Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




13 juin 2019

La fille sans nom, Maëlle Fierpied

La fille sans nomLa fille sans nom est le dernier roman de la normande Maëlle Fierpied. Il est paru en mars chez L'Ecole des Loisirs.

Camille, quinze ans, fugue un soir de chez ses parents. Parce que communiquer avec eux est devenu impossible, l'adolescente s'enfuit, sur un coup de tête. Lorsqu'elle tombe sur une péniche dotée d'un écriteau recherchant un garçon à tout faire, la jeune fille n'hésite pas. Mais elle n'a pas idée de l'erreur qu'elle vient de faire.
Elle tombe entre les mains
de son propriétaire, Hélix, un mage sans scrupule qui lui vole sa mémoire en enfermant son prénom dans un bocal. La jeune fille devient son esclave, propulsée dans un univers où la magie règne. La vie sur la péniche est dure, mais bien vite elle gagne l'amitié de Safre et Margoule, deux frères mi-ogres mi-dragons. Tandis que la péniche avance vers le Tunnel runique, la jeune fille élabore un plan pour s'enfuir.

Quelle belle découverte que ce roman, et je pèse mes mots  ! Que c'est bon de lire une histoire qui fait autant la part belle à l'imagination. Maëlle Fierpied signe ici ce qui aurait pu être un premier tome très prometteur, mais a fait le choix d'en faire une histoire complète et non une série. Et pourtant, tous les ingrédients sont là, et j'aurais été la première à attendre avec impatience un second tome.
L'intrigue, tout d'abord, se met en place progressivement et suit le schéma assez classique du conte initiatique. L'héroïne tourne le dos à son quotidien pour entrer dans un monde parallèle aussi onirique qu'effrayant, où les runes, les mages, la sorcelleries et les créatures en tous genres règnent. Les péripéties se succèdent pour la jeune Camille qui va d'aventures en aventures.
La psychologie des personnages est bien étudiée et si l'héroïne est aussi hésitante et inconstante que peuvent l'être les adolescents d'aujourd'hui, elle n'en demeure pas moins attachante dans sa vulnérabilité. Les personnages secondaires qu'elles croisent sont dotés de ce qu'il faut de psychologie pour être intéressants et intriguants. L'écueil du manichéisme n'est pas évité, cependant, pour les méchants de ce monde, mais cela ne gâche en rien le plaisir de la lecture.
Le gros point fort de ce roman réside, selon moi,
dans toutes les trouvailles que l'auteure a imaginée pour son monde magique. Celui-ci est très bien construit, cohérent, et prend vie sous la plume imagée et presque cinématographique de Maëlle Fierpied. A l'image de la très belle couverture de ce roman, je me suis prise à m'imaginer les différents univers dépeints avec force détails. Et c'était très agréable.
Vous l'aurez compris, un sans-faute selon moi qui mérite bien des louanges. Merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce roman que j'aurais adoré découvrir plus jeune, tant l'univers m'a fascinée. A lire et à offrir aux lecteurs adolescents autour de vous, sans hésiter une seule seconde.

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12 juin 2019

La Venin T.1 Déluge de feu, Laurent Astier

La venin TLa Venin est la dernière série du dessinateur et scénariste de BD français Laurent Astier. Son premier tome, Déluge de feu, est paru en janvier dernier aux éditions Rues de Sèvres.

Silver Creek, Colorado, juillet 1900. La jeune Emily, fraîchement arrivée en train dans la petite ville minière, apprend le décès de son futur époux. La jeune femme éplorée n'a plus les moyens de repartir et se accepte d'être embauchée pour ses charmes dans le saloon de la ville. Mais Emily est-elle vraiment aussi naïve qu'elle le prétend ? Son enfance dans le saloon où travaillait sa mère lui a appris les rudiments de la ruse et du mensonge, et il se pourrait que la jeune femme s'en serve pour ses propres desseins...

