Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 


11 octobre 2015

Susine et le Dorméveil T.2 Dans le monde d'après, Enna et Lefevre

Susine et le Dorméveil TSusine et le Dorméveil est une série d'albums publiés dans la collection Métamorphoses de Soleil. Après un premier tome qui m'avait enchantée, Bruno Enna et Clément Lefèvre reviennent avec un deuxième volet, Dans le Monde d'Après, paru en mai 2014.

La petite Susine habite avec ses parents au 12 rue des cauchemars. Le quotidien de la petite fille n'est pas des plus roses depuis que ses parents ne se parlent plus et la négligent et que sa grand-mère a disparu. Susine décide alors de repartir dans le Dorméveil, ce monde merveilleux qui lui permet d'échapper à son quotidien, pour retrouver les oreilles de ses parents. Car si ses parents ne se parlent plus, c'est bien connu, c'est parce qu'ils ont perdu leurs oreilles et ne peuvent plus s'entendre ! Mais cette fois, la petite fille décide de partir en pleine nuit et la liaison se fait mal : au lieu d'atterrir dans le monde d'avant, plein de joies et de douceurs, c'est dans le monde d'après que la petite fille se retrouve. Un monde sombre où la tristesse et le silence ont remplacé la joie et les rires et où une prophétie la concernant plane.

Fantasque, poétique, onirique, un peu inquiétant parfois, ce second tome est en tout point aussi agréable à lire que le premier. Le lecteur accompagne encore une fois la petite Susine dans son périple imaginaire peuplé de créatures monstrueuses.
Le dessin de Clément Lefèvre est toujours aussi enchanteur et transporte le lecteur dans cet univers merveilleux lumineux et sombre à la fois. Les doubles pages se suivent et ne se ressemblent pas, alternant différentes mises en page pour que le texte et les dessins se répondent en un écho bien poétique. 

Susine - qui ressemble en bien des points à la Alice de Carroll - explore cet univers inquiétant où ses questions restent sans réponse et où l'incompréhension règne, jusqu'au dénouement ! La fantaisie est de mise, au fil des pages, et flirte avec un surréalisme certain. C'est beau, poétique, très agréable à regarder comme à lire. Bref, un album magnifique qui emmène son lecteur bien loin...

Un grand merci aux Éditions  pour la découverte de cet album.

Planche 1 Planche 2

Planche 3

 

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10 février 2013

Le Cirque des Rêves, Erin Morgenstern

Le cirque des rêves, Erin MorgensternLe Cirque des Rêves est le premier livre de la romancière et artiste américaine Erin Morgenstern. Publié en 2011, ce roman est rapidement devenu un best-seller en Angleterre et aux États-Unis. En cours de traduction dans vingt-neuf pays, il est paru en octobre 2012 en France, aux éditions Flammarion.

Célia et Marco ne se connaissent pas, mais leurs vies sont liées, liées par une étrange compétition dont leurs mentors détiennent les règles. Les deux jeunes gens, illusionnistes de leur état, vont se rencontrer et s'affronter au Cirque des Rêves. Un cirque itinérant noir et blanc qui sera le théâtre de leurs enchantements... et de leur amour.

Vous avez dû remarquer que cela fait quelques temps que j'étais plongée dans ce roman (je ne vous cache plus mes lectures en cours avec ma rubrique "Je suis plongée dans..." dans la colonne de droite). Et s'il a pu sembler à certains que je m'endormais sur ce roman, il n'en est rien. Avec l'hiver, contrairement à d'autres blogueuses, mon rythme de lecture s'est mis en hibernation. Je ne peux pas vraiment vous dire pourquoi, mais juste que je lis drôlement moins vite qu'en temps normal...
Passons. Ce roman m'a littéralement enchantée, malgré le temps que j'ai mis à le lire. Erin Morgenstern a créé un univers onirique - ce fameux cirque - dans lequel je me suis plongée avec délice. J'ai aimé m'imaginer déambulant dans ses allées sinueuses et labyrinthiques, humer le parfum du feu et des différentes confiseries, découvrir ses différents chapiteaux et me laisser entraîner au gré de mon envie, découvrant les artistes fantastiques mais aussi les mises en scènes fabuleuses de chacune des tentes noires et blanches. J'ai aimé imaginer mon propre cirque à partir des descriptions qu'en fait l'auteure, descriptions soignées et poétiques à souhait.
L'intrigue repose sur l'idée d'un combat entre enchanteurs à travers leurs élèves. Rien d'original en soi mais ce roman possède un petit quelque chose qui fait la différence. Et ce petit quelque chose, c'est ce fameux cirque. 
Et si l'intrigue amoureuse est loin d'être une surprise, elle pimente le déroulé de la compétition. Je me suis perdue, parfois, dans la chronologie non linéaire de l'intrigue, pour mieux m'y retrouver ensuite. C'est confus, parfois brumeux, mais finalement cela ressemble à ce cirque vaporeux et fantasmagorique.
Onirique et envoûtant, Le Cirque des Rêves vous emportera dans son sillage, c'est certain. En tout cas, il ne m'a pas laissée insensible et les descriptions d'Erin Morgenstern me hanteront un certain temps. A quand une adaptation ciné ?
D'autres avis : Alice, Bouchon des Bois, Caroline, Stephie...

« Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors que hier il ne l'était pas. » (p.7)

Un grand merci à ma soeurette pour ce cadeau de Noël !

 

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14 décembre 2011

Les enfants d’Evernight T.1 De l’autre côté de la nuit, Andoryss et Yang

Le premier tome [d]es Enfants d'Evernight, De l'autre côté de la nuit, est paru chez Delcourt en août 2011.

Londres, 1899. Alors que son père veut l'envoyer à l'orphelinat, Camille s'endort agitée et souhaite ne jamais se réveiller. Son voeu est exaucé en partie, puisqu'au matin, elle se réveille dans un monde étrange, un monde de l'autre côté de la nuit, un monde peuplé de rêves et de cauchemars. Un monde dans lequel, en tant qu'humaine, elle n'a pas le droit de rester. Mais sa venue va bouleverser l'ordre des choses et les règles établies depuis longtemps...

Voilà une intrigue attrayante et bien ficelée ! Établir un parallèle avec le monde des songes n'est pas sans rappeler Miyazaki, et l'antropomorphisme mis en scène abonde dans ce sens, mais qu'importe !
Ce premier tome fonctionne comme une scène d'exposition qui amorce une histoire riche, dans cet univers onirique à souhait proche de l'univers des mangas (notamment dans les graphismes).
J'ai passé un bon moment avec cet album, même si les dessins ne m'ont pas particulièrement touchée et que certains plans et découpages m'ont fortement fait penser à un animé japonais voire à un jeu vidéo du type Final Fantasy. Mais je pense que cette série saura séduire un lectorat avide de héros adolescents et d'univers parallèles merveilleux aux dangers multiples.

Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Delcourt  pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 Et voici ma 31e participation
à la BD du mercredi de
Mango

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 Et ma 22e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 15/20)

 

La vidéo de la maison d'édition pour présenter l'album.

 

 

 

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14 novembre 2010

Un rêve d'Armageddon précédé de La porte dans le mur, H.G. Wells

9782070314607FSDe l'auteur anglais Herbert George Wells, je n'avais jamais rien lu... Je savais qu'il était l'auteur de La guerre des Mondes, mais j'ignorais totalement qu'il avait aussi écrit L'homme invisible, La machine à explorer le temps et L'Île du Docteur Moreau...C'est parti pour combler ces lacunes de lecture !

Les deux nouvelles qui composent ce recueil, Un rêve d'Armageddon et La porte dans le mur,  sont extraites du recueil Le pays des aveugles et ont été publiées pour la première fois en 1909 et 1914.
Dans La porte dans le mur, le narrateur raconte l'histoire incroyable qu'un de ses amis lui a relatée : l'existence d'une porte mystérieuse dans le mur d'une petite rue, qui s'ouvre sur un monde merveilleux, sorte d'écrin apaisant face à la morosité de la vie. Mais cet Éden fantasmé ne s'est offert qu'une fois à l'ami du narrateur, qui vit désormais rongé par les regrets.
Dans Un rêve d'Armageddon, le narrateur de la nouvelle rencontre dans un train un homme étrange qui lui raconte ce qui le ronge : chaque nuit, il voyage en rêve et voit sa fin arriver, sans pouvoir rien y faire.

Si j'ai aimé ces deux nouvelles (avec une petite préférence pour La porte dans le mur), elles m'ont surtout permis de découvrir un auteur et de mettre un pied dans son univers baigné
48925717_pd'une incroyable imagination. Un avant-gardisme rare en science-fiction et une postérité dans ce genre littéraire ont fait de H.G. Wells un auteur incontournable, et je comprends pourquoi.  Une belle découverte que je vais poursuivre avec La machine à explorer le temps que je viens d'acheter !

Et voilà une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

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09 avril 2010

Le grand fariboleur, Marie-Sabine Roger, Arno

9782848651378FSJ'avais découvert cet album il y a deux ans grâce à ma sœur qui travaille en bibliothèque jeunesse. De retour chez elle, je l'ai relu et j'ai eu envie de vous en parler car il avait été un grand coup de cœur pour moi à l'époque. Mais n'ayant pas de blog au moment de sa découverte, je n'avais pas pu beaucoup en parler autour de moi...

A l'aube naissante, quand les enfants dorment à poings fermés, le Fariboleur entre doucement dans leurs chambres pour récolter les fariboles, "ces pelures de songeries qui s'éparpillent au bas des lits comme de minuscules miettes", afin de les bricoler dans son atelier, et d'illuminer ensuite les rêves des enfants soucieux...

Une intrigue imaginative, portée par les illustrations d'Arno, hautes en couleurs et absolument magnifiques.
Une poésie dans la plume de Marie-Sabine Roger qui entraîne le lecteur dans cette histoire aux mille couleurs.
Un conte intemporel pour petits et grands dont la lecture est un délice tant pour l'oreille que pour l'œil.
Une plongée onirique dans
un univers merveilleux qui ne laisse pas indifférent.

IMG_3761_d019dUn excellent album à découvrir absolument, pour rendre grâce aux talents de ses deux auteurs... Merci sœurette pour cette découverte ! Seul regret : ne pas l'avoir acheté et fait dédicacer quand il est venu dans ta médiathèque...

J'inscris bien entendu cette lecture dans le cadre du Challenge "Je lis aussi des albums" initié par Herisson08 et comme quatrième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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