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Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 septembre 2016

Harry Potter and the Cursed Child, J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

harry-potter-and-the-cursed-child-678x1024Harry Potter and the Cursed Child est le texte de la pièce de théâtre éponyme jouée pour la première fois le 31 juillet 2016 à Londres. Co-écrit par l'auteure des aventures de la saga Harry Potter, J.K. Rowling, Jack Thorne et le metteur en scène John Tiffany, ce huitième volet des aventures du célèbre petit sorcier est sorti le jour de la première londonienne en anglais et paraîtra en français chez Gallimard le 14 octobre 2016. 

Londres, dix-neuf ans après la bataille de Poudlard. Harry, trente-sept ans, désormais employé au Ministère de la Magie, est marié à Ginny et père de trois enfants, James, Lily et Albus. La rentrée d'Albus à Poudlard est rude et le garçon peine à trouver sa place en étant le fils du célèbre Harry Potter. Sa plus grande crainte se réalise - être admis à Serpentard après la cérémonie du Choixpeau magique - et Albus ne parvient pas à s'intégrer aux autres élèves. Son amitié avec Scorpius, le fils de Draco Malefoy, ne l'aide pas à se sociabiliser, et les deux garçons traversent leur scolarité en vase clos. A l'aube de leur cinquième année, et après une énième impression de décevoir constamment son entourage, Albus décide d'agir. Il entraîne Scropius avec lui dans une idée rocambolesque mais dont il ne perçoit pas les conséquences.

Entre Harry et moi, c'est une grande histoire d'amour. Une très grande histoire d'amour même. J'avais consacré mon mémoire de Master 1 de littérature à l'analyse de la peur dans l'oeuvre en examinant son traitement cinématographique et littéraire. Avant ça, j'étais déjà accro à cette série. Après cette année d'étude sur l'oeuvre, je sais que Harry Potter est inscrit en moi et fait partie de mon histoire. J'ai même frôlé l'hystérie en allant visiter les studios de tournage à Londres il y a quatre ans (et je pèse mes mots : je n'avais quasi pas dormi de la nuit tant j'étais excitée par cette journée...)

Bref, ça c'était un petit préambule pour vous mettre en situation. Vous comprendrez donc que j'attendais avec impatience de découvrir de nouvelles aventures de Harry, Ron et Hermione, histoire de prolonger les heures de lecture délicieuses de mon adolescence. Et si cette rencontre fut belle, elle fut néanmoins teintée de points négatifs à mentionner.

J'ai en effet adoré retrouver ces personnages qui m'ont accompagnée durant tant d'années, dont j'ai tant parlé, sur lesquels j'ai échafaudé tant de théories. J'ai adoré découvrir ce que J.K. Rowling avait esquissé pour leur avenir, même si moi aussi j'avais fait quelques plans dans ma tête à la fin du dernier tome. Mais ce huitième tome pèche tout simplement parce que ce n'est pas J.K. Rowling qui est derrière. Et cela change tout. Non que je sois une puriste de la romancière mais elle a réussi à créer des personnages qui ont bouleversé le paysage de l'édition jeunesse et accompagné des générations de lecteurs et il fallait posséder un sacré talent pour prendre sa suite. Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Première déception, et non des moindres : les personnages que nous retrouvons dans ce huitième tome ne sont que de pâles copies des personnages originaux. Leur psychologie semble esquissée très rapidement et j'ai même peiné à retrouver Harry sous les traits de ce quadra impulsif, colérique et optu. Le trio Harry-Ron-Hermione est inexistant, même lorsqu'ils se retrouvent et leur alchimie passée semble révolue, malgré les liens qui les liens (Ron et Hermione étant mariés). La nouvelle génération ne bénéficie pas d'un meilleur traitement. Résultat : il est bien difficile de ressentir une quelconque émotion pour Albus, Scorpius ou les autres.

Deuxième déception et non des moindres, la plume. Ce n'est pas J.K. Rowling qui signe cette oeuvre et cela s'en ressent énormément. Le style est plat, sans relief, l'humour souvent lourd et les répétitions nombreuses. La forme théâtrale était très intéressante et aurait pu donner lieu à une salve de dialogues truculents mais ce n'est pas le cas. Et c'est dommage, car c'est un des points forts de J.K. Rowling.

Il n'en reste pas moins que j'ai apprécié cette lecture parce que je peine à être objective. J'ai aimé sa forme théâtrale, fondamentalement différente des précédents opus de la série. Les décors et l'univers ayant déjà été bien campés, il est aisé de se glisser dans cette nouvelle intrigue et d'en suivre les bouleversements. J'ai même apprécié le rythme rapide dû au genre et j'ai souvent imaginé comment je mettrai en scène certains passages et l'effet qu'ils auraient sur le spectateur. Je dois avouer que la forme m'a réellement plu et que j'ai aimé imaginer l'univers de J.K. Rowling transposé sur une scène de théâtre.

L'intrigue est pour sa part bien ficelée, dynamique, avec de nombreux retournements de situation, même si elle est brève en comparaison des précédents tomes. La narration n'est pas linéaire et alterne passé et présent, pour faire parfois des bonds en avant pour mieux revenir et c'est intéressant.

Bref, difficile d'en dire plus sans trop en dire pour ceux qui souhaiteraient le lire. En définitive, je crois que c'est ma nostalgie des incroyables heures de lecture de ma jeunesse qui m'a fait apprécier ce huitième tome, car les bémols sont nombreux. Mais je crois que découvrir une nouvelle aventure de Harry, Ron et Hermione l'a emporté et j'ai apprécié malgré tout ces pages.

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