Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 mars 2013

Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati

Jayne Mansfield 1967, Simon LiberatiJayne Mansfield 1967 est un court roman de Simon Liberati paru chez Grasset en 2011 qui obtint le prix Femina la même année.

Dans la nuit du 29 juin 1967, sur la route US 90 qui relie Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé percute violemment un camion. Les secours interviennent rapidement et dégagent trois enfants de la carcasse de la voiture. Leur stupeur est grande lorsqu'ils se rendent compte que leur mère n'est autre que la célèbre actrice Jayne Mansfield, et que cette dernière se trouvait à l'avant du véhicule.

Voici un billet qui sonne comme le glas. Un billet d'une rencontre qui n'eut pas lieu. Un billet d'une lecture qui laisse en bouche un goût amer de déception. Ma tête résonne de phrases commençant par comment : Comment un tel livre peut-il être publié ainsi ? Comment un tel livre peut-il être primé (bon ça encore, les magouilles et autres arrangements des prix littéraires m'ont toujours laissée de marbre) ? Comment un tel livre peut-il recevoir des critiques élogieuses ? Comment... C'est sans fin, ou presque, tant mon désarroi face à une telle oeuvre est grand.
Le genre de ce livre pose problème dès la première page. Le doute est semé par le sous-titre liminaire "Roman" et persiste tout au long du livre. Roman ? Biographie ? Mélange étrange de faits tristement réels et glauques ? Je n'ai pas su arrêter mon choix, mais le terme de roman m'a profondément gênée. Où se trouve le romanesque dans ce livre ? Je cherche encore.
En revanche, Simon Liberati nous livre ici le fruit de ses recherches sur la fin de vie de l'actrice. Avec un voyeurisme dérangeant et écoeurant, il s'attarde sur l'épave de la voiture, les restes humains retrouvés, la question du corps sans vie et ses aspects platement physiologiques. Les détails scabreux se succèdent, comme si l'auteur se délectait de nous indiquer que Jayne Mansfield a tâché la belle Buick bleue de sa cervelle. La langue est plate, le style journalistique. Aucune poésie dans ces lignes, mais des descriptions informatives souvent malsaines et sordides. Pourquoi donc ? Je serais curieuse de le savoir.
Loin de se contenter de cette épisode dramatique, Simon Liberati se propose de revenir sur l'année 1967 de Jayne Mansfield, et égraine à une vitesse fulgurante les derniers mois de la jeune femme. En guise d'hommage, un portrait décadent et vulgaire, où l'actrice apparaît dépassée et perdant pied. 
Pour ma part, je ne connaissais Jayne Mansfield que de nom. Je ne connaissais ni ses succès, ni ses frasques, ni sa triste fin. J'ai eu l'audace de croire que ce livre, encensé par la critique littéraire, me permettrait d'en savoir plus sur celle qui termina strip-teaseuse dans un cabaret glauque et isolé. Je suis bien naïve, me répondrez-vous, de penser qu'en un peu plus de 150 pages, l'auteur allait satisfaire à mon besoin. En effet, il n'a rien satisfait du tout, au contraire.
J'ai refermé ce livre sans finalement avoir compris la visée de l'auteur. Un hommage, comme indiqué en quatrième, alors que l'actrice est dépeinte sous son plus mauvais jour, en fin de carrière, droguée et alcoolique, nymphomane et désabusée ? Une tranche de vie - la fameuse année 1967 - où finalement rien n'advint de bien positif dans la carrière de celle qui fut longtemps un sex-symbol ? Un roman inspirée de faits réels ?
Un rendez-vous complètement manqué, comme annoncé en préambule. Je n'ai pas été conquise une seconde. Je n'ai été au bout que parce que ce livre ne fait que 157 pages. Pour ma part, je demeure perplexe quant aux critiques élogieuses et au prix décerné. Et cette lecture renforce ma position quant à la qualité des textes primés.

D'autres avis sur ce livre : Argali, Arieste, Asphodèle, Sharon, etc.

 

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21 février 2013

Agatha Christie, la romance du crime, François Rivière

Agatha Christie, la romance du crimeAgatha Christie la romance du crime est un livre paru en octobre 2012 chez la Martinière. Son auteur, François Rivière, a écrit plusieurs biographies - Enid Blyton, J.M. Barrie, etc.- avant de s'attaquer à cette grande dame qu'est Agatha Christie.

