Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

18 mai 2010

Le souffle des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211046FSLes romans qui mêlent fiction et histoire ? J'adore ! Les romans qui mêlent fiction et histoire pour les jeunes ? Je suis prudente quant à la qualité, mais quand elle est au rendez-vous, je ne peux que m'incliner...

Éléonore est née à Lille en 1852. Dotée d'une sensibilité musicale exceptionnelle récusée par son père, la jeune fille est envoyée chez sa tante à Paris pour débuter son apprentissage de lingère. Elle repère très vite, rue Saint Georges, la boutique de monsieur Sax, remplie de cuivres en tous genres. Téméraire, la jeune fille se travestie en garçon pour travailler dans les ateliers de cet inventeur d'instruments de musique. Sa supercherie découverte, elle intègre alors la fanfare des Tourterelles, uniquement composée de femmes, et dirigée par le frère de monsieur Sax. Débute alors pour la jeune fille une vie remplie de rencontres et de musique à Montmartre.
Mais les événements de la Commune viennent bouleverser ce fragile équilibre... Et lorsque l'Exposition Universelle est organisée à Paris en 1878 et qu'un trompettiste américain entre dans la vie d'Éléonore, tout chancelle...

Je me suis laissée entraîner dans le tourbillon de cette intrigue, vibrant au son des cuivres de la fanfare féminine des Tourterelles. Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas mêlent avec brio l'histoire de la France au 19e avec l'histoire du saxophone et autres cuivres, le tout au service d'une intrigue fictive haute en couleurs. Il est rare, dans un roman, que le thème de l'histoire de la musique et de ses instruments soit abordé. Pour ma part, il me manquait des jalons pour me repérer dans ce domaine, jalons construits grâce aux détails historiques de ce roman, précis sans être lourds. C'est le principal atout de ce roman, à mon sens : s'engager dans une voie que peu empruntent et le faire sans didactisme aucun.
Les personnages ont une psychologie suffisamment développée pour permettre au lecteur une identification certaine.  Eléonore est une jeune héroïne courageuse, portée par son amour de la vie et de la musique. Sur son parcours, elle croise de nombreux mentors qui sauront la guider dans ses choix et l'aider à affermir son caractère et ses convictions politiques pour ne pas se perdre dans l'obscurité des affrontements de la Commune. Aux personnages imaginés par l'auteur se superpose les figures historiques de cette époque, comme Hector Berlioz, Alexandre Dumas ou encore Napoléon
III.

L'intrigue de ce premier opus est intéressante et imprévisible, la lecture est très fluide et les années filent pour le personnage d'Éléonore, au gré de l'Histoire et de ses rencontres. Il fait bon vivre à Montmartre en compagnie de ces personnages mélomanes et bohèmes.
Pour ma part, je continue mon voyage à la Nouvelle-Orléans avec Le Swing des Marquises, où Éléonore... Mais chut !  Je n'en dirai pas plus !
J'inscris bien entendu cette lecture dans le Challenge Des notes et des mots d'Anne
challenge-Des-notes-et-des-mots-4
Je tiens à remercier chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série. Quelle belle découverte ! Pour jeter un œil sur leur site, c'est par ici, et pour voir leur page Facebook, consacrée uniquement aux livres, c'est par là !

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15 mai 2010

La cité perdue de Z, David Grann

9782221112076FSAvis aux amateurs d'Indiana Jones et autres archéologues en quête de civilisations oubliées : La cité perdue de Z est fait pour vous ! Je n'y ai moi même pas résisté...

En 1925, le monde perdait la trace de Percy Harrison Fawcett, un explorateur anglais passionné par l'Amazonie et ses trésors cachés. Toute sa vie durant, cet homme, d'une constitution hors du commun, a tenté de découvrir une civilisation antique dans l'immensité de la forêt amazonienne. Cette cité, qu'il baptisera "Z", sera le point de départ de bons nombres d'explorations périlleuses. Armé d'une machette et s'aidant d'une boussole et de cartes, l'explorateur est de ceux qui préfèrent une équipe restreinte, sans animal de trait ni technologie, pour s'enfoncer dans la forêt. D'un tempérament passionné, Fawcett sera parfois considéré comme tyrannique par ceux qui l'accompagnent et qui n'ont pas sa résistance  face aux dangers de cet environnement.
Malgré de nombreuses expéditions toutes aussi périlleuses les unes que les autres, celle de 1925 sonnera le glas pour Fawcett : l'Amazonie et ses dangers prendront le dessus sur l'homme et ceux qui l'accompagnent. La disparition de l'explorateur mondialement connu passionnera les foules et bon nombres d'expéditions seront menées pour le retrouver.
En 2004, près de quatre-vingts ans plus tard, le journaliste new-yorkais David Grann se plonge avec ferveur dans l'histoire de Fawcett et décide de se lancer sur ses traces et tenter de comprendre ce qui lui est arrivé...

