Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

26 septembre 2018

L'homme qui tua Lucky Luke, Matthieu Bonhomme

L'homme qui tua Lucky Luke, Matthieu BonhommeL'homme qui tua Lucky Luke est un album de Matthieu Bonhomme paru chez Dargaud en avril 2016.

Il fait humide, à Froggy Town et lorsque Lucky Luke arrive dans cette sinistre bourgade de l'Ouest américain, il pense n'y faire qu'une rapide halte. Mais l'homme qui tire plus vite que son ombre ne peut refuser d'aider les chercheurs d'or du coin qui se sont fait voler leur or. Surtout qu'une terrible fratrie semble terroriser les habitants. Lucky Luke décide de mener l'enquête.

Vous n'avez pas pu passer à côté de cet album lors de sa sortie il y a deux ans, percutant par son titre et sa couverture aux couleurs impeccables. Lucky Luke trouverait-il un adversaire à sa hauteur ? Matthieu Bonhomme décide de s'attaquer à ce personnage charismatique s'il en est et de se glisser dans le genre du western. Les codes du genre sont respectés, les scènes font immédiatement sens dans l'inconscient collectif et l'ensemble se présente comme un bel hommage.   
Mais si le dessin est visuellement très réussi - du personnage, bluffant de ressemblance bien qu'un peu modernisé, aux couleurs en passant par le choix des cadrages - l'intrigue m'a laissée sur ma faim. C'est convenu, attendu, un peu simple parfois - la fratrie effrayante ne l'est pas tant que ça - et l'ensemble se lit comme une énième aventure du cowboy solitaire. J'attendais plus de cet album un brin provocateur, surtout vue son esthétique. Une lecture en demi-teinte dont je ne garderai pas beaucoup de souvenirs je pense. 

Les avis de CaroJeromeYaneckUn amour de BDBlog brotherBulles picardesBedea Jacta Est, etc.

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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21 septembre 2018

Outlander T.4 Les tambours de l'automne, Diana Gabaldon

Outlander 4 Les tambours de l'automneLes tambours de l'automne est le quatrième tome de la série Outlander imaginée par Diana Gabaldon. Il est paru la première fois aux Presses de la Cité en 1995 avant d'être réédité chez J'ai Lu en 2015.

1767. Claire et Jamie ont fuit l'oppression anglaise à bord d'un navire qui les a conduits au Nouveau Monde. Il aspirent au calme, à la paix, mais l'Amérique est à l'aube de son Indépendance et les temps sont durs. Échoués en Caroline du Nord, ils décident de s'installer seuls sur des terres léguées en héritage et de recommencer leur vie. Pendant ce temps, leur fille Brianna est restée en 1967, tentant de poursuivre sa vie. Lorsqu'elle découvre que ses parents vont connaître un funeste destin, elle décide de partir les rejoindre pour changer le cours de l'histoire. 

J'adore cette série, qu'on se le dise ! Je mets peut-être pas mal de temps à lire chaque tome, l'entrecoupant d'autres lectures, mais c'est à chaque fois un plaisir de retrouver Claire et Jamie et de suivre leurs aventures.  
C'est en Amérique que Diana Gabaldon nous entraîne cette fois, et le 18e est synonyme de bien des transformations pour le pays, à commencer par les tribus d'indiens qui vont disparaître, anéanties par les colons. La romancière s'intéresse à cette question et même si Claire sait qu'elle ne peut pas changer le cours des choses - le premier tome et la bataille de Culloden en sont les parfaits exemples - elle n'en demeure pas moins horrifiée de connaître le sort qui sera réservé à ceux qu'elle côtoie.  
Ce tome est un peu plus lent que les précédents, l'intrigue alternant toujours entre passé et présent, Claire et Jamie au 18e et Brianna au 20e siècle. Le couple travaille dur pour réaménager des terres et construire une habitation décente en Caroline du Nord, et le lecteur de suivre leurs efforts. Point positif en revanche : Diana Gabaldon a cessé de ponctuer son récit de scènes de sexes simili torrides mais plutôt ridicules entre Claire et Jamie. Et ça, c'est pas plus mal ! J'avais à chaque fois vaguement l'impression de lire un 50 nuances... dix ans plus tôt. 
Un tome qui permet de balayer un nouveau pan de l'Histoire et d'entraîner le lecteur aux débuts de ce Nouveau Monde et de dynamiser l'intrigue en offrant à Brianna une place plus importante. En bref, j'ai hâte de commencer le tome 5, La Croix de feu !

