Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




13 février 2019

Retour à Killybegs, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Retour à KillybegsRetour à Killybegs est l'adaptation par Pierre Alary du roman de Sorj Chalandon, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2011. Elle paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Tyrone Meehan, figure de proue de l'indépendance irlandaise, a été reconnu coupable de traîtrise en 2005. Pendant 25 ans, cet activiste nationaliste a livré des informations aux anglais, trahissant l'IRA et les siens. Au crépuscule de sa vie, reclus dans un cottage à Killybegs, dans le Donegal, Tyrone décide de se raconter, non pas pour justifier son geste, mais pour expliquer ce qui l'a poussé à collaborer.

Mon traître, le premier volet de cette histoire, fait partie de mes coups de coeur de l'an dernier. Un album beau, violent, vibrant. J'avais hâte de découvrir Retour à Killybegs, car si Mon traître embrasse le point de vue de Sorj Chalandon sur son amitié avec Denis Donaldson - Tyrone Meehan dans le roman - ce nouvel album donne la parole à ce dernier pour expliquer les raisons de son geste.
Quelle claque, encore une fois ! Quelle réussite ! Pierre Alary donne à voir un album au graphisme toujours aussi prenant, dans des teintes sépia qui accentuent l'ambiance. Il fait sien le texte de Sorj Chalandon qui romance l'enfance et les débuts de Tyrone à l'IRA, les violences subies, le combat, les morts aussi. L'adaptation équilibre texte et image, ces dernières dressant l'ambiance de ces souvenirs.
L'album alterne encore une fois passé et présent, ce présent lourd et pesant dans lequel Tyrone attend que l'IRA vienne l'assassiner. Les souvenirs remontent, le sentiment d'avoir été pris en étau, aussi, d'avoir voulu le bien, la paix, la cessation de toute cette violence. Tyrone s'explique, patiemment, tout en attendant ceux qui viendront venger la cause. 
Un album qui se dévore d'une traite. Un album magnifique sur cette page de l'histoire de l'Irlande. Une belle réflexion sur les notions de duplicité, de trahison, d'honneur. Bref, encore une fois
une réussite totale.

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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09 février 2019

Sa majesté des fèves, Eve Borelli

Sa majesté des fèvesSa majesté des fèves est le dernier roman de la professeure de lettres Eve Borelli. Il est paru en janvier cette année aux éditions Mazarine. 

Lucien est le dernier fabricant de fèves en France. Lucien adore son métier : imaginer, sculpter, peindre ces petits personnages glissés dans les galettes des rois le rend heureux. Mais sa profession est en péril. La grande distribution a pris le dessus sur la vente de galettes et propose désormais des fèves bas de gamme et peu chères. Désespéré, Lucien doit en sus faire face à une rupture amoureuse. Heureusement, Cristalline, sa soeur championne de disque, arrive à sa rescousse. En parfaite grande soeur, elle vient sortir Lucien de sa torpeur et lui propose un projet insensé : aller implorer la grâce de la Reine d'Angleterre, grande amatrice de galette des rois, et lui demander de devenir le févier officiel de la Couronne. Lucien ne croit pas une seconde à la réussite de ce projet mais s'embarque avec Cristalline, Roméo, son fils de sept ans un peu déprimé, Micheline Ostermeyer, leur caniche un brin agressif. Et au hasard du covoiturage, ils rencontrent Maguelone, fraîchement séparée elle aussi, et Twix, un géant roux à qui il manque deux doigts. C'est parti pour une folle aventure ! 

J'avais envie de légèreté, pour commencer cette année, et ce roman a parfaitement rempli son office. L'intrigue se met en place avec fluidité. L'humour est omniprésent et les dialogues s'enchaînent avec une certaine répartie et beaucoup d'oralité. C'est vivant, dynamique et assez vraisemblable.     
La seconde partie du roman, qui se déroule à Londres, m'a davantage plu que la première, qui se centre sur le trajet en covoiturage et souffre parfois de longueurs, notamment dans les dialogues. Dès que le convoi a posé le pied à Londres, l'intrigue prend une autre tournure, un peu plus grave, et gagne en densité psychologique.      
La galerie de personnages est intéressante, chacun souffrant de ses blessures psychologiques et de son histoire, et nourrit l'intrigue. Un brin de suspense vient couronner le tout, Lucien et Cristalline se demandant ce que vient faire un géant roux un peu nerveux à Londres. Les suppositions vont bon train mais ils sont loin d'imaginer le dénouement !      
Bref, si vous avez envie d'un road-trip drôle et divertissant, léger et très rapide à lire, bercé par des personnages attachants et un brin fantasque, embarquez aux côtés de cette bande de joyeux drilles pour sauver le dernier févier français ! Un roman que je verrais bien adapté en pièce de théâtre, tant son texte se prête à la mise en scène. 

