Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 février 2014

Long John Silver T.2 Neptune, Xavier Dorison et Mauthieu Lauffray

long-john-silver-tome-2- -neptune-9564Long John Silver est une série de BD en quatre tomes publiée chez Dargaud. Neptune, le deuxième album, est paru en septembre 2008. J'avais adoré le premier tome. Raison de plus pour poursuivre la lecture de cette série !

Le navire qui vogue vers l'Amérique du Sud, avec à son bord Long John Silver et ses pirates, progresse lentement. Embauché par Lady Hastings pour débusquer le trésor de son mari, Long John Silver dissimule son véritable dessein : fomenter une mutinerie et se rebeller contre le capitaine du bateau, une fois le trésor en vue. Mais Elsie, la domestique de Lady Hastings, va mettre à mal ce plan en découvrant le contrat passé entre sa maîtresse et le flibustier. Son meurtre met à jour les plans du pirate et faire peser des doutes sur ses véritables intentions. La tension monte d'un cran sur le navire, et la situation devient vite incontrôlable.

Excellente série, Long John Silver offre au lecteur une plongée des plus réussies dans l'oeuvre de Stevenson.  
Ce deuxième tome, très sombre, se présente comme un huis-clos glaçant. La vie à bord est rude et le meurtre de la jeune domestique va déchaîner les plus bas instincts des personnages.  
La palette de couleurs utilisée est très sombre et offre un rendu superbe. Le temps est à l'image de l'ambiance qui règne sur le navire : tumultueux et imprévisible. Le découpement des pages alterne des vignettes classiques et de larges planches qui dynamisent le tout et renforcent la violence du récit. La narration alterne accalmie et déchaînement de violence et le lecteur de suivre le tout avec avidité.  
Car l'intérêt de ce tome est de montrer Silver dans sa dualité et dans sa difficulté à contenir l'envie de meurtre qui sourd en lui. Son obsession : tuer le Capitaine pour prendre sa place. Mais il se doit de maîtriser sa mutinerie pour parvenir à ses fins. Cette difficulté suinte à toutes les pages et le côté torturé du pirate semble se cristalliser dans ce tome.     
Un album à dévorer d'une traite, dans un souffle. Une réussite incontestable, tant graphique que narrative. Merci C. de cette attention.

Voici ma 62e participation à la   organisée par Mango et ma 51e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

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10 février 2014

Meurtre au Ritz, Michèle Barrière

Meurtre au Ritz, Michèle BarrièreMeurtre au Ritz est le septième tome de la saga consacrée à la famille Savoisy écrit par l'historienne de l'alimentation Michèle Barrière. Ce roman est paru en juin 2013 au Livre de Poche.

Paris, 1898. César Ritz fignole les travaux du célèbre palace parisien qui portera son nom. A la tête de ses cuisines, le non moins célèbre Auguste Escoffier. Mais la réputation du lieu est menacée lorsque le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans une des chambres froides. Heureusement, Quentin Savoisy, journaliste gastronomique en herbe, s'attèle à cette enquête, aidé de Diane sa fiancée, fervente partisane des droits des femmes.

Avec ce nouveau roman, Michèle Barrière nous entraîne dans le tourbillon du Paris de la fin du XIXe siècle. Mêlant Histoire - l'affaire Dreyfus, l'ouverture du Ritz, les mouvements féministes naissants - et fiction, la romancière réussit une nouvelle fois une intrigue très bien ficelée qui laisse la part belle à la gastronomie.
Meurtre au Ritz nous permet de pousser la porte du célèbre palace et de découvrir l'effervescence liée à son ouverture. Les cuisines y tiennent bien entendu un rôle primordial, comme toujours, et le meurtre qui ouvre le roman semble lié à celles-ci. 
M
ais l'intrigue permet également une plongée appréciable dans l'époque dépeinte. Paris est un personnage à part entière, comme toujours dans les romans de Michèle Barrière qui aime à soigner ses lieux et à conserver une cohérence historique globale. Le lecteur se promène, en compagnie de Quentin, le héros, dans les ruelles parisiennes et découvre la ville telle qu'elle était en cette année 1898.
Lire un roman de Michèle Barrière c'est perdre la notion du temps, se glisser dans une époque pour mieux en comprendre les enjeux et découvrir, au détour d'une intrigue policière, l'histoire de la gastronomie et ses subtilités. Un régal...

