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Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 avril 2016

Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin

Les gens dans l'enveloppeLes gens dans l'enveloppe est un livre pluriel d'Isabelle Monnin accompagné d'un CD dirigé par Alex Beaupain paru en septembre 2015 chez JC Lattès.

A l'origine du projet ? Un lot de photos qu'Isabelle Monnin achète un jour sur internet et qu'elle reçoit un jour par la poste, dans une grande enveloppe.  Elle y découvre une famille et ses souvenirs ,et peu à peu germe une idée : et si elle écrivait l'histoire de ces gens sur ces photos, de ces gens dans l'enveloppe ? Et une fois cette histoire écrite, de se lancer ensuite dans une enquête sur les traces de ces anonymes, afin de découvrir leur identité et de voir si roman et réalité se rejoignent. Isabelle Monnin écrit donc sa fiction, puis armée d'un pacte d'écriture qu'elle a conclu avec elle-même - ne pas retoucher le roman malgré les découvertes de l'enquête - elle se lance sur les traces de ceux qui la hantent depuis un bout de temps. Et de découvertes en découvertes, elle partage son projet avec Alex Beaupain qui décide de mettre en musique tout ce projet.

J'avais entendu énormément de bien de ce livre et j'ai eu la belle surprise de le recevoir en cadeau pour mes partiels. Dès mon retour du Vietnam, je me suis plongée dans ce livre protéiforme - tour à tour roman, enquête et photos - et son CD. Et les mots me manquent pour parler de mon ressenti tant j'ai été séduite par ce projet qui n'est pas sans me rappeler ceux de Sophie Calle.

La plume d'Isabelle Monnin est empreinte d'une poésie des plus touchantes dans son roman et confère aux personnages une fragilité déconcertante. Une fois le roman lu, place aux vraies personnes, aux vrais gens dans l'enveloppe, et à leur histoire, leur vie. Troublantes similitudes, émouvantes fragilités, les personnes font échos aux personnages et se répondent de façon incroyable. J'ai dévoré chacune des parties de ce livre en faisant une petite pause entre les deux, le temps de me laisser pénétrer par les gens qui les hantent. Je ressors bouleversée par ce projet, complètement charmée par la démarche d'Isabelle Monnin, émue, aussi, par ce que j'ai pu lire et découvrir. Un gros coup de coeur, sans hésitation aucune, que je vous encourage vivement à découvrir ! Merci Sébastien pour ce chouette cadeau !

D'autres lectrices de ce livre : Enna, Saxaoul , Lasardine, Sandrine, etc.

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09 mars 2015

La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe

La pluie avant qu'elle tombe, Jonathan CoeLa pluie, avant qu'elle tombe est un roman de l'écrivain britannique Jonathan Coe publié en 2007 en Angleterre et en France chez Gallimard l'année suivante.

Rosamond s'éteint à l'âge de soixante-treize ans, laissant derrière elle une confession enregistrée s'appuyant sur vingt photos retraçant sa vie, et destinée à une certaine Imogen. Gill, sa nièce, se charge d'écouter ces enregistrements et de retrouver Imogen. Au fil des heures d'écoute, elle découvre peu à peu l'histoire des femmes de sa famille.

J'ai ouvert La pluie, avant qu'elle tombe et me suis laissé emporter, à l'image de Gill, par la voix de Rosamond. Dans ses souvenirs, dans ses confidences, dans ses chuchotements, parfois lourds. Dans ses vingt photos qui semblent résumer sa vie. Une vie entière.    
Les révélations sont dures, parfois sans espoir, et Rosamond semble dérouler le fil de son existence sans jugement, sans amertume, comme un témoignage froid et distancié. En guise de rédemption, peut-être ? Et Gill d'écouter, avec ses filles, de se faire oublier, de se transformer en personnage prétexte de ce procédé narratif pour mieux laisser sa place au lecteur et découvrir qui est cette mystérieuse Imogen. 
J'ai aimé écouter la voix de Rosamond, semblant entendre au fil des pages les bandes usées et crachotantes et la voix de cette vieille dame aux portes de la mort. J'ai aimé découvrir le destin des femmes de cette famille, ce qui les liaient, leurs blessures, leurs souffrances. Une très belle lecture, au titre ô combien poétique, qui m'a permis de découvrir cet auteur et j'en suis ravie.

