Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

07 mai 2014

Mon ami Dahmer, Derf Backderf

Mon ami DahmerMon ami Dahmer est un album documentaire qui a occupé vingt ans son auteur, Derf Backderf, avant de voir le jour. Vainqueur ex-æquo du Fauve d'Or au Festival d'Angoulême cette année, il est paru en février 2013 aux éditions Ça et là.

Jeffrey Dahmer, enfant solitaire puis adolescent marginal, est devenu un des plus célèbres serial killer américain. Derf Backderf, l'auteur de cet album, a été son camarade au collège et au lycée, dans les années 1970. A la lumière des évènements, il tente de se souvenir de celui qu'il a cotôyé. En interrogeant d'anciens camarades et en plongeant dans ses souvenirs, il cherche à comprendre.

Glaçant au possible, Mon ami Dahmer est un album dont on ne sort pas indemne. Jamais violent ni sanglant malgré son sujet, il fouille  l'enfance et l'adolescence de Jeffrey Dahmer et amène le lecteur aux portes du moment où tout a basculé. Le jour où Dahmer a succombé à ses pulsions. De ces dernières, nous ne saurons rien, tout du moins en images. La postface explique tout en pudeur les troubles de Dahmer - nécrophilie, cannibalisme, démembrement de ses victimes - et tente d'éclairer, grâce à ses propos et son histoire personnelle, ses agissements.
Derf Backderf tente de retranscrire ses souvenirs et c'est un étrange récit que cet album. Les dessins tout en rondeurs et en plis offrent une esthétique particulière au récit. On se croirait dans un comics américain un peu léger. Il n'en est rien. Dès la première page, on est happé. Hypnotisé par le personnage de Dahmer, tel que se le rappellent ceux qui l'ont côtoyé avant. Avant l'horreur. Et cet adolescent un peu à part, extrême, qui adorait jouer au fou, est tour à tour pathétique et glaçant. On essaie de comprendre avec l'auteur. On frémit de voir le nombre de gens qui l'ont connu sans jamais déceler ses troubles. On referme l'album avec un sentiment étrange. Mal à l'aise, apeuré peut-être. En tout cas profondément marqué, c'est sûr. Comme si on avait nous aussi côtoyé Dahmer... Merci C. pour cette lecture que je ne suis pas prêt d'oublier.

D'autres avis : CanelChoco, Jérôme,  Joëlle, Mo', Oliv, Theoma, Yaneck, Yvan, etc.

Voici ma 64e participation à la   organisée par Mango et ma 53e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

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01 juin 2011

From Hell, Alan Moore et Eddie Campbell

59873039Les meurtres qui ensanglantèrent le quartier londonien de Whitechapel en 1888 sont un terreau sans fin d'inspiration littéraire et artistique. La preuve avec cet album, s'inspirant de la vie de celui que l'on surnommait Jack l'Eventreur.

L'histoire est bien connue mais débute dans cet album par des faits bien antérieurs. Un petit-fils de la famille royale s'étant acoquiné avec une prostituée, un enfant illégitime gêne la Reine Victoria. Celle-ci envoie son médecin personnel, William Gull, pour régler le problème. Mais très vite, celui-ci se laisse emporter par sa mission et dérape.

576 pages. Autant dire un album imposant. Et cet adjectif s'applique tout autant à cette couverture tout en contrastes : ce titre rouge évocateur contraste à merveille avec l'ambiance sombre du décor.
Malheureusement, cette lecture a été un rendez-vous complètement manqué. Je ne suis même pas allée au bout de ces 576 pages. Il est vrai que le trait d'Eddie Campbell ne m'attirait pas de prime abord, mais lancée dans ma découverte d'album en bichromie, je suis passéefromhell outre. Mais l'intrigue ne m'a pas du tout convaincue non plus.
Alan Moore amorce comme postulat de départ une des nombreuses théories sur l'identité du célèbre tueur en série, celle du médecin de la Reine. Soit. Mais son projet de revenir sur l'enfance de celui-ci puis sur son parcours scolaire et universitaire m'a lassée. Comme si je n'avais pas envie d'une énième justification sur la monstruosité de la nature humaine.
De plus, les phylactères sont très nombreux et trop longs et prennent le pas sur les illustrations, noyant celles-ci et les reléguant au rang d'élement secondaire. C'est donc une lecture longue que cet album, et que j'ai trouvée particulièrement pesante.

Quelqu'un a-t-il lu cette BD et apprécié ? Histoire d'en parler, de voir peut-être pourquoi je n'ai pas été séduite, ou peut-être tout simplement que je comprenne la visée globale de l'auteur, à côté de laquelle je suis passée, c'est évident.

Et voici ma treizième participation 
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma cinquième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 8/20) qui présente le Top BD du moi de mai aujourd'hui !
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18 mai 2011

Le Décalogue T.1, Frank Giroud et Joseph Béhé

d_caologueLe Décalogue est une série de BD inspirée du Décalogue de la Bible, imaginée par le scénariste Frank Giroud. A ce jour, dix tomes sont parus, chacun illustré par un dessinateur différent, et un hors série est venu clôre la série.  

Glasgow. Un tueur en série fait rage et défraie la chronique. Au même moment, un mystérieux manuscrit du début du 19e tombe entre les mains d'un auteur en mal d'inspiration. Dans le projet de le traduire et le faire éditer, ce dernier se plonge alors dans ce texte, Nahik, dans lequel il découvre les dernières volontés du prophète Mahomet.

