Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

05 novembre 2014

Lecture-croisée avec Malo, petit lecteur-test de 2 ans et Alice, sa maman

Je l'avais déjà fait il y a quelques temps avec Eva, petite lectrice-test de 3 ans - et je vais sous peu le refaire avec ma presque-nièce - mais voici l'heure de vous parler de ma lecture-croisée de trois albums avec Malo, 2 ans et sa maman, Alice.
Ledit petit lecteur adorant les animaux et les transports, le choix s'est tout naturellement porté vers trois titres du catalogue de Tourbillon pour mener ma petite expérience : La petite caravane d'Edouard Manceau, Oseras-tu chatouiller le loup ? et De quelle couleur est le cochon ? d'Emiri Hayashi. Ces trois titre sont parus en février 2014.

La petite caravaneLa petite caravane est un album cartonné sans texte, dans lequel un ourson sur un scooter trimballe un poisson rouge dans un bocal. De pages en pages, les amis de l'ourson rejoignent l'aventure, chacun avec un engin différent. Mais où vont-ils ? Là est la question...

Comment Malo a réagi

Premier des trois albums à être choisi par Malo, La petite caravane a su séduire cet apprenti lecteur qui a aimé chercher le poisson dans chaque double page et nommer les moyens de transport représentés. Il s'est beaucoup amusé tout au long de sa lecture et a appréhendé l'album comme un jeu de recherche du fameux poisson dans son bocal.

L'avis d'Alice, sa maman

Alice a trouvé cet album à la fois poétique et sombre, car l'intrigue se déroule de nuit. Les couleurs utilisées, assez foncées, offrent un contraste visuellement intéressant et adapté aux tout-petits. L'absence de texte, si elle laisse libre cours à l'imagination, ôte une certaine linéarité à l'ensemble et Alice a eu l'impression que Malo appréhendait chaque double page davantage de façon indépendante des autres que dans la continuité. Mais finalement, qu'importe ?

Mon avis

Cet album aux épaisses pages cartonnées est tout à fait adapté aux enfants dès deux ans en terme de forme, mais l'expérience de lecture de Malo semble montrer que l'enfant ne perçoit pas nécessairement la linéarité de l'intrigue. Mais cela ne nuit pas à la lecture et confère à l'album un aspect évolutif. Un petit lecteur pourra s'amuser à chercher le poisson, nommer les engins de transports ou reconnaître les animaux représentés, tandis qu'un lecteur un petit peu plus âgé sera peut-être plus à même de s'inventer une histoire et de palier l'absence de texte grâce à son imagination. 

Planche 1 La petite caravane 

 

Oseras-tu chatouiller le loupOseras-tu chatouiller le loup ? et De quelle couleur est le cochon ? sont deux albums premier âge (dès 12 mois) de la collection Coucou caché de Tourbillon, qui fonctionnent sur un principe de volets à soulever.

Dans le premier, il s'agit aussi bien d'une plante à arroser que d'une plume sur laquelle souffler, une lettre à glisser dans une boîte aux lettres ou encore un chaton mouillé à sécher.

Comment Malo a réagi

Malo a eu beaucoup de mal avec cet album, pourtant destiné aux enfants dès 1 an. Il a éprouvé des difficultés à saisir le rapport entre la relation de cause à effet, l'action à réaliser et le résultat représenté en images. Il est souvent resté devant une page sans comprendre que faire.

 

L'avis d'Alice, sa maman

 Alice n'a pas trouvé cet album adapté à son fils, pourtant gros lecteur car celui-ci n'a pas réussi à saisir ce qu'il devait faire en tant que lecteur.
De plus, certaines actions à faire par l'enfant ne sont pas concrètes (comme glisser l'enveloppe dans la boîte aux lettres par exemple, alors qu'il n'y a pas de fente ni de lettre à proprement parler).

