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07 novembre 2019

Cléopâtre, sur les traces d'une femme d'exception, Alberto Angela

Cleopatre Alberto AngelaCléopâtre, sur les traces d'une femme d'exception est le dernier livre du journaliste et vulgarisateur scientifique italien Alberto Angela. Il est paru en octobre chez Harper Collins. 

Cléopâtre, un nom mythique pour une femme qui a tout autant marqué l'Histoire. Alberto Angela se penche sur le destin de cette femme hors du commun et plus particulièrement sur les quatorze dernières années de sa vie, de 44 av. JC à 30 av. JC, alors que la souveraine égyptienne a séduit deux des plus grands noms de l'histoire romaine - César et Marc Antoine - et qu'un royaume est sur le point de s'effrondrer et une page de l'Histoire de se tourner  

J'ai découvert Alberto Angela avec cette biographie de Cléopâtre et autant vous le dire tout de suite : je me suis régalée et cet essai est un véritable coup de coeur ! Alberto Angela réussit en quelques pages à entraîner son lecteur au coeur de cette période sombre mais ô combien essentielle pour l'Occident. Il étudie de près les protagonistes de ces années, avec précaution quand les détails historiques ne nous sont pas parvenus, et n'hésite pas à utiliser le conditionnel pour des situations dont on ignore quasi tout. Les descriptions sont très soignées - Rome et ses ruelles ou Alexandrie, notamment - et permettent une immersion incroyable dans l'époque. Comme s'il portait une caméra à l'épaule, l'auteur nous entraîne dans un long travelling de la vie quotidienne des romains et des égyptiens. Le lecteur voit naître sous ses yeux des bâtiments mythiques aujourd'hui disparus - le phare et la bibliothèque d'Alexandrie en tête, mais pas que -, tandis que les effluves des différentes échoppes lui parviennent aux narines ou que le tumulte d'une journée à Rome ou à Alexandrie monte dans ses oreilles. L'effet est saisissant et l'écriture cinématographique de l'auteur n'y est pas pour rien.  La précision historique est recherchée, les thèses des différents historiens proposées, laissant le champ libre au lecteur d'adhérer davantage à l'une ou l'autre.
Cléopâtre n'est pas décrite comme une femme magnifique - pour la simple et bonne raison qu'il ne reste aucune représentation d'elle ni aucune description - mais plutôt comme une femme consciente de sa sensualité, vive d'esprit, très cultivée et au fait de la vie politique. Alberto Angela la dépeint en visionnaire, en femme indépendante et sûre de son pouvoir de séduction, mais qui pense avant tout à son peuple et à ses enfants, notamment Césarion qu'elle souhaite mettre sur le trône d'Egypte après sa mort.

Un essai aussi passionnant qu'accessible qui permet de se pencher sur ces années qui ont marqué l'Histoire, un page-turner incroyable bourré de suspense (j'ai eu beaucoup de mal à lâcher le livre dès le début, alors que la conjuration contre César est en marche et que l'issue nous est déjà connue) et une très belle découverte.

Un grand merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce livre qui est une très belle idée de cadeau pour les fêtes !

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27 octobre 2019

Boo, Neil Smith

Boo Neil SmithBoo est le premier roman de l'auteur et traducteur canadien Neil Smith. Il est paru en août 2019 à L'Ecole des Loisirs.

7 septembre 1979, Oliver Dalrymple, surnommé Boo par ses camarades à cause de sa carnation très pâle et de ses cheveux blonds, vient de mourir devant son casier, le n°106, au collège Helen Keller. Arrivé au paradis, l'adolescent asocial, surdoué et passionné par les sciences, découvre un univers ordonné où les morts sont séparés par pays et classes d'âge. Mais l'arrivée d'un nouveau au paradis et la nouvelle qu'il apprend à Oliver mettent à mal le fragile équilibre que ce dernier s'est construit en quelques semaines.

