Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

05 septembre 2013

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall Smith

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall SmithL'air d'été est rempli de promesses est le neuvième tome de la série de l'écossais Alexander McCall Smith mettant en scène Isabel Dalhousie, directrice d'une publication philosophique et enquêtrice à ses heures perdues. Il paraîtra le 25 septembre en librairie aux Éditions des Deux Terres.

Isabel Dalhousie a la fâcheuse manie de se mêler des affaires des autres. Non par goût des mystères en tous genres mais plutôt parce qu'elle s'interroge sur la nature humaine et sa complexité. Pour cette quadra rentière rédactrice en chef d'une publication philosophique, fraîchement mariée et mère, la vie n'est que perpétuels questionnements. 
Mais alors qu'elle décide de se consacrer à sa famille et à sa revue, Duncan Munrowe, riche propriétaire foncier, fait appel à elle. Un tableau de sa collection privée a été dérobé. Isabel ne peut lui refuser son aide et doit mener de front cette nouvelle affaire et la précocité de Charlie, son fils.

Je fais décidément les choses à l'envers en ce moment : j'aurais aimé vous parler d'abord des premiers tomes de cette série, mais qu'importe !  
Mon incursion dans les romans d'Alexander McCall Smith a débuté il y a quelques mois avec le premier tome des Chroniques d'Edimbourg. Et si j'ai été séduite par le fourmillement de l'immeuble situé au 44 Scotland Street, je l'ai été d'autant plus par le personnage d'Isabel et ses aventures. 
Alexander McCall Smith a imaginé un personnage attachant et furieusement vraisemblable. Sa finesse d'esprit et sa capacité à analyser le monde qui l'entoure en font une héroïne à part au charme singulier. Loin des clichés du genre et de la dichotomie beauté/intelligence, le personnage d'Isabel est un condensé d'intelligence et d'humanité. Une femme que l'on aimerait croiser au détour d'une rue, le temps d'un échange.  
Dans ce nouvel opus, la philosophie tient toujours une part importante et c'est avec délectation que le lecteur suit le cheminement de l'héroïne et se laisse envahir par le doute. Car l'intérêt de cette série ne réside pas dans ses enquêtes mais dans la démarche intellectuelle de celle qui les résoud. En toute humilité, Isabel Dalhousie convoque les grands penseurs et confronte les théories pour essayer de cerner la nature humaine. Le manichéisme est absent mais le vice bien là et Isabel de démêler le vrai du faux. Et cette histoire de tableau volé pourrait faire voler en éclat des certitudes et un équilibre chèrement acquis. 
Je me refuse à vous parler davantage de la vie personnelle de l'héroïne, vous évitant ainsi certaines révélations, mais je conclurai en affirmant qu'Alexander McCall Smith a su offrir à Isabel Dalhousie une vie à la hauteur de ses aspirations. A mi-chemin entre un cadre conventionnel et une vie de bohème.  
Laissez-vous entraîner dans le sillage d'Isabel, vous perdre dans les ruelles d'Edimbourg et sentir palpiter cette ville aux abords si calmes. Laissez-vous envahir par cet esprit aiguisé qui saura faire émerger le doute en vous. Laissez-vous tenter, tout simplement.

Un grand merci à Loan et Carla et aux Éditions des Deux Terres pour ce roman. 
Voici ma deuxième participation au Challenge consacré à Alexander McCall Smith organisé par Emy.

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20 août 2013

Miss Marple au Club du Mardi, Agatha Christie vue par Martin Parr

Miss Marple au Club du MardiOn ne présente plus la Reine du crime, cela s'entend. Mais lorsque les Éditions du Masque demandent au photographe britannique Martin Parr d'illustrer la bibliothèque idéale de la grande dame, le résultat est pour le moins étonnant. Cinq des plus grands titres d'Agatha Christie sont ainsi sortis en mai 2013 illustrés, en couverture et en quatrième de couverture, par deux photos issues de la série Common Sense de l'artiste réputé pour son oeil critique sur la société britannique. Cinq petits bijoux grinçants qui rendent hommage aux oeuvres de la Reine du crime et cinq autres à venir en novembre.

