Bienvenue à Bouquinbourg

✳️Future hypnothérapeute ✨Magicienne en positif 🌍Voyageuse et lectrice 🐰Vegan en transition 🌱Adepte du zéro déchet Metz




27 mai 2018

Pome, Marie Desplechin

Pome, Marie DesplechinPome est un roman jeunesse signé Marie Desplechin paru originellement en 2007 aux éditions L'Ecole des Loisirs. Une nouvelle édition avec une couverture de Magali Le Huche est paru la semaine dernière. Pome est le deuxième tome de la trilogie formée par Verte et Mauve

Verte est une petite sorcière, comme Ursule et Annastabotte, sa mère et sa grand-mère. A la fin du premier tome, elle a retrouvé Gérard, son père, qui ignore tout de sa condition. Elle partage donc son quotidien entre l'appartement de sa mère et de son père et les enseignements de sorcellerie que sa grand-mère lui délivre le mercredi après-midi. Mais lorsqu'emménage en face de chez son père une fille de son âge, Verte n'est plus seule et trouve illico une amie. Car Pome, c'est son nom, est une sorcière aussi. A elles deux, les deux espiègles vont révolutionner la vie de leurs proches, à commencer par Ray - Papi Ray comme elles l'appellent - le père de Gérard, qui endosse à la perfection le rôle de grand-père idéal en leur préparant de faramineux goûters et de délicieuses frites et en les amenant le mercredi chez Anastabotte.

J'avais adoré Verte, il y a quelques années et j'avais adoré découvrir l'adaptation en BD de ce roman par Magali Le Huche l'an dernier. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée cet après-midi dans Pome, ce deuxième tome.     
Marie Desplechin reprend les ingrédients qui ont fait de Verte un roman jeunesse de référence et en offre une excellente suite. Pome est drôle, les personnages toujours aussi attachants et les thèmes abordés tout autant actuels. Relations intergénérationnelles, amitié, confiance, famille, en un peu plus de 150 pages Marie Desplechin fait mouche avec une simplicité désarmante. L'intrigue est bien ficelée et la narration prise en charge à tour de rôle par les personnages (avec un clin d'oeil à la probable adaptation en BD par Magali Le Huche à chaque chapitre avec un dessin du personnage narrateur), marque de fabrique de la série, offre un rythme dynamique à l'ensemble.
Bref, un must have de la littérature de jeunesse que cette trilogie à lire à tout âge. Elle rejoint mon panthéon des séries jeunesse feel good et bien ficelées avec Sauveur & FilsUn grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce tome. Je vais de ce pas dévorer Mauve, le dernier titre de la série !

"Dans cette vie faite d'événements saisissants, j'ai connu un "avant" et un "après". Ou plutôt un "avant" et un "avec". Avant Pome. Avec Pome. La séparation entre les deux époques est bien visible : "avec" est mon histoire, "avant" ma préhistoire." (p.98)

Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [2] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,


25 avril 2018

Calpurnia T.1, Daphné Collignon d'après Jacqueline Kelly

Calpurnia, Daphné CollignonCalpurnia de Daphné Collignon est l'adapation en bande dessinée du roman de Jacqueline Kelly paru en 2013 à L'Ecole des Loisirs. Ce premier tome sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Eté 1899, Texas. Calpurnia, onze ans, s'ennuie dans la vaste demeure familiale, sous la chaleur écrasante, au milieu de ses six frères. Alors que son père dirige une fabrique de coton et travaille beaucoup, sa mère, sévère, la cantonne à sa condition féminine et veut faire d'elle une dame. Mais la jeune fille ne l'entend pas de cette oreille. Un jour, après avoir observé des sauterelles jaunes peu communes, elle décide de demander de l'aide à son grand-père. Ce dernier passe beaucoup de temps dans son laboratoire et s'intéresse de près à la science. Il va initier Calpurnia à cette dernière et lui ouvrir de nouveaux horizons.

Quelle réussite cet album ! Je n'avais pas lu le roman originel mais je me suis plongée avec délice dans ces pages, réfléchissant au monde aux côtés de Calpurnia, la jeune naturaliste en herbe. Les magnifiques dessins de Daphné Collignon offrent un style graphique intéressant, entre douceur et charme suranné. La rondeur des personnages fait écho à l'enfance, et les textes qui accompagnent chaque planche font de l'album un réel roman graphique. Celui-ci suit la trame du roman et scinde les aventures de la jeune fille en trois chapitres.    