 

Mon avis

Malgré des dessins tout en rondeurs et des couleurs douces, cet album me semble d'un abord assez compliqué pour le lectorat visé.
Pourtant friand des albums à volets et des personnages à retrouver dans des dessins (cf. le petit poisson rouge dans l'album précédent), Malo n'a pas du tout été sensible à cet album et a été dérouté par sa lecture. De là à en conclure qu'aucun enfant n'en percevra le sens, non, mais l'expérience n'a pas été concluante pour mon petit lecteur-test !

Planche 1 Oseras-tu chatouiller le loup 

 

De quelle couleur est le cochon De quelle couleur est le cochon ?, enfin, est un album qui propose à l'enfant d'identifier les couleurs à travers des exemples animaliers.

Comment Malo a réagi

Si Malo sait, à deux ans, nommer les couleurs, il ne sait pas encore les reconnaître. Ce qui a posé d'évidentes difficultés lors de la lecture et l'a dérouté...

L'avis d'Alice, sa maman

Cet album n'a pas séduit Alice car, comme avec le précédent, Malo n'en a pas saisi le sens. Alors que le principe même de l'album repose sur un système de contradictions, notre petit lecteur ne l'a pas compris. Quand sa maman lui a demandé la couleur du crocodile, Malo, qui l'a vu rose sur la première planche, a répondu rose...
A première vue, l'album qui semblait être le plus facile d'accès pour Alice, s'est avéré compliqué à expliquer à son fils.

Mon avis

Là encore, malgré un abord qui semble évident aux adultes - et m'a largement induite en erreur -cet album recèle des subtilités imperceptibles de prime abord.
La découverte de cet album avec Malo a fait émerger des problématiques que nous n'avions pas perçues, Alice et moi. Préconisés pour les petits dès 12 mois, il nous est clairement apparu que ces deux albums, malgré leurs fonctionnements pourtant simples, étaient adaptés à un public plus grand, à même de saisir les relations de cause à effet et le décalage texte-image.
Si ces deux rencontres sont davantages en demi-teinte que la lecture de La petite caravane, elles n'en demeurent pas moins intéressantes. Et Alice, si elle a laissé ces livres à disposition de Malo dans sa petite bibliothèque personnelle, y reviendra un peu plus tard avec lui.

 

Voilà donc ma deuxième expérience de lecture-croisée avec un mini-lecteur. La prochaine sera avec Loulou, dix mois, à Noël ! Bon, je me fonderai sur les sourires et les gestes de cette toute-mini lectrice et j'essaierai de vous traduire ce langage non verbal en chronique des plus littéraires... Oui, je sais, un beau défi en perspective !

Un grand merci à Julie et aux éditions   pour ces trois albums.
Et bien entendu, merci à Alice de s'être prêtée au jeu de cette lecture-croisée avec Malo !

 

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29 octobre 2014

Contrecoups, Nathan Filer

Contrecoups, Nathan FilerContrecoups est le premier roman du britannique Nathan Filer paru en août pour la rentrée littéraire aux Éditions Michel Lafon. Lauréat du Prix Costa qui récompense le meilleur livre de l'année en Grande-Bretagne, Contrecoups est directement inspiré de l'expérience en hôpital psychiatrique de Nathan Filer durant dix ans, en qualité d'infirmier. 

Matthew, dix-neuf ans, est hanté par la mort de son frère, Simon, survenue dix ans auparavant. N'ayant jamais pu dépasser la culpabilité qui le hante, Matthew souffre désormais de schizophrénie et se débat avec cette maladie.
Pour exorciser celle qu'il compare à un serpent, Matthew s'exprime à travers des écrits, des dessins. Pour raconter son passé, cette nuit terrible où tout a basculé, l'après. Après la mort de Simon. Après ce vide laissé derrière lui et qui a ouvert la voie au chagrin de ses parents. Ce moment où il a perdu pied, à l'adolescence. Et puis son quotidien, en centre de jour, dans un hôpital psychiatrique. Matthew nous raconte son histoire, sans faux-semblant ni hypocrisie.

