Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 mai 2016

Sorcière Josepha de la Luna : Je veux être une pirate ! Estelle Billon-Spagnol

Sorcière Josepha de la LuneSorcière Josepha de la Luna : Je veux être une pirate ! est un album écrit et illustré par Estelle Billon-Spagnol paru en avril chez Belin et accessible aux petits lecteurs dès 6 ans.

La petite sorcière Josepha veut devenir pirate et répond à une petite annonce postée par un pirate. Barbe-Douce, son auteur, cherche un moussaillon-stagiaire pour l'aider dans une mission de haute importance destinée à impressionner Hildung-La-Magnifique, l'élue de son coeur. Joespha, est embauchée sur le champ ! Accompagnée de Frouk, son hibou, et Markus, son ami vampire, elle part à l'aventure ! Mais elle va très vite déchanter : Barbe-douce est un pirate au coeur tendre qui n'a vraiment rien d'un sanguinaire et les folles aventures que Josepha s'imaginait vivre sont loin d'être la réalité.

Voici un petit album des plus sympathiques ! L'intrigue délivre un joli message sans mièvrerie, les personnages sont attachants -je craque littéralement pour le petit hibou ! - et l'humour est présent à chaque page. Josepha mène à tambours battants cette aventure rigolote qui emmène les petits lecteurs à bord d'une belle aventure humaine.

Les dessins tout en douceur d'Estelle Billon-Spagnol complètent à merveille son texte et lui offrent un univers coloré fourmillant de détails. L'humour est présent dans chaque illustration et c'est un réel plaisir d'observer avec attention chaque page pour en déceler les petits trésors. Une belle lecture, un album qui fait un pont entre deux univers appréciés des enfants : celui de la piraterie et de la sorcellerie. Encore un album que j'aurais adoré découvrir plus jeune ! (le plaisir de lecture était là mais mon regard est, disons, un tantinet différent !)

Un grand merci à France et aux éditions Belin pour cette jolie découverte !

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27 octobre 2014

La Saga des sorcières T.1 : Le lien maléfique, Anne Rice

Le lien maléfique, Anne RiceLa saga des sorcières de Mayfair est une chronique familiale écrite par la romancière américaine Anne Rice, connue du grand public pour sa Chronique des Vampires et l'adaptation ciné du premier tome, Entretien avec un Vampire en 1994. Le Lien maléfique est le premier tome de la trilogie des sorcières, publiée entre 1990 et 1994.

Une étrange demeure, à la Nouvelle-Orléans. Celle de la famille Mayfair. Des légendes circulent sur cette famille dont on dit que les femmes possèdent des pouvoirs parapsychiques. Certains chuchotent que ce sont des sorcières... 
Rowan Mayfair, brillante chirurgienne, ignore tout de sa famille. Adoptée par des cousins éloignés et élevée en Californie, ce n'est qu'au décès de Deirdre, sa mère biologique, que la jeune femme se rend à la Nouvelle-Orléans et découvre les légendes autour des Mayfair. Celles-ci éclairent Rowan sur les étranges pouvoirs qu'elle possède et qu'elle tentait d'ignorer jusque-là. Sa rencontre avec Michael Curry, doté lui aussi d'un don parapsychique, permet à la jeune femme d'explorer son histoire familiale et d'essayer de comprendre l'étrange lien qui unit les femmes de la famille et Lasher, un esprit qui hante ces dernières depuis le 17e siècle.