Le Far West, ses petites villes minières et leur saloon, une héroïne forte et déterminée, comme le laisse présager la couverture, une intrigue qui alterne les époques, cet album avait tout pour me plaire. Et pourtant, il a manqué un petit quelque chose à cette lecture pour me séduire totalement.
Et p
our une fois, c'est difficile à exprimer. L'intrigue est savamment construite - l'album s'ouvre sur la jeunesse d'Emily à la Nouvelle-Orléans, pour se poursuivre, quinze ans plus tard, par l'arrivée de la jeune femme dans le Colorado - et avance à bon rythme, les dialogues ont juste ce qu'il faut de piquant pour titiller la curiosité du lecteur, et l'ambiance est pesée avec minutie.
Côté dessins, le style reste assez classique, tant dans le découpage des planches que dans leur composition. Les personnages comme les décors ont un petit quelque chose qui n'est pas sans rappeler Morris et son célèbre cow-boy. Les couleurs utilisées font la part belle aux teintes sables et orangées, à l'image du désert qui entoure la ville.
Reste que, malgré ces points forts et le plaisir que j'ai ressenti à cette lecture, je n'ai pas éprouvé la petite étincelle qui me donne furieusement envie de poursuivre la série. D'autres que moi ont été bien plus élogieux sur ce tome. De mon côté, et c'est certain, c'est un rendez-vous manqué.

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Merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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10 juin 2019

De la joie d'être paresseux, Jennifer McCartney Palmer

De la joie d'être paresseux, Jennifer McCartney PalmerDe la joie d'être paresseux est le dernier ouvrage de la journaliste canadienne Jennifer McCartney Palmer. Il est paru en mai chez Mazarine.

Dans une société tournée vers la réussite, le succès et la productivité, il est bon de se pencher sur les vertus de la paresse. Si celle-ci est perçue avant tout comme un défaut, elle n'en possède pas moins des avantages indéniables. Et c'est ce que Jennifer McCartney Palmer nous démontre dans ce livre. Les études prouveraient que les paresseux vivraient ainsi plus longtemps, seraient plus intelligents et plus efficaces au travail. Voilà une bonne raison de découvrir la méthode du Juste Assez (JA) pour une vie plus légère et plus heureuse !

Voilà un petit livre qui a été une réelle bouffée d'air frais, parfaite pour débuter ce mois de juin ! Avec un humour féroce, Jennifer McCartner Palmer - auteure également de De la joie d'être bordélique - nous démontre l'illusion de l'injonction au succès et vante les mérites de sa méthode, le JA, grâce à des conseils et des astuces bourrés de dérision
Ainsi, arrêtez d'apporter du fait maison lors des fêtes, sinon vous aurez à vie cette étiquette qui vous contraindra d'apporter quelque chose fait de vos mains à chaque fois. Idem, cessez de vouloir déplacer des montagnes au bureau : avoir l'air occupé suffit pour créer l'illusion du travail accompli. Côté ménage, laissez tomber le grand nettoyage, un petit coup de vinaigre blanc et ça suffit (du moment que vous ne léchez pas la cuvette de vos toilettes !)
Voilà en partie ce que vous trouverez en ouvrant ce livre : des conseils plein d'humour, certes, mais pas que. Parce que sous couvert d'une ironie féroce, l'auteure met en garde contre ces injonctions sociétales culpabilisantes, ce modèle économique qui oblige tout un chacun à donner le meilleur à chaque instant, quitte à se laisser submerger par la fatigue, le stress et la frustration. Être le meilleur dans son travail, dans son couple, avec ses amis, sa famille, dans ses loisirs, sur les réseaux sociaux. Ce qui est proprement intenable mais que la société nous présente comme un idéal à atteindre. Comme le rappelle très justement  Jennifer McCartney Palmer : 99% de la population mondiale est dans la moyenne. Donc cessons de culpabiliser et de tout donner à chaque instant.
Une lecture dévorée d'une traite et qui m'a fait le plus grand bien, moi la perfectionniste de haut niveau, intraitable avec elle-même, qui culpabilise à chaque instant de ne pas être à cette hauteur inatteignable définie par une société qui s'intéresse plus au profit qu'au bien-être individuel. J'ai beaucoup ri, certes, mais j'ai pris conscience aussi que la paresse a du bon et qu'il faut lâcher aussi, ce perfectionnisme qui nous colle à la peau. A lire donc, à offrir, aussi, si ce billet vous fait penser à quelqu'un de votre entourage. De mon côté, j'ai déjà quelques idées de proches à qui offrir ce livre...

