Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

29 avril 2017

Un traître idéal, John Le Carré

Un traître idéal, John Le CarréUn traître idéal - paru initialement sous le titre français Un traître à notre goût - est un roman d'espionnage écrit par le britannique John Le Carré publié en 2011 aux éditions du Seuil. Il est l'objet d'une adaptation cinématographique réalisée par Susanna White en 2016.

En vacances dans les Caraïbes, Gail et Perry, jeune couple britannique, fait la connaissance d'une famille russe atypique. Séduit par leur droiture et leurs valeurs, Dima, le patriarche, les invite à une réception au cours de laquelle il leur demande leur aide : spécialisé dans le blanchiment d'argent sale que la mafia russe investit en Europe, il souhaite entrer en contact avec les services secrets britanniques pour passer un accord avec eux. En échange de renseignements, il souhaite obtenir le droit d'asile sur le sol britannique pour sa famille et lui, échappant à une réorganisation de la mafia qui le condamne à une mort certaine. Gail et Perry se retrouvent alors à jouer les intermédiaires entre la mafia et les services secrets.

Plus habituée aux films d'espionnage qu'aux romans d'espionnage, j'ai voulu me familiariser avec le genre en piochant un titre d'un grand nom, mondialement connu pour L'Espion qui venait du froid et La Constance du jardinier. 

Construction narrative savamment orchestrée - divisée en quatre lieux, autant d'étapes de l'opération secrète -, personnages à la psychologie soignée, dialogues savoureux, suspense brillamment distillé, John Le Carré mérite largement ses lettres de noblesse ! Dénonçant dans son intrigue la corruption des élites et les manoeuvres financières des grands qui font peu cas des conséquences, il plonge le lecteur au coeur d'un scandale financier de grande envergure impliquant des politiciens et des avocats renommés. L'intrigue avance à bon pas, enferrant son lecteur dans les méandres des subtilités des services secrets et les personnages se révèlent dans toute leur complexité. L'ensemble se dévore d'une traite, pour connaître au plus vite son dénouement. 

Mais si Un traître idéal est un roman d'espionnage réussi et très efficace, il ne m'a pourtant pas séduite autant que je l'expérais. Une fois la dernière page tournée, j'ai compris que je préfère largement ce type d'histoire sur grand écran plutôt qu'en papier... 

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29 décembre 2016

Au fil de l'eau, Juan Diaz Canales

Au fil de l'eau CanalesAu fil de l'eau est un album signé par le madrilène Juan Diaz Canales (le scénariste de Blacksad et plus récemment de Corto Maltese) paru en septembre aux éditions Rue de Sèvres.

Madrid, de nos jours. Le pays est marqué par la crise économique et le quotidien difficile. Niceto et ses amis nonagénaires arrondissent leurs fins de mois à coup de petits trafics. Parce qu'ils sont âgés et qu'ils ont du bagou, même les flics les laissent tranquilles. Mais cet équilibre précaire est rompu quand un à un les amis de Nicetto décèdent dans d'étranges et violentes circonstances. Lorsque Niceto disparaît à son tour, son fils et son petit-fils, redoutant le pire, se lancent sur ses traces.

C'est avec son excellente série Blacksad que Juan Diaz Canales s'est fait connaître du grand public et j'avais moi-même été soufflée par son talent de scénariste. Avec cet album, c'est son talent de dessinateur qui est mis en valeur, porté par un scénario à la fois grave et sombre. Sur fond de crise économique, Juan Diaz Canales aborde la question de la vieillesse et de la fin de la vie, mais aussi la précarité de l'Espagne d'aujourd'hui, le tout dans un style fluide très agréable. Le sujet est lourd, prend aux tripes, et l'intrigue se met en place progressivement avant d'accélérer lors de la disparition de Niceto. Porté par un noir et blanc majestueux et un dessin précis et soigné, l'album possède un petit quelque chose de polar qui rappelle sans conteste Blacksad. Le dénouement incroyable teinte l'ensemble d'une mélancolie sans pareille. Un très bel album à découvrir. Merci à Coline et aux Éditions Rue de Sèvres pour cet envoi.

Les avis de ClarabelJacques, Mo, Jérôme, Noukette et Stephie.