Intrigué par les romans noirs gastronomiques ?
Découvrez  mon interview de Michèle Barrière
ainsi que mes précédents billets sur ses romans.

 

sang-hermine

 

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14 janvier 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie OtsukaCertaines n'avaient jamais vu la mer est un roman de l'écrivaine américaine Julie Otsuka paru en 2012 et couronné du Prix Femina étranger la même année.

Elles s'appellent Katsuno, Chiye, Kiyono, Iyo, Misuyo ou encore Hanako. Elles ont quitté leur Japon natal, ont pris un bateau qui les a conduites aux Etats-Unis. Elles s'y sont mariées. Ont rêvé d'une vie. En ont subie une autre. C'est leur histoire, leur exil, leurs souffrances et leurs frustrations qui sont racontés ici.

Julie Otsuka signe ici un roman magistral. Une sorte d'oeuvre chorale qui donne à entendre les multiples voix de ces femmes exilées. Comme un bruissement, comme un chuchotement, ces femmes se confondent pour mieux se raconter. Et de leurs voix qui s'élèvent naît un portrait changeant, un nous collectif tantôt heureux, tantôt mélancolique, un destin brisé parfois, un amour perdu, l'esquisse d'une femme universelle peut-être, dans sa résignation et son courage.
En moins de 140 pages, Julie Otsuka nous emmène à l'aube de ce XXe siècle naissant. Elle nous entraîne dans le sillage de ces femmes qui ont tout quitté pour partir à la découverte d'un homme, d'un pays, d'une culture. Qui ont tout quitté pour la photo d'un homme et des rêves de vie meilleure.
C'est émouvant, dur parfois, authentique toujours. A travers les étapes de la vie de ces femmes - leur rencontre avec leur mari, leur nuit de noces, la naissance de leurs enfants, la Seconde Guerre mondiale - le lecteur suit leurs vies multiples aux croisements certains et découvre un pan de l'Histoire.
Une lecture bouleversante, révoltante, dont on aurait tort de se priver.

D'autres avis : Canel, Miss Alfie, Lili Galipettes, Theoma, Jérôme...

"Sur le bateau, nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements.[…] Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaients filles de pêcheur et elles avaient toujours vécu sur le rivage. Parfois l'océan nous avait pris un frère, un père, ou un fiancé, parfois une personne que nous aimions s'était jetée à l'eau par un triste matin pour nager vers le large, et il était temps pour nous, à présent, de partir à notre tour." (p.11)

Un bonheur supplémentaire : écouter Julie Otsuka parler de son roman

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21 décembre 2013

Histoire véridique du Père Noël, du traîneau à la hotte, Karin Ueltschi

Histoire véridique du Père Noël, du traîneau à la hotte, Karin UeltschiHistoire véridique du Père Noël, du traîneau à la hotte est un essai de l'universitaire spécialisée en langue et littérature médiévale Karin Ueltschi paru en 2012 chez Imago.

La fête de Noël véhicule avec elle nombre de symboles et se cristallise autour de la figure du Père Noël. Mais qui se cache vraiment derrière le vieillard au manteau rouge, à la longue barbe et à la hotte débordante que nous connaissons aujourd'hui ? D'où lui viennent ses attributs et à quelle époque ont-ils fait leur apparition pour mieux s'immiscer dans l'inconscient collectif ? Karin Ueltschi se propose de nous éclairer sur ce sujet.