Petit florilège des conseils les plus drôles, loufoques ou piquants :

"Faites bouillir de l'eau en cuisine en début de semaine et congelez-la en portions individuelles. Ainsi, vous en aurez sous la main pour la cuisine." (p.42)

"Nous vivons dans une société qui exige que notre maison soit propre. Lorsque vous y parvenez, vos amis se mettent à considérer ce fait comme acquis. Peu à peu, la pression monte et vous stresse.[...] Inévitablement, un événement survient qui vous empêche de vous surpasser constamment niveau propreté. Et voilà que vos proches se mettent à murmurer "Ouh là, il/elle se laisse vraiment aller, ça m'inquiète pour lui/elle." Ne nettoyez plus votre chambre et vos parents penseront que vous fumez de l'herbe et que vous volez des eye-liners au supermarché du coin." (p.49-50)

"Quand quelqu'un vous demande si une pomme a été lavée, répondez toujours oui. Vous lui rendrez service." (p.57)

"Le secret pour faire la fête alors qu'on avance en âge consiste à être là. Inutile d'en faire plus. Et oubliez ces tableaux sur Pinterest exposant les meilleurs cadeaux à offrir et le ruban idéal pour des confitures maison. Apportez ce genre de machins une fois et vous deviendrez la personne qui apporte des trucs faits maison. La pression sera immense. Vous serez totalement cuit ! Contentez-vous d'être présent. C'est le minimum, mais c'est aussi l'essentiel." (p.116)

Un grand merci aux éditions Mazarine pour la découverte de ce livre et les fous rires que j'ai eus grâce à lui !

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22 mai 2019

Aliénor Mandragore T.5 Le Val sans retour, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore Le val sans retour

Le Val sans retour est le cinquième et dernier tome de la série Aliénor Mandragore imaginée par Séverine Gauthier et mise en dessins par Thomas Labourot. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Dans la forêt de Brocéliande, le coeur d'Aliénor oscille toujours : devenir druide, comme Merlin, son père, ou fée, comme ce que ses envies lui intiment ? Perdue, fâchée avec Lancelot à qui elle a fait pousser des cornes, la jeune fille rend visite à son ermite, censé l'aider et la guider. Mais ce dernier a perdu une partie de sa mémoire dans le Val sans retour et avec elle de précieuses informations concernant l'enfance de sa pupille. Malgré les nombreux dangers, Aliénor décide de s'y rendre sur le champ pour retrouver la mémoire perdue de son ermite, et ainsi, une partie de son passé.

Voilà une série que j'ai pris plaisir à découvrir de bout en bout ! Ouvrir un Aliénor Madragore, c'est être certain de passer un agréable moment dans une aventure loufoque, colorée et drôle. Le duo d'auteurs a revisité avec beaucoup de talent la légende arthurienne pour en livrer une version toute personnelle mais néanmoins bien documentée.
Ce dernier tome aborde la question laissée en filigrane tout au long de la série : Aliénor suivra-t-elle les traces de son père et deviendra-t-elle druide à son tour ou écoutera-t-elle son coeur qui penche vers le monde des fées ? Il faudra le lire pour le savoir ! 
La petite Aliénor a bien grandi et doit maintenant prendre ses responsabilités. Mais pour envisager son avenir, c'est son passé que la jeune fille doit découvrir. S'ensuit une quête identitaire à travers le Val qui va permettre à la jeune fille de découvrir qui est véritablement sa mère et comprendre enfin son présent.
Les dessins de Thomas Labourot ont gagné en intensité dans ce tome et offrent des paysages aussi fantasmagoriques que déjantés. Les couleurs douces, utilisées tout au long de la série, offrent ce qu'il faut de chaleur et de douceur à la quête d'Aliénor, et les planches se suivent et ne se ressemblent pas.
Une série que je referme avec regret mais avec la certitude aussi que je la relirai avec plaisir. Un seul conseil : si vous n'avez pas encore succombé à l'appel d'Aliénor et de cette réécriture du cycle arthurien, c'est le moment, la série est complète ! 

 Retrouvez toutes mes chroniques de la série :

    

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album et suivre cette série ! 

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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20 mai 2019

Aux portes de la mémoire, Felicia Yap

Aux portes de la mémoireAux portes de la mémoire est le premier roman de la malaisienne Felicia Yap. Paru en 2017, il est sorti en France chez Harper Collins en février 2019.

Imaginez un monde où l'humanité est divisée en deux catégories : ceux qui ne se souviennent que de la veille, les monos, et ceux qui gardent en mémoire les dernières quarante-huit heures, les duos. Grâce à des tablettes, chacun consigne les jours qui passent pour transformer les souvenirs en faits et garder une traçabilité de sa vie.
Claire, une mono, est mariée à Mark, un duo. Alors que celui-ci jouit d'une carrière d'écrivain célèbre et brigue une place en politique, son épouse vit dans l'ombre, honteuse de ne souvenir que du jour précédent. Mais le jour où un policier vient sonner à leur porte pour interroger Mark à propos du décès d'une jeune femme dans la rivière près de chez eux, son monde bascule. Claire apprend que Mark la trompait et qu'il a peut-être tué cette femme. Mais dans un monde où chacun écrit ses souvenirs pour les transformer en faits, mener une enquête est une course contre la montre.

