Bienvenue à Bouquinbourg

✳️Future hypnothérapeute ✨Magicienne en positif 🌍Voyageuse et lectrice 🐰Vegan en transition 🌱Adepte du zéro déchet Metz




27 octobre 2019

Boo, Neil Smith

Boo Neil SmithBoo est le premier roman de l'auteur et traducteur canadien Neil Smith. Il est paru en août 2019 à L'Ecole des Loisirs.

7 septembre 1979, Oliver Dalrymple, surnommé Boo par ses camarades à cause de sa carnation très pâle et de ses cheveux blonds, vient de mourir devant son casier, le n°106, au collège Helen Keller. Arrivé au paradis, l'adolescent asocial, surdoué et passionné par les sciences, découvre un univers ordonné où les morts sont séparés par pays et classes d'âge. Mais l'arrivée d'un nouveau au paradis et la nouvelle qu'il apprend à Oliver mettent à mal le fragile équilibre que ce dernier s'est construit en quelques semaines.

Dévoré lors du Read-a-thon d'Halloween, Boo est un roman diablement bien construit et qui aborde des thématiques adolescentes avec délicatesse.
Le personnage d'Oliver, tout d'abord, est un personnage à la psychologie finement ciselée. Le héros de l'histoire - qui prend en charge la narration par le biais d'un livre qu'il écrit pour ses parents - est un ado mal dans sa peau, harcelé par ses camarades à cause de sa différence physique et de ses centres d'intérêt. Gravitent autour de lui des personnages secondaires tout aussi intéressants, de Thelma, l'adolescente noire en surpoids en passant par Esther, adolescente de petite taille au tempérament explosif, Oliver s'entoure pour la première fois de personnes de son âge et découvre l'amitié. 
L'intrigue, ensuite, est rythmée et suit le compte-rendu d'Oliver sur ses journées au paradis. Celui-ci est régi par nombre de lois et le petit groupe de réfléchir au fait qu'il existe peut-être un moyen de communiquer avec le monde des vivants.   
Enfin, tolérance, amitié, différence, harcèlement, mort, famille sont autant de thèmes que le roman aborde avec finesse et pudeur et lui confèrent une profondeur singulière. L'ensemble se dévore sans voir les pages passer, le lecteur étant happé par le mystère autour de la mort d'Oliver et l'enquête qu'il mène avec ses amis.    
Un roman bouleversant et intelligent, un brin vintage et doté d'une certaine forme d'humour, malgré le sujet. A mettre entre toutes les mains, dès 13 ans.
Un grand merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de le découvrir dès sa sortie !

Et voilà ma cinquième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

 Challenge Halloween 2019, logo

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20 octobre 2019

Agatha Raisin T.9 Sale temps pour les sorcières, M.C. Beaton

Agatha Raisin TSale temps pour les sorcières est le neuvième tome des aventures d'Agatha Raisin, la quinquagénaire enquêtrice imaginée par l'écossaise Marion Chesney Gibbons et signé sous le pseudonyme de M.C. Beaton. Il est paru chez Albin Michel en mars 2018.

Cette fois, c'est sur la côte qu'Agatha va se ressourcer et tenter d'oublier James, tout en attendant que ses cheveux repoussent (conséquence du précédent tome). Logée dans un hôtel vieillot où habite un petit cercle de retraités, Agatha prend soin d'elle et va jusqu'à consulter une sorcière pour connaître son avenir. Mais celle-ci est retrouvée assassinée le lendemain, ce qui fait d'Agatha le principal suspect ! Tenue de rester dans la ville pour les besoins de l'enquête, Agatha ne peut s'empêcher de fouiner un peu autour d'elle.

Voilà un tome d'Agatha que j'ai adoré ! Dévoré à Amed, sur la côte est de Bali, le cadre de son intrigue était aux antipodes de ce que je vivais et j'ai rudement apprécié !     
Dans cette petit ville balnéaire endormie qui fait penser aux romans d'Agatha Christie, le temps semble s'être figé. Il pleut toujours et fait froid, ce qui encourage les habitants à rester au chaud et à se gaver de plats roboratifs, tandis que dehors la mer se déchaîne et le ciel se voile  
Notre Agatha est amoindrie par son attachement à James, dont elle n'a aucune nouvelle, et accumule les faux-pas avec la gent masculine, dans l'espoir d'oublier son voisin. Elle est agaçante, toujours aussi grinçante, de mauvaise foi, dans le jugement et souffre d'un complexe infério-supério de base mais elle demeure toujours aussi attachante dans sa vulnérabilité  
L'intrigue est très bien menée dans ce huis-clos gris et venteux de la côte anglaise et le dénouement inattendu. Un excellent moment de détente en compagnie d'Agatha !