992 pages. C'est dit. Je préfère vous annoncer la couleur tout de suite et éviter les ricanements de ceux qui se sont dit que je m'étais endormie sur ce roman depuis que je l'ai commencé au Marathon de lecture d'Halloween en début de mois. 
Le lien maléfique est le premier roman d'Anne Rice que j'ouvre. Et ce pour deux raisons (si vous en avez déjà marre de ma logorrhée et de mes histoires toutes pourries de pourquoi je n'avais jamais lu Anne Rice avant, sautez trois paragraphes plus bas et vous aurez mon avis sur ce roman. Les autres, c'est parti pour histoirefascinantedemavie.com !) La première, c'est que ma chère soeur avait une passion pour la Chronique des Vampires quand on était ado. Et en bonne petite soeur que j'étais, prête à tout pour me démarquer et cultiver mon individualité, j'ai longtemps juré que jamais, au grand jamais, je n'ouvrirai un roman d'Anne Rice et que je laissais cet univers à ma soeur. Donc niet, pas d'Anne Rice du tout (enfin, je me suis quand même autorisé le film avec Brad Pitt et Tom Cruise... suis pas maso quand même !) Bon, ça c'était avant. Avant que l'adolescence ne se termine, que je cesse de clamer partout ma nécessaire et primordiale unicité, et que je me foute royalement d'aimer les mêmes choses que ma soeur. Au contraire (cf. la couture, le yoga, les sushis, les virées expo à Paris, les voyages et j'en passe). Donc maintenant que je suis grande et mature (hum hum), j'accepte totalement de picorer ci et là ce que les autres aiment, et même ce que ma soeur aime. Ouah... Quelle évolution, je sais...
Deuxième raison (j'en vois qui dorment au fond...), ma super copine Poulette-Nene n'a pas arrêté de me tanner sur les qualités incroyables de cette trilogie qu'elle avait adorée. Bon, j'ai tergiversé un moment avant de me lancer (et encore, c'était avant de savoir que le premier tome frôlait les 1000 pages...) mais comme Poulette-Nene est mon acolyte de club lecture avec les élèves, en bonne prof de maths super lectrice qu'elles est, je lui devais bien ça. Voilà voilà...
Ça, c'était ma rencontre avec La Saga des Sorcières et Anne Rice... Passons aux choses sérieuses avec ma chronique à proprement parler. Et zou ! Pour fêter ça (et récupérer ceux que ma super rencontre bipartite n'intéressait pas) je saute une ligne !

Bon, après ces tartines de blabla, je ne vais pas vous faire une chronique sans fin et vous achever complètement. Surtout que parler d'un premier tome d'une trilogie, ce n'est déjà facile (parce qu'il s'agit bien souvent d'une mise en place de l'intrigue et des personnages, amorce de la suite), mais parler d'un premier tome d'une trilogie qui compte pas loin de 1000 pages et écrit par une romancière connue et reconnue et dont tout le monde a déjà tant parlé, c'est encore moins évident. Dit comme ça, on pourrait croire que je vais terminer ce billet sans vous en parler du tout. Mais non, quand même, je me lance.
Anne Rice nous offre ici un magnifique exemple de saga familiale parfaitement orchestré. La trame narrative alterne le présent, où Rowan et Michael évoluent, s'aiment, et découvrent la demeure et son histoire, et le passé, par le récit de la famille Mayfair à travers les siècles, réalisé par le Talamasca, une société vouée à l'étude des forces occultes. L'alternance entre ces époques tisse une intrigue complexe et laisse imaginer au lecteur la richesse de l'imagination de l'auteure et de son monde intérieur. La vraisemblance, si elle pourrait sembler absente à cause de l'aspect fantastique, est pourtant bien présente dans l'universalité des liens et des problématiques entre les membres de cette famille.
Les personnages se succèdent au fil des années, et à chaque génération une des femmes de la famille voit son destin lié à celui de Lasher, entité démoniaque envoûtante. Le lecteur suit ce récit fait par les différents membres du Talamasca à chaque époque et voit le risque pour Rowan croître au fil des pages. La psychologie de cette dernière est soignée et permet au lecteur de s'attacher au personnage. La tension monte, à chaque retour au présent. Et le lecteur se doute bien que la maison et Lasher vont irrémédiablement attirer Rowan, malgré sa force et sa détermination. 
L'ambiance du roman est singulière et étouffante. Dans la moiteur de la Nouvelle-Orléans, englués dans le passé, les membres de la famille Mayfair tentent de s'extirper de leur malédiction familiale. Et le lecteur de suivre, spectateur impuissant du drame qui se joue dans cette ambiance empesée et lourde de secrets, l'histoire des Mayfair.   
La lassitude que j'ai éprouvée vers la moitié du roman n'est pas due à la qualité de ce dernier mais au fait que je suis peu portée sur les chroniques familiales. Parcourir quatre siècles de personnages d'une même famille et s'intéresser aux liens de parenté entre chacun pour bien suivre l'intrigue n'est vraiment pas ce que je préfère d'ordinaire. Mais pour autant, Anne Rice a su capter mon intérêt grâce aux fréquents retours au présent, avec Michael et Rowan. Si ce premier tome consacre beaucoup de temps à planter le décor de la famille, c'est pour mieux comprendre ensuite l'histoire de ce couple. Et finalement, une fois la dernière page tournée, la magie du suspense a opéré : moi qui d'ordinaire n'apprécie pas les romans en plusieurs tomes, j'ai envie de savoir ce qui va arriver à Rowan et Michael... 

