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20 juin 2019

Histoires du soir pour filles rebelles, Collectif

Histoires-du-soir-pour-filles-rebelles (1)Histoires du soir pour filles rebelles est un recueil imaginé par Elena Favilli et Fancesca Cavallo et dessiné par un collectif de soixante illustratrices internationales. Il est paru en octobre 2017 aux éditions des Arènes. 

Ada Lovelace, Michelle Obama, Grace Hopper, Amelia Earhart, Brenda Chapman, Yoko Ono, les soeurs Williams, Nina Simone, Maria Montessori, Margaret Hamilton, ce sont cent femmes au destin hors du commun qui se retrouvent dans les pages de ce bel album jeunesse. Cent pionnières pour la condition féminine, qui ont lutté malgré les préjugés et les limites liées à leur genre, et qui sont entrées dans l'histoire. Chaque double page présente un portrait, accompagné d'une illustration et d'une citation. 

Magnifique album très didactique, Histoires du soir pour filles rebelles est un incontournable ! A l'image de la série Culottées de Pénélope Bagieu - qui se présentait sous forme de BD - l'album fait la part belle aux figures féminines qui ont marqué l'Histoire ou la marquent encore à travers de courtes biographies qui sont autant de point d'entrée pour creuser ensuite, selon son envie.
Sa particularité réside dans cette écriture à quatre mains et ces dessins à cent vingt ! Ce sont en effet soixante illustratrices qui se sont emparées des destins de ces femmes d'exception pour les faire renaître sous leurs crayons et pinceaux. Le résultat est tout simplement magnifique ! Ajoutez à ça une mise en page soignée, claire, indiquant clairement ce qui distingue la femme présentée (son métier, son titre, etc.), ses dates, sa nationalité, un sommaire alphabétique, une table des illustratrices avec leurs nationalités, un joli marque-page en tissu, et vous aurez un gros et bel album à glisser entre toutes les mains. 

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16 mai 2019

Tout ce que je sais sur l'amour, Dolly Alderton

Tout ce que je sais sur l'amourTout ce que je sais sur l'amour est le premier ouvrage de la journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton. Lauréat du National Book Award 2018, il est paru en février 2019 en France chez Mazarine.

Dolly Alderton, bientôt trente ans, aborde avec beaucoup d'humour la question de sa vie sentimentale. Digne héritière de la génération Y, la jeune femme, qui a grandi dans la banlieue londonienne, raconte avec un humour féroce ses déboires amoureux, des balbutiements des tchats sur MSN aux débuts de Facebook en passant par ses rendez-vous ratés, ses colocations diverses et variées et ses soirées dans les pubs. 

Intriguée par le résumé de ce livre, j'ai eu très envie de découvrir cette Bridget Jones réelle, cette anglaise à l'humour ravageur qui fait état de sa vie sentimentale un brin bancale. Et dès le début, Dolly Alderton donne le ton : "Si on ne vit pas ça à l'âge adulte, c'est qu'on a raté sa vie, comme toutes ces profs d'arts plastiques qui sont des "Mlles" au lieu d'être des "Mmes", portent des bijoux ethniques et ont des cheveux tout frisés." Cinglant, un peu grinçant, le livre s'apparente à une chronique sociale d'une génération désenchantée par les relations amoureuses.  
Tout ce que je sais sur l'amour est irrémédiablement teinté de nostalgie, d'une pointe de regrets parfois. Le lecteur décode à travers les nombreux traits d'humour de la journaliste une certaine forme de solitude, comblée par ses amitiés féminines nombreuses. La pression sociale d'être en couple est palpable, au fil des pages, et le fait de ne pas réussir à l'être, vécu comme un échec. Le conformisme social est fort, et Dolly Alderton n'y échappe pas. 
Malgré cet humour ravageur plus profond qu'il n'y parait, les 423 pages de l'ensemble m'ont paru à la longue un peu indigestes. Je me suis lassée, au fil de ma lecture, des aventures de Dolly parfois répétitives. Je remercie néanmoins les éditions Mazarine pour la découverte de ce livre. 

