Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

13 juin 2011

Bartleby le scribe, Herman Melville

9782070401406FSBartleby le scribe est une nouvelle d'Herman Melville publiée en 1853 dans un périodique, puis intégrée en 1856 dans le recueil de nouvelles Contes de la véranda.

Le narrateur, homme de loi de Wall Street, raconte les relations qu'il avait avec Bartleby, l'homme qu'il avait engagé pour occuper la fonction de scribe dans son étude. D'un naturel très discret, Bartleby passait ses journées derrière son bureau. Mais lorsque le narrateur lui demandait la moindre chose, il répondait « Je préfère pas »(« I would prefer not to »). Le narrateur, surpris, ne se résolut pourtant pas à renvoyer cet homme qui ne sortait jamais de l'étude (il y dormait même) mais sans rien faire.

Lecture très courte et amusante, Bartleby le scribe a été une source d'inspiration pour les écrivains de l'absurde du XXe. Atypique s'il en est, le personnage de Bartleby est tout sauf un personnage : il possède une psychologie minimale, ou tout du moins imperceptible, ses actions se résument à refuser toute action, et sa vie entière se borne à l'étude qu'il occupe jour et nuit. Le narrateur, choqué par son attitude puis décontenancé, culpabilise face à ce personnage de papier.
Une lecture drôle, que j'ai beaucoup aimée pour son absurdité et que Pennac résuma ainsi : « Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira saura. »Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
Une lecture que j'inscris dans le Challenge La littérature fait son cinéma de Will en tant que troisième participation, car plusieurs adaptations cinématographiques de cette nouvelle ont été réalisées. Voici la bande-annonce de la version réalisée en 2001 par Jonathan Parker, avec Crispin Glover dans le rôle de Bartleby.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,


04 mars 2011

Marilyn dernières séances, Michel Schneider

9782070349289Sur Marilyn Monroe, beaucoup a été écrit, trop peut-être... Après avoir lu deux biographies la concernant, j'ai décidé de m'en tenir là sur les récits plus ou moins fantasmés concernant sa vie.

Pourquoi alors avoir succombé à Marilyn dernières séances ? Je ne sais pas. Peut-être parce que le parti de Michel Schneider n'était pas, comme bien d'autres, de comprendre le destin brisé de la star à travers son enfance, ses errements ou encore ses amants. 
Peut-être aussi parce qu'il n'affirme jamais entreprendre de comprendre celle qui fut tant médiatisée qu'elle se perdit en chemin. Il ne subsiste de la fascinante Marilyn que des souvenirs, des films, des mensonges aussi, et puis des réalités arrangées. Et Michel Shneider compose avec ces vides laissés au présent.
De ses derniers instants, il n'évoque que des bribes, décidant de laisser de côté la polémique sur cette nuit ultime où tout a basculé. Et finalement, c'est ce qui m'a plu.    
Loin des documentaires plus ou moins fiables qui promettent de révéler enfin ce qu'il advint de l'actrice adulée, Marilyn dernières séances se présente comme un ouvrage à part qui, s'il ne débute pas avec l'enfance de la jeune femme, n'échappe néanmoins pas à quelques rapides retours sur cette époque. Sa construction déconstruite chronologiquement évite, pour qui connaît un tant soit peu le parcours artistique et personnel de la belle, de lasser son lecteur. Michel Schneider alterne passé et présent, sans pour autant perdre son lecteur dans les méandres de cette vie chaotique.
Son propos ? Se pencher sur les relations qu'entretinrent Marilyn et son quatrième psychanalyste, Ralph Greenson, durant les deux dernières années de la vie de la mythique blonde. Sur leur relation destructrice, l'auteur ne porte pas de jugement, mais laisse parler les professionnels qui  connurent ce tandem improbable. Des deux, qui avait l'emprise sur l'autre ?  Qui détruisait l'autre ? Le mystère reste entier. Et finalement, des incertitudes qui demeurent sur la vie de Marylin, celle-ci semble être la plus fascinante.
Sans jamais sombrer dans une psychologie facile et hasardeuse, Michel Schneider offre ici un ouvrage étonnant autant qu'agréable. Un livre au rythme rapide, sans temps mort, au style soigné et imagé, qui a su capter mon intérêt malgré deux ouvrages déjà lus sur le sujet.

challenge_marilyn_monroe_c3a9crit

J'inscris cette lecture comme troisième participation au Challenge Marilyn Monroe de George.L'avis deDaniel Fattore.