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15 novembre 2016

Agatha Raisin enquête T.1 La quiche fatale, M.C. Beaton

Agatha Raisin TAgatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome de la série consacrée à l'enquêtrice Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton, et qui compte aujourd'hui vingt-huit titres. Publié en Angleterre en 1992, ce premier tome vient d'être traduit en français et de paraître en juin chez Albin Michel.

Alors qu'elle est une brillante et efficace chargée de clientèle londonienne, Agatha Raisin décide du jour au lendemain de quitter l'atmosphère survoltée de la ville pour le calme des Costwolds, une chaîne de collines dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. La quinquagénaire célibataire y achète un cottage douillet et pense s'y reposer... Mais elle s'ennuie bien vite ! Pour y remédier, et malgré ses piètres talents de cuisinière, elle participe au concours de quiches organisé par la paroisse. Mais le juge du concours meurt empoisonné par sa quiche. Agatha, pour éviter d'être inculpée de meurtre, décide de mener l'enquête.

Cet été, alors que j'étais plongée dans mon mémoire, j'ai vu passer beaucoup de chroniques sur ce roman et j'ai eu moi aussi envie de succomber au charme d'Agatha Raisin. Et j'ai bien fait ! Que tremblent les dentelles, que frémissent les tasses de thé et les scones, voilà Agatha Raison, la quinquagénaire la plus dynamique de la littérature anglaise !

Amateur de cottage, de campagne anglaise, d'ambiance british et de pubs aux décors empesés, vous avez devant vous le roman parfait pour vous ! Cette Miss Marple contemporaine et non conventionnelle (elle fume et boit sans cesse !) saura vous ravir et vous entraîner dans ses aventures cocasses. La quiétude du petit village anglais au charme suranné impeccable est le théâtre d'une intrigue bien ficelée et sans temps mort. Sur fond de concours de quiches (ce qui en soi est déjà drôle) se déploient une galerie de personnages fantasques et une intrigue comique à souhait. Le genre policier est ici malmené par cette enquêtrice débutante à la logique parfois hésitante mais le tout fonctionne très bien, porté par un humour bien présent, et possède même un petit côté addictif. Avis aux amateurs : vous pourriez, vous aussi, tomber sous le charme d'Agatha Raisin...

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-motsAnneCryssilda, FondantoChocolat, Myrtille, Ollie, Sharon, etc.

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07 novembre 2016

L'ultime secret de Frida K., Gregorio León

L'ultime secret de Frida KL'ultime secret de Frida K. est un roman du journaliste et écrivain espagnol  Gregorio León paru en 2012 aux éditions Les Escales.

Un autoportrait de Frida Kahlo vient d'être dérobé dans une galerie d'art de Mexico et son propriétaire sauvagement assassiné. Dépêchée sur les lieux, Daniela, une jeune enquêtrice espagnole, découvre une histoire complexe qui mêle narcotrafiquants et corruption. Le portrait aurait été peint par Frida pour son amant, Trotski, alors en exil au Mexique. Quand des strip-teaseuses sont assassinées une à une et que des autels dédiés à Santa Muerte sont vandalisés, l'enquête se complique pour Daniela.

Une collègue m'a prêté ce roman, suite à une discussion que nous avons eue sur la peintre mexicaine un midi au boulot (comme quoi, en salle des profs on ne parle pas que des élèves...) Je l'ai dévoré en trois jours, happée par cette intrigue brillamment orchestrée qui alterne passé et présent. Entre conditions actuelles au Mexique - avec notamment les troubles politiques, les trafics de drogue, la corruption et le culte de la lugubre Santa Muerte - et récit de l'exil de Trotski chez Frida et Diego en 1940 et la relation amoureuse que la célèbre peintre entretint avec le révolutionnaire russe, le roman file à un rythme effréné.

Gregorio León entremêle faits historiques et inventions fictionnelles pour mieux faire revivre cet épisode de la vie de Frida, sa relation tumultueuse avec celui qu'elle aimât malgré ses infidélités - Diego Rivera - et sa passade clandestine avec Trotski. Le Mexico actuel est une toile de fond très bien dépeinte, et si les trafics en tous genres pullulent, c'est pour mieux servir l'intrigue de ce roman noir rudement bien ficelé.

J'ai adoré me plonger une nouvelle fois dans la vie de Frida (découverte il y a quelques années par la lecture de Diego et Frida de Le Clézio) et suivre cette enquête fascinante sur la disparition de ce tableau politiquement dangereux. Une très belle découverte. Je vais de ce pas remercier ma collègue pour ce prêt !