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13 septembre 2018

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

Trois fois la fin du monde Sophie Divry

Trois fois la fin du monde est le nouveau roman de Sophie Divry paru ele 23 août aux éditions Noir sur Blanc.

A cause d'un braquage qui a mal tourné avec son frère, Joseph Kamal se retrouve en prison. Seul, sans famille - son frère s'est fait tuer par les policiers -, et sans espoir, le jeune homme tente de survivre non sans mal dans ce milieu ultra violent et codifié. Il baisse l'échine, voit l'horreur et ferme les yeux. Il voudrait que cela cesse, quitter cet enfer. Une explosion nucléaire lui offre cette chance. Joseph s'évade de la prison détruite et survit miraculeusement aux émanations toxiques. Avide d'une solitude tant recherchée en prison, il s'installe en zone interdite. Sur son chemin, il trouve une petite ferme isolée. Lui, le gosse de la ville, retrousse ses manches et se met à cultiver de quoi survivre. Rejoint par un mouton et un chat, il se créé son petit paradis, en auto-suffisance.

J'ai toujours hâte de découvrir un nouveau livre de Sophie Divry. Si j'avais adoré son premier roman, La cote 400, j'avais été ennuyée par le personnage de La condition pavillonnaire  mais complètement séduite par  Quand le diable sortit de la salle de bain. En ouvrant celui-ci, le suspense était entier : la magie allait-elle opérer ? Et bien oui, un grand et immense oui ! La magie a opéré.
Sophie Divry réussit le tour de force de faire prendre un virage surprenant à son roman avec cette catastrophe nucléaire. Après un début dans la violence de l'univers carcéral, son personnage, Joseph, qui prend en charge la narration, se retrouve dans le silence et la solitude totale dans un univers post-apocalyptique. Loin de tout être humain. Loin de toute violence. Loin de toute communication, aussi. Il découvre le plaisir simple que procure la vie près de la nature, la satisfaction du travail manuel, et les douces relations avec les animaux. Robinson Crusoé contemporain au milieu de cette nature qui reprend le dessus, il se cache, attend. Parce que le retour en prison est inenvisageable pour lui, il préfère fuir la société des hommes et vivre en communion avec la nature, les saisons, les animaux. C'est beau, fort, poétique et imagé. Le lecteur de patienter aux côtés de Joseph, d'observer, avec lui, le temps qui passe, même si la tension est là, palpable, et de réfléchir à ce besoin de solitude si actuel.  
Un roman bouleversant, une auteure qui n'est jamais là où on l'attend, déroutante, à la plume percutante. A découvrir, sans hésitation, sans condition.

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08 septembre 2018

Frère d'âme, David Diop

Frère d'âme, David DiopFrère d'âme est le second roman du maître de conférences à l'Université de Pau David Diop, paru en août aux éditions du Seuil.

La Grande Guerre. Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais, se battent sous le drapeau français. Ce matin-là, quand le capitaine Armand siffle l'attaque, Mademba sort en courant de la tranchée et tombe quelques mètre plus loin, touché par un tir ennemi. A Alfa, son ami, il supplie de l'achever, tandis que ses entrailles se répandent dans la boue et que son sang fuit. Mais Alfa ne peut pas. Il ne peut pas tuer son ami. Malgré ses supplications, malgré ses pleurs. Trois fois Mademba le suppliera, mais Alfa résistera. Alfa résistera pour finalement voir son ami agoniser et mourir sous ses yeux. De ce jour, Alfa ne sortira pas indemne. Sa raison l'abandonnera. Une violence sourde qui dormait en lui s'échappe et c'est avec froideur qu'il tue sur le champ de bataille, semant le chaos et effrayant ses camarades.

Quel tour de force, quelle langue, quelle intrigue ! David Diop réussit, en 176 pages, à plonger son lecteur dans la folie de la Grande Guerre, du point de vue d'Alfa, transformé en boucher sanguinaire quand sa raison l'abandonne. Le texte est bref, violent, les mots résonnent telle une litanie, avec une prosodie parfaite. Alfa parle sans discontinuer, tentant de trouver une raison à ce qui anime son geste. Rongé par le remord de n'avoir pu abréger les souffrances de son ami, il s'égare dans les méandres de ses justifications. Évacué à l'Arrière après une mutilation de trop sur l'ennemi, il se plonge dans ses souvenirs, dans l'Afrique de son enfance, dans son histoire familiale et celle qui le relie à Mademba.