Et voilà ma troisième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

Challenge Halloween 2019, logo

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14 octobre 2019

Agatha Raisin T.8 Coiffeur pour dames, M.C. Beaton

Agatha Raisin TCoiffeur pour dames est le huitième tome des enquêtes d'Agatha Raisin imaginées  par l'écossaise Marion Chesney Gibbons et signé sous le pseudonyme de M.C. Beaton. Il est paru chez Albin Michel en novembre 2017.

Agatha, toujours éprise de son cher James, décide de se changer les idées pendant que celui-ci est parti en voyage. Elle essaye un nouveau salon de coiffure et tombe sous le charme de Mr Jonh, un coiffeur aussi séduisant qu'attentionné avec ses clientes  
Mais celui-ci a à peine le temps de courtiser la quinquagénaire qu'il meurt dans ses bras, en plein milieu de son salon de coiffure, empoisonné à la ricine. Agatha se sent investi d'une mission : découvrir ce qui est arrivé au regretté Mr John. Qui pouvait en vouloir à ce génie des ciseaux tant à l'écoute de ses clientes ?

En voilà une intrigue un tantinet capillotractée (et c'est le cas de le dire !). Cette fois, c'est en duo avec son ami Sir Charles qu'Agatha enquête, désespérée que James ne soit pas à ses côtés  
Le rythme de l'intrigue est toujours rondement mené et les visites au salon de coiffure pour dénicher des indices scandent l'ensemble. Le cerveau de la quinquagénaire carbure à plein régime, au risque de court-circuiter l'enquête de police  
Encore un roman divertissant comme il faut, au dénouement un peu prévisible mais qui fonctionne bien, et pourvu de ce charme so british qui fait de la série Agatha Raisin une lecture doudou par excellence !

 

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05 octobre 2019

Agatha Raisin T.7 A la claire fontaine, M.C. Beaton

Agatha Raisin TA la claire fontaine est le septième tome des aventures de la quinquagénaire anglaise imaginée par l'écossaise Marion Chesney Gibbons et signé sous le pseudonyme de M.C. Beaton. Il est paru chez Albin Michel en novembre 2017.

De retour de Chypre après y avoir suivi James, Agatha reprend sa vie routinière à Carsely, le village des Cotswolds où elle s'est installée pour prendre sa retraite. Mais alors qu'elle aspire à un peu de calme, le village s'émeut pour le village voisin, Ancombe, dont la source réputée pour ses bienfaits, est l'objet de virulentes querelles. Une société souhaite acheter son exploitation mais de fervents défenseurs de l'environnement s'y opposent.
La querelle prend une toute autre tournure lorsque le président du conseil municipal est assassiné, alors que devait avoir lieu le vote pour l'exploitation de la source. L'intérêt d'Agatha est éveillé. Son duo avec James se reformera-t-il à cette occasion ?

Durant mon voyage à Bali, j'ai lu (entre autres !) cinq tomes des aventures d'Agatha Raisin. Attendez-vous donc à voir ces chroniques apparaître sur le blog dans les jours qui suivent !    
La série Agatha Raisin n'est pas de la grande
littérature et ne prétend jamais l'être mais offre un divertissement savoureux et un plaisir à chaque fois renouvelé. Cette fois-ci, M.C. Beaton glisse vers le versant écologique avec cette intrigue tournée autour de l'exploitation par un grand groupe d'une source de village. Les opposants sont nombreux, et si le roman est paru il y a  plus de vingt ans en Grande-Bretagne, il n'en demeure pas moins que les arguments mis en avant sont totalement actuels  
Agatha, en anti-héroïne par excellence, rouspète contre les écolos et orchestre même la campagne de communication du groupe souhaitant commercialiser la source.     
L
'humour est toujours aussi présent et les retournements de situation nombreux. Agatha est agaçante dans sa naïveté envers les hommes, après son mariage échoué avec James, mais c'est ce qui la rend d'autant plus attachante. Un roman parfait à lire en vacances !