Je lis peu de thrillers, principalement parce que je suis une petite nature qui a très vite tendance à mal dormir à la moindre intrigue stressante. Mais j'ai été intriguée par ce premier roman et très enthousiaste à l'idée de le découvrir
Et j'ai rudement bien fait ! Felicia Yap entraîne son lecteur dans cette dystopie avec brio. La narration alternée permet au lecteur de suivre quatre personnages - le couple de Claire et Mark, mais aussi Sophia, la victime, et Hans Richardson, l'inspecteur en charge de l'enquête - et de progresser pas à pas avec ces personnages dans l'intrigue.  Celle-ci avance à bon pas, sans temps mort, au rythme de l'enquête que Hans - mono caché sous les traits d'un duo pour espérer une promotion - tente de boucler en une journée.
La psychologie des personnages est bien léchée et évite les caricatures ordinaires et l
'écriture cinématographique offre à l'ensemble un aspect visuel fort intéressant
Tout l'intérêt du roman réside dans cette question de mémoire à très court terme et ses conséquences. L'auteure maîtrise son sujet et a pensé à tous les aspects de sa dystopie. Comment les souvenirs sont consignés, comment les convoquer à nouveau, etc. Les clivages entre monos et duos sont là, dénonçant l'intolérance des seconds à l'égard des premiers, jugés inférieurs. La question de la tolérance et du vivre-ensemble est abordée en finesse et en cette époque troublée, arrive à point nommée.
C'est bien simple : je n'ai pas pu décrocher de ma lecture une fois commencée ! Le dénouement, inattendu et plein de rebondissements, clôt ce roman de façon parfaite. En bref, une petite réussite que j'ai déjà commencé à conseiller autour de moi ! Un grand merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce thriller ô combien haletant.

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16 mai 2019

Tout ce que je sais sur l'amour, Dolly Alderton

Tout ce que je sais sur l'amourTout ce que je sais sur l'amour est le premier ouvrage de la journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton. Lauréat du National Book Award 2018, il est paru en février 2019 en France chez Mazarine.

Dolly Alderton, bientôt trente ans, aborde avec beaucoup d'humour la question de sa vie sentimentale. Digne héritière de la génération Y, la jeune femme, qui a grandi dans la banlieue londonienne, raconte avec un humour féroce ses déboires amoureux, des balbutiements des tchats sur MSN aux débuts de Facebook en passant par ses rendez-vous ratés, ses colocations diverses et variées et ses soirées dans les pubs. 

Intriguée par le résumé de ce livre, j'ai eu très envie de découvrir cette Bridget Jones réelle, cette anglaise à l'humour ravageur qui fait état de sa vie sentimentale un brin bancale. Et dès le début, Dolly Alderton donne le ton : "Si on ne vit pas ça à l'âge adulte, c'est qu'on a raté sa vie, comme toutes ces profs d'arts plastiques qui sont des "Mlles" au lieu d'être des "Mmes", portent des bijoux ethniques et ont des cheveux tout frisés." Cinglant, un peu grinçant, le livre s'apparente à une chronique sociale d'une génération désenchantée par les relations amoureuses.  
Tout ce que je sais sur l'amour est irrémédiablement teinté de nostalgie, d'une pointe de regrets parfois. Le lecteur décode à travers les nombreux traits d'humour de la journaliste une certaine forme de solitude, comblée par ses amitiés féminines nombreuses. La pression sociale d'être en couple est palpable, au fil des pages, et le fait de ne pas réussir à l'être, vécu comme un échec. Le conformisme social est fort, et Dolly Alderton n'y échappe pas. 
Malgré cet humour ravageur plus profond qu'il n'y parait, les 423 pages de l'ensemble m'ont paru à la longue un peu indigestes. Je me suis lassée, au fil de ma lecture, des aventures de Dolly parfois répétitives. Je remercie néanmoins les éditions Mazarine pour la découverte de ce livre. 

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15 mai 2019

Le château des étoiles T.4 Un français sur Mars, Alex Alice

Le château des étoiles 4 Alex AliceUn français sur Mars est le quatrième tome de la série Le château des étoiles imaginée par Alex Alice. Il est paru en septembre 2018 aux éditions Rue de Sèvres. 

