Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

18 avril 2010

Les vestiges de l'aube, David S. Khara

lueurs01Reçu cette semaine, j'ai dévoré d'une traite Les Vestiges de l'aube, premier  roman de David S. Khara. Et je n'ai pas été déçue !

Barry Donovan, flic New Yorkais, est empêtré dans une enquête pour meurtre. Depuis les attentats du 11 septembre, sa vie est brisée et le désespoir le submerge.
Sa rencontre avec Werner Von Lowinsky, sur internet, redonne un sens à sa vie. Son interlocuteur est une oreille bienveillante et sa présence virtuelle est apaisante.
Mais ce que Barry ignore, c'est que Werner  n'est pas un homme comme les autres... Werner est un vampire. Un vampire vivant reclus dans le sous-sol de son ancienne propriété. Et sa rencontre avec Barry lui insuffle un regain de vitalité et d'humanité très grisant. Les deux hommes s'entraident au gré de leurs discussions régulières, et entre eux naît une amitié peu commune...

Autant vous le dire tout de suite, je me suis régalée avec ce roman ! Et pourtant, les vampires  dans la littérature et moi... Surtout en ce moment avec cette déferlante de bit-lit plus ou moins réussie... Bref, disons que je suis une lectrice exigeante avec ce thème !
Et avec ce thriller, j'ai été satisfaite au-delà de ce que j'espérais ! Le personnage de Werner, le vampire, est doté d'une humanité rare, de sentiments d'empathie et de compassion étonnants. L'intrigue, centrée sur les deux personnages principaux, avance à bon rythme, tout en laissant une grande place à la psychologie de Barry et Werner.
Ces deux personnages en souffrance trouvent un réconfort inattendu dans leur correspondance virtuelle quasi quotidienne. La lecture est fluide, les chapitres alternant la focalisation sur l'un ou l'autre (symbolisée par une police en italique ou non).
On est loin du mythe du vampire gothique, écumant les cimetières et saignant avec délectation de pauvres humains, victimes faciles et inoffensives. Werner est un vampire très humain, dont la vie a pris fin lors de la guerre de Sécession, et qui cherche, désormais, à reconquérir ses sentiments et un semblant de vie. Sa rencontre avec le personnage de Barry, brisé par la tragédie des Tours jumelles, va être le déclic dans son éternité d'inaction et d'attente.
Un excellent thriller qui modernise le mythe du vampire sans céder à la facilité. Un vampire qui se nourrit tous les cinq ans, raffole d'électro-ménager et navigue sur le web, quelle bonne idée !
Dernière interrogation, et non des moindres : à quand la suite Monsieur Khara ?? Je l'attends avec impatience !
Je remercie 47286893 et les Éditions Rivière Blanche pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. Et je remercie David S. Khara de m'avoir dédicacé son livre !

"Je me nomme Werner Von Lowinsky. Mon père était prussien et ma mère française. Mélange ô combien explosif si l'on se replace dans le contexte historique de mes jeunes années. Je suis né en 1812 à New York. Je suis un vampire. Voilà. Croyez-moi ou pas, craignez-moi ou pas, peu importe. Les choses sont ainsi." (p.11)

"Bien loin des caricatures décrivant des goules putrides, je corresponds plus à l'image d'un dandy qu'à celle d'un cadavre décomposé." (p.11)

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15 avril 2010

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

le_cercle_litteraire_des_amateurs_depluchures_de_patates1Je viens de terminer Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, roman largement plébiscité par les lecteurs ces derniers temps. Malheureusement, son auteure, Mary Ann Shaffer, n'aura  pas eu le temps de voir son livre publié, décédant en 2008 à l'âge de 74 ans.

Janvier 1946. Juliet, jeune auteure en mal d'inspiration, reçoit un matin une lettre d'un inconnu de l'Île de Guernesey, ayant en sa possession un recueil de textes qui lui a appartenu.
Désireux d'en savoir plus sur Charles Lamb, l'auteur du recueil, Dawsey Adams demande à Juliet de le mettre en contact avec une librairie londonienne, ce que la jeune femme fait avec joie. Les échanges cordiaux entre les deux personnages se poursuivent au fil des semaines, allant jusqu'à s'élargir aux autres habitants de Guernesey...
Au fil de sa correspondance, Juliet va pénétrer dans l'intimité des habitants de cette petite île, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et découvrir leur fameux cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates... Au point de vouloir quitter Londres pour découvrir Guernesey et ses habitants...