Dévoré lors du Read-a-thon d'Halloween, Boo est un roman diablement bien construit et qui aborde des thématiques adolescentes avec délicatesse.
Le personnage d'Oliver, tout d'abord, est un personnage à la psychologie finement ciselée. Le héros de l'histoire - qui prend en charge la narration par le biais d'un livre qu'il écrit pour ses parents - est un ado mal dans sa peau, harcelé par ses camarades à cause de sa différence physique et de ses centres d'intérêt. Gravitent autour de lui des personnages secondaires tout aussi intéressants, de Thelma, l'adolescente noire en surpoids en passant par Esther, adolescente de petite taille au tempérament explosif, Oliver s'entoure pour la première fois de personnes de son âge et découvre l'amitié. 
L'intrigue, ensuite, est rythmée et suit le compte-rendu d'Oliver sur ses journées au paradis. Celui-ci est régi par nombre de lois et le petit groupe de réfléchir au fait qu'il existe peut-être un moyen de communiquer avec le monde des vivants.   
Enfin, tolérance, amitié, différence, harcèlement, mort, famille sont autant de thèmes que le roman aborde avec finesse et pudeur et lui confèrent une profondeur singulière. L'ensemble se dévore sans voir les pages passer, le lecteur étant happé par le mystère autour de la mort d'Oliver et l'enquête qu'il mène avec ses amis.    
Un roman bouleversant et intelligent, un brin vintage et doté d'une certaine forme d'humour, malgré le sujet. A mettre entre toutes les mains, dès 13 ans.
Un grand merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de le découvrir dès sa sortie !

Et voilà ma cinquième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

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23 octobre 2019

Sombres citrouilles, Malika Ferdjoukh et Nicolas Pitz

Sombres citrouillesSombres citrouilles est l'adaptation BD du roman de Malika Ferdjoukh par Nicolas Pitz. Elle sort aujourd'hui aux éditions Rues de Sèvres.

Comme chaque année, la famille Coudrier se réunit le 31 octobre pour célébrer l'anniversaire de Papigrand. Mais cette année, la fête ne va pas se dérouler comme prévu : les petits, partis chercher des citrouilles au potager, découvrent un corps. Pour éviter de gâcher la réunion familiale, ils décident de le cacher. Ce qui ne les empêchent pas de réfléchir à l'identité de la victime. Et à son assassin ? Qui a bien pu tuer cet inconnu ? Est-il vraiment un inconnu ?

J'avais adoré le roman, étudié il y a plus de dix ans lors de mon Master de Littérature de Jeunesse. Quand j'ai vu qu'une adaptation BD sortait, il m'a été impossible de résister.
Et autant vous le dire tout de suite : je me suis autant régalée avec l'album qu'avec le roman ! Nicolas Pitz réussit le tour de force de s'emparer du scénario de Malika Ferdjoukh et d'en restituer une adaptation formidable.
L
es dessins rendent hommage à l'ambiance du roman, soignée et détaillée comme toujours chez l'auteure. Nicolas Pitz prend le parti d'égrenner l'album de planches et de vignettes sans texte pour rendre compte de ces descriptions qui participent de l'ambiance automnale
du roman. L'intrigue suit son cours, entre les différents personnages, les teintes alternant entre les tons pastels et des vignettes sombres en négatif. Le rendu est superbe et les 150 pages de l'album se dévorent jusqu'au dénouement final aussi inattendu que magistralement mis en scène.    
L'alternance de points de vue du roman est rendue par une focalisation sur les différents personnages que le lecteur suit durant cette journée particulière, et la polyphonie prend vie comme par magie.

Vous l'aurez compris, une très belle réussite que cette adaptation du roman de Malika Ferdjoukh. Une petite pépite qui rejoint ma bibliothèque BD, pas loin du roman originel. A découvrir sans tarder !

Planche 2 Planche 3

Planche 4 Planche 1

Planche 5 Planche 6

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cette belle adaptation !