Voilà un des premiers romans noté lors de mon repérage de rentrée littéraire et que j'avais hâte de découvrir. Je pressentais une grande émotion lors de cette lecture, une narration à la première personne qui allait me prendre à la gorge et m'entraîner dans un tourbillon intime dont je ne ressortirais pas indemne, un roman que je ne pourrais lâcher tant le sujet, dur, allait me hanter et me tenir en haleine jusqu'à la dernière page.
Mais non. Rien de rien. Je suis restée complètement de marbre face à cette histoire pourtant intéressante et accrocheuse et j'ai tourné les pages avec une lassitude grandissante, étonnée de ne pas être touchée par cette intrigue.
Matthew ne m'a pas émue avec son drame familial et sa lente plongée dans la maladie, ni l'histoire de son frère trisomique, et sa mort aussi bête que tragique. Malgré une narration en je, l'ensemble est froid, distancié et n'a fait naître aucune émotion en moi. Je n'ai pas été mal à l'aise à l'évocation cynique par Matthew de son quotidien en hôpital psy, ni n'ai éprouvé une quelconque tristesse lors de la description de son mal-être après le décès de son frère. Rien. 
Alors certes, allez-vous me rétorquer, ce n'est pas parce que je ne pleure pas toutes les larmes de mon corps en lisant ce roman qu'il n'est pas bon. Soit. Mais pour ma part je suis restée spectatrice passive de ce drame, pas concernée une seconde par ces personnages si peu consistants. Même Matthew, protagoniste principal, demeure un personnage flou auquel il est difficile de s'attacher. Le fait qu'il prenne en charge la narration ne permet pas d'objectivité quant à sa personnalité mais le tout semble se résumer à sa schizophrénie et à son travail de deuil. Le traitement même de la maladie est rapide - puisque pris en charge par celui qui en souffre - et n'offre pas de point de vue intéressant sur la question.

Bref. Si le roman possède une originalité dans son traitement à la première personne, la magie n'a pas opéré pour moi. Une première lecture de cette rentrée littéraire à côté de laquelle je suis complètement passée, c'est indéniable.
D'autres avis, beaucoup plus enthousiastes : Azilis, Cajou, Dup et Radicale ne sont pas sorties indemnes de cette lecture.

Je tiens néanmoins à remercier les éditions  et  pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.

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13 octobre 2014

Carmilla, Sheridan le Fanu et Isabella Mazzanti

CarmillaCarmilla est une des oeuvres les plus connues de l'écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, auteur majeur du récit fantastique.
Publiée en 1872 et à l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'écrivain, elle paraît aujourd'hui en album illustré par l'italienne Isabella Mazzanti, dans la collection Métamorphose chez Soleil.

Laura vit seule avec son père, dans un château en Styrie. L'adolescente souffre de solitude et c'est avec un plaisir immense qu'elle voit sa vie bouleversée par l'arrivée au château de Carmilla, une jeune fille de son âge. Les deux adolescentes se lient rapidement d'amitié.
Mais les jours passants, des décès étranges se produisent dans les alentours. Et Laura fait des rêves étranges, remarquant au réveil de drôles de traces sur son corps. Une langueur peu à peu l'envahit...