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-mots, Estellecalim, Hilde, Keisha, Lili Galipette, Metaphore, Nahe, etc.

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015

44 - Un livre traduit

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015
50 - Un livre que vous avez commencé et jamais terminé

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17 janvier 2015

Le Livre de Perle, Timothée de Fombelle

Le livre de PerleLe Livre de Perle est le dernier roman de l'écrivain et dramaturge français Timothée de Fombelle paru en novembre 2014 chez Gallimard et couronné de la Pépite Roman Ado Européen au dernier Salon du Livre de Montreuil.

Trois vies tissées, trois destins liés comme trois fils emberlificotés. Celui d'un jeune garçon de quatorze ans, passionné de photo qui, lors d'une fugue, rencontre un vieil homme dans une cabane au milieu des bois. L'histoire, ensuite, de cet homme, Joshua Perle, de son silence et de sa solitude, du mystère qui entoure les étranges valises amoncelées dans sa cabane, témoins de sa vie de roi d'un conte de fées chassé de son royaume par un frère tyrannique et condamné à l'exil. Le destin, enfin, d'Olia, la fée dont il est éperdument amoureux, et qui a renoncé à ses pouvoirs pour le suivre dans notre monde.

Parler de ce livre n'est pas aisé. Je viens juste de le terminer, et pour une fois, j'ai envie vous en parler tout de suite. J'en ressors ébranlée par tant de beauté et de poésie. C'est dire...
Timothée de Fombelle signe ici un bijou. Et je pèse mes mots. Un bijou tant dans sa forme que dans son contenu. Car si mon résumé peine à rendre hommage à son intrigue, il serait dommage de passer à côté de ce roman qui dérive vers le conte de fées sous prétexte que c'est un sujet commun. Je vous l'affirme haut et fort : Le Livre de Perle ne ressemble à rien de ce que vous avez pu lire auparavant.
Dès la première page, ce roman vous entraîne dans la vie tourmentée de Joshua Perle. Sa vie dans notre monde, dans la boutique de guimauves de ses parents adoptifs avant la guerre et son entrée dans la Résistance, mais aussi sa vie dans son monde, où il se nomme Ilian, prince déchu d'un royaume pris dans la tourmente. Son amour impossible avec la fée Olia, qui le conduit à sa perte, est le lien entre ses deux destins, ses deux vies tremblantes et fragiles dans les deux mondes.

Ancien prof de lettres, Timothée de Fombelle manie les mots tel un magicien et offre à son roman une poésie enchanteresse à laquelle il est difficile de se soustraire. Ses phrases coulent, lumineuses et vibrantes, rythmées et chantantes, et portent l'intrigue de façon remarquable.
Le roman possède une construction savamment étudiée qui entraîne le lecteur dans la vie de ces trois personnages, entre ces deux mondes, à travers les époques. La narration change de point de vue, tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Et le lecteur de se demander qui est derrière l'ensemble...Coup de coeur
Difficile d'en dire plus si ce n'est que je comprends, enfin et après tout le monde, pourquoi Timothée de Fombelle est reconnu pour être un des auteurs pour la jeunesse les plus talentueux de sa génération. Je n'ai qu'une envie : découvrir son oeuvre au plus vite... Et je sors tellement bouleversée par cette très belle lecture que je me refrotte à l'idée de coups de coeur. Comme quoi...