Quelle plume agréable ! D'une lecture fluide, ce roman me laisse une très bonne impression, une fois la dernière page tournée.
La forme épistolaire, si elle ralentit l'action en différant les événements, permet d'apporter un rythme particulier à l'intrigue, lent sans être ennuyeux.  Pourtant pas adepte de cette forme littéraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture !
Les différents personnages dépeints par les auteures ont une psychologie relativement développée, avec la particularité d'être esquissées par les autres personnages au fil des lettres. L'idée de faire débuter la correspondance de Juliet avec un seul habitant de Guernesey puis d'étendre celle-ci à quasiment tous les habitants de l'île, permet d'avoir un panel de personnages très intéressant. Chacun raconte ses souvenirs de guerre, sans jamais tomber dans un pathos larmoyant, malgré quelques anecdotes dures. Le ton est délibérément joyeux, malgré le sujet.
En parallèle de cette correspondance qui va nourrir son sujet d'écriture, Juliet relate ces événements à Sidney, son éditeur, et Sophie, la sœur de celui-ci, permettant au lecteur de combler les ellipses de la narration.
Il fait bon vivre à Guernesey, et ce roman, à la fois léger et drôle, permet de passer un très bon moment de lecture, à mi -chemin entre l'évasion sur cette île et les témoignages de guerre.
Je remercie 51373085 de m'avoir envoyé ce roman.47287542

Et hop ! Une lecture de plus pour Mon challenge Livraddict ! 4/10

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04 avril 2010

L'écho des morts, Johan Theorin

couv69435149Je viens de terminer L'écho des morts, sacré Prix du meilleur polar suédois en 2010. J'étais assez enthousiaste à l'idée de cette lecture...

Lîle d'Öland, au Sud Est de la Suède. Joakim, sa femme Katrine et leurs deux enfants ont décidé de quitter Stockholm pour s'installer à Aludden, une ancienne demeure de gardien de phare. L'endroit est immense et isolé, mais la famille se plaît dans ce havre de paix.
Jusqu'au jour où une catastrophe se produit. Joakim, de retour de Stockholm, apprend par téléphone qu'un membre de sa famille vient de se noyer. Affolé, il rentre chez lui et découvre  avec horreur la victime de ce drame...
Anéanti par cette perte, le père de famille tente de faire face en rénovant la vieille bâtisse. Mais tandis que d'étranges voix surgies de nulle part le font frémir, sa fille, Livia, semble communiquer avec l'au-delà à travers ses rêves...

Au début de ma lecture, j'oscillais entre l'enthousiasme et la crainte de tomber dans un roman fantastique où les morts communiquent avec les vivants... Étant relativement rationnelle et pragmatique, l'ennui a commencé à pointer en même temps que les évocations diverses de fantômes...
Heureusement, et sans vous révéler pour autant l'intrigue complète de ce roman, libre au lecteur d'interpréter ces mentions de l'au-delà... J'ai donc poursuivi ma lecture avec plaisir !
Johan Theorin, que je lisais pour la première fois, emmène son lecteur dans une Suède aussi frigorifiante qu'inquiétante. La tourmente
- spectaculaire tempête de neige inattendue - menace les personnages, tandis que l'intrigue avance pas à pas.
Le rythme est assez lent, la narration alterne les focalisations sur les personnages principaux, menant ainsi plusieurs intrigues en parallèle.
L'intrigue principale est assez pesante : un père de famille fait face à un deuil en le niant totalement, allant jusqu'à continuer à mettre quatre assiettes pour le repas de Noël, tandis que derrière son dos se nouent plusieurs histoires que l'on soupçonnent liées. Les divers personnages ont une psychologie intéressante et bien développée.
J'ai passé un bon moment de lecture, me laissant engourdir dans cette atmosphère froide et venteuse, évoluant doucement au rythme de l'intrigue et des personnages. Seul bémol, le dénouement, assez rapidement traité, que j'ai trouvé un peu invraisemblable et qui a décrédibilisé à mes yeux tout ce qui précède...

Je remercie   47286519  et les éditions  logo_haut pour cette livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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02 avril 2010

Princesse de l'ombre, Indu Sundaresan

Princesse_de_l_ombre_m_1266937049Voilà un roman à la première de couverture vraiment magnifique (et pourtant, je ne m'attache  pas à l'aspect des livres en général...)

