Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

15 mars 2013

De là, on voit la mer, Philippe Besson

De là on voit la mer, Philippe BessonDe là, on voit la mer est le dernier roman de Philippe Besson paru en janvier 2013 chez Julliard.

Louise est romancière. Pour trouver l'inspiration pour son dernier roman, elle loue une maison en Toscane, laissant son mari résigné à Paris.
Là, sous la chaleur écrasante de l'été italien, isolée de tout, elle se plonge dans l'écriture. Mais l'arrivée du jeune Luca dans sa vie bouleverse cette solitude et réveille ses sens. L'accident de voiture de son mari à Paris la ramène bien vite à la réalité et la confronte à son couple et à ses failles.

Roman sur la solitude nécessaire à l'acte d'écriture, De là, on voit la mer nous entraîne dans le sillage de Louise et de ses réflexions.
Son activité d'écrivain contraint l'héroïne à fuir son quotidien, Paris et son mari pour trouver en elle les mots. Mais si cette solitude est justifiée par l'écriture, elle n'en demeure pas moins floue et blessante pour celui qui partage sa vie, François, et qui subit au fil des ans ce caractère imprévisible et indépendant.

L'accident de ce dernier contraint la romancière à ôter son masque et cesser son jeu cruel. Les questions fusent, les réponses aussi. La vérité jaillit. Mais est-ce bien elle ? Quand des choix doivent être faits, que reste-t-il des détours et des esquives ordinaires ?
Philippe Besson nous livre ici une ode à la liberté, portée par une plume poétique à souhait. Louise, son héroïne, est un personnage singulier, à la psychologie finement dépeinte. L'heure des aveux arrive pour elle et les doutes ne sont plus permis.

Ce roman dévore son lecteur et le laisse en proie à des questions bien plus universelles que son intrigue le laisserait penser de prime abord. Il fait chaud, il fait très chaud sous le soleil toscan et l'on aimerait, un temps, embrasser le parcours de Louise et être à ses côtés, dans cette villa italienne au calme apaisant. Mais cela ne dure qu'un temps. Quand le drame se produit et que la belle Louise doit assumer, le lecteur se détache irrémédiablement d'elle.
J'ai aimé me plonger dans cette intrigue et me laisser emporter dans son tourbillon de questions, non sans une pensée pour
Le Soleil de Scorta de Laurent Gaudé. La moiteur et la touffeur de ces villages italiens se ressemblent, c'est indéniable.

"Donc elle écrit dans la chaleur épouvantable d'un été toscan qui ne veut pas mourir." (p.19)

Je tiens à remercier  Babelio et les Editions  Capture pour l'envoi de ce roman à l'occasion de l'opération Masse Critique.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


17 février 2013

Mon premier atlas de la Terre, Cécile Jugla, Sandra Laboucarie et Julie Mercier

Mon premier atlas de la Terre

Mon premier atlas de la Terre est un album au concept original paru en octobre 2012 aux Éditions Tourbillon. Pour le cas désespéré que je suis en géographie (si si, certains pourraient en témoigner avec des anecdotes peu flatteuses...), je me suis dit que ça ne pouvait être qu'une bonne idée de m'amuser avec cet atlas ! 

Où vit l'antilope Saïga ? Dans quels pays peut-on croiser des tuk tuk ? D'où est originaire le banjo ? Et où trouve-t-on la culture du cacaoyer ? En ouvrant cet album, vous saurez tout ! C'est parti pour un tour du monde des cultures, traditions, instruments de musique et animaux !

Cet album a ceci d'original qu'il se compose de deux parties : un album à proprement parler, qui présente des particularités de chaque continent. Puis un atlas cartonné grand format, accompagné d'autocollants repositionnables, permet au lecteur, après sa lecture, de coller sur chaque pays l'animal, le moyen de transport ou encore l'habitat qui le concerne.