Tout le monde connaît, à travers ses oeuvres, celle que l'on surnommait la Reine du crime. Mais connaissez-vous réellement celle qui préférait qu'on l'appelle la Duchesse de la Mort ? Cette petit fille seule, qui grandit dans le Devon et souffre du décès de son père alors qu'elle n'a que onze ans ; qui passa une partie de sa jeunesse à Paris, espérant devenir chanteuse, avant de revenir en Angleterre, supporter l'effort de guerre en étant infirmière et en maniant des poisons à longueur de journée ? Cette jeune épouse, tout juste mariée à Archibald Christie, qui voit son mariage voler en éclat à cause d'un adultère, qui divorce et se plonge dans l'écriture avant de rencontrer l'archéologue Max Mallowan, qui deviendra son second mari ? Enfin, cette romancière talentueuse, qui sut s'imposer face aux critiques et devint mondialement célèbre avec Hercule Poirot ?

Ce très beau livre, trouvé miraculeusement sous le sapin de Noël, est une petite merveille, tant sur le fond que pour la forme. C'est avant tout un très bel objet : un grand livre imprimé sur un épais papier mat qui permet un beau rendu des photos et illustrations qui s'égrènent au fil des pages. Un beau livre à manipuler avec attention et qui réserve bien des surprises à son lecteur : photos inédites de la romancière, couvertures originelles de ses romans, photos de ses maisons, de l'île qui lui inspira l'île des Dix petits Nègres... et même des cartes postales, à la fin !
Mais c'est également une biographie très complète de la célèbre romancière, qui présente non seulement son statut de romancière mais également les aléas de sa vie privée. Le décès de son père, qui a marqué son enfance, mais aussi ses mariages malheureux, son manque d'affection pour sa fille ainsi que sa passion pour l'écriture qui, petit à petit, a grignoté sur sa vie privée. On suit la vie de cette femme d'exception, capable d'écrire un roman en trois jours et de suivre son époux sur des chantiers de fouilles archéologiques et de servir d'assistante. François Rivière maîtrise son sujet (il n'en est pas à sa première biographie sur la grande dame) et nous brosse ici le portrait de cette femme incroyable que tout le monde connaît... sans vraiment la connaître !

Dévoré en trois jours, ce livre fait partie de ces lectures qui vous hantent une fois terminé. Comme si le fantôme d'Agatha Christie se tenait à côté de moi, pendant que je tape sur mon clavier...

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26 septembre 2012

La dernière image, Gani Jakupi + entretien avec l'auteur

La dernière imageLa dernière image est un album du touche-à-tout Gani Jakupi paru en mai 2012 aux éditions Soleil, dans la collection Noctambule.

Engagé par un journal espagnol pour revenir au Kosovo, son pays d'origine, Gani Jakupi est confronté à l'horreur de la guerre qui oppose les Serbes aux Albanais. Accompagné d'un photographe, il traverse alors le pays détruit par les conflits et va à la rencontre des journalistes de guerre. Douze ans plus tard, il nous livre, en BD, son expérience.

Gani Jakupi donne à voir, dans cet album, un Kosovo meurtri par la guerre civile. Pas de fiction, ici, mais une BD documentaire, qui se lit comme un reportage. La violence est là, dans les traits des personnages, dans les dessins de bâtiments en ruines. Gani Jakupi nous offre des planches bouleversantes, et  poignantes de réalisme qui n'ont rien à envier à des photos. Mais pas de sensationnalisme ici, l'auteur conserve une certaine pudeur dans son texte etDerniereImage-p171 ses images. Et bien qu'il raconte une partie de son histoire et de celle de sa famille, il évite de sombrer dans le pathos et conserve une distance sur ce voyage et ce qu'il a pu voir.       
La dernière image est un album qui chamboule. Sa lecture offre un autre éclairage sur le conflit du Kosovo, en se penchant sur la question de l'information et la manière dont elle est transmise. Gani Jakupi nous entraîne dans une réflexion sur le métier de reporter et sur les dérives liées au sensationnalisme. Une lecture dont on ne ressort pas indemne.

Un grand merci à Clotilde Vu ainsi qu'à Claire Ughes de chez Soleil pour cette très belle découverte.