Inde, 1631. L'impératrice Mumtaz Mahal vient de mourir en couche, laissant son mari, l'empereur Chah Jahan, régner seul, entouré de ses sept enfants. Fou de douleur, celui-ci décide de construire un mausolée à la mémoire de celle qui a partagé sa vie, un mausolée en marbre blanc, un mausolée de lumière... Le futur Taj Mahal.
Accablé de chagrin, l'empereur décide de se retirer du pouvoir, laissant à l'un de ses fils le soin de gouverner, et gardant auprès de lui, ses deux filles en âge de se marier. Entre les frères, les animosités font rage pour accéder au trône, tandis que Jahanara et Roshanara, les deux sœurs, mènent une lutte silencieuse pour conquérir le même homme.

J'attendais beaucoup de cette lecture, adorant l'Inde et la littérature qui lui est consacrée. Et je dois dire que je n'ai pas vraiment été emballée. Sous couvert d'une fresque historique pourtant très documentée, Indu Sundaresan ne parvient pas à donner à son roman une dimension individuelle. Les personnages sont certes bien esquissés mais le roman file sans qu'elle nous donne réellement à voir leur quotidien ou leur intériorité. Les années s'égrainent au fil des chapitres, s'intéressant en premier lieu à la construction du fameux mausolée, et donnant à voir très rapidement l'évolution des personnages.
Très centré finalement sur les événements historiques, ce roman se compose d'une part fictionnelle vraiment minime. Au cours de ma lecture, j'ai eu uniquement l'impression de lire un roman historique se penchant sur cette période qu'une fiction se fondant sur un pan du passé et brodant sur les événements personnels autour, comme le laisse sous-entendre le résumé de la quatrième. Au final, peu de détails sur l'Inde, ses coutumes ou encore ses mœurs et les personnages et leurs histoires individuelles...

J'ai néanmoins passé un bon moment de lecture, connaissant peu le contexte socio-historique de la construction du Taj Mahal, mais je dois avouer que ce roman ne m'a pas vraiment captivée...

Logo__2_J'inscris bien évidemment cette lecture dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde.

D'autres avis de blogolecteurs : Hilde, Tinusia et Latite.

Je remercie 47286893 et les éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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25 mars 2010

Le Monde de Barney, Mordecai Richler

9782253149958_GJe viens de terminer Le Monde de Barney, présenté par son éditeur comme "l'un des plus grands romans du Canada anglophone d'aujourd'hui".

Barney Panofsky, juif canadien, a eu une vie mouvementée : trois mariages, trois enfants, une jeunesse de bohème à Paris, puis une affaire d'importation de fromage dans son pays natal avant de terminer producteur de séries télévisées. Accusé du meurtre de l'un de ses amis, Barney voit sa vie s'effondrer : ses proches le délaissent et sa vie devient chaotique entre l'alcool et les pertes de mémoire qui commencent à l'envahir.

Difficile de catégoriser ce livre. Présenté comme un roman par l'éditeur, il s'agit en réalité d'un texte autobiographique (Barney Panofsky a réellement existé !), commenté par l'un de ses fils et mit en mot par Mordecai Richler... Bien confus tout ça !
Ce livre est néanmoins d'une drôlerie rare, d'une construction aussi anticonformiste que son narrateur. Le personnage de Barney, qui s'exprime à la première personne, égare le lecteur dans ses élucubrations et ses souvenirs. De ses trois femmes, il écrit trois chapitres successifs, chacun relatant, de façon désorganisée, les réminiscences de sa vie à cette époque mêlée à celle de son présent. Il entraîne le lecteur à sa suite, dans les méandres de sa mémoire défaillante.

Teinté d'humour noir et de cynisme, Barney est néanmoins attachant.  Sa vie est fantasque, à la limite de la vraisemblance. Il côtoie des personnalités aussi diverses qu'intéressantes.  J'ai vraiment apprécié les notes de bas de page de son fils, qui complètent ce récit,  qui  sont souvent très critiques, et par là même comiques...

J'ai passé un bon moment de lecture et je me suis souvent esclaffée, comme lorsque Barney cherche le nom de l'ustensile pour égoutter les pâtes... Une fois retrouvé, l'égouttoir ponctuera le texte régulièrement, tel un moyen mnémotechnique...