"L'imaginaire de chacun est pour moi unique et impossible à dupliquer. Une réserve, un sanctuaire intime. Dans chacune de nos têtes, des bestioles étranges, un herbier et de petits peuples, mais je ne suppportais pas les fées ou les farfadets qui se promenaient d'une tête à l'autre comme des poux. Pourquoi se laisser imposer des créatures inventées par d'autres ?
Mais les histoires nous font changer. Et certaines rencontres nous retournent sur le dos comme des tortues. Elles nous obligent à nous laisser faire.
" (p.260)

"Les histoires nous inventent." (p.285)

L'avis de Faelys et de Jérome sur ce roman.

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20 août 2013

Miss Marple au Club du Mardi, Agatha Christie vue par Martin Parr

Miss Marple au Club du MardiOn ne présente plus la Reine du crime, cela s'entend. Mais lorsque les Éditions du Masque demandent au photographe britannique Martin Parr d'illustrer la bibliothèque idéale de la grande dame, le résultat est pour le moins étonnant. Cinq des plus grands titres d'Agatha Christie sont ainsi sortis en mai 2013 illustrés, en couverture et en quatrième de couverture, par deux photos issues de la série Common Sense de l'artiste réputé pour son oeil critique sur la société britannique. Cinq petits bijoux grinçants qui rendent hommage aux oeuvres de la Reine du crime et cinq autres à venir en novembre.

Miss Marple au Club du mardi est un recueil de treize nouvelles mettant en scène le armachair detective éponyme imaginé par Agatha Christie. Tous les mardis soirs, Jane Marple et cinq de ses amis se penchent sur des affaires non résolues, des enquêtes insolubles et retorses qui ont laissé derrière elles un goût d'inachevé. Et les six protagonistes réunis, en alliant leurs modes de réflexion et d'analyse, vont réussir là où les plus brillants enquêteurs ont échoué.

J'adore Agatha Christie, vous le savez, et j'aime me plonger, à intervalles réguliers, dans un de ses romans. Si durant de longues années j'ai eu une nette préférence pour Hercule Poirot, l'agaçant et omniscient détective belge, j'ai découvert il y a quelques temps que le personnage de Miss Marple avait un caractère attachant et que ses enquêtes ne possédaient pas moins de piquant. 
Les treize enquêtes présentées ici mettent en scène le pire de l'être humain : mensonges, manipulations, usurpations d'identité, rien n'arrête les meurtriers dépeints ici pour parvenir à leurs desseins et c'est grâce à l'ingéniosité de Miss Marple et de ses convives que les masques tombent et que la vérité éclate. Les nouvelles se succèdent et avec elles l'envie, à chaque fois, de démasquer le coupable avant le célèbre Club du mardi.  
La Reine du crime fait mouche à chaque coup et rares sont les nouvelles dans lesquelles j'ai entraperçu une once de vérité. L'esprit retors des meurtriers l'est décidément trop pour l'intègre lectrice que je suis. Mais le plaisir est là. Et c'est l'essentiel. Et ma bibliothèque est ravie d'accueillir ce bel objet.

 

British Mysteries

Quid ? Le Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde

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Voici ma troisième participation au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Lou et Hilde

Un grand merci à Anne et aux  pour ce recueil de nouvelles.

                         

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19 juin 2012

Ce jour-là, Willy Ronis

Ce jour-làCe jour-là est un livre du photographe français Willy Ronis publié en 2006 au Mercure de France dans la collection Traits et Portraits et disponible en poche chez Folio depuis 2008.

Autoportrait, 1947

Willy Ronis présente, dans ce livre, 52 photos qu'il a prises au cours de sa carrière. Qu'elles soient personnelles ou non (son épouse est souvent le sujet de sa photo), prises sur le vif ou posées, chacune est présentée dans ce livre, accompagné d'un texte de Willy Ronis. Chaque photo commence par : "Ce jour-là"...