Publié vingt-cinq ans avant le Dracula de Stoker, Carmilla est une nouvelle fondatrice dans le mythe du vampire à laquelle Bram Stoker rendra hommage et dont il reconnaîtra l'influence sur son oeuvre. Demeurée dans l'ombre de Dracula - à laquelle tout semble se référer, à tort - elle fait pourtant partie des textes qui participent de l'image du vampire telle que nous la connaissons et mérite une visibilité plus grande. Son adaptation en album en est l'occasion.
En grand maître du récit fantastique, Le Fanu offre ici à son lecteur une petite merveille très bien orchestrée. La gradation du suspense et de la peur au fil des pages est parfaitement maîtrisée et donne au lecteur l'impression d'un étau qui peu à peu se resserre autour du personnage de Laura. Le doute n'existe pas, quant à l'identité de l'auteur de ces crimes, bien entendu, et c'est avec impuissance que le lecteur regarde le châtelain et sa fille abriter le mal en leur sein et le protéger.
Mais l'intérêt de la nouvelle ne réside pas dans ce mystère mais dans l'influence de Carmilla sur Laura, son emprise sur elle - amicale, amoureuse, le doute persiste -, et la relation étrange qui naît entre les deux femmes. Au fur et à mesure des chapitres, le lecteur assiste au vampirisme de Carmilla, et regarde peu à peu Laura perdre ses forces, s'abîmer dans cette relation, s'y perdre, en se demandant si son entourage réagira à temps pour la sauver.
Figure féminine nimbée d'une aura mystérieuse et inquiétante, le personnage de Carmilla symbolise l'énigme, le mystère. De la nature humaine peut-être ? De la monstruosité de la condition humaine, qui sait ? Personnage silencieux, elle cristallise toutes les peurs et hante les pages comme le château et l'esprit de Laura. D'elle, le lecteur sait très peu. Mais sa présence est là, insaisissable et silencieuse.
Figure féminine du vampire qui ne s'attaque qu'à ses paires, Carmilla est et reste une énigme au fil des pages. S'amourachant de ses victimes pour mieux les vider de leur sang, les séduisant pour mieux les aliéner. Dangereuse, c'est certain, mais si belle. Si attachante. Si envoûtante...

Les illustrations d'Isabella Mazzanti transportent le lecteur dans cette nouvelle gothique inquiétante et ténébreuse à souhait. Le noir domine, notamment avec la chevelure de Carmilla, et se décline en nuances de gris - jusqu'au blanc - qui contrastent avec la seule couleur utilisée au fil des pages, le rouge. Le sang, mais aussi le côté virginal des jeunes filles, sont symbolisés par cette couleur, utilisée notamment en arabesques aux allures orientales, qui témoignent du parcours hétéroclite de l'illustratrice.  Quel plaisir visuel !
Les dessins complètent le texte, le dépassent parfois, l'interprètent souvent, pour mieux l'accompagner. Les personnages ont des allures de personnages de contes, avec leurs grands yeux expressifs et l'innocence qui semble se dégager des pages n'est qu'un leurre auquel le lecteur ne croit bien évidemment pas.
Vous l'aurez compris, l'
adaptation en album de cette nouvelle est en tous points splendide et je suis tombée sous le charme de Le Fanu, certes, mais aussi d'Isabella Mazzanti. C'est un objet visuellement très intéressant, dans lequel chaque détail est soigné, des pages de garde aux têtes de chapitre. Ouvrir cet album, c'est véritablement s'immerger dans la nouvelle gothique de Le Fanu. Une petite merveille ! A lire, relire, à offrir aux amateurs du genre ou à soi...
Challenge Halloween 

Voici ma première participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou, lue pendant le Marathon de lecture d'Halloween.

Une bande-annonce, plutôt que des planches, pour vous faire découvrir l'univers d'Isabella Mazzanti

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cette magnifique découverte.

ions pour cette lecture encore une fois très agréable. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.qwsqmTSg.dpuf

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17 juillet 2014

Le génie des coïncidences, J.W. Ironmonger

Le génie des coïncidencesLe génie des coïncidences est un roman de J.W. Ironmonger paru en juin 2014 chez Stock.

Thomas Post est un universitaire spécialisé dans la thèse des coïncidences. Tout événement n'est, selon lui, que le fruit du hasard et toute notion de coïncidence n'est qu'une interprétation de l'enchaînement de faits que ses calculs mathématiques déconstruisent.
Fort du succès de sa théorie, le jeune maître de conférence voit sa thèse mise à mal lorsqu'il rencontre Azalea Lewis, une jeune femme dont la vie entière semble régie par de curieuses coïncidences. Cette dernière le met au défi de lui prouver que sa thèse des coïncidences s'applique à sa drôle de vie.