Je tiens à remercier 47286893 et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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23 mars 2010

Madeleine Vionnet, ma mère et moi, Madeleine Chapsal

Madeleine Vionnet, ma mère et moi

Sitôt reçu, sitôt lu ! J'étais assez curieuse de ce livre, dont la quatrième m'a intriguée. Plutôt que de la reformuler, une fois n'est pas coutume, je vous livre ici les mots de l'auteur :

"Madeleine Vionnet, ma marraine, et Marcelle Chaumont, ma mère, ont créé et dirigé la plus grande maison de haute couture d'avant-guerre, à Paris. Elles m'ont éduquée dans le luxe, mais aussi l'exigence. Je devais exceller en tout, à l'école, aux cours de maintien, dans mon apparence. À leur image... Dès mes trois ans, j'ai assisté aux collections et peu à peu j'ai pris conscience de la grandeur de ce travail accompli par une ruche de douze cents employées, dans une discipline quasi militaire, pour créer et reproduire plus de mille modèles par an.
Reste que je ressentais la futilité de ce monde aujourd'hui disparu. Une femme ne valait-elle que par ce qu'elle portait ? Ces chiffons sublimes pouvaient-ils consoler certaines d'avoir dû renoncer à un métier, à une vocation, à leurs rêves d'autonomie ? Derrière cette coûteuse élégance se menait en sourdine un combat. C'est cette histoire ambiguë de femmes en marche vers leur libération, d'une mode à l'autre, que j'ai voulu raconter. J'en fais partie. " Madeleine Chapsal


D'une lecture très rapide, ce livre n'est pas à proprement parler un roman mais plutôt un récit autobiographique parcellaire, un ensemble de souvenirs et de témoignages sur cette époque et les deux fabuleuses couturières parentes de l'auteur.
De sa marraine, Madeleine Vionnet, nous apprendrons finalement peu, Madeleine Chapsal avouant elle-même en savoir peu sur la vie de celle-ci, cette femme à la volonté hors du commun et au talent incontesté.
De sa maison de couture, rue de Rivoli à ses débuts, au magnifique hôtel particulier de l'avenue Montaigne, lorsque le tout Paris passait commande chez elle, nous connaîtrons des fragments : son autorité naturelle, sa bienveillance envers ses ouvrières, son talent et son avant-gardisme.
De ses anciennes couturières, nous auront quelques anecdotes, de sa filleule, l'auteur, des impressions floues, liées à l'enfance : le luxe incroyable dans lequel elle baignait, mêlé à la simplicité de sa vie, son affection pour les deux filles de son associée, Madeleine et sa sœur, la déférence avec laquelle chacun s'adressait à elle et le respect qu'elle inspirait.
La mère de Madeleine Chapsal, qui débuta comme seconde main dans la maison de couture Vionnet, s'associera avec sa fondatrice grâce à sa créativité et à sa passion pour la couture. A elles deux, la maison Vionnet connaîtra ses heures de gloire, avant la Seconde Guerre mondiale.
Un beau récit de la vie de ces deux femmes, de leur émancipation financière, rare à cette époque. Une plongée dans le monde la haute couture et de son fonctionnement. Sans suivre un ordre chronologique stricte, Madeleine Chapsal offre au lecteur un ensemble de souvenirs et de faits, recueillis plus récemment, sur la fondation d'une des plus grande maison de couture du Paris des années 30.
Un très bel hommage à Madeleine Vionnet, une femme disparue dans l'anonymat et enterrée dans le Jura. Un livre qui permet de lui redonner un nom et lui rendre ses innovations, afin que les jeunes générations ne l'oublient pas.

Le deux carnets de photos, au centre du livre, permettent d'avoir un aperçu appréciable des créations décrites dans le texte et font susciter la tendre nostalgie de cette époque et l'affection de l'auteur pour ces deux femmes.
Je remercie 47286519 et les Éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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18 mars 2010

Fourrure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

9782234063389Je viens de terminer Fourrure, le premier roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre. Et je dois dire que je n'ai pas été déçue par cette lecture...