Miss Marple au Club du mardi est un recueil de treize nouvelles mettant en scène le armachair detective éponyme imaginé par Agatha Christie. Tous les mardis soirs, Jane Marple et cinq de ses amis se penchent sur des affaires non résolues, des enquêtes insolubles et retorses qui ont laissé derrière elles un goût d'inachevé. Et les six protagonistes réunis, en alliant leurs modes de réflexion et d'analyse, vont réussir là où les plus brillants enquêteurs ont échoué.

J'adore Agatha Christie, vous le savez, et j'aime me plonger, à intervalles réguliers, dans un de ses romans. Si durant de longues années j'ai eu une nette préférence pour Hercule Poirot, l'agaçant et omniscient détective belge, j'ai découvert il y a quelques temps que le personnage de Miss Marple avait un caractère attachant et que ses enquêtes ne possédaient pas moins de piquant. 
Les treize enquêtes présentées ici mettent en scène le pire de l'être humain : mensonges, manipulations, usurpations d'identité, rien n'arrête les meurtriers dépeints ici pour parvenir à leurs desseins et c'est grâce à l'ingéniosité de Miss Marple et de ses convives que les masques tombent et que la vérité éclate. Les nouvelles se succèdent et avec elles l'envie, à chaque fois, de démasquer le coupable avant le célèbre Club du mardi.  
La Reine du crime fait mouche à chaque coup et rares sont les nouvelles dans lesquelles j'ai entraperçu une once de vérité. L'esprit retors des meurtriers l'est décidément trop pour l'intègre lectrice que je suis. Mais le plaisir est là. Et c'est l'essentiel. Et ma bibliothèque est ravie d'accueillir ce bel objet.

 

British Mysteries

Quid ? Le Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde

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Voici ma troisième participation au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Lou et Hilde

Un grand merci à Anne et aux  pour ce recueil de nouvelles.

                         

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17 août 2013

Les quatre soeurs T.1 Quatre saisons, Malika Ferdjoukh et Lucie Durbiano

Les quatre soeurs TQuatre soeurs est, à l'origine, une série de quatre romans signés Malika Ferdjoukh parus à l'Ecole des Loisirs en 2003. Celle-ci s'est associée à Lucie Durbiano pour les adaptater en roman graphique dont le premier tome est sorti en juin 2013 chez BD Kids.

Enid, Hortense, Bettina et Geneviève sont orphelines. Leurs parents, disparus dans un accident de voiture, ont laissé les quatre soeurs sous la responsabilité de Charlie, leur aînée. Mais la vie continue dans leur vieille maison branlante et les filles s'entraident dans leur quotidien d'enfants et d'adolescentes, sous le regard attentif de leur soeur aînée et de son amoureux.

J'ai entendu beaucoup de bien des quatre romans de Malika Ferdjoukh, et ce depuis quelques années, mais je n'ai pas encore eu le temps de les découvrir. L'occasion de découvrir leur adaptation en BD est peut-être - encore une fois - commencer à l'envers, mais l'idée était trop belle.Planche 1
Je suis tombée sous le charme de cette fratrie fragile et forte à la fois, de ces personnages si bien esquissés que leur vraisemblance bouleverse, de ce quotidien incertain et pourtant cocasse et apaisant. 
L'album, divisé en quatre saisons, nous entraîne dans le quotidien de ces soeurs, quotidien pris en charge tantôt par l'une tantôt par l'autre. Le découpage est intéressant et offre une réelle dynamique à ces aventures : à chaque double-page correspond un chapitre différent de la vie de l'une d'elles. 
L'ensemble résonne à la fois au singulier mais évoque un choeur antique, une sorte de propos choral. C'est très beau, très émouvant, et c'est avec regret que la dernière page est tournée. Ces quatre soeurs laissent un vide, une fois qu'on les a quittées.

Je tiens à remercier Babelio et les éditions     pour l'envoi de cet album dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'Opération Masse Critique. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.MxRz0nrB.dpuf

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08 juillet 2013

Dieu m'étonnera toujours, Suites pour le temps qui passe, Claire Fourier

Dieu m'étonnera toujours, Claire FourierDieu m'étonnera toujours est le dernier roman de Claire Fourier publié aux Editions Dialogues. Celle qui fut bibliothécaire et professeur de lettres se consacre désormais à l'écriture et vit entre Paris et la Bretagne.

