Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

30 septembre 2013

Pompéi, Maja Lundgren

Pompéi est un récit écrit en 2001 par l'auteure suédoise Maja Lundgren. Il est paru en 2002 en France aux éditions Actes Sud.

An 79 de notre ère. La terre tremble quelques jours avant la sinistre catastrophe mais les signes échappent aux habitants de la cité de Pompéi. Chacun vaque à ses occupations. Par-delà les rues de la ville, le lecteur part à la rencontre de certains de ses habitants - gladiateurs, marchands, prostituées, mimes, esclaves, notables - et découvre cette époque fascinante. 

Offert par ma binômette lors du Swap de Printemps, Pompéi est un livre que je souhaitais lire depuis quelques temps. 
Et si l'antiquité romaine me fascine toujours autant, je dois avouer que j'ai été assez déroutée par ce récit. Maja Lundgren a pris le parti d'une fiction extrêmement bien documentée mais à la construction narrative complexe. Si l'idée d'une déambulation dans les rues de la tristement célèbre Pompéi, quelques heures avant l'éruption du Vésuve, est intéressante, l'auteure semble pourtant vouloir à tout prix noyer son lecteur sous une foule de détails historiques au détriment d'une quelconque cohérence narrative. 
Les personnages se succèdent, tout comme les chapitres aux formes variées (l'un d'eux énumère notamment les métiers exercés dans la ville), et il semble difficile d'y déceler un quelconque lien.
L'écriture de Maja Lundgren est intéressante mais il ressort de l'ensemble un sentiment de confusion qui m'a mise mal à l'aise. L'impression d'être passée à côté du projet de l'auteure, de ce qu'elle voulait transmettre à son lecteur...

J'aime cette époque, beaucoup même. Donc j'ai réussi à me glisser dans ce livre et découvrir certains aspects de la vie quotidienne ou des moeurs des Pompéiens que j'ignorais. Mais si j'ai été charmée, c'est par cet aspect documentaire. Ce qui est le comble pour une fiction.
Une lecture en demi-teinte, donc, que j'ai partagé avec CottageMyrtille, mon acolyte de lectures communes (quand on aime, on ne compte pas !)
Merci, chère Mrs Pepys, pour ce livre. J'avais très envie de le lire. Je suis ravie de l'avoir découvert grâce à toi ! L'avis de Cess, enchantée.

Voici une nouvelle participation à mon Défi Au Coeur de la Rome antique.

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13 mai 2012

Pompéi, Robert Harris

Pompéi, Robert HarrisPompéi est un roman de l'écrivain et journaliste britannique Robert Harris paru en 2004 chez Plon.

Baie de Naples, 79 de notre ère. Des phénomènes étranges se produisent : du souffre contamine l'eau et empoisonne les poissons, l'aquarius chargé de s'occuper de l'aqueduc a disparu, tandis que le sol tremble à intervalles réguliers
Attilius, le nouvel aquarius chargé d'entretenir l'aqueduc, est dérouté et tente de contrôler la situation. Mais très vite, il comprend qu'une catastrophe va survenir malgré ses efforts.

Construit comme un compte à rebours - le récit commence deux jours avant l'erruption du Vésuve -, ce roman est vraiment captivant.
Bien que l'issue soit connue de tous, Robert Harris parvient à faire monter progressivement la tension tout au long de son intrigue. Mêlant Histoire et fiction, cette dernière est très bien ficelée et permet de croiser des personnages historiques aux côtés de personnages fictionnels, comme très souvent dans les romans historiques. Attilius collabore ainsi avec Pline l'Ancien et l'aide à noter ses précieuses informations dans son oeuvre célèbre, Histoire Naturelle. Il brave à ses côtés les pluies de pierres et de cendres pour s'approcher en bateau de la côte napolitaine au plus près du volcan.
Pompéi
est un excellent roman qui permet d'aborder cet épisode de l'Histoire de façon plaisante. Sa construction chronologique permet une gradation de la tension et offre à la lecture une saveur particulière. On connaît les conséquences de ces secousses et de l'apparition du souffre dans l'eau, mais c'est diablement intéressant de voir, à travers le personnage de Pline notamment, les hypothèses de l'époque. Mais le suspense éclôt néanmoins : quel sera le destin des personnages de fiction imaginés par Robert Harris ?
Aucune longueur ni digression, mais une intrigue très bien construite, complétée d'éléments historiques dûment vérifiés par l'auteur, malgré les imprécisions de l'époque. Un roman lisible par tous, sans aucune difficulté, que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Une lecture que j'inscris dans mon défi Au coeur de la Rome antique !

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05 mars 2011

Le sexe à Rome, John R. Clarke

9782732431185FSQuels étaient les mœurs sexuelles des Romains à l'Antiquité ? Pourquoi affichaient-ils tant de représentations artistiques de rapports sexuels dans leurs demeures et quelles en étaient les significations ?
John R. Clarke, professeur d'histoire de l'art à l'université d'Austin, au Texas, s'est penché sur la question à travers les vestiges de cette époque. Si le sujet peut sembler déroutant, voire prêter à sourire, le documentaire qui en résulte est tout à fait passionnant.

Il nous propose, à partir de peintures (notamment de la Maison des Mystères à Pompéi), de sculptures, d'amulettes ou encore de poteries diverses, de tenter de comprendre la représentation de la sexualité des romains (de 100 av. J.C. à 250 apr. J.C.), et de nous affranchir de la vision judéo-chrétienne que nous en avons pour mieux en percevoir les codes, qui sont parfois surprenants.
Nous apprenons ainsi qu'une sexualité épanouie était une bénédiction divine, et que les romains ne s'attachaient pas aux différences entres hommes et femmes en matière de plaisir (les termes "homosexualité" ou "hétérosexualité" n'existaient pas). Chacun faisait comme bon il lui semblait, du moment qu'il s'agissait d'un individu de situation sociale inférieure. Car finalement, aucune égalité ne régnait dans ce domaine : les Romains bien-nés faisaient ce qu'ils voulaient avec leurs esclaves hommes ou femmes (considérés comme du mobilier de leur demeure) ou des individus plus jeunes, mais il était mal-vu d'avoir ce type de rapport entre citoyens d'une même classe sociale.

Plus étonnant encore, les représentations picturales sexuelles avaient des fonctions qu'on peine à imaginer aujourd'hui : prouver sa catégorie sociale (il était bien vu d'avoir des tableaux représentant des scènes sexuelles socialement acceptées dans sa domus), éloigner le mauvais oeil (notamment dans les thermes, lors du déshabillage, il fallait rire pour éloigner le mauvais oeil dû aux convoitises) ou encore faire rêver ceux qui fréquentaient les lupanars. Car, et c'est encore une chose qui peut étonner, les lupanars n'étaient absolument pas les maisons closes propres et luxueuses qu'on peut imaginer et qui sont souvent représentées dans les films. Les Romains riches avaient leurs propres esclaves pour accomplir leurs désirs, donc seuls les classes inférieures fréquentaient ces établissements, de fait peu onéreux pour les attirer. Lorsqu'un coït coûte le prix d'une coupe de vin, le lecteur d'aujourd'hui comprend mieux que les luxueux lupanars étaient en réalité d'obscurs bouges sans lit ni coussin...

Je m'arrêteLogo_1 là, car je pourrais vous en faire un exposé beaucoup plus long si je m'écoutais. En résumé : un livre étonnant, très documenté et qui nous pousse à mettre de côté notre façon de penser la sexualité aujourd'hui pour comprendre les moeurs de cette époque.
J'inscris c
ette lecture comme huitième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

 

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Villa des Mystères, Pompéi

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