Un grand merci aux éditions Mazarine pour la découverte de ce roman qui m'a fait passer un agréable moment.

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06 février 2019

Speak, Emily Carroll d'après le roman de Laurie Halse Anderson

SpeakSpeak est l'adaptation en album du roman Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson. Il est paru le 9 janvier cette année aux éditions Rue de Sèvres.

Mélinda, quinze ans et des lèvres en sang tant elle s'empêche de parler. La lycéenne discrète et réservée, ignorée voir tourmentée par ses camarades, s'est enfermée dans le silence suite à un événement traumatique. Dans son journal, elle parle. Elle raconte, ses journées au lycée. Ses moments de solitude à la cantine. Ses cours d'arts plastiques, qui la bousculent. Ses parents, qui ne la comprennent pas. Ses anciennes amies qui lui ont tourné le dos. Mélinda se répand par écrit, alors que les mots meurent sur ses lèvres. Jusqu'au jour où le monstre de ses cauchemars refait surface. 

Album coup de poing, Speak est une claque tant par son sujet que par son traitement. Adapté du roman en partie autobiographique de Laurie Halse Anderson, il aborde la question du viol. Car c'est de viol que Mélinda a été victime, alors qu'elle avait treize ans. Violée par un élève plus âgé, lors d'une soirée. Le mot n'est posé qu'après la page 300 mais le lecteur se rend compte rapidement de quoi il retourne.     
Au fil des saisons, Mélinda se raconte en noir et blanc. La bichromie semble faire écho à sa météo intérieure, la dépression la guettant depuis l'horreur qu'elle a vécue. Parce qu'elle n'a pas réussi à parler lorsqu'elle a appelé la police ce soir-là, la jeune fille est rejetée par ses camarades, persuadés qu'elle appelait pour dénoncer la soirée. Le harcèlement passif est évoqué, alors que Mélinda voit peu à peu tous ceux qu'elle connaissait lui tourner le dos et la laisser seule, dans sa souffrance, en paria.    
Et c'est seule que Mélinda va sortir de sa souffrance. Seule qu'elle va affronter son passé, ses peurs, le rejet aussi. Seule qu'elle va s'en sortir, pour mieux raconter, ensuite, ce qu'elle a vécu.    
Un album sombre, évidemment, mais qui présente aussi le parcours de résilience de l'héroïne. Sa renaissance, après son combat intérieur. Un album qui me paraît essentiel pour aborder la question du viol et de l'adolescence brisée. Un récit rendu fort par sa part autobiographique. Bref, une lecture coup de poing à découvrir.

 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album. 

La BD de la semaine

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23 janvier 2019

Paris 2119, Zep et Dominique Bertail

Paris 2119Paris 2119 est le dernier album dont Zep signe le scénario, avec Dominique Bertail aux dessins. Il sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

En 2119, la Ville Lumière est un savant mélange de modernité et de patrimoine vieillissant. Un Paris ancien transformé en musée côtoie le nouveau Paris, où les drones, les clones et les hologrammes sont légion. Les rues sont vides, chacun préférant se téléporter grâce à la nouvelle technologie, le Transcore. Certains comme Tristan Keys ont le goût de l'ancien et la nostalgie du passé. Ce dernier utilise toujours le métro, comme un signe de résistance à ce monde ultra surveillé. Mais le jour où il voit une femme hagarde dans le métro, il commence à devenir suspicieux. Et si le Transcore n'était pas aussi beau qu'il paraît ? Kloé, sa compagne, ne le croit pas et continue à utiliser la téléportation.