Une femme se retire dans un monastère de la Chartreuse pendant dix jours. Pour réfléchir. Pour fuir le temps. Pour se retirer de sa vie. La-bas, dans la chaleur du mois d'août, elle enfile les bottes laissées par le Chartreux et entreprend de désherber le jardin laissé en friche. Cette activité physique lui permet de s'abandonner à ses idées et réfléchir à sa vie. Et l'ascetisme de ces dix jours au monastère, s'ils lui offrent à penser, réveillent aussi ses sens.

Dévoré d'une traite durant mon voyage vers Canterbury, je suis tombée sous le charme de l'écriture de Claire Fourier et de ces Suites pour le temps qui passe. Sa plume, tout en poésie et en légèreté, entraîne le lecteur dans cette histoire intime d'une femme dont on ne connaîtra presque rien. Et c'est là l'intérêt de ce livre : le personnage est secondaire, se fait oublier tel le Chartreux qui hante les murs du monastère ; c'est le cheminement intellectuel de cette femme qui est intéressant, ses errances, ses désirs, ses pensées labyrinthiques et ses questionnements métaphysiques.

Et la construction atypique de ce livre - les chapitres alternent souvenirs de la narratrice et courts poèmes proches du haïku japonais - complète ce parcours introspectif. Une sensibilité singulière émane de ces lignes et c'est avec délectation que le lecteur s'imisce dans les réminiscence de la narratrice et observe son bien-être à se retirer du monde, à dormir peu et travailler beaucoup, à mettre de côté tout confort et toute opulence pour mieux se réjouir d'eau fraîche et d'une miche de pain.

La méditation est là, entre les lignes, et suit les méandres de la mémoire de la narratrice. Qu'il est bon de suivre avec elle ces dix jours de réflexion et de retour sur soi !

"J'aurais tué la poussière d'or de l'oeuvre au noir - celle où l'on distingue la lumière filtrée du temps - et balayé moins de grains que des graines de lumière." (p.38)

"Venue pour mettre mon esprit en jachère, je trouvais une jachère à cultiver. Venue pour trouver du vide, je trouvais du rare. " (p.24)

"Kimono de soie

Bol de thé fumant

l'espace et le temps me boivent"

(p.15)

"Je cueille une rose

j'accueille un haïku

souvenir d'été"

(p.93)

un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/06/30/27538425.html#sthash.anGvRJiP.dpu

Un grand merci à Babelio  et aux  Editions dialogie   pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 En bonus, Claire Fourier vous parle de son livre :

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03 juillet 2013

François sans nom T.1 Le sculpteur et la voleuse, Ricard, Runberg et Bianchini

François sans nom TFrançois sans nom est une série imaginée par Sylvain Ricard et Sylvain Runberg et dessinée par Marci Bianchini éditée chez Soleil dans la collection Quadrants. Le premier tome, Le sculpteur et la voleuse, est paru en mai 2013.

1466, quelque part en France. Alors que la jeune Félyzée est accusée de vol, elle croise la route d'un dénommé François. Un vagabond solitaire et érudit, accueilli par un sculpteur et qui aide ce dernier à réaliser les décorations du fronton de la cathédrale. Mais François poursuit d'autres desseins, gardés secret jusque là. Et Félyzée apprend bien vite qu'on le suspecte d'être le poète François Villon en exil...

Une série sur le sulfureux poète François Villon ? En voilà une bonne idée ! Ricard et Runberg nous offrent ici un scénario intéressant fondé sur l'anonymat que souhaite conserver le héros et le trouble jeté sur son passé. Qui est-il ? Pourquoi tant de hargne à l'encontre de l'Evêque d'Orléans, Thibaut d'Aussigny ? Ce premier tome nous permet d'aborder facilement la vie du poète le plus connu de la fin du Moyen Age par le biais d'une intrigue fictive au rythme bien mené.
Les dessins de Bianchini nous entraînent dans une France médiévale très bien reconstituée, à la vraisemblance historique respectée. Les tons chauds, ainsi que les dessins détaillés, permettent une immersion intéressante dans cette époque sombre.
Les planches possèdent un rendu dynamique grâce aux découpage des vignettes et leur organisation.
En bref, un premier tome prometteur !