"REWIND. Remettre la bande à zéro. Recommencer toute l'histoire. Repasser la dernière séance de Marilyn. C'est toujours par la fin que les choses commencent." (p.15)

"Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle." (p.15)

"Elle était devenue mon enfant, ma douleur, ma soeur, ma déraison." (p.24)

"Je suis son analyste, je veux incarner une image paternelle positive, un père qui ne la décevrait pas, qui éveillerait sa conscience ou lui prodiguerait, à tout le moins, de la bonté." (p.290)

"La détresse était le seul moyen pour elle de s'assurer de la présence de l'autre et elle était devenue une entité cauchemardesque qui en dépit de tout amour, de toute fragilité ou splendeur, le détruisait inexorablement. Et s'il n'avait pas envie d'être détruit ?" (p.388)

                          photo_151937_2570323_201004062832363    marilyn_monroe_les_hommes_preferent_les_blondes

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

19 novembre 2010

Marilyn Monroe, enquête sur un assassinat, Don Wolfe

Wolfe1Il y a presque un an, je découvrais la vie de la mythique actrice à travers la célèbre biographie d'Anthony Summers, Les vies secrètes de Marilyn Monroe.
Non contente de découvrir le parcours de
cette femme, j'ai eu envie d'approfondir un peu mes connaissances sur le sujet grâce à une autre biographie. Et lorsque j'ai vu celle-ci sur l'étal d'un bouquiniste, il y a quelques mois, j'ai succombé.

Don Wolfe prend le parti, dès le titre de son livre, de découvrir qui a tué Marilyn Monroe en posant comme postulat de départ que sa mort n'est en rien un suicide. Cette biographie s'ouvre donc sur la découverte du corps inanimé de l'actrice dans sa maison de L.A. et se poursuit avec un retour sur la vie entière de Norma Jeane.
Pour qui ne connait pas l'envers du décor - les débuts de la jeune femme en tant que mannequin, son enfance dickensienne en familles d'accueil, la folie de sa mère, ses angoisses nocturnes et ses addictions diverses - Marilyn Monroe, enquête sur un assassinat est un ouvrage intéressant.

Pour ma part, je n'y ai trouvé aucun intérêt par rapport à la biographie d'Anthony Summers : les deux ouvrages sont très proches au niveau du style et des éléments apportés. Les annexes sont certes fournies dans le livre de Don Wolfe, mais n'éclairent en rien sur la mort de Marilyn. Oui, elle était en relation avec les Kennedy et au courant de secrets nationaux qu'elle était susceptible de révéler à la presse en cas de rupture avec les frères Kennedy. De là à en conclure à un assassinat, il est bien difficile de se prononcer : les témoins de cette époque sont  quasiment tous décédés et nombreuses sont les pièces à conviction du dossier qui ont diparu.
Force est d'admettre qu'on ne saura jamais ce qui s'est passé dans la soirée du 4 août 1962, quoiqu'en affirme Don Wolfe...
challenge_marilyn_monroe_c3a9crit

 Et voici ma deuxième participation au Challenge Marilyn Monroe de George !

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [5] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

14 octobre 2010

Helena Rubinstein, la femme qui inventa la beauté, Michèle Fitoussi

3793205D'Helena Rubinstein, je ne connaissais que le nom et la marque de cosmétiques. Ainsi, quand j'ai eu l'opportunité de lire cette biographie de Michèle Fitoussi qui lui est consacrée, je l'ai saisie.