Arrivés sur Mars, Séraphin et ses amis se mettent en quête de l'expédition prussienne qui les a précédés et qui retient en otage le Professeur Dulac. Lorsqu'ils retrouvent les restes du vaisseau sans signe de vie, le petit groupe panique. Mais ils n'ont guère le temps de s'en préoccuper car Gudden, venu avec eux, dévoile son jeu : le père de Séraphin n'est pas sur Mars et Gudden n'est ici que pour permettre de rapporter de l'etherite sur Terre. Une rixe éclate alors entre Séraphin et Gudden et Séraphin est vite assommé et perd connaissance. Lorsqu'il réouvre les yeux, il est seul. Ses amis l'auraient-ils abandonné sur Mars ? Très vite, l'adolescent se rend compte qu'il n'est pas seul et que la planète est habitée par d'étranges créatures.

Deuxième tome du diptyque consacré à la planète rouge, Un français sur Mars entraîne une nouvelle fois son lecteur dans une aventure rocambolesque. Elle est bien loin, la Bretagne du précédent tome et les temps calmes de la vie de Séraphin et ses amis. Dans ce nouvel album qui se déroule exclusivement sur Mars, la petite troupe est confrontée à la trahison, l'isolement et la folie, parfois, le tout sur une planète inconnue où la vie n'a pas encore été étudiée.  
Alex Alice poursuit l'exploration de l'univers qu'il a construit, offrant à la fois de superbes planches dignes de planches de botanique, où minéral et végétal se mélangent pour mieux se confondre, et une intrigue riche et rythmée. La palette de couleurs utilisée est chaude, ressemblant parfois à un arc-en-ciel, et malgré la guerre qui sourd pour exploiter les ressources de Mars, cette dernière semble accueillante et pacifique.  
Les héros ont bien grandi depuis le premier tome, et ce sont maintenant des adolescents qui parcourent l'espace au volant de leurs engins bricolés. Le côté steampunk est toujours bien présent, avec ces machines volantes tout droit sorties de l'imagination d'inventeurs de génie.  
L'humour est toujours présent, mais c'est un tome plus sombre que signe ici Alex Alice, en proie aux affres d'un monde qui ressemble étonnamment au nôtre. La question du racisme est évoquée sous couvert de fantastique, tout comme celles de la tolérance et du vivre-ensemble. Un nouveau chapitre aussi soigné qu'intéressant, qui ouvre encore de nouvelles portes dans les aventures de Séraphin et ses amis. Une série qui gagne en densité au fil des tomes, gardant l'onirisme de Miyazaki et le côté scientifique bien marqué qui rappelle sans cesse Jules Verne. 

Mon avis sur les trois premiers tomes : 

Le château des étoiles T image 

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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24 avril 2019

Un putain de salopard T.1 Isabel, Loisel et Pont

Un putain de salopard TUn putain de salopard est la nouvelle série signée Régis Loisel pour le scénario et Olivier Pont pour le dessin. Le premier tome, Isabel, paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Brésil, 1972. Max atterrit à Kalimboantao avec l'envie de rencontrer son père. Sa mère, disparue il y a peu, y a vécu durant les jeunes années de son fils et ne lui a jamais parlé de son père. En triant ses affaires, il est tombé sur deux photos sur lesquelles elle pose avec Max et un homme. Mais lequel de ces deux hommes est son père ? Aidé de trois françaises, Christelle, Charlotte et Corinne, Max commence ses recherches, en plein milieu de l'Amazonie, tandis que la transamazonienne est en train d'être construite. Mais le milieu est rude, la prostitution et la violence omniprésentes, et la vie tient à peu. Max déchante vite de son rêve d'exotisme et se heurte à la réalité de la jungle des années 70.

Ouvrir cet album, c'est plonger instantanément dans la moiteur de la jungle brésilienne, au coeur d'une intrigue que l'on pressent riche et intense. Loisel réussit à transporter son lecteur dans une histoire qui allie sérieux et humour, le trio de françaises n'étant pas en reste pour les blagues vaseuses et la déconne. Le timide Max se déride rapidement en compagnie des trois amies et sa quête familiale prend une tournure plus légère. Mais ça serait sans compter le contexte dans lequel les jeunes gens ont débarqué. 
Christelle et Charlotte sont infirmières expatriées et rejoignent rapidement le camp forestier dans lequel elles font un remplacement. Là-bas, elles découvrent la précarité et la dangerosité du quotidien au milieu de la forêt. Les jeunes filles sont arrachées à leurs familles pour servir les appétits sexuels des hommes sur les chantiers tandis que ces derniers travaillent dans des conditions dangereuses et n'hésitent pas à utiliser la violence pour parvenir  à leurs fins. 
L'intrigue s'installe progressivement mais sans temps mort aucun. Le lecteur suit en parallèle la quête de Max, aidé de la jeune muette Baïa, et les aventures de Christelle et Charlotte. Le trait d'Olivier Pont offre à l'ensemble un dynamisme certain, porté par des couleurs chatoyantes qui rendent hommage au monde végétal. Les personnages possèdent des traits ronds qui leur confèrent une touche de légèreté bien appréciable dans ce contexte-là. 
Un premier tome hautement addictif qu'il est impossible de lâcher. Une trame de fond qui s'installe en profondeur et dont on perçoit à peine les contours, des personnages attachants et une intrigue à la fois familiale et politique. Bref, un coup de coeur !