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02 novembre 2016

La justice de l'inconscient, Frank Tallis

La justice de l'inconscient, Frank TallisLa justice de l'inconscient est le premier tome de la série Les Carnets de Max Liebermann imaginée par le psychologue clinicien et romancier britannique Frank Tallis, paru en 2007 dans la collection Grands détectives des éditions 10/18.

Vienne, 1902. Le corps sans vie d'une voyante est découvert dans une pièce fermée de l'intérieur. Si tout porte à croire que la jeune femme s'est donné la mort, l'inspecteur Rheinhardt en doute et appelle à sa rescousse son comparse musicien, le psychiatre Max Liebermann. Et les deux hommes vont avoir fort à faire pour démêler les noeuds de ce crime que beaucoup pensent être l'oeuvre de forces occultes.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas succombé à l'appel du polar historique et pourtant c'est un genre que j'affectionne tout particulièrement car il permet de s'immerger dans une époque donnée par le biais d'une intrigue policière. Mon dévolu s'est jeté sur ce roman, au résumé prometteur et au contexte historique très tentant, que j'ai déniché aux Carrières de Lumière (ne me demandez pas pourquoi il était en vente à la boutique alors que je sortais d'une expo sur Klimt !)

C'est bien simple : j'ai dévoré les 440 pages de cette intrigue avec un plaisir évident. Frank Tallis nous offre ici un premier tome de qualité qui allie intrigue diablement bien ficelée (qui rappelle brièvement le mystère du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie) et cadre historique riche et bien documenté. La Vienne impériale du début du XXe siècle est extrêmement bien rendue, la géographie de la ville maîtrisée par l'auteur (un plan en préambule permet d'en avoir un rapide aperçu) et les moeurs dépeintes avec soin. Pas d'anachronisme ici ni de personnage féminin qui s'extraie de sa condition et défie les lois de la bienséance mais un roman qui respecte les codes en vigueur à l'époque. Même les dialogues rendent compte de cette courtoisie propre au niveau social des personnages et sont empreints d'une politesse sans égale. La plume de Frank Tallis, soignée et précise, porte le roman de façon efficace.

L'intrigue permet en outre de croiser des personnalités historiques - Freud ou encore le compositeur Gustav Mahler - et d'interroger les avancées scientifiques de ce début du XXe siècle. C'est brillant !

Quant aux personnages, le duo formé par les deux enquêteurs - l'un inspecteur de police et l'autre médecin - fonctionne à merveille, chacun contribuant à l'enquête par sa forme d'intelligence et ses affinités. La galerie de personnages secondaires est intéressante et laisse présager une suite des plus délicieuses. Le versant psychologique et psychiatrique est dépeint avec soin et offre au roman une dimension peu commune.

Bref, un excellent roman bien loin de certains polars qui optent pour un contexte historique dans le but de se donner une certaine légitimité mais qui n'offrent de ce cadre qu'un décor en carton pâte décevant et bien souvent bourré d'anachronismes. La justice de l'inconscient est sans conteste le meilleur polar historique que j'ai pu découvrir ces dernières années et encore un beau coup de coeur à noter sans tarder !

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28 juin 2016

La troisième fille, Agatha Christie

La troisième fille, Agatha ChristieLa troisième fille est un roman policier de la Reine du crime - Agatha Christie - paru en 1966 en Angleterre.

Alors qu'il vient de terminer l'écriture de son essai sur les maîtres du roman policier, Hercule Poirot s'ennuie... Mais ce sentiment est de courte durée car une jeune fille vient le trouver pour lui demander de l'aide. Elle pense en effet avoir commis un crime, mais elle en doute. Le détective belge a à peine le temps de lui poser quelques questions qu'elle s'évanouit dans la nature. Il n'en faut pas plus à Poirot pour qu'il décide de mener l'enquête !

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman d'Agatha Christie et celui-ci était une découverte. Je m'en suis réjouie ! Hélas, la réjouissance fut de courte durée tant l'ennui m'a gagnée au fil des pages...