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28 août 2019

La vie hantée d'Anya, Vera Brosgol

La vie hantée d'AnyaLa vie hantée d'Anya est la première bande dessinée de la jeune auteure américaine Vera Brosgol. Parue en 2011 aux États-Unis et lauréate du Eisner Award et parue une première fois en France chez Altercomics en 2013, elle sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Fille d'émigrés russes, Anya est une ado mal dans sa peau, ballottée entre culture et traditions familiales et intégration dans son pays d'adoption, les Etats-Unis. Élevée par sa mère avec son petit frère, la jeune fille tente de passer inaperçue au lycée mais son nom à rallonge et sa pointe d'accent russe ne l'aident pas.
Après une nouvelle brouille avec sa seule amie, Anya s'nefuit dans un parc et tombe dans un puits. Apeurée, l'adolescente se rend rapidement compte qu'elle n'y est pas seule : le fantôme d'Emily,
une jeune fille décédée dans ce puits vient la visiter. Son squelette est toujours là, quatre-vingt dix ans après son assassinat. Comme Emily l'aide à sortir du puits, Anya décide de l'aider à retrouver qui l'a tuée. En attendant, Emily aide Anya au quotidien au lycée et cette dernière est ravie. Mais Emily est-elle vraiment qui elle prétend être ?

Intriguée par l'histoire de ce one shot, j'ai découvert avec plaisir le trait rond et un brin enfantin de Vera Brosgol qui n'est pas sans rappeler celui de Bryan Lee O'Malley, le papa de Scott Pilgrim. Le dessin est vivant et les tons bleu semblent déposer sur cette histoire un voile vaporeux propice à l'émergence du fantastique en la personne d'Emily.
L'intrigue se met en place doucement, l'auteure prenant soin d'installer le décor et les personnages de son histoire. Son héroïne, partagée entre son héritage russe et sa volonté de s'insérer au lycée, souffre d'un mal-être adolescent classique mais jamais anodin. Incompréhension avec sa mère, complexes physiques, problèmes relationnels, la vie d'Anya n'est pas simple et l'auteure aborde avec sensibilité ces problématiques adolescentes. La part autobiographique est là, derrière les lignes évoquant la question de l'intégration, l'auteure étant elle-même née à Moscou avant d'émigrer à cinq ans aux États-Unis avec sa famille.
Un joli one shot, qui est là où on ne l'attend pas, une lecture touchante, qui sous couvert d'histoires de fantômes, évoque subtilement la question du mal-être adolescent.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

La BD de la semaine

Pour la rentrée des bulles, c'est Moka qui nous accueille chez elle
et rassemble les billets des participants aux mercredis BD !

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22 août 2019

Agatha Raisin T.6 Vacances tous risques, M.C. Beaton

Agatha Raisin TVacances tous risques est le sixième tome des aventures de la quinquagénaire anglaise Agatha Raisin imaginée par l'écossaise Marion Chesney Gibbons et signé sous le pseudonyme de M.C. Beaton. Il est paru en mai 2017 chez Albin Michel.

Abandonnée par James Lacey alors qu'ils étaient sur le point de se marier, Agatha fulmine. Celui-ci est parti à Chypre, où les tourtereaux avaient prévu de passer leur lune de miel. Ni une ni deux, Agatha prend un vol et se lance à la recherche de l'élu de son coeur. Mais les vacances ne se passent pas tout à fait comme prévu : à peine l'a-t-elle retrouvé que Rose, une touriste britannique, est tuée devant leurs yeux. Agatha le sent : c'est l'enquête dont elle avait besoin pour briller à nouveau devant James !

Ce qui est rigolo avec ce livre, c'est que je l'ai lu une première fois l'été dernier, mais que j'avais complètement oublié de le chroniquer. Voulant continuer la série, je me suis aperçue que je n'en avais quasi aucun souvenir. Je l'ai donc relu la semaine dernière, alors que j'étais en vacances dans ma famille.    
Et voilà un tome assez réjouissant, puisqu'il déplace l'intrigue à Chypre, où Agatha a suivi James. Bye bye les Cotswolds, donc, voici venue l'heure du soleil et de la mer pour la quinquagénaire toujours aussi revêche  
L'enquête est bien ficelée et les personnages secondaires intéressants, tandis qu'en toile de fond se dessine la relation entre Agatha et James. L'humour est toujours aussi présent tandis que l'ensemble se lit avec plaisir. Petit bémol pour un rythme un peu répétitif et une intrigue qui manque de rebondissements, mais rien qui n'empêche de bouder son plaisir.   
Un tome que j'ai eu plaisir à relire (c'est fou d'avoir si peu de mémoire et de ne pas se rappeler le dénouement ! Mais quelque part, c'est agréable, je suis toujours surprise !) et qui m'a donné envie d'enchaîner directement sur le tome 7, que je pense glisser dans ma liseuse pour Bali.

