Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

25 mai 2017

Le coma des mortels, Maxime Chattam

Le coma des mortels Maxime ChattamLe coma des mortels est le dernier roman de l'écrivain français Maxime Chattam paru en juin 2016 aux éditions Albin Michel.

Pierre. Le narrateur de cette histoire. Un homme qui a laissé sa vie derrière lui pour en recommencer une autre. Une vie toute neuve. Avant, il s'appelait Simon. Désormais, ça sera Pierre. Employé au zoo de Vincennes pour nettoyer les cages des animaux, Pierre a un cercle très restreint de connaissances. Mais étrangement, les morts se succèdent autour de lui. Mais qui est finalement Pierre ?

Cela faisait des années que je me disais qu'il fallait que je découvre l'oeuvre de ce romancier (j'avais même désespéré Nelfe à ne pas avoir lu un de ses romans) et voilà qui est chose faite avec ce titre, acheté lors de notre sortie en librairie le mois dernier par une élève qui souhaitait que je le lise pour en discuter ensemble.

Je suis tombée sous le charme du style de Maxime Chattam, enferrée dans cette intrigue sombre et épineuse où le narrateur fait naître des doutes dès les premiers instants. Bon, vous me connaissez : quand une narration est à la première personne, je suis distante, je me méfie, même, de ce personnage qui prend en charge l'intrigue et qui nous livre sa version des faits. Sa vérité. C'est exactement l'attitude que j'ai adoptée en me plongeant dans ces pages, hypnotisée malgré moi par cette histoire racontée à rebours par le personnage principal. Et quelque part, j'ai bien fait, même si je ne vous dirai rien de plus.

Tout est mystérieux - à commencer par Pierre, bien entendu - et Maxime Chattam emprisonne son lecteur dans ce roman noir un peu dérangeant, où le sexe côtoie la mort et où l'amour semble perdu. Portrait grinçant d'une humanité qui dérange, un brin barré à l'image du narrateur, Le coma des mortels a su me séduire malgré un dénouement un peu simple qui m'a laissée sur ma faim. Un romancier que je découvre avec ce titre et dont je vais explorer l'oeuvre (bon, pas de façon trop rapprochée non plus parce que ça reste relativement un thriller et que je suis petite nature...) L'avis de Nelfe, très déçue par ce titre.

"La comédie c'est un peu comme l'écriture : une forme d'art dangereuse pour la santé mentale qui consiste à développer une schizophrénie contrôlée et à jouer avec en testant la plasticité, la résistance et l'étendue." (p.41)

"Elle a une beauté progressive. Il y a des beautés myopes - belles de loin -, des beautés presbytes - à tomber par terre mais insupportable à vivre de près -, des beautés astigmates - en clair moches. Constance, elle, est une beauté progressive. Plus on l'observe, plus on découvre de petits détails qui font son charme." (p.328-329)

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23 novembre 2015

Le plus bel endroit du monde est ici, Francesc Miralles et Care Santos

Le plus bel endroit du monde est iciLe plus bel endroit du monde est ici est un roman écrit à quatre mains par deux auteurs espagnols, Francesc Miralles et Care Santos, paru en 2010 chez Fleuve.

Iris a la trentaine et une vie qui ne lui convient pas. Célibataire et employée comme standardiste dans une compagnie d'assurance, elle ne trouve du réconfort qu'en compagnie de ses parents. Mais ceux-ci viennent de mourir dans un accident de la route et Iris se retrouve seule.
Envahie de pensées sombres, par un sombre après-midi de janvier, Iris se décide à en finir avec la vie. Alors qu'elle est sur le point de passer à l'acte, elle découvre un café au nom intriguant : Le plus bel endroit du monde est ici. Iris en pousse la porte et découvre un lieu à l'atmosphère singulière et chaleureuse et y rencontre Luca, un jeune italien avec qui elle commence à parler de sa vie. Six jours d'affilés, elle y retrouve le jeune homme. Mais le septième, il a disparu.