Un roman poignant, saisissant, haletant, difficile à lâcher. Une pépite, c'est certain, pour commencer cette rentrée littéraire.

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20 juin 2018

Un autre regard T. 2, Emma

Un autre regard TLe second tome d'Un autre regard, reprennant les strips de la blogueuse Emma, est paru en novembre 2017 aux éditions Massot. 

Dans ce tome, Emma s'intéresse plus particulièrement aux inégalités entre les hommes et les femmes : débat sur le burkini, charge mentale, répartition des rôles en tant que parents, congé maternité, éducation genrée, la blogueuse se penche sur ces questions de société avec finesse et sans ton moralisateur. Armée de chiffres, elle épluche les lieux communs qui nous entourent pour mieux les décortiquer et amener son lecteur à réfléchir.

Souvenez-vous, la semaine dernière je vous présentais le premier tome d'Un autre regard et je l'encensais. Même joueur joue deux fois, je réitère mon enthousiasme cette semaine pour ce second volet, tout aussi percutant et réussi que le premier.    
Mis en lumière médiatiquement parce qu'il développe le concept de charge mentale, il aborde largement la question de la place des femmes dans la société. Emma traite le sujet avec humour et ponctue son propos d'anecdotes personnelles mais dénonce néanmoins les travers de notre société.     
Je ne vais pas en faire des tartines, comme la semaine dernière : passez outre les dessins au trait minimaliste et lisez-le au plus vite, l'idéal étant de découvrir les deux tomes d'une traite, je ne vous le cache pas. 

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

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13 juin 2018

Un autre regard T.1, Emma

Un autre regard EmmaUn autre regard est le premier album documentaire de la blogueuse, ingénieure informaticienne et dessinatrice Emma, paru en mai 2017 aux éditions Massot. Il reprend les strips publiés sur son blog depuis 2016.

Percutant, intelligent, fin, posant sur notre société un oeil critique, ce premier tome s'intéresse tout à tour aux violentes perquisitions perpétrées dans certains quartiers dans le climat post-attentats, à la question de la violence des opprimés, des épisiotomies forcées, au regard masculin et ses conséquences sur les femmes, au clitoris, aux victimes des violences policières et à la maternité.

Avec un humour féroce, Emma se penche sur ces questions sociétales en interrogeant son lecteur à travers de courts chapitres. Qu'est-ce qui est juste ? Qu'est-ce qui semble normal ? Elle interpelle, s'interroge. Appuie là où ça fait mal, reconnaissons-le.   
Le trait est minimaliste, les personnages très simples et les décors quasi absents mais l'ensemble sert le propos juste comme il faut.  J'ai dévoré d'une traite ces sept chapitres, réfléchissant moi aussi aux chiffres que je lisais, aux anecdotes  évoquées, aux situations dépeintes. Il y a encore beaucoup à faire pour que les injustices cessent... Le second tome d'Un autre regard a fait couler beaucoup  d'encre en évoquant la question de la charge mentale. Mais j'en reparlerai plus en détails dans ma chronique de ce second tome. Un diptyque à lire et offrir sans réfléchir une seconde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog d'Emma.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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31 mai 2018

L'amie prodigieuse T.1, Elena Ferrante

L'amie prodigieuse Elena FerranteL'amie prodigieuse est la tétralogie qui a mis sous les feux de la rampe la romancière italienne Elena Ferrante depuis la parution de son premier tome en 2011 en Italie. Il a été traduit en français et édité en 2014 aux éditions Gallimard. L'auteure, depuis sa parution, protège jalousement son anonymat et nul ne sait qui est à l'origine de cette saga mondialement plébiscitée. 

Naples, fin des années 50. Elena et Lila habitent un quartier pauvre avec leurs familles respectives. Entre les deux fillettes se noue une forte amitié. Et si Elena peine à maintenir un niveau scolaire acceptable, Lina de son côté est extrêmement douée mais décide d'abandonner l'école pour travailler avec son père et son frère dans la cordonnerie familiale. Les deux amies s'éloignent au fil des ans, car Elena poursuit ses études avec acharnement, mais demeurent proches malgré tout dans ce quartier napolitain sombre où la violence et les traditions pèsent lourd.