Et voici ma 45e participation à la BD du mercredi de Mango  et ma 36e au Top BD des blogueurs de Yaneck (note 17/20)

                             Top BD

        Gani

 Suite à ma lecture, Gani Jakupi a accepté gentiment de répondre à mes questions.

1/ L'idée d'une BD documentaire sur un reportage au Kosovo est particulièrement intéressante. Comment avez-vous choisi les moments que vous alliez relater dans cet album ? Et ceux que vous alliez dessiner ?

L’expérience a été si dense que le travail de sélection portait surtout sur ce qu’il y avait à omettre. Le premier critère a été la relation de ce que je racontais avec le journalisme, avec les médias. Ensuite, il fallait construire une ligne narrative, une carcasse qui donnerait une forme cohérente à ce qui, autrement, n’aurait été qu’un recueil d’anecdotes. Et, the last but not the least, ou plutôt – le plus important, c’était l’évaluation de chaque épisode ; ce qu’il était susceptible d’apporter, de générer comme réflexion, ou vers quelle conclusion pouvait-il mener. Une inconnue imprévisible devant laquelle on n’a pas de garde-fou, c’est la subjectivité du lecteur. Il aura souvent tendance à interpréter ce qu’il lit selon ses propres convictions. Tout ce qu’on peut, c’est faire le maximum pour maintenir la clarté des propos.

2/ Votre réflexion sur le métier de reporter de guerre vous amène à vous interroger sur la question des faits et de leur interprétation, consciente ou non. Vous posez, dans votre album, la question de l'ambiguïté de l'information. Comment avez-vous dépassé ce sentiment lorsque vous vous êtes lancé dans le projet de La dernière image, projet inévitablement personnel et qui donne à voir votre regard sur une situation donnée ?

Tout documentaire intéressant et passionnant l’est parce qu’il implique la subjectivité de son réalisateur. Autrement, ça se réduit à une simple information. Cela n’exempte pas ; il serait facile de dire « l’objectivité stricto sensu n’existant pas, j’ai carte blanche pour faire dire au matériel présenté ce que je souhaite ». Bien au contraire, cette prise de conscience génère une responsabilité. Il faut assumer la subjectivité et se mettre soi-même en balance, en quelque sorte être son propre superviseur et censeur. Un bon journaliste est responsable non seulement de ce qu’il rapporte, mais aussi de ce qu’il omet, ou de ce qu’il laisse entendre.

3/N'avez-vous pas éprouvé une tentation de fictionnaliser ce que vous avez vécu, lorsque vous avez décidé de le transmettre par le biais d'une BD ?

Surtout pas !!! J’ai perdu une dizaine de membres de ma famille dans cette guerre. Même sous la forme de documentaire, il faut un énorme travail sur soi-même pour ne pas laisser l’émotion voiler le témoignage. C’est pourquoi j’ai si tenacement tenu à l’angle d’approche principal de cet ouvrage : parler des médias m’aidait à prendre une distance avec les événements, me placer en observateur. Observateur des autres, mais, intégrité oblige, aussi de moi-même.  
Dans une œuvre de fiction j’aurais inévitablement mis l’émotion en avant. D’ailleurs, j’ai horreur des œuvres de fiction qui prétendent ménager la chèvre et le chou. Si un documentaire qui manque d’objectivité est malhonnête, une fiction « décaféinée » est une œuvre ratée. Je ne veux pas donner de noms, mais il y a eu des cas qui exemplifient mon affirmation, en relation avec la guerre de Bosnie, l’évènement le plus tragique en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Le succès a été au rendez-vous, car le public préfère qu’on lui raconte l’histoire en marche de manière la moins dérangeante possible. J’exprime mon respect envers le lecteur par le sérieux de mon travail, pas en lui offrant ce qui lui sera plus commode à consommer.   
La BD fut un choix naturel, c’est ma profession première. Mais aussi parce que c’est un promontoire idéal pour traiter de l’information : après tout, on se sert du discours écrit et de l’image. Vous aurez remarqué que je n’utilise pas de bulles dans ce livre, pour rester le plus possible du langage journalistique.

4/Vos dessins offrent une dimension particulière à votre histoire, et plus particulièrement les couleurs que vous utilisez. Ce choix de couleurs s'est-il imposé d'emblée pour vous ? Correspondait-il aux tonalités que vous avez perçues lorsque vous étiez sur le terrain ou est-ce le fruit d'une réflexion de votre part pour rendre compte de ce que vous avez vu ?