Voilà un essai diablement bien construit et qui épuise son sujet sans jamais sombrer dans l'écueil d'un document élitiste et rébarbatif. Flo, qui me l'a offert, me connaît vraiment bien... je me suis régalée !
L'auteure aborde son sujet en dépouillant le Père Noël de ses attributs et en analysant, à la lumière des différentes époques et cultures, ce qui constitue la figure du vieil homme à la hotte que nous connaissons aujourd'hui.
Ainsi, savez-vous que ses clochettes annoncent à la fois la mort qui guette l'homme au fond de la nuit et symbolisent dans le même temps la dimension sacrée du mystère de la vie ? Que son habit rouge n'est pas une invention de Coca-Cola mais découle de différentes traditions ? Que le sapin en tant qu'arbre de Noël symbolise le triomphe de la vie sur la mort - la mort de la nature en hiver, notamment - et que les décorations dont nous le parons ne servent qu'à accentuer ce message d'optimisme et d'espoir ?
Grâce à une réflexion très documentée, Karin Ueltschi nous entraîne à travers les âges et dans différentes civilisations afin d'appréhender la figure du Père Noël dans sa complexité. C'est riche, très riche !

Lire cet essai, c'est se plonger dans une étude soignée au titre paradoxalement évocateur. C'est regarder différemment tous ce qui nous entoure à cette période de l'année. C'est comprendre d'où tout cela vient pour mieux en comprendre la portée. C'est aimer Noël davantage. Merci encore Flo pour ce beau cadeau !

Petit florilège des figures qui participent du mythe du Père Noël et de ses représentations

Arlequin, empereur de la lune, Lucien Watteau Knecht Ruprecht

 

Yule goat by John Bauer Merry old Santa Claus by Thomas Nast

Saint Nicolas en tournée nocturne

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16 décembre 2013

La mode sous toutes les coutures, Florence Pinaud

La mode sous toutes les couturesLa mode sous toutes les coutures est un album de Florence Pinaud paru en novembre 2013 chez Actes Sud Junior.

Le jour où l'être humain a eu l'idée de recouvrir son corps pour se protéger des éléments extérieurs et des conditions climatiques est loin. Depuis, le vêtement dit beaucoup de celui qui le porte et se fait messager de bien des codes sociétaux. La mode ? Un concept auquel personne n'échappe, pas même les plus récalcitrants. Et si chaque époque est porteuse de nouvelles tendances, bien malin celui qui peut prétendre passer au travers. Entrez dans le monde merveilleux de la mode et découvrez, au fil des pages de cet album, ses évolutions et ses adaptations.

Avec un grand format rappelant celui du mythique magazine Vogue, La mode sous toutes les coutures offre une approche à la fois historique, sociologique et technique de la mode. Scindé en deux parties - Le vêtement pour maîtriser la situation et La mode s'empare des dressings - il offre un panorama intéressant sur le sujet et balaye un large spectre qui permet une première approche très séduisante.
Le lecteur suit ainsi l'évolution des tendances - de la mode garçonne durant les Années folles aux velléités environnementales des créateurs actuels - tout en découvrant les fonctions premières des matières utilisées par l'Homme pour se couvrir. Grands créateurs tels Madeleine Vionnet, périodes marquantes, pièces phares comme le corset ou le jean, marques de prêt-à-porter à l'instar de H&M, la lecture de cet album permet une plongée dans cet univers fascinant qui touche tout un chacun. 
Les nombreuses photos et illustrations rendent hommage à l'évolution de la mode et font de cet album un très bel objet à consulter. J'ai adoré en parcourir les grandes pages, me laisser surprendre au détour d'une anecdote, sourire à l'évocation de certains styles vestimentaire, rêver avec certains noms. Une lecture très agréable, cela va sans dire, que je ne peux que vous conseiller, et un album qui gagne à être lu.

Voici une nouvelle participation
au défi Read me, I'm Fashion de L'Irrégulière. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/10/25/28287410.html#sthash.ujv9mjYs.dpuf

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Un grand merci à Babelio  et aux éditions Capture pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 

La mode sous toutes les coutures double page 2

La mode sous toutes les coutures double page

 

fashion

Voici une nouvelle participation au Challenge Read me, I'm fashion de L'Irrégulière.

