Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

31 octobre 2016

Le protectorat de l'ombrelle T.1 Sans âme, Gail Carriger

Sans âme TSans âme est le premier tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'archéologue et romancière américaine Tofa Borregaard - qui écrit sous le nom d'emprunt de Gail Carriger - paru en 2011 aux éditions Orbit. La série compte à ce jour cinq tomes.

Londres, époque victorienne. Miss Alexia Tarabotti est un cas désespérée pour sa famille : vieille fille de vingt-cinq ans sans perspective d'union à l'horizon, elle joue au chaperon pour ses demi-soeurs cadettes au potentiel plus élevé. Mais ce que ses proches ne savent pas c'est qu'Alexia n'est pas tout à fait ordinaire : la jeune femme n'a en effet pas d'âme, elle fait partie des paranaturels et possède le don d'annuler ceux des autres. A son contact, vampires, loup-garous et consorts perdent leurs attributs et redeviennent humains. Ainsi, lorsqu'elle est attaquée à un bal privé par un vampire qui semble ignorer ses capacités et qu'elle tue celui-ci accidentellement, les choses se compliquent. La Reine Victoria dépêche sur place Lord Maccon, un loup-garou écossais au tempérament ardent. Alors que les relations entre eux sont incendiaires, des disparitions inquiétantes sont signalées. Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon vont devoir collaborer pour démêler l'affaire.

Voilà un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée il y a peu. La bit-lit et moi, on est loin d'être copines... Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy, j'ouvre mes horizons littéraires et sors de ma zone de confort pour partir à la découverte d'autres genres. Et autant dire que la période d'Halloween est parfaite pour ce type de lecture aux relents de vampires et de loups-garous...

Dès la couverture, le ton est donné : l'époque victorienne - rendue furieusement glamour par l'allure du personnage et le rose Barbie du titre - sera le théâtre de ces jeux de pouvoir dont Miss Alexia Tarabotti sera l'héroïne à l'ombrelle ravageuse. L'intrigue possède un fonctionnement assez classique mais avance à bon pas, portée par des premiers chapitres assez déroutants et rythmés offrant un avant-goût de l'ensemble. L'écriture est cinématographique et très visuelle et le décor assez soigné pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de l'intrigue. Ce premier tome augure un univers riche dont l'auteure semble posséder toutes les ficelles. Il n'y a rien de tel qu'un univers bien construit dans lequel le lecteur a envie de se glisser. J'espère que le contexte historique sera mieux exploité par la suite, car l'époque victorienne et ses codes sont une toile de fond qui possède de beaux avantages pour une intrigue telle celle-ci.

Petit bémol en revanche pour la galerie de personnages éclipsée par le duo formé par Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon. L'auteure a soigné leur psychologie au détriment des personnages secondaires qui peuplent l'univers de façon quasi fantomatique. Difficile d'exister à côté de ces deux personnages charismatiques au tempérament fort  ! Mais j'espère que la suite permettra de rééquilibrer l'ensemble.

Enfin, et encore je ne suis pas spécialiste du genre, mais le style de l'auteur est soigné et confère à l'ensemble une qualité loin des clichés du genre. Si l'intrigue amoureuse est assez cousue de fil blanc, il n'en demeure pas moins qu'elle est bien amenée et assez addictive (c'est rare que je sois tenue en haleine par une histoire d'amour et que je veuille à tout prix retrouver le couple naissant au fil des chapitres mais c'est exactement ce que j'ai ressenti avec ces pages). Elle se fond avec l'intrigue principale avec finesse et les deux coexistent en bonne intelligence.

Entre steampunk et romance aux faux-airs de pastiche d'Orgueil et Préjugés, entre bit-lit qui échappe aux clichés du genre et roman fantastique,  Le Protectorat de l'ombrelle est un pur divertissement bourré de charme auquel je n'ai pas résisté bien longtemps. Deux jours de lecture et c'était bouclé ! Heureusement que la suite m'attend au chaud dans mon Kindle... Et même si c'est la troisième fois en peu de temps que je le dis (avec Miss Peregrine et les enfants particuliers et La Prophétie de Glendower), c'est rare que les séries me donnent envie de poursuivre. Ces trois-là sont donc de belles découvertes !