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.hiQa1Ayg.dpuf
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Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de Mango

Et ma 44e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)Top BD

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Planche 1Planche 2

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album reçu en service de presse.

Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf
Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions pour cette lecture. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf

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23 juin 2013

L'école maternelle et Les bébés animaux

L'école maternelle et Les bébés animaux sont deux albums cartonnés de format carré parus en avril 2013 dans la collection Anim'Doc chez Tourbillon.

    

L'école maternelle permet au petit lecteur de découvrir comment se déroule une journée type à l'école : l'arrivée, différentes activités, le repas, la récréation, etc.
Ce qui peut être anxiogène pour l'enfant prochainement scolarisé est ici décortiqué et expliqué grâce à de nombreuses animations comme les tirettes qui coulissent. Un album très bien fait qui permet donc d'aborder le sujet en douceur et de vaincre certaines peurs enfantines.

     

Les bébés animaux permet, quant à lui, de découvrir les différents petits des animaux et leur évolution. Qui naît dans un oeuf  et qui grandit dans le ventre de sa mère ? Qui est allaité et qui doit immédiatement apprendre à se débrouiller ? A chaque double page ses découvertes et ses animations pour voir évoluer l'animal et observer son quotidien.

Mon avis :

Voilà deux albums bien solides, adaptés aux petites mains des lecteurs auxquels ils s'adressent, et qui permettent, grâce à des textes courts et des illustrations simples, d'aborder des sujets adaptés aux enfants dès 3 ans. La brièveté des textes permet à l'enfant non lecteur de s'imaginer sa propre histoire et de développer son imaginaire. Le côté ludique des tirettes offre une dynamique intéressante àla lecture et offre un rôle actif à l'enfant non lecteur dans sa découverte de l'album.
La collection Anim'doc proposent de nombreux titres : Les Chevaliers, Les engins du chantier, La ferme, Les pirates, Les dinosaures, etc.

L'avis de ma lectrice-test, Eva, 3 ans :

Ma petite lectrice-test a, de son côté, nettement préféré Les bébés animaux, découvrant grâce à cet album, des animaux qui lui étaient inconnus (notamment l'autruchon !).
Elle a adoré jouer avec les tirettes de ces deux albums et faire apparaître les dessins cachés derrière chacune d'elles.
Si L'école maternelle l'a moins passionnée, c'est que l'album reprend de façon très fidèle les journées qu'elle peut faire depuis cette année. Peu de découverte donc, et moins d'attrait. Mais c'est un album qui aurait été parfait pour la préparer à sa première rentrée scolaire en septembre dernier.
Deux très belles découvertes en tout cas, puisque notre mini-lectrice a tanné sa maman un bout de temps pour qu'elle lui relise sans cesse ces deux albums !

Un grand merci aux éditions  pour ces deux albums et cette expérience de lecture-croisée adulte/enfant.

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12 juin 2013

Les Fables de l'Humpur T.1 Les Clans de la Dorgne, Bordage et Roman

Les Fables de L'HumpurLes Fables de l'Humpur est à l'origine un roman de Pierre Bordage paru en 1999. Adapté en BD dans la collection Cherche Futurs chez Soleil, le premier tome est paru en avril 2013 et a été scénarisé par Pierre Bordage lui-même et illustré par Roman.

Les fables de l'HumpurLes êtres humains ont disparu, laissant la place à des êtres hybrides, mi-humains mi-animaux. Véhir, un homme-cochon, refuse les lois de sa communauté et décide de s'enfuir. Dans la vallée de la Dorgne, il rencontre Jarrit, un homme-cochon qui, comme lui, a fui sa communauté il y a quelques années. Ce dernier lui apprend comment survivre face aux multiples prédateurs qui rôdent et lui révèle l'exisence des dieux humains. Commence alors pour Véhir une longue quête pour retrouver l'humanité perdue par les siens.

