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12 janvier 2017

Outlander T.1 Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

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Le Chardon et le tartan est une série imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon débutée en 1991. Popularisée par sa récente adaptation en série télévisée, la saga - appelée aussi Outlander ou Le Cercle de pierre - mêle à la fois le roman historique, le fantastique et la romance. 

Inverness, Ecosse, 1945. Claire, vingt-sept ans, revient du front où elle a servi en tant qu'infirmière et profite de quelques jours de retrouvailles avec son mari, Frank. Mais alors qu'elle découvre les environs, Claire est aspirée par un étrange mégalithe et se retrouve catapultée en 1743, alors que la guerre fait rage entre les anglais et les écossais. Déboussolée par ce voyage dans le temps, la jeune femme est sauvée par des Highlanders des griffes de Jonathan Randall, illustre et violent aïeul anglais de son mari. Claire impressionne rapidement les écossais par ses connaissances médicales, utiles sur le champ de bataille et fait la connaissance de Jamie, un Highlander un peu bourru et têtu. 

Complètement sous le charme de l'Ecosse depuis mon voyage en 2014, je ne pouvais que succomber à cette série, découverte par hasard en naviguant sur Netflix. J'ai hésité à la regarder mais j'ai décidé de commencer par le roman. Et j'ai rudement bien fait ! J'ai dévoré les 850 pages de ce premier tome durant les vacances de Noël, ayant moi aussi l'impression de voyager dans le temps, comme Claire, et d'être à ses côtés dans les Highlands en 1743. Diana Gabaldon esquisse dans ce premier tome les contours d'une intrigue des plus riches et documentées. L'histoire est abordée à travers le personnage de Frank, le mari de Claire, mais aussi par les événements que l'héroïne est amenée à vivre. L'Ecosse est un personnage à part entière, faisant l'objet de belles descriptions de sa nature, ses saisons ou encore ses moeurs. 

C'est bien simple : j'ai été complètement happée par cette histoire de voyage dans le temps, secouée comme Claire par la violence du 18ème siècle et ses problématiques, sous le charme moi aussi des écossais qu'elle rencontre, partagée qu'elle est entre la volonté de rentrer à son époque et de changer le cours du temps par sa connaissance des événements futurs. 

Difficile de ne pas trop en dire sur cette intrigue dense et riche. Je n'aurais qu'un conseil : venez nous rejoindre sous la bruine écossaise, au milieu des rébellions jacobites de la première moitié du 18ème. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps... En attendant, moi je suis d'ores et déjà plongée dans le deuxième volet des aventures de Claire ! 

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30 novembre 2016

L'éveil de Mademoiselle Prim, Natalia Sanmartin Fenollera

L'éveil de Mademoiselle PrimL'éveil de Mademoiselle Prim est le premier roman de la journaliste espagnole  Natalia Sanmartin Fenollera paru en 2013 chez Grasset. Véritable ovni littéraire, il a été publié dans plus de soixante-dix pays.

Imaginez un petit village du nom de Saint-Irénée d'Arnois dans lequel les habitants - qui ont fui le monde moderne - ont créé un petit paradis où la simplicité et le bonheur des choses simples règnent. Ici, les commerçant vendent leurs produits, l'économie est locale, l'instruction des enfants est faite par les adultes et aucune réunion ne se tient sans une théière et une montagne de délices à déguster. La lecture et l'étude tiennent une place toute particulière dans ce village où les habitants viennent d'horizons divers. C'est en répondant à une petite annonce que Prudence Prim, trentenaire érudite et qui pense être née à la mauvaise époque, atterrit à Saint-Irénée d'Arnois. Au service d'un homme un peu plus âgé qu'elle qui a en charge les quatre enfants de sa défunte soeur, Prudence organise la bibliothèque personnelle de la maison. Mais la vie dans ce petit village va bouleverser son équilibre personnel.

