Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

26 janvier 2015

Opium, Maxence Fermine

Opium, Maxence FermineOpium est le quatrième roman de l'écrivain Maxence Fermine paru en 2002 chez Albin Michel.

Londres, 1838. Charles Stowe, négociant en thé, décide d'embarquer pour la Chine, afin de suivre la route du thé et découvrir les merveilles que les occidentaux ne connaissent pas encore.
En chemin, sa route croise celle de Loan, une belle chinoise qui le fascine. Mais elle croise aussi celle de l'opium et de ses dangers.

J'ai découvert Maxence Fermine avec son premier roman, Neige, une de mes grosses claques littéraires de ces dix dernières années. Je n'avais pas réouvert un de ses livres depuis et j'avais adoré découvrir Opium dans mon colis du Swap de Printemps concocté par Mrs Pepys.
Malheureusement, la magie n'a pas opéré comme pour ma première incursion dans l'oeuvre de Fermine. Opium suit le même type de construction narrative, se déroule au même siècle, et si l'écriture est tout aussi poétique et musicale,  la comparaison avec Neige est évidente.
Impossible de ne pas y penser lorsqu'on découvre ces lignes. Et malgré un dénouement inattendu et une révélation intéressante, l'intrigue n'est pas aussi accrocheuse que celle du premier roman de l'auteur.
L'ensemble reste néanmoins très agréable à lire. Maxence Fermine excelle dans le maniement des mots et dans le rythme de ses phrases, toujours aussi poétiques. Son incursion sur la route du thé et son histoire est des plus intéressantes, il faut bien l'avouer. Mais j'attendais plus.
C'est peut-être idiot. C'est toujours le problème d'un premier roman excellent et qui a fait parler de lui - Neige est traduit en dix-sept langues - qui force la comparaison.
Alors j'avoue : je ne suis pas impartiale avec Opium. Si vous n'avez lu aucun des deux, je vous conseille donc de commencer par celui-ci, pour le découvrir avec un oeil neuf, et de dévorer ensuite Neige.

Voici ma première troisième participation au Reading Challenge 2015 :

11 Un livre dont le titre n'est composé que d'un seul mot

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Mrs Pepys

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03 septembre 2011

La répétition, Eleanor Catton

La répétition, Eleanor CattonLa répétition est le premier roman de la néo-zélandaise Eleanor Catton, publié en 2007 sous le titreThe Rehearsal.

Victoria, jeune élève d'un lycée réservé aux filles, subit les attouchements de son professeur de musique. Tous les élèves sont sous le choc et tentent par tous les moyens de surmonter leur émoi. Mais l'événement est tel qu'il donne lieu à la mise en scène d'une pièce de théâtre par des comédiens en herbe d'une école de théâtre.

La répétition est un roman qui peut sembler d'un abord difficile. Eleanor Catton joue avec la temporalité et mêle mise en scène théâtrale et fiction pour mieux mettre en péril les codes du genre. Elle le fait avec brio, et c'est avec peine que j'ai cerné, lorsque j'ai commencé ma lecture, ce qui était fiction et ce qui était métadiscours sur le théâtre.
Les chapitres alternent, précédés d'un jour de la semaine ou d'un mois, et c'est grâce à cette indication temporelle parfois floue que le lecteur peut se repérer dans cette construction narrative complexe.

L'auteure propose une réflexion double sur l'adolescence, d'un côté, et sur le jeu du comédien et la mise en scène de théâtre de l'autre. C'est brillant, savamment construit et furieusement intriguant ! Ses personnages adolescents incarnent cette période délicate avec autant de consistance que de vrais adolescent
s. Mais où commence le jeu des comédiens et où s'arrête la plume d'Eleanor Catton ?
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas été tant malmenée, secouée, mise en doute par la temporalité, ou plutôt l'absence de temporalité, dans un roman. Ma dernière expérience remonte à ma lecture de L'apprentissage de la ville de Luc Dietrich. La répétition est une lecture riche, qui se mérite, qui reste en tête par sa construction en chapitres alternés entre vraie fiction et fausse fiction. Une petite pépite !

Une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge d'Anne, Des notes et des mots.

 Je remercie libfly et denoel  pour ce livre de la rentrée littéraire reçu en avant-première.
  Capture

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06 janvier 2010

Quiproquo, Philippe Delerm

32027_2787091Voilà un de mes cadeaux de Noël, dévoré le soir même !!
J'adore Philippe Delerm depuis La sieste assassinée et La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules.
J'ai découvert avec Quiproquo un court roman publié aux magnifiques éditions Le Serpent à Plumes en 2005.

Comment ne pas trop en dire. Ce roman fait tout juste 85 pages et m'oblige donc à la concision...

Le narrateur, journaliste dans le Nord de la France, décide un jour de tout plaquer et se retrouve presque par hasard dans un petit village du Sud de la France.
Là, il y fait la connaissance d'une troupe de comédiens qui officie dans une petite auberge. La vie est douce et coule au rythme de la Garonne et des longues soirées d'été.

Un petit régal grâce à la plume de Delerm, imagée et poétique. Une douceur de vivre, une ode au Sud, au soleil, à l'été...
Un plaisir par ce froid !! Je n'en dirai pas plus...
Trois citations truculentes pour vous mettre en appétit j'espère !

"A l'onctuosité presque trop profuse de cette campagne normande, où les herbages plongent jusqu'à la mer, avait succédé bientôt un paysage plus austère, qui n'avait pas la  mélancolie de ces petites plages désuètes où les Parisiens viennent promener les amours tristes, le long des cabines de bain abandonnées : Cayeux, Le Crotoy..." p.10

"Derrière l'objectif de l'appareil photo, derrière les phrases rituelles pour déplorer la rareté des spectateurs au concert baroque ou souligner la convivialité du bal de la police, on est quelqu'un que les autres ne savent pas." p.11

"J'avais en moi cette brique du Nord qui s'attache si bien les soirs à bière, les petits matins de pluie et de mélancolie. Ici la brique était tout autre chose, une aquarelle patinée par la douceur du temps." p22-23

Merci Tosty de ce cadeau !!! Il confirme mon goût pour cet auteur...

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