Zita Chalitzine est une écrivaine de renom. Lorsqu'elle est retrouvée suicidée à l'arrière de sa Mercedes, enveloppée dans son vison blanc, les journalistes accourent, flairant le scandale. Accusée d'avoir signé de son nom les romans de Romain Kiev, son ancien amant, Zita connut une fin de vie chaotique. Pour Ondine, sa fille, qui n'a plus eu de contact avec elle ces dix dernières années, cette nouvelle scelle à jamais le secret de l'identité de son père. En rangeant les affaires de Zita, Pierre, son jeune veuf, découvre son autobiographie. De son enfance  d'origine modeste, au milieu de l'aristocratie parisienne, à sa passion pour les livres, en passant par ses années durant lesquelles elle vendait ses charmes, au service de Madame Claude, il découvre la vie de son épouse, sa solitude et sa soif d'être quelqu'un. Pierre se lance dans la douloureuse lecture de cet écrit, engagé par Ondine pour découvrir l'identité de son père.

Ce roman entraîne le lecteur dans un tourbillon vertigineux dont il est difficile de sortir. Alternant passé et présent, temps du récit et lecture de l'autobiographie de Zita, sa lecture est un plaisir. La vie parisienne aristocratique et ses codes sont décrits avec précision par l'auteure, le personnage de Zita permettant d'introduire toute la frustration d'en être écartée.

Les personnages ont une psychologie intéressante. Très centrée sur la vie de Zita, la narration s'attarde néanmoins sur certaines personnalités, comme Pierre, jeune galeriste que Zita a épousé la veille de son suicide, Henry, jeune aristocrate fils d'une ancienne amie de Zita, ou encore Ondine, la fille de l'écrivaine,  délaissée par cette dernière, élevée par sa grand-mère et allergique aux livres. Ces personnages semblent être des prétextes à développer la vie fantasque de Zita et à l'ancrer dans le présent - sa relation fusionnelle avec son père, bouquiniste parisien, et celle, tendue, avec sa mère, une concierge boulimique qui noyait son chagrin dans sa nourriture - tout en la situant dans les années 70.

L'intrigue est bien menée, et les destins des personnages s'entrelacent entre le passé et le présent. La plume d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre est incisive et imagée, et nous transporte dans ce Paris protéiforme.

Un plaisir de lecture, dévoré très rapidement... Vivement la suite des romans de cette auteure prometteuse !

"Il faut toujours avoir un livre sur soi, c'est mieux que les cigarettes pour ignorer superbement le monde." (p.166)

"L'amour, cet opium des femmes. Ce narcotique bon marché avec lequel on endormait depuis des siècles nos velléités d'indépendance." (p.357)

Je remercie 47286519 et les Éditions Enseigne_Stock3 pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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07 mars 2010

Duel en Enfer : Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur, Bob Garcia

9782290018880Je viens de terminer Duel en enfer, un polar historique qui m'intriguait... L'auteur, Bob Garcia, présente un prolongement de l'œuvre de Conan Doyle et se réapproprie ses personnages le temps d'une enquête. Son précédent roman, Le Testament de Sherlock Holmes, paru en 2005 aux éditions du Rocher, avait reçu le Prix Intramuros.

George Newnes, directeur du Strand Magazine, est assailli par les lectrices de son périodique qui exigent de nouvelles parutions des aventures du célèbre détective. Devant tant d'insistance, il propose au Dr Watson un financement pour son association d'aide aux nécessiteux en l'échange de son journal rédigé
dans la moiteur londonienne de l'été 1888. A cette époque, des prostituées étaient retrouvées égorgées et affreusement mutilées dans le quartier pauvre de Whitechapel... Sherlock Holmes, secondé par le Dr Watson, avait mené l'enquête...