Née en 1872 en Pologne, celle qui révolutionna l'industrie cosmétique a dû pourtant surmonter trois obstacles majeures à cette époque : elle était une femme, pauvre et juive. Ainsi débute la biographie de Chaja Rubinstein, sous la plume de Michèle Fitoussi.
De ses origines, Helena reniera presque tout, inventant au fil des ans un passé qui correspond à l'image qu'elle veut donner. De son départ à vingt-quatre ans pour l'Australie, à l'ouverture de ses premiers salons de beauté, en passant par son triomphe progressif à Londres, Paris puis aux États-Unis, Michèle Fitoussi nous ouvre grand la porte de la vie de celle qu'on appelait "Madame".

Une force de caractère peu commune, une passion pour son métier qui la fera travailler tous les jours jusqu'à plus de quatre-vingts ans, un avant-gardisme indéniable et un sens des affaires inné ont fait de cette femme une icône incontestée de la beauté.


D'une lecture captivante, cette biographie est un très bel hommage à Helena Rubinstein. Michèle Fitoussi, grâce à des recherches fouillées , nous donne à voir le parcours de cette femme hors du commun qui sut s'imposer dans un univers masculin et révolutionner l'univers de la beauté.
Sans épargner les aspects moins reluisants de la personnalité de cette grande femme - son autoritarisme, son inaptitude à aimer et à prendre soin de ses proches, son égoïsme, sa paranoïa, ses violentes colères et son incompréhension face à ceux qui ne travaillent pas autant qu'elle - Michèle Fitoussi en dresse un portrait très précis.
J'ai dévoré cette biographie d'une traite, m'étonnant à chaque page de l'avant-gardisme d'Helena Rubinstein en matière de beauté : partout où elle arrivait, elle savait comment traiter les problèmes de peaux de chaque femme et inventait des services toujours plus adaptés. Je ne m'étonne absolument pas du succès fulgurant de sa marque de cosmétique... Je m'étonne juste de son énergie hors du commun et de son dévouement obsessionnel à son entreprise, au détriment de sa vie personnelle.

"C'est une visionnaire qui a créé la beauté moderne, scientifique, rigoureuse, exigeante, en mettant en avant l'hydratation de la peau, la protection contre les méfaits du soleil, les massages, l'électricité, l'hydrothérapie, l'hygiène, les régimes alimentaires, la diététique, l'exercice physique, la chirurgie." (p.11)

 Je tiens à remercier grandement bob et les Éditions Grasset pour ce roman reçu dans le cadre d'un  partenariat.

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [11] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

01 septembre 2010

Lectures de mon Swap Asie #1 Mon carnet Vietnamien, Marie Sellier et Cécile Gambini

54630630_pRappelez-vous quelle avait été ma surprise de recevoir de la part de ma sœur un swap spécial sur le thème de l'Asie, il y a quelques temps...

Pour la remercier et partager avec vous ce colis magnifique, je débute ici une série d'articles sur les lectures qu'elle m'a offertes... Merci encore soeurette !

Pour débuter cette série, un album que j'ai particulièrement apprécié, tant par son texte que par ses illustrations : Mon carnet Vietnamien de Marie Sellier et Cécile Gambini, paru en 2009 chez Nathan.9782092523681FSExceptionnellement, je substitue à mon propre résumé celui de l'éditeur, qui est aussi l'incipit de cet album :

"Le Vietnam est mon pays
et je ne le connais pas...
Tout à l'heure, j'ai glissé
dans la boîte du bout de la rue
une lettre pour Sœur Parfum, à Hoi An.
C'est elle qui dirigeait l'orphelinat où
j'ai passé les quatre premières années
de ma vie d'avant..."

