Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

10 mai 2012

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite, Jin Yi

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interditeMémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite est un récit biographique de Jin Yi. Ce dernier s'est intéressé à la vie de He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite. Ce livre, paru en 1999 chez Piquier, est un témoignage rare de l'époque de la dernière impératrice, Cixi.  

Le récit de Jin Yi est scindé en quatre parties, qui sont autant de sujets abordés par sa vieille amie He Rong Er. La vie quotidienne d'une femme de cour est ainsi dépeint sous toutes ses facettes. Le style descriptif créé une distanciation avec le lecteur mais permet néanmoins de s'imaginer clairement ce qui est décrit. Pas de pathos ni de larmes sur le triste destin de He Rong Er, et plus généralement, des dames de cour, mais une description, un témoignage.

Je ne connais que très vaguement l'histoire de la Chine et ses traditions. Comme tout occidental, j'en ai certaines représentations - véhiculées notamment par les médias ou les films qui nous parviennent - mais cela reste flou, et parfois trop général. 
Ainsi, je ne savais presque rien de la condition des femmes qui travaillaient dans la Cité Interdite. Travailler... Je pense qu'on peut dire plutôt vouer son existence, car finalement peu avaient le choix et s'engager dans cette voie signifiait y consacrer sa liberté.
Jin Yi nous offre ici un récit particulièrement touchant d'une femme, à l'aube de son existence, une existence contrainte. Pas de pathos, comme évoqué plus haut, mais une pudeur tout au long du texte. Un style sobre, descriptif, qui sert le récit sans chercher à susciter une émotion. Jin Yi semble coucher sur papier ses entretiens avec son amie sans chercher autre chose qu'un témoignage.
On apprend beaucoup, sur tous les rituels qui rythmaient la journée d'une dame de cour. Du lever de l'impératrice à son coucher. L'auteur s'attarde également sur tous ces détails qui nous paraissent incensés tant ils sont ritualisés : la façon dont il faut présenter sa pipe à l'impératrice, dont il faut rentrer dans une pièce sans jamais lui tourner le dos, dont il faut annoncer chaque plat, etc. Autant de précisions qui nous sont étrangères et qui peuvent paraître futiles mais qui composent la vie de cette incroyable Empire et témoignent de son incroyable rigueur. 
Un récit lu d'une traite, pour mieux m'en imprégner et me glisser dans cette époque. Un document rare, sans fantasme ni imprécision. A lire si le destin des femmes chinoises et mandchoues vous intéresse.  
 

 Voici ma troisième participation au  Challenge Dragon organisé par Catherine et 
ma deuxième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                           Challenge Dragon    Challenge Biographie

 

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28 mars 2012

Le retour à la terre T.1 La vraie vie, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet

Le retour à la terre TLe retour à la terre est une série de BD en 5 tomes parue chez Dargaud de 2002 à 2008. A l'origine ? Le déménagement de Manu Larcenet à la campagne... Et l'idée de Jean-Yves Ferri de l'adapter en BD humoristique.

Quitter Paris, le périph' et Juvisy pour les Ravenelles un charmant petit village entouré d'exploitations agricoles et de vaches... La transition est un peu rude pour Manu, sa femme Mariette et Speed, leur chat. Il faut réapprendre les codes (= abattre des arbres de 50m), s'intégrer (= boire le tord-boyaux local...) et se persuader que tout est beaucoup plus calme dans cette nouvelle vie...

A force de participer aux mercredis BD de Mango, le nom de Manu Larcenet m'est devenu familier, au point d'emprunter, sans regarder, cette BD dans mon fonds.
Le retour à la terre
est un album composé de gags courts, en 6 cases, qui se fondent sur le quotidien de Manu et Mariette. Leur emménagement, leur acclimation (et celle de leur chat !) mais aussi la venue de leurs anciens amis, sont autant de temps forts tout au long de cette BD.
L'humour émerge de cette distance entre leur quotidien parisien et celui aux Ravenelles. C'est déroutant car les codes sociaux ont changé, les habitudes aussi, et les problèmes ne sont plus liés au périph'...  
Si le trait de Manu Larcenet ne m'a pas vraiment séduite, j'ai néanmoins passé un très bon moment en compagnie de Manu, Mariette et Speed. J'ai beaucoup ri et j'ai souvent été impressionnée par la faculté de Jean-Yves Ferri de faire rire en 6 cases tout en ayant contextualisé son gag de façon bien précise.
 