Et voilà ma deuxième participation (et sûrement la dernière pour cette année) au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

Challenge Halloween

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31 octobre 2013

Les sorcières d'Eastwick, John Updike

Les Sorcières d'Eastwick, John UpdikeLes sorcières d'Eastwick est un roman du prolifique John Updike paru en 1984. Il fait partie de ces livres qui possèdent la particularité d'avoir éclipsé, par leur titre, le nom de leur auteur. Car si beaucoup connaissent de nom ces diaboliques femmes de la paisible Eastwick, peu nombreux sont capables d'attribuer à John Updike la paternité de cette œuvre.

70's. Eastwick, petite bourgade américaine sans histoire. Mais derrière les apparences et les masques se cachent un brin de sorcellerie et beaucoup de commérages. Trois amies, Alexandra, Sukie et Jane, dont les pouvoirs se sont développés suite à leur célibat, utilisent leurs dons au gré de leurs humeurs, et ce malgré les quand-dira-t-on. Mais lorsqu'arrive en ville Darryl Van Horne, un homme riche et mystérieux, les trois femmes sont piquées de curiosité. Sournoisement, Darryl va tour à tour les séduire et les aliéner. Orgies, drogues, séduction et jalousie vont devenir leur lot quotidien. Darryl, sous ses apparences ordinaires, ne serait-il pas une incarnation du Malin ?

Tant a déjà été dit sur ce roman et cet auteur qu'il est difficile de mettre des mots, mes mots, sur cette lecture. John Updike signe ici un roman foisonnant et multiple qui entraîne le lecteur dans un méandre où seule subsiste l'image de ces trois femmes, puissantes et fragiles à la fois.
La petite ville d'Eastwick est le théâtre de bien des drames et il s'y noue des relations complexes entre les habitants. Critique de cette micro-société, le roman n'épargne personne, et surtout pas les hommes. Ces derniers, hormis Darryl Van Horne, ne souffrent pas la comparaison avec les personnages féminins et restent en arrière-plan de l'intrigue. Faibles, lâches, menteurs, meurtriers parfois, ils semblent cristalliser le mal que la société fomente. Face à ces hommes secondaires, les personnages féminins - les héroïnes ainsi que les autres femmes de la ville - s'érigent en  figures de force et de pouvoir, allant même jusqu'à s'affronter pour éprouver leur domination.
 
La sorcellerie n'est finalement qu'un prétexte à l'auteur pour s'interroger sur la question de l'émancipation de la femme. Ses trois héroïnes, malgré leur posture dominante énoncée plus haut, n'en demeurent pas moins sensibles au charme masculin, et notamment à celui du manipulateur Darryl Van Horne. Et elles qui prônaient la liberté comme valeur essentielle, se retrouvent bien vite piégées par cet individu paradoxalement repoussant et irrésistible. Le lecteur suit avec avidité le mécanisme qui se met en place et les tourments par lesquels passent tour à tour Alexandra, Sukie et Jane. Et à son tour de s'interroger sur la place de la femme.
Porté par une plume splendide, une traduction agréable et des longues phrases au rythme parfait, Les sorcières d'Eastwick est un plaisir dont on aurait tord de se priver.

Et parce que le roman d'Updike a inspiré le petit écran et le septième art, voici deux bandes-annonce d'adaptations très différentes et plus ou moins fidèles à l'oeuvre originelle.
La première est celle du film Les Sorcières d'Eastwick réalisé par Georges Miller en 1987, avec Jack Nicholson, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer et Cher dans les rôles principaux.

 Les sorcières d'Eastwick

Le film Les sorcières d'Eastwick (1987)

  

La seconde est celle de la série de Maggie Friedman, Les Mystères d'Eastwick, dont les 13 épisodes produits ont été diffusés fin 2009 sur ABC.

Eastwick

La série Les Mystères d'Eastwick (2009)

 

Enfin, parce que j'ai tellement annoté ce roman qu'il m'était impossible de faire l'impasse sur cette partie dans ma chronique, voici un florilège de citations qui illustrent le talent d'écrivain de John Updike.