Nicolas, le jeune narrateur de cet album, a décidé d'en savoir plus sur son pays d'origine, le Vietnam. Il écrit dans son journal intime l'avancée de ses recherches.
Le lecteur suit ainsi au jour le jour, dans cet album mis en page tel un cahier d'écolier, le fruit de ses doutes et le déroulement de son aventure.
08mon_carnet_vietnamienDe ses interrogations sur ce pays si lointain, aux souvenirs de sa petite enfance, le héros de cet album se confie au gré des pages dans un style à la fois personnel et émouvant.
Porté par des illustrations hautes en couleurs absolument magnifiques, Mon carnet Vietnamien est un petit moment de bonheur. Le Vietnam est un personnage à part entière dans le récit du jeune Nicolas et prend vie grâce à ses recherches. Quel plaisir de l'accompagner dans cette aventure !

Ode au Vietnam et à sa culture, voici un album à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes.
Que dire de plus sinon merci à ma gentille swapeuse et bravo pour la découverte de ce petit bijou ?

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [7] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

20 mai 2010

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé

9782742760183FSCela fait quelques temps que j'ai envie de lire La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé, mais je diffère cette lecture, sans savoir pourquoi. Donc quand on m'a offert ce roman, je me suis jetée dessus, ma curiosité attisée par l'avis enthousiaste de ma généreuse donatrice...

Parce que son père a été lapidé sur la place du petit village de Montepuccio, en Italie du Sud, Rocco, son fils, décide sur son lit de mort de léguer ses biens, acquis illégalement, à l'Église du petit village, laissant sa famille dans la misère la plus totale. En contrepartie, les siens seront enterrés au fil des générations avec les honneurs dans le petit cimetière italien. Ce sera la vengeance des Scorta faite aux habitants de ce village, cupides et vénaux.
La lignée des Scorta vivra donc dans le dénuement, sous les yeux des Montépucciens. De cette pauvreté naîtra une volonté hors du commun de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur offre...

Magnifique chronique familiale, Le soleil des Scorta ne laisse pas indifférent. Laurent Gaudé nous ouvre les portes d'un petit village italien où l'honneur prime avant tout. Les années passent, et les Scorta construisent peu à peu leur vie de misère, leur pauvreté leur rappelant sans cesse l'histoire familiale.
Ode à l'Italie et à ses traditions, l'œuvre de Gaudé permet au lecteur de se faire voyeur et de pénétrer dans Montepuccio et de voir à travers un œilleton ce qui se passe, au fil des ans.
L'intrigue est complexe, s'étendant de 1870 à nos jours, et chaque génération a son lot de bonheurs et de pertes. L'entraide est primordiale au sein de cette famille que les drames déchirent.
Il fait chaud, très chaud à Montepuccio. Et la plume imagée et incisive de Gaudé entraîne le lecteur dans la touffeur de ce village du Sud... Le pages défilent, très vite, comme les années, et déjà point la fin du roman. On lit, avide de poursuivre, de s'immerger dans ce petit village et ses codes. On peine à lâcher le roman avant d'en connaître la toute dernière phrase. Hypnotisé, écrasé par la chaleur que Laurent Gaudé laisse transparaître entre ses lignes, on engloutit ce Soleil des Scorta en une seule bouchée. Quel délice !

Un grand merci Marine de m'avoir fait découvrir ce roman. Je l'ai lu d'une traite, presque sans respirer, tant il m'a coupé le souffle... Et il a su, encore une fois, attiser mon envie de lire l'Italie à travers la plume d'auteurs talentueux.

"Une légende courait dans le village qu'à cette heure, un jour, un homme remonté un peu tard des champs avait traversé la place centrale. Le temps qu'il atteigne l'ombre des maisons, le soleil l'avait rendu fou. Comme si les rayons lui avaient brûlé le crâne." (p.13)
"Un homme poussiéreux et sale entrait dans la maison des Biscotti, à l'heure où les lézards rêvent d'être poissons, et les pierres n'y trouvèrent rien à redire." (p.17)
"On mange dans le Sud avec une sorte de frénésie et d'avidité goinfre. Tant qu'on peut. Comme si le pire était à venir. Comme si c'était la dernière fois qu'on mangeait. Il faut manger tant que la nourriture est là. C'est une sorte d'instinct panique. Et tant pis si l'on s'en rend malade. Il faut manger avec joie et exagération." (p.147)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

27 avril 2010

La solitude lumineuse, Pablo Neruda

576380_gf Je ne connaissais Pablo Neruda que pour sa poésie. Quelle surprise de découvrir ce texte en prose ! Extrait de ses mémoires - J'avoue que j'ai vécu - publiées de façon posthume, La solitude lumineuse relate les souvenirs de Neruda à l'époque où il était consul. Nommé à Colombo, à Ceylan, à Singapour puis à Batavia, il donne à voir dans ce court texte ses souvenirs.