Les avis de
Canel, Héloïze, Stephie et Mo'.

Et voici ma 37e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 28e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 15/20)

  Top BD 2012

Planche Le retour à la terre 2

Planche Le retour à la terre 3



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29 janvier 2012

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe, Andrew O'Hagan

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marylin Monroe , Andrew O'HaganVie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une oeuvre du romancier écossais Andrew O'Hagan parue en 2010 avant d'être traduite en France en 2011.

Marilyn pleure son mariage avorté avec Arthur Miller. Pour la consoler, Frank Sinatra lui offre un chien. Et c'est Maf, ce petit bichon, qui va nous raconter l'histoire de la belle actrice. Entre réflexions philosophiques, citations tirées de grands classiques et analyses politiques, le petit chien de Marilyn observe tout et critique tout. 

Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe est une biographie de Marilyn très originale. Plutôt que de revenir sur l'enfance de celle qui fut la star hollywoodienne par excellence, ses amours et ses problèmes, Andrew O'Hagan s'offre le luxe de faire prendre en charge la narration par un chien. Et le résultat est furieusement réussi ! 
Maf est un condensé de snobisme intellectuel qui juge d'un oeil acéré la société qui entoure sa belle maîtresse qui sent si bon. Adopter le point de vue du compagnon invisible de Marilyn, son chien, permet à Andrew O'Hagan de brosser un portrait décalé de cette dernière, entre fascination et incompréhension de son compagnon.
Si j'ai déjà beaucoup lu sur cette actrice (fictions et biographies), j'ai aimé me replonger dans un pan de sa vie avec ce roman. J'ai ri, je me suis interrogée sur la véracité de certains faits, bref, j'ai aimé cette lecture !

Cette lecture me permet d'inaugurer ma participation au Challenge Biographie d'Alinéa et de poursuivre mon Challenge Marilyn chez George.

Challenge Biographie

Je tiens à remercier libfly ainsi que Le cercle points pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique !

 

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25 janvier 2012

Le Cabaret des muses T.1 Au Moulin-Rouge, Gradimir Smudja

Le Cabaret des Muses TLe Cabaret des muses est une série de BD en cours, en 4 tomes pour le moment, écrite et dessinée par Gradimir Smudja. Au Moulin Rouge en est le premier tome, paru en 2007 chez Delcourt.

Paris, 1889. Montmartre en est le centre, le coeur névralgique, là où se presse toute la bohème de l'époque et où Henri de Toulouse-Lautrec passe ses journées et ses nuits. Le peintre, issu d'une famille aristocrate, a quitté sa famille pour rejoindre l'univers artistique parisien de ce XIXe siècle finissant. Entre l'ivresse et la peinture, ses amis et ses cauchemars, le peintre entraîne le lecteur à travers sa vie et ses oeuvres.

Encore un album choisi au hasard de mes pérégrinations à la bibliothèque (vive la sérendipité comme dirait l'autre !), choisi tant pour son sujet que pour ses illustrations.Planche
Gradimir Smudja
nous offre ici une interprétation à la fois onirique, comique et artistique de la vie du peintre Toulouse-Lautrec. Au fil des pages, le lecteur croise certaines de ses oeuvres, mais aussi les contemporains et amis du peintre : Cézanne, Van Gogh, Degas, etc.
Le trait est rond, à l'image du petit homme, les dessins sont soignés et détaillés et les couleurs pastels complètent ce parcours artistique et biographique.
Pour autant, je n'ai pas vraiment accroché avec cette lecture. Malgré le talent de Smudja et son hommage à un peintre que j'aime beaucoup, je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à tourner les pages de cet album. L'intrigue est très décousue et alterne cauchemars du peintre et rencontres en tous genres. Je n'ai pas vraiment compris le fil narratif - s'il y en a un - et plusieurs fois j'ai vérifié ne pas avoir sauté de page tant je ne comprenais pas la transition...
Bref, un album intéressant visuellement parlant, mais cela s'arrête là pour moi...