Êtes-vous prêts à plonger en plein cœur de l'Amazonie et vivre au rythme des expéditions de Fawcett ? Ce documentaire est absolument incroyable ! Moi qui aimais bien les aventures d'Indiana Jones, aussi bien pour leur aspect archéologique (bien que fictif) que pour le côté périlleux de l'exploration, j'étais à dix mille lieues de penser à tout ce qu'impliquait une expédition dans des contrées inconnues.
Le côté hostile de la nature ne m'avait bien sûr pas échappé, même si j'étais loin de me douter du nombre de dangers qui guettaient un explorateur, notamment avec les insectes (entre les asticots qui grandissent sous la peau, les tiques qui font infecter les plaies, les nuées de moustiques qui piquent chaque centimètre carré de peau qui dépasse...), la forêt elle-même (les marécages plein de piranhas mais aussi de poissons tout petits qui s'insèrent dans les orifices corporels et s'accrochent à la peau en vidant l'organisme de son sang....) ou encore les peuplades qui vivent reculées dans la forêt et regardent arriver avec méfiance des explorateurs.
David Grann emmène le lecteur entre le passé et le présent, relatant avec beaucoup de précision l'étendue des recherches menées au début du XXe par divers explorateurs, dont Fawcett. Le récit des expéditions du célèbre explorateur, très détaillé grâce aux multiples références que l'auteur a pu glaner au fil de ses recherches, permet au lecteur de s'immerger complétement dans le projet fou de découvrir cette mystérieuse cité. Le lecteur n'attend qu'une seule chose : savoir si oui ou non Fawcett avait raison de croire en l'existence de vestiges d'une civilisation en plein cœur de l'Amazonie, et si David Grann, qui s'enfonce lui même dans cette forêt hostile près de quatre-vingts ans après, en trouvera la trace.

Je n'ai pas pu lâcher ce livre, encore une fois, passionnée par le récit de la vie de cet homme à la volonté hors du commun et par l'engouement qu'il a su faire susciter à son égard au fil des années. David Grann a réalisé ici un travail de recherche considérable et nous donne à lire un récit extrêmement documenté, tant historiquement que scientifiquement. A lire pour en savoir plus sur cet explorateur génial autant que monomaniaque, mais aussi en apprendre un peu plus sur l'histoire de la cartographie d'une partie de l'Amérique latine et les progrès techniques de cette époque.

Sans_titre_2J'avoue, nouveau coup de cœur pour cette année, le septième. Je n'ai pas su résister ni au travail fourni par David Grann pour la rédaction de ce livre, ni aux références bibliographiques très précises qu'il indique en fin d'ouvrage ni à la forme qu'il a choisie pour nous relater le fruit de ses recherches.
Je remercie 47286519et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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07 mai 2010

L'héritage Boleyn, Philippa Gregory

9782809801750FSJe n'ai pas su résister à ce roman historique, et ce, pour deux raisons : tout d'abord parce qu'il a été écrit par Philippa Gregory, que je ne connaissais pas avant de savoir qu'elle était l'auteure de Deux sœurs pour un roi, dont j'avais beaucoup apprécié l'adaptation cinématographique ; ensuite parce que l'intrigue se déroule à la cour d'Henry VIII, en Angleterre, et que j'adore ce pays et son histoire. Pour combler mes lacunes dans ce domaine, je me suis donc lancée avec plaisir dans la lecture de ce roman historique !