D'autres avis de lecteurs : Dup, Galleane, Karine:), Lou, Patacaisse, Plume de Cajou, Radicale, Syl., Vilvirt, etc.

Voilà ma quatrième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

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27 octobre 2014

La Saga des sorcières T.1 : Le lien maléfique, Anne Rice

Le lien maléfique, Anne RiceLa saga des sorcières de Mayfair est une chronique familiale écrite par la romancière américaine Anne Rice, connue du grand public pour sa Chronique des Vampires et l'adaptation ciné du premier tome, Entretien avec un Vampire en 1994. Le Lien maléfique est le premier tome de la trilogie des sorcières, publiée entre 1990 et 1994.

Une étrange demeure, à la Nouvelle-Orléans. Celle de la famille Mayfair. Des légendes circulent sur cette famille dont on dit que les femmes possèdent des pouvoirs parapsychiques. Certains chuchotent que ce sont des sorcières... 
Rowan Mayfair, brillante chirurgienne, ignore tout de sa famille. Adoptée par des cousins éloignés et élevée en Californie, ce n'est qu'au décès de Deirdre, sa mère biologique, que la jeune femme se rend à la Nouvelle-Orléans et découvre les légendes autour des Mayfair. Celles-ci éclairent Rowan sur les étranges pouvoirs qu'elle possède et qu'elle tentait d'ignorer jusque-là. Sa rencontre avec Michael Curry, doté lui aussi d'un don parapsychique, permet à la jeune femme d'explorer son histoire familiale et d'essayer de comprendre l'étrange lien qui unit les femmes de la famille et Lasher, un esprit qui hante ces dernières depuis le 17e siècle.

992 pages. C'est dit. Je préfère vous annoncer la couleur tout de suite et éviter les ricanements de ceux qui se sont dit que je m'étais endormie sur ce roman depuis que je l'ai commencé au Marathon de lecture d'Halloween en début de mois. 
Le lien maléfique est le premier roman d'Anne Rice que j'ouvre. Et ce pour deux raisons (si vous en avez déjà marre de ma logorrhée et de mes histoires toutes pourries de pourquoi je n'avais jamais lu Anne Rice avant, sautez trois paragraphes plus bas et vous aurez mon avis sur ce roman. Les autres, c'est parti pour histoirefascinantedemavie.com !) La première, c'est que ma chère soeur avait une passion pour la Chronique des Vampires quand on était ado. Et en bonne petite soeur que j'étais, prête à tout pour me démarquer et cultiver mon individualité, j'ai longtemps juré que jamais, au grand jamais, je n'ouvrirai un roman d'Anne Rice et que je laissais cet univers à ma soeur. Donc niet, pas d'Anne Rice du tout (enfin, je me suis quand même autorisé le film avec Brad Pitt et Tom Cruise... suis pas maso quand même !) Bon, ça c'était avant. Avant que l'adolescence ne se termine, que je cesse de clamer partout ma nécessaire et primordiale unicité, et que je me foute royalement d'aimer les mêmes choses que ma soeur. Au contraire (cf. la couture, le yoga, les sushis, les virées expo à Paris, les voyages et j'en passe). Donc maintenant que je suis grande et mature (hum hum), j'accepte totalement de picorer ci et là ce que les autres aiment, et même ce que ma soeur aime. Ouah... Quelle évolution, je sais...
Deuxième raison (j'en vois qui dorment au fond...), ma super copine Poulette-Nene n'a pas arrêté de me tanner sur les qualités incroyables de cette trilogie qu'elle avait adorée. Bon, j'ai tergiversé un moment avant de me lancer (et encore, c'était avant de savoir que le premier tome frôlait les 1000 pages...) mais comme Poulette-Nene est mon acolyte de club lecture avec les élèves, en bonne prof de maths super lectrice qu'elles est, je lui devais bien ça. Voilà voilà...
Ça, c'était ma rencontre avec La Saga des Sorcières et Anne Rice... Passons aux choses sérieuses avec ma chronique à proprement parler. Et zou ! Pour fêter ça (et récupérer ceux que ma super rencontre bipartite n'intéressait pas) je saute une ligne !