Mes chroniques des précédents tomes :

 Agatha Raisin T Agatha Raisin T

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26 juin 2019

Blacksad, Diaz Canales et Juanjo Guarnido

BlacksadIl y a huit ans quasi jours pour jours, je découvrais le premier tome de Blacksad. Et après... plus rien. Grand mystère de mon parcours de lectrice, je n'avais pas poursuivi la série, alors même que j'étais tombée sous le charme de Quelque part entre les ombres. Erreur réparée en dévorant d'une traite l'intégrale signée Canales et Guardino. Et autant vous le dire tout de suite : je me demande pourquoi j'ai mis tant de temps à dévorer les cinq tomes de cette série incontournable, dont on attend le sixième avec impatience.

Tout commence à New York, dans les années 50. Le privé Blacksad est appelé sur une scène de crime pour reconnaître la victime. Ce dernier s'étrangle en reconnaissant Natalia Wilford, son ancienne maîtresse, actrice de son état. Alors que la police lui intime de se taire, Blacksad décide de faire la lumière sur cette histoire.

Voilà comment s'ouvre le premier tome de cette série monumentale. Portée par des scénarios sombres à souhait qui explorent la noirceur de l'âme humaine, la série se dévore d'une traite, sans reprendre son souffle.
Je ne vais pas trop m'étendre sur le pourquoi de la qualité de Blacksad, d'autres l'ont fait, et avec bien plus de talent que moi, mais je vais plutôt vous dire pourquoi vous auriez tort de passer à côté.
Tout d'abord parce que l
'ambiance polar des années 50 est rendue à la perfection, bercée par les monologues de ce chat désabusé par ce que la vie lui montre. Les dessins sont maîtrisés à la perfection, tant les ambiances que les scènes de mouvement, qui apparaissent avec fluidité sous l'oeil du lecteur. Les personnages sont tout aussi soignés, Guarnido poussant le vice à étudier les espèces représentées et jouer sur la physiognomonie.
Ensuite parce que de New York à la Nouvelle-Orléans, du milieu du cinéma à l'apogée du jazz, du fascisme au monde de l'art et ses ripoux, le duo d'auteurs balaye les ambiances et les problématiques avec un brio certain. En une planche, le lecteur est transporté dans cette amérique qui a mal, où les paillettes n'éclipsent ni les corruptions, ni les trafics de drogues ni les meurtres. Et Blacksad de naviguer dans ces univers, blessé par une vie qui ne l'épargne pas.
Enfin parce que s'il ne devait en rester qu'une, c'est cette série que je garderais, sans hésiter une seconde. Cette lecture m'a laissée tellement sur ma faim que j'attends avec impatience Blacksad : under the skin, l'adaptation en jeu vidéo qui va sortir en septembre.

Bref, vous l'aurez compris, ne passez sous aucun prétexte devant cette série. Beaucoup l'ont déjà lue, je le sais. Pour les autres, vous savez ce qu'il vous reste à faire. De mon côté, je prends mon mal en patience en attendant le sixième tome en préparation...

 

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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20 mai 2019

Aux portes de la mémoire, Felicia Yap

Aux portes de la mémoireAux portes de la mémoire est le premier roman de la malaisienne Felicia Yap. Paru en 2017, il est sorti en France chez Harper Collins en février 2019.

Imaginez un monde où l'humanité est divisée en deux catégories : ceux qui ne se souviennent que de la veille, les monos, et ceux qui gardent en mémoire les dernières quarante-huit heures, les duos. Grâce à des tablettes, chacun consigne les jours qui passent pour transformer les souvenirs en faits et garder une traçabilité de sa vie.
Claire, une mono, est mariée à Mark, un duo. Alors que celui-ci jouit d'une carrière d'écrivain célèbre et brigue une place en politique, son épouse vit dans l'ombre, honteuse de ne souvenir que du jour précédent. Mais le jour où un policier vient sonner à leur porte pour interroger Mark à propos du décès d'une jeune femme dans la rivière près de chez eux, son monde bascule. Claire apprend que Mark la trompait et qu'il a peut-être tué cette femme. Mais dans un monde où chacun écrit ses souvenirs pour les transformer en faits, mener une enquête est une course contre la montre.