Angleterre, 1539. Henry VIII s'unit avec Anne de Clèves afin de faire alliance avec les Protestants, en ces temps troublés. Sa jeune épouse, la quatrième après Catherine d'Aragon, Anne Boleyn et Jane Seymour, a beaucoup de difficultés à s'adapter à la vie de la cour, troublée par la barrière linguistique qui l'isole du monde qui l'entoure. A ses côtés, Jane Boleyn, belle-soeur par alliance d'Anne Boleyn, la seconde dans le monde impitoyable de la cour, accompagnée par Catherine Howard, une jeune fille d'une fraîcheur dangereuse... Dans cet univers où chacun tente de s'approcher du pouvoir, les femmes subissent, en silence, les manigances et autres complots.

L'héritage Boleyn est un très bon roman historique dans lequel la part fictionnelle est  somme toute relative : Philippa Gregory centre son propos sur les événements historiques et les relate avec beaucoup de précision ( bien que le résultat soit en définitive une fiction). Le lecteur s'immerge alors dans ces temps troublés de conflits religieux qui prennent vie sous la plume de cette auteure.
L'alternance des points de vue dans chacun des chapitres offre une perspective de lecture dynamique. Les trois femmes principales de ce roman - Anne de Clèves, Jane Boleyn et Catherine Howard - prennent en charge, chacune leur tour, un pan de l'intrigue. Philippa Gregory a le talent de nous faire oublier que derrière le récit de ces événements se cache un écrivain qui s'inspire d'éléments historiques. Le choix de donner la parole à trois femmes dans ce roman permet de mettre en parallèle leur rôle dans l'Histoire, souvent relégué au simple statut de machine à fabriquer des héritiers pour la couronne. Malgré leurs caractères ou leurs désirs, les trois personnages principaux ne sont finalement que des pions entre les mains d'un souverain tyrannique s'il en est, inconstant et à tendance paranoïaque. M'intéressant ces derniers temps à la condition féminine dans l'Histoire,
j'ai passé un très bon moment de lecture, me penchant sur ce pays que j'aime tant.

Je remercie 47286893 et les éditions logo pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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04 mai 2010

L'enfant des cimetières, Sire Cédric

9782842283575FSJ'avoue : quand j'ai vu la mention "thriller gothique" de l'éditeur, je me suis vraiment demandé ce qu'il en était. Je ne connaissais absolument pas Sire Cédric et me suis donc lancée dans cette lecture avec la plus grande d'objectivité possible (enfin, dans la mesure où celle-ci est réellement possible...)

Un tragédie familiale vient d'être commise : un fossoyeur d'une trentaire d'années, pris d'un étrange coup de folie, a abattu froidement son épouse et ses deux enfants avec une carabine, avant de se donner la mort.
David, photographe pour un quotidien, se rend immédiatement sur place pour couvrir l'événement avec Aurore, sa collègue journaliste. Le crime est d'une atrocité sans nom.
Les journaux s'emparent de cette affaire, tandis que la police récolte un indice de taille : un individu a assisté au massacre. Il s'agit du neveu du fossoyeur, âgé de dix-neuf ans. Mais ce dernier ne laisse pas à la police le temps de le retrouver et commet une fusillade meurtrière dans un hôpital, tuant au passage Kristel, la compagne de David.
Effondré, celui-ci tente par tous les moyens de comprendre  quelle folie s'est emparée de ces deux hommes. Mais en cherchant à y voir plus clair, David va se confronter aux forces occultes et à la fameuse légende urbaine de l'enfant des cimetières...