"Si Alexandra était une sorcière du genre substantiel et instable, encline par nature à se gaspiller pour s'offrir aux influences et se fondre dans le paysage, et au tréfonds de son cœur plutôt paresseuse et d'un détachement quelque peu entropique, Jane était bouillante, trapue, concentrée comme une pointe de crayon, et Sukie Rougemont, qui à longueur de journée se dépensait en ville à recueillir cancans et nouvelles et dispenser sourires et salutations, avait une essence oscillante." (p.12-13)

"Rhode Island, bien que de notoriété publique le plus petit des cinquante États, renferme pourtant ça et là des immensités désertes typiquement américaines, des étendues mal explorées enclavées au milieu de zones industrielles tentaculaires, fermes abandonnées et grandes demeures oubliées, campagnes dépeuplées que traversent en hâte des routes droites et noires, marécages pareils à des landes et rivages désolés des deux côtés de la Baie, cet énorme coin d'eau enfoncé comme un pieu jusqu'au cœur de l’État, sa capitale, dont le nom est un acte de foi." (p.19)

"Dock Street, à cette heure où la nuit précoce rattrapait les acheteurs emmitouflés, avait un aspect dévasté, ses illuminations une pathétique manœuvre pour faire obstacle au sommeil, une tentative désespérée et hagarde pour tenir quelque vague promesse prisonnière de l'âpre ciel noir." (p.276)

"Entre-temps, la neige était tombée ; on finit par oublier cette merveille annuelle, son ampleur, l'air doté soudain d'une présence, les traits obliques des flocons ruisselants qui recouvrent tout comme les zébrures d'un graveur, le gros béret qui le lendemain matin coiffe de guingois la baignoire à oiseaux, le brun soudain plus foncé des feuilles sèches encore accrochées aux chênes, les branches vert foncé des sapins ciguë ployant sous le poids et le bleu limpide du ciel pareil à un bol vidé de sa dernière goutte, l'allégresse qui à l'intérieur de la maison ricoche sur les murs, la vie soudain comme survoltée qui sourd de la tapisserie, l'intensité mystérieuse de l'intimité que sur la fenêtre, dans son pot, l'amaryllis partage avec son ombre phallique et pâle." (p.304)

"Alexandra faisait de son mieux pour se montrer à la hauteur et s'intéresser à ces gens qu'elle n'avait jamais rencontrés, mais ses cellules cérébrales n'étaient déjà que trop encombrées de gens qu'elle avait jadis rencontrés, appris à connaître, trouvés passionnants et parfois même aimés, pour bientôt les oublier." (p.333)

"La musique illumine de sa lampe palpitante la sombre caverne de nos existences." (p.351)

"N'ont d'intérêt en fait que ce que nos esprits retiennent, ce que nos vies ont confié à l'air." (p.477)

 

Et vous vous en doutez : en ce beau jour d'Halloween, 
je ne pouvais pas ne pas participer au Challenge Halloween de
Lou et Hilde

 

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15 mars 2012

Mon Plan d'Action pour jeunes Sorcières Très Amoureuses, Mélanie Lafrenière

Mon Plan d'ActionMon Plan d'Action pour jeunes Sorcières Très Amoureuses est le deuxième ouvrage de la romancière canadienne Mélanie Lafrenière, paru au début de l'année 2012 aux éditions du Chat-qui-bulle. 

Anségisèle Von Wienenberg, dite Gigi, est une jeune adolescente pas tout à fait comme les autres : c'est une sorcière. Et si être une sorcière semble permettre l'impossible grâce à des formules et des potions magiques, Gigi va vite se rendre compte qu'elle est impuissante face à une chose : l'amour ! Lorsqu'elle tombe amoureuse de Lucas, le nouveau du collège, la jeune sorcière va tenter par tous les moyens de se faire remarquer et aimer par lui...

Encore une histoire de sorcières, penseront certains ? Oui, mais une histoire de sorcières bourrée d'humour et qui s'attarde davantage sur la condition pré-adolescente - voire adolescente - que sur le monde de la sorcellerie.
Gigi est une ado quasiment comme les autres, excepté le fait qu'avec sa meilleure amie Méli, elle s'affaire autour d'un chaudron pour concocter des philtres d'amours et autres potions aux effets assez inattendus. Sa psychologie est finement étudiée et en fera sourire plus  d'un.
L'intrigue avance à bon rythme et la jeune fille ne se laisse pas abattre malgré les difficultés liées à sa condition d'amoureuse transie.
Voilà un roman idéal pour les lecteurs dès 9 ans. Un très bon moment de lecture en perspective avec, en sus, une bonne dose d'humour à chaque page et des illustrations très soignées !