Je connaissais de nom, depuis longtemps, le roman de Bordage. Encore une fois, j'ai fait les choses à l'envers, préférant découvrir l'adaptation BD avant le roman originel.
Et je dois avouer que j'ai été assez déroutée par cette lecture. Si les dessins de Roman m'ont séduite et permis de me glisser dans cet univers de fantasy situé en Dordogne, l'histoire en elle-même, et surtout la langue employée, m'a mise en difficulté. J'ai eu du mal à accrocher aux tournures de phrases ("Demain la moisson, bientôt le Grut, Orn a promis que s'ra ma première et ma seule..." p.4) et si ce détail peut sembler n'en être qu'un, il a quand même rendu ma lecture laborieuse.
Je n'ai pas été conquise, du coup, par le propos plus général de l'intrigue. Cette histoire de créatures hybrides en quête de leur humanité perdue n'a pas su retenir mon attention. Un rendez-vous manqué, comme il arrive parfois, mais qui ne m'empêchera pas de lire d'autres livres de Bordage.

Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions pour cette lecture.

   Voici ma 54e participation
 à la BD du mercredi de Mango
    Et ma 43e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 13/20)

Top BD

              Planche 2 Planche 1

 

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29 mai 2013

Les Comptines malfaisantes de Billy Brouillard, Guillaume Bianco

Billy Brouillard, Comptines MalfaisantesBilly Brouillard est un héros de bande dessiné imaginé par Guillaume Bianco et dont les aventures paraissent chez Soleil. Trois albums ainsi qu'un premier coffret de Comptines malfaisantes sont déjà parus. Ce deuxième coffret de trois albums est paru en avril 2013 dans la collection Métamorphose.

Quatre nouvelles composent ce coffret. Vous croiserez la Mort incarnée dans L'Heure dernière, un nez géant dans Le Nez qui dépasse, un petit garçon très méchant dans Le Bonhomme de la pluie et un enfant au sommeil très agité dans Angoisse nocturne.

Je fais un peu les choses à l'envers : je voulais vous présenter, en bonne et due forme, le premier tome des aventures du petit Billy avant de vous présenter ce coffret, mais comme j'ai commencé par lire ce coffret, c'est celui-ci que je vous présente. Logique.
Néanmoins, ce magnifique coffret en trois volumes est une petite merveille ! J'ai adoré découvrir ces quatre nouvelles un peu grinçantes, teintées d'une mélancolie inquiétante. Les personnages sont tous des enfants pas très lisses à qui la vie joue un mauvais tour. C'est cynique, parfois cruel, mais bien fait.
Le trait de Guillaume Bianco, ainsi que ses histoires, m'ont rappelé Tim Burton par ce côté sombre et torturé déjà évoqué. Je suis amateur du genre, donc j'ai été conquise dès les premières pages !
De chacune de ces nouvelles émane une réflexion à la portée universelle qui n'est pas sans rappeler les contes populaires et la littérature orale.
Une découverte que j'ai adorée. Il me tarde maintenant de découvrir le premier tome des aventures de Billy !
Je tiens à remercier Bénédicte et les Editions pour cette très belle lecture.

  Voici ma 53e participation
 à la BD du mercredi de Mango
  

    Et ma 42e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 16/20)

  Top BD

 

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22 mai 2013

Les Mondes de Yaxin : le jour de la licorne, Man Arenas

Les mondes de Yaxin le jour de la licorneLes Mondes de Yaxin : le jour de la licorne est un spin-off (une série dérivée) de la série Yaxin, signée Man Arenas, paru en mars 2013 dans la collection Métamorphose de chez Soleil.

Le petit Faune Gabriel est fasciné par les licornes et s'interroge sur ces créatures merveilleuses. D'où viennent-elles ? Quel est leur rôle ?

Poétique à souhait, cet album est une petite merveille visuelle. L'artiste Man Arenas offre à son lecteur l'étendue de son talent à travers de grandes planches riches en détails. Semblables à des tableaux, les pages se succèdent, tout en légèreté.
Les licornes y sont sublimées et c'est avec ravissement que le lecteur imagine, en compagnie de Gabriel, la vie de ces créatures légendaires fascinantes.

Les textes courts, rythmés et à la musicalité agréable, complètent la douceur des tons pastels et du trait rond de l'auteur. Le haïku - court poème japonais - n'est pas loin, et avec lui la poésie qui encense la nature et la vie.