Bon, après ces tartines de blabla, je ne vais pas vous faire une chronique sans fin et vous achever complètement. Surtout que parler d'un premier tome d'une trilogie, ce n'est déjà facile (parce qu'il s'agit bien souvent d'une mise en place de l'intrigue et des personnages, amorce de la suite), mais parler d'un premier tome d'une trilogie qui compte pas loin de 1000 pages et écrit par une romancière connue et reconnue et dont tout le monde a déjà tant parlé, c'est encore moins évident. Dit comme ça, on pourrait croire que je vais terminer ce billet sans vous en parler du tout. Mais non, quand même, je me lance.
Anne Rice nous offre ici un magnifique exemple de saga familiale parfaitement orchestré. La trame narrative alterne le présent, où Rowan et Michael évoluent, s'aiment, et découvrent la demeure et son histoire, et le passé, par le récit de la famille Mayfair à travers les siècles, réalisé par le Talamasca, une société vouée à l'étude des forces occultes. L'alternance entre ces époques tisse une intrigue complexe et laisse imaginer au lecteur la richesse de l'imagination de l'auteure et de son monde intérieur. La vraisemblance, si elle pourrait sembler absente à cause de l'aspect fantastique, est pourtant bien présente dans l'universalité des liens et des problématiques entre les membres de cette famille.
Les personnages se succèdent au fil des années, et à chaque génération une des femmes de la famille voit son destin lié à celui de Lasher, entité démoniaque envoûtante. Le lecteur suit ce récit fait par les différents membres du Talamasca à chaque époque et voit le risque pour Rowan croître au fil des pages. La psychologie de cette dernière est soignée et permet au lecteur de s'attacher au personnage. La tension monte, à chaque retour au présent. Et le lecteur se doute bien que la maison et Lasher vont irrémédiablement attirer Rowan, malgré sa force et sa détermination. 
L'ambiance du roman est singulière et étouffante. Dans la moiteur de la Nouvelle-Orléans, englués dans le passé, les membres de la famille Mayfair tentent de s'extirper de leur malédiction familiale. Et le lecteur de suivre, spectateur impuissant du drame qui se joue dans cette ambiance empesée et lourde de secrets, l'histoire des Mayfair.   
La lassitude que j'ai éprouvée vers la moitié du roman n'est pas due à la qualité de ce dernier mais au fait que je suis peu portée sur les chroniques familiales. Parcourir quatre siècles de personnages d'une même famille et s'intéresser aux liens de parenté entre chacun pour bien suivre l'intrigue n'est vraiment pas ce que je préfère d'ordinaire. Mais pour autant, Anne Rice a su capter mon intérêt grâce aux fréquents retours au présent, avec Michael et Rowan. Si ce premier tome consacre beaucoup de temps à planter le décor de la famille, c'est pour mieux comprendre ensuite l'histoire de ce couple. Et finalement, une fois la dernière page tournée, la magie du suspense a opéré : moi qui d'ordinaire n'apprécie pas les romans en plusieurs tomes, j'ai envie de savoir ce qui va arriver à Rowan et Michael... 

Et voilà ma deuxième participation (et sûrement la dernière pour cette année) au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

Challenge Halloween

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11 décembre 2013

L'encre et le sang, Franck Thilliez et Laurent Scalese

L'encre et le sangL'encre et le sang est une nouvelle co-écrite par deux auteurs de romans policiers français, Franck Thilliez et Laurent Scalese, parue en juin 2013 chez Pocket.

Hong Kong, ville tentaculaire et démesurée. William Sagnier, écrivain raté, y traîne son spleen dans un seul but : tuer Cassandra, son ancienne maîtresse, qui a provoqué sa perte en lui volant son manuscrit pour le faire publier sous le nom de l'homme qu'elle aime. 
Au détour d'une rue d'antiquaires, William tombe sur une vieille machine à écrire qui l'aimante littéralement. Il l'achète, sans hésitation, et découvre bien vite qu'elle possède un étrange pouvoir : tout ce qui est tapé dessus se produit dans la réalité. William y voit immédiatement une façon de se venger de ceux qui l'ont détruit...