J'ai commencé à lire ce court livre un peu par hasard, entre deux romans, et bien m'en a pris ! J'ai été complètement happée par ce que Willy Ronis relate. Ce dernier a la capacité, en quelques phrases, d'embarquer son lecteur dans son sillage et de lui donner à voir un aperçu de son regard singulier sur le monde. Chaque nouvelle photo est l'occasion d'apprendre à regarder différemment, de réfléchir, de penser au talent de l'auteur, aussi.
Je ne vous mentirai pas : j'ai très souvent été bluffée par le résultat de chaque photo, sans apprécier pourtant le potentiel du plan de prime abord.
Si Willy Ronis ne possède pas une plume mémorable, il parvient néanmoins à transmettre sa passion dans chacun des textes qui accompagne ses photos. Et, pour ma part, j'ai été conquise... Merci Tosty pour ce conseil de lecture !

Laissez-vous conter la photographie par Willy Ronis !

"Le moment où je choisis de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste." (p.10)

"Juste avant, il n'y avait rien, et juste après, il n'y a plus rien. Alors, il faut toujours être prêt." (p.98)

"J'ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets." (p.149)

Willy Ronis  willy-ronis-1-2,M26963

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04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

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02 novembre 2011

Marilyn Monroe, les archives personnelles, Cindy de la Hoz

9782700030099Marilyn Monroe, les archives personnelles  est un ouvrage paru en septembre 2011 aux éditions Gründ.

Ce grand format se présente comme une biographie de Marilyn Monroe, augmentée de 170 photos d'elle et d'une vingtaine de fac-similés.

Si je n'ai pas pu résister à ce grand format lorsque mes yeux se sont posés sur lui en librairie, il ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable.
Oui, les photos sont belles (certaines sont d'André de Dienes et de George Barris), mais cet aspect mis à part, le livre n'offre que peu d'intérêt. La biographie de Marilyn est assez légère et ne semble s'appesantir que sur les aspects les plus médiatiques de son existence. J'ai bien conscience que ce n'est pas peut-être pas la visée de l'auteure de proposer une biographie détaillée de l'actrice mythique, mais en tant qu'historienne du cinéma, Cindy de la Hoz aurait pu s'attarder sur des points plus singuliers de la vie de Marilyn.
Enfin, les fac-similés ne présentent que très peu d'intérêt, à moins d'être un fan inconditionnel de la belle. Personnellement, un chèque pour son psy ou une facture de pressing m'émeuvent autant qu'une cuillère à café.
Bref, un livre intéressant pour ses photos, au texte assez incertain (j'ai relevé un nombre important de coquilles et de traductions hasardeuses). A réserver aux amateurs ! 


Une nouvelle lecture pour le Challenge Marilyn de George.

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20 mai 2011

Le livre rouge, Meaghan Delahunt

9782864247265FSMeaghan Delahunt est née à Melbourne en 1961 et vit aujourd'hui en Ecosse. Son premier roman, In the Blue House, a été finaliste du Orange Prize. Le livre rouge est son second roman, et le premier à être publié en France.
Une fois n'est pas coutume, je préfère laisser la place au résumé de l'éditeur, mieux construit que ce que je tente de faire aujourd'hui, assommée par les médicaments contre ma pharyngite...

"Trois personnages se croisent en Inde. Françoise, une photographe australienne, est venue à Bhopal dans le cadre d'une recherche sur les suites du drame de cette ville où, vingt ans plus tôt, une fuite de gaz toxique dans l'usine Union Carbide a tué des milliers de gens. Ils se sont croisés sans se connaître des années auparavant, il y a Naga, un réfugié tibétain dont la famille est morte dans la catastrophe et Arkay, un voyageur écossais qui a trouvé un refuge dans le bouddhisme.
Ils étaient tous les trois pleins de promesses et d'espoirs. Françoise rassemble des photographies de leurs vies dans ce Livre rouge. Ces photos racontent leurs histoires d'amour, de lutte et de transformation - elles révèlent les gens qu'ils ont été et ce qu'ils vont devenir, les vies qui s'entrelacent et se séparent."