Voilà un roman diablement rafraîchissant. J.W. Ironmonger entraîne son lecteur dans une intrigue à tiroirs à la fois temporels et géographiques. De 1982 à 2012, de Londres à l'Ouganda en passant par l'Irlande, Thomas va se lancer sur les traces du passé d'Azalea pour essayer de tester sa théorie sur son histoire personnelle.
Les chapitres se succèdent, alternant les époques de narration sans jamais perdre le lecteur, et ce dernier de suivre avec minutie le cheminement intellectuel du jeune universitaire pour voir si sa théorie n'est pas bancale.
L'émotion est au rendez-vous de cette intrigue qui allie fiction et Histoire - avec notamment les enlèvements d'enfants en Ouganda - et les rebondissements, nombreux, tiennent le lecteur en haleine.

J'ai lu ce roman d'une traite, dévorée par la curiosité, m'interrogeant au passage moi aussi sur cette étrange notion de coïncidences. Et si... Et si nos vies étaient dictées par quelque chose ? Et si le hasard n'existait pas ? Et si tout convergeait vers un point précis ? Et si, finalement, nous n'avions que peu de libre arbitre dans tout ça ? Et pour une fois, ça fait un bien fou de mettre de côté toute rationalité et de se poser en observateur de sa vie en ayant ces questions en tête...
Le génie des coïncidences est une lecture absolument délicieuse, savamment construite, dont je ne peux que vous conseiller la lecture.
Les avis de Cathulu et Clara
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Un grand merci aux Éditions Stock et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

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19 juin 2014

Je suis une vraie fille, Marion Malabre et Lulu Inthesky

Je suis une vraie filleJe suis une vraie fille est une BD adaptée du tumblr de Marion Malabre, illustrée par Lulu Inthesky et parue en mai 2014 aux Éditions Jungle. 

Trentenaire looseuse cherche l'amour désespérément à coup de situations cocasses et de galères amoureuses. Copines appelées en renfort, bien entendu ! 

Surfant sur la vague de Margaux Motin et Pénélope Bagieu, Marion Malabre signe ici une BD qui, si elle ne révolutionne pas le genre, est à la fois drôle et pétillante.
Auteur uniquement des textes, Marion Malabre collabore avec Lulu Inthesky pour les dessins. L'alliance de leurs deux univers offre à l'album une dynamique intéressante. Le style résolument contemporain de Lulu Inthesky illustre à merveille les textes de Marion Malabre et les deux se fondent pour mieux faire émerger l'humour.
Le principe d'un gag par planche est un exercice périlleux mais il est totalement maîtrisé ici (il suffit de jeter un oeil aux planches que je vous ai mises ci-dessous).
J'ai ri avec cet album, forcément un brin caricatural et qui a une légère odeur de déjà vu. On pense à Bridget Jones, évidement, et on se dit que la généralisation met un peu à mal la singularité de la gent féminine... Mais on se retrouve au détour d'une planche, et on éclate de rire. Alors qu'importe ?
Rien de révolutionnaire donc, dans cette BD, mais un bon moment de lecture, un album que l'on peut ouvrir à n'importe quelle page pour le plaisir d'une situation cocasse ou d'un gag rapide et efficace. Et personnellement, je ne crache jamais sur ces petits plaisirs. 

Merci aux Éditions Jungle et à Babelio pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique

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28 mai 2014

Ekhö Monde Miroir T.2 Paris Empire, Arleston et Barbucci

Ekhö Monde miroir TParis Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2013 chez Soleil.

Fourmille Gratule, qui a atterri par hasard sur Ekhö dans le premier tome, s'est installée dans le New York de ce monde miroir du nôtre où les dragons remplacent les moyens de transport et l'électricité n'existe pas. Gérante de l'agence artistique que sa tante lui a léguée, Fourmille doit se rendre à Paris avec Yuri, qui a malencontreusement atterri sur Ekhö lui aussi, et Grace, la secrétaire de l'agence, afin de négocier un contrat. Mais Fourmille est une nouvelle fois possédée et cette fois-ci c'est le fantôme du fils de Napoléon VII qui l'habite. Le mystère de sa mort doit être résolu pour que Fourmille retrouve sa personnalité...