Franck Thilliez et Laurent Scalese signent ici une nouvelle efficace fondée sur une intrigue paradoxalement simple et retorse. Si le fantastique semble poindre dès le début de l'intrigue avec cet objet - fascinant s'il en est - qui offre à celui qui s'en sert une omnipotence indéniable, l'histoire bascule bien vite dans une autre dimension et offre à son lecteur un retournement des plus intéressants.
Je me garderais bien de vous en dire davantage, mais sachez qu'en 118 pages - et c'est une gageure - les deux romanciers parviennent à ficeler une intrigue originale qui ne vous laissera pas insensible.
Leurs styles se mélangent pour aboutir à une écriture dynamique très cinématographique. Le suspense est maîtrisé d'une main de maître et le lecteur sent bien vite que cet apparent cadeau venu du ciel pour orchestrer une vengeance est bien plus dangereux qu'il n'y paraît.

Une lecture rapide et rafraîchissante que je ne saurais que vous conseiller. Imaginez : et si vous aussi vous possédiez cette fascinante machine à écrire, qu'en feriez-vous ? Pour ma part, bien après avoir refermé ce livre, je continue à m'interroger...

Franck Thilliez et Laurent Scalese

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16 octobre 2013

Chapeau Melon & Bottes de cuir, Grant Morrison, Ian Gibson et Anne Caulfield

Chapeau Melon & Bottes de cuirChapeau Melon et Bottes de cuir trouve son origine dans deux séries TV britanniques : The Avengers, diffusée en France en 1961  et The New Avengers, diffusée en 1976. Adaptée en BD dès les années 1960, la série est à nouveau remise au goût du jour en 1991 grâce à une adptation en BD par Grant Morrison. C'est cette adaptation que les éditions Soleil réedite aujourd'hui, regroupant deux aventures de John Steed et Emma Peel : Le Jeu d'or et Arc-en-ciel mortel.

Le Jeu d'or : Tara King, la partenaire de John Steed, disparaît mystérieusement. Ce dernier, accompagné d'Emma Peel, se lance à sa recherche. Leurs soupçons se portent rapidement sur un étrange club très select où le jeu est roi.

Arc-en-ciel mortel : Alors qu'Emma Peel retrouve son mari après trois ans de séparation, elle est confrontée à un étrange phénomène : les habitants du paisible village de Pringle on sea semblent avoir disparu. Très vite, Emma et son mari sont attaqués par des Incas qui semblent atteints d'une malédiction. Steed se joint à eux pour résoudre ce mystère.

J'ai toujours aimé la série Chapeau Melon & Bottes de cuir. Le charme de l'Angleterre, des sixties, des séries d'espionnage, du fameux tandem Diana Rigg et Patrick Macnee... Bref, les arguments en faveur de cette série sont nombreux.
Et si je ne suis pas adepte des novélisations - adapter un film en livre, le plus souvent en roman - j'ai néanmoins été très curieuse de découvrir ce comics signé deux grands noms de la BD, Grant Morrison et Ian Gibson.
Et je n'ai pas été déçue. Les deux aventures présentées dans cet album sont très différentes mais elles permettent au duo d'enquêteurs de faire preuve de tout son talent et déjouer les pièges qu'il rencontre
Le Jeu d'or offre une galerie de personnages mégalo assez intéressante et l'intrigue, très bien ficelée, demeure assez classique. Vengeance et jalousie sont au coeur d'un gigantesque jeu démesuré, destiné à piéger Steed.
Arc-en-ciel mortel, pour sa part, plonge dès les premières pages dans le surnaturel avec la malédiction Inca qui s'abat sur le petit village où Emma Peel et son mari ont passé leur première nuit de noces.

Les dessins de Ian Gibson ont ceci d'intéressant qu'ils rendent hommage à l'univers de la série et à son époque. Les traits émaciés des personnages ainsi que le travail sur les ombres offrent un rendu superbe. Les planches sont très dynamiques et alternent les plans. Le rendu est très cinématographique et permet un clin d'oeil supplémentaire à la série originelle.
En clair, un album fidèle à la série dont il provient, très agréable à lire et servi par deux pontes de la BD, ce qui ne gâche rien, avouons-le.

Et voilà ma 58e participation à la de Mango et ma 47e au  Top BD des bloggueurs organisé par Yaneck (15/20).Top BD

Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

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Voici(note 18/20)Top BD

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Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cet album.

Planche 1 Planche 3

Planche 2

 

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13 février 2013

Château de sable, Frederik Peeters et Pierre Oscar Lévy

Château de sable, Frederik Peeters et Pierre Oscar LévyChâteau de sable est un album paru en septembre 2010 chez Atrabile. Je l'ai découvert car, primé par les Lycéens de la Région Ile-de-France à l'occasion d'un prix littéraire régional, il a été offert au CDI de mon lycée.