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Gigi
ou sa créatrice, Mélanie Lafrenière,
rendez-vous sur son site tout coloré !

Blog Mélanie Lafrénière

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20 octobre 2011

Sam, Jérôme Noirez et Aurélien Police

samSam est un album de Jérôme Noirez et Aurélien Police,  paru en fin 2009 chez Gulf Stream Éditeur.

Sam est une sorcière. Non pas une sorcière de contes, balai magique, chapeau pointu et chat noir à ses côtés. Non ! Sam est une sorcière bien plus moderne que ça. Les chapeaux, c'est ringard, les balais inutiles et le chat, à cause des allergies, est une ombre. Car Sam possède la magie des découpules qui permet de découper des silhouettes dans de la peau de nuit et de leur donner vie.
Ainsi, lorsque Sam a envie d'avoir une soeur, elle la créée. Mais la rate. Celle-ci est méchante et terrorise le quartier... Que faire ?

Sam est un album délicieux à lire. Onirique à souhait grâce au magnifique talent de dessinateur d'Aurélien Police, il se déguste lentement pour savourer chaque double page.
Le personnage de Sam est sympathique malgré sa psychologie adolescente très vraisemblable. Le texte de Jérôme Noirez possède quelque chose de mordant, de piquant juste ce qu'il faut.
A noter que certaines illustrations peuvent être impressionnantes pour les plus jeunes, cette lecture devra peut-être se faire accompagné.
Sam a été un coup de coeur pour MyaRosa au début de cette année.

 

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Et voilà une nouvelle étape du Train Fantôme du

Challenge Halloween 2011 de Hilde et Lou :

la Forêt interdite !

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26 mai 2011

Peur sur Lutèce, Patrick Demory

26_1228253Patrick Demory est spécialisé dans l'histoire du bas-empire romain, période historique souvent méconnue. Peur sur Lutèce est son second roman. Après Le Feu de Mithra, l'auteur met à nouveau en scène son héros, le centurion Marcus Pius.

Hiver 358 de l'ère chrétienne. Le christianisme s'étend. Lutèce est la capitale des Gaules. Les armées romaines se reposent en garnison dans la ville, accompagnées de leur César et de son épouse.
Mais des disparitions inquiétantes ne tardent pas à alerter les soldats. Des maïeutika, les femmes chargées de s'occuper des femmes enceintes et de leurs accouchements, disparaissent, tandis que leurs patientes agonisent dans d'affreuses souffrances, obnubilées par des cauchemars sur leur future maternité. Marcus Pius craint rapidement pour Hélène, la femme de leur César, enceinte elle aussi.

J'aime beaucoup l'antiquité romaine, et je me suis aperçu avec cette lecture que je ne connaissais que très mal le bas-empire. Ce roman a donc été parfait pour me remémorer mes souvenirs de fac quant à la romanisation de la Gaule !
N'avoir pas lu le premier opus qui met en scène le centurion Marcus Pius ne m'a absolument pas gênée dans ma découverte de ce roman, et, pour une fois, je suis d'accord avec la mention de l'éditeur qui précise que sa découverte peut se faire indépendamment de la première aventure de Marcus.
L'intrigue imaginée par Patrick Demory puise ses origines dans l'Histoire en s'inspirant d'éléments réels sur le Concile de Nicée, les avancées de la médecine et certains aspects de la vie du César Julien (que je me garderais bien de dévoiler ici !). A partir de cette trame historique, il a bâti ici une intrigue riche, captivante et très bien documentée.
Pour ma part, je me suis sentie complètement immergée dans cette période historique, et ce dès la première page. Les détails sur la vie quotidienne des Romains en Gaule et leurs relations avec les différents peuples de l'époque est vraiment très instructif et complète à merveille cette intrigue bien menée. La postface de l'auteur éclaire le lecteur sur la part fictionnelle de l'intrigue et permet de mieux cerner les éléments historiques.
Bref, une grande réussite que ce roman, qui évite l'écueil, bien fréquent, d'un contexte historique qui prend le pas sur une intrigue faible et décousue.
J'ai été conquise ! Et Jérôme aussi, aux dires de son billet...

Je tiens à remercier 53811911_p et 64606378_p pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

Une lecture que j'inscris bien entendu dans
le Défi Au coeur de la Rome antique !