Repéré chez Fondant il y a quelques temps, ce roman au titre singulier (mais pourquoi donc est-il question d'éveil ?) avait attisé ma curiosité. Et je dois avouer que si je m'attendais à une intrigue un peu éculée et un brin de romance, j'ai été assez déroutée. Oui il y a de la romance, oui, il est question de livres, mais pas que.

De Prudence, le lecteur sait peu si ce n'est qu'elle a abandonné un métier dans lequel elle ne s'épanouissait pas pour s'installer à Saint-Irénée d'Arnois. Des autres personnages, l'on en apprend aussi peu au fil des pages, qui font davantage l'éloge de cette vie simple qu'ils ont choisie et de leur quotidien, que des raisons qui les ont poussés à renoncer à tout pour venir ici. Ce village fictif où le temps semble s'être arrêté fait la part belle à la culture et tous ses habitants semblent être mus par le même désir de bonheur simple. L'intrigue rend hommage à la littérature (il est question entre ces pages de Virgile, Horace, Jane Austen, Dickens, Elizabeth Gaskell ou encore Louisa May Alcott) et aux livres, véritables trésors que l'employeur de Prudence (dont le lecteur ignore jusqu'au nom) pense qu'il faut les découvrir dans un certain ordre.

C'est un véritable éveil que Prudence Prim va vivre en allant à Saint-Irénée d'Arnois, un éveil de sa conscience mais aussi un éveil sentimental. Difficile d'en dire beaucoup plus sans vous révéler trop de détails. Si j'ai passé un agréable moment en compagnie de ces personnages lettrés et ô combien stimulants, j'avoue avoir perdu un peu de vue parfois où l'auteur voulait en venir réellement. Il me reste beaucoup de questions en suspend et une gêne quant aux relents passéistes en refermant ce roman pour que je reste sur un sentiment autre que mitigé.

D'autres lecteurs : Aifelle, , Tante Fi, etc.

"Cherchez donc la beauté, mademoiselle Prim. Cherchez-la dans le silence, cherchez-la dans le calme, cherchez-la au milieu de la nuit et cherchez-la aussi à l'aurore. Arrêtez-vous pour fermer les portes tandis que vous la cherchez, et ne vous étonnez pas si vous découvrez qu'elle ne vit pas dans les musées ni ne se cache dans les palais. Ne vous étonnez pas si vous découvrez finalement que la beauté n'est pas un quoi, mais un qui." (p.330)

"Elle avait appris à fermer les portes. Elle avait appris à  les ouvrir doucement et à les refermer avec précaution et exactitude. Et quand on apprend à fermer les portes, pensa-t-elle en regardant le couple d'amoureux, d'une certaine façon on apprend à ouvrir et fermer correctement tout le reste. Lorsqu'on fait les choses correctement, le temps paraissait s'étirer indéfiniment." (p.341)

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26 novembre 2016

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Le roman du mariage, Jeffrey EugenidesLe roman du mariage est le troisième roman de l'américain Jeffrey Eugenides paru aux éditions de L'Olivier en 2013. Son nom ne vous dit peut-être rien mais Jeffrey Eugenides, lauréat du Pulitzer catégorie fiction en 2003, est également l'auteur de Virgin Suicides, adapté à l'écran par Sofia Coppola en 1999.

Madeleine, Mitchell et Leonard. Trois étudiants américains qui se rencontrent à l'Université de Brown et explorent la sensation grisante de la liberté estudiantine. Entre soirées arrosées et cours de sémiologie, ils découvrent Barthes, et son Fragment d'un discours amoureux. A partir de ce moment-là, leurs vies dérapent. Mitchell tombe fou amoureux de Madeleine, qui n'a d'yeux que pour Leonard. Ce dernier, ténébreux et mystérieux, l'entraîne bien vite dans sa tourmente. Diagnostiqué maniaco-dépressif quelques années plus tôt, Leonard souffre d'instabilité chronique. Madeleine, éperdue d'amour pour lui, tente coûte que coûte de le sauver de ses démons. Mitchell, de son côté, part faire un voyage au long cours afin d'oublier Madeleine.