Le Kosovo du début de l’été 1999 était ensoleillé et verdoyant ; les pluies de ce printemps-là avait été abondantes. Le choix des couleurs répond à un objectif purement narratif. Il correspond à la fin de votre question : c’était évidemment une manière de rendre compte de la vision personnelle des évènements. Un traitement « expressionniste », en quelque sorte.

5/Enfin, travaillez-vous sur un nouveau projet dont vous pourriez nous dire quelques mots ?

Comme auteur complet, je suis en plein sur une contre-histoire de la révolution cubaine, un double volume pour la collection Aire Libre. Il est bien possible que cet ouvrage fasse des mécontents, car il apporte des détails jusqu’à l’heure ignorés et qui ne seront pas du goût de tout le monde. Il y aura aussi un livre de mémoires de l’après-guerre kosovare, cette fois-ci hors du contexte journalistique, mais il sera dessiné par Jorge González, l’auteur de Chère Patagonie (qui vient juste de sortir). Vous constaterai que là, j’ai renoncé au dessin ; j’avais besoin d’être accompagné ! Le premier tome d’un triptyque qui explore la ferveur religieuse et les conflits raciaux au Brésil de la fin du XIX siècle, en collaboration avec Marc N’Guessan au dessin, pour Dargaud, devrait paraître en printemps 2013. D’autres projets sont en gestation, mais je crois qu’il serait tôt pour en parler. Studio

Gani Jakupi à sa table de travail 

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19 juin 2012

Ce jour-là, Willy Ronis

Ce jour-làCe jour-là est un livre du photographe français Willy Ronis publié en 2006 au Mercure de France dans la collection Traits et Portraits et disponible en poche chez Folio depuis 2008.

Autoportrait, 1947

Willy Ronis présente, dans ce livre, 52 photos qu'il a prises au cours de sa carrière. Qu'elles soient personnelles ou non (son épouse est souvent le sujet de sa photo), prises sur le vif ou posées, chacune est présentée dans ce livre, accompagné d'un texte de Willy Ronis. Chaque photo commence par : "Ce jour-là"...

J'ai commencé à lire ce court livre un peu par hasard, entre deux romans, et bien m'en a pris ! J'ai été complètement happée par ce que Willy Ronis relate. Ce dernier a la capacité, en quelques phrases, d'embarquer son lecteur dans son sillage et de lui donner à voir un aperçu de son regard singulier sur le monde. Chaque nouvelle photo est l'occasion d'apprendre à regarder différemment, de réfléchir, de penser au talent de l'auteur, aussi.
Je ne vous mentirai pas : j'ai très souvent été bluffée par le résultat de chaque photo, sans apprécier pourtant le potentiel du plan de prime abord.
Si Willy Ronis ne possède pas une plume mémorable, il parvient néanmoins à transmettre sa passion dans chacun des textes qui accompagne ses photos. Et, pour ma part, j'ai été conquise... Merci Tosty pour ce conseil de lecture !

Laissez-vous conter la photographie par Willy Ronis !

"Le moment où je choisis de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste." (p.10)

"Juste avant, il n'y avait rien, et juste après, il n'y a plus rien. Alors, il faut toujours être prêt." (p.98)

"J'ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets." (p.149)

Willy Ronis  willy-ronis-1-2,M26963

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15 mai 2012

Julie & Julia, Julie Powell

Julie & JuliaJulie & Julia est un best-seller autobiographique américain, tiré du blog culinaire de son auteure, Julie Powell. Paru en 2005 aux États-Unis, il est sorti en 2008 aux Éditions du Seuil. En guise de résumé, le billet posté par Julie sur son blog pour annoncer au monde son projet...

"Le livre 
L'art de la cuisine française. Première édition, 1961. Louissette Bertholle. Simone Beck. Et, bien sûr, Julia Child, la femme qui a appris à l'Amérique à faire la cuisine et à manger. Nous croyons aujourd'hui vivre dans le monde créé par Alice Waters, mais à l'origine de tout il y a Julia Child, et personne ne peut l'égaler.