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui nous accueille chez elle
et rassemble les billets des participants aux mercredis BD !

 

Et voilà ma quatrième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

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11 octobre 2019

Les Fleurs du Nord, Valérie Harvey

Les Fleurs du Nord, Valérie HarveyLes Fleurs du Nord est un roman young adult écrit par la québecoise Valérie Harvey et paru une première fois en octobre 2016 aux éditions Québec Amérique avant d'être réédité en 2019.

Sur une île qui ressemble fortement au Japon à l'époque médiévale, installée dans les monts  Sounkyô qu'elle gouverne de génération en génération, vit la famille Kagi, porteuse du pouvoir du feu. Le dernier héritier de ce pouvoir, Tatsuké, maintient la paix sur son territoire tout en protégeant la ville de Fuki. S'entraînant chaque jour dans son camp avec les hommes sous son commandement, le jeune homme n'use de son pouvoir que dans des cas extrêmes.     
Mais le jour où l'un de ses ennemis malmène une jeune femme, Tatsuké intervient et la protège, mettant à mal le fragile équilibre de paix que le royaume tente de préserver. Décidant de placer Midori, c'est son nom, sous sa protection le temps que la menace soit écartée, Tatsuké ne se doute pas qu'il va tomber amoureux de la jeune femme guérisseuse.

Quelle pépite ce roman ! C'est bien simple, je l'ai dévoré en une journée, incapable de le reposer, tant l'intrigue m'a envoûtée et les personnages, passionnée  
Scindé en trois chroniques, l'intrigue épouse la saga familiale des Kagi et entraîne le lecteur au coeur de son quotidien porté par des figures féminines fortes et déterminées et les hommes de leurs vies, le tout sous couvert des pouvoirs des quatre éléments.     
Avec
une plume poétique et précise et une écriture cinématographique, le roman alterne l'exploration du sentiment amoureux et l'art de la guerre, l'ensemble étant toujours très juste. Les descriptions sont soignées et permettent au lecteur de s'imaginer parfaitement les lieux tandis que la psychologie des personnages, très fine, évite les écueils habituels.    
Valérie Harvey imagine un Japon imaginaire où la magie règne et maîtrise son sujet à la perfection. Ayant elle-même vécu à Kyoto durant un an et demi, elle propose à son lecteur une réelle immersion dans ce pays cher à son coeur, glissant même des calligraphies au fil des pages.
Pour les néophytes sur le sujet, un lexique en début de livre permet de se familiariser avec certains termes japonais, tandis que l'auteure complète son récit par un avant-propos expliquant le contexte historique dont elle s'inspire, une carte et une liste des personnages. Et pour aller plus loin, Valérie Harvey a composé deux chansons en japonais disponibles en écoute sur son site.    
Bref, un petit coup de coeur par ici - qui n'a pas été sans me rappeler la saga Le Clan des Otori, lue il y a une éternité (avant la création de ce blog, ça vous donne une idée^^) - et que je ne saurais que conseiller. Ados passionnés par le Japon ou adultes curieux, foncez les yeux fermés, vous ne le regretterez pas !

Et voilà ma première participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

Challenge Halloween 2019, logo

Un grand merci aux éditions Québec Amérique pour la découverte de cette petite pépite !

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28 août 2019

La vie hantée d'Anya, Vera Brosgol

La vie hantée d'AnyaLa vie hantée d'Anya est la première bande dessinée de la jeune auteure américaine Vera Brosgol. Parue en 2011 aux États-Unis et lauréate du Eisner Award et parue une première fois en France chez Altercomics en 2013, elle sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Fille d'émigrés russes, Anya est une ado mal dans sa peau, ballottée entre culture et traditions familiales et intégration dans son pays d'adoption, les Etats-Unis. Élevée par sa mère avec son petit frère, la jeune fille tente de passer inaperçue au lycée mais son nom à rallonge et sa pointe d'accent russe ne l'aident pas.
Après une nouvelle brouille avec sa seule amie, Anya s'nefuit dans un parc et tombe dans un puits. Apeurée, l'adolescente se rend rapidement compte qu'elle n'y est pas seule : le fantôme d'Emily,
une jeune fille décédée dans ce puits vient la visiter. Son squelette est toujours là, quatre-vingt dix ans après son assassinat. Comme Emily l'aide à sortir du puits, Anya décide de l'aider à retrouver qui l'a tuée. En attendant, Emily aide Anya au quotidien au lycée et cette dernière est ravie. Mais Emily est-elle vraiment qui elle prétend être ?