                      P1050892 P1050939
J'ai adoré jouer avec cet atlas (une vraie gosse, j'assume !), coller les autocollants, les recoller parce que je voulais rendre mon atlas harmonieux, en apprendre davantage sur chaque continent. Je pense que cet album pourra ravir le jeune lectorat et lui faire apprendre de façon ludique des détails intéressants sur notre belle Terre.    

J'aurai un petit bémol néanmoins : l'album est découpé en six parties (Europe, Afrique, Asie, Amérique, Océanie, Antartique) mais, hormis une carte détaillée au début de chaque partie qui reprend l'emplacement des autocollants, aucun texte de présentation n'introduit le nouveau continent développé.    
S'ajoute à cela que les animaux/instruments de musique/monuments, etc. présentés le sont dans un ordre que je n'ai pas compris (et pourtant, je suis documentaliste, les classements ça me connaît !). Aucune unité alphabétique ou thématique qui permettrait au lecteur de s'y retrouver. On passe ainsi, pour l'Europe, du sanglier au lynx puis à la Tour Eiffel et aux Matriochkas. Difficile d'en comprendre la logique !    
Hormis ce détail de présentation de l'album en lui-même, j'ai adoré le concept de carte à compléter avec des autocollants repositionnables. Si j'avais eu ça plus jeune, peut-être qu'à l'heure actuelle je ne présenterais pas de telles lacunes en géographie (oui, je sais, c'est facile..)
   

Les avis de HildeJérômeLilibookSaxaoul et Sophie LJ.

Un grand merci à Pauline et aux Éditions siteon0_130x51 pour cette découverte !

Et voilà mon atlas complété !

 P1050941  P1050940

 

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

20 janvier 2013

Timeville, Tim Sliders

Timeville, Tim SlidersTimeville est un roman d'un scénariste et écrivain franco-américain écrivant sous le pseudonyme de Tim Sliders, paru en novembre 2012 chez Fleuve Noir.

David Cartier, grand ponte de la cuisine moléculaire, a tout d'un homme professionnellement accompli : une carrière grandiose, de nombreux restaurants à travers le monde, un sens des affaires inné et Victoria, une énième bimbo accrochée à son bras. Et dès ce soir, David sera officiellement divorcé d'Anna, son épouse, à qui il laisse le soin d'élever leurs deux enfants.
Mais ce serait sans compter un étrange coup du sort. Alors qu'il passe une dernière soirée dans son ancienne maison et signe les papiers de leur séparation, David se réveille le lendemain matin dans une maison à la décoration douteuse. La famille peine à s'en rendre compte, mais elle a été catapultée dans les années 80 ! Et si connaître l'avenir semble présenter bien des avantages, la famille Cartier va très vite se rendre compte qu'elle va devoir réfréner ses envies de changer le futur...

Timeville est un roman qui repose sur un concept simple mais efficace : celui du voyage dans le temps. Qui n'a jamais rêvé de se réveiller un matin à une autre  époque ? Malheureusement pour les Cartier, ce rêve n'était pas le leur, ni les eighties leur époque de prédilection. Bonjour Rubik's Cube, canapé en cuir orange, Casimir et autres références des années 80.
Porté par l'écriture cinématographique de Tim Sliders, Timeville est un roman plaisant et drôle, qui nous plonge dans le quotidien d'une famille du XIXe siècle qui se retrouve, désemparée, en 1980. Comment vivait-on sans internet ? Sans portable ? Sans les avancées médicales actuelles ? Et surtout, comment s'intégrer dans cette société d'avant Tchernobyl, le Sida, la Chute du mur de Berlin, quand on connaît la suite ? Les péripéties s'enchaînent, et dès le moment que la famille décide de s'en sortir malgré ce décalage temporel, les difficultés surviennent. 
La grande problématique de ce roman, abordée il est vrai sur un ton assez léger, réside dans cette question : peut-on changer le cours des événements, à petite ou grande échelle ? David pourra-t-il sauver son frère Paul de son cancer ? Agathe, sa fille, empêchera-t-elle John Lennon de se faire assassiner le 8 décembre 1980 ? Anna et David réussiront-ils à sauver leur mariage, pourtant voué à l'échec dès le début du roman ? 
Dévoré en quelques heures, ce roman m'a permis de passer un très bon moment avec la famille Cartier. L'idée de voyage dans le temps me fascine et nourrit grandement mon imaginaire. Et si l'intrigue tourne souvent autour des sentiments et que le tout peut paraître parfois assez couru, Tim Sliders parvient à un roman à l'intrigue diablement bien rythmée et drôle. On pense à Retour vers le futur, bien sûr, et les relents nostalgiques et les références aux années 1980 souvent humoristiques et loufoques sont nombreux, mais le tout fonctionne bien. Bref, un roman divertissant à souhait !