J'avais adoré découvrir le premier tome de cette série, m'immergeant avec beaucoup de plaisir dans cet univers d'heroïc-fantasy très attachant. Le plaisir est intact à la lecture de ce deuxième opus.
L'intrigue esquissée dans le premier tome s'installe progressivement dans cette suite et s'ouvre toujours autant, promettant à la série des aventures rocambolesques.

Les dessins de Barbucci sont encore une fois magnifiques et les larges planches du Paris et du New York d'Ekhö sont un régal pour les yeux. Les détails sont très nombreux et particpent de cette ambiance particulière, à la fois légère et onirique.
L'humour est toujours aussi présent et permet de casser le côté classique de l'intrigue. Le duo formé par Fourmille et Yuri détonne toujours autant par son inadéquation et créé des situations toujours aussi cocasses.
Un deuxième tome prometteur, donc, qui permet d'ancrer la série davantage dans son univers miroir et tisse une intrigue qui s'annonce riche pour la suite.

Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette lecture encore une fois très agréable.

  Voici ma 65e participation  à la de Mango
 
et ma 53e au Top BD des blogueurs de Yaneck
  Top BD

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15 mai 2014

N'oublier jamais, Michel Bussi

N_oublier_jamais_Michel_BussiN'oublier jamais est le dernier roman de l'universitaire et politologue Michel Bussi publié le 7 mai 2014 aux Presses de la Cité. 

Jamal n'a qu'une jambe mais un rêve plutôt fou : participer à l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Pour cet éducateur de la Courneuve, aller s'entraîner à Yport, en Normandie, est une véritable chance. Mais cette semaine de congés va faire basculer sa vie. 
Alors qu'il s'entraîne sur la plus haute falaise d'Europe, Jamal tombe sur une jeune femme désespérée qui menace de sauter dans le vide. Jamal panique, essaye de la sauver. En vain. Traumatisé par ce suicide, il devient vite le suspect numéro un, le dernier à avoir vu la victime vivante. Et les enveloppes anonymes qu'il reçoit dans les jours qui suivent et qui établissent un parallèle entre cet accident et deux meurtres classés sans suite ne font rien pour le rassurer. 

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un roman policier avec autant de plaisir. Michel Bussi est un maître dans l'art de ficeler une intrigue des plus retorses et bien malin qui saura en démêler les écheveaux.
Dès le commencement, le doute s'insinue dans l'esprit du lecteur pour ne plus le quitter. Le récit est à la première personne, pris en charge par le personnage de Jamal et ce dernier affirme, au bout de quelques pages, qu'il est innocent, que les six jours qui ont suivi l'incident de la falaise ont été une véritable chasse à l'homme contre lui mais que tout se termine bien. Intriguant, ce début. Très intriguant même.
Habituée aux romans policiers et ayant en tête un célèbre titre d'Agatha Christie qui déjoue les codes du genre pour mieux endormir son lecteur, je me suis tenue sur mes gardes dès le début. J'ai douté de la parole de Jamal, douté de son honnêteté mais aussi de sa santé mentale. Et s'il était fou, comme il le craint tout au long du roman ? Et si sa parole n'avait aucune valeur parce que Jamal s'est perdu dans ses souvenirs, perdu dans ce qu'il croit avoir vu ? Comment savoir ? 
Et c'est là que c'est brillant ! Cette narration à la première personne n'offre qu'une vue particulière sur cette histoire - celle de Jamal - et pas une seule fois le lecteur ne peut réellement lui faire confiance. Les événements s'enchaînent sans que Jamal, anti-héros par excellence, n'y puisse quoi que ce soit. L'étau se resserre, les personnages secondaires gagnent en opacité et le lecteur est aussi perdu que le personnage. Et ce, jusqu'à un dénouement des plus intéressants !
Dévoré en trois jours, N'oublier jamais est un roman policier comme on aimerait en lire plus souvent. Loin des clichés habituels et s'affranchissant des codes du genre, il fait partie de ces romans qui estomaquent autant qu'ils troublent.  
D'autres avis : Enna, Kathel, Mara, Sandrine, etc.