Une magnifique et chaude journée d'été. Deux familles décident d'en profiter à la plage. Mais ce qui s'annonce comme une belle journée vire au cauchemar : bloqués sur la plage par une force mystérieuse, les personnages se voient vieillir en accéléré ! Chaque demi-heure passée correspond à une année de leur vie. Tentant l'impossible pour s'échapper, ils assistent impuissants à leur déchéance progressive.

Attirée par les magnifiques dessins en noir et blanc de Frederik Peeters, je me suis plongée dans ce album, intriguée par son intrigue. Un vieillissement accéléré inéluctable ? Voilà une idée intéressante. 
Il est indéniable que Frederik Peeters nous offre là un album au graphisme poignant, dans lequel les silences sont aussi importants que les paroles. La gradation du rythme du récit va de paire avec le découpage des cases et l'organisation de chaque double page. La tension monte progressivement, transformant la plage idyllique en angoissant huis-clos.Planche 1 Chateau de sable
Si j'ai un temps cru qu'une explication bien précise viendrait étayer l'idée de ce vieillissement, j'ai progressivement compris que l'intérêt de cet album résidait dans ses mystères multiples. On regarde au fil des pages les personnages tenter de sortir de cette situation qui les englue. Une belle réflexion sur la question du temps qui passe.
Une BD qui vous happe et vous entraîne dans son sillage de questions...

D'autres avis sur cet album : Canel, Choco, Mo', Yvan...

 Voici ma 49e participation
à la BD du mercredi de
Mango
  

   Et ma 40e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

Top BD

 

Une interview des deux auteurs, pour prolonger cette lecture.

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11 novembre 2012

L'Historienne et Drakula T.2, Elizabeth Kostova

L'historienne et Drakula Tome 2L'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova sorti en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes. Traduit en vingt-huit langues, ce roman - dont le titre originel est The Historian - a rencontré un vif succès à travers le monde.

Ce second tome débute alors que la narratrice s'est enfuie sur les traces de son père en France. Grâce aux écrits de ce dernier, elle découvre avec avidité son passé et celui de sa mère. Comment, alors jeunes étudiants, ils se sont lancés sur les traces de Rossi, le directeur de thèse de son père, prétendument enlevé par Drakula lui-même.

Je n'irai pas par quatre chemins : je n'ai pas du tout accroché avec ce livre. Son intrigue m'a laissée complètement de marbre. J'avais déjà déploré, dans mon billet sur le premier tome, la lenteur de l'intrigue et ses différents narrateurs qui m'avaient un peu perdue. Malheureusement, j'ai ressenti exactement la même chose dans ce second tome (qui n'en est pas un, rappelons-le : le roman a été scindé en deux pour l'édition française). Les manuscrits à la première personne se succèdent, et le lecteur se perd dans la temporalité du roman. C'est parfois confus et inintéressant, comme la vie de la narratrice, par exemple, qui n'exerce aucune attractivité sur le lecteur : elle est notre intermédiaire pour avoir accès aux différentes lettres et aux manuscrits. Les pages la concernant sont de trop et ralentissent l'intrigue principale.
Même si l'auteure prouve par ses précisions et explications qu'elle maîtrise son sujet, tant historique que littéraire, elle n'a pas su aiguiser ma curiosité pour ses personnages ni pour Drakula lui-même. Il est vrai que je ne suis pas une adepte de vampires en général, mais j'ai pensé que cette approche globale tant du point de vue historique que fictionnel me réconcilierait avec ce mythe. Il faut croire que non.Lectures communes
J'ai poursuivi et tenu bon malgré tout, car c'était une lecture commune avec  CottageMyrtille  prévue pour le 30 septembre et que j'avais déjà décalée, mais rien n'y a fait... Un rendez-vous manqué, c'est certain.

Et voilà ma cinquième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

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15 octobre 2012

L'Historienne et Drakula T.1, Elizabeth Kostova

L'Historienne et DrakulaL'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova paru en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes.