Un grand merci aux Editions Fleuve noir pour la découverte de ce roman rafraîchissant.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

12 janvier 2013

Les Carnets de Cerise T.1 Le zoo pétrifié, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les Carnets de Cerise TLes Carnets de Cerise est une série de BD imaginée par Joris Chamblain et illustrée par Aurélie Neyret, publiée dans la collection Métamorphose de chez Soleil. Le premier tome, Le zoo pétrifié, est paru en septembre 2012.

Cerise a dix ans et demi. Son rêve ? Devenir romancière. Pour le mener à bien et améliorer son écriture, elle entreprend la rédaction d'un journal intime dans lequel elle relate son quotidien. Et son quotidien est justement ébranlé par un mystère : qui est ce vieux monsieur qui se promène en forêt avec des pots de peinture ? Où va-t-il et pourquoi revient-il toujours recouvert de taches de peinture ? Aidée de Line et Erica, ses deux meilleures copines, Cerise décide de mener l'enquête.

Quelle petite merveille cet album ! Joris Chamblain nous offre ici un récit tout en poésie et en finesse, porté par un émouvant élan de solidarité intergénérationnel. Entre passé et présent, souvenirs et réalité, Cerise et ses amies vont découvrir le secret de celui qu'elles surnomment Monsieur Mystère.
Les dessins d'Aurélie Neyret sont un régal pour les yeux, et leur douceur un brin nostalgique et désuète les rend vraiment attachants. Les teintes pastel et le trait tout en rondeurs offrent à cette intrigue un aspect hors du temps vraiment intéressant. L'organisation des doubles pages donne un rythme certain aux aventures de la petite Cerise et chaque planche est un plaisir visuel.
L'album s'ouvre sur le carnet de l'héroïne éponyme qu'Aurélie Neyret a imaginé (petits carreaux, gribouillages et écriture enfantine, etc.) avant de muter en une BD classique. Une fois le secret de Monsieur Mystère révélé, c'est un tourbillon de couleurs et d'illustrations encore plus foisonnant à chaque page.
Je ressors enchantée de cette incursion dans les carnets de la petite Cerise ! J'attends avec impatience la suite des aventures de cette romancière en herbe et je ne peux que vous conseiller la découverte de ce très bel album.

Les avis de Entre les pages, FaelysLire pour le PlaisirLivr0ns-n0us, OliV et Pauline.

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions pour cette très belle lecture.

 Planche 1 Les Carnets de Cerise Planche 2 Les Carnets de Cerise

 

Planche 3 Les Carnets de Cerise

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [26] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

04 janvier 2013

Le Voleur de Maigret, Simenon

P1050859Le Voleur de Maigret est un roman de Georges Simenon paru sous forme de feuilletons en 1967 et mettant en scène le célèbre commissaire.

Alors qu'il est dans le bus, en train de fumer tranquillement sa pipe, Maigret se fait dérober son portefeuille par un jeune homme. Le lendemain, il lui est restitué par courrier. Quelques jours plus tard, le jeune voleur prend contact avec lui : sa femme vient d'être assassinée et il craint d'être accusé du meurtre.