 Et voici ma 33e participation
à la BD du mercredi de
Mango

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 Et ma 24e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

 

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02 novembre 2011

Marilyn Monroe, les archives personnelles, Cindy de la Hoz

9782700030099Marilyn Monroe, les archives personnelles  est un ouvrage paru en septembre 2011 aux éditions Gründ.

Ce grand format se présente comme une biographie de Marilyn Monroe, augmentée de 170 photos d'elle et d'une vingtaine de fac-similés.

Si je n'ai pas pu résister à ce grand format lorsque mes yeux se sont posés sur lui en librairie, il ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable.
Oui, les photos sont belles (certaines sont d'André de Dienes et de George Barris), mais cet aspect mis à part, le livre n'offre que peu d'intérêt. La biographie de Marilyn est assez légère et ne semble s'appesantir que sur les aspects les plus médiatiques de son existence. J'ai bien conscience que ce n'est pas peut-être pas la visée de l'auteure de proposer une biographie détaillée de l'actrice mythique, mais en tant qu'historienne du cinéma, Cindy de la Hoz aurait pu s'attarder sur des points plus singuliers de la vie de Marilyn.
Enfin, les fac-similés ne présentent que très peu d'intérêt, à moins d'être un fan inconditionnel de la belle. Personnellement, un chèque pour son psy ou une facture de pressing m'émeuvent autant qu'une cuillère à café.
Bref, un livre intéressant pour ses photos, au texte assez incertain (j'ai relevé un nombre important de coquilles et de traductions hasardeuses). A réserver aux amateurs ! 


Une nouvelle lecture pour le Challenge Marilyn de George.

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22 septembre 2011

Blonde, Joyce Carol Oates

9782253152859Blonde est un roman de l'auteure américaine Joyce Carol Oates publié en 2000.

Tout en se fondant sur des éléments de la vie de Marilyn, Joyce Carol Oates a pris le parti, avec Blonde, d'en faire un roman. Elle l'annonce dès le prologue : « Blonde est une "vie" radicalement distillée sous forme de fiction et, en dépit de sa longueur, la synecdoque en est le principe. » (p.9)

Tout au long de ces 1100 pages, la vie de la belle actrice se déploie sous les yeux du lecteur, non pas comme une biographie, mais comme une histoire. Et c'est ce qui est intéressant. Loin de vouloir savoir à tout prix ce qui s'est passé durant les trente-six années de l'Actrice Blonde, comme elle la surnomme souvent, Joyce Carol Oates présente une femme, dans toute la complexité de ses doutes et de ses failles.

Si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman - la partie consacrée à l'enfance de Marilyn est souvent pesante - je me suis par la suite complètement immergée dans cette fiction, ne sachant pas réellement ce qui était de l'ordre de la biographie et ce qui était du fantasme. L'alternance de narrateurs brouille les pistes et participe de cette impression de flou quant à la vie de Marilyn, tout en faisant écho à ses tumultes intérieurs.
Blonde s'adresse, selon moi, à un lecteur qui connaît déjà en détail la vie de Marilyn, ses films, ses mariages, ses coups d'éclat comme ses passages à vide. Car Joyce Carol Oates refuse de se faire biographe et de s'attarder sur toute la vie de la belle. Elle picore ça et là des épisodes qu'elle a estimé importants dans son parcours personnel et professionnel et nous les distille de façon parfois codée. Joe Dimmagio devient ainsi l'Ex-Sportif, Arthur Miller, le Dramaturge, et tous les réalisateurs ne sont évoqués que par l'initiale de leur nom de famille. Autant donc savoir ce qu'il en est avant d'ouvrir ce roman.
Blonde
est une lecture très forte, qui m'a émue et conquise. Quatrième livre que je lisais consacré au parcours de celle qui fut, un temps, la blonde d'Hollywood, Blonde a su me séduire par sa longueur (j'étais pendant de longues heures au plus près de la vie de Marilyn), son originalité de traitement - loin des biographies plus ou moins élogieuses consacrée à Marilyn - et son ton. Joyce Carol Oates, par sa plume poétique, plonge dans cette vie parfois minuscule pour en faire émerger la quintessence et casser l'image publique rêvée de Norma Jeane. Où s'arrêtent les souvenirs ? Où commence le mythe ? Et dans quelle mesure cette vie connue de tous est fictionnalisée ici ? Je reste sans réponse, mais là n'est pas l'essentiel.