Voilà typiquement une saga que j'ai boudée durant longtemps vu le tapage médiatique qu'elle a suscité. Et pourtant, Elisabeth - mon ancienne libraire - m'en avait largement vantée les mérites dès sa parution (note pour plus tard : davantage suivre ses conseils !). 
J'ai donc décidé d'ouvrir ce premier tome lors de mon voyage à Lisbonne et je me suis laissé happer par cette histoire d'amitié sur fond historique. Tant a déjà  été dit sur ces personnages et ce quartier de Naples, personnage à part entière du roman, que je vais être assez concise. 
Elena Ferrante réussit le tour de force de nous plonger dans une Naples violente, patriarcale et aux traditions ancrées, aux côtés de ces deux fillettes qui se débattent pour trouver leur place. La lecture est parfois difficile, le quotidien ne laissant pas beaucoup de place à la joie et la légèreté à Elena et Lina qui sont ballottées et éprouvées au fil des pages. L
es personnages qui gravitent autour d'elles sont nombreux, les histoires secondaires pullulent, et comme dans un roman feuilleton, impossible de poser son livre. 
Criminalité, violence, corruption, adultère, folie parfois, le quartier de Lina et Lena est un microcosme qui semble refléter la dureté de la vie napolitaine de l'époque. L'emprise et la fascination que Lina exerce sur Elena, la narratrice, mettent parfois mal à l'aise le lecteur qui reçoit, telle une confession, ces souvenirs d'enfants mais rendent les personnages d'autant plus attachants dans leur amitié et leur attentes mutuelles.  
Je comprends l'engouement lié à cette saga, j'ai subi moi aussi cette force d'attraction qui m'empêchait de refermer mon livre, les personnages vibrant tellement d'authenticité que j'avais l'impression de lire une chronique d'époque.   
Il ne me reste maintenant qu'à poursuivre cette saga pour savoir ce qu'il advient d'Elena et Lina après leur adolescence.    
Les avis de HeleneEnna, Sylire, Tiphanie, Violette, Sam, etc.

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30 mai 2018

La Saga de Grimr, Jérémie Moreau

La saga de GrimrLa saga de Grimr est un album signé Jérémie Moreau paru en septembre 2017 chez Delcourt. Il a reçu le Fauve d'or au Festival d'Angoulême en janvier dernier.

Islande, 18e siècle. Sous le joug de la domination danoise, l'île vit ses heures les plus sombres et ses habitants peinent à survivre. Echappant de justesse à une éruption qui tua ses parents, le jeune Grimr est adopté par Vigmar, un homme solitaire et rusé. Au fil des ans, Grimr devient un colosse infatigable et valeureux, une montagne de muscles dominée par une crinière rousse. Mais sans propriété terrienne sur l'île, et malgré leur commerce de passeur de fjord, Vigmar et Grimr vivent dans une situation à l'équilibre précaire. Surtout que les habitants environnants ne voient pas d'un bon oeil leurs affaires. 

Il en aura fallu des chroniques pour me décider à passer outre cette couverture : le visage fermé de ce personnage me rebutait et ne me donnait pas envie d'aller plus loin. Et puis, la semaine dernière, avec une ultime chronique, celle de Nathalie, je me suis décidée. Et j'ai rudement bien fait ! 
Une fois dépassée la couverture, il m'a été impossible de refermer cet album, happée complètement par l'histoire de Grimr, cet enfant qu'un volcan a rendu orphelin. Jérémie Moreau offre à chaque planche des paysages spectaculaires qui m'ont replongée dans les souvenirs de mon voyage sur cette île merveilleuse et envoûtante au possible (j'en avais mis quelques photos dans ce billet). La vie y est rude, les traditions bien ancrées, et malgré sa force et son courage, Grimr peine à y trouver sa place. La violence est là, entre la nature sauvage et les lois des hommes, leur cruauté et leur vénalité. 
J'avais déjà aimé le trait de Jérémie Moreau il y a quelques années dans Le singe de Hartlepool. J'ai retrouvé son côté flou parfois mais j'ai surtout été charmée par son traitement de la nature, les personnages me laissant davantage sur ma faim
Je n'ose en dire plus. Un simple conseil : n'attendez pas des mois comme moi pour découvrir cet album : c'est une merveille esthétique qui vous remplira d'émotions et à côté de laquelle il serait bête de passer.