Quelle plume ! La prose de Neruda est d'une musicalité rare (et encore, je ne parle que de la traduction française). Ses phrases, imagées et empreintes de poésie, emmènent le lecteur dans ses pérégrinations. La solitude ressentie loin de son pays natal, le Chili, les rencontres qu'il a faites à travers ces pays, les personnes qui l'ont marqué, les événements dont il se souvient... Neruda invite son lecteur dans son voyage. Bien qu'il soit court, ce texte est d'une richesse en évasion vraiment appréciable.
A ma lecture, je m'arrêtais quasiment à toutes les phrases pour m'imprégner de leur poésie et rêver un peu... Une lecture que je conseille à tous !
Je me retiens de vous citer l'intégralité de ce texte tant il m'a conquise mais vous offre néanmoins un petit florilège des phrases qui m'ont arrêtée plus que les autres :
"Un peu plus loin, dans une autre cage, allait et venait une panthère noire, encore pleine de l'odeur de sa forêt natale. C'était un étrange fragment de nuit étoilée, une bande magnétique qui s'agitait sans arrêt, un volcan noir et élastique qui voulait raser le monde, une dynamo de force pure qui ondulait ; et deux yeux jaunes, pré
cis comme des poignards, et qui interrogeaient de tout feu car ils ne comprenaient ni la prison ni le genre humain." (p.15-16)

"Partout les statues de Bouddha, de Lord Bouddha... Les statues sévères, verticales, vermoulues, avec une dorure qui leur communique un éclat animal et un écaillement extérieur qui donne à croire que l'air les détériore." (p.23)

"Et il en émane une odeur non de pièce morte, non de sacristie et de toiles d'araignée, mais d'espace végét49862010_pal, de rafales qui retomb46247012_pent soudain en ouragan de plumes, de feuilles, de pollen de la forêt sans fin..."  (p.25)

J'inscris cette lecture dans le cadre de deux challenges : Bienvenue en Inde, initié par Hilde et moi, et le Challenge 2 euros de Cynthia.

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

25 mars 2010

Le Monde de Barney, Mordecai Richler

9782253149958_GJe viens de terminer Le Monde de Barney, présenté par son éditeur comme "l'un des plus grands romans du Canada anglophone d'aujourd'hui".

Barney Panofsky, juif canadien, a eu une vie mouvementée : trois mariages, trois enfants, une jeunesse de bohème à Paris, puis une affaire d'importation de fromage dans son pays natal avant de terminer producteur de séries télévisées. Accusé du meurtre de l'un de ses amis, Barney voit sa vie s'effondrer : ses proches le délaissent et sa vie devient chaotique entre l'alcool et les pertes de mémoire qui commencent à l'envahir.

Difficile de catégoriser ce livre. Présenté comme un roman par l'éditeur, il s'agit en réalité d'un texte autobiographique (Barney Panofsky a réellement existé !), commenté par l'un de ses fils et mit en mot par Mordecai Richler... Bien confus tout ça !
Ce livre est néanmoins d'une drôlerie rare, d'une construction aussi anticonformiste que son narrateur. Le personnage de Barney, qui s'exprime à la première personne, égare le lecteur dans ses élucubrations et ses souvenirs. De ses trois femmes, il écrit trois chapitres successifs, chacun relatant, de façon désorganisée, les réminiscences de sa vie à cette époque mêlée à celle de son présent. Il entraîne le lecteur à sa suite, dans les méandres de sa mémoire défaillante.