Magistral. Voilà, c'est dit. A tel point qu'en refermant l'album, j'étais persuadée que c'était un premier tome et que l'histoire continuerait... J'en avais terriblement envie tant l'intrigue m'a plu et le cadre semblait propice à une histoire bien plus vaste. Et bien non, il s'agit bien d'un one-shot de Zep qui interroge notre rapport à la technologie, dans un Paris rétrofuturiste magnifié par Bertail.    
Le travail sur l'architecture est magnifique et Dominique Bertail a mêlé ce Paris musée au Paris du XXIIe siècle. Entre tradition et modernité, le monde vacille, et pour voir ce vacillement, Tristan, un brin rebelle, grand nostalgique du siècle dernier, curieux invétéré.
Il y a évidemment du Moebius et du Bilal dans le trait, dans cette palette souvent bleutée parfois glaçante. Et le lecteur est transporté dès les premières planches dans ce scénario digne d'un film d'anticipation. L'écriture est cinématographique, tout comme les planches, et la lecture semble s'effacer au profit d'une immersion dans ce futur imaginé par Zep. On pense à Westworld, à Black Mirror aussi, avec toutes ces questions autour des conséquences de la technologie dans le futur.
Un gros coup de cœur de mon côté, que j'ai déjà commencé à conseiller autour de moi. Encore une fois, Zep en BD adulte me séduit complètement. J'aurais vraiment vu une suite, même si l'histoire est complète et tient la route, mais le parti pris final est plus ouvert et c'est pas plus mal aussi. A lire sans hésiter, même si, comme moi, la science-fiction n'est pas votre tasse de thé. Vous allez être conquis. On parie ? 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

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30 décembre 2018

Bjorn le Morphir, Thomas Lavachery

Bjorn le MorphirBjorn le Morphir est un roman de Thomas Lavachery paru en 2002 à L'Ecole des Loisirs. Il reçut le Prix Sorcières en 2006.

Hiver 1065. Une terrible tempête de neige s'abat sur le royaume de Fizzland, contraignant les habitants à se réfugier dans leurs maisons. La Démone blanche, comme elle est surnommée, veut tuer les hommes pour s'approprier leurs âmes. Le jeune Bjorn et sa famille s'enferment dans leur demeure familiale, prêts à tenir le siège d'un hiver sans fin. Le jeune viking, timide et réservé, va peu à peu révéler son caractère et dans ce huis-clos glacial, devenir un morphir.

Quelle découverte, pour cette dernière lecture de 2018 ! Intriguée par ce terme de morphir (qui désigne un personnage malingre et peureux qui se transforme en héros et guerrier exceptionnel), j'ai dévoré ce premier tome, prémisse d'une série qui s'annonce riche et de qualité.

Thomas Lavachery tisse une intrigue de qualité, mélange de fantasy et de légendes nordiques, pour mieux créer son univers personnel. Le fantastique est là, avec la neige personnifiée en démone qui susurre des menaces à l'oreille de Bjorn, et sert l'histoire qui oscille entre conte, roman d'apprentissage et d'aventure.

Le jeune Bjorn va révéler peu à peu ses capacités, au fil des pages et d'un voyage qui n'est pas sans rappeler Jules Verne et son Voyage au centre de la Terre. Les personnages sont rapidement décrits, l'auteur ne s'attardant pas tant sur leur psychologie que sur leurs agissements. L'intrigue est rythmée, pleine de suspense - la neige, dehors, menace de faire s'écrouler la maison familiale ! - et de péripéties.

Un excellent premier tome, qui va loin dans le terreau des contes et des légendes et promet une suite tout aussi excellente. A lire, à offrir aux plus jeunes, pour les faire rêver à un ailleurs d'un autre temps fascinant.

La série compte aujourd'hui sept tomes, adaptés en bande dessinée par l'auteur et Thomas Gilbert.

 

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Un grand merci à L'Ecole des Loisirs pour la découverte de ce roman ! 

 

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05 décembre 2018

Broadway Limited T.1 Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Broadway LimitedUn dîner avec Cary Grant est le premier tome de la série Broadway Limited imaginée par la romancière et scénariste algérienne Malika Ferdjoukh. Il est paru en mars 2015 à L'Ecole des Loisirs puis en avril 2018 en poche.