Je lis peu de thrillers, principalement parce que je suis une petite nature qui a très vite tendance à mal dormir à la moindre intrigue stressante. Mais j'ai été intriguée par ce premier roman et très enthousiaste à l'idée de le découvrir
Et j'ai rudement bien fait ! Felicia Yap entraîne son lecteur dans cette dystopie avec brio. La narration alternée permet au lecteur de suivre quatre personnages - le couple de Claire et Mark, mais aussi Sophia, la victime, et Hans Richardson, l'inspecteur en charge de l'enquête - et de progresser pas à pas avec ces personnages dans l'intrigue.  Celle-ci avance à bon pas, sans temps mort, au rythme de l'enquête que Hans - mono caché sous les traits d'un duo pour espérer une promotion - tente de boucler en une journée.
La psychologie des personnages est bien léchée et évite les caricatures ordinaires et l
'écriture cinématographique offre à l'ensemble un aspect visuel fort intéressant
Tout l'intérêt du roman réside dans cette question de mémoire à très court terme et ses conséquences. L'auteure maîtrise son sujet et a pensé à tous les aspects de sa dystopie. Comment les souvenirs sont consignés, comment les convoquer à nouveau, etc. Les clivages entre monos et duos sont là, dénonçant l'intolérance des seconds à l'égard des premiers, jugés inférieurs. La question de la tolérance et du vivre-ensemble est abordée en finesse et en cette époque troublée, arrive à point nommée.
C'est bien simple : je n'ai pas pu décrocher de ma lecture une fois commencée ! Le dénouement, inattendu et plein de rebondissements, clôt ce roman de façon parfaite. En bref, une petite réussite que j'ai déjà commencé à conseiller autour de moi ! Un grand merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce thriller ô combien haletant.

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12 mai 2019

Blanc Mortel, Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithBlanc Mortel est le quatrième tome de la série Cormoran Strike, série imaginée par J.K. Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru le mois dernier aux éditions Grasset. 

Le jour où un jeune homme en apparence déséquilibré sonne à l'agence de détectives de Cormoran Strike, ce dernier a tout lieu de penser que celui-ci affabule. Billy, c'est son nom, dit avoir été témoin du meurtre d'une enfant lorsqu'il était jeune et veut que la vérité soit faite sur cette sombre histoire. Mais avant que Strike ne puisse l'interroger, Billy s'enfuit. Tiraillé, l'enquêteur ne sait quel crédit accorder à ses dires mais par acquit de conscience, commence à effectuer quelques recherches. En parallèle, il se lance avec son associée, Robin, dans l'espionnage politique, alors qu'un Ministre victime de chantage, leur demande de trouver des charges contre son ennemi en infiltrant le Parlement. Les deux enquêtes sont sinueuses et piétinent, d'autant plus que Cormoran souffre désormais d'une certaine notoriété l'empêchant d'agir sur le terrain sans être découvert.

Souvenez-vous : depuis deux mois, je suis plongée dans cette série de mon auteure favorite. Début mars, je découvrais L'appel du coucou, et si le rythme un peu lent me déroutait un peu, je persévérais néanmoins en enchaînant directement avec le deuxième tome, Le Ver à soie, que je dévorais en moins de quinze jours, avant de me plonger littéralement dans le troisième, La Carrière du Mal, dont je sortais haletante, perdue dans l'attente de la sortie de ce quatrième tome en français.  
Autant vous dire que j'attendais ce dernier avec une impatience rare et que sitôt en ma possession, je me suis lancée dans sa lecture avec délectation.  
J.K. Rowling signe ici un tome foncièrement différent des trois premiers. Si la trame demeure la même - une enquête de terrain pourvue de multiples rebondissements - le rythme du roman est plus lent, plus centré également sur ses deux héros, Cormoran et Robin. Le roman avance progressivement au fil des 700 pages, à la fois sur l'intrigue du chantage politique, à la fois sur l'histoire du meurtre de l'enfant mais aussi sur les relations personnelles de Cormoran et de Robin. Cette dernière tente de sauver son mariage, alors que celui-ci n'a qu'un an, tandis que Cormoran s'enlise dans une relation sans lendemain avec une dénommée Lorelei, qui attend beaucoup plus de l'ancien soldat unijambiste.  
R
este que, malgré une intrigue riche et fouillée, des personnages qui gagnent en densité psychologique, j'ai eu plus de mal à apprécier ce tome, me perdant un peu dans ses méandres labyrinthiques. J'ai mis près d'un mois à le lire, m'endormant souvent dessus (ce qui est rare !), captivée pourtant par les circonvolutions de l'enquête et de la vie des deux personnages principaux. Mais il a manqué une petite étincelle, je crois. Le dénouement est encore une fois inattendu et bien pensé, non dénué d'intensité dramatique, et offre à l'ensemble une portée intéressante. Mais j'ai nettement ressenti un intérêt en baisse au milieu de l'intrigue, avant que celle-ci ne s'accélère à nouveau.  
U
n tome que je referme donc avec plaisir, certes, mais pas autant que les trois premiers. J'attendrai quand même avec plaisir la sortie du prochain, que je lirai peut-être en anglais, pour éviter d'avoir à attendre la sortie française. Une série qui reste ma série coup de coeur de l'année, malgré cette petite déception.

