos et nous livre ici un album intéressant et intriguant. Recueil de chroniques sur ces femmes qui ont su croire à leurs rêves malgré les freins de leurs époques, l'album est un bel hommage à ces personnalités oubliées ou ces célébrités intimistes. Chaque portrait s'étale sur quelques planches, Pénélope Bagieu résumant avec humour la vie de ces femmes. Ces quinze mini biographies sont autant d'appels à découvrir le destin de chacune de ces femmes, forçant le respect chacune à sa manière. Une très belle lecture, ode à la condition féminine et porteuse d'une universalité malgré les époques et les continents. Merci Marion et Flo !

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Si comme moi vous n'avez pas le tome 2 sous la main et envie de découvrir les quinze autres portraits de ces femmes d'exception, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

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25 janvier 2017

Le sixième Dalaï-Lama T.1, Zhao Ze et Guo Qiang

Le sixième Dalaï-LamaLe sixième Dalaï-Lama est un manhua - bande dessinée chinoise - illustré par Zhao Ze et scénarisé par Guo Qiang, paru en août 2016 aux éditions Fei, maison d'édition spécialisée dans la BD chinoise. 

Tawang, petit village du Sud de l'Himalaya, 1694. Lobsang y coule une vie paisible de paysan-esclave avec ses parents. Un matin, alors qu'il se rend aux champs avec Gelaï, son renard blanc, Lobsang fait la connaissance de Makye Ame, fille du seigneur local. Ignorant les conseils de ses domestiques, la fillette se lie d'amitié avec Lobsang, et, accompagnée de Dédi, sa fidèle servante, passe son temps libre avec lui. Les années passent et font naître une solide amitié entre les trois enfants. Mais le trio est loin de se douter que le cinquième Dalaï-Lama est mort depuis quinze ans et que les lamas se mettent en quête de sa réincarnation à travers le pays.

Je vous vois venir : "Mais elle a fini de nous ennuyer avec ses lectures autour du bouddhisme ?" Je vous arrête tout de suite : c'est un hasard, j'ai piqué cet album au boulot, attirée par sa couverture (et son sujet, je ne vous le cache pas !). Et autant vous le dire tout de suite : je suis tombée sous le charme de ses planches aussi belles que contemplatives.

Les personnages, tout en rondeur, semblent porter l'innocence de leur âge sur leurs visages, dominés par leurs grands yeux candides et leurs joues rosies par le vent qu'on imagine souffler dans ce petit village tibétain. Zhao Ze apporte tout autant de soin au traitement de ses paysages et chaque double page est un enchantement onirique porté par des couleurs douces.

L'intrigue se met en place doucement, et le suspense en est absent, mais qu'importe. La beauté réside ailleurs, dans cette amitié entre les enfants, entre Lobsang et son renard ou encore dans cette vie simple proche de la nature. Un très bel album que j'ai adoré découvrir et dont j'ai hâte de connaître la suite.

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11 janvier 2017

Sukkwan Island, Ugo Bienvenu (d'après le roman de David Vann)

Sukkwan Island, Ugo Bievenu (d'après le roman de David Vann)Sukkwan Island est un roman de l'américain ayant grandi en Alaska David Vann, paru en 2010 aux éditions Gallmeister et lauréat du prix Médicis cette même année. Son adaptation en album, signée Ugo Bienvenu, est parue quant à elle aux éditions Denoël en 2014.

Jim, la quarantaine, entraîne Roy son fils de treize ans dans une aventure un peu folle : une année tous les deux dans une cabane au confort spartiate d'une petite île déserte d'Alaska. Le défi ? Survivre en auto-suffisance durant les mois d'hiver par la chasse et la pêche. Si l'expérience est tentante, elle fait rapidement déchanter Roy. Car son père, brisé par la vie et ses échecs - notamment avec les femmes - est loin d'être un modèle. Très vite, Roy étouffe sur cette petite île, coincé entre son père et cette nature violente.

Je m'étais tenue à l'écart de ce roman depuis sa sortie, craignant sa gravité d'après les critiques que j'en avais lues ou entendues (petite nature, moi ?). Je me doutais que c'était un très beau texte, mais je ne me sentais pas forcément l'âme d'aller m'enfermer en compagnie de ces deux hommes sur une île alaskienne. Mais un collègue est arrivé ce matin en me tendant cet album, visiblement ébranlé par sa lecture, ne me laissant d'autre choix que de le découvrir immédiatement...