J'avais rencontré Maigret en fac lorsque j'étudiais le roman policier, et je n'étais jamais revenue vers lui. J'étais donc curieuse de découvrir un nouveau roman le mettant en scène.
Quelle déception ! Le Voleur de Maigret est un court roman au rythme très lent, dans lequel il ne se passe quasiment rien. En général, cela ne me dérange pas. J'aime que l'intrigue se mette en place avec lenteur et se déroule doucement. Mais ce roman m'a réellement déroutée par sa simplicité.
Les personnage mis en scène sont parfois caricaturaux et le milieu décrit - le milieu artistique - est plus esquissé que réellement dépeint. C'est à Paris que tout se déroule. Cela pourrait être n'importe où et c'est bien dommage.
Quant au Commissaire Maigret, il observe, interroge brièvement les protagonistes et attend presque que l'enquête aboutisse sous ses yeux. Il assiste à cette enquête plus qu'il n'y participe réellement et tout semble se dérouler sans son concours. Sa méthode : aspirer la vie qui l'entoure comme une éponge et attendre que la vérité ne lui vienne.
Chaque enquêteur possède sa méthode personnelle pour imbriquer tous les éléments de l'enquête et parvenir à une solution, mais dans le cas de Maigret, et dans ce roman en particulier, cela frôle l'inaction... Point de révélation finale théâtrale à la Poirot ni de déduction discrète derrière un rideau à la Miss Marple. Non, Maigret dîne en compagnie des suspects, et lorsqu'il a parlé à tous, il attend que l'un craque.
Je n'ai rien contre l'écriture feuilletonnesque, bien au contraire : écrire sous une contrainte de temps permet parfois de créer de véritables pépites. Mais ce court roman de Maigret m'a laissé en bouche un goût d'inachevé, de précipité et de bâclé.
Je ne m'avoue pas vaincue : je lirai de nouveau des aventures de Maigret. Ce n'était peut-être qu'une mauvaise rencontre...

Je tiens néanmoins à remercier Hermine de Babelio et les Editions Omnibus pour l'envoi de ce roman sur mon Kindle lors d'un Masse Critique spécial édition numérique.

Et voici ma neuvième lecture sur mon Kindle et ma neuvième participation au Club des lecteurs numériques.

 Lecteurs numériques           Lu sur mon Kindle

 

Une chronique de soukee rangée dans Romans policiers - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


09 décembre 2012

Le Guide du monde de Bilbo, Stefan Servos

Le Guide du Monde de BilboLe Guide du Monde de Bilbo : dans les coulisses du film de Peter Jackson est un ouvrage de Stefan Servos paru aux éditions de L'Archipel le 5 décembre 2012.

Le néo-zélandais Peter Jackson, après la trilogie Le Seigneur des Anneaux, porte à l'écran une nouvelle oeuvre de J.R.R. Tolkien : Bilbo le Hobbit. Malgré la brièveté du roman destiné à la jeunesse, une trilogie cinématographique est d'ores et déjà prévue.
Alors que la sortie mondiale du premier volet, Le Hobbit : un voyage inattendu, est prévue entre le 12 et le 14 décembre selon les pays, Stefan Servos nous propose, dans cet ouvrage, de nous pencher sur la genèse de ce projet cinématographique. En quatorze chapitres, l'auteur se penche sur la question des droits cinématographiques, sur la bataille quant au lieu de tournage, sur le choix des comédiens, etc. Une mine d'informations pour les fans !

J'ai adoré la trilogie du Seigneur des Anneaux et j'attendais avec impatience cette nouvelle adaptation cinématographique, même si la lecture de Bilbo ne m'a pas particulièrement marquée il y a quelques années.
J'ai donc découvert avec beaucoup de plaisir ce beau livre à couverture souple aux nombreuses photos. Le chapitrage permet de scinder le propos de Stefan Servos et de s'attarder sur différents détails des films à venir. On apprend ainsi que Peter Jackson a bien failli ne pas être le réalisateur de ce projet et avait été remplacé par Guillermo del Toro, que le tournage a failli ne pas se faire en Nouvelle-Zélande à cause d'une grève d'un syndicat, que les droits de ce roman sont passés d'un studio à un autre, que Peter Jackson a été inspiré par une adaptation en dessin animé du Seigneur des Anneaux à l'âge de dix-sept ans, etc. Les détails sont nombreux et ce documentaire se lit très rapidement en offrant des précisions intéressantes.
Un bémol néanmoins : cet ouvrage s'attarde lourdement sur la production du film et peut lasser ceux qui ne sont pas adeptes de Tolkien. D'un autre côté, si vous n'êtes pas fan du grand homme, aucune raison que vous n'ouvriez ce livre consacré à l'adaptation d'un de ses romans !