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27 avril 2019

La vérité sur Dix petits nègres, Pierre Bayard

La vérité sur dix petits nègresLa vérité sur Dix petits nègres est le dernier essai de critique policière de l'universitaire et psychanalyste Pierre Bayard. Il est paru en janvier aux éditions de Minuit. 

Tout le monde connaît le célèbre roman d'Agatha Christie, Les dix petits nègres. Dix personnages, sur une île en pleine tempête, sont tués chacun leur tour, tandis qu'une comptine macabre hante les murs et que des statuettes disparaissent au fur et à mesure des meurtres. Et si le meurtrier n'était pas celui que la Reine du crime a désigné comme tel ? Et si, malgré tous les indices, les lecteurs du monde entier s'étaient fourvoyés depuis quatre-vingts ans en n'identifiant pas le bon coupable ? Pierre Bayard donne la parole au meurtrier pour qu'il explique ce qui s'est réellement passé sur l'île. 

Entre Pierre Bayard et moi, c'est une histoire qui dure depuis longtemps. Je l'avais découvert avec sa première critique policière Qui a tué Roger Ackroyd ? il y a dix ans, et, conquise, j'avais poursuivi avec L'affaire du Chien des Baskerville, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? et enfin Et si les oeuvres changeaient d'auteur ?  
A chaque fois séduite par son style et sa déconstruction des grands classiques de la littérature, j'ai succombé à l'appel de son dernier essai, après être allée l'écouter en parler à la Librairie Autour du Monde près de chez moi.   
Encore une fois, il nous entraîne dans une relecture d'un classique du genre et cherche les invraisemblances du texte pour en proposer une solution alternative élégante, plausible et logique.  
L'exercice de style n'est pas évident mais Pierre Bayard s'en sort avec brio, comme toujours, empruntant aux illusions d'optique, à la psychologie, à la prestidigitation ou encore aux fantasmes liés à l'île pour expliquer son raisonnement.  
Nul besoin d'avoir parfaitement l'oeuvre de Christie en tête, le début de l'essai étant consacré à un résumé des personnages, des faits et de leur chronologie dans l'oeuvre originelle. S'ensuit une deuxième partie consacrée aux invraisemblances et impossibilités de la solution proposée par la romancière. Une troisième partie s'attarde sur ce qui permet de fausser le jugement du lecteur, grâce à une série d'aveuglements multiples, avant une dernière partie consacrée à la solution proposée par Pierre Bayard, à travers son personnage meurtrier.  
L'ensemble, pointu et teinté d'ironie, se lit avec délectation, tout en restant très largement accessible. C'est bien simple, pour ma part j'ai dévoré une grosse moitié dans l'avion qui m'amenait à Londres, avant de le terminer au calme sur ma terrasse. Encore une fois Pierre Bayard réussit le pari de déconstruire une oeuvre littéraire avec élégance. A découvrir sans tarder ! De mon côté, je vais aller fouiner du côté d'Intercripol, association de recherches universitaires pour traquer les personnages criminels. 

"Aborder une île ou en rêver, c'est laisser revenir en soi des récits de l'enfance et se vivre en héros de roman à la découverte de secrets enfouis." (p.127)

"Aussi terrifiante soit-elle, toute histoire nous aide à mettre de l'ordre dans le désordre des faits, le plus souvent aléatoires, qui constituent nos existences." (p.128)

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