Intriguée par l'histoire de ce one shot, j'ai découvert avec plaisir le trait rond et un brin enfantin de Vera Brosgol qui n'est pas sans rappeler celui de Bryan Lee O'Malley, le papa de Scott Pilgrim. Le dessin est vivant et les tons bleu semblent déposer sur cette histoire un voile vaporeux propice à l'émergence du fantastique en la personne d'Emily.
L'intrigue se met en place doucement, l'auteure prenant soin d'installer le décor et les personnages de son histoire. Son héroïne, partagée entre son héritage russe et sa volonté de s'insérer au lycée, souffre d'un mal-être adolescent classique mais jamais anodin. Incompréhension avec sa mère, complexes physiques, problèmes relationnels, la vie d'Anya n'est pas simple et l'auteure aborde avec sensibilité ces problématiques adolescentes. La part autobiographique est là, derrière les lignes évoquant la question de l'intégration, l'auteure étant elle-même née à Moscou avant d'émigrer à cinq ans aux États-Unis avec sa famille.
Un joli one shot, qui est là où on ne l'attend pas, une lecture touchante, qui sous couvert d'histoires de fantômes, évoque subtilement la question du mal-être adolescent.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

La BD de la semaine

Pour la rentrée des bulles, c'est Moka qui nous accueille chez elle
et rassemble les billets des participants aux mercredis BD !

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08 août 2019

Broadway Limited T.2 Un shim sham avec Fred Astair, Malika Ferdjoukh

Broadway Limited 2Un shim sham avec Fred Astair est le deuxième tome de la série Broadway Limited écrite par Malika Ferdjoukh. Il est paru en novembre dernier dans la collection Medium + de L'Ecole des Loisirs.

Le froid est mordant en ce mois de janvier 1949 à New York, et à la pension des Giboulées, tenue par les soeurs Celeste et Artemisia, la vie suit son cours. Les six jeunes pensionnaires poursuivent assidûment leur rêve de gloire et de reconnaissance. Il y a la danseuse Manhattan, engagée comme habilleuse auprès de Uli Styner, star de Broadway poursuivi par la Commission des Activités Anti-Américaines, qui ignore qu'elle est la fille qu'il a abandonnée. Et puis il y a Hadley, qui, de son côté, élève comme son neveu son fils de trois ans Odgen, fruit d'une nuit d'amour avec Arlan, un beau soldat perdu de vue à cause d'une serviette en papier et d'une averse. Chic, quant à elle, adore le faste et les paillettes et poursuit sa carrière de comédienne jusqu'à ce qu'elle rencontre un certain Whitey. Et puis il y a aussi Page, Etchika et Ursula, mais aussi Dido, la jeune voisine très impliquée politiquement, dont est éperdument amoureux Jocelyn, le jeune pianiste français qui loge au sous-sol de la pension. Ça en fait du monde et des aventures !