«  Car qu'est ce que le temps sinon ce que les autres attendent de nous ? Ce jeu que nous pouvons refuser de jouer. » (p.24)

« Pourquoi l'aimaient-ils ? pourquoi quand sa vie était en lambeaux comme de la soie lacérée ? pourquoi quand sa vie était en morceaux comme du verre fracassé ? » (p.926)

« L'aimer était la tâche de sa vie et il en était arrivé à penser dans cette ville du désert noyée de soleil que, malgré tout son dévouement, il ne serait peut-être pas à la hauteur de cette tâche. » (p.990)

« Il y a quelque chose en toi que personne n'a, MARILYN. Aucune femme que je connais. Tu vis pour être touchée. Pour être soufflée comme une flamme. Pour être blessée, même ! On dirait que tu t'exposes à être blessée, je ne connais aucune femme qui te ressemble, MARILYN. Aucune image filmée ni aucune photographie n'ont montré ton âme, MARILYN, Lectures communescomme je l'ai vue ce soir. » (p.1043)

Blonde était une lecture commune pour laquelle je suis affreusement en retard (je m'en excuse !) avec L'Ogresse et C.l!ne.

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Une nouvelle participation au Challenge Marilyn de George

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06 juillet 2011

L'affaire du Trompinoptère, Eddie Campbell

9782916207476FSL'affaire du Trompinoptère est le quatrième tome de la série autobiographique d'Eddie Campbell et est considéré comme une référence du roman graphique anglo-saxon. Alors que dans les précédents tomes, Eddie Campbell se cachait derrière le personnage d'Alec MacGarry, c'est sous sa véritable identité qu'il écrit ici.

C'est à travers une série d'histoires courtes - parfois une seule planche - qu'Eddie Campbell aborde dans cet album les problèmes qu'il rencontre à l'approche de la cinquantaine : ses doutes existentiels, son métier de père/mari, son travail de dessinateur. Très intimes, ces histoires mettent en scène l'auteur et son quotidien, et donnent à voir sa vision de la vie, ses excentricités artistiques comme ses réflexions métaphysiques.

Certains savent que je suis passée complètement à côté de From Hell il y a peu, et s'étonneront que je réitère mon expérience avec Eddie Campbell qui n'a pas su me charmer par le passé. En fait, j'ai eu l'occasion de recevoir cette BD grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, et je n'avais pas retenu, lorsque j'ai coché les titres qui m'intéressaient, qu'Eddie Campbell était l'auteur de From Hell...extrait_l-affaire-du-trompinoptere
Bref, vous l'aurez compris, ce titre confirme mon manque d'attrait pour l'oeuvre de cet auteur. Est-ce parce que je n'accroche absolument pas avec son style ? Est-ce parce que ce dernier est difficile d'accès et que je ne suis pas encore assez spécialiste de la BD pour l'appréhender dans sa complexité ? Est-ce parce que j'avais quelques appréhensions quant à ce titre et son lien avec From Hell ? Quelles qu'en soient les raisons, L'affaire du Trompinoptère n'a pas su me charmer. J'ai peiné dans ma lecture de ces tranches de vie un peu barrées, un peu trop personnelles pour qu'elles me séduisent. Encore une fois, je n'ai pas du tout été conquise par l'univers graphique de l'auteur (et pourtant, je ne suis pas réfractaire au travail en noir et blanc, en témoigne mon attrait pour Chabouté !).Une lecture à côté de laquelle je suis de nouveau passée. C'est bien dommage...     

Je tiens néanmoins à remercier à   logo2 et les Éditions  Ca et làpour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

L\'Affaire du Trompinoptère par Eddie Campbell

   Et voici ma dix-huitième participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma dixième au Top BD des blogueurs de Yaneck !
(note : 8/20)

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13 juin 2011

Bartleby le scribe, Herman Melville

9782070401406FSBartleby le scribe est une nouvelle d'Herman Melville publiée en 1853 dans un périodique, puis intégrée en 1856 dans le recueil de nouvelles Contes de la véranda.

Le narrateur, homme de loi de Wall Street, raconte les relations qu'il avait avec Bartleby, l'homme qu'il avait engagé pour occuper la fonction de scribe dans son étude. D'un naturel très discret, Bartleby passait ses journées derrière son bureau. Mais lorsque le narrateur lui demandait la moindre chose, il répondait « Je préfère pas »(« I would prefer not to »). Le narrateur, surpris, ne se résolut pourtant pas à renvoyer cet homme qui ne sortait jamais de l'étude (il y dormait même) mais sans rien faire.

Lecture très courte et amusante, Bartleby le scribe a été une source d'inspiration pour les écrivains de l'absurde du XXe. Atypique s'il en est, le personnage de Bartleby est tout sauf un personnage : il possède une psychologie minimale, ou tout du moins imperceptible, ses actions se résument à refuser toute action, et sa vie entière se borne à l'étude qu'il occupe jour et nuit. Le narrateur, choqué par son attitude puis décontenancé, culpabilise face à ce personnage de papier.
Une lecture drôle, que j'ai beaucoup aimée pour son absurdité et que Pennac résuma ainsi : « Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira saura. »Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
Une lecture que j'inscris dans le Challenge La littérature fait son cinéma de Will en tant que troisième participation, car plusieurs adaptations cinématographiques de cette nouvelle ont été réalisées. Voici la bande-annonce de la version réalisée en 2001 par Jonathan Parker, avec Crispin Glover dans le rôle de Bartleby.

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04 mars 2011

Marilyn dernières séances, Michel Schneider

9782070349289Sur Marilyn Monroe, beaucoup a été écrit, trop peut-être... Après avoir lu deux biographies la concernant, j'ai décidé de m'en tenir là sur les récits plus ou moins fantasmés concernant sa vie.

Pourquoi alors avoir succombé à Marilyn dernières séances ? Je ne sais pas. Peut-être parce que le parti de Michel Schneider n'était pas, comme bien d'autres, de comprendre le destin brisé de la star à travers son enfance, ses errements ou encore ses amants. 
Peut-être aussi parce qu'il n'affirme jamais entreprendre de comprendre celle qui fut tant médiatisée qu'elle se perdit en chemin. Il ne subsiste de la fascinante Marilyn que des souvenirs, des films, des mensonges aussi, et puis des réalités arrangées. Et Michel Shneider compose avec ces vides laissés au présent.
De ses derniers instants, il n'évoque que des bribes, décidant de laisser de côté la polémique sur cette nuit ultime où tout a basculé. Et finalement, c'est ce qui m'a plu.    
Loin des documentaires plus ou moins fiables qui promettent de révéler enfin ce qu'il advint de l'actrice adulée, Marilyn dernières séances se présente comme un ouvrage à part qui, s'il ne débute pas avec l'enfance de la jeune femme, n'échappe néanmoins pas à quelques rapides retours sur cette époque. Sa construction déconstruite chronologiquement évite, pour qui connaît un tant soit peu le parcours artistique et personnel de la belle, de lasser son lecteur. Michel Schneider alterne passé et présent, sans pour autant perdre son lecteur dans les méandres de cette vie chaotique.
Son propos ? Se pencher sur les relations qu'entretinrent Marilyn et son quatrième psychanalyste, Ralph Greenson, durant les deux dernières années de la vie de la mythique blonde. Sur leur relation destructrice, l'auteur ne porte pas de jugement, mais laisse parler les professionnels qui  connurent ce tandem improbable. Des deux, qui avait l'emprise sur l'autre ?  Qui détruisait l'autre ? Le mystère reste entier. Et finalement, des incertitudes qui demeurent sur la vie de Marylin, celle-ci semble être la plus fascinante.
Sans jamais sombrer dans une psychologie facile et hasardeuse, Michel Schneider offre ici un ouvrage étonnant autant qu'agréable. Un livre au rythme rapide, sans temps mort, au style soigné et imagé, qui a su capter mon intérêt malgré deux ouvrages déjà lus sur le sujet.

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J'inscris cette lecture comme troisième participation au Challenge Marilyn Monroe de George.L'avis deDaniel Fattore.

"REWIND. Remettre la bande à zéro. Recommencer toute l'histoire. Repasser la dernière séance de Marilyn. C'est toujours par la fin que les choses commencent." (p.15)

"Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle." (p.15)

"Elle était devenue mon enfant, ma douleur, ma soeur, ma déraison." (p.24)

"Je suis son analyste, je veux incarner une image paternelle positive, un père qui ne la décevrait pas, qui éveillerait sa conscience ou lui prodiguerait, à tout le moins, de la bonté." (p.290)

"La détresse était le seul moyen pour elle de s'assurer de la présence de l'autre et elle était devenue une entité cauchemardesque qui en dépit de tout amour, de toute fragilité ou splendeur, le détruisait inexorablement. Et s'il n'avait pas envie d'être détruit ?" (p.388)

                          photo_151937_2570323_201004062832363    marilyn_monroe_les_hommes_preferent_les_blondes

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19 novembre 2010

Marilyn Monroe, enquête sur un assassinat, Don Wolfe

Wolfe1Il y a presque un an, je découvrais la vie de la mythique actrice à travers la célèbre biographie d'Anthony Summers, Les vies secrètes de Marilyn Monroe.
Non contente de découvrir le parcours de
cette femme, j'ai eu envie d'approfondir un peu mes connaissances sur le sujet grâce à une autre biographie. Et lorsque j'ai vu celle-ci sur l'étal d'un bouquiniste, il y a quelques mois, j'ai succombé.

Don Wolfe prend le parti, dès le titre de son livre, de découvrir qui a tué Marilyn Monroe en posant comme postulat de départ que sa mort n'est en rien un suicide. Cette biographie s'ouvre donc sur la découverte du corps inanimé de l'actrice dans sa maison de L.A. et se poursuit avec un retour sur la vie entière de Norma Jeane.
Pour qui ne connait pas l'envers du décor - les débuts de la jeune femme en tant que mannequin, son enfance dickensienne en familles d'accueil, la folie de sa mère, ses angoisses nocturnes et ses addictions diverses - Marilyn Monroe, enquête sur un assassinat est un ouvrage intéressant.

Pour ma part, je n'y ai trouvé aucun intérêt par rapport à la biographie d'Anthony Summers : les deux ouvrages sont très proches au niveau du style et des éléments apportés. Les annexes sont certes fournies dans le livre de Don Wolfe, mais n'éclairent en rien sur la mort de Marilyn. Oui, elle était en relation avec les Kennedy et au courant de secrets nationaux qu'elle était susceptible de révéler à la presse en cas de rupture avec les frères Kennedy. De là à en conclure à un assassinat, il est bien difficile de se prononcer : les témoins de cette époque sont  quasiment tous décédés et nombreuses sont les pièces à conviction du dossier qui ont diparu.
Force est d'admettre qu'on ne saura jamais ce qui s'est passé dans la soirée du 4 août 1962, quoiqu'en affirme Don Wolfe...
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 Et voici ma deuxième participation au Challenge Marilyn Monroe de George !

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