L'intrigue en elle-même apporte une réflexion sur la condition féminine. Une jeune fille qui ne s'intéresse pas aux mondanités et préfère étudier les insectes et la nature, quelle inconvenance ! Déplacer l'intrigue à cette époque est historiquement intéressant, mais l'écho contemporain est bien réel, vu le faible taux de femmes dans la branche scientifique. En plus de cet atout qui fait un pied de nez aux stéréotypes de genre, Calpurnia est une héroïne attachante, espiègle et réfléchie mais que Jacqueline Kelly n'a pas exempte de défauts, heureusement.   

Un premier tome très réjouissant, qui ressemble par ses couleurs à un carnet de croquis ou un herbier. Encore une suite que je vais attendre avec impatience ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de ce joli album.

Planche 1Planche 2

Planche 3Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine chez Mo' !         

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [21] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

02 avril 2018

Minute, papillon ! Aurélie Valognes

Minute, papillon Aurélie ValognesMinute, papillon ! est le troisième roman de la française Aurélie Valognes paru en avril 2017 aux éditions Fayard Mazarine.

Rose, mère célibataire de trente-six ans, entretient des relations compliquées avec Baptiste, son fils de dix-huit ans. Lorsque celui-ci lui annonce qu'il quitte la maison, la jeune femme voit une occasion de rebondir et reprendre sa vie en main. Elle accepte un nouvel emploi un peu louche dans un luxueux appartement parisien : celui de dame de compagnie... d'un chien ! Pépette, le chien de Véronique, riche femme d'affaire égocentrique et despotique. Acculée, Rose accepte cet emploi grassement rémunéré et découvre que Véronique vit avec Colette, sa mère. La septuagénaire un peu lunaire, atteinte d'un toc de propreté, ne sort plus de chez elle. Entre elle et Rose, une drôle de relation va se nouer.

J'avais passé un agréable moment entre les pages de Nos adorables belles-filles, second roman d'Aurélie Valognes. Quel plaisir quand une amie m'a envoyé un paquet contenant celui-ci ! 
Une nouvelle fois, Aurélie Valognes tresse une intrigue efficace et drôle, résolument contemporaine. Le personnage de Rose, mère célibataire dépassée par le départ précoce de son fils, est attachant, tout comme celui de Colette, retraitée un peu déboussolée par ses relations tendues avec sa fille. L'amitié entre les deux femmes n'est pas une surprise mais donne le sourire aux lèvres. L'intrigue est ponctuée d'humour - notamment la découverte du couchsurfing par Colette ou encore de l'essai de végétalisme par la soeur de Rose - et avance à bon rythme. Un roman que j'ai dévoré en quelques heures, qui m'a donné le sourire aux lèvres et empli le coeur de positif et de bonne humeur. Un excellent feel good comme cela faisait longtemps que je n'en avais pas découvert, parfait pour ce printemps un peu gris. Merci encore Lydie pour ton joli cadeau !

Logo Challenge Feel good

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

22 mars 2018

Un été indien, Truman Capote

Un été indien, Truman CapoteUn été indien est une nouvelle de l'américain Truman Capote publiée de façon posthume en 1986.

Virginie Occidentale. Un jour, les parents de Bobby décident de déménager en Virginie afin que ce dernier aille à l'école. Ils laissent derrière eux leur maison de famille ainsi que les grands-parents de Bobby, confiés aux bons soins des nouveaux exploitants agricoles. Pour Bobby, le départ est terrible. 

J'avais découvert la plume de Truman Capote avec Petit déjeuner chez Tiffany et Cercueils sur mesure il y a quelques années et j'avais été charmée. Le charme s'est poursuivi avec la lecture de cette nouvelle d'une quarantaine de pages à la première personne. Bobby, le narrateur de cette histoire, revient sur la blessure d'enfance suscitée par son départ de sa maison de famille et la séparation avec ses grands-parents. Il évoque, dans un style très poétique et empreint de pudeur, la difficulté de communiquer avec ses parents, froids, et son incapacité à dire à son grand-père à quel point il va lui manquer. 
Le texte est bref, mais Truman Capote fixe avec talent cette blessure d'enfance dans une atmosphère empesée et silencieuse, à l'image de la solitude de son narrateur enfant. La neige survient, précipitant les adieux, et fermant à jamais la page de l'enfance de Bobby. C'est à la fois triste et beau.
Une très belle lecture, poétique et nostalgique, hommage à l'enfance et ses blessures. Un auteur fondateur de la littérature américaine dont j'aime à découvrir progressivement les oeuvres. 