Lecture rapide malgré les 666 pages de ce roman, j'ai passé un bon moment mais ce n'est pas dû tant à la plume de l'auteur qu'à mes souvenirs de Conan Doyle. J'ai aimé replonger dans le Londres de cette époque, mais je n'ai vraiment pas apprécié la façon dont Bob Garcia l'a appréhendé. Détails sordides et vulgarités semblent lui avoir été nécessaires pour dépeindre les bas quartiers londoniens de cette fin du 19ème. J'ai souvent eu l'impression d'être immergée dans un décor de pacotille où chaque trait a été grossièrement forcé pour plus de vraisemblance... Les personnages pauvres sont vulgaires, gras et grotesques et ne provoquent pas d'empathie mais plutôt du dégoût.
De plus, un détail m'a gênée tout au long de la lecture : la question de la vraisemblance. Je m'explique : la lectrice que je suis lit un roman qui donne à voir des extraits du journal qu'a tenu Watson durant cette sombre affaire. Donc, et c'est là que le bât blesse, la question de l'écriture en elle-même se pose. Watson consigne au jour le jour les événements qui ont eu lieu au cours de cette enquête. Comment donc expliquer qu'il relate des faits sans importance (comme les blagues salaces des pubs mal famés) voire des anecdotes humiliantes sans en faire cas (quand il se retrouve par exemple avec un jeune prostitué dans une chambre, l'ayant confondu avec le déguisement de Holmes, et que celui-ci commence à le déshabiller...) Voulant ponctuer son récit de temps morts parfois comiques, Bob Garcia a oublié cette question de vraisemblance. Pas une seule fois le journal de Watson n'évoque une quelconque honte à relater un événement, ni ne paraphrase des propos vulgaires et inutiles à l'intrigue. Il ne suffit pas de commencer chaque chapitre par une date pour faire d'un roman un extrait de journal...
Enfin, l'intrigue en elle-même est assez longue, avec de grandes pauses ponctuées par des cauchemars de Watson qui n'apportent pas grand chose. J'ai eu du mal à adhérer à cette succession de faits souvent sans intérêt, parfois prévisibles... Le dénouement est intéressant, mais n'a pas suffi à me faire aimer ce roman.
Par contre, la postface de l'auteur démêlant la vérité de la fiction était intéressante à la lumière de ces sordides événements.
Je remercie 47286519 et jailupour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.
 L'avis de Latite, de Pickwick  et de Matilda sur ce livre !

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22 février 2010

Mots d'amour secrets, Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter

9782757816448Voilà un joli livre  très drôle, reçu dans le cadre d'un partenariat spécial pour la Saint Valentin organisé par 47286893 et les Éditions Points, qui proposait à plusieurs couples de lire conjointement ce livre et d'en faire une critique commune... Merci à eux deux pour cette belle initiative !

Mots d'amour secrets est un recueil de lettres d'amour fictives, inspirées du célèbre billet que George Sand écrivit à Alfred de Musset, et dont la lecture, une ligne sur deux, révélait un texte caché...
Acrostiches, contrepèteries, rébus typographiques, homophonies, boustrophédons et autres paronymes sont donc distillés dans ces belles lettres d'amour pour le plus grand plaisir du lecteur...

Critique de soukee

Lecture à deux, donc de ce recueil, fous rires multiples et réflexion intense pour décoder ces lettres. Les auteurs proposent un livre très drôle, dont chaque jeu de mot est une prouesse littéraire et syntaxique. Les références culturelles sont nombreuses, les jeux de mots ingénieux et très signifiants, bref, un régal de lecture à haute voix !
Dans la droite lignée de Queneau et son Exercice de style, ces lettres d'amour sont classées par catégories - les cinglantes, les comiques, les clandestines, les charmantes et les coquines - tandis qu'un glossaire en fin d'ouvrage nous renseigne sur ces figues de style parfois intimistes.
Très bon moment de lecture en tout cas, et cette possibilité d'ouvrir le recueil au hasard et de lire une lettre en se creusant les méninges pour en comprendre la logique est une possibilité grisante !


Critique de Tosty

Pris à l’endroit, de simples billets, lettres, dialogues, comptes rendus… bref, des fragments

Indiscrets de correspondances diverses et variées. Retournons le livre, et le livre se fait autre:

Nouveau texte, nouvelle lecture. Les auteurs livrent, pour les plus paresseux d’entre nous (et

Oui, j’en suis), de véritables formules comme autant de sésames, qui n’ont pas à rougir devant

Un casse-tête polychrome que je n’ose nommer tant il a frustré des générations entières. Joie !

Tout devient lumineux ! Rameutez les amateurs ! de la littérature clandestine ! À coup de

Traits langagiers savamment affûtés, les auteurs font ressurgir ce qu’on croyait disparu : 

Osons, le dire, le goût des mots et la franche drôlerie dans les livres. Tour à tour cinglants,

Sexuellement décomplexés, comiques ou charmants, les mots cachés se font jour pour

Toujours nous donner l’appétit de ceux qui nous résistent. Un régal ! 