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03 juillet 2013

François sans nom T.1 Le sculpteur et la voleuse, Ricard, Runberg et Bianchini

François sans nom TFrançois sans nom est une série imaginée par Sylvain Ricard et Sylvain Runberg et dessinée par Marci Bianchini éditée chez Soleil dans la collection Quadrants. Le premier tome, Le sculpteur et la voleuse, est paru en mai 2013.

1466, quelque part en France. Alors que la jeune Félyzée est accusée de vol, elle croise la route d'un dénommé François. Un vagabond solitaire et érudit, accueilli par un sculpteur et qui aide ce dernier à réaliser les décorations du fronton de la cathédrale. Mais François poursuit d'autres desseins, gardés secret jusque là. Et Félyzée apprend bien vite qu'on le suspecte d'être le poète François Villon en exil...

Une série sur le sulfureux poète François Villon ? En voilà une bonne idée ! Ricard et Runberg nous offrent ici un scénario intéressant fondé sur l'anonymat que souhaite conserver le héros et le trouble jeté sur son passé. Qui est-il ? Pourquoi tant de hargne à l'encontre de l'Evêque d'Orléans, Thibaut d'Aussigny ? Ce premier tome nous permet d'aborder facilement la vie du poète le plus connu de la fin du Moyen Age par le biais d'une intrigue fictive au rythme bien mené.
Les dessins de Bianchini nous entraînent dans une France médiévale très bien reconstituée, à la vraisemblance historique respectée. Les tons chauds, ainsi que les dessins détaillés, permettent une immersion intéressante dans cette époque sombre.
Les planches possèdent un rendu dynamique grâce aux découpage des vignettes et leur organisation.
En bref, un premier tome prometteur !

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf
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Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de Mango

Et ma 44e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)Top BD

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Planche 1Planche 2

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album reçu en service de presse.

Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf
Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions pour cette lecture. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf

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08 avril 2013

Le Secret d'Osiris, Nabil Mallat

Le Secret d'Osiris, Nabil MallatLe Secret d'Osiris est un roman de l'universitaire Nabil Mallat paru en mars 2013 aux éditions L'Archipel.

L'archéologue Maxime de Latour n'en revient pas : ses fouilles sur le plateau de Gizeh ont permis à son équipe de découvrir une chambre funéraire dédiée au dieu Osiris. Dans le sarcophage qui s'y trouve, un papyrus attise bien des convoitises.
Mais sitôt cette découverte faite, l'équipe d'archéologues en est écartée et se voit dans l'obligation de quitter l'Egypte. Et le papyrus disparaît ! Commence alors une course contre la montre pour découvrir qui l'a volé et dans quel but. Surtout que Maxime et son équipe ne sont pas seuls : ils sont talonnés par un criminel pilleur de tombeaux qui se cache sous le pseudonyme de Seth.

L'Egypte antique possède un incroyable pouvoir de fascination. C'est indéniable. En tout cas, je peine à résister à l'attrait que cette période exerce sur moi. J'ai donc plongé avec plaisir dans ce roman qui se propose d'aborder la question de Nabta Playa, un site archéologique situé à l'ouest d'Abou Simbel et considéré comme le berceau de la civilisation égyptienne.
L'auteur, par le biais d'une découverte archéologique sans précédent, nous permet de plonger dans la frénésie des recherches scientifiques et de lever le voile sur certaines découvertes archéologiques récentes.
Mais si l'intrigue est alléchante et les connaissances de l'auteur solides, le roman perd vite en consistance par sa brièveté. L'auteur est ambitieux et allèche son lecteur dès les premières pages, mais l'émulation s'essouffle au profit d'une intrigue qui avance au pas de course, au détriment d'informations solides. Le sujet mérite amplement un roman plus long, sinueux, abreuvant le lecteur avide d'informations sur Nabta Playa de descriptions et de réflexions sur le sujet.
Le Secret d'Osiris
pèche donc par ce rythme trop rapide et transforme un roman qui aurait pu être passionnant en course-poursuite trop rapide sur fond de découverte archéologique. C'est vraiment dommage car l'auteur maîtrise son sujet et le prouve à bien des égards. J'aurais aimé me plonger plus longtemps dans l'Egypte antique en compagnie de Nabil Mallat.