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10 avril 2019

Le Japon vu par 17 auteurs, Collectif

Le Japon vu par 17 auteurs Le Japon vu par 17 auteurs est un album réalisé par un collectif d'auteurs francophones ou japonais. Il est paru 2005 chez Casterman, dans la collection Écritures. 

Dix-sept auteurs, seize nouvelles - l'une d'elle a été écrite à quatre mains -, pour raconter l'archipel nippon. Seize nouvelles tour à tour réalistes, dramatiques, fantasmagoriques ou encore oniriques pour un Japon éternel.

Ouvrir un recueil de nouvelles, surtout écrites par plusieurs mains, c'est s'exposer à l'inégalité. Et c'est exactement ce qui s'est produit ici, au fil des pages. Si j'ai plongé avec délice dans certaines histoires, certains traits, certaines sensibilité, je dois avouer que d'autres m'ont laissée de marbre, voire ennuyée. 
Davodeau, Taniguchi ou encore Shuiten m'ont conquise sans mesure - mais c'était prévisible - tandis que je suis passée à côté de Sfar - mais c'était prévisible aussi -, Little Fish ou Fabrice Neaud. L'album se lit néanmoins avec plaisir, chaque nouvelle histoire étant une promesse. 
Les dessins sont inégaux, aussi, chacun ayant son style, précis ou griffonné, chargé ou minimaliste, et racontent une histoire d'un Japon réaliste ou fantasmé. 
Malgré l'inégalité de l'ensemble, j'ai passé un agréable moment de lecture, chaque nouvelle étant remplie de détails culturels ou historiques. Amateurs du Japon, allez-y les yeux fermés : je suis certaine que vous refermerez l'album avec quelques pépites en tête.

 

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sfar_japon

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Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde

  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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27 mars 2019

Appelez-moi Nathan, Catherine Castro et Quentin Zuttion

Appelez-moi NathanAppelez-moi Nathan est une BD documentaire de Catherine Castro et Quentin Zuttion parue en septembre 2018 chez Payot Graphic.

Lila est une enfant heureuse. Mais le jour où l'adolescence opère des changements dans son corps, Lila s'insurge et comprend qu'elle est un garçon enfermé dans un corps de fille. Commence alors un combat pour devenir Nathan, se faire appeler "il" et construire son identité. 

J'avais vu passer cet album il y a quelques mois et je l'ai acheté pour mes lycéens, certaine que le sujet parlerait à certain.es. Et j'ai bien fait ! L'album est très souvent consulté et lu sur place et j'ai pu avoir une discussion sur le sujet avec un élève concerné.  
Je n'avais jamais lu sur la question de la transidentité et j'ai été très émue à la lecture de cet album. Nathan - le vrai prénom a été changé pour conserver l'anonymat - entreprend un véritable combat pour que son corps corresponde à ce qu'il est : rendez-vous avec des psys, formalités à l'état civil, traitement hormonal, opération. La quête identitaire est ardue, beaucoup plus que celle de ses camarades, uniquement liée à l'adolescence, et Nathan s'accroche. La relation avec ses parents est pleine d'incompréhensions au début mais ceux-ci soutiennent leur enfant et font peu à peu le deuil de leur fille pour accueillir leur fils.   
Le dessin en couleur douce est parfois trash, sanglant, cru, pour expliquer ce que traverse Nathan face à son corps. Rien de très choquant en soi, mais de l'anatomique pour expliquer le sujet.   
Les auteurs s'emparent du sujet avec délicatesse et relatent l'histoire vraie de Nathan sans pathos ni voyeurisme. Les termes sont expliqués, le suivi psychologique aussi, et la transition de Lila vers Nathan se déroule sous les yeux du lecteur tel une renaissance. 
Une lecture émouvante autant qu'instructive. Un album parfait sur le sujet. Une réussite ! 

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  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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24 janvier 2019

Je te promets la liberté, Laurent Gounelle

Je te promets la liberté Laurent GounelleJe te promets la liberté est le dernier roman de Laurent Gounelle. Il est paru en octobre 2018 aux éditions Calmann-Lévy.