Bon, je vous le dis tout de suite : j'ai dévoré ce roman en une journée. Les thrillers me font toujours cet effet là : qu'ils soient bons ou mauvais, je ne peux jamais les lâcher.
N'étant absolument pas spécialiste de ce genre littéraire, j'ai du mal à juger ce type de lecture au regard de références précises ou de lectures antérieures avec lesquelles elles sont susceptibles de résonner. Je peux uniquement parler de ce que j'ai ressenti à cette lecture.
En réponse à ma curiosité pour la dénomination "thriller gothique", beaucoup d'éléments noirs et teintés d'ésotérique parsèment l'intrigue : la légende urbaine de l'enfant des cimetières - un adolescent albinos qui apparaît dans les cimetières et les morgues et qui s'insinue dans l'oeil de celui qui le regarde et le pousse au suicide -, les divers rituels, de sorcellerie, les développements autour des démons et des forces occultes, etc. Rien de rationnel donc, dès le début, mais c'est un pacte de lecture que Sire Cédric passe avec son lecteur dès son prologue. Qui rejette les mondes parallèles et le paranormal pose ce livre tout de suite !
L'ayant lu d'une traite, je n'ai pas eu l'impression que l'intrigue souffrait de longeurs. Le rythme est rapide, les événements s'enchaînent au pas de course et le suspense est dispensé efficacement au fil des pages.  La plume de Sire Cédric est très cinématographique et permet au lecteur de parfaitement se représenter tant les décors que les scènes de ce thriller. La psychologie des personnages principaux est suffisamment approfondie pour permettre une identification à ceux-ci, même si on peut regretter le manque de vraisemblance lorsque le personnage principal, alors en plein deuil de sa compagne, se jette à corps perdu dans la résolution de l'enquête morbide. Certains argumenteront qu'il est poussé à agir ainsi par les apparitions de Kristel et les conseils qu'elle lui prodigue pour l'aiguiller.
En résumé, un bon moment de lecture, malgré néanmoins des passages  que j'ai trouvés vraiment gore, notamment  toutes ces  énucléations et ces meurtres tous plus atroces les uns que les autres.
A savoir avant d'ouvrir ce livre !

Je tiens à remercier 51760138_p et les Editions logo_lepreauxclercs pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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23 avril 2010

Des ambitieux, Isabelle Siac

9782709635011_1_75J'ai été très surprise de découvrir le premier roman d'Isabelle Siac, auteure mais aussi psychothérapeute et psychologue, intitulé Des Ambitieux.

Jean est le patron d'une multinationale très importante. Sa vie est rythmée par le microcosme qu'il gère d'une main de maître. Le jour où il rencontre Angélique, une jeune ado boulimique et mal dans sa peau, son ennui disparaît, intrigué qu'il est par cette rencontre riche en émotions. Les événements s'enchaînent alors et vont rompre la monotonie de sa vie...

Très intriguée par ce roman, j'ai eu énormément de mal à rentrer dedans. Le monde de l'entreprise, très présent et décrit avec brio par l'auteur, est un univers qui m'est étranger et dont les codes, tant psychologiques que sociaux, ne m'intéressent pas. De longues descriptions de réunions avec analyses des rôles et places de chacun au sein de la multinationale s'égrainent au fil des pages, ce qui m'a souvent paru long et ennuyeux. L'emploi d'une terminologie propre au monde de l'entreprise m'a également perdue en chemin voire agacée, obligée que j'étais de lire fréquemment les notes de bas de page traduisant les nombreux anglicismes utilisés.
L'intrigue en elle-même est intéressante mais vite gangrénée par les longs passages sur les codes de l'entreprise. L'auteur a de solides connaissances dans ce domaine mais je ne me suis pas laissée emporter dans cet univers.
Enfin, les personnages ne sont nullement attachants, bien que je ne pense pas que ça ait été un but poursuivi par l'auteur.
Bref, un roman dont la lecture a été pesante pour moi et qui ne m'a pas transportée outre mesure.
Je remercie 47286519 et les Éditions
Capture pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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20 avril 2010

Le mystère de la maison Aranda, Jeronimo Tristante

couv71970536Je viens de terminer Le mystère de la maison Aranda, bien heureuse de découvrir ce roman policier dont j'avais entendu parler il y a quelques temps.

Madrid, 1877. Victor Ros vient d'être promu sous-inspecteur. Pour cet ancien voleur à la tire, cette promotion est le résultat d'un dur labeur. Mais au moment où il rentre dans sa nouvelle fonction, deux affaires attirent son attention : des prostituées se font assassiner d'un coup de poignard dans le ventre, tandis que dans le même temps une jeune femme agresse son mari en pleine nuit, après avoir lu un passage de La Divine Comédie...