Je tiens à remercier Julie de Langage et Projets et les éditions L'Archipel pour la découverte de ce livre.

P1050741 P1050746

P1050752 P1050754

 

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

19 novembre 2012

Une place à prendre, J.K Rowling

Une place à prendre, JUne place à prendre est le premier roman écrit par l'anglaise J.K Rowling, mondialement connue pour sa série Harry Potter, paru en septembre 2012 chez Grasset pour l'édition française.

Pagford, petite paroisse du Sud-Ouest de l'Angleterre. Barry Fairbrother succombe à une crise cardiaque. Son décès laisse de nombreuses personnes éplorées : sa femme et ses enfants, bien entendu, mais aussi les filles de l'équipe d'aviron du lycée dont il était l'entraîneur, ses acolytes politiques, etc. Mais certains se réjouissent de cette mort prématurée. Car Pagford, tranquille en apparence, regorge de malaises sociaux et politiques contre lesquels Barry menait une lutte sans merci. La menace source et l'équilibre de la petite ville est très vite menacée par les intérêts de chacun.

J'ai grandi avec la série Harry Potter. J'avais adoré, gamine, cet univers si singulier et le côté rassurant de ces romans et j'attendais la sortie de chaque nouveau tome avec impatience. Depuis, j'ai grandi... (Enfin, je viens juste d'aller aux Studios Harry Potter et je dois vous en faire le compte-rendu avec photos et tout le toutim, mais passons.)
Les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister ont été l'occasion de découvrir ce premier roman pour adultes dont la sortie faisait déjà tant d'émules. Je l'ai ouvert sans a priori, sans attente. Juste tentée par la quatrième énigmatique et elliptique à souhait.  
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue, loin de là. J'ai retrouvé dès les premières pages le style de Rowling, sa manière de faire monter le suspense et de gérer le rythme de son récit, dans un univers faussement rassurant aux perfidies multiples. J'ai grignoté chacune de ces 700 pages, découvrant les ramifications si nombreuses à l'intrigue principale.   
Les personnages se succèdent, et avec eux autant de psychologies finement étudiées et jamais archétypales. Chacun porte en lui son histoire et ses tourments et l'auteure parvient à leur donner vie à travers sa plume. C'est à peine si l'on a l'impression de lire un roman tant J.K. Rowling nous dresse des portraits complexes et nous offre des personnages d'une vraisemblance troublante. Car sous des abords caricaturaux - la junkie qui a du mal à décrocher, l'adolescente infecte avec ses profs qui tente de faire face à une situation personnelle des plus sordides, la jeune fille bouc émissaire qui s'auto-mutile, etc. - chacun des personnages nés sous la plume de J.K. Rowling recèle une complexité bien loin des archétypes du genre.    
La bourgade de Pagford lui permet de recréer un microcosme à l'image du monde et de ses travers. Les thèmes abordés sont nombreux (le racisme, la pédophilie, le viol, le harcèlement moral, les déterminismes sociaux, etc.) et la mort de Barry Fairbrother n'est qu'un détail autour duquel tout gravite. La petite paroisse condense tout ce que l'humanité peut avoir de moche et de mesquin et cela fait froid dans le dos.   
Un petit bémol, néanmoins, à noter : à trop vouloir se pencher sur la misère et les injustices de ce monde, J.K. Rowling nous livre ici un roman qui est loin d'être une partie de plaisir en terme de lecture. Certains passages m'ont mise mal à l'aise, d'autres sont réellement plombants. La misère sociale de certains personnages est désolante mais pourtant ô combien vraisemblable. Et c'est justement cette vraisemblance qui fait la force de ce roman. Pagford est une représentation de tous les travers de notre société et fait douloureusement écho à ce que nous vivons, à ce que nous côtoyons. C'est dur, parfois lourd à lire, mais tellement bien écrit et amené que l'envie d'en savoir plus est plus forte.   
Certains ont adoré ces 700 pages, d'autres l'ont détesté. Pour ma part, sans être un coup de coeur, j'ai été bluffé par le talent de J.K. Rowling. Une place à prendre est un roman très bien ficelé qui lui ouvre grand la porte de la littérature adulte.