Jeffrey Eugenie signe ici un roman magistral, et je pèse mes mots. Difficile d'en parler, tant cette lecture est poignante et puissante... Portée par une construction narrative bluffante, l'intrigue suit un cours singulier où passé et présent s'entremêlent pour mieux raconter ces trois personnages. De ce triangle amoureux, personne ne sort indemne. Ni Leonard, brisé par une enfance désastreuse et une maladie qui le ronge ; ni Madeleine, soumise à ses sentiments pour Leonard et qui l'amènent à s'oublier ; ni Mitchell, qui reste dans l'ombre de Madeleine, attendant d'elle un regard, un sourire. 

Jeffrey Eugenides y décortique le sentiment amoureux pour mieux l'analyser et le donner à voir. C'est cru, parfois dérangeant, si souvent vraisemblable, malheureusement. Portrait d'une génération un rien brisée, cette comédie dramatique entraîne son lecteur dans l'intériorité de ses personnages, donnant à voir un spectre d'émotions finement dépeintes. Et le lecteur de s'interroger lui-même, à l'aune des réflexions des personnages, qu'elles soient sentimentales, professionnelles ou encore théologiques.

Bref, Le roman du mariage est une petite pépite dont vous auriez tort de vous priver. C'est grand, c'est addictif, c'est un indéniable coup de coeur ! Merci mon cher Alain pour ce conseil avisé qui n'a pas fini de me surprendre. Je sens que Madeleine, Mitchelle et Leonard n'ont pas fini de me hanter...

"Elle avait le sentiment que la plupart des sémiologues avaient dû être impopulaires dans leur enfance, tyrannisés, mis à l'écart, et qu'ils reportaient sur la littérature leur colère rentrée. Ils voulaient destituer l'auteur. Du livre, cet objet transcendantal, fruit de tant d'efforts, ils voulaient faire un texte, libre de toute attache, indeterminé, ouvert aux interprétations. Ils voulaient donner la vedette au lecteur. Parce qu'eux-mêmes étaient des lecteurs." (p.67)

"Après ton départ ce jour-là, je me suis allongé sur mon lit et je ne me suis plus levé de la semaine. Je suis resté là à ressasser comment j'avais foutu en l'air la meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être heureux dans la vie. La meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être avec une fille intelligente, belle et équilibrée. Une fille avec qui j'aurais pu former une équipe." (p.180)

"Il y avait des livres qui traversaient le tumulte de la vie pour vous prendre par le col et vous dire des choses essentielles." (p.285)

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07 novembre 2016

L'ultime secret de Frida K., Gregorio León

L'ultime secret de Frida KL'ultime secret de Frida K. est un roman du journaliste et écrivain espagnol  Gregorio León paru en 2012 aux éditions Les Escales.

Un autoportrait de Frida Kahlo vient d'être dérobé dans une galerie d'art de Mexico et son propriétaire sauvagement assassiné. Dépêchée sur les lieux, Daniela, une jeune enquêtrice espagnole, découvre une histoire complexe qui mêle narcotrafiquants et corruption. Le portrait aurait été peint par Frida pour son amant, Trotski, alors en exil au Mexique. Quand des strip-teaseuses sont assassinées une à une et que des autels dédiés à Santa Muerte sont vandalisés, l'enquête se complique pour Daniela.

Une collègue m'a prêté ce roman, suite à une discussion que nous avons eue sur la peintre mexicaine un midi au boulot (comme quoi, en salle des profs on ne parle pas que des élèves...) Je l'ai dévoré en trois jours, happée par cette intrigue brillamment orchestrée qui alterne passé et présent. Entre conditions actuelles au Mexique - avec notamment les troubles politiques, les trafics de drogue, la corruption et le culte de la lugubre Santa Muerte - et récit de l'exil de Trotski chez Frida et Diego en 1940 et la relation amoureuse que la célèbre peintre entretint avec le révolutionnaire russe, le roman file à un rythme effréné.