Toutes mes impressions étaient fondées : Sukkwan Island est une adaptation majestueuse d'un roman qui doit l'être tout autant, mais qui vous heurte tel un uppercut. Je n'ai pas pu le reposer avant d'en connaître le dénouement, sous le choc du drame qui prend forme à chaque page. La tension monte progressivement dans ce huis-clos angoissant où il faut tuer, dépecer et vider des animaux pour survivre. L'ambiance est magnifiquement rendue par le dessin tout en finesse d'Ugo Bienvenu. La figure paternelle chancelante et fragile, qui broie inconsciemment son fils par ses remarques acerbes, dérange autant qu'elle suscite une forme d'empathie. L'écart se creuse entre les deux personnages, l'un perdu dans sa solitude et ses regrets, l'autre s'ouvrant tel un bourgeon à son adolescence naissante. C'est dérangeant, sombre, violent, dur, mais si bien traité. Une lecture que je ne suis pas près d'oublier et un dessin qui va me hanter, c'est certain.

Les avis de Jerome, Enna, Moka, Stephie.

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04 janvier 2017

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet

petites coupures à shioguniPetites coupures à Shioguni est un album de Florent Chavouet paru en 2014 aux éditions Philippe Piquier et primé à Angoulême en 2015. 

Shioguni, la nuit. Un restaurateur qui a des dettes se fait agresser par des yakuzas peu sportifs, une jeune fille dérobe les clés de distributeurs de boissons de la ville, deux voitures se percutent et leurs propriétaires se battent tandis qu'un tigre rôde en ville. Toutes ces péripéties perturbent la soirée du commissaire qui ne rêve que de rentrer chez lui manger un bol de udon. Les témoignages sont confus, la chronologie des événements aussi. Que s'est-il réellement passé ce soir-là à Shioguni ?

J'ai découvert Florent Chavouet il y a quelques années avec ses carnets de voyages Tokyo Sanpo et Manabé Shima. Tombée sous le charme de son coup de crayon et de ses perspectives folles qui le caractérisent, j'étais très enthousiaste à l'idée de le découvrir du côté de la fiction cette fois. Car si ses deux premiers albums étaient des documentaires relatant ses expériences nippones, Petites coupures à Shioguni est la première fiction du jeune illustrateur, se déroulant toujours dans ce pays qu'il affectionne tant (ça tombe bien, moi aussi !)

Expérience déroutante s'il en est, Petites coupures à Shioguni est un petit bijou dont la lecture se gagne. Parce que si vous ne comprenez rien au début et que vous revenez trois pages en arrière à chaque page, c'est bien normal ! Florent Chavouet joue avec son lecteur, en mêlant les genres - entre policier et humour -, en détournant certains codes et en emberlificotant la temporalité de son intrigue pour mieux offrir un ovni brillant, un rien déjanté. Ce qui paraît brouillon de prime abord - les fameuses petites coupures du titre - s'imbriquent parfaitement au final et donnent à voir une intrigue où chaque petit détail fait sens, seul ou en lien avec d'autres. Quel plaisir, une fois la dernière page tournée, de revenir en arrière piocher des indices qui nous avait échappés !

Niveau dessin, Florent Chavouet parfait son trait en se perfectionnant notamment sur les scènes en mouvement. Ses couleurs franches sont contrastées par le noir, toujours très présent dans son trait. Ses personnages gagnent en profondeur et en charisme, tandis que ses décors - toujours aussi soignés -sont un régal pour les yeux. Chaque double page est un petit bijou d'inventivité, mixant les compositions, les dispositions, à la manière d'un carnet où des interviews seraient collées, des notes prises, des moments de la nuit dans chacun des quartiers relatés avec beaucoup d'humour, etc.

En bref, un album étonnant, protéiforme, à la narration complexe et aux dessins incroyables dont je ne saurais que vous conseiller la lecture. Pour ma part, c'est officiel, je fais partie du fan-club de Florent Chavouet !

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29 décembre 2016

Au fil de l'eau, Juan Diaz Canales

Au fil de l'eau CanalesAu fil de l'eau est un album signé par le madrilène Juan Diaz Canales (le scénariste de Blacksad et plus récemment de Corto Maltese) paru en septembre aux éditions Rue de Sèvres.

Madrid, de nos jours. Le pays est marqué par la crise économique et le quotidien difficile. Niceto et ses amis nonagénaires arrondissent leurs fins de mois à coup de petits trafics. Parce qu'ils sont âgés et qu'ils ont du bagou, même les flics les laissent tranquilles. Mais cet équilibre précaire est rompu quand un à un les amis de Nicetto décèdent dans d'étranges et violentes circonstances. Lorsque Niceto disparaît à son tour, son fils et son petit-fils, redoutant le pire, se lancent sur ses traces.