Teinté d'humour noir et de cynisme, Barney est néanmoins attachant.  Sa vie est fantasque, à la limite de la vraisemblance. Il côtoie des personnalités aussi diverses qu'intéressantes.  J'ai vraiment apprécié les notes de bas de page de son fils, qui complètent ce récit,  qui  sont souvent très critiques, et par là même comiques...

J'ai passé un bon moment de lecture et je me suis souvent esclaffée, comme lorsque Barney cherche le nom de l'ustensile pour égoutter les pâtes... Une fois retrouvé, l'égouttoir ponctuera le texte régulièrement, tel un moyen mnémotechnique...

Je tiens à remercier 47286893 et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature canadienne - Vos commentaires [9] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

27 décembre 2009

Les vies secrètes de Marilyn Monroe, Anthony Summers

MarilynCela faisait quelques temps que je m'intéressais à la vie de Marilyn, notamment après avoir vu plusieurs titres de sa filmo. Mes parents avaient ce titre dans leur bibliothèque. Je leur ai donc emprunté pour me faire une idée.

Les vies secrètes de Marilyn  Monroe est une sorte de documentaire que l'auteur a voulu réaliser sur la vie de l'actrice, en débutant non pas avec son enfance, difficile, comme tout le monde le sait, mais avec sa carrière d'actrice, de ses débuts à son apogée.
La jeune Norma Jeane n'a que 15 ans lorsqu'elle se marie la première fois, et pour elle débute une carrière de mannequin.
Vont s'ensuivre des années de petits rôles, beaucoup de travail, des rencontres aussi, pour enfin percer dans le milieu du cinéma.
Mais la célébrité va dévoiler des troubles psychologiques latents chez elle, et ses nombreuses addictions vont peu à peu se faire jour. Anthony Summers a segmenté son ouvrage en 7 parties, chacune représentative, selon lui, d'un tournant dans la carrière de la célèbre blonde, mais d'une évolution, aussi, de son état psychique.
De nombreuses photos de l'actrice, parfois jamais publiées, mais aussi de multiples témoignages de ceux qui l'ont côtoyée s'égrainent au fil des pages. L'idée est intéressante, mais le livre ne répond à aucune des questions qu'il soulève (malgré une quatrième de couverture assez élogieuse) : l'auteur se fonde sur des interviews et des documents jusque là jamais dévoilés par le public mais son livre ne permet pas réellement d'appréhender la personnalité complexe et instable de l'actrice. Le livre ne semble être qu'une succession de faits sans analyse...
La mort de l'actrice, ainsi que les heures qui l'ont précédée, occupent une place importante, voire lourde, dans la biographie, sans que celle-ci n'en apporte réellement d'explication tangible. Anthony Summers ne fait que mettre en évidence plusieurs hypothèses qui expliqueraient ce suicide étrange, sans jamais pencher vers l'une d'elle, laissant le lecteur pantois.
Les paragraphes s'enchainent parfois sans transition. La lecture n'est pas fluide, et par endroit j'ai eu l'impression de lire une succession d'anecdotes sans lien apparent si ce n'est chronologique.

Bref, j'ai quand même aimé cette biographie car elle m'a permis d'en apprendre un peu plus sur cette icône cinématographique, mais un aspect morbide, surtout dans les derniers chapitres, m'a gênée. L'auteur semble prendre un malin plaisir à dévoiler la détresse de plus en plus prégnante de l'actrice, ses addictions diverses, ses déboires sentimentaux et sexuels, donnant l'impression d'en tirer partie pour faire sensation.
Comme c'est le premier livre que je lis sur le sujet, il a au moins le mérite d'avoir éclairé ma lanterne, malgré ses défauts. Mais il doit sûrement en exister des mieux écrits et qui donnent moins cette impression de tabloïd...challenge_marilyn_monroe_c3a9crit
Et voilà ma première participation (rétrocative) au Challenge Marilyn Monroe de George !

 

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,