Gregorio León entremêle faits historiques et inventions fictionnelles pour mieux faire revivre cet épisode de la vie de Frida, sa relation tumultueuse avec celui qu'elle aimât malgré ses infidélités - Diego Rivera - et sa passade clandestine avec Trotski. Le Mexico actuel est une toile de fond très bien dépeinte, et si les trafics en tous genres pullulent, c'est pour mieux servir l'intrigue de ce roman noir rudement bien ficelé.

J'ai adoré me plonger une nouvelle fois dans la vie de Frida (découverte il y a quelques années par la lecture de Diego et Frida de Le Clézio) et suivre cette enquête fascinante sur la disparition de ce tableau politiquement dangereux. Une très belle découverte. Je vais de ce pas remercier ma collègue pour ce prêt !

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06 novembre 2016

Un bruit étrange et beau, Zep

Un bruit étrange et beau ZepUn bruit étrange et beau est le dernier album de Zep paru en octobre chez Rue de Sèvres.

William vit reclus dans un monastère de l'ordre des Chartreux depuis vingt-cinq ans. Le silence est son quotidien, la prière son refuge. Mais lorsqu'un héritage l'oblige à quitter sa retraite pour se rendre à Paris, c'est sa vie qui est bouleversée. Car la capitale bruyante et pleine de vie le contraint à s'interroger sur son quotidien, et surtout, son passé. La vie à laquelle il a renoncé. Sa rencontre avec Méry, une jeune femme condamnée par une maladie vasculaire, va ébranler ses certitudes.

Le père de Titeuf signe ici un album des plus intéressants, tant graphiquement que scénaristiquement. Son intrigue simple - celle d'un homme contraint d'abandonner le silence et la solitude qu'il a choisis comme vie - offre une belle réflexion sur la vie en général, et son sens en particulier. Le personnage de William, bien ancré dans son quotidien de Chartreux, remet ses choix en cause par le biais d'une rencontre, celle de Méry, vivante et vibrante mais condamnée à court terme. Les deux personnages échangent sur leurs conceptions personnelles le temps d'un voyage en train qui va le bouleverser.

Graphiquement parlant, cet album est une petite merveille où la bichromie domine. Les doubles pages alternent sépia et couleurs froides (bleu, vert) dans un jeu d'ombres et de blancs qui fait sens. Les dessins sont soignés, les traits des personnages particulièrement léchés et l'ensemble est à la fois contemplatif et apaisant pour l'oeil. Le silence de William est là, dans certaines de ces pages sans dialogue dans lesquelles le personnage se déplace, observateur de cette vie qu'il a abandonnée. C'est beau, c'est rudement beau et très inspirant aussi.

Où réside l'essentiel ? Qu'est-il bon de privilégier ? Pas de réponse, au fil des pages, mais d'autres questions qui surgissent et que Zep nous donne à méditer. Au lecteur de trouver ses réponses, de s'interroger sur sa propre vie, le temps d'une parenthèse de calme avec cet album, loin du tumulte de nos vies actuelles. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album. 

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06 mars 2015

Hérétiques : Le mystère Isolde, Philippa Gregory

Hérétiques T.1 Le mystère IsoldeHérétiques : Le mystère Isolde est un roman jeunesse de l'auteure de fictions historiques Philippa Gregory, notamment connue pour son roman The Other Boleyn Girl adapté au cinéma sous le titre Deux soeurs pour un roi.

Italie, 1453. Le prêtre novice Luca Vero est mandaté dans un couvent non loin de Rome pour résoudre une sombre affaire. Les soeurs semblent y être frappées de folie et la jeune abbesse, Isolde, accusée d'être à l'origine de ces troubles.