New York, automne 1948. Jocelyn a dix-sept ans et vient d'arriver dans la ville tentaculaire. Répondant à une annonce, il atterrit à la pension Giboulées, un établissement pour jeunes filles gérée par deux soeurs fantasques. Comme Jocelyn est français et pianiste, les soeurs Merle l'acceptent. Commence alors pour Jocelyn un tourbillon de vie et de musique, entouré des jeunes filles de cette drôle de pension. Le jeune français timide et réservé va découvrir le New York vibrant du swing et du jazz au côté des pensionnaires artistes en herbe. 

Quel tourbillon de vie, quel rythme, quelle musicalité ! Ce roman nous entraîne tout droit dans le New York de la fin des années 40, alors que Broadway est le centre de la création artistique. Comédiens en herbe, chanteurs, danseurs, tout ce petit monde gravite autour des clubs et des théâtres, dans une effervescence incontrôlée. Ode à la jeunesse, à la vie, à l'amour aussi, ce premier tome campe le décor et les personnages (nombreux !) de la pension des Giboulées. Le New York de l'époque est très bien représenté tout en évitant l'éccueil de descriptions trop importantes qui alourdissent le texte. L'ensemble reste léger et se lit avec fluidité. 

L'automne se termine, l'hiver et Noël arrivent à grand pas, et Jocelyn de s'émerveiller de la vie qu'il mène, entre clubs de jazz et sorties au théâtre, et de raconter le tout, par lettres, à sa soeur jumelle restée en France. Les intrigues amoureuses et les amitiés se croisent, s'entremêlent, se tissent doucement. Un premier tome qui se lit comme une douceur, à l'image de sa couverture rosée, pour mieux poursuivre les aventures de la pension Giboulées avec le second tome. Un grand merci à L'Ecole des Loisirs pour la découverte de ce roman. La suite m'attend dans ma PAL et ne va pas y rester longtemps !

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 Challenge Christmas Time chez MyaRosa et Il était six fois Noël chez Chickypoo et Samarian 

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07 novembre 2018

Pome, Magali Le Huche et Marie Desplechin

Pome, Marie Desplechin, Magali Le HuchePome est un album illustré par Magali Le Huche le 10 octobre aux Editions Rue de Sèvres. Il est l'adapation du roman éponyme de Marie Desplechin paru à L'Ecole des Loisirs en 2007, second tome d'une trilogie consacrée à la petite sorcière Verte. 

Tout va pour le mieux pour Verte : la petite fille, aidée de son ami Soufi, a retrouvé Gérard, son papa, et poursuit sa formation de sorcellerie avec Anastabotte, sa grand-mère. Mais ce joyeux équilibre est rompu lorsqu'une nouvelle voisine vient s'installer à côté de chez Gérard. Pome, c'est son nom, permet à Verte de se sentir moins seule, depuis le déménagement de Soufi. Les deux fillettes se ressemblent et leurs prénoms les rapprochent, les rendant rapidement complices. Verte aurait-elle trouvé une meilleure amie capable de la comprendre ? Y compris son côté sorcière ? 

En grande fan de la trilogie de Marie Desplechin - je m'étais régalée avec les romans Pome et Mauve et j'avais adoré découvrir le travail d'adaptation de Magali Le Huche avec Verte, le premier tome de la série - j'étais impatiente de découvrir ce deuxième album.     
Magali Le Huche poursuit son travail d'adaptation avec brio. Les questionnements de Verte, secouée par une pré-adolescence qui pointe le bout de son nez, sont conservés à travers des dialogues savamment choisis et des cartouches pertinents. La psychologie des personnages est préservée et l'intrigue de Marie Desplechin ne perd pas en intensité. Les personnages masculins trouvent progressivement leur place dans cette histoire féminine. Verte a désormais un père et un grand-père - Ray - et trouve peu à peu une harmonie familiale.
Le trait de Magali Le Huche vient parfaire cette ambiance d'enfance 
douce, malgré les chamboulements de la vie. Les traits ronds confèrent aux personnages une douceur inégalable que les couleurs pastels viennent compléter à merveille. Les planches se suivent et ne se ressemblent pas, offrant parfois une succession de vignettes dynamiques avec des plans rapprochés et à d'autres moments une large double page en plan large bourrée de détails à observer. Bref, un deuxième album tout aussi réussi que le précédent. Une série véritablement délicieuse à mettre entre toutes les petites mains (et pas que !). J'attends le troisième tome avec impatience !  