Très enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture, mon entrain s'est affaibli au fur et à mesure de celle-ci... Le rythme de l'intrigue est très lent (une centaine de pages pour que l'histoire se mette en place), les personnages sont peu consistants et une abondance de dialogues parfois stériles et redondants parsèment le texte. Bref, un enthousiasme de plus en plus mou de mon côté, mais j'ai néanmoins poursuivi ma lecture.
Sauf que... Sauf que l'évocation des meurtres des prostituées , qui survient très tôt dans le roman, m'a bien évidemment fait penser à Jack l'Éventreur, transposant le drame à Madrid. Cet aspect de l'intrigue m'a fortement déplu, me faisant suspecter l'auteur de manquer d'imagination...
Et l'allusion à l'œuvre de Dante m'a complètement refroidie. Toute l'intrigue repose sur la question de la prétendue malédiction de la maison où la jeune femme agresse son mari, et le lien avec le livre démoniaque qu'elle lisait : La Divine Comédie. Depuis quelques années, une malédiction semble frapper les habitants de la maison Aranda et pousser les épouses à poignarder leurs maris. Et à chaque fois, l'œuvre de Dante se trouve à leurs côtés, sur la scène du crime. J'ai vraiment eu beaucoup de mal à adhérer au raisonnement de l'auteur et n'ai jamais été entraînée dans le côté fantastique dont il a teinté son roman.
L'intrigue est simple, trop simple pour un lecteur averti de romans policiers, les révélations sont courues d'avance et les personnages ont une psychologie développée a minima. Le duo que forme Victor Ros avec son collègue ressemble à une pâle copie de Sherlock et Watson, appliquant avec soin la méthode développée par Doyle :  observation et déduction.
Bref, après un dénouement ô combien prévisible, j'ai refermé ce roman en me disant qu'outre le voyage dans le Madrid de la fin du XIXe, il ne m'avait pas beaucoup apporté... Dommage ! C'est vraiment rare que je ne n'accroche pas avec un "Grand détective" de 10/18...
Je remercie néanmoins  
47286893 et la collection 10/18 pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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18 avril 2010

Les vestiges de l'aube, David S. Khara

lueurs01Reçu cette semaine, j'ai dévoré d'une traite Les Vestiges de l'aube, premier  roman de David S. Khara. Et je n'ai pas été déçue !

Barry Donovan, flic New Yorkais, est empêtré dans une enquête pour meurtre. Depuis les attentats du 11 septembre, sa vie est brisée et le désespoir le submerge.
Sa rencontre avec Werner Von Lowinsky, sur internet, redonne un sens à sa vie. Son interlocuteur est une oreille bienveillante et sa présence virtuelle est apaisante.
Mais ce que Barry ignore, c'est que Werner  n'est pas un homme comme les autres... Werner est un vampire. Un vampire vivant reclus dans le sous-sol de son ancienne propriété. Et sa rencontre avec Barry lui insuffle un regain de vitalité et d'humanité très grisant. Les deux hommes s'entraident au gré de leurs discussions régulières, et entre eux naît une amitié peu commune...

Autant vous le dire tout de suite, je me suis régalée avec ce roman ! Et pourtant, les vampires  dans la littérature et moi... Surtout en ce moment avec cette déferlante de bit-lit plus ou moins réussie... Bref, disons que je suis une lectrice exigeante avec ce thème !
Et avec ce thriller, j'ai été satisfaite au-delà de ce que j'espérais ! Le personnage de Werner, le vampire, est doté d'une humanité rare, de sentiments d'empathie et de compassion étonnants. L'intrigue, centrée sur les deux personnages principaux, avance à bon rythme, tout en laissant une grande place à la psychologie de Barry et Werner.
Ces deux personnages en souffrance trouvent un réconfort inattendu dans leur correspondance virtuelle quasi quotidienne. La lecture est fluide, les chapitres alternant la focalisation sur l'un ou l'autre (symbolisée par une police en italique ou non).
On est loin du mythe du vampire gothique, écumant les cimetières et saignant avec délectation de pauvres humains, victimes faciles et inoffensives. Werner est un vampire très humain, dont la vie a pris fin lors de la guerre de Sécession, et qui cherche, désormais, à reconquérir ses sentiments et un semblant de vie. Sa rencontre avec le personnage de Barry, brisé par la tragédie des Tours jumelles, va être le déclic dans son éternité d'inaction et d'attente.
Un excellent thriller qui modernise le mythe du vampire sans céder à la facilité. Un vampire qui se nourrit tous les cinq ans, raffole d'électro-ménager et navigue sur le web, quelle bonne idée !
Dernière interrogation, et non des moindres : à quand la suite Monsieur Khara ?? Je l'attends avec impatience !
Je remercie 47286893 et les Éditions Rivière Blanche pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. Et je remercie David S. Khara de m'avoir dédicacé son livre !