De Philippa Gregory, j'avais lu et apprécié L'Héritage Boleyn. Je pensais retrouver dans ce roman les caractéristiques qui m'avaient séduite dans ce roman : éléments historiques, intrigue rudement bien ficelée, suspense et, il est vrai, un brin de romance.   
Mais ma déception a été grande puisque je n'ai quasi rien retrouvé de tout ça, hormis la romance ô combien prévisible entre les deux personnages principaux. Le mystère Isolde souffre d'une intrigue molle et prévisible et de personnages caricaturaux et anachroniques.   
Luca et Isolde, les deux héros, sont des personnages du XXIe siècle. Leur psychologie est grossière et souffre de contradictions historiques invraisemblables. La jeune fille est émancipée, féministe avant l'heure, tandis que le jeune prêtre porte un regard sur la vie bien loin de ce qu'on peut imaginer venant d'un adolescent élevé en monastère depuis son plus jeune âge.   
Rajoutez à cela la prévisibilité de l'intrigue, sa mollesse, et le fait qu'une fois le mystère résolu au couvent, l'intrigue prenne un tout autre tournant, entraînant les jeunes héros sur les routes, à la découverte de nouvelles aventures et vous comprendrez la construction bancale du roman. 
Enfin, j'ai frôlé l'indigestion des détails historiques.E t pourtant, j'adore ça. Mais avec ce roman, Philippa Gregory semble oublier toute finesse dans l'art d'intégrer subtilement des détails historiques à une intrigue, sans noyer son lecteur. C'est lourd, si lourd, que le lecteur ne peut que sortir de l'intrigue et avoir l'impression de suivre un exposé sur la vie quotidienne au XVe.   
Bref, un roman ennuyeux et prévisible qui me fait douter d'ouvrir à nouveau un ouvrage de cette auteure.

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08 juillet 2013

Dieu m'étonnera toujours, Suites pour le temps qui passe, Claire Fourier

Dieu m'étonnera toujours, Claire FourierDieu m'étonnera toujours est le dernier roman de Claire Fourier publié aux Editions Dialogues. Celle qui fut bibliothécaire et professeur de lettres se consacre désormais à l'écriture et vit entre Paris et la Bretagne.

Une femme se retire dans un monastère de la Chartreuse pendant dix jours. Pour réfléchir. Pour fuir le temps. Pour se retirer de sa vie. La-bas, dans la chaleur du mois d'août, elle enfile les bottes laissées par le Chartreux et entreprend de désherber le jardin laissé en friche. Cette activité physique lui permet de s'abandonner à ses idées et réfléchir à sa vie. Et l'ascetisme de ces dix jours au monastère, s'ils lui offrent à penser, réveillent aussi ses sens.

Dévoré d'une traite durant mon voyage vers Canterbury, je suis tombée sous le charme de l'écriture de Claire Fourier et de ces Suites pour le temps qui passe. Sa plume, tout en poésie et en légèreté, entraîne le lecteur dans cette histoire intime d'une femme dont on ne connaîtra presque rien. Et c'est là l'intérêt de ce livre : le personnage est secondaire, se fait oublier tel le Chartreux qui hante les murs du monastère ; c'est le cheminement intellectuel de cette femme qui est intéressant, ses errances, ses désirs, ses pensées labyrinthiques et ses questionnements métaphysiques.

Et la construction atypique de ce livre - les chapitres alternent souvenirs de la narratrice et courts poèmes proches du haïku japonais - complète ce parcours introspectif. Une sensibilité singulière émane de ces lignes et c'est avec délectation que le lecteur s'imisce dans les réminiscence de la narratrice et observe son bien-être à se retirer du monde, à dormir peu et travailler beaucoup, à mettre de côté tout confort et toute opulence pour mieux se réjouir d'eau fraîche et d'une miche de pain.

La méditation est là, entre les lignes, et suit les méandres de la mémoire de la narratrice. Qu'il est bon de suivre avec elle ces dix jours de réflexion et de retour sur soi !