L'intrigue se met en place rapidement mais patine tout aussi rapidement, Poirot se retrouvant face à un crime qui n'a pas eu lieu et un personnage énigmatique qui disparaît. Le détective s'enlise dans ses réflexions, passant très régulièrement en revue la galerie des personnages qui entourent cette énigme, peinant à émettre des hypothèses. La jeune Norma, qui fait appel à lui, disparaît et laisse derrière elle bien des interrogations. C'est lent, très lent, il ne se passe pas réellement grand-chose et le lecteur a l'impression d'être figé aux côtés d'un Poirot vieillissant et empêtré dans ce mystère.

Les personnages sont assez plats, parfois caricaturaux, et même Poirot est en retrait, manigançant certaines opérations que le lecteur apprend a posteriori.

Un dénouement digne des grands Agatha Christie permet de redorer le blason de la Reine du crime, mais pas assez pour effacer le sentiment d'ennui qui naît et s'installe progressivement tout au long de ces 300 pages. Un Agatha Christie que je ne connaissais pas mais que je suis certaine de ne pas relire tant il m'a laissée de marbre...

Voici ma troisième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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01 juin 2016

Meurtre à Oxford, Tessa Harris

Meurtre à Oxford, Tessa HarrisMeurtre à Oxford est le premier tome des aventures du Dr Silkstone, imaginé par Tessa Harris. Il est paru en avril aux éditions de l'Archipel.

Londre, 1780. Thomas Silkstone est un jeune anatomiste qui vient tout juste de débarquer de Philadelphie. Promis à une belle carrière, il enseigne avec passion l'art de disséquer à des étudiants en médecine et offre ses services aux particuliers. Mais quand Lady Lydia l'appelle à l'aide pour élucider le mystère de la mort de son frère, le jeune anatomiste n'hésite pas à se rendre à Oxford pour étudier la dépouille du Comte Crick. Celle-ci est en mauvais état après plusieurs jours exposée à la chaleur et personne ne pense que le jeune médecin pourra y trouver quelque indice. Mais cela serait sans compter l'habileté de Thomas pour la dissection...

J'aime accorder mes lectures à la météo, c'est un fait. Ainsi, l'automne et l'hiver, je me délecte d'une tasse de thé avec des romans anglophones, souvent, ou des feel good pour leur côté cosy et doudou parfaits pour contrer la grisaille et le froid, tandis qu'au printemps et à l'été j'aime visiter des contrées éloignées, m'embarquer dans la touffeur d'un été africain, australien, ou japonais, ou lire des romans qui me font sortir de ma zone de confort, des auteurs que je ne connais pas, me réveiller les méninges en m'attaquant à de grands noms que je n'ai toujours pas lus. Bref, vous me voyez venir... Je ne vous parlerai pas de la météo cataclysmique de ce mois de mai (on le fait suffisamment à toute occasion vues les circonstances !), mais je vous dirai plutôt que j'ai sauté sur l'occasion du Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda pour me dégoter une PAL, certes automnale, mais tellement adaptée à l'été parisien que nous avons en ce moment.

C'est donc tout naturellement que je me suis plongée dans ce roman qui se déroule dans un Londres bruyant et sale du 18e siècle. Le lecteur suit les aventures du jeune Thomas Silkstone et semble regarder par dessus son épaule à chaque fois que celui-ci dissèque. L'enquête se déroule entre Oxford et Londres - où le jeune anatomiste a son laboratoire - et avance à bon point. Silkstone possède une psychologie intéressante mais très rapidement esquissée dans ce premier tome et qui laisse rapidement le lecteur sur sa faim. Les autres personnages, trop rapidement décrits tant physiquement que moralement, ne sont que des fantômes secondaires qui errent autour de lui. 

Si l'aspect historique de la médecine légale est en tout point intéressant (je n'avais par exemple jamais réfléchi aux conditions d'exercice des anatomistes de l'époque, sans chambre froide), je vous avoue que je me suis rapidement ennuyée dans cette intrigue cousue de fil blanc. Les événements s'enchaînent de façon trop prévisible et n'ont pas réussi à maintenir mon intérêt éveillé. J'ai poursuivi cette lecture non pas tant pour savoir si le Comte Edward avait été assassiné (ce dont on se doute avec le titre, mais il faut plus de 150 pages au jeune médecin pour en arriver à cette conclusion) ni par qui, mais parce que j'ai aimé me plonger dans l'Angleterre du 18e, ses moeurs, son histoire. Même si Tessa Harris n'a pas mis un accent particulier sur ces aspects-là, ils sont présents et confèrent à ce roman une épaisseur dont il serait dépourvu le cas échéant. Une lecture en demi-teinte, donc, qui m'a permis d'en apprendre plus les conditions de la médecine légale à travers l'histoire et de retrouver cette Angleterre chère à mon coeur. Je remercie néanmoins Lysiane de Langage&Projets et les Editions l'Archipel pour ce roman.