Les avis de Mo', Moka, Noukette, Alice, Sabine, Hélène, Joëlle, Enna, Karine:), Blog-o-Noisette, Caro, Yvan, et le Tumblr de Jérémie Moreau.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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04 janvier 2018

Home, Toni Morrison

Home Toni MorrisonHome est un roman de la femme de lettres américaine Toni Morrison, lauréate du Prix Nobel de littérature en 1993 et unique auteur afro-américain à l'avoir reçu. Il est paru en  2011 aux Etats-Unis et en 2012 en France aux éditions Christian Bourgois.

La guerre de Corée vient de se terminer. Franck Money en revient traumatisé par ce qu'il y a vécu. Un appel le prévenant que sa soeur est à l'article de la mort à Atlanta, en Géorgie, le contraint à traverser le pays d'ouest en est. Mais dans cette Amérique des années 50 où la ségrégation raciale est à chaque coin de rue, le jeune homme replonge dans ses souvenirs d'enfance et son expérience de la guerre.

En 150 pages, Toni Morrison transporte son lecteur dans cette Amérique inégalitaire, brisée, qui se craquelle progressivement, prête à imploser. Pour Franck Money, la ségrégation est vécue comme une fatalité inacceptable, une violence qui appelle la violence. Le jeune homme, traumatisé par la guerre, entreprend un chemin introspectif sur les routes qui le ramènent en Géorgie. Il y mêle souvenirs personnels et réflexions sur le pays pour lequel il vient de se battre en Corée, et qui ne lui accorde pas les mêmes droits que les blancs.
Roman coup de poing, aussi rapide qu'efficace, violent et beau à la fois, Home est un condensé très fin de cette époque troublée de l'histoire américaine. Toni Morrison y dresse en filigrane le portrait d'un pays qui vacille par le prisme d'un personnage entier et droit. Ma première incursion dans l'oeuvre de cette grande dame de la littérature. Certainement pas la dernière. Beloved fera partie de mes lectures en 2018, c'est une certitude !

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23 septembre 2017

Outlander T.3 Le voyage, Diana Gabaldon

Outlander TLe voyage est le troisième tome de la série Outlander imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon.

Cela fait maintenant vingt ans que Claire est revenue de la bataille de Culloden et a quitté l'Ecosse du 18e, laissant derrière elle Jamie. Avec Brianna, leur fille, elle a refait sa vie mais n'a jamais oublié son grand amour. Quand au détour de recherches sur cette époque elle se rend compte que Jamie n'a pas péri à la bataille de Culloden comme elle l'imaginait, le doute s'installe en elle. Et si Jamie était encore en vie dans le passé ? Claire n'a d'autre choix que de traverser une nouvelle fois le cromlech qui la fait voyager dans le temps pour le retrouver, même si cela veut dire laisser sa fille derrière elle. Commence alors pour elle une nouvelle aventure. Retrouvera-t-elle Jamie ? Et les vingt ans qu'ils ont passés séparés les auront-t-ils éloignés ?

Toujours lancée à corps perdu dans cette série (j'avais adoré le premier et le deuxième tome !), j'ai passé une partie de mon été en compagnie de Claire et des autres personnages d'Outlander. Si le début du second tome avait quelque peu refroidi mes ardeurs, il n'en a rien été avec ce troisième tome. Parce que si Claire est dans le présent - en 1968 - au début du roman, elle n'y reste pas longtemps et repart à la recherche de Jamie dans l'Ecosse du 18e. Et Diana Gabaldon réussit à captiver son lecteur avec ce grand roman d'aventure où rien ne sera épargné aux personnages : tempêtes, prophéties, fuites, intrigues politiques, ça n'arrête pas ! On s'aime, on crie, on pleure et le bateau manque de couler mille fois tout au long de cette fresque historique sur fond de romance. J'adore !

L'intrigue de ce troisième tome (malgré ses 1020 pages !) avance tambour battant et ne laisse pas de répit à son lecteur. De l'Ecosse à la mer des Caraïbes, nos héros connaissent d'effroyables périls et font des rencontres qu'ils ne sont pas près d'oublier. Bref, encore une fois je me suis vraiment régalée à découvrir les aventures de notre duo à travers les âges. Et vue la fin de ce troisième tome, j'ai hâte de découvrir Les tambours de l'automne, le quatrième tome de la série !

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