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

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29 octobre 2018

Les animaux fantastiques : le journal du tournage, Jody Revenson

Les animaux fantastiques le journal du tournage Jody RevensonLes animaux fantastiques : le journal du tournage est un documentaire souple de Jody Revenson paru le 3 octobre aux éditions Harper Collins. 

Ouvrez Le journal du tournage pour faire une plongée dans l'univers des Animaux fantastiques. Vous connaîtrez les dernières nouvelles du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d’Amérique), vous aurez un point complet sur la mode et la décoration des sorciers, sur l'art (architecture de New York, la valise de Norbert, le bar Le Cochon aveugle) mais aussi des informations de dernière minute et surtout, un aperçu des coulisses Des Crimes de Grindewald, en bonus !

Vous connaissez mon attrait pour Harry Potter ? Bon, donc vous vous doutez que j'étais la candidate idéale pour découvrir ce documentaire sur le tournage des Animaux Fantastiques, dans l'attente du second film qui sort le 14 novembre.      
Du point de vue de la forme, l'ouvrage emprunte les codes de la presse : souplesse de la couverture et des pages, toucher du papier, mise en page qui alterne horizontalité et verticalité, articles courts et dossiers plus longs. Tout est fait pour que le lecteur ait l'impression de lire une gazette consacrée à la série de films issus de l'imaginaire de J.K. Rowling.      
L'ensemble est très complet et permet d'avoir un bel aperçu du premier film et de son tournage. Jody Revenson donne la parole à J.K. Rowling, évidemment, mais aussi à David Yates, le réalisateur, David Heyman, le producteur, ainsi que les comédiens. Chacun y va de sa petite anecdote pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de création des films.       
En grande fan de l'univers que je suis, je me suis régalée à la lecture de ce joli livre. J'ai beaucoup appris sur les personnages et l'intrigue des Animaux fantastiques mais aussi sur la façon de le porter à l'écran. Un bel objet pour les fans, un joli documentaire pour quiconque s'intéresse au monde de la magie, un possible cadeau de Noël, qui sait ? 

Un grand merci aux éditions Harper Collins pour ce livre ! 

Lady Fae a fait une chouette vidéo pour nous donner un aperçu du livre :

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18 octobre 2018

La Somme de nos folies, Shih-Li Kow

La somme de nos foliesLa Somme de nos folies est le premier roman de la malaisienne Shih-Li Kow paru en août 2018 aux éditions Zulma. 

Lubok Sayong, bourgade fictive au nord de Kuala Lumpur coincée entre deux rivières et trois lacs, possède une particularité : une inondation annuelle qui apporte à chaque fois son lot d'anecdotes que la vieille Beevi adore raconter. Cette année-là, l'inondation atteint des records et engendre des conséquences inattendues. Beevi décide de redonner sa liberté à son poisson, la petite Mary Anne, originellement adoptée par la belle-soeur de Beevie, perd sa famille adoptive dans un accident de voiture et vient habiter à Lubok Sayong avec Beevie et cette dernière, en réinvestissant la grande maison familiale, la transforme en chambre d'hôtes et demande à Miss Bonsidik, un  lady boy excentrique et généreux,  de l'aider. C'est sous l'oeil tendre et affectueux de Auyong, le vieux directeur chinois de la conserverie de litchis de la ville, et de Mary Anne, que s'organise la vie à Lubok Sayong.  