C'est avec son excellente série Blacksad que Juan Diaz Canales s'est fait connaître du grand public et j'avais moi-même été soufflée par son talent de scénariste. Avec cet album, c'est son talent de dessinateur qui est mis en valeur, porté par un scénario à la fois grave et sombre. Sur fond de crise économique, Juan Diaz Canales aborde la question de la vieillesse et de la fin de la vie, mais aussi la précarité de l'Espagne d'aujourd'hui, le tout dans un style fluide très agréable. Le sujet est lourd, prend aux tripes, et l'intrigue se met en place progressivement avant d'accélérer lors de la disparition de Niceto. Porté par un noir et blanc majestueux et un dessin précis et soigné, l'album possède un petit quelque chose de polar qui rappelle sans conteste Blacksad. Le dénouement incroyable teinte l'ensemble d'une mélancolie sans pareille. Un très bel album à découvrir. Merci à Coline et aux Éditions Rue de Sèvres pour cet envoi.

Les avis de ClarabelJacques, Mo, Jérôme, Noukette et Stephie.

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06 novembre 2016

Un bruit étrange et beau, Zep

Un bruit étrange et beau ZepUn bruit étrange et beau est le dernier album de Zep paru en octobre chez Rue de Sèvres.

William vit reclus dans un monastère de l'ordre des Chartreux depuis vingt-cinq ans. Le silence est son quotidien, la prière son refuge. Mais lorsqu'un héritage l'oblige à quitter sa retraite pour se rendre à Paris, c'est sa vie qui est bouleversée. Car la capitale bruyante et pleine de vie le contraint à s'interroger sur son quotidien, et surtout, son passé. La vie à laquelle il a renoncé. Sa rencontre avec Méry, une jeune femme condamnée par une maladie vasculaire, va ébranler ses certitudes.

Le père de Titeuf signe ici un album des plus intéressants, tant graphiquement que scénaristiquement. Son intrigue simple - celle d'un homme contraint d'abandonner le silence et la solitude qu'il a choisis comme vie - offre une belle réflexion sur la vie en général, et son sens en particulier. Le personnage de William, bien ancré dans son quotidien de Chartreux, remet ses choix en cause par le biais d'une rencontre, celle de Méry, vivante et vibrante mais condamnée à court terme. Les deux personnages échangent sur leurs conceptions personnelles le temps d'un voyage en train qui va le bouleverser.

Graphiquement parlant, cet album est une petite merveille où la bichromie domine. Les doubles pages alternent sépia et couleurs froides (bleu, vert) dans un jeu d'ombres et de blancs qui fait sens. Les dessins sont soignés, les traits des personnages particulièrement léchés et l'ensemble est à la fois contemplatif et apaisant pour l'oeil. Le silence de William est là, dans certaines de ces pages sans dialogue dans lesquelles le personnage se déplace, observateur de cette vie qu'il a abandonnée. C'est beau, c'est rudement beau et très inspirant aussi.

Où réside l'essentiel ? Qu'est-il bon de privilégier ? Pas de réponse, au fil des pages, mais d'autres questions qui surgissent et que Zep nous donne à méditer. Au lecteur de trouver ses réponses, de s'interroger sur sa propre vie, le temps d'une parenthèse de calme avec cet album, loin du tumulte de nos vies actuelles. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album. 

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31 août 2016

Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro

Zaï Zaï Zaï Zaï, FabcaroZaï zaï zaï zaï est un album de Fabrice Caro, alias Fabcaro, paru en mai 2015 chez 6 pieds sous terre.

Pris en tort par le vigile d'un supermarché parce qu'il a oublié sa carte de fidélité, Fabrice, auteur de BD de son état, s'enfuit. Débute alors une immense traque et une course-poursuite contre cet incroyable hors-la-loi mis au ban de la société.

Alors c'est simple : cet album est une pure merveille ! Un condensé de non-sense, d'absurde et de loufoquerie à côté duquel il serait vraiment dommage de passer ! Dès les premières planches, Fabcaro plante le décor de ce road-movie décalé à l'humour ravageur, un brin kitsch, complètement ubuesque, littéralement déjanté. Fabrice menace le vigile d'un poireau avant de prendre la fuite ! Difficile de rester insensible face à cette scène et celles qui suivent, toutes aussi savoureuses. Cette fuite effrénée est l'occasion pour l'auteur de dénoncer les travers de notre société : le poids des médias, le racisme ordinaire, le conformisme, l'étroitesse d'esprit, la rumeur, etc. Sous couvert d'humour, sans ton moralisateur, c'est bien une critique de la société que Fabcaro nous livre ici, et c'est en usant d'un procédé littéraire bien ancien qui consiste à parler d'un ailleurs que l'auteur dénonce le ici et maintenant.

Le dessin un peu flou - qui fait penser à celui de Bastien Vivès - porte ce road-movie au rythme lent. L'auteur donne à voir ses scènes, tels des tableaux, et permet à son lecteur de s'immiscer dans cette intrigue barrée. Le découpage des planches est irrégulier et chaque page offre une chute ou une occasion de s'ésclaffer allègrement. C'est bien simple, Zaï zaï zaï zaï est une confiserie délicieuse que l'on regrette d'avoir trop vite terminée. A bon entendeur...Un gros coup de coeur, sans hésitation aucune, que je vous encourage vivement à découvrir et un grand merci à celui qui me l'a offert. Les avis de Mo, Noukette, SabineYvan, Jérome...