La narratrice découvre, dans la bibliothèque familiale, un étrange livre aux pages entièrement vierges, excepté un dragon, dessiné sur les pages centrales. Intriguée par ce mystère, elle interroge son père. Avec beaucoup de réticence, ce dernier se décide à lui livrer son histoire personnelle et celle de sa défunte épouse. Sa découverte, des années auparavant, de ce mystérieux ouvrage, la disparition de son directeur de thèse et ses recherches sur la légende de Drakula. Jusqu'aux terribles conséquences sur sa vie.

Extrêmement documenté, ce roman offre à son lecteur, dès les premières pages, une plongée dans le folklore de Vlad l'Empaleur. Elizabeth Kostova maîtrise son sujet, et le prouve bien. Ses dix ans de recherche sur le mythe de Drakula lui permettent d'abreuver son roman de détails historiques extrêmement intéressants.
Mais le rythme de l'intrigue est lent, très lent. L'histoire peine à se mettre en place et souffre d'une construction qui aurait pu être dynamique, mais ne l'est pas. L'auteure a en effet pris le parti d'alterner les narrateurs et les époques. La narratrice, son père, le directeur de thèse de celui-ci se succèdent ainsi et prennent en charge l'intrigue. Mais ces changements de narrateurs font s'essouffler l'intérêt pour certains passages. Ainsi, le récit du père de la narratrice est captivant, mais tous les moments où il est avec sa fille, entre ces révélations, sont complètement inutiles et ralentissenet  le rythme. Le lecteur n'attend qu'une chose : que le père reprenne son récit.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'intrigue, à m'attacher à ces personnages qui ne sont que très peu décrits (nous ignorons jusqu'au prénom de la narratrice !), mais comme c'était une lecture commune avec CottageMyrtille, j'ai tenu bon et poursuivi.  Et finalement, à partir de la moitié du roman, ma curiosité a été piquée et mon intérêt éveillé. J'ai donc commencé le second tome hier soir, prévu en LC avec CottageMyrtille pour le 30 septembre !  Lectures communes
Ce roman (ainsi que sa suite), m'avait été offert par Hathaway, lors d'un Swap il y a deux ans. Même si cette dernière nous a quittés de la blogosphère littéraire, et même si elle ne lira pas forcément ces lignes, je la remercie pour cette découverte !

 Et voilà ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

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03 octobre 2012

La douleur fantôme T.1 Plus rien qu'un souvenir, Alexis Robin et Byun Hye Jun

La douleur fantômeLa douleur Fantôme est une série en 2 tomes parue chez Paquet. Le français Alexis Robin en signe le scénario et le coréen Byun Hye Jun les illustrations. Le premier volet de cette histoire, Plus rien qu'un souvenir, est paru en mars 2008.

Vanessa, dix-sept ans, est une jeune fille à qui tout sourit. Amoureuse de Mickaël, elle accepte de prendre avec lui un raccourci par des voies ferrées. Un train arrive. Mickaël s'en sort indemne. Vanessa perd une partie de son bras droit. Une lente reconstruction s'amorce pour la jeune fille.  Mais celle-ci se rend vite compte qu'elle sent toujours son bras disparu. Et que ce dernier semble prendre une effrayante indépendance par rapport à elle...

Étrange que cette histoire de douleur fantôme. Alexis Robin nous entraîne dans une intrigue pour le moins bien ficelée et effrayante à la fois. D'un accident dramatique pour une adolescente à qui la vie souriait, il amorce un virage fantastique pour le moins étonnant et intriguant. L'indépendance du membre disparu offre à l'intrigue quelque chose de piquant, de curieux, tandis que la question du handicap est posée. Alexis Robin n'élude pas cette partie et s'attarde sur la reconstruction de son héroïne et les réactions de son entourage. C'est fin, très fin ! 
L'intrigue est complétée par les dessins de Byun Hye Jun, qui offrent une coloration de manhwa* à cette BD (* BD coréenne). Planche La douleur fantômeUn style dynamique, qui n'est pas sans rappeler celui des mangas. Des personnages grands et élancés, aux immenses yeux bleus et aux jambes interminables, des planches très fluides et dynamiques.
Un album que j'ai trouvé par hasard dans le fonds du CDI de mon lycée. Une belle découverte ! 