"J'aurais tué la poussière d'or de l'oeuvre au noir - celle où l'on distingue la lumière filtrée du temps - et balayé moins de grains que des graines de lumière." (p.38)

"Venue pour mettre mon esprit en jachère, je trouvais une jachère à cultiver. Venue pour trouver du vide, je trouvais du rare. " (p.24)

"Kimono de soie

Bol de thé fumant

l'espace et le temps me boivent"

(p.15)

"Je cueille une rose

j'accueille un haïku

souvenir d'été"

(p.93)

un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/06/30/27538425.html#sthash.anGvRJiP.dpu

Un grand merci à Babelio  et aux  Editions dialogie   pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 En bonus, Claire Fourier vous parle de son livre :

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08 octobre 2011

Le Couvent de la reine T. 1 L'aile des Princes, Lova Pourrier

Couvent_de_la_reine2L'aile des princes est un roman pour les enfants dès 10 ans paru aux éditions Eveil et Découvertes en 2010. Il inaugure une série de romans  historiques de Lova Pourrier intitulée Le couvent de la Reine centrée sur le 18e siècle.

Laure a quinze ans lorsque ses parents l'envoient au Couvent de la Reine, à Versailles. Pour la jeune fille, une nouvelle vie commence là-bas, elle se fait rapidement des amies comme des ennemies.
Le jour où, grâce au concours de poésie qu'elle  remporte, elle a l'honneur d'aller à un bal à Versailles, Laure n'imagine pas que cette soirée changera sa vie. Témoin de la fuite d'une jeune aristocrate en Amérique avec un gentilhomme, la jeune fille n'est pas au bout de ses surprises.

L'aile des princes est un court roman jeunesse vraiment très agréable à lire. Il allie Histoire et fiction avec brio, et nous entraîne dès la première page dans le Versailles de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
Les personnages adolescents -Laure et ses amies Elise et Louison - possèdent une psychologie fine, ce qui évite l'écueil de retrouver des caricatures de jeunes actuels aux préoccupations anachroniques. Ainsi, les jeunes filles se vouvoient entre elles et leurs attitudes représentent les valeurs de leurs rangs et de leur époque.
L'intrigue est bien ficelée et permet au suspense d'éclore très tôt, et au lecteur de se prendre de sympathie pour la jeune héroïne et ses comparses.
Un roman que je ne peux que recommander pour les pré-adolescents et les adolescents dès 10 ans. Je pense qu'il saura les conquérir par son style et sa plongée historique au coeur du Versailles et du XVIIIe siècle.

Je tiens à remercier Jérôme, Lire_pour_le_plaisir et les Éditions  eveil(1)pour ce petit roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

Pour en savoir plus sur Lova Pourrier,
l'auteure de ce roman,
n'hésitez pas à jeter un oeil à son site internet
consacré à l'Histoire.

lova pourrier

 

Et si comme moi vous aimez le visuel de la couverture
sachez que celui-ci a été réalisé par la jeune illustratrice Alice Dufeu.
Et pour en savoir plus, rendez-vous
sur son blog !


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06 octobre 2011

Du domaine des Murmures, Carole Martinez

9782070131495FSDu domaine des Murmures est le second roman de Carole Martinez. Le coeur cousu avait été un de mes coups de coeur l'année dernière. Du domaine des Murmures est en lice pour le Goncourt cette année. Nous en saurons plus le 2 novembre...

1187. Esclarmonde, fille de châtelain, refuse l'union que son père a organisée pour elle. Elle décide, à l'âge de dix-sept ans, de consacrer sa vie à Dieu en se faisant emmurer dans une cellule attenante à la chapelle qu'elle a fait construire sur le domaine. Mais le dernier matin de sa vie de liberté, elle se fait violer. Désireuse avant tout de s'offrir à Dieu, malgré la souillure que représente ce viol, elle se tait et se fait emmurer. Une étroite fenêtre munie de barreaux la relie au monde extérieur. Mais très vite, Esclarmonde se rend compte qu'elle n'est plus seule dans sa cellule.