"Je me nomme Werner Von Lowinsky. Mon père était prussien et ma mère française. Mélange ô combien explosif si l'on se replace dans le contexte historique de mes jeunes années. Je suis né en 1812 à New York. Je suis un vampire. Voilà. Croyez-moi ou pas, craignez-moi ou pas, peu importe. Les choses sont ainsi." (p.11)

"Bien loin des caricatures décrivant des goules putrides, je corresponds plus à l'image d'un dandy qu'à celle d'un cadavre décomposé." (p.11)

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15 avril 2010

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

le_cercle_litteraire_des_amateurs_depluchures_de_patates1Je viens de terminer Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, roman largement plébiscité par les lecteurs ces derniers temps. Malheureusement, son auteure, Mary Ann Shaffer, n'aura  pas eu le temps de voir son livre publié, décédant en 2008 à l'âge de 74 ans.

Janvier 1946. Juliet, jeune auteure en mal d'inspiration, reçoit un matin une lettre d'un inconnu de l'Île de Guernesey, ayant en sa possession un recueil de textes qui lui a appartenu.
Désireux d'en savoir plus sur Charles Lamb, l'auteur du recueil, Dawsey Adams demande à Juliet de le mettre en contact avec une librairie londonienne, ce que la jeune femme fait avec joie. Les échanges cordiaux entre les deux personnages se poursuivent au fil des semaines, allant jusqu'à s'élargir aux autres habitants de Guernesey...
Au fil de sa correspondance, Juliet va pénétrer dans l'intimité des habitants de cette petite île, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et découvrir leur fameux cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates... Au point de vouloir quitter Londres pour découvrir Guernesey et ses habitants...

Quelle plume agréable ! D'une lecture fluide, ce roman me laisse une très bonne impression, une fois la dernière page tournée.
La forme épistolaire, si elle ralentit l'action en différant les événements, permet d'apporter un rythme particulier à l'intrigue, lent sans être ennuyeux.  Pourtant pas adepte de cette forme littéraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture !
Les différents personnages dépeints par les auteures ont une psychologie relativement développée, avec la particularité d'être esquissées par les autres personnages au fil des lettres. L'idée de faire débuter la correspondance de Juliet avec un seul habitant de Guernesey puis d'étendre celle-ci à quasiment tous les habitants de l'île, permet d'avoir un panel de personnages très intéressant. Chacun raconte ses souvenirs de guerre, sans jamais tomber dans un pathos larmoyant, malgré quelques anecdotes dures. Le ton est délibérément joyeux, malgré le sujet.
En parallèle de cette correspondance qui va nourrir son sujet d'écriture, Juliet relate ces événements à Sidney, son éditeur, et Sophie, la sœur de celui-ci, permettant au lecteur de combler les ellipses de la narration.
Il fait bon vivre à Guernesey, et ce roman, à la fois léger et drôle, permet de passer un très bon moment de lecture, à mi -chemin entre l'évasion sur cette île et les témoignages de guerre.
Je remercie 51373085 de m'avoir envoyé ce roman.47287542

Et hop ! Une lecture de plus pour Mon challenge Livraddict ! 4/10

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04 avril 2010

L'écho des morts, Johan Theorin

couv69435149Je viens de terminer L'écho des morts, sacré Prix du meilleur polar suédois en 2010. J'étais assez enthousiaste à l'idée de cette lecture...

Lîle d'Öland, au Sud Est de la Suède. Joakim, sa femme Katrine et leurs deux enfants ont décidé de quitter Stockholm pour s'installer à Aludden, une ancienne demeure de gardien de phare. L'endroit est immense et isolé, mais la famille se plaît dans ce havre de paix.
Jusqu'au jour où une catastrophe se produit. Joakim, de retour de Stockholm, apprend par téléphone qu'un membre de sa famille vient de se noyer. Affolé, il rentre chez lui et découvre  avec horreur la victime de ce drame...
Anéanti par cette perte, le père de famille tente de faire face en rénovant la vieille bâtisse. Mais tandis que d'étranges voix surgies de nulle part le font frémir, sa fille, Livia, semble communiquer avec l'au-delà à travers ses rêves...