Lorsque le journaliste Sam Brennan vient interviewer Sybille Shirdoon, il est loin d'imaginer ce que l'ancienne star d'Hollywood va lui livrer. La vieille dame revient sur son parcours hors du commun qui a débuté à Lyon. En 1964, Sybille est nommée directrice d'un bateau-restaurant sur la Saône mais les recettes de celui-ci sont si catastrophiques que le propriétaire du bateau lui donne dix jours pour sauver son poste. En parallèle, son couple bat de l'aile et son conjoint s'éloigne progressivement. Sybille est sur le point de perdre pied. Mais le jour où elle croise un ancien camarade de fac qui lui parle d'un homme capable de modifier sa personnalité, Sybille n'hésite pas : percluse de peurs et introvertie, la jeune femme souhaite se libérer de ses défauts. Elle sonne donc chez Oscar Firmin, hypnotiseur membre d'une étrange confrérie. 

De Laurent Gounelle, j'ai lu il y a quelques années L'homme qui voulait être heureux. Et j'avais beaucoup aimé me plonger dans cette histoire se déroulant à Bali (et que je pense relire cet été !). J'avais donc hâte de découvrir le nouveau roman de cet auteur.

Mais je dois vous avouer que j'ai été grandement déçue. Le rythme du roman est répétitif et un peu lassant - Sybille essayant de nouvelles personnalités chaque jour - et l'ensemble perd en lisibilité. A la moitié du roman, je me suis même demandé où l'auteur allait nous emmener, certaine de trouver quelque chose derrière ces questions de personnalités. Mais la fin du roman est arrivée et avec elle la déception. Laurent Gounelle en profite pour présenter les différents types de personnalité et leurs blessures respectives. Si cette partie est intéressante, elle arrive finalement trop tard pour offrir au roman le petit quelque chose qui lui manque.
Un avis en demi-teinte, donc. Des clés sur l'épanouissement personnel que j'aurais finalement préféré découvrir en documentaire qu'en fiction, cette dernière noyant de façon répétitive le propos. 

Jour 24 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

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17 octobre 2018

Edmond, Léonard Chemineau d'après la pièce d'Alexis Michalik

EdmondEdmond est un one-shot de Léonard Chemineau d'après la pièce éponyme d'Alexis Michalik. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Paris, décembre 1897. Edmond Rostand a vingt-neuf ans et à son actif des pièces d'un autre temps qui ne ravissent plus les foules. Presque ruiné, il essuie un nouvel échec avec La Princesse lointaine, dans laquelle Sarah Bernhardt tient le rôle-titre. Alors que ses dettes l'assaillent, Edmond tente le tout pour le tout : convaincre l'acteur en vogue Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce. Une pièce novatrice, loin de ce qu'il a écrit avant : une comédie en vers. Coquelin s'emballe, veut la monter en trois semaines. Mais Edmond ne l'a pas encore écrite. C'est une véritable course à l'inspiration qui commence alors pour Edmond, pour sauver sa réputation, sa famille mais aussi sa pièce à laquelle peu croient et qui deviendra pourtant la pièce la plus jouée du répertoire français. 

Genèse de l'écriture de Cyrano de Bergerac, Edmond est véritablement un petit bijou ! La pièce, récompensée par cinq Molières, me tentait déjà terriblement (j'avais adoré Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik) mais la découvrir adaptée par Léonard Chemineau (dont j'avais admiré le travail sur Le Travailleur de la nuit) fut une excellente surprise  
Chemineau et Michalik ont travaillé main dans la main pour cette adaptation en BD et le résultat est des plus réussis. Le scénario est fluide, la narration bien construite et la plongée dans le Paris de la fin du XIXe ébouriffante. Dur dur de vivre de sa plume quand les critiques sont assassins et que le public ne pardonne pas, que les créanciers frappent aux portes à toute heure du jour et de la nuit et que les comédiens sont capricieux, que les délais sont très courts et que l'inspiration n'est point ! Mais Edmond va surmonter ces épreuves pour écrire en un temps record - Alexis Michalik imagine ce fait là - une pièce qui marquera à jamais le paysage théâtral français.   
La galerie de personnages est diablement réussie - du meilleur ami au coeur brisé à l'épouse en proie au doute en passant par la comédienne capricieuse ou les créanciers tenanciers d'un lupanar - et drôle à souhait, le tout s'enthousiasmant dans un joyeux bordel au rythme d'Edmond et de sa pièce. Les visages sont soignées, les décors de la Belle Époque aussi et l'ensemble participe à cette immersion temporelle des plus délicieuses.  
Le rythme de l'intrigue, enfin, ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Un album qui se dévore d'une traite, émouvant, drôle, historiquement intéressant et à l'intrigue trépidante. Une réussite totale ! J'ai hâte de découvrir l'adaptation ciné de la pièce qui sort en janvier. 