D'autres avis sur ce roman : Argali, Cla S, Herisson, ManuCatherine, Noukette, Syl, Stephie, Mélo, Mango, Belledenuit, LystigCryssildaL'Irrégulière...   
Un grand merci à Oliver et à
Priceminister pour la découverte de ce roman.

 

Les matchs de la rentrée littéraire 2012 sur PriceministerNote : 17/20

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [36] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

16 novembre 2012

La maison aux trésors : les petits secrets d'une maison d'autrefois, Jemima Pipe et Maria Taylor

La maison aux trésorsLa maison aux trésors est un album pop-up écrit par Jemima Pipe et illustré par Maria Taylor, paru chez Tourbillon en novembre 2012.

Londres, 1888. Au 51 avenue Orchard, dans une belle demeure, vit la famille Sullivan et ses domestiques. Entrez, entrez, curieux lecteur, dans cette maison toute rose, et venez découvrir comment vivait une famille aisée à la fin du XIXe siècle. Venez découvrir son quotidien, ses loisirs et ses habitudes. Glissez-vous par la porte, et entrez dans la maison des Sullivan !

Vous qui passez sur ce blog, égaré ou non, sachez que si vous cherchez un cadeau pour Noël (ne mentez pas, vous n'avez pas déjà tout acheté !), ce pourrait bien être cette petite merveille d'album !  
Voilà un livre intelligent et très bien fait. Non seulement il propose d'expliquer aux enfants la vie quotidienne d'une famille londonienne à la fin du XIXe siècle,  mais en plus la forme choisie est réellement ludique. Les différents volets à soulever dans chacune des pièces dévoilent de nouveaux objets et aiguisent l'attention du petit lecteur. Car la lecture de La maison aux trésors est loin d'être passive. Le lecteur doit observer chaque pièce et résoudre trois énigmes :

* découvrir ce qui fait un bruit étrange dans la maison
* retrouver l'objet égaré par Mme Sullivan
* désigner les deux objets anachroniques dans chaque pièce.

De la cuisine au grenier en passant par le salon, la salle de bain ou encore les chambres, la maison regorge de trésors et d'explications. On y apprend ainsi que certaines familles avaient un hérisson dans la cuisine pour les débarasser des insectes, que les cintres n'existaient pas ou encore que le savon servait aussi bien à se laver qu'à faire la lessive ! 
Pour ma part, et bien que je sois un tantinet plus âgée que le lectorat visé par cet album, j'ai pris un plaisir régressif à le découvrir, à soulever chacun des volets et à chercher les objets anachroniques tout en apprenant bien des choses sur la vie quotidienne de cette époque. Les dessins détaillés et les couleurs douces font de cet album une lecture apaisante et chaleureuse. Et puis, encore une fois, La vie mode d'emploi de Perec n'est pas loin ! 
Un album que j'aurais adoré découvrir vingt ans plus tôt (ça fait mal de dire ça... Les années passent, c'est indéniable !) J'aurais passé beaucoup de temps à dessiner ma maison aux trésors en m'inspirant des illustrations de celle-ci. A offrir donc, à des enfants dès 7-8 ans, pour les faire rêver un peu.

Un grand merci à Pauline et aux Editions siteon0_130x51 pour cette découverte.

L'avis de Jérôme sur cet album.