Un grand merci aux Éditions Presses de la Cité et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique

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03 mai 2014

Otto l'accessoiriste, Vincent Zabus et Renaud Collin

Otto l'accessoiriste

Otto l'accessoiriste est un album écrit par Vincent Zabus et mis en images par Renaud Collin, paru en mars 2014 aux éditions Langue au chat.

Le papa de Léo est parti avant sa naissance. Sa maman est décédée et Léo a été placé dans un orphelinat. Depuis, il ne parle plus.
Un jour, Léo décide d'aller explorer une maison dans laquelle vit un vieil inventeur solitaire qui ne sort pratiquement pas de chez lui. Otto, c'est son nom, est en fait l'accessoiriste du pays des contes. C'est lui qui fabrique tous les objets magiques des contes de fées ! A ses côtés, et malgré le peu de mots échangés, ce dernier va beaucoup apprendre.

Otto l'accessoiriste est un très bel album qui aborde avec délicatesse la question du traumatisme de l'enfant. Muré dans son silence, le petit Léo souffre d'une situation qui semble insoluble. Le monde qui l'entoure n'est que souffrances et mocheté et l'avenir est sombre.
Sa rencontre avec Otto va lui permettre de dépasser ce stade mutique grâce à la présence rassurante de ce bonhomme un peu bourru mais d'une gentillesse sans pareille. Et l'univers dans lequel ce dernier entraîne Léo offre au garçonnet un cadre épanouissant malgré les dangers qui règnent.
Les dessins de Renaud Collin complètent à merveille le texte de Vincent Zabus et entraînent le petit lecteur dans un univers riche où les contes de fées sont prétextes à des bricolages farfelus et des dépassements de soi. Chaque double page est un régal pour les yeux et offre au lecteur une jolie façon de s'évader. Une très belle lecture, dès 6 ans.

Merci aux éditions pour l'envoi de cet album dans le cadre de l'Opération Masse critique organisée par Babelio

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Planche 2

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16 avril 2014

Léonard & Salaï T.1, Benjamin Lacombe et Paul Echegoyen

Léonard & Salaï, Benjamin Lacombe et Paul EchegoyenLéonard & Salaï est un album réalisé à quatre mains paru en mars 2014 dans la collection Noctambule chez Soleil. Benjamin Lacombe en signe le scénario, les dessins des personnages et le storyboard, aidé dans cette tâche par Paul Echegoyen qui signe de son côté les décors de l'album.

De Léonard de Vinci, tout le monde connaît ses oeuvres picturales emblématiques, son génie architectural et ses créations ingéniériques. Mais derrière ce mythe se cache un homme au quotidien agité par les troubles de son pays, détesté par ses pairs, profondément humaniste et végétarien avant l'heure, intensément marqué par l'histoire d'amour qu'il vécut pendant trente ans avec celui qu'il surnomme Salaï, son petit diable.
C'est le quotidien de cet homme au génie inégalé que cet album propose de découvrir. Entre amour et création, menaces et succès, Léonard de Vinci sous un autre angle. 

