Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




28 janvier 2019

Planète végane, Ophélie Véron

Planète véganePlanète végane est un essai d'Ophélie Véron, fondatrice du blog Antigone XXI. Enseignante chercheuse en sciences sociales et spécialiste des mouvements sociaux, Ophélie Véron est l'une des ambassadrices du véganisme dans le monde francophone. Son essai est paru en mai 2017 chez Marabout.

Dans cet essai, l'auteure, végane depuis 2011, décortique le véganisme. En revenant à ses origines, en expliquant les idées fortes du mouvement et en délivrant une foule d'informations, elle permet à chacun  d'amorcer une réflexion sur le véganisme et d'envisager un monde où les animaux ne seraient plus exploités.

Scindé en cinq parties, l'essai - extrêmement documenté et pourvu d'une bibliographie importante - est accessible à tous et bien structuré.

1/ Pourquoi végane ? Dans cette partie, Ophélie Véron revient aux origines du véganisme (apparu dès le Xe siècle av. JC avec le jaïnisme) en présentant ses accointances avec les grandes religions du monde. Elle présente ensuite la question de l'éthique animale et le concept d'antispécisme avant d'expliquer en quoi le véganisme est la solution première aux problèmes environnementaux. Enfin, elle termine cette première partie par des réponses aux douze objections que les omnivores font régulièrement aux véganes, du cri de la carotte aux questions de santé en passant par l'existence de causes plus importantes dans le monde. Que j'ai aimé cette partie ! Je crois que j'ai entendu toutes ces objections, par diverses personnes de mon entourage, et aujourd'hui je me sens plus à même d'y répondre de façon plus argumentée.

2/ Devenir végane : Ici, Ophélie Véron donne des conseils à ceux qui souhaitent faire le premier pas, explique ce que doit comporter un garde-manger végane, où se cachent les produits non véganes dans les étiquettes et les additifs et donne des astuces pour devenir végane pour de bon. Elle revient sur les raisons de devenir végane et celle pour le rester, pour l'éthique animale.

3/ Véganisme et santé : En tordant le cou à toutes les représentations qui font de l'être humain obligatoirement un omnivore , l'auteure, en s'appuyant sur de nombreuses études, explique les bienfaits d'une alimentation végétalienne. Elle revient sur les concepts d'équilibre alimentaire, de vitamines et de nutriments pour clarifier la question. Vous l'aurez vite compris : hormis la Vitamine B12 qui doit être prise en supplément, un régime végétalien équilibré est bénéfique pour la santé sur le court, moyen et long terme, que ce soit pour les enfants, les ados, les adultes, les femmes enceintes comme les personnes âgées. Et nombreuses sont les études qui le prouvent !

4/ Au-delà de l'alimentation : Dans cette partie, Ophélie Véron sort du carcan de l'alimentation pour aborder tous les autres aspects du véganisme : comment se vêtir, utiliser des produits d'hygiène et des cosmétiques véganes, entretenir sa maison, nourrir ses animaux de compagnie, se divertir. Dans cette partie, une foule de conseils, de marques (notamment 75 marques de chaussures véganes et/ou éco friendly ou qui proposent des modèles véganes, tous les labels de cosmétiques véganes, etc.), d'études aussi, pour enfoncer le clou sur la question de l'exploitation animale invisible, celle qui concerne nos maquillages, notre lessive ou encore les croquettes de nos animaux.

5/ Véganisme et société : Enfin, dans cette dernière partie, l'auteure revient sur le fait d'être végane et d'en parler autour de soi, que ce soit avec ses proches ou dans le cadre de son environnement de travail. Comment continuer à sortir et être végane ? Comment partir en voyages et respecter ses convictions ? Comment, enfin, se débrouiller dans une famille omnivore ?

Vous l'aurez compris, ce livre est pour moi LA référence sur la question. Je l'ai dévoré en prenant beaucoup de notes, en notant des pages. J'ai cheminé, au fil de ma lecture. J'ai appris, beaucoup, sur la question et notamment sur les origines du véganisme. Déjà largement concernée par la question, l'auteure n'a pas eu à me convaincre du bien-fondé de ce mode de vie mais m'a permis d'avancer sur certains points sur lesquels je bloquais.  
Pour l'instant, je suis toujours en transition. Il m'arrive de manger parfois du fromage. Mais plus de viande ni de poisson. Plus de cosmétique ou de produit d'hygiène non véganes. Plus d'achat de cuir. Je termine d'user ma paire de bottes achetée il y a 3 ans pour racheter des bottes véganes, idem pour mon portefeuille en croûte de cuir, mon pull en cachemire et mes oreillers en duvet. Pour les objets dont je ne me servais pas beaucoup, comme mon ancien manteau en laine ou mon sac de voyage en cuir acheté au Maroc, je les ai vendus sur Vinted. Je ne souhaitais plus les avoir dans mon armoire. Reste le problème de la vie sociale, n'étant environnée que par des omnivores et dans une ville où il n'y a qu'un seul resto de burgers véganes. De timides apparitions de plats véganes pointent leur nez dans certains restaurants, mais c'est limité... Heureusement, j'ai la chance que la plupart de mes proches cuisinent végane quand on vient, respectent nos convictions et soient ouverts à découvrir notre mode de vie. Ah oui, vivre avec un végane, ça aide aussi beaucoup. Mais il me reste encore du chemin à parcourir et ce livre m'a été d'une grande aide.
Un grand merci, donc, Ophélie Véron, pour ce condensé très riche et bien construit sur la question, qui regorge d'astuces, de conseils et de réflexions. C'est exactement le livre dont j'avais besoin sur mon chemin.