Du domaine des Murmures est une belle histoire, un conte, une fable. Elle nous raconte le combat d'une femme, celui d'Esclarmonde, tout comme nous suivions le combat de Frasquita dans le premier roman de Carole Martinez.
Mais les ressemblances s'arrêtent là. Esclarmonde décide de se retirer du monde à dix-sept ans, croyant ne rien y laisser. Mais elle se trompe. Et son goût pour la vie la détourne de sa foi et de sa dévotion. L'erreur est humaine, mais bien plus difficile à réparer quand on est emmurée à vie et que l'on a voué son existence à Dieu.
La narration à la première personne - c'est Esclarmonde qui s'adresse au lecteur - offre au texte un caractère intime. Sans jamais tomber dans le pathos ou dans une quelconque mièvrerie, Carole Martinez nous présente avec ce personnage l'image d'une femme forte, consciente de ses faiblesses.
Si j'ai été portée par la plume incroyable de Carole Martinez - qui allie poésie, musicalité et figures de style en tous genres - et cette intrigue plutôt originale, j'ai été déroutée par le prologue qui ancre la narration dans le présent. Des promeneurs abordent le Domaine des Murmures, et la voix d'Esclarmonde leur parvient à travers les âges pour leur raconter sa vie. Pourquoi un tel ancrage ? Il est si peu exploité que j'ai soupçonné un truchement pour expliciter le titre. C'est un passage inutile, qui offre un côté fantastique au roman qui n'en a pas besoin. Soit il fallait l'exploiter davantage et ancrer cette histoire dans le présent par le biais d'un narrateur autre, soit commencer le roman directement par la voix d'Esclarmonde, sans relier son récit au présent.

Si ce n'est ce détail, j'ai néanmoins passé un très moment de lecture. Un immense merci à ma très chère Tinusia de m'avoir surprise en m'offrant ce livre la semaine dernière... Une belle découverte d'une auteure dont je ne cesse d'admirer la plume.
Je ne résiste pas à l'envie de vous citer la fin de ce prologue décrié quelques lignes plus haut, afin que vous appréciez le style singulier de Carole Martinez...

"La tour seigneuriale se brouille d'une foule de chuchotis, l'écran minéral se fissure, la page s'obscurcit, vertigineuse, s'ouvre sur un au-delà grouillant, et nous acceptons de tomber dans le gouffre pour y puiser les voix liquides des femmes oubliées qui suintent autour de nous." (p.15)

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05 octobre 2011

L'arbre d'Halloween, Ray Bradbury

9782020511117FS L'arbre d'Halloween, de l'américain Ray Bradbury, est un roman publié en 1972 aux États-Unis avant d'être traduit et de sortir en 1994 en France.

31 octobre dans une petite ville du Midwest. Une bande de gamins déguisés frappe aux portes, clamant le célèbre "trick or treat !". Leur excitation les pousse à s'aventurer devant la porte de la maison hantée de la ville... Les voilà embarqués dans un voyage sur les origines d'Halloween, à travers les âges et les pays.

J'avais adoré Fahrenheit 451 de Bradbury. Mon envie de découvrir davantage ses oeuvres est grande, et j'ai commencé par celle-ci, bien moins connue que Les Chroniques Martiennes.
L'arbre d'Halloween
est un texte déroutant, beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Ray Bradbury entraîne son lecteur dans un voyage très poétique à la découverte des traditions de différents pays. Qu'il s'agisse d'El Dia de Muerte au Mexique, de la Toussaint en France ou encore de la fête de Samhaïn chez les Celtes, les façons de rendre hommage aux morts sont nombreuses et diffèrent selon les époques et les traditions.
Accompagnés de Montsuaire, l'habitant de la maison hantée, les gamins traversent les âges et ouvrent les yeux sur cette célébration ancestrale. Un bel hymne à la tolérance, à la différence et à la connaissance. Bref, un très bon moment de lecture !

Première étape du Train fantôme d'Halloween, avec Lou et Hilde
et les participants au Challenge Halloween  :

la maison hantée
!

halloween

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