Je tiens néanmoins à remercier Julie et les éditions l'archipel pour ce roman.

Voici ma première participation au Challenge Voyage dans l'Egypte antique que j'organise.

 

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20 mars 2013

Le singe de Hartlepool, Lupano et Moreau

Le singe de HartlepoolLe singe de Hartlepool est un album écrit par Wilfrid Lupano et illustré par Jérémie Moreau paru en septembre 2012 chez Delcourt.

1814. En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large d'Hartlepool. Unique survivant de ce naufrage, le chimpazé mascotte de l'équipage, affublé de l'uniforme tricolore. Pour les anglais qui n'ont jamais rencontré leur ennemi, nul doute possible : il s'agit d'un français et il doit être traîné en justice !

S'inspirant d'un triste fait réel, cet album aborde avec un humour grinçant la question de l'autre et de la différence. Si la méprise paraît énorme - confondre un singe avec un être humain, pensez donc ! - elle n'en est pas moins le reflet de la bêtise humaine et des conséquences qu'elle peut avoir.
J'ai tellement entendu parler de cette BD ces derniers temps que je ne m'attendais pas tout à fait à cette tonalité d'intrigue. Je la pensais peut-être plus légère, moins tragique. Mais le propos n'en est que plus fort et l'humour plus noir.
Le dessin de Moreau, au trait à la fois précis et paradoxalement flou à certains moments, porte l'absurdité de cette histoire à son paroxysme. Les couleurs, pastels et douces, permettent une ambiance désuète qui semble un temps synonyme d'espoir que cette bêtise cesse. Je n'en dirai pas plus. Une lecture moins légère qu'il n'y paraît mais très belle.

Planche 1D'autres avis sur cet album : Colimasson, Jérôme, Mango, Mo, Moka, Noukette et Yvan.

 

Voici ma 51e participation

 à la BD du mercredi de Mango
  

    Et ma 42e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)

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16 janvier 2013

Thermae Romae T.1, Mari Yamazaki

Thermae Romae TThermae Romae est une série de manga imaginée par Mari Yamakazi comptant actuellement 5 tomes. Petit focus aujourd'hui sur le premier tome de la série, paru en mars 2012 chez Casterman dans la collection Sakka.

Rome, an 128. Lucius Modestus est un architecte un peu démodé qui peine à vivre de ses constructions de bains. Alors qu'un énième employeur décide de se passer de ses services, il se rend aux thermes avec un ami. Mais une fois dans le bassin, il est aspiré par la bonde et manque de se noyer. Quelle n'est pas sa surprise de se réveiller dans un bain au milieu d'inconnus. Lucius ne le sait pas, mais il a atterri miraculeusement dans le Japon d'aujourd'hui, où le bain est un art de vivre. De quoi s'inspirer pour moderniser sa pratique...