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19 octobre 2010

Grimoire de Sorcières, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

700606224J'ai eu la chance de recevoir lors de mon dernier anniversaire le coffret Généalogie d'une Sorcière, contenant La Petite Sorcière et Grimoire de Sorcières, le tout dans un coffret cartonné magnifique.Il est donc normal que je fasse un billet de chacun de ces deux albums...

Comme vous l'avez lu hier dans mon billet sur La Petite Sorcière, la jeune Lisbeth découvre un grimoire dans le grenier de sa grand-mère qui lui apprend qu'elle fait partie d'une lignée de sorcières.
Ce grimoire, nous le tenons entre nos mains avec ce magnifique album illustré (toujours !) par Benjamin Lacombe.
Superbe complément à
La Petite Sorcière, Grimoire de Sorcières retrace la généalogie de Lisbeth. Au fil de la lecture, nous apprenons ainsi que grand nombre de femmes célèbres, fictives ou non, étaient des sorcières : Jeanne d'Arc, Mona Lisa, Gretchen... Mais chut ! Je vous laisse découvrir par vous même qui elles sont ! 

Encore une fois, laissez-vous entraîner dans cet album somptueux. Au fil des époques se succèdent les portraits de ces prétendues sorcières. La fiction se mêle à la réalité, les anecdotes se superposent pour étayer ces thèses, les objets ayant appartenu à ces femmes brandis en guise de preuve...
Un album très original, tant dans la forme que dans le fond. Des illustrations magnifiques, des textes drôles portés par une plume fluide et poétique. Un sans faute encore une fois !

1874991148Et voici ma cinquième participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

mary_p1  Couv_G_n_alogie_3


Et pour ceux qui apprécient cet album, allez faire un tour sur le blog de Benjamin Lacombe...
Mais ne venez pas ensuite m'accuser d'être à l'origine d'envies livresques irrépressibles...

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18 octobre 2010

La petite sorcière, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

9782020983563Comment se passer de Benjamin Lacombe une fois qu'on a goûté à ses illustrations ? Je cherche encore la solution...

Comme chaque année à Noël, Lisbeth va passer ses vacances chez sa grand-mère Olga. Mais cette année, une étrange découverte va bouleverser sa vie : Lisbeth découvre qu'elle appartient à une lignée de sorcières...

Magnifique album, La Petite Sorcière envoûte son lecteur (sans jeu de mots...) à chacune de ses pages. Les illustrations de Benjamin Lacombe sont d'une beauté rare. Portées par des couleurs à la fois douces et contrastées, elles plongent le lecteur dans cette intrigue à la fois simple et bien menée.
Tout lecteur se reconnaîtra dans la petite Lisbeth et son ami Edward, le voisin bègue de sa grand-mère. Leurs jeux dans le grenier rappellent sans mal ceux de l'enfance.
1874991148
Les doubles pages se succèdent, chacune donnant à voir une illustration époustouflante de beauté et de poésie...
Un album à découvrir absolument, comme tous les albums qu'illustre ce petit prodige qu'est Benjamin Lacombe.

Et voici ma quatrième participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

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Demain, c'est promis, je vous donne mon avis sur Grimoire de Sorcières,

l'arbre généalogique des sorcières de la famille de Lisbeth...

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07 juin 2010

Fablehaven T.2 La menace de l'étoile du soir, Brandon Mull

9782092525647FSConquise par le premier opus de la saga Fablehaven, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de ce sanctuaire secret pour créatures merveilleuses avec le deuxième tome, La menace de l'étoile du soir.

Le roman débute à la fin de l'année scolaire, près d'un an après les événements du premier tome. Kendra et son frère Seth ont repris une vie normale mais les deux adolescents sont encore marqués par les événements auxquels ils ont assisté avec leur grand-père.
Dès le début des vacances estivales, ils retournent à Fablehaven pour aider leurs grands-parents dans leur tentative de sauvegarder le sanctuaire face à la menace de la société de l'étoile du soir. A leurs côtés, un maître des potions, un c
ollectionneur d'objets magiques et une chasseuse de créatures maléfiques... Le temps presse ! Il  leur faut préserver l'artéfact caché dans Fablehaven des griffes de l'étoile du soir !