La candidate 
Fonctionnaire peu motivée le jour, gastronome amateur le soir. Trop vieille pour le théâtre, trop jeune pour avoir des enfants et trop aigrie pour tout le reste, Julie Powell se cherchait un défi. Elle le trouva dans le projet Julie/Julia. Risquant sa vie de couple, son emploi et le bien-être e ses chats, elle a signé pour un contrat insensé. 365 jours. 524 recettes. Une fille dans une minable cuisine de banlieue. Jusqu'où ira-t-elle, nul ne peut le dire..."(p.34-35)

J'avais aimé le film du même nom, avec Meryl Streep parfaite dans le rôle de Julia Child. J'ai eu envie de découvrir le livre à l'origine, ainsi que le projet de Julie Powell. Et FondantOchocolat, à l'occasion du Swap Chocolat et Cinéma m'a fait le plaisir de me l'offrir ! Merci beaucoup ! Julie Powell
Qu'une américaine se lance dans le défi de la cuisine française, c'est vrai que c'est audacieux ! Raconter en détails les différentes façons de tuer un homard, de retourner tout son quartier pour trouver un os à moelle, etc.... Cela peut nous paraître dérisoire, mais l'écard culturel entre nos deux pays et nos gastronomies permet à l'humour d'être très présent. Pour un américain moyen, déguster de aspics ou des oeufs pochés au vin rouge, c'est assez conceptuel ! Suivre Julie dans ses tentatives pour tenir bon son défi et réaliser l'intégralité des recettes du livre de Julia Child est un plaisir.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'établir un parallèle assez évident sur la condition de  blogueur. Julie décrit son rapport à la blogosphère avec justesse et met en lumière ce que nous pouvons vivre au quotidien, nous blogueurs. Notre addiction à notre blog, à ceux de nos amis-blogueurs, et l'incompréhension de la plupart de nos proches quant à notre rapport à notre écran... J'ai souri, bien entendu. Et je me suis dit que depuis 2004 - année du défi de Julie - cela n'avait fait que s'accroître. 
Lectures communesJ'ai passé un très bon moment de lecture. Si j'ai craint, au début de ma lecture, un roman un peu mièvre, frôlant la chick-litt (le sous-titre Sexe, blog et boeuf bourguignon et très peu engageant...), mes craintes se sont vite évanouies grâce à un récit biographique authentique et bourré d'humour.        

 J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec CottageMyrtille. Je file voir de ce pas ce qu'elle en a pensé !

Et voilà ma première participation au Challenge La littérature fait son Cinéma que Will reconduit pour la deuxième année consécutive et ma troisième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                              Challenge Biographie

 Edit du 23 mai : Syl. a eu raison de moi : je m'inscris à son Challenge Les Livres Gourmands,
catégorie Tutti Frutti et je commence illico avec ce roman !

Les livres gourmands de Syl

Comme d'habitude, je ne résiste pas à l'envie de vous glisser la bande-annonce du film
réalisé en 2009 par Nora Ephron.

 

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10 mai 2012

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite, Jin Yi

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interditeMémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite est un récit biographique de Jin Yi. Ce dernier s'est intéressé à la vie de He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite. Ce livre, paru en 1999 chez Piquier, est un témoignage rare de l'époque de la dernière impératrice, Cixi.  

Le récit de Jin Yi est scindé en quatre parties, qui sont autant de sujets abordés par sa vieille amie He Rong Er. La vie quotidienne d'une femme de cour est ainsi dépeint sous toutes ses facettes. Le style descriptif créé une distanciation avec le lecteur mais permet néanmoins de s'imaginer clairement ce qui est décrit. Pas de pathos ni de larmes sur le triste destin de He Rong Er, et plus généralement, des dames de cour, mais une description, un témoignage.