Prêtée par une bonne âme il y a quelques temps, j'ai lu ce court roman d'une traite, curieuse de voir ce que j'allais découvrir derrière ces pages. Et si le style des deux auteurs est relativement plat et insipide, force est de reconnaître que l'intrigue possède de beaux retournements de situation et que cette lecture fait du bien.
Iris est dépressive et ne voit plus aucune lumière dans sa vie, engoncée dans ses problèmes. La solution lui arrive par l'intermédiaire de ce lieu un peu étrange, un peu enchanté, qu'est le café. Et c'est grâce à ce café et Luca que la jeune femme va reprendre goût à la vie.
Point de drame donc ici (mais vous vous en doutiez, vus le titre et la couverture, non ?) mais un roman doudou, qui fait du bien, qui délivre un message d'espoir. Alors certes les idées véhiculées sont parfois simples et déjà vues et seront peut-être jugées par certains comme frôlant les rives de la psychologie de comptoir, mais l'ensemble remplit complètement son rôle de
roman feel good. Et c'est l'essentiel ! Il n'y a pas de mal à se faire du bien... Merci Manuella pour le prêt.  

Et hop ! Voici ma deuxième participation au Challenge Feel Good !

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16. Un titre d'un auteur que j'aime et que je n'ai pas lu

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23 août 2015

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg

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Miss Alabama et ses petits secrets est un roman de l'écrivaine, scénariste et actrice américaine Fannie Flagg - mondialement connue pour son roman Beignets de tomates vertes et son adaptation cinématographique - paru en 2014 aux Editions du Cherche Midi.

Maggie a soixante ans et éprouve une lassitude face à la vie. Ancienne Miss Alabama, celle qui travaille désormais dans une agence immobilière de Birmingham est fatiguée de vivre et décide de mettre fin à ses jours. Maggie veut partir sans bruit, sans déranger, doucement. Alors qu'elle planifie soigneusement son départ, sa collègue Brenda l'appelle pour l'inviter à un spectacle de derviches tourneurs, un des rêves de Maggie. Cette dernière ne peut refuser cette invitation et décide de différer son plan. Mais cette décision en apparence anodine va entraîner une foule d'événements qui vont faire chanceler sa volonté d'en finir...

J'avais littéralement dévoré Beignets de tomates vertes il y a trois ans (souvenez-vous, j'en avais même eu une nuit blanche tellement je n'arrivais pas à quitter ces personnages !) et je me suis plongée avec délice dans les pages de ce nouveau roman de Fannie Flagg, certaine d'y retrouver l'âme de  l'Alabama et de son précédent roman.

Et le plaisir a été au rendez-vous ! Si je n'ai pas succombé à l'appel d'une nouvelle nuit blanche pour dévorer la vie de Maggie, je n'en ai pas moins éprouvé énormément de plaisir avec cette lecture et l'ai terminée en quelques jours. Fannie Flagg possède la faculté d'entraîner son lecteur dans un univers chaleureux et humain, porteur de valeurs fortes et d'espoir. Pas de gnangnan ni de bons sentiments en revanche, mais une galerie de personnages bien léchée et une intrigue tricotée avec soin, qui se déroule avec soin et donne à voir de très beaux moments.

Le rythme de l'intrigue est soutenu et très régulier, happant son lecteur dès les premières pages et l'entraînant lentement mais sûrement dans le quotidien de cette héroïne des plus tragiques. Maggie est un personnage qui sait se faire oublier et n'accapare pas l'essentiel de l'intrigue, laissant la part belle à des personnages secondaires attachants et vraisemblables. Comment ne pas s'émouvoir de la fragile Brenda, boulimique en voie de guérison qui brigue un mandat politique en parallèle de sa carrière d'agent immobilier ? Comment ne pas se sentir porté par l'énergie dégagée par le personnage de Hazel, petite femme énergique et ambitieuse qui s'est servi de sa différence - mesurer un mètre deux - comme force ? Encore une fois, Fannie Flagg imagine un univers vraisemblable qu'il est difficile de quitter. Et l'impression d'avoir croisé Hazel, Brenda ou Maggie au coin d'une rue flotte, une fois les dernières pages tournées.

Bref, un bon conseil : si vous n'avez pas encore lu Beignets de tomates vertes, réparez très vite cet impair ! Pour les autres, ouvrez Miss Alabama et ses petits secrets au plus vite, ne soyez pas rebuté par le projet initial de Maggie - un peu morose, je vous l'accorde - et laissez-vous entraîner dans ce tourbillon positif que va devenir sa vie. Ce n'est pas parce que les événements sont formidables que Maggie reprend goût à la vie mais parce que celle-ci change de regard sur cette dernière...

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08 juin 2011

Le club du suicide, Clément Baloup et Eddie Vaccaro

9782302016033_cgJ'avais aimé le roman de Stevenson. J'ai été curieuse de découvrir son adaptation en BD...