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Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album ! 

  

Je ne résiste pas à vous mettre la bande-annonce du spectable d'Alexis Michalik 

(en espérant pouvoir le découvrir à Metz bientôt !) 

 La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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24 janvier 2018

Pyongyang, Guy Delisle

PyongyangPyongyang est un album du québécois Guy Delisle publié par L'Association en 2003.

Après son expérience à Shenzhen, Guy Delisle s'est rendu à Pyongyang pour pousuivre son activité dans l'animation.  Une immersion de quelques mois en Corée du Nord, l'un des pays les plus secrets du monde.

On retrouve dans Pyongyang ce qui fait tout le charme des albums de Delisle : un humour féroce, une auto-dérision et une humilité à toute épreuve. Mais la particularité de cet album réside dans cette expérience hors du commun en Corée du Nord. Delisle se heurte à beaucoup d'interdits, à des règles strictes qui lui sont imposées pour le contrôler, et en rend compte sans jugement. Les anecdotes se succèdent au rythme des jours, et Delisle de les rapporter avec une pointe d'humour et de questionnement.

Si son trait s'est grandement amélioré au fil du temps, sa façon de chroniquer son quotidien aussi. Pyongyang semble plus décousu que ses albums à venir, parfois un peu brouillon, des tranches de vie qui se succèdent sans réelle connexion entre. Qu'importe ! J'ai encore passé un excellent moment, comme toujours, pardonnant à Delisle ses tâtonnements pour mieux apprécier son propos et cette plongée à Pyongyang.

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Cette semaine chez Mo' !

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10 janvier 2018

Les brumes de Sapa, Lolita Séchan

Les brumes de SapaLes brumes de Sapa est un album autobiographique de Lolita Séchan paru chez Delcourt en 2016.

Lolita a vingt-deux ans lorsqu'elle part seule au Vietnam. Perdue dans ses choix d'avenir, en quête de sens, la jeune femme décide de quitter Paris pour prendre la hauteur sur sa vie et la regarder d'un autre oeil. A Sapa, dans le Nord du pays, elle se prend d'amitié pour Lo Thi Gom, une fillette de 12 ans, dont le quotidien n'a rien d'un conte de fée. Cette amitié nourrira Lolita qui pendant dix ans, reviendra à intervalles réguliers au Vietnam.

Lorsque la fille de Renaud se prête au jeu de l'exercice autobiographique sous forme d'album, le résultat s'avère mitigé. Si j'ai été d'emblée touchée par la fragilité de la narratrice tout juste adulte et sa quête de sens qui la conduit au Vietnam (qui n'est pas sans rappeler mon propre voyage en solo au Vietnam il y a deux ans), j'ai rapidement été lassée. L'ensemble reste en surface, les dessins en noir et blanc sont assez classiques et manquent d'un peu de peps et le caractère répétitif de ces voyages m'a paru indigeste. L'amitié présentée comme essentielle dans la quatrième, les questions d'universalité et les parallèles de deux vies très différentes m'ont semblé effleurés.
L'auteure nous relate une décennie durant laquelle elle entre dans l'âge adulte et connaît premiers émois et premiers emplois, tout en revenant régulièrement au Vietnam voir son amie. Mais l'ensemble manque d'émotion, reste assez plat, et c'est fichtrement dommage ! Une lecture en demi-teinte, donc, alors que de nombreux éloges ont fleuri ici ou là sur ce titre.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Noukette !