Jérôme a loué il y a quelques temps ce manga dans un de ses billets (que vous trouverez ici). Connaissant mon attrait pour la Rome Antique, je ne pouvais que succomber à l'appel de ce projet un peu barré de mélanger cette époque et le Japon d'aujoud'hui.
Le résultat est à la fois étonnant et amusant. Chaque fois que l'architecte Lucius va aux thermes, il se fait aspirer par une bonde et se retrouve dans le Japon du XXIe siècle. L'occasion pour lui de regarder ce que les japonais ont inventé pour le ramener dans son époque ; l'occasion pour l'auteure d'établir un joli parallèle entre les deux peuples et leur attrait pour l'art du bain. Le personnage ne comprend pas, au fil de ses incursions dans notre monde, que l'époque a changé et qu'il appartient au passé et il est amusant de voir son arrogance tout à fait romaine envers les japonais qu'il rencontre.Planche 1
L
e trait de Mari Yamazaki est réaliste, précis et allie les deux époques avec brio. Le chapitrage permet à l'auteure d'insérer dans son intrigue des précisions quant à la Rome Antique, à l'art du bain au Japon, mais aussi quant à sa propre expérience des bains, etc. Ces passages documentaires se glissent naturellement entre deux chapitres et n'altèrent en rien la continuité dans la lecture.
Un premier tome réjouissant, donc, qui me donne envie de connaître la suite malgré un bémol : j'espère que l'auteure variera son schéma narratif. Voir Lucius aller une énième fois aux thermes, se faire aspirer, émerger au Japon, piquer une idée et revenir pourrait être lassant, à la longue. Mais comme la série est prévue en 6 tomes, je pense que cet écueil pourra être évité.

Logo_2Voici une nouvelle lecture pour mon Défi Au coeur de la Rome Antique.

 Et ma 48e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 39e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

 Top BD

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16 novembre 2012

La maison aux trésors : les petits secrets d'une maison d'autrefois, Jemima Pipe et Maria Taylor

La maison aux trésorsLa maison aux trésors est un album pop-up écrit par Jemima Pipe et illustré par Maria Taylor, paru chez Tourbillon en novembre 2012.

Londres, 1888. Au 51 avenue Orchard, dans une belle demeure, vit la famille Sullivan et ses domestiques. Entrez, entrez, curieux lecteur, dans cette maison toute rose, et venez découvrir comment vivait une famille aisée à la fin du XIXe siècle. Venez découvrir son quotidien, ses loisirs et ses habitudes. Glissez-vous par la porte, et entrez dans la maison des Sullivan !

Vous qui passez sur ce blog, égaré ou non, sachez que si vous cherchez un cadeau pour Noël (ne mentez pas, vous n'avez pas déjà tout acheté !), ce pourrait bien être cette petite merveille d'album !  
Voilà un livre intelligent et très bien fait. Non seulement il propose d'expliquer aux enfants la vie quotidienne d'une famille londonienne à la fin du XIXe siècle,  mais en plus la forme choisie est réellement ludique. Les différents volets à soulever dans chacune des pièces dévoilent de nouveaux objets et aiguisent l'attention du petit lecteur. Car la lecture de La maison aux trésors est loin d'être passive. Le lecteur doit observer chaque pièce et résoudre trois énigmes :

* découvrir ce qui fait un bruit étrange dans la maison
* retrouver l'objet égaré par Mme Sullivan
* désigner les deux objets anachroniques dans chaque pièce.

De la cuisine au grenier en passant par le salon, la salle de bain ou encore les chambres, la maison regorge de trésors et d'explications. On y apprend ainsi que certaines familles avaient un hérisson dans la cuisine pour les débarasser des insectes, que les cintres n'existaient pas ou encore que le savon servait aussi bien à se laver qu'à faire la lessive ! 
Pour ma part, et bien que je sois un tantinet plus âgée que le lectorat visé par cet album, j'ai pris un plaisir régressif à le découvrir, à soulever chacun des volets et à chercher les objets anachroniques tout en apprenant bien des choses sur la vie quotidienne de cette époque. Les dessins détaillés et les couleurs douces font de cet album une lecture apaisante et chaleureuse. Et puis, encore une fois, La vie mode d'emploi de Perec n'est pas loin ! 
Un album que j'aurais adoré découvrir vingt ans plus tôt (ça fait mal de dire ça... Les années passent, c'est indéniable !) J'aurais passé beaucoup de temps à dessiner ma maison aux trésors en m'inspirant des illustrations de celle-ci. A offrir donc, à des enfants dès 7-8 ans, pour les faire rêver un peu.

Un grand merci à Pauline et aux Editions siteon0_130x51 pour cette découverte.

L'avis de Jérôme sur cet album.

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