Quel roman ! Quelle plume ! Et quelle émotion, surtout, dans cette chronique sociale douce-amère de la Malaisie d'aujourd'hui. Shih-Li Kow y aborde des thématiques graves - la mort, l'adoption, la vieillesse, les problèmes communautaires, le choc des traditions et de la modernité,  le multiculturalisme, les violences sexuelles, la précarité -  sans pathos aucun. 
Il y a du pittoresque et du fabuleux dans ces pages, une imagination loufoque qui offre à l'ensemble une légèreté certaine et un air de conte. La légende de la princesse chinoise qui donna vie au Lac de la Quatrième épouse, mais aussi le poisson de Beevie qui se transforme en peu de temps en créature terrifiante digne de celle du Loch Ness ou encore le fantôme de cet enfant qui erre dans le jardin de la Grande Maison, offrent au 
texte une fantaisie enchanteresse inoubliable.    
Le style est incisif et drôle à la fois, et l'auteure défend en filigrane des valeurs humanistes d'ouverture, de tolérance et de compréhension, le tout porté par une intrigue tendre à la portée universelle.  
La narration polyphonique prise en charge par Auyong et Mary Anne permet un double regard sur la petite ville et ses habitants, semblant faire écho au duel entre traditions et modernité qui se trame à Lubok Sayong. La galerie de personnages qui gravitent autour de Beevie et de la Grande Maison est soignée et d'une vraisemblance rare. Pas d'archétype ni de caricature mais des personnages qui semblent sortis de la vie réelle. Point de manichéisme non plus dans l'histoire, mais une chronique de la Malaisie actuelle et de son ballottement politique et social.    
Un premier roman frais et drôle mais aussi grave et engagé. Une nouvelle voix qui s'élève et que je vais suivre de très près, qui n'est pas sans me rappeler celle de Kevin Wilson dans La famille Fang pour son aspect un brin barré et décalé. Je n'ai plus de macaron coup de coeur, comme aux débuts de mon blog, mais ce roman en est indéniablement un et il figurera sans conteste dans mon bilan annuel. 

Livre reçu et lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire de Rakuten

avec Leiloona comme marraine ! 

 

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17 octobre 2018

Edmond, Léonard Chemineau d'après la pièce d'Alexis Michalik

EdmondEdmond est un one-shot de Léonard Chemineau d'après la pièce éponyme d'Alexis Michalik. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Paris, décembre 1897. Edmond Rostand a vingt-neuf ans et à son actif des pièces d'un autre temps qui ne ravissent plus les foules. Presque ruiné, il essuie un nouvel échec avec La Princesse lointaine, dans laquelle Sarah Bernhardt tient le rôle-titre. Alors que ses dettes l'assaillent, Edmond tente le tout pour le tout : convaincre l'acteur en vogue Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce. Une pièce novatrice, loin de ce qu'il a écrit avant : une comédie en vers. Coquelin s'emballe, veut la monter en trois semaines. Mais Edmond ne l'a pas encore écrite. C'est une véritable course à l'inspiration qui commence alors pour Edmond, pour sauver sa réputation, sa famille mais aussi sa pièce à laquelle peu croient et qui deviendra pourtant la pièce la plus jouée du répertoire français. 

Genèse de l'écriture de Cyrano de Bergerac, Edmond est véritablement un petit bijou ! La pièce, récompensée par cinq Molières, me tentait déjà terriblement (j'avais adoré Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik) mais la découvrir adaptée par Léonard Chemineau (dont j'avais admiré le travail sur Le Travailleur de la nuit) fut une excellente surprise  
Chemineau et Michalik ont travaillé main dans la main pour cette adaptation en BD et le résultat est des plus réussis. Le scénario est fluide, la narration bien construite et la plongée dans le Paris de la fin du XIXe ébouriffante. Dur dur de vivre de sa plume quand les critiques sont assassins et que le public ne pardonne pas, que les créanciers frappent aux portes à toute heure du jour et de la nuit et que les comédiens sont capricieux, que les délais sont très courts et que l'inspiration n'est point ! Mais Edmond va surmonter ces épreuves pour écrire en un temps record - Alexis Michalik imagine ce fait là - une pièce qui marquera à jamais le paysage théâtral français.   
La galerie de personnages est diablement réussie - du meilleur ami au coeur brisé à l'épouse en proie au doute en passant par la comédienne capricieuse ou les créanciers tenanciers d'un lupanar - et drôle à souhait, le tout s'enthousiasmant dans un joyeux bordel au rythme d'Edmond et de sa pièce. Les visages sont soignées, les décors de la Belle Époque aussi et l'ensemble participe à cette immersion temporelle des plus délicieuses.  
Le rythme de l'intrigue, enfin, ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Un album qui se dévore d'une traite, émouvant, drôle, historiquement intéressant et à l'intrigue trépidante. Une réussite totale ! J'ai hâte de découvrir l'adaptation ciné de la pièce qui sort en janvier. 

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Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album ! 

  

Je ne résiste pas à vous mettre la bande-annonce du spectable d'Alexis Michalik 

(en espérant pouvoir le découvrir à Metz bientôt !) 

 La BD de la semaine

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