Voici ma participation du jour pour l'ouverture du Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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09 février 2016

Intrigue à Giverny, Adrien Goetz

Intrigue à Giverny, Adrien GoetzIntrigue à Giverny est le quatrième roman qui met en scène Pénélope, personnage de conservatrice-détective imaginé par l'historien d'art et écrivain français Adrien Goetz, paru en 2014 chez Grasset.

Après Bayeux, Versailles et Venise, c'est désormais au mobilier national qu'est employée la fringante Pénélope. La jeune femme aspire à un brin de tranquillité mais lors d'un dîner au Musée Marmottan-Monet, elle fait connaissance de deux spécialistes du peintre impressionniste et le lendemain, l'une est portée disparue, tandis que l'autre est retrouvée égorgée. Pénélope, aidée de son journaliste de fiancé Wandrille, se lance sur les traces de ces deux femmes et de leur passion commune : Monet. Était-il l'homme tranquille qu'il semblait être ? Et que dire de son amitié avec Clémenceau ? Du musée Marmottan-Monet à Giverny, en passant par Monaco, où se déroule le mariage princier, Pénélope et Wandrille mènent l'enquête !

J'avais pris beaucoup de plaisir à découvrir les aventures de Pénélope dans les précédents romans de la série, et j'ai éprouvé le même sentiment à la lecture de cette Intrigue à GivernyAdrien Goetz maîtrise son sujet - c'est peu de le dire - et entraîne son lecteur sur les traces de Monet. Porté par une intrigue rythmée et bien ficelée, le roman est l'occasion de rendre hommage au père de l'impressionisme tout en abordant la question de l'oeuvre d'art et de sa conservation. Comme toujours, Adrien Goetz distille avec légèreté foule de détails historiques et artistiques dans son roman. L'ensemble est diablement léger et se dévore rapidement. La postface permet de démêler la fiction de l'Histoire, le fantasme de la réalité.

J'ai adoré plonger dans la vie de Monet aux côtés de Pénélope, découvrir Giverny et Marmottan-Monet à travers ses yeux, réfléchir au devenir d'une oeuvre et à sa délicate question de sa conservation. Petit bonus fort appréciable : nul besoin d'avoir lu les précédents tomes de la série pour se régaler à Giverny. Amateurs de Monet, d'art ou curieux, foncez ! Je vous garantis un divertissement documenté et savoureux !

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09 octobre 2015

Les Nécrophiles anonymes T.1 Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, Cécile Duquenne

Les Nécrophiles anonymes TQuadruple assassinat dans la rue de la Morgue est le premier tome de la série Les Nécrophiles Anonymes imaginée par la jeune auteure, étudiante en japonais et libraire en dilettante Cécile Duquenne, paru dans un premier temps chez Voy'el Editions en 2012 avant de paraître en ebook chez Bragelonne en 2014.

Népomucène est un préposé à la morgue des plus ordinaires, excepté le fait qu'il passe ses nuits de travail en compagnie de Bob, un vampire qui a élu domicile dans la morgue. L'amitié qui lie les deux compères est forte et se solde régulièrement par des retrouvailles autour de bières et d'épisodes de Buffy. Mais leur routine quotidienne est un jour interrompue par le meurtre sanglant des médecins légistes de la morgue. Selon Bob, et au vu des blessures, seul un loup-garou peut être l'auteur de ce crime. Aidés d'Edgar un retraité taxidermiste, Népomucène et Bob se lancent sur les traces du meurtrier.

Vous connaissez mes goûts en matière de lecture et vous savez que je ne suis d'ordinaire pas friande de fantasy. Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy organisé par l'Université d'Angers, mon intérêt pour le genre a été aiguisé et depuis j'aime à sortir de ma zone de confort en me frottant à des textes qui, d'ordinaire, ne m'auraient pas attirée. Ce premier tome en fait partie. Et force est de reconnaître que j'ai été charmée par la plume de cette jeune auteure et son style. 