J'avais adoré ouvrir le premier tome de Broadway Limited, en novembre dernier, et c'est avec le même plaisir que j'ai dévoré celui-ci.
Malika Ferdjoukh poursuit avec finesse l'exploration de ses personnages et des différentes intrigues qu'elle imagine. New York, et plus généralement l'Histoire américaine, prennent une place de plus en plus importante à mesure que la période d'après-guerre se durcit et qu'avec elle apparaissent les chasses aux sorcières. L'auteure mêle avec brio ses personnages aux anecdotes historiques en les faisant rencontrer des grands noms de cette époque - Fred Astair, Grace Kelly, Billie Holliday, Marlon Brando, Elia Kazan, Paul Newman, Lee Strasberg, etc. - et participer à l'effervescence du début des 50's. Les cabarets et autres théâtres ont le vent en poupe, tout comme les danseurs et les chanteurs, et la petite troupe de la pension des Giboulées tente de percer chacun dans son domaine.
C'est avec regret que j'ai refermé ce deuxième tome, diablement bien rythmé. L'intrigue générale gagne en épaisseur, tout comme les personnages en psychologie, et Malika Ferdjoukh est en train d'imaginer une sorte de Vie mode d'emploi un brin plus romancé, où l'intrigue déborde des murs de la pension pour mieux donner à voir la vie de ces jeunes adultes à New York. Destiné à un lectorat adolescent, la série est à la fois accessible notamment historiquement et politiquement à ce public, mais aussi largement délicieuse à découvrir à l'âge adulte. Les turpitudes des sentiments adolescents sont là, mais évitent l'écueil du sentimentalisme pour mieux donner à voir des vies plus matures, plus engagées. A l'image des vingtenaires de cette époque.
Une réussite, donc, que je ne peux que vous encourager vivement à découvrir au plus vite. De mon côté, j'attends le prochain tome avec impatience. Un grand merci
 à L'Ecole des Loisirs de me permettre de découvrir cette série que j'aurais adorée plus jeune, même si je ne boude pas mon plaisir à trente ans et des poussières.

Ma chronique du premier tome :

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25 juillet 2019

Le coeur et l'esprit : vivre le travail autrement, Leah Weiss

Le coeur et l'espritLe coeur et l'esprit est un essai de la chercheuse et professeure américaine Leah Weiss paru en janvier aux éditions Harper Collins.

Comment donner du sens à son activité professionnelle ? Être davantage  bienveillant avec ses collègues ? Plus à l'écoute ? En pratiquant la pleine conscience. Introduire cette pratique méditative dans la sphère professionnelle permet de développer des qualités d'écoute et de présence qui changent sa façon d'être au monde.

Lea Weiss reprend dans cet ouvrage les grandes lignes du cours qu'elle donne sur la pleine conscience et la compassion à l'Université de Stanford.
Scindé en trois parties, Le coeur et l'esprit permet une approche théorique très étayée sur le sujet alliée à des exercices concrets pour mettre en pratique ce que les études démontrent.
1/ Donner un sens au travail, c'est possible : dans cette première partie, et après une introduction des plus complètes, l'auteure revient sur la notion d'environnement professionnel toxique, explique les bienfaits concrets de la pleine conscience et développe l'idée d'embodiment, la pleine conscience du corps.

2/ Apporter tout ce que nous sommes au bureau : la deuxième partie de l'essai permet de réfléchir concrètement à sa présence professionnelle et en donner le meilleur, en cultivant notamment la compassion, en prenant soin de soi mais aussi en étant à l'écoute de ses émotions et en évitant de les réprimer.

3/ Échec et réflexion : les marques du succès : dans cette troisième et dernière partie, Leah Weiss revient sur la notion d'échec pour mieux avancer avant de s'intéresser à la question de la résilience et du futur des entreprises, plus concernées par le bien-être de leurs employés.

Une lecture extrêmement riche et dense sur la question de la pleine conscience au travail, pourvue d'une bibliographie conséquente. L'alternance d'apports théorique - notamment par le biais d'études - et d'exercices pratiques permet d'alléger le propos. Ce dernier souffre parfois de quelques lourdeurs, dues au fait que l'essai découle d'un cours universitaire, mais la lecture n'en demeure pas moins des plus instructives pour qui veut se pencher sur sa sphère professionnelle et trouver une certaine forme d'apaisement et de sérénité. Un grand merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce livre.