Au début de ma lecture, j'oscillais entre l'enthousiasme et la crainte de tomber dans un roman fantastique où les morts communiquent avec les vivants... Étant relativement rationnelle et pragmatique, l'ennui a commencé à pointer en même temps que les évocations diverses de fantômes...
Heureusement, et sans vous révéler pour autant l'intrigue complète de ce roman, libre au lecteur d'interpréter ces mentions de l'au-delà... J'ai donc poursuivi ma lecture avec plaisir !
Johan Theorin, que je lisais pour la première fois, emmène son lecteur dans une Suède aussi frigorifiante qu'inquiétante. La tourmente
- spectaculaire tempête de neige inattendue - menace les personnages, tandis que l'intrigue avance pas à pas.
Le rythme est assez lent, la narration alterne les focalisations sur les personnages principaux, menant ainsi plusieurs intrigues en parallèle.
L'intrigue principale est assez pesante : un père de famille fait face à un deuil en le niant totalement, allant jusqu'à continuer à mettre quatre assiettes pour le repas de Noël, tandis que derrière son dos se nouent plusieurs histoires que l'on soupçonnent liées. Les divers personnages ont une psychologie intéressante et bien développée.
J'ai passé un bon moment de lecture, me laissant engourdir dans cette atmosphère froide et venteuse, évoluant doucement au rythme de l'intrigue et des personnages. Seul bémol, le dénouement, assez rapidement traité, que j'ai trouvé un peu invraisemblable et qui a décrédibilisé à mes yeux tout ce qui précède...

Je remercie   47286519  et les éditions  logo_haut pour cette livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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02 avril 2010

Princesse de l'ombre, Indu Sundaresan

Princesse_de_l_ombre_m_1266937049Voilà un roman à la première de couverture vraiment magnifique (et pourtant, je ne m'attache  pas à l'aspect des livres en général...)

Inde, 1631. L'impératrice Mumtaz Mahal vient de mourir en couche, laissant son mari, l'empereur Chah Jahan, régner seul, entouré de ses sept enfants. Fou de douleur, celui-ci décide de construire un mausolée à la mémoire de celle qui a partagé sa vie, un mausolée en marbre blanc, un mausolée de lumière... Le futur Taj Mahal.
Accablé de chagrin, l'empereur décide de se retirer du pouvoir, laissant à l'un de ses fils le soin de gouverner, et gardant auprès de lui, ses deux filles en âge de se marier. Entre les frères, les animosités font rage pour accéder au trône, tandis que Jahanara et Roshanara, les deux sœurs, mènent une lutte silencieuse pour conquérir le même homme.

J'attendais beaucoup de cette lecture, adorant l'Inde et la littérature qui lui est consacrée. Et je dois dire que je n'ai pas vraiment été emballée. Sous couvert d'une fresque historique pourtant très documentée, Indu Sundaresan ne parvient pas à donner à son roman une dimension individuelle. Les personnages sont certes bien esquissés mais le roman file sans qu'elle nous donne réellement à voir leur quotidien ou leur intériorité. Les années s'égrainent au fil des chapitres, s'intéressant en premier lieu à la construction du fameux mausolée, et donnant à voir très rapidement l'évolution des personnages.
Très centré finalement sur les événements historiques, ce roman se compose d'une part fictionnelle vraiment minime. Au cours de ma lecture, j'ai eu uniquement l'impression de lire un roman historique se penchant sur cette période qu'une fiction se fondant sur un pan du passé et brodant sur les événements personnels autour, comme le laisse sous-entendre le résumé de la quatrième. Au final, peu de détails sur l'Inde, ses coutumes ou encore ses mœurs et les personnages et leurs histoires individuelles...

J'ai néanmoins passé un bon moment de lecture, connaissant peu le contexte socio-historique de la construction du Taj Mahal, mais je dois avouer que ce roman ne m'a pas vraiment captivée...

Logo__2_J'inscris bien évidemment cette lecture dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde.

D'autres avis de blogolecteurs : Hilde, Tinusia et Latite.

Je remercie 47286893 et les éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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