Pour terminer, je me dis que si tout le monde lisait un tel livre, il n'y aurait plus d'exploitation animale. Parce que c'est impossible de ne pas changer de point de vue et de rester insensible sur la question. Ou alors ça donne une idée de la personne qu'on est...

 

Jour 28 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

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11 février 2016

Le charme discret de l'intestin, Giulia Enders

Le charme discret de l'intestinLe charme discret de l'intestin est un essai de la toute jeune chercheuse allemande en médecine Giulia Enders paru en avril 2015 chez Actes Sud. Récompensé par le Prix de la Nuit de la Science à Berlin, cet essai un peu intimiste à l'origine est un succès inattendu en librairie publié dans une trentaine de pays.

L'intestin, cet organe mal aimé - comme l'indique la couverture - recèle en réalité moult trésors... C'est en faisant des tests sur son alimentation et en cherchant les causes d'une maladie de peau importante qui se déclare lorsqu'elle a dix-sept ans que l'auteure fait d'importantes découvertes. Et si l'on n'attachait finalement pas assez d'importance à celui que la médecine chinoise appelle notre deuxième cerveau ? Et si finalement, l'adage "je suis ce que je mange" était une réalité ? Et si des choses aussi diverses que l'irritabilité, la dépression, le diabète, le surpoids ou encore des problèmes dermatologiques étaient dus à un déséquilibre de cet organe ? Giulia Enders s'attèle à rétablir la vérité et à restaurer la légitimité de l'intestin en nous invitant à une visite guidée au coeur de notre système digestif, en faisant le point sur les dernières recherches sur le sujet et expliquant très clairement le rôle des bactéries dans notre corps et la différence entre prébiotiques et probiotiques.

Passionnant, je n'aurais pas d'autre mot ! Cet essai est un régal de vulgarisation scientifique, accessible à tous. Je me suis régalée à découvrir ce qui se passe réellement en nous dès que nous ingérons de la nourriture, comprendre le mécanisme en oeuvre lorsque nous vomissons ou encore comment notre flore intestinale est constituée. En ouvrant Le charme discret de l'intestin, vous découvrirez par exemple que les antibiotiques ingérés par les volailles nous sont transmis lorsque nous les mangeons et peuvent causer des dérèglements de notre flore intestinale, qu'une dépression peut cacher un dysfoncionnement de l'intestin ou encore que notre goût pour le sucre est dû en partie au fait que notre cerveau est ravi de recevoir un aliment facilement assimilable et transformable en énergie et nous le fait savoir.

Le gros point fort de cet essai est d'être très drôle et de traiter ce sujet éminemment tabou de notre société avec légèreté et recul. Les bactéries se transforment en petits soldat qui mènent une guerre sans merci dans nos entrailles, nos sphincters se transforment en petits personnages et le gros intestin en paresseux un peu mou. Illustrés par sa soeur, les propos de Giulia prennent une toute autre dimension et évitent de sombrer dans l'écueil de l'essai scientifique rasoir par excellence. On rit, on s'interroge, on s'exclame aussi, en lisant ces pages, et les petits dessins de Jill Enders participent du charme de l'ensemble. 

Peut-être que dis comme ça, je ne vous passionne pas, mais faites-moi confiance ! (et faites confiance aussi au succès surprise bien mérité de ce livre ) Je suis intarissable sur cet essai depuis que je l'ai lu et je l'ai déjà conseillé à pas moins de dix personnes de mon entourage, mue par un enthousiasme que j'espère contagieux. C'est honnêtement un livre qu'il serait bon de mettre dans toutes les mains. Tout le monde a quelque chose à y apprendre sur son propre corps... Et zou ! Même si l'appellation me gêne, c'est quand même un coup de coeur !

 

J'ai découvert cet essai en lecture commune avec Tiphanie. Elle a été conquise elle aussi, n'hésitez pas à aller lire son billet !

Lectures communes


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