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10 juillet 2019

Eloge du vivant, Isabelle Célestin-Lhopiteau

Eloge du vivantEloge du vivant, est un ouvrage de la psychologue Isabelle Célestin-Lhopiteau paru en mai aux éditions Harper Collins.

Isabelle Célestin-Lhopiteau nous offre ici une parfaite présentation de la médecine intégrative, cette façon d'envisager la santé qui allie médecine allopathique et approches thérapeutiques complémentaires telles l'hypnose, le qi gong, la sophrologie, le yoga, la méditation, l'acuponcture, l'auriculothérapie, l'ostéopathie, la musicologie ou encore la phytothérapie. A travers son parcours, ses observations et son travail autour de cette notion, l'auteure nous permet une approche complète du concept.

L'ouvrage se scinde en trois parties :

1/ Des chamans à l'hypnose : vers la médecine intégrative. L'auteure nous présente son parcours à travers le monde pour comprendre les médecines traditionnelles et les pratiques psychocorporelles qu'elles recouvrent.

2/ Quelles pratiques complémentaires choisir ? Face à l'explosion des maladies chroniques dans notre monde actuel, la médecine moderne atteint ses limites. Les médecines complémentaires sont ici détaillées et leurs effets expliqués par des schémas, des illustrations et des tableaux.

3/ Les six invariants du soin. Dans cette dernière partie, Isabelle Célestin-Lhopiteau aborde les analogies des médecines complémentaires : le travail sur le souffle, la modification de la conscience, les postures d'ouverture, le travail global sur l'alimentation et le sommeil, le pouvoir de la sociabilisation et le travail sur les émotions.

Un glossaire, une liste des exercices et une bibliographie complètent harmonieusement le propos.

A travers ce parcours de présentation de la médecine intégrative, Isabelle Célestin-Lhopiteau nous offre des outils solides pour appréhender sa santé autrement. Chaque pratique est expliquée et méritera une lecture complémentaire spécifique pour en cerner tous les aspects, mais ce livre a le mérite de les mettre en relation et d'offrir une vision globale des plus enrichissantes. 
Je me suis régalée, trouvant cette lecture fluide et facilitée par le découpage clair, la mise en page agréable et les schémas et autres illustrations qui complètent avec finesse le propos. J'ai pioché de nombreuses idées dedans et ai mis en pratique plusieurs exercices (notamment de qi gong) tout en réfléchissant intensément à ma future activité.
Un incontournable pour qui souhaite envisager sa santé de façon holistique et découvrir des pratiques complémentaires pour améliorer son corps et son mental au quotidien. Un immense merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce livre que j'ai déjà prêté et conseillé largement autour de moi.

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13 juin 2019

La fille sans nom, Maëlle Fierpied

La fille sans nomLa fille sans nom est le dernier roman de la normande Maëlle Fierpied. Il est paru en mars chez L'Ecole des Loisirs.

Camille, quinze ans, fugue un soir de chez ses parents. Parce que communiquer avec eux est devenu impossible, l'adolescente s'enfuit, sur un coup de tête. Lorsqu'elle tombe sur une péniche dotée d'un écriteau recherchant un garçon à tout faire, la jeune fille n'hésite pas. Mais elle n'a pas idée de l'erreur qu'elle vient de faire.
Elle tombe entre les mains
de son propriétaire, Hélix, un mage sans scrupule qui lui vole sa mémoire en enfermant son prénom dans un bocal. La jeune fille devient son esclave, propulsée dans un univers où la magie règne. La vie sur la péniche est dure, mais bien vite elle gagne l'amitié de Safre et Margoule, deux frères mi-ogres mi-dragons. Tandis que la péniche avance vers le Tunnel runique, la jeune fille élabore un plan pour s'enfuir.