Autant j'ai passé un excellent moment de lecture avec Le Sanctuaire secret, le premier tome de la saga, autant ce deuxième opus m'a déçue. Le début du roman est long, très long, trop long à mon goût. Les deux héros sont au collège et attendent avec impatience la fin de l'année, tel le lecteur qui attend que les péripéties débutent et que l'action se situe de nouveau dans le fabuleux sanctuaire.
L'intrigue met du temps à se mettre en place et se perd en détails souvent inutiles. J'ai cru plusieurs fois que le livre allait me tomber des mains, tant mon entrain s'émoussait au fil des pages.
Les personnages n'ont pas gagné en épaisseur psychologique et voient leurs défauts exacerbés avec cette suite. Seth est toujours aussi inconscient malgré ses erreurs passées et le moralisme associé, tandis que Kendra, sa sœur, est un personnage insipide et fade, dont le caractère ne se révèle qu'à partir de la moitié du roman.
Je me suis ennuyée avec cette lecture, n'y trouvant ni la fraîcheur et la nouveauté du premier tome ni d'intérêt pour l'intrigue manichéenne et simpliste. Le roman semble structuré de façon caricaturale, et la scène finale n'en est que davantage un archétype. Même la révélation du dénouement n'a pas su aiguiser ma curiosité et me donner envie de poursuivre plus loin ma lecture.
C'est vraiment dommage car le premier tome était réellement prometteur, notamment avec cette idée de réserve pour créatures merveilleuses quelles qu'elles soient, bénéfiques ou maléfiques. Son côté à la fois fascinant et innovant avait su me conquérir malgré certaines lourdeurs dans la narration. Avec ce deuxième tome, j'ai eu l'impression de n'avoir que des aspects négatifs et de ne pas retrouver l'imagination et l'attrait du Sanctuaire Secret.

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14 mai 2010

Fablehaven T.1 Le Sanctuaire Secret, Brandon Mull

fablehavenIl y a quelques temps sur la blogosphère, le premier tome de cette saga a fait couler beaucoup d'encre... Laissant passer cet engouement, je me suis intéressée cette semaine au premier tome de la série Fablehaven, ou "refuge des créatures fabuleuses", intitulé Le Sanctuaire Secret.

Alors que leurs parents partent en croisière en Scandinavie Kendra, treize ans, et son frère Seth, onze ans, sont confiés à leurs grands-parents paternels. Leur vieille maison,  au beau milieu de la nature, semble d'un ennui mortel pour les deux adolescents.
Mais des phénomènes étranges se produisent peu à peu et conduisent leur grand-père à leur avouer qu'il est le gardien de Fablehaven, un refuge pour créatures fabuleuses. Fascinés, les deux enfants regardent d'un autre œil la forêt qui environne la propriété, remplie de ces êtres incroyables. Le jour où leur grand-père est enlevé et l'équilibre de la réserve remis en question par une sorcière maléfique, les deux jeunes héros passent à l'action !

Autant le dire tout de suite : j'aurais adoré ce roman plus jeune ! L'univers merveilleux de Brandon Mull n'a certes rien d'innovant puisqu'il a directement puisé dans la fantasy ses personnages, mais il est une invitation à l'évasion et à l'imagination. Les personnages boivent un lait produit par une vache géante pour voir les rares créatures fabuleuses autorisées à se promener dans le jardin de la vieille demeure, telles les fées. Sans ce lait, le jardin semble peuplé d'insectes en tous genres, mais la forêt, où toutes sortes de créatures plus ou moins bienveillantes évoluent, est moins effrayante...

L'intrigue a un schéma assez classique - deux adolescents doivent rétablir un équilibre mis à mal par des forces occultes - et est souvent assez manichéenne, mais fonctionne bien. Les trouvailles de Brandon Mull - notamment l'idée de préserver la diversité des espèces fabuleuses, ode à nos préoccupations actuelles - permet de revisiter l'aspect fantasy du roman. Les ogres côtoient les sorcières, naïades et autres satyres pour mieux vanter l'importance de cette diversité.

Petit bémol à mon goût, la psychologie des personnages qui, si elle est assez bien détaillée,  est parfois assez grossière : je n'ai pas pu m'empêcher d'être agacée par le personnage de Seth, à la fois égoïste et inconséquent. Son attitude donne trop souvent lieu, à mon goût, à des leçons de morale consensuelle dans le roman, donnant à ce dernier un ton édifiant et moralisateur parfois lourd...

Pour conclure néanmoins, j'ai passé un très bon moment de lecture, m'évadant avec plaisir à Fablehaven, et, comme je viens d'acheter le deuxième tome de la série, La menace de l'étoile du soir, vous aurez très vite mon avis sur ce roman !

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