L'humour est omniprésent entre ces pages et Cécile Duquenne joue sur les codes du genre pour mieux s'en écarter. Elle adapte à sa sauce le mythe du vampire et celui de la lycanthropie et l'ensemble est plutôt bien ficelé. Ce premier roman est très court et ressemble presque à un épisode de Buffy pour son côté parodique et sentimental à la fois. C'est drôle, léger, rapide, agréable à lire, et un peu addictif aussi. En refermant ce premier tome, j'ai eu très envie de découvrir le second et savoir ce qu'il advient de Népomucène et Bob, son ami vampire. Un bon point, non ?

Voici ma quatrième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde.

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10 septembre 2015

Millénium 4 Ce qui ne me tue pas, David Lagercrantz

imageCe qui ne me tue pas est le quatrième tome de la série Millénium, dont la paternité revient au regretté Stieg Larsson, disparu en 2004, et qui en écrivit les trois premiers chapitres. Ce quatrième volet de la saga, dont la sortie a tant échauffé les esprits, a été écrit par le journaliste suédois David Lagercrantz, qui a récupéré l'intrigue et les personnages de Larsson et a imaginé une nouvelle aventure de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. La sortie mondiale le 27 août - dix ans jour pour jour après la parution du premier opus - a enflammé le milieu littéraire, et c'est bien entendu dans la collection Actes Noirs de chez Actes Sud que les lecteurs français peuvent retrouver ce texte.

Mikael Blomkvist est fatigué. Considéré par beaucoup comme un journaliste de la vieille école, celui qui s'est donné corps et âme pour la revue Millenium, a perdu le goût de son métier, tandis que la revue, détraquée de toute part, peine à trouver des financeurs. Mais lorsque le professeur Frans Balder l'appelle au milieu de la nuit et lui demande de venir le voir dans l'instant, la curiosité de Mikael est titillée. Car Balder est bien connu pour ses recherches sur l'intelligence artificielle et prétend détenir des informations sensibles sur le service de renseignement américain grâce à une hakeuse qui ressemble étrangement à Lisbeth Salander. Mikael n'a pas le temps d'arriver que le professeur est assassiné, laissant comme témoin de son meurtre August, son fils autiste. 

Il n'est pas dans mon habitude de me ruer sur des textes qui font polémique lors de leur sortie pour participer à un soi-disant élan général. Je préfère de loin me tenir à l'écart de ce genre d'engouement et marcher sur mon propre chemin de lectrice, butinant çà et là au gré de mes découvertes. Mais cette fois-ci, ma curiosité a été piquée. Car entre Millénium et moi, c'est une histoire d'amour ancienne, qui date d'avant l'ouverture de ce blog (c'est dire...). Et quand j'ai appris la récupération des personnages de Larsson par un autre, j'ai été curieuse du résultat. Car voyez-vous, ma lecture de la trilogie originelle a commencé il y a dix ans, lorsque je découvrais par hasard le premier tome dans la bibliothèque toulousaine de mon quartier. S'ensuivirent trois jours de lecture intense, où j'ai plongé aux côtés de Mikael et Lisbeth dans cette Suède qui me fascinait tant et que je découvrais quatre ans plus tard. On était en 2006. J'étais alors une jeune étudiante en lettres qui ne buvait pas de café mais adorait les descriptions de Mikael, exilé dans ce petit bourg suédois pour mener son enquête, enchaînant cafés et sandwichs pour tenir le rythme.

Alors peut-être est-ce par nostalgie de cette époque que j'ai ouvert ce quatrième tome, curieuse de savoir si David Lagercrantz allait réussir là où Stieg Larsson avait excellé ? Par envie de frissons et d'addiction ? Allez savoir... Je ne m'attarderais pas ici sur les détails peu reluisants de la sortie de ce tome - opposant la veuve de Larsson et le père et le frère de ce dernier, chacun se battant pour l'héritage de celui qui a vendu 82 millions d'exemplaires de sa trilogie - mais plutôt sur mon ressenti de lecture. Contrairement à d'autres, les textes de Larsson sont assez loin dans mon parcours de lectrice puisque les ayant lus lors de leur sortie française, je n'y suis plus revenue depuis 2007. Mes souvenirs ne sont donc pas des plus frais, mais j'ai en mémoire néanmoins leur effet sur moi. Si le premier tome m'avait littéralement kidnappée dans un acte de lecture nécessaire et irrépressible, les tomes suivants m'avaient certes séduite mais déçue par leur tournure invraisemblable. J'avais néanmoins été au bout de ma lecture et avais apprécié les valeurs chères à Larsson et qu'il défendait dans ses romans : la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'extrême-droite.