Et voici ma 46e participation
à la BD du mercredi de
Mango

  

  Et ma 37e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

  Top BD

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01 octobre 2012

Créature de la nuit, Kate Thompson

Créature de la Nuit, Kate ThompsonCréature de la nuit est un roman de l'écrivain britannique Kate Thompson publié en 2008 au Royaume-Uni puis en 2010 en France aux éditions J'ai Lu. Gagné sur le forum Livraddict, cela faisait 2 ans que ce livre traînait dans ma PAL. L'approche d'Halloween a été une bonne occasion pour l'en sortir !

Pour protéger son fils de ses mauvaises fréquentations et lui offrir un cadre de vie plus sain, une jeune mère célibataire emmène ses deux enfants vivre dans un petit village perdue au fin fond de l'Irlande.  
Mais dans la vieille maison dans laquelle ils logent tous les trois, des bruits se font entendre. Et ce ne sont pas les racontars des voisins qui vont les rassurer. Quant à Robert, quatorze ans, la vie au grand air ne lui convient pas et l'adolescent fait tout pour rentrer sur Dublin et retrouver son ancienne bande.

Ce livre est resté très longtemps dans ma PAL car je craignais une intrigue simpliste et archétypale. Une vieille maison, des bruits la nuit, la disparition mystérieuse de l'ancien locataire... Tout ça flairait bon le thriller bon marché archi vu.  
Mais halte là ! Cessons toute insinuation. Si la quatrième laisse pressentir un ouvrage comme celui-ci, il n'en est en réalité rien. Kate Thompson réussit le tour de force de traiter de l'adolescence et de ses problèmes via une intrigue teintée de fantastique. Une couverture et un résumé qui ne collent donc absolument pas au contenu de ce livre...
Robert, le narrateur de ce roman, est un personnage torturé, engoncé dans un âge difficile où tout sentiment de limite est perçu comme un affront. Élevé par une très jeune mère célibataire qui peine à lui tenir tête, il s'égare dans la violence et la délinquance. Sa découverte de la campagne irlandaise, si elle lui déplaît de prime abord, va lui apporter un sentiment d'appaisement et de réconfort. L'auteure parvient à traiter ce sujet avec justesse, en évitant bien des écueils et se sert du fantastique pour y parvenir. Que ceux qui espèrent frissonner avec cette histoire de vieille bicoque et de bruits la nuit passent leur chemin !
Créature de la nuit est finalement la chronique d'une adolescence sacrifiée sur fond de malaise social, qui oscille entre le roman d'apprentissage et le conte fantastique. Un très bon moment de lecture, intelligent et juste.

Ils l'ont lu aussi : MyaRosa, Mr Zombi, Clara, Neph, etc.

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecturePremière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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27 juin 2012

Zombillenium T.1 Gretchen, Arthur de Pins

Zombillenium TZombillenium est une série de BD d'Arthur de Pins comptant actuellement 2 tomes. Le premier, sorti en août 2010, s'intitule Gretchen. Et à force de l'avoir vu sur la blogosphère, je voulais savoir ce qu'il en était.

Zombillenium est un parc d'attractions où la peur est le maître mot. Chaque employé est une créature effrayante. Et Aurélien, trompé par sa femme et complètement désabusé, va vite s'en rendre compte. Tué accidentellement sur le bord de la route, il est embauché par Francis von Bloodt, le vampire qui gère le parc.

Au vu du nombre d'éloges sur la blogosphère, je m'attendais, en ouvrant cet album, à quelque chose de décoiffant, de grinçant, etc. Si j'ai aimé l'humour parsemé au fil des pages et qui offre à l'intrigue une dimension noire vraiment appréciable, j'ai trouvé cette dernière un peu légère. L'idée de départ est pourtant bonne - un parc d'attraction qui dupe ses visiteurs avec des créatures réelles que tout le monde croit déguisées - mais elle s'essouffle très vite.
Les dessins, quant à eux, ont un côté très froid. Pas de fioriture ni de rondeurs mais des planches sans relief, au trait qui semble plaqué. Les couleurs, travaillées à l'ordinateur, accentuent ce côté plastique. Je n'ai pas vraiment accroché, ayant  l'impression de lire un dessin animé en BD ! 

Planche 1Bref, un album que je suis contente d'avoir découvert mais une série que je ne poursuivrai pas. 

Ils ont lu ce 1er tome aussi : Manu, Acro, Yaneck, Theoma ...

 Et voici ma 44e participation
à la BD du mercredi de
Mango

  

  Et ma 35e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

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