Le projet du Décalogue m'a tout de suite séduite. Faire travailler dix dessinateurs différents sur un scénario axé autour de ce mystérieux manuscrit. Chaque tome peut-être envisagé comme un one-shot ou être lu dans l'ensemble pour appréhender toute l'histoire de ce manuscrit.

decaSi j'ai vraiment été charmée par ce premier opus, j'ai été déçue de le voir se terminer car les personnages imaginés par Frank Giroud possédaient une telle profondeur psychologique et une histoire personnelle si riche que j'aurais aimer poursuivre cette intrigue dans un deuxième tome.
J'ai découvert grâce à ce titre Joseph Béhé et je suis tombée sous le charme de son coup de crayon. Portées par des couleurs pastel au charme désuet, ses planches sont un petit régal visuel !
Malheureusement pour la série, j'ai lu le deuxième tome qui m'a nettement moins séduite... Et même si chaque tome est illustré par un dessinateur différent et possède une intrigue propre, je pense rester sur cette excellente impression avec celui-ci qui se suffit à lui même.

 Et voici ma onzième participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma troisième au Top BD des blogueurs de Yaneck !
(note : 16/20)
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11 février 2010

Level 26, Anthony E. Zuiker

9782749911229Très intriguée par ce thriller, je n'ai pas résisté et l'ai lu cette nuit... Level 26 se présente comme un livre avant-gardiste, qui tente d'allier lecture et visionnage de vidéos.  L'auteur, scénariste des Experts, espère ainsi séduire la génération adolescente actuelle, plus encline à regarder des vidéos sur Internet qu'à lire...
L'éditeur annonce ainsi : "Toutes les vingt pages, Internet peut prendre le relai du roman : enregistrez-vous sur www.level26.com."
Pour une fois, je substitue mon résumé à la quatrième de couverture, très alléchante :

"
Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité.
Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l'extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c'est le niveau 26. Un seul homme peut l'arrêter. Il s'appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s'est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n'aura plus le choix."


Cette quatrième de couverture m'avait littéralement fascinée, et ce, sans exagérer. Pourtant pas attirée de prime abord par les thrillers, j'avais succombé.
L'intrigue débute très vite : un homme, comme l'annonce la quatrième, défie les lois de cruauté et de dangerosité établies par les policiers spécialisés en criminels. Ses crimes sont atroces, parfois même écœurants, et rien ne semble l'arrêter.
Steve Dark, le seul policier à avoir été sur le point de l'arrêter un jour, poursuit sa vie meurtrie au bord de l'océan, en compagnie de sa femme, prête à accoucher. 
Tout ça est annoncé dès le résumé sur la quatrième. L'intrigue est donc posée : retiré de la police, Steve va être contraint de poursuivre ce fameux criminel. Très vite, le lecteur comprend pourquoi.
Mais l'intrigue ralentit alors, le rythme se fige presque, et le lecteur attend que le héros accepte cette mission et que la traque commence.
Petit temps mort donc, au tiers du roman, puis l'intrigue accélère de nouveau, à un rythme vertigineux, et le dénouement point son nez sans prévenir.
Pour ma part, j'ai été assez déroutée. Les chapitres étant très courts et la mise en page très aérée (ce qui est un confort de lecture d'un autre côté), l'intrigue semble survolée, effleurant en surface certains thèmes pourtant attendus. Le dénouement arrive dans une temporalité qui s'est accélérée au point que tout semble s'être déroulé en quelques jours.
Beaucoup de questions restent en suspend, surtout au niveau du fameux Level 26, peut-être par souci de déshumanisation du personnage. J'aurais néanmoins apprécié d'en savoir un peu plus sur son passé, pour appréhender davantage sa psychologie et comprendre les atrocités qu'il commet tout au long du roman. Son personnage m'a souvent fait penser à  Hannibal Lecter pour son côté invincible, indestructible et d'une dangerosité extrême, mais en moins effrayant.
En revanche, la psychologie de Steve Dark est bien esquissée et vraisemblable et permet une identification certaine.
La spécificité de ce roman (se compléter avec des vidéos), détail qui m'avait intriguée au plus au point, m'a laissée, quant à elle, assez indifférente. Ainsi, au début du roman, alors que le lecteur est amené à visionner les vidéos que le meurtrier a faites de ses crimes, le site Internet nous présente des séquences semblables à un film. On s'attendrait à un film d'une caméra amateur posée dans une cave, alors que le film se présente comme une alternance d'angles de prise de vue qui rendent incompatible la vision subjective et l'impression d'avoir accès aux archives du tueur (je suis un peu confuse, non ?)
Par la suite, j'avoue qu'il a été assez désagréable de me relever pour aller voir sur mon ordi ce qui s'était passé car le livre ne le dit pas...
L'idée était pourtant très novatrice et intéressante, mais j'ai trouvé finalement qu'elle coupait court à toute imagination du lecteur (surtout au niveau des personnages) Pour ma part, j'ai hésité à regarder les vidéos pendant ma lecture ou les visionner une fois le livre terminé... Finalement, j'ai été bien obligée de les regarder au fur et à mesure pour comprendre toute l'intrigue. Et ce manque de liberté m'a plutôt dérangée... (surtout quand on lit au lit et qu'on n'a pas envie de ressortir, allumer son ordi, pour bien tout comprendre...)

En bref, j'ai passé un bon moment de lecture, mais j'ai été assez déçue de la brièveté du texte qui ne permet pas d'exploiter cette intrigue pourtant bien menée.  Beaucoup de questions restent sans réponse et en appellent de nouvelles, ce qui est bien dommage, mais compréhensible si une suite est prévue (j'ai lu cette info sur la critique de Cynthia !)

Je remercie 47286893 et les Editions Michel Lafon pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat !

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