Venons-en maintenant à proprement parler à ce quatrième tome (ce n'est pas trop tôt, diront certains !). Si l'intrigue est intéressante et s'inscrit dans la droite lignée de ce qu'aurait pu défendre Stieg Larsson, il n'en demeure pas moins qu'il lui manque le punchy de Larsson, justement. Mikael Blomkvist est confronté à la question de l'intelligence articifielle et de l'espionnage industriel et s'érige en défenseur des libertés individuelles, aidée d'une Lisbeth aussi bougon et insaisissable que d'ordinaire, mais le rythme manque cruellement de régularité et de souffle. Je ne nie pas que David Lagercrantz parvienne à faire monter le suspense dans son intrigue, mais plutôt que celle-ci se révèle fade et déjà vue, bien loin des romans de Larsson. L'impression qui ressort est de lire un énième thriller vaguement haletant, qui se déroule en Suède, sur fond d'intrigue politique et de passé peu reluisant.

David Lagercrantz essaie d'injecter une once d'émotion dans cette intrigue - qui ressemble presque à celle d'un James Bond - grâce au personnage d'August, le fils autiste et surdoué du professeur Balder. Mais justement, c'est là que le bât blesse : d'émotion, il n'y en a pas dans ce roman. Aucune. Pas d'empathie pour les personnages, ni de peur qui surgit face au danger. Rien. La narration ne permet pas aux émotions d'émerger et l'auteur semble tenir son lecteur à distance. Et c'est un brin agaçant, cette impression d'être privé du plaisir de la lecture.

En revanche, l'invraisemblance est toujours là, comme chez Larsson et donne à l'ensemble un goût de film d'action un peu bâclé. Le timing est toujours parfait pour Mikael et Lisbeth qui se sortent de situations invraisemblables en un rien de temps, malgré de violentes blessures (Lisbeth se fait traverser par une balle mais continue sa mission malgré tout) et des assaillants de tous côtés. C'est ce que je déplorais chez Larsson. C'est dommage de le retrouver ici. 

En définitive, il est certes appréciable de retrouver les personnages de Mikael et Lisbeth, mais la nostalgie ne fait pas tout et l'ensemble demeure bancal. Comme si David Lagercrantz essayait de porter des chaussures qui ne lui vont pas. Ca ressemble à Stieg Larsson, mais ce n'est pas Stieg Larsson et ça se sent très nettement. David Lagercrantz qui s'est pourtant imprégné des personnages de Larsson pour se faire habiter par eux et mieux les faire revivre sous sa plume n'a pas réussi son challenge, un challenge de taille, il est vrai. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble se lit rapidement, et si on passe outre des personnages secondaires caricaturaux, le rythme irrégulier et certaines scènes clairement bâclées - notamment les combats et autres affrontements -, l'expérience de lecture reste dans l'ensemble agréable, sans plus, mais laisse en bouche le goût d'opération commerciale (même si les bénéfices seront reversés à Expo, revue antiraciste créee en 1995 par Larsson). David Lagercrantz, qui dit avoir perdu le sommeil lors de l'écriture de ce roman, devrait à l'avenir imaginer ses propres personnages et retourner à ce qu'il sait faire de mieux, écrire des biographies comme celle de Zlatan Ibrahimovic.

Donc, cher lecteur, si tu n'as pas eu envie de lire en entier mon billet  (ce que je comprends dans ce monde où chaque seconde compte tant nos vies sont fascinantes et remplies...), je vais te faire un résumé en mode Twitter :  lis Millénium 4 si tu veux replonger en Suède aux côtés de Mikael et Lisbeth mais ne t'attends pas à retrouver Larsson à travers ces pages.

NB du 19/09 : Je l'avais oublié mais je le rajoute illico :

je rajoute ce roman à mon Reading Challenge 2015 !  

4. Un livre publié cette année

5. Un livre avec un chiffre dans le titre

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