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [7] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

29 novembre 2017

L'adoption T.2 La Garua, Zidrou et Monin

L'adoption T La Garua est le second tome de L'adoption, dyptique imaginé par Zidrou et mis en dessin par Monin. Il est paru en mai 2017 aux éditions Bamboo. 

A la fin du premier tome, la belle histoire d'adoption de la petite péruvienne Qinaya, volait en éclat, laissant en souffrance sa famille d'adoption française, et notamment Gabriel, ce retraité aigri que les sourires de la petite avaient longtemps laissé de marbre. Ce second tome se déroule dix-huit mois plus tard, alors que Gabriel décide de partir en Amérique du Sud retrouver celle qu'il considère désormais comme sa petite-fille. Mais les retrouvailles ne vont pas se dérouler comme il s'y attendait.

J'avais adoré le premier tome et je me suis plongée dans ce second pour connaître le dénouement de cette histoire attendrissante et émouvante à souhait. L'intrigue nous entraîne au Pérou, le pays prenant vie avec les dessins toujours parfaits de Monin, à la fois ronds et colorés.
Mais cette conclusion entraîne le lecteur là où il ne s'attendait pas. Zidrou évite toute facilité en prévenant son lecteur de façon liminaire. Ici, pas de happy end. Parce que dans  la vie, les histoires qui se terminent bien sont rares. Traduction : lecteur, si tu ouvres ces pages, attends-toi à ne pas être ménagé. Un dyptique que je vous conseille très fortement. A bon entendeur...

Les chroniques de Caro, Jerome, Noukette  et  Un amour de BD.

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [34] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,


31 mai 2017

Triangle rose, Michel Dufranne, Milorad Vicanovic-Maza

Triangle roseTriangle rose est un album écrit par Michel Dufranne et mis en dessins par Milorad Vicanovic-Maza paru en septembre 2011 dans la collection Quadrants chez Soleil.

Pour un devoir qu'il a à rendre, un lycéen rend visite à son grand-père, un homme taciturne et peu amène. Celui-ci lui révèle qu'il était allemand, et qu'il a été déporté à cause de son homosexualité. S'ensuit le récit de ces années de guerre et de souffrances.

Je lis à intervalles réguliers des textes sur cette période, et je n'en avais jusqu'alors jamais lu s'intéressant à la question de la déportation des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale. Cet album m'a permis de réparer cet impair.

Si le dessin est de facture classique, il n'en demeure pas moins efficace. Les couleurs sombres du passé - le présent est en couleurs - semblent faire écho aux heures noires de l'Histoire. Le texte est cru, les scènes parfois violentes, les insultes choquantes, mais l'ensemble permet de rendre compte de la cruauté et la violence qui sévissaient à l'encontre des homosexuels en Allemagne à cette époque, au nom du paragraphe 175 du Code Pénal (paragraphe aboli seulement en 1994 !).

J'ai découvert une partie de l'histoire que je ne connaissais pas (l'album se fondant sur des faits, sous un vernis de fiction) et certains détails me sont apparus avec horreur : les déportés n'avaient droit à aucune indemnisation après la guerre s'ils l'avaient été au nom du paragraphe 175 - ils étaient alors considérés comme des criminels de droit commun -, la difficile reconnaissance de ces déportations par les nations (la France ne le reconnaîtra qu'en 2005 avec un discours de Jacques Chirac), etc. Bref, une lecture qui fait froid dans le dos, une lecture qui remet les idées en place, une lecture nécessaire. Un devoir de mémoire, un droit à l'oubli, aussi, pour ceux qui ont vécu ces atrocités. Pour ne pas oublier. Pour que cela ne recommence pas. A lire, sans hésiter.

Planche 3  Planche 2

Planche 3

BD de la semaine saumon 

Aujourd'hui chez Stephie !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

24 mai 2017

La maison, Paco Roca

La maison, Paco RocaLa maison  est un album du dessinateur espagnol Paco Roca paru en mai 2016 chez Delcourt, dans la collection Mirages.

Un vieil homme meurt, seul. Ses trois enfants se réunissent pour vider la maison de famille dans laquelle Antonio, c'est son nom, a passé ses derniers jours. Une maison secondaire, qui a vu les années défiler. Une maison dans laquelle les objets se sont entassés au fil du temps. A l'occasion du rangement et du nettoyage de la maison et de son jardin, ses enfants se souviennent.

Joli album en format à l'italienne, La maison est une plongée dans l'histoire d'Antonio et de sa famille. Paco Roca aborde avec beaucoup de sensibilité et de pudeur un thème un peu lourd - celui de vider une maison de famille. Les couleurs dans les tons sepia et le découpage en petites vignettes donnent l'impression de naviguer dans un album photos, écumant les souvenirs d'une famille.