Je vous l'annonce sans détour et dès le préambule de ce billet : ce roman a été une véritable claque pour moi. Et ce à plusieurs niveaux...
Tout d'abord parce qu'il aborde avec beaucoup de pudeur la catastrophe de Bhopal. Sans voyeurisme, sans victimisation ni manichéisme (et pourtant...), les faits nous sont relatés dans les grandes lignes. Ici, pas de jugement mais un constat amer sur les conséquences de cette fuite de gaz : des milliers de morts, certes, mais aussi des populations malades et infectées plus de vingt ans plus tard, qui ne reçoivent aucune indemnité pour se faire soigner, et s'endettent pour recevoir quelques médicaments.
Ensuite parce que ce livre condense en 280 pages très fragmentées une intrigue dense, mêlant réalité et fiction, qui se déroule sous nos yeux avec une force incroyable. En partant de l'idée du travail de photographe, Meaghan Delahunt revient sur un pan de l'Histoire de l'Inde et tisse autour la trame de ses personnages. Trois époques se chevauchent, celles de chacun des personnages, et tout converge vers leur rencontre. C'est un schéma qui peut sembler assez classique, mais qui est tissé avec brio ici. Bhopal est le centre de tout. L'Orient et l'Occident se rencontrent. Les personnages se découvrent, s'apprivoisent, s'aiment.

Enfin, Meaghan Delahunt émaille son texte d'images nombreuses et poétiques qui donnent à cette lecture une dimension toute particulière. Elle analyse avec beaucoup de justesse les rapports entre Orient et Occident, les préjugés qui demeurent des deux côtés, et la fascination exercée par chacun sur l'autre. Ses personnages sont complexes, malgré la brièveté de son texte, et donnent à voir des personnalités riches en contradictions, très vraisemblables. Une réussite !
Meaghan Delahunt aborde avec intelligence cette catastrophe humaine par le biais d'une fiction très bien construite. Un roman vraiment brillant, tout en poésie, qui propose une réflexion puisée dans diverses religions sur une catastrophe. Une ode à la photographie et à l'oeil du photographe, qui s'exerce chaque jour pour capter l'essence d'une bonne photo malgré l'horreur, malgré la mort, malgré la maladie.  

"Ne jouis pas de la vie avec tristesse." (p.241)

coup_de_coeur_2011

logo_Inde Mes lectures sur l'Inde sont riches de belles découvertes ces derniers temps... Voici  mon sixième coup de coeur de cette année que j'inscris bien entendu dans notre Challenge L'Inde en fêtes.

Un immense merci à   logo2 et
aux Éditions  M_taill_
pour ce magnifique roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

Le Livre rouge par Meaghan Delahunt
Critiques et infos sur Babelio.com
 

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10 avril 2011

Il ne vous reste qu'une photo à prendre, Laurent Graff

9782290008942Je ne pouvais pas partir en vacances sans vous présenter ce roman de l'écrivain et archiviste français Laurent Graff, lu durant le Read-A-Thon hier...

Alain Neigel a la cinquantaine. Le jour où sa compagne M. meurt, il décide de ne plus jamais prendre de photos. Mais en voyage à Rome, un homme étrange lui propose une sorte de jeu dont la règle se résume à cette phrase : "Il ne vous reste qu'une photo à prendre"...

Derrière ce résumé parcellaire se cache un roman de grande envergure. En 118 pages seulement, Laurent Graff nous transporte dans une intrigue beaucoup plus riche qu'elle n'en a l'air.
A la fois réflexion sur la photo et sur la mort, l'intrigue bascule sans crier gare dans une dimension que je me garderai bien de vous révéler ici. C'est fort ! Très fort même ! On est totalement envoûté, sous le joug de ces axiomes qui nous concernent inéluctablement... A lire, sans attendre, sans respirer, sans s'arrêter... A lire !

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Ce roman rejoint le cercle élitiste des livres que je considère comme des coups de coeur. C'est le quatrième de cette douce année 2011... Encore une très belle découverte ! Merci Tosty !

Petit florilège de mes extