Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

23 septembre 2017

Outlander T.3 Le voyage, Diana Gabaldon

Outlander TLe voyage est le troisième tome de la série Outlander imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon.

Cela fait maintenant vingt ans que Claire est revenue de la bataille de Culloden et a quitté l'Ecosse du 18e, laissant derrière elle Jamie. Avec Brianna, leur fille, elle a refait sa vie mais n'a jamais oublié son grand amour. Quand au détour de recherches sur cette époque elle se rend compte que Jamie n'a pas péri à la bataille de Culloden comme elle l'imaginait, le doute s'installe en elle. Et si Jamie était encore en vie dans le passé ? Claire n'a d'autre choix que de traverser une nouvelle fois le cromlech qui la fait voyager dans le temps pour le retrouver, même si cela veut dire laisser sa fille derrière elle. Commence alors pour elle une nouvelle aventure. Retrouvera-t-elle Jamie ? Et les vingt ans qu'ils ont passés séparés les auront-t-ils éloignés ?

Toujours lancée à corps perdu dans cette série (j'avais adoré le premier et le deuxième tome !), j'ai passé une partie de mon été en compagnie de Claire et des autres personnages d'Outlander. Si le début du second tome avait quelque peu refroidi mes ardeurs, il n'en a rien été avec ce troisième tome. Parce que si Claire est dans le présent - en 1968 - au début du roman, elle n'y reste pas longtemps et repart à la recherche de Jamie dans l'Ecosse du 18e. Et Diana Gabaldon réussit à captiver son lecteur avec ce grand roman d'aventure où rien ne sera épargné aux personnages : tempêtes, prophéties, fuites, intrigues politiques, ça n'arrête pas ! On s'aime, on crie, on pleure et le bateau manque de couler mille fois tout au long de cette fresque historique sur fond de romance. J'adore !

L'intrigue de ce troisième tome (malgré ses 1020 pages !) avance tambour battant et ne laisse pas de répit à son lecteur. De l'Ecosse à la mer des Caraïbes, nos héros connaissent d'effroyables périls et font des rencontres qu'ils ne sont pas près d'oublier. Bref, encore une fois je me suis vraiment régalée à découvrir les aventures de notre duo à travers les âges. Et vue la fin de ce troisième tome, j'ai hâte de découvrir Les tambours de l'automne, le quatrième tome de la série !

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25 février 2017

Outlander T.2 Le Talisman, Diana Gabaldon

Outlander TLe Talisman est le deuxième tome de la série Outlander (ou encore Le Chardon et le Tartan ou Le Cercle de pierre) imaginée par Diana Gabldon dans les années 1990 et remis dernièrement sur le devant de la scène par son adaptation en série télé.

1968. Frank, le mari de Claire, vient de mourir. Cette dernière retourne en Écosse avec leur fille, Brianna, afin de chercher des traces de son passé. Celle qui a voyagé dans le temps grâce à un cromlech se souvient de son incursion dans le 18ème siècle écossais aux côtés de Jamie, un Highlander dont elle est tombée follement amoureuse et avec qui elle a fuit à Paris, à l'époque de Louis XV. Déterminés à empêcher la rébellion jacobite et l'accession au trône de Charles-Edouard Stuart , Jamie et Claire infiltrent la société mondaine parisienne pour éviter une répression sanglante dans les Highlands.

Souvenez-vous, j'avez adoré le premier tome des aventures de Claire et Jamie le mois dernier. Et j'ai naturellement continué sur ma lancée dans cette saga, avide de découvrir la suite des aventures de ce duo britannique dans l'Écosse de 1745.  Mais je dois avouer que le début de ce second tome a eu raison de mon enthousiasme, Diana Gabaldon décidant de planter son intrigue en 1968 et de délaisser le voyage dans le temps cher à mon coeur. Passé le premier moment de déception (j'adore la lande écossaise rabattue par les vents et les Highlanders et leur finesse légendaire, c'est vrai !), j'ai poursuivi ma lecture avec curiosité. Et force est de constater que l'auteure maîtrise son sujet à la perfection. En construisant son intrigue de la sorte, elle parvient à distiller un suspense dès les premiers chapitres et d'enferrer son lecteur dans les méandres de l'histoire. Les lieux se mélangent, les époques aussi, et le voyage dans le temps, au coeur de l'intrigue, prend toute sa dimension. Pourquoi Claire est-elle revenue dans le présent ? Et qui est donc Brianna ? Voilà des questions que le lecteur se pose très rapidement...

Les personnages gagnent en épaisseur psychologique, la romance en intensité, la trame historique est toujours aussi riche et bien traitée et l'ensemble fonctionne très bien. Je ressors de ces 950 pages enchantée, bercée par le vent écossais, sentant dans mon nez les effluves de whisky qui hantent ces pages et je n'ai qu'une envie : y retourner ! Je vais certainement intercaler quelques lectures entre la fin de ce tome et le suivant, mais je ne vais pas trop tarder : Claire et son bel écossais commencent déjà à me manquer !

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12 janvier 2017

Outlander T.1 Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

Outlander T

Le Chardon et le tartan est une série imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon débutée en 1991. Popularisée par sa récente adaptation en série télévisée, la saga - appelée aussi Outlander ou Le Cercle de pierre - mêle à la fois le roman historique, le fantastique et la romance. 

Inverness, Ecosse, 1945. Claire, vingt-sept ans, revient du front où elle a servi en tant qu'infirmière et profite de quelques jours de retrouvailles avec son mari, Frank. Mais alors qu'elle découvre les environs, Claire est aspirée par un étrange mégalithe et se retrouve catapultée en 1743, alors que la guerre fait rage entre les anglais et les écossais. Déboussolée par ce voyage dans le temps, la jeune femme est sauvée par des Highlanders des griffes de Jonathan Randall, illustre et violent aïeul anglais de son mari. Claire impressionne rapidement les écossais par ses connaissances médicales, utiles sur le champ de bataille et fait la connaissance de Jamie, un Highlander un peu bourru et têtu. 

Complètement sous le charme de l'Ecosse depuis mon voyage en 2014, je ne pouvais que succomber à cette série, découverte par hasard en naviguant sur Netflix. J'ai hésité à la regarder mais j'ai décidé de commencer par le roman. Et j'ai rudement bien fait ! J'ai dévoré les 850 pages de ce premier tome durant les vacances de Noël, ayant moi aussi l'impression de voyager dans le temps, comme Claire, et d'être à ses côtés dans les Highlands en 1743. Diana Gabaldon esquisse dans ce premier tome les contours d'une intrigue des plus riches et documentées. L'histoire est abordée à travers le personnage de Frank, le mari de Claire, mais aussi par les événements que l'héroïne est amenée à vivre. L'Ecosse est un personnage à part entière, faisant l'objet de belles descriptions de sa nature, ses saisons ou encore ses moeurs. 

C'est bien simple : j'ai été complètement happée par cette histoire de voyage dans le temps, secouée comme Claire par la violence du 18ème siècle et ses problématiques, sous le charme moi aussi des écossais qu'elle rencontre, partagée qu'elle est entre la volonté de rentrer à son époque et de changer le cours du temps par sa connaissance des événements futurs. 

Difficile de ne pas trop en dire sur cette intrigue dense et riche. Je n'aurais qu'un conseil : venez nous rejoindre sous la bruine écossaise, au milieu des rébellions jacobites de la première moitié du 18ème. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps... En attendant, moi je suis d'ores et déjà plongée dans le deuxième volet des aventures de Claire ! 

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22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 

11 mai 2016

Le début de la fin, Jasper Fforde

Le début de la fin, Jasper FfordeLe début de la fin est le cinquième tome de la série Thursday Next imaginée par le génial écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2008 en France chez Fleuve Noir.

Souvenez-vous... Thursday avait évité la fin du monde et réduit à néant le groupe Goliath. Quatorze ans plus tard, la pimpante détective littéraire est mère de Friday, devenu un adolescent léthargique, excellent représentant de sa tranche d'âge, et de Tuesday et Jenny.
Alors que les OpSpecs ont été dissouts, Thursday continue son travail dans le Monde des livres tandis que l'Angleterre ne sait plus comment réduire son Excédent de Bêtise et se noie dans des émissions de télé-réalité médiocres et lobotomisantes. Alors que Thursday tente de gérer la chute dramatique de la lecture et l'inquiétude croissante des personnages de fiction, la Jurifiction, dont elle est devenue un membre éminent, lui confie une stagiaire... qui n'est autre que son double de papier ! Car les aventures de Thursday ont rencontré un tel succès qu'elles ont été adaptées en livres. A Thursday de gérer son alter ego fictif qui est loin de lui ressembler. Et comme si ça ne suffisait pas, elle doit également faire attention à la menace qui rôde : on chuchote qu'un projet de livre interactif permettrait aux lecteurs d'éliminer les passages ennuyeux des livres...

Bon, je défie quiconque qui n'a pas lu les précédents tomes de comprendre un traître mot de ce que je viens d'écrire. D'ordinaire, je déteste faire ça, j'aime que mes articles soient accessibles même à ceux qui ne connaissent pas une série, mais il est vraiment difficile - voire véritablement impossible ! - de rester cohérent et compréhensible pour les non-initiés avec les romans de Jasper Fforde
Ce cinquième tome offre encore une fois une nouvelle perspective et donne du grain à moudre à notre détective littéraire préférée. Jasper Fforde ose une splendide mise en abîme en introduisant un double de papier à un personnage de papier. Voilà qui est fort ! Et Thursday de s'occuper de son double fictif, alors qu'elle est elle-même un personnage de fiction. Chez Jasper Fforde, les frontières entre le réel et la fiction sont toujours si floues... 
L
es références littéraires sont toujours nombreuses et fines, perpétuant l'hommage littéraire qui sert de fil conducteur à la série.

En très grande fan que je suis, je ne peux que vous encourager encore et toujours à découvrir cette série déjantée mais ô combien truculente. Jasper Fforde a su créer un monde complètement barré mais aux règles pourtant compréhensibles, dans lequel il fait bon vivre quand on aime lire. C'est simple : amoureux des livres, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série ! C'est humainement impossible. Parce qu'ouvrir un tome de cette série c'est porter un autre regard sur le monde des livres et se prendre à rêver aux côtés de Thursday. Et si les frontières entre réel et fiction s'abolissaient ?

Pour lire mes billet sur les quatre premiers tomes,

c'est par ici !

   

Que ceux de mon entourage qui n'ont pas lu au moins le premier lèvent le doigt...

Parce que je vous préviens, vous n'allez pas y couper longtemps !

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10 janvier 2016

La malle aux trésors, Marie-José Ségura

La malle aux trésorsLa malle aux trésors est le quatrième roman de Marie-José Ségura, paru en octobre 2015 aux éditions La Bourdonnaye.

Louise a dix ans et passe pour la première fois un weekend toute seule chez sa grand-mère. Par un après-midi pluvieux, la petite fille aide sa grand-mère à ranger le grenier lorsqu'elle tombe sur une vieille malle remplie d'objets du passé. Alors qu'elle s'empare d'un livre, Louise est aspirée dans celui-ci et se retrouve sur un navire espagnol en partance vers les Antilles, en 1656. Louise se retrouve en plein milieu d'une aventure où pirates et flibustiers règnent. Comment va-t-elle s'en sortir et revenir chez elle ?

J'aime les romans qui évoquent l'idée une frontière poreuse entre la réalité et les livres, comme Coeur d'Encre de Cornelia Funke ou L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. J'ai donc plongé avec plaisir aux côtés de Louise dans ce mystérieux roman et ai atterri avec elle aux belles heures de la piraterie au 17e siècle.

L'intrigue avance à bon rythme et le lecteur suit avec plaisir la petite fille dans ses aventures aux Antilles. L'auteure délivre ce qu'il faut comme explications sur l'époque historique qu'elle développe pour permettre à de jeunes lecteurs de s'en emparer. Un lexique et une petite postface complètent ce court roman de 90 pages.

Ode à la lecture - Louise déteste lire au début de l'intrigue - La malle aux trésors est un roman divertissant et très agréable à lire qui plaira aux petits lecteurs, et aux pourquoi pas aux non lecteurs ! Je tiens à remercier les éditions La Bourdonnaye pour ce roman reçu en service de presse.

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09 septembre 2015

Le jardin de Minuit, Edith

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Le Jardin de Minuit est un album signé Edith et paru fin mai dans la collection Noctambule de chez Soleil. Il s'inspire librement du roman de la britannique Philippa Pearce Tom et le Jardin de Minuit paru en 1958 et qui reçut la Médaille Carnegie cette même année.

Angleterre, XXe siècle. Tom est envoyé en vacances chez son oncle et sa tante. L'été s'annonce des plus ennuyeux pour le jeune garçon, seul enfant dans cette maison. Mais une nuit, Tom entend la pendule sonner treize coup et, piqué de curiosité, décide d'aller voir l'heure qu'elle affiche. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre derrière la porte du fond, un jardin immense et merveilleux. Intrigué, le jeune garçon le visite et y rencontre d'autres enfants, qui ne peuvent malheureusement pas le voir. Mais une fois le matin arrivé, le jardin a disparu et laisse place à une cours triste et sans végétation. Heureusement pour Tom, chaque nuit lui offre la possibilité de s'évader dans ce jardin merveilleux...

Classique de la littérature de jeunesse anglaise, Tom et le Jardin de Minuit fait partie de ces oeuvres oniriques et envoûtantes pour son lecteur. Décider de s'y frotter et de l'adapter en album est un pari audacieux dans lequel Edith s'est lancée. Beaucoup a été dit de cette adaptation en album, et si certains ont été déçus, bercés durant leur enfance par le roman originel, pour ma part il n'en est rien, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais que de nom le roman de Philippa Paerce et ai donc découvert avec cet album cette intrigue merveilleuse. Je ne parlerai donc pas de l'intrigue - dans la mesure où je n'ai pas le recul nécessaire pour évaluer l'adaptation d'Edith par rapport à l'oeuvre dont elle s'inspire - mais me centrerai davantage sur les dessins et l'ambiance.

Edith - dont je découvre le travail avec cet album - offre à l'intrigue un rendu visuel un brin suranné qui colle parfaitement l'époque de l'intrigue. Les couleurs sont douces, tirant vers le jaune et le vert, et rendent hommage au jardin merveilleux que Tom visite chaque nuit. Les univers sont clairement identifiables par les tonalités utilisées, claires et chatoyantes la nuit, lorsque le garçonnet découvre le jardin et foncées et sombres la journée, lorsqu'il est en compagnie de son oncle et sa tante et que sa journée est rythmée par l'ennui. L'ensemble est particulièrement agréable à l'oeil et répond à l'intrigue en lui offrant une dimension des plus intéressantes.

Les personnages possèdent un petit quelque chose d'enfantin dans leur faciès, peut-être à cause de leurs nez un peu rougis et leurs visages ronds et semblent faire rappeler que l'enfance et ses rêves sont au centre de cette intrigue.

Pour ma part, Le Jardin de Minuit fut une très belle lecture. J'ai adoré me faufiler aux côtés de Tom et découvrir chaque nuit avec lui un jardin enchanteur. Et, cela n'a rien d'étonnant, j'ai très envie de découvrir le texte de Philippa Pearce maintenant !

Je tiens à remercier Mélanie et les éditions Soleil pour cette découverte.

D'autres avis sur cet album : Mo', JérômeNouketteHervéJacquesLivresse, Sandrine, Yaneck et  Faelys.

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C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie.

 

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20 septembre 2014

La Carte du Temps, Felix J. Palma

La carte du tempsLa carte du temps est le premier roman de l'écrivain, chroniqueur et critique littéraire espagnol Felix J. Palma traduit en France. Annoncé comme le premier tome d'une trilogie, il est paru en 2008 en Espagne et en 2011 en France aux éditions Robert Laffont.

Londres, 1896. L'agence Murray promet à quiconque débourse une coquette somme de voyager en l'an 2000. Andrew Harrington y voit la solution désespérée pour tenter de sauver sa bien-aimée, ultime victime de Jack l'Eventreur huit ans plus tôt. De son côté, revenue de ce voyage dans le temps, la jeune Claire Haggerty est tombée sous le charme d'un héros du futur. Mais l'agence Murray est-elle vraiment sérieuse ? H.G. Wells, le célèbre écrivain, en doute.

Friande des voyages dans le temps (allez donc savoir pourquoi !?), je me suis glissée avec grand plaisir dans ce long roman de plus de 700 pages.
Sceptique, en bonne cartésienne que je suis, vis-à-vis de cette histoire de machine à explorer le temps, j'ai néanmoins dévoré le tout, fascinée par l'imagination un peu dingue de l'auteur et ses trouvailles toutes plus singulières les unes que les autres. Difficile de vous en dire plus sans vous révéler les ficelles de l'ensemble, mais disons que l'auteur maîtrise son sujet et a beaucoup réfléchi à la question du déplacement dans le temps...
En outre, son idée
d'intégrer H.G. Wells, l'auteur notamment de La machine à explorer le temps, à son intrigue est absolument géniale. Comme si Felix J. Palma souhaitait faire un clin d'oeil au chef d'oeuvre de la science-fiction et à son auteur. Mise en abyme excellente, la présence de H.G. Wells permet au roman de s'insérer dans sa lignée, tout en y faisant largement référence et en rendant hommage aux grands récits du genre et à certains auteurs comme Jules Verne.
Wells n'est pas le seul à bénéficier d'une apparition, puisque Bram Stoker et Henry James  font partie intégrante de l'intrigue. Mais je ne vous en dirai pas plus !
Enfin, la composition tripartite du roman - dont chaque partie peut se lire indépendamment malgré des interpénétrations mutuelles évidentes - permet à Felix J. Palma de tisser méticuleusement les liens de son idée folle de voyage dans le temps. C'est bien construit, ça tient la route et ses trois intrigues sont originales et très différentes, même si elles sont liées par cette mystérieuse agence de voyage en l'an 2000. 
Un bémol, cependant, dans la longueur de certains passages de la troisième partie qui tendent à casser le rythme pourtant dynamique de l'ensemble. Mais cela ne m'a pas empêchée d'aller au bout, ravie de cette lecture.
Entre fantasme et réalité, entre hommage à la littérature du genre et imagination débordante, le romancier espagnol nous livre ici un roman des plus réjouissants dont je ne peux que vous conseiller la lecture. Prêt pour une immersion dans le temps ?

L'avis de Folfaerie sur ce roman.

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20 janvier 2013

Timeville, Tim Sliders

Timeville, Tim SlidersTimeville est un roman d'un scénariste et écrivain franco-américain écrivant sous le pseudonyme de Tim Sliders, paru en novembre 2012 chez Fleuve Noir.

David Cartier, grand ponte de la cuisine moléculaire, a tout d'un homme professionnellement accompli : une carrière grandiose, de nombreux restaurants à travers le monde, un sens des affaires inné et Victoria, une énième bimbo accrochée à son bras. Et dès ce soir, David sera officiellement divorcé d'Anna, son épouse, à qui il laisse le soin d'élever leurs deux enfants.
Mais ce serait sans compter un étrange coup du sort. Alors qu'il passe une dernière soirée dans son ancienne maison et signe les papiers de leur séparation, David se réveille le lendemain matin dans une maison à la décoration douteuse. La famille peine à s'en rendre compte, mais elle a été catapultée dans les années 80 ! Et si connaître l'avenir semble présenter bien des avantages, la famille Cartier va très vite se rendre compte qu'elle va devoir réfréner ses envies de changer le futur...

Timeville est un roman qui repose sur un concept simple mais efficace : celui du voyage dans le temps. Qui n'a jamais rêvé de se réveiller un matin à une autre  époque ? Malheureusement pour les Cartier, ce rêve n'était pas le leur, ni les eighties leur époque de prédilection. Bonjour Rubik's Cube, canapé en cuir orange, Casimir et autres références des années 80.
Porté par l'écriture cinématographique de Tim Sliders, Timeville est un roman plaisant et drôle, qui nous plonge dans le quotidien d'une famille du XIXe siècle qui se retrouve, désemparée, en 1980. Comment vivait-on sans internet ? Sans portable ? Sans les avancées médicales actuelles ? Et surtout, comment s'intégrer dans cette société d'avant Tchernobyl, le Sida, la Chute du mur de Berlin, quand on connaît la suite ? Les péripéties s'enchaînent, et dès le moment que la famille décide de s'en sortir malgré ce décalage temporel, les difficultés surviennent. 
La grande problématique de ce roman, abordée il est vrai sur un ton assez léger, réside dans cette question : peut-on changer le cours des événements, à petite ou grande échelle ? David pourra-t-il sauver son frère Paul de son cancer ? Agathe, sa fille, empêchera-t-elle John Lennon de se faire assassiner le 8 décembre 1980 ? Anna et David réussiront-ils à sauver leur mariage, pourtant voué à l'échec dès le début du roman ? 
Dévoré en quelques heures, ce roman m'a permis de passer un très bon moment avec la famille Cartier. L'idée de voyage dans le temps me fascine et nourrit grandement mon imaginaire. Et si l'intrigue tourne souvent autour des sentiments et que le tout peut paraître parfois assez couru, Tim Sliders parvient à un roman à l'intrigue diablement bien rythmée et drôle. On pense à Retour vers le futur, bien sûr, et les relents nostalgiques et les références aux années 1980 souvent humoristiques et loufoques sont nombreux, mais le tout fonctionne bien. Bref, un roman divertissant à souhait !

Un grand merci aux Editions Fleuve noir pour la découverte de ce roman rafraîchissant.

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27 juin 2011

Lettres de l'Atlantide, Robert Silverberg

book_cover_lettres_de_l_atlantide_52752_250_400Sitôt reçu, sitôt lu ! Lettres de l'Atlantide était en effet glissé dans le colis que j'ai reçu lors du Swap Continents Perdus, colis réalisé par l'organisatrice du swap elle-même, Lhisbei ! Elle avait percé à jour mon envie de lire des récits sur cette cité engloutie par les eaux... Merci encore Lhisbei ! 

XXIe siècle. Le voyage dans le temps fait partie des découvertes de ce nouveau millénaire. Envoyé en 18862 av. J.C., Roy atterri dans l'esprit du prince Ram, héritier du trône atlante. Ravi de découvrir cette civilisation perdue, Roy relate dans ses lettres à Lora, sa compagne, ce qu'il découvre de cette cité merveilleuse. Progrès technologiques, système politique et traditions lui sont peu à peu révélés. Mais le prince Ram, à l'intérieur du corps duquel il voyage, se croit possédé par un démon. La cohabitation des deux esprits dans le même corps s'avère rapidement difficile...

Premier récit que je lisais sur la fantasmée cité de l'Atlantide, ce roman m'a vraiment séduite. En 150 pages seulement, Robert Silverberg nous dresse un portrait détaillé de cette civilisation oubliée. Architecture, économie, politique, etc., les descriptions abondent pour permettre au lecteur la création d'une image mentale précise.
Le procédé narratif utilisé - l'échange épistolaire unilatéral - offre une dimension particulière au récit du personnage. En effet, si le récit de Roy souffre d'un décalage temporel avec l'action, puisqu'il est relaté dans une lettre, il n'en demeure pas moins palpitant car dépendant de la soumission du prince. Pour être plus claire, à chaque fois que Roy, le voyageur du XXIe siècle, veut écrire une lettre, il est obligé d'endormir le prince Ram pour prendre possession de son corps et rédiger sa correspondance. La scène peut donc être interrompue par une intervention extérieure...

Ce choix narratif permet, en outre, de découvrir l'Atlantide par le biais du héros, Roy, et de participer à son étonnement quant à ses découvertes. Cette focalisation sur le personnage principal offre une dimension intime à ce voyage dans le temps.
Je me suis donc délectée de cette courte lecture, la trouvant riche à souhait ! Un excellent prélude à une autre lecture sur l'Atlantide!  

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