 

Pour vous faire réfléchir, voici une de ces lettres :

Un faux pli

"Chère cliente, j'ai fait suivre ces jours-ci votre
commande d'un costume en soie pour votre
mari. Mes conclusions, découlant de plusieurs
enquêtes réalisées au sein de nos diverses
filatures sont assez pessimistes. Votre mari est
malchanceux, une épidémie désastreuse sévit
actuellement en Europe, avec six ou sept
millions de cocons contaminés. Drame de ces
créatures que je qualifierai de trop légères !
Des kilomètres de fil de soie à jamais perdus !
Madame, mon conseil est le suivant : faites-en
votre deuil. La soie japonaise vous satisfera
autant. Et s'il vous faut un partenaire pour la
transaction, car la soie est loin d'être une
bagatelle, je reste votre serviteur.
" (p.43)

Alors, qui devine le message secret ???


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20 février 2010

Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre de Rick Riordan

9782013228176Je viens de terminer le premier tome des aventures de Percy Jackson, actuellement adapté au cinéma par Chris Columbus.

Percy Jackson est un ado dyslexique et assez dissipé qui se fait renvoyer de tous les collèges qu'il fréquente.
Le jour où, en visite scolaire, il pulvérise sa prof de maths transformée en créature effrayante, l'adolescent se pose des questions.  De nombreux événements inexpliqués se sont déjà déroulés depuis son enfance, mais celui-ci est une sorte de point de non retour : le garçon ne peut plus nier qu'il n'est pas comme les autres.
Attaqué par le Minotaure alors qu'il est en vacances avec sa mère, Percy est accueilli à la Colonie des Sang-Mêlé, réservée aux demi-dieux... Percy apprend alors qu'il est un demi-dieu mais ignore l'identité de son père.
Chargé d'une mission par Dionysos, le directeur de la colonie, le jeune garçon part à la recherche de l'éclair primitif de Zeus qui a disparu, afin de faire régner l'ordre entre celui-ci et Poséidon...

Curieuse de ce roman pour ado, j'ai été attirée par l'aspect mythologique en me disant que ça changeait de tous ces titres sur les sorciers et / ou les vampires.
Après lecture, je dirai que c'est le principal
point positif de ce roman. La mythologie est bien développée et sert l'intrigue. Le personnage de M. Brunner, alias Chiron, permet souvent d'en avoir une approche didactique intéressante.
Malgré cette originalité louable, je me suis ennuyée... L'intrigue en elle-même est prévisible, empreinte d'un manichéisme lourd (les méchants sont moches, les gentils sont beaux, pour faire court), et souvent très proche de celle de Harry Potter ! Sans vouloir comparer ces deux cycles littéraires, les similitudes sautent malheureusement aux yeux : un jeune garçon brun aux yeux verts martyrisé par les autres enfants, avec le sentiment d'être différent, qui se révèle être un être d'exception avec des dons incroyables  pour son âge ; un établissement spécial regroupant les enfants comme lui ; une quête que lui seul peut accomplir et dont les adultes se dédouanent ; le trio deux garçons-une fille ; la prédiction faite par une vieille femme excentrique dans un grenier (La Pythie dans un cas, la prof de divination dans l'autre), etc. La liste est longue...
Ces similitudes entraînent malheureusement un ennui à la lecture. Peu de surprise, pas de prises de risque de l'auteur, seulement un déplacement de l'intrigue au niveau mythologique. A ce sujet là, une idée m'a fait littéralement bondir de mon canapé : l'auteur n'a rien trouvé de mieux que de déplacer l'Olympe aux États-Unis, arguant que l'Olympe se déplace toujours à l'endroit où le cœur de l'Occident se trouve... Et, "à l'heure actuelle, les États-Unis sont le fer de lance de l'Occident. " (p.97) Il y a de quoi bondir de lire ça dans un livre pour les jeunes ! L'auteur ne s'arrête pas là : "La Seconde Guerre mondiale fut essentiellement un combat entre les fils de Zeus et de Poséidon d'un côté, les fils d'Hadès de l'autre." (p.148) No comment, mais disons que ces détails n'ont pas aidé à apprécier davantage cette lecture...
Celle-ci ne restera pas dans ma mémoire. C'est bien dommage car des romans de littérature de jeunesse audacieux et des auteurs talentueux méritent autant, si ce n'est davantage, la notoriété de celui-ci...
Je remercie 47286519 et  logo  pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat !

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