Ouvrir cet album, c'est plonger tel l'oiseau de la première page dans l'Italie du 16e siècle et s'immerger dans l'atelier du grand artiste de la Renaissance. Dominée par des teintes sépia et violines inspirées des travaux de l'artiste tels qu'on les connaît aujourd'hui, chaque double page est un enchantement qui permet une immersion certaine dans cette époque. 
Dans l'intimité de Léonard et Salaï, le lecteur découvre le quotidien de l'artiste, ses doutes et ses réflexions, et c'est avec brio que les deux auteurs de l'album s'approprient la vie de ce génie pour mieux nous la retransmettre.
Benjamin Lacombe excelle dans la reproduction des tableaux du maître, tout en y incorporant son style, tandis que Paul Echegoyen offre au lecteur l'opportunité de laisser de côté le XXIe siècle pour se plonger à corps perdu dans l'Italie de la Renaissance. Quelle émotion, pour moi qui reviens tout juste de Florence, de découvrir cette dernière sous la main habile de Paul Echegoyen !
L'album alterne les épisodes romancés de la vie de Léonard et reproductions des oeuvres sur lesquelles il travaille.
Oeuvre à quatre mains, certes, presque à  six mains même, tant Léonard hante ces pages et le travail autour de son œuvre est impressionnant.
Ouvrez cet album, oubliez notre époque. Glissez-vous sans bruit aux côtés du maître pour mieux le voir évoluer. Sentez l'odeur des huiles qu'il utilise. Émerveillez-vous de son talent. Écoutez-le disserter. Laissez chacun de vos sens s'imprégner de ces moments rares à ses côtés. Et une fois la dernière page tournée, accordez-vous un temps pour mieux savourer cette lecture. Un petit bijou.
A noter : à la fin de l'album, une interview des deux auteurs permet d'en savoir davantage sur leur collaboration. S'y ajoutent des visuels des différentes étapes de réalisation du projet et des repères historiques.

 

Planche 1

 

Planche 3

Planche 4

Un grand merci à Bénédicte et aux Éditions   pour cet album. Vivement le second tome de ce diptyque !

Voici ma 63e participation à la   organisée par Mango et ma 52e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

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23 mars 2014

Cette chère Sylvia... Dawn French

Cette chère SylviaCette chère Sylvia... est un roman de l'humoriste britannique Dawn French paru en France le 5 mars 2014 aux éditions de L'Archipel.

Un balcon, une mauvaise chute. Une femme étendue dans le coma. Chambre numéro 5, Sylvia. A son chevet défilent ses proches : son ex-mari, sa meilleure amie qui est aussi sa maîtresse, sa soeur, sa fille, son employée de maison. A chacun de leurs passages, tous se livrent, évoquent des souvenirs, font ressurgir des rancoeurs. Qui est finalement Sylvia ? Chacun en dresse un portrait parcellaire. Son portrait d'après sa relation à cette femme.

Cette chère Sylvia... est un roman divertissant, malgré son sujet en apparence lourd, et promet de bons moments de détente à son lecteur. Dawn French met en scène une galerie de personnages à la fois attachants - bien qu'un brin caricaturaux - et souvent décapants. Ils se succèdent au chevet de cette femme qui donne son nom au roman, mais qui n'est finalement qu'un prétexte à ce que tous se confient, et évoquent leurs souvenirs.
Si l'intrigue bascule à certains moments dans l'invraisemblable, l'émotion est néanmoins là, palpable au détour d'une page, dans cette histoire familiale finalement universelle. Non-dits et déchirements, rancoeurs et reproches, les visites à Sylvia sont l'occasion pour chacun de régler ses comptes avec celle-ci, son immobilité et son silence étant propices à délier les langues. Et si la mort qui plane autour de cette chambre numéro 5 apporte une gravité à l'intrigue, elle permet à chaque personnage de jouer sa partition à la perfection.
La narration alternée apporte une dynamique toujours appréciable. Chaque chapitre, pris en charge par l'un des proches de Sylvia, amène son lot de révélations et de souvenirs et tisse le fil d'une intrigue riche en rebondissements.
Une lecture drôle et piquante. L'occasion d'un bon divertissement. Un roman dévoré en deux jours et qui m'a séduite ! 

Je tiens à remercier Sibylle de LP Langages&Conseils et les éditions de  l'archipel pour ce roman.

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