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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03 avril 2019

Brigade Verhoeven T.2 Irène, Bertho et Corboz

Brigade Verhoeven 2Irène est le deuxième tome de la série Brigade Verhoeven. Cette adaptation en BD du roman de Pierre Lemaître signée Bertho et Corboz est parue le 13 mars dernier aux éditions Rue de Sèvres.

Camille Verhoeven, commandant de la police criminelle parisienne, est obligé d'écourter ses vacances pour enquêter sur un nouveau meurtre. Deux femmes atrocement mutilées sont retrouvées dans un loft à Courbevoie. Les enquêteurs découvrent rapidement que ce double meurtre est à mettre en relation avec un crime plus ancien, survenu à Tremblay. Le meurtrier semble s'inspirer de romans pour mettre en scène ses meurtres. L'enquête patine et Camille s'impatiente : Irène, sa femme, va bientôt accoucher et il aimerait être à ses côtés. 

J'avais découvert Camille Verhoeven avec l'excellent premier tome, Rosie, et j'avais passé un très bon moment dans les locaux de la police criminelle. Autant vous dire que j'étais impatiente de découvrir la suite !   
Ce deuxième volet est tout autant réussi et capte l'attention du lecteur en quelques planches. Celles-ci sont toujours aussi dynamiques et leur découpage - audacieux - participe de cette ambiance sombre et du suspense grandissantL'ensemble est toujours cinématographique et très vivant.
Si le dénouement est un tantinet prévisible, l'intrigue est néanmoins bien menée et respecte les codes du genre. Les personnages aux trognes bien soignées possèdent toujours ce petit quelque chose de suranné qui m'avait tant plu dans le premier tome.
Un deuxième titre sanglant et prenant à souhait. Amateurs de polars contemporains, laissez-vous tenter, l'ensemble vaut largement le détour. 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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20 mars 2019

Le murmure des sorcières, Marianne Renoir

Le murmure des sorcièresLe murmure des sorcières est un roman jeunesse de Marianne Renoir paru en janvier dans la collection Neuf de L'Ecole des Loisirs. 

Kaï est une petite sorcière et comme toutes les sorcières, elle est végétarienne, descend des dragons de Komodo et vit sur une île du Pacifique, en tout quiétude. Mais lorsque la montée des eaux menace leur île, les sorcières sont obligées d'émigrer. Après un long vol en balai, elles se retrouvent à Paris et Kaï, très intriguée par les humains, adore les observer. Mais un soir, alors qu'elle rencontre une petite fille qui lui ressemble énormément, sa mère entre inopinément dans la chambre et les confond. Kaï et Marie-Astrid Caramel de Bellegarde - c'est son nom - échangent donc leur vie. C'est le début des aventures pour les deux fillettes !

J'ai toujours aimé les histoires de sorcières. Depuis que je suis petite et que j'ai dévoré la série des Amandine Malabul puis la saga des Chrestomanci et enfin les Harry Potter, j'avoue avoir un faible pour ces univers. Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce court roman jeunesse, dans lequel les sorcières sont végétariennes.    
Mais j'en ressors en demi-teinte. Si l'idée de départ est assez classique - l'échange de deux personnages qui se ressemblent - le traitement sur fond d'intrigue écologique et de sorcellerie m'intéressait grandement.   
Malheureusement, je n'ai été sensible ni au style narratif, ni à l'univers imaginé qui semble arbitraire et trop peu décrit pour qu'on s'y plonge. Heureusement que l'héroïne est attachante et que les questions de tolérance et d'environnements sont bien traitées. Mais je ressors mitigée de cette lecture. 

Merci  à L'Ecole des Loisirs pour l'envoi de ce roman.

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