"La vie est une chienne borgne sous un ciel d'octobre, je vous souhaite de le découvrir le plus tard possible."

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07 octobre 2015

Aliénor Mandragore T.1 Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore TAliénor Mandragore est le premier titre d'une collaboration entre Séverine Gauthier pour le texte et Thomas Labourot pour les dessins, paru en février chez Rue de Sèvres.

Merlin et sa fille Aliénor vivent paisiblement dans la forêt de Brocéliande. Merlin, en mycologue passionné, tente d'enseigner à sa fille comment devenir une druidesse accomplie. Mais lors d'une leçon dans la champignonnière, Merlin meurt foudroyé par le cri d'une Mandragore et réapparaît en fantôme, suppliant sa fille de le ressusciter. Aliénor n'a d'autre choix que de demander de l'aide à la Dame du Lac et à Morgane pour l'aider dans sa quête.

Ce premier tome revisite avec un humour certain le cycle arthurien et le fait avec brio. Si l'intrigue se centre sur la quête de la jeune Aliénor - personnage inventé par le tandem d'auteurs, qui hésite entre devenir druidesse et apprendre la magie des fées -  elle n'en demeure pour autant pas dénuée de références à la légende arthurienne. Le jeune duo d'auteurs s'en empare pour mieux se l'approprier et la tourner en dérision. Comment ne pas rire devant la Dame du Lac se déplaçant dans sa baignoire pour toujours être en contact avec les eaux de son lac ou devant Morgane, l'ennemie jurée de Merlin, transformée en apicultrice émérite ? L'essentiel est néanmoins là et les relations originelles entre les personnages sont respectées (notamment le contentieux entre Morgane et Merlin) et une planche présentant les personnages permet en début d'album de s'approprier cette légende.
Les dessins de Thomas Labourot possèdent une rondeur enfantine qui sied parfaitement à l'univers enchanteur de l'intrigue et lui offre une dimension merveilleuse des plus appréciables. Les planches se suivent et ne se ressemblent pas dans leur découpage, leur organisation ou encore leurs teintes. Quel régal que de parcourir cet univers aux côtés d'Aliénor !
L'intrigue est bien menée et efficace - alternant entre quête identitaire et roman initiatique - et met en scène un personnage qui suscite d'emblée une forte sympathie, Aliénor, face à une figure paternelle écrasante et ridicule à la fois. Merlin ainsi raillé... Quel plaisir !
Un premier tome très réussi et prometteur ! Espérons que la belle énergie qui transpire dans ces pages se poursuive dans les tomes suivants... Je les attends en tout cas avec impatience !

Un grand merci à Coline et aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte d'Aliénor et de son univers.

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Et zou ! Une nouvelle lecture à inscrire au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck !

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23 septembre 2015

Elle s'appelait Tomoji, Taniguchi

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Elle s'appelait Tomoji est le dernier album de Jiro Taniguchi paru en janvier cette année chez Rue de Sèvres.  

Tomoji Uchida grandit dans le Japon rural des années 1920 avant de devenir, des années après, la créatrice du temple bouddhidste Shôjushin. Taniguchi, aidé d'une scénariste, retrace le parcours de cette femme lumineuse et charismatique, de son enfance à son entrée dans l'âge adulte. 

Pour la deuxième mise en scène d'un personnage féminin dans un de ses albums, Taniguchi a choisi de raconter l'histoire de Tomoji Uchida, en se centrant plus particulièrement sur sa construction identitaire. Tout en délicatesse et en poésie, comme à son ordinaire, Taniguchi dépeint le quotidien de la jeune fille dans le Japon rural des années 20. Un soin tout particulier est apporté aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, faisant de certaines planches de véritables tableaux à contempler.

Malgré la beauté et la poésie qui se dégagent de cette tranche de vie, de ces petits riens qui font le quotidien et qui marquent le temps qui passe, c'est la première fois qu'un album de Taniguchi ne me transporte pas complètement. Je suis restée relativement de marbre face au récit de la vie Tomoji et ce dernier a suscité peu d'émotions de ma part. J'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi car tout est fait pour me plaire, mais la magie n'a pas opéré. Moi qui avais adoré Quartier lointain, L'homme qui marche, Le journal de mon père, Le Gourmet solitaireLes Gardiens du Louvre, j'ai refermé cet album déçue de cette rencontre en demi-teinte.

D'autres lecteurs de cet album : Noukette, Mo', JacquesMarion, etc.

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C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques

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Et zou ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 ! 

40. Une BD / un roman graphique

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