Je ne connais que très vaguement l'histoire de la Chine et ses traditions. Comme tout occidental, j'en ai certaines représentations - véhiculées notamment par les médias ou les films qui nous parviennent - mais cela reste flou, et parfois trop général. 
Ainsi, je ne savais presque rien de la condition des femmes qui travaillaient dans la Cité Interdite. Travailler... Je pense qu'on peut dire plutôt vouer son existence, car finalement peu avaient le choix et s'engager dans cette voie signifiait y consacrer sa liberté.
Jin Yi nous offre ici un récit particulièrement touchant d'une femme, à l'aube de son existence, une existence contrainte. Pas de pathos, comme évoqué plus haut, mais une pudeur tout au long du texte. Un style sobre, descriptif, qui sert le récit sans chercher à susciter une émotion. Jin Yi semble coucher sur papier ses entretiens avec son amie sans chercher autre chose qu'un témoignage.
On apprend beaucoup, sur tous les rituels qui rythmaient la journée d'une dame de cour. Du lever de l'impératrice à son coucher. L'auteur s'attarde également sur tous ces détails qui nous paraissent incensés tant ils sont ritualisés : la façon dont il faut présenter sa pipe à l'impératrice, dont il faut rentrer dans une pièce sans jamais lui tourner le dos, dont il faut annoncer chaque plat, etc. Autant de précisions qui nous sont étrangères et qui peuvent paraître futiles mais qui composent la vie de cette incroyable Empire et témoignent de son incroyable rigueur. 
Un récit lu d'une traite, pour mieux m'en imprégner et me glisser dans cette époque. Un document rare, sans fantasme ni imprécision. A lire si le destin des femmes chinoises et mandchoues vous intéresse.  
 

 Voici ma troisième participation au  Challenge Dragon organisé par Catherine et 
ma deuxième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                           Challenge Dragon    Challenge Biographie

 

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28 mars 2012

Le retour à la terre T.1 La vraie vie, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet

Le retour à la terre TLe retour à la terre est une série de BD en 5 tomes parue chez Dargaud de 2002 à 2008. A l'origine ? Le déménagement de Manu Larcenet à la campagne... Et l'idée de Jean-Yves Ferri de l'adapter en BD humoristique.

Quitter Paris, le périph' et Juvisy pour les Ravenelles un charmant petit village entouré d'exploitations agricoles et de vaches... La transition est un peu rude pour Manu, sa femme Mariette et Speed, leur chat. Il faut réapprendre les codes (= abattre des arbres de 50m), s'intégrer (= boire le tord-boyaux local...) et se persuader que tout est beaucoup plus calme dans cette nouvelle vie...

A force de participer aux mercredis BD de Mango, le nom de Manu Larcenet m'est devenu familier, au point d'emprunter, sans regarder, cette BD dans mon fonds.
Le retour à la terre
est un album composé de gags courts, en 6 cases, qui se fondent sur le quotidien de Manu et Mariette. Leur emménagement, leur acclimation (et celle de leur chat !) mais aussi la venue de leurs anciens amis, sont autant de temps forts tout au long de cette BD.
L'humour émerge de cette distance entre leur quotidien parisien et celui aux Ravenelles. C'est déroutant car les codes sociaux ont changé, les habitudes aussi, et les problèmes ne sont plus liés au périph'...  
Si le trait de Manu Larcenet ne m'a pas vraiment séduite, j'ai néanmoins passé un très bon moment en compagnie de Manu, Mariette et Speed. J'ai beaucoup ri et j'ai souvent été impressionnée par la faculté de Jean-Yves Ferri de faire rire en 6 cases tout en ayant contextualisé son gag de façon bien précise.
 
Les avis de
Canel, Héloïze, Stephie et Mo'.

Et voici ma 37e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 28e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 15/20)

  Top BD 2012

Planche Le retour à la terre 2

Planche Le retour à la terre 3



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29 janvier 2012

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe, Andrew O'Hagan

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marylin Monroe , Andrew O'HaganVie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une oeuvre du romancier écossais Andrew O'Hagan parue en 2010 avant d'être traduite en France en 2011.

Marilyn pleure son mariage avorté avec Arthur Miller. Pour la consoler, Frank Sinatra lui offre un chien. Et c'est Maf, ce petit bichon, qui va nous raconter l'histoire de la belle actrice. Entre réflexions philosophiques, citations tirées de grands classiques et analyses politiques, le petit chien de Marilyn observe tout et critique tout. 

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une biographie de Marilyn très originale. Plutôt que de revenir sur l'enfance de celle qui fut la star hollywoodienne par excellence, ses amours et ses problèmes, Andrew O'Hagan s'offre le luxe de faire prendre en charge la narration par un chien. Et le résultat est furieusement réussi ! 
Maf est un condensé de snobisme intellectuel qui juge d'un oeil acéré la société qui entoure sa belle maîtresse qui sent si bon. Adopter le point de vue du compagnon invisible de Marilyn, son chien, permet à Andrew O'Hagan de brosser un portrait décalé de cette dernière, entre fascination et incompréhension de son compagnon.
Si j'ai déjà beaucoup lu sur cette actrice (fictions et biographies), j'ai aimé me replonger dans un pan de sa vie avec ce roman. J'ai ri, je me suis interrogée sur la véracité de certains faits, bref, j'ai aimé cette lecture !

Cette lecture me permet d'inaugurer ma participation au Challenge Biographie d'Alinéa et de poursuivre mon Challenge Marilyn chez George.

Challenge Biographie

Je tiens à remercier libfly ainsi que Le cercle points pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique !

 

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25 janvier 2012

Le Cabaret des muses T.1 Au Moulin-Rouge, Gradimir Smudja

Le Cabaret des Muses TLe Cabaret des muses est une série de BD en cours, en 4 tomes pour le moment, écrite et dessinée par Gradimir Smudja. Au Moulin Rouge en est le premier tome, paru en 2007 chez Delcourt.

Paris, 1889. Montmartre en est le centre, le coeur névralgique, là où se presse toute la bohème de l'époque et où Henri de Toulouse-Lautrec passe ses journées et ses nuits. Le peintre, issu d'une famille aristocrate, a quitté sa famille pour rejoindre l'univers artistique parisien de ce XIXe siècle finissant. Entre l'ivresse et la peinture, ses amis et ses cauchemars, le peintre entraîne le lecteur à travers sa vie et ses oeuvres.

Encore un album choisi au hasard de mes pérégrinations à la bibliothèque (vive la sérendipité comme dirait l'autre !), choisi tant pour son sujet que pour ses illustrations.Planche
Gradimir Smudja
nous offre ici une interprétation à la fois onirique, comique et artistique de la vie du peintre Toulouse-Lautrec. Au fil des pages, le lecteur croise certaines de ses oeuvres, mais aussi les contemporains et amis du peintre : Cézanne, Van Gogh, Degas, etc.
Le trait est rond, à l'image du petit homme, les dessins sont soignés et détaillés et les couleurs pastels complètent ce parcours artistique et biographique.
Pour autant, je n'ai pas vraiment accroché avec cette lecture. Malgré le talent de Smudja et son hommage à un peintre que j'aime beaucoup, je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à tourner les pages de cet album. L'intrigue est très décousue et alterne cauchemars du peintre et rencontres en tous genres. Je n'ai pas vraiment compris le fil narratif - s'il y en a un - et plusieurs fois j'ai vérifié ne pas avoir sauté de page tant je ne comprenais pas la transition...
Bref, un album intéressant visuellement parlant, mais cela s'arrête là pour moi...

 Et voici ma 33e participation
à la BD du mercredi de
Mango

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 Et ma 24e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

 

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02 novembre 2011

Marilyn Monroe, les archives personnelles, Cindy de la Hoz

9782700030099Marilyn Monroe, les archives personnelles  est un ouvrage paru en septembre 2011 aux éditions Gründ.

Ce grand format se présente comme une biographie de Marilyn Monroe, augmentée de 170 photos d'elle et d'une vingtaine de fac-similés.

Si je n'ai pas pu résister à ce grand format lorsque mes yeux se sont posés sur lui en librairie, il ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable.
Oui, les photos sont belles (certaines sont d'André de Dienes et de George Barris), mais cet aspect mis à part, le livre n'offre que peu d'intérêt. La biographie de Marilyn est assez légère et ne semble s'appesantir que sur les aspects les plus médiatiques de son existence. J'ai bien conscience que ce n'est pas peut-être pas la visée de l'auteure de proposer une biographie détaillée de l'actrice mythique, mais en tant qu'historienne du cinéma, Cindy de la Hoz aurait pu s'attarder sur des points plus singuliers de la vie de Marilyn.
Enfin, les fac-similés ne présentent que très peu d'intérêt, à moins d'être un fan inconditionnel de la belle. Personnellement, un chèque pour son psy ou une facture de pressing m'émeuvent autant qu'une cuillère à café.
Bref, un livre intéressant pour ses photos, au texte assez incertain (j'ai relevé un nombre important de coquilles et de traductions hasardeuses). A réserver aux amateurs ! 


Une nouvelle lecture pour le Challenge Marilyn de George.

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