 

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03 janvier 2018

S'enfuir : récit d'un otage, Guy Delisle

S'enfuir, Guy DelisleS'enfuir : récit d'un otage est le dernier album de Guy Delisle paru en septembre 2016 chez Dargaud.

Guy Delisle relate dans cet album de plus de 400 pages la captivité de Christophe André, membre d'une ONG médicale, kidnappé dans la région du Caucase pendant sa première mission humanitaire durant plus de trois mois en 1997.

S'enfuir est un album lent, très lent, comme si Delisle avait voulu en adapter le rythme au temps figé de la captivité. Il ne se passe rien dans la chambre où Christophe est menotté et attend qu'on vienne le délivrer, à peine peut-il se concentrer sur le trajet du soleil sur le mur.
Comment tenir le coup ? Comment garder espoir ? Comment ne pas sombrer dans la folie avec ces journées et ces nuits sans fin à ne rien faire d'autre qu'attendre ?
Delisle met en images le quotidien de Christophe, un quotidien entre torpeur et lucidité, parfois interrompu par un événement infime qui vient rompre cette monotonie, comme le jour où il parvient à subtiliser une gousse d'ail qui améliore son unique repas de la journée constitué d'un bouillon de légumes. L'espoir, chaque soir, que la libération se déroule cette nuit-là. Et la désillusion, lorsque le jour apparaît, d'une nouvelle journée de captivité qui commence. Un album très fort, évitant tout pathos mais toute édulcoration de la condition d'otage aussi. Encore du très bon Delisle !

"Etre otage, c'est pire qu'être en prison. En prison, tu sais pourquoi tu es là et à quelle date tu vas sortir. Quand tu es otage, tu n'as même pas ce genre de repère. Tu n'as rien."

Les avis de Fanny, Karine et Mo’, Noukette et Sandrine.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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20 septembre 2017

Shenzhen, Guy Delisle

Shenzhen, Guy DelisleShenzhen est le premier album autobiographique du canadien Guy Delisle paru en 2000 aux éditions de l'Association.

Alors qu'il travaille dans l'animation, Guy Delisle est envoyé en mission en Chine durant trois mois, afin de superviser un studio de dessins animés. Et sur sa vie quotidienne à Shenzhen, il prend des notes, griffonne, réfléchit et livre à son retour un album autobiographique relatant son expérience.

J'aime beaucoup Guy Delisle, vous le savez. Après Chroniques Birmanes et Chroniques de Jérusalem, j'ai eu envie de découvrir ses premiers albums autobiographiques. Shenzhen plante le décor de ce qui sera ensuite la patte de Delisle, sa marque de fabrique : un humour omniprésent, une auto-dérision constante, une éternelle curiosité et un questionnement permanent sur ce qui l'entoure. Pas de paillettes ni de fard, Delisle nous donne à voir son carnet de voyage durant lequel parfois il s'ennuie et le dit ouvertement.

De ses débuts solitaires dans ce pays dont il ne parle pas la langue à ses sorties entre collègues et les incompréhensions culturelles et linguistiques qui en découlent, il ne nous vend pas du rêve mais nous livre son expérience, sa réalité. C'est drôle, immersif, et si le style est un peu plus brouillon au niveau narratif et visuel que dans les albums suivants, il n'en demeure pas moins que le plaisir de lecture est là. 

Plusieurs anecdotes m'ont rappelé mon voyage en Chine il y a cinq ans et ses déboires culturels : le fait que le concept des files d'attente soit complètement étranger aux Chinois (en gros, ils vous passent devant sans aucun problème et personne ne semble s'en rendre compte), que pour traverser il faille jouer sa vie (j'ai eu la même impression au Vietnam !), et plus d'une fois j'ai ri dans ces pages. En revanche, Guy Delisle a été beaucoup plus téméraire que moi au niveau culinaire. Il a osé goûter du serpent, du chien, (j'en aurai été bien incapable, et ce pour plein de raisons !) et a bu une liqueur avec du sang et une autre avec la vessie écrasée d'un serpent. Voilà voilà...

Belle immersion culturelle - moins poussée que les albums suivants - Shenzhen est un excellent album autobiographique qui suinte l'authenticité, marque de fabrique de l'auteur.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Stephie !

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