Quelle belle découverte que ce roman, et je pèse mes mots  ! Que c'est bon de lire une histoire qui fait autant la part belle à l'imagination. Maëlle Fierpied signe ici ce qui aurait pu être un premier tome très prometteur, mais a fait le choix d'en faire une histoire complète et non une série. Et pourtant, tous les ingrédients sont là, et j'aurais été la première à attendre avec impatience un second tome.
L'intrigue, tout d'abord, se met en place progressivement et suit le schéma assez classique du conte initiatique. L'héroïne tourne le dos à son quotidien pour entrer dans un monde parallèle aussi onirique qu'effrayant, où les runes, les mages, la sorcelleries et les créatures en tous genres règnent. Les péripéties se succèdent pour la jeune Camille qui va d'aventures en aventures.
La psychologie des personnages est bien étudiée et si l'héroïne est aussi hésitante et inconstante que peuvent l'être les adolescents d'aujourd'hui, elle n'en demeure pas moins attachante dans sa vulnérabilité. Les personnages secondaires qu'elles croisent sont dotés de ce qu'il faut de psychologie pour être intéressants et intriguants. L'écueil du manichéisme n'est pas évité, cependant, pour les méchants de ce monde, mais cela ne gâche en rien le plaisir de la lecture.
Le gros point fort de ce roman réside, selon moi,
dans toutes les trouvailles que l'auteure a imaginée pour son monde magique. Celui-ci est très bien construit, cohérent, et prend vie sous la plume imagée et presque cinématographique de Maëlle Fierpied. A l'image de la très belle couverture de ce roman, je me suis prise à m'imaginer les différents univers dépeints avec force détails. Et c'était très agréable.
Vous l'aurez compris, un sans-faute selon moi qui mérite bien des louanges. Merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce roman que j'aurais adoré découvrir plus jeune, tant l'univers m'a fascinée. A lire et à offrir aux lecteurs adolescents autour de vous, sans hésiter une seule seconde.

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12 juin 2019

La Venin T.1 Déluge de feu, Laurent Astier

La venin TLa Venin est la dernière série du dessinateur et scénariste de BD français Laurent Astier. Son premier tome, Déluge de feu, est paru en janvier dernier aux éditions Rues de Sèvres.

Silver Creek, Colorado, juillet 1900. La jeune Emily, fraîchement arrivée en train dans la petite ville minière, apprend le décès de son futur époux. La jeune femme éplorée n'a plus les moyens de repartir et se accepte d'être embauchée pour ses charmes dans le saloon de la ville. Mais Emily est-elle vraiment aussi naïve qu'elle le prétend ? Son enfance dans le saloon où travaillait sa mère lui a appris les rudiments de la ruse et du mensonge, et il se pourrait que la jeune femme s'en serve pour ses propres desseins...

Le Far West, ses petites villes minières et leur saloon, une héroïne forte et déterminée, comme le laisse présager la couverture, une intrigue qui alterne les époques, cet album avait tout pour me plaire. Et pourtant, il a manqué un petit quelque chose à cette lecture pour me séduire totalement.
Et p
our une fois, c'est difficile à exprimer. L'intrigue est savamment construite - l'album s'ouvre sur la jeunesse d'Emily à la Nouvelle-Orléans, pour se poursuivre, quinze ans plus tard, par l'arrivée de la jeune femme dans le Colorado - et avance à bon rythme, les dialogues ont juste ce qu'il faut de piquant pour titiller la curiosité du lecteur, et l'ambiance est pesée avec minutie.
Côté dessins, le style reste assez classique, tant dans le découpage des planches que dans leur composition. Les personnages comme les décors ont un petit quelque chose qui n'est pas sans rappeler Morris et son célèbre cow-boy. Les couleurs utilisées font la part belle aux teintes sables et orangées, à l'image du désert qui entoure la ville.
Reste que, malgré ces points forts et le plaisir que j'ai ressenti à cette lecture, je n'ai pas éprouvé la petite étincelle qui me donne furieusement envie de poursuivre la série. D'autres que moi ont été bien plus élogieux sur ce tome. De mon côté, et c'est certain, c'est un rendez-vous manqué.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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