 P1050672

P1050677

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

25 octobre 2012

Soupes et veloutés, Mélanie Martin

Soupes et veloutés fait maisonSoupes et veloutés est un ouvrage de cuisine paru en octobre 2012 chez Hachette.

Je vous avais dit que l'automne était arrivé à Bouquinbourg ! Et qui dit automne dit, chez moi, soupes ! C'est le moment de rigoler si vous en avez envie... Après mon aveu sur Vogue, après être passée pour une fille superficielle pour certains, maintenant je joue la carte de la jeune-mais-un-peu-vieille-quand-même. Bref...

Mais que voulez-vous, je mange beaucoup de légumes, quasi pas de viande, et les soupes ont l'avantage d'être préparées rapidement et de se congeler facilement. Donc si en été, les salades priment, en hiver, ce sont les soupes !

Ce livre était donc fait pour moi ! 190 pages de recettes de soupes, que demander de mieux ? De la soupe de petits pois à la mozzarella au velouté d'asperges avec une chantilly au parmesan en passant par le phô vietnamien et la soupe de fruits rouges, les recettes proposées dans ce livre sont tout aussi étonnantes qu'appétissantes !
Classées  selon leur ingrédient principal (légumes, fromages, légumes secs, poisson, etc.), ces recettes sont complétées par des techniques (comment faire différents types de bouillon, conserver ses soupes, etc.), une table d'équivalences ainsi qu'une liste d'ingrédients élémentaires à toujours avoir chez soi. Bref, un incontournable qui a très vite trouvé sa place dans ma bibliothèque dédiée aux livres de cuisine.

Et parce que je ne pouvais pas faire un billet sans expérimenter une recette, voici une photo de la soupe butternut et confit de canard que j'ai faite la semaine dernière (on n'efface pas comme ça ses racines !) Un délice...

P1050219

Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Capturepour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 

Une chronique de soukee rangée dans Beaux Livres - Vos commentaires [26] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

17 octobre 2012

Scotland Yard T.1 Au coeur des ténèbres, Dobbs et Perger

Scotland Yard

Scotland Yard est une série prévue en deux tomes éditée chez Soleil. Dobbs en signe le scénario et Stéphane Perger les dessins. Ce premier tome, Au coeur des ténèbres, est paru en juillet 2012 dans la collection 1800.

Londres, 1889. A Scotland Yard, le talentueux inspecteur Gregson voit sa carrière entravée par son supérieur, Lestrade, qui a fait de lui son souffre-douleur.
Et lorsqu'un transfert de prisonniers débouche sur une tuerie et une évasion, Gregson est sanctionné et obligé de travailler dans les sous-sols de Scotland Yard. Bien décidé à lever le voile qui opacifie cette histoire et retrouver les criminels évadés qui terrorisent Londres par leurs meurtres, l'inspecteur va chercher dans la ville des alliés peu communs et s'associer avec la pègre.

Cet album avait tout pour me plaire. Un scénario sombre, qui évoque à la fois le Londres victorien, une enquête criminelle gérée par Scotland Yard, des références à Sherlock Holmes (avec les personnages de Lestrade, Moriarty, Wiggins), à Jack l'Eventreur, à Dracula, etc. Mais aussi des dessins soignés : de superbes aquarelles qui dépeignent à merveille la noirceur londonienne et ces meurtres sordides. Chaque double page jouit d'une organisation qui lui est propre et offre à la lecture un dynamisme inquiétant et réjouissant à la fois.
Et pourtant, la magie n'a pas opéré. J'ai lu cet album sans lui trouver de réel intérêt. L'intrigue est certes soignée mais ne m'a pas captivée. J'ai apprécié l'esthétisme et le travail de Stéphane Perger mais cela n'a pas suffi. Un rendez-vous raté avec une BD qui avait pourtant tout pour me plaire. Je l'ai lue pendant le RAT de dimanche. Peut-être n'était-ce pas le bon moment ?  Planche 1 

Je remercie néanmoins Claire Ughes et les éditions Soleil pour cette découverte.

 Voici ma 47e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 38e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 13/20)

 Top BD

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,