Un très bel objet, dont la forme carrée permet l'éclosion de la poésie au fil des pages. Une lecture à mi-chemin entre le merveilleux et la légende. Une agréable découverte, c'est certain. A ne pas réserver aux adeptes des licornes ou du fantastique, ni à ceux qui ont lu la série originelle, Yaxin. Ce n'est pas mon cas et j'ai néanmoins grandement apprécié la douceur qui se dégage de ces pages.
Faelys avait été conquise, elle aussi, par cette découverte.

 Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette très belle lecture.

 Les mondes de Yaxin planche 2

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14 avril 2013

Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm

Je vais passer pour un vieux con, Philippe DelermJe vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long est le dernier livre de l'écrivain français Philippe Delerm - à qui l'on doit notamment La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules - paru chez Seuil en septembre 2012.

Philippe Delerm s'attache ici aux petites phrases qui ponctuent notre quotidien, aux formules toutes faites qui accompagnent certaines situations, aux expressions que l'on entend partout. Cela va de la phrase de condoléances éculée "Les mots sont dérisoires"  au pompeux et souvent inutile "J'ai fait cinq ans de piano", à l'horripilant "C'est à voir" de certains voyageurs, en passant par le classique "Je vais passer pour un vieux con" de celui qui va énoncer une pensée réactionnaire. Philippe Delerm passe en revue ces expressions pour mieux les analyser, les décortiquer, les extrapoler parfois et mieux nous y faire réfléchir.

Chacune de mes lectures de Philippe Delerm se solde, à chaque page,  par de grands éclats de rire et des commentaires. J'aime la façon qu'a cet auteur de scruter le monde qui l'entoure et de le donner à voir, sous forme de courts récits drôles et émouvants. C'est à chaque fois une réussite !
Je me souviens avec délice d'Il va pleuvoir sur Roland-Garros  dans La sieste assassinée. Je crois que c'est ce récit-là qui m'a fait aimer Delerm et sa plume drôle et diablement bien tournée.
Je vais passer pour un vieux con
ne déroge pas à la règle : il nous donne à voir notre quotidien dans son universalité. C'est un livre truculent, à lire, à relire, pour rire et sourire. A chaque page. Ou à chaque fois qu'une des formules décortiquées surgit dans votre vie...
Un grand merci à pour ce livre reçu lors des Matchs de la Rentrée littéraire.

"Je vais passer pour un vieux con. Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. Elle n'a pas l'aspect cauteleux, gourmé, en demi-teinte de ses congénères. Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l'avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire." (p.7)

"La maison, ce havre chaud, cette entité protectrice, chargée d'hérédité, au moins d'une volonté tutélaire, empreinte d'une dignité qui dépasse de loin les enjeux financiers. La maison, donc, a été outragée dans sa pérennité débonnaire.  Elle reste ouverte, continue d'assurer son sacerdoce, héroïque et brave comme une veuve, qui poursuivrait sa marche en claudiquant, écartant d'un geste magnanime tous les bras secourables." (p.14 in La maison n'accepte plus les chèques)

"Il y a une liste, un certain nombre de choses à voir et à faire. En se rendant à Nairobi, on n'a pas cédé à une impulsivité passionnée, on n'a pas réalisé un rêve. Sur le petit carnet du monde, on a simplement effacé d'un trait de crayon la ligne safari au Kenya, entre la ligne croisière sur le Nil et la ligne randonnée pédestre en Islande." (p.56 in C'est à voir)

"Mais au-delà de cet émiettement dans l'abîme liquide de la mémoire, il existe une conscience presque magique de ce qu'est l'oeuvre de Proust, un peu intimidante en raison de sa difficulté supposée, mais comme familière à l'avance, susceptible de fournir une compagnie vivante à l'infini.
Pourquoi ne pas s'y plonger alors ? Certains - les plus rares - avouent qu'ils n'ont jamais essayé. Ils se justifient en différant cette rencontre nécessaire dans un futur débarrassé de soucis prosaïques - non, vraiment, j'ai très envie mais j'attends d'être disponible mentalement. Bref, ils sont de virtuels meilleurs lecteurs que ceux qui lisent.
" (p.102 in Je vais relire Proust).

 D'autres avis : Arieste, Itzamna, Mimipinson, SvCath, Yuko, etc.

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