Le prince Florizel s'ennuie. En compagnie du colonel Géraldine, son écuyer, il rencontre un soir un jeune homme ruiné et suicidaire. Celui-ci les convie à une assemblée étrange : le Club du suicide, un lieu où chaque soir, les cartes désignent, parmi l'assemblée réunie, qui sera la victime et qui sera le bourreau. Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

9782302016033_pgSéduite dès la couverture, je n'ai pas été déçue par cette BD que j'ai dévorée d'une traite ! Clément Baloup et Eddie Vaccaro se sont approprié brillamment ce roman de Stevenson et lui offrent ici une adaptation en BD très réussie. Je suis d'ordinaire assez méfiante quant aux adaptations de romans en BD, mais avec ce titre, j'ai baissé ma garde... Et j'ai eu raison !
Le travail à l'aquarelle d'Eddie Vaccaro offre un rendu désuet très doux, aux ambiances chamarrées, qui colle parfaitement à l'intrigue et au contexte historique, et n'est pas sans me rappeler le travail de Posy Simmonds. Chaque scène semble fonctionner en autonomie grâce à ces univers graphiques proches et pourtant si singuliers.
L'intrigue est très fidèle à celle de Stevenson, et Clément Baloup s'en est emparé en l'enrichissant de certains passages inédits éludés par le roman. Une petite pépite !

Un grand merci aux Éditions Soleil pour ce très bel album. A découvrir également, l'interview des deux auteurs, qui nous permet d'appréhender davantage leur travaille collaboratif sur ce classique. 

Et voici ma quatorzième participation 01-ClubSuicide
à la BD du mercredi de Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 

Et ma sixième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 17/20) !
Logo_top_bd_2011

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06 décembre 2009

Le club du suicide, Robert Louis Stevenson

clubdusuicide1Je viens de terminer Le Club du suicide, nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée aux éditions Gallimard en 2001.
Cette nouvelle, composée de trois textes (Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème, Histoire du docteur et de la malle de Saratoga et Aventure du fiacre), est issue du recueil Nouvelles Mille et Une Nuits, publié dans la Pléiade.

Pour tromper son ennui, le prince Florizel et son grand écuyer, le colonel Géraldine, s'adonnent aux pires extravagances.
Lors d'une de leurs soirées, ils font la connaissance d'un jeune homme ruiné, qui a décidé d'en finir avec la vie.
Après avoir délié sa langue par un bon repas, celui-ci les convie à une
assemblée étrange : le Club du suicide. Chaque soir, les membres de ce club se réunissent et jouent aux cartes : le malheureux qui tire l'as de pique est condamné, tandis que celui qui tire l'as de trèfle, sera son bourreau. Ainsi, ceux qui veulent en finir avec la vie mais n'en ont pas le courage sont aidés dans leur funeste entreprise.
Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

Composé de trois nouvelles distinctes, liées par leur sujet, Le Club du suicide est une lecture intrigante. De prime abord, elle m'a fait penser [au] Magasin des suicides de Jean Teulé, que j'ai lu récemment.

La société secrète qui se réunit tous les soirs semble dédramatiser de prime abord la mort en général et le suicide en particulier. En réalité se cache derrière ces tristes réunions un commerce glauque. Les membres désespérés, ruinés par le jeu ou malheureux en amour, veulent en finir avec leur vie, mais pas sérieusement. Et lorsqu'ils tirent une des cartes fatidiques, il est trop tard : ils deviennent soit victime soit bourreau.

Stevenson propose ici une histoire originale, surtout pour l'époque, tout en conservant un manichéisme bien présent. Le prince s'ennuie et se rend dans cette société par hasard, mais une fois l'horreur vue, il met tout en œuvre pour faire cesser ce sombre commerce et condamner le président de club, sorte de Méphistophélès revisité. Chaque chapitre est ponctué par une conclusion, à la manière des Mille et une Nuits, qui informe le lecteur de l'avenir sans entrave des personnages.

Le rythme de l'intrigue est très rapide, en raison du genre littéraire, et ne s'encombre pas de descriptions ou de dialogues inutiles. Les scènes sont souvent très théâtrales et font souvent penser à une farce, malgré le thème de la nouvelle.

Enfin, la traduction de l'anglais, faite par Charles Ballarin, est très réussie, et permet de se plonger avec délice dans le Londres de cette époque.

"En outre, nous savons que la vie n'est qu'un théâtre où nous faisons les bouffons aussi longtemps que ce rôle nous amuse." p.25

2_euros
Cette lecture se rattache bien entendu au challenge Folio 2 euros, initié par Cynthia


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