La portée du propos est universelle et permet de se glisser en silence entre ces frères et soeur, et d'y trouver une résonnance certaine. Un album poétique, fin et dont il émane une sorte de nostalgie. Une belle lecture.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

BD de la semaine saumon 

Aujourd'hui chez Mo'!

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

17 mai 2017

L'adoption T.1 Qinaya, Zidrou et Monin

L'adoption, Zidrou - MoninQinaya est le premier tome du diptyque L'adoption paru en mai 2016 chez Bamboo dans la collection Grand Angle. Zidrou en signe le scénario et Arno Monin les dessins.

Un tremblement de terre au Pérou. Qinaya, petite orpheline de quatre ans, est recueillie par Alain et Lynette, un couple français. Pour la famille de ceux-ci, l'arrivée de la petite fille est source de joie. Mais pas pour Gabriel, pour qui devenir grand-père ne coule pas de source, alors qu'il n'a jamais pris le temps d'être un père présent pour ses enfants.

Il y a eu tant d'éloges sur cet album, qu'il était difficile de passer à côté. Et effectivement, je n'ai pas fait confiance les yeux fermés à mes acolytes de la BD de la semaine pour rien...

Ce premier tome est un petit bijou visuel, tout en rondeur et en douceurs, qui  plonge son lecteur dans une histoire familiale touchante. Si le scénario semble simple de prime abord, l'histoire est traitée avec beaucoup de délicatesse et de justesse. De la difficulté d'être grand-père à celle d'être père, en passant par les affres de la soixantaine et les relations intergénérationnelles, Zidrou aborde tous ces thèmes au fil de ces pages qui se dévorent.

Le rythme est lent, à l'image du temps qu'il faut à Gabriel et Qinaya pour s'apprivoiser. Et si derrière ce retraité revêche se cache un homme empêtré dans un rôle qu'il ne connaît pas, derrière la petite bouille de Qinaya et ses grands yeux se cache une fillette rigolote et vive d'esprit.

Je n'aurais qu'un mot : succombez-vous aussi à ce premier tome et faites comme moi, attendez la suite qui sort à la fin du mois avec impatience ! Les avis de Jérôme, Noukette, Jacques, etc.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

BD de la semaine saumon 

Aujourd'hui chez Stephie !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

24 novembre 2016

Nos adorables belles-filles, Aurélie Valognes

Nos_adorables_belles_filles_Aur_lie_ValognesNos adorables belles-filles est le second roman d'Aurélie Valognes paru en mai 2016 chez Michel Lafon.

La belle-famille, tout un poème... Pour Jacques et Martine, qui ont eu trois fils, la question des belles-filles est épineuse. Entre Stéphanie, très maternante et angoissée, Laura, végétarienne militante et Jeanne, la petite nouvelle, un peu brute de décoffrage, le couple de sexagénaire peine à maintenir l'harmonie familiale. Ce serait sans compter leurs propres fils et leurs caractères et Antoinette, la doyenne de la famille qui ajoute son grain de sel à tout. Sans oublier le penchant despotique de Jacques et le craquage imminent de Martine, après quarante ans de soumission. Alors quand tout ce petit monde se réunit dans la maison familiale en Bretagne, l'ambiance est rapidement électrique...

Parfait vaudeville feel good, Nos adorables belles-filles est une promesse de détente et de rire. Aurélie Valognes décrit avec beaucoup d'humour des situations familiales dans lesquelles chacun peut se reconnaître et qui en feront sourire plus d'un. Les personnages - parfois un brin caricaturaux, il faut bien l'avouer - n'en demeurent pas moins attachants et d'une vraisemblance très actuelle.

Si le début de ma lecture m'a fait redouter un roman facile et à la psychologie bâclée, finalement, il n'en est rien. Le rythme est rapide, les dialogues fusent et l'ensemble est très agréable à lire. J'ai souvent ri face aux situations qui sentent si réalistes et qui permettent une identification certaine (si je vous dis que je me reconnais dans la belle-fille végétarienne qui stresse tout le monde à ne pas manger comme les autres convives, je vous étonne ?) J'ai imaginé, au fur et à mesure de ma lecture, sa mise en scène et je dois avouer que la transposition théâtrale serait intéressante... En bref, une comédie de moeurs qui promet un beau moment de détente et de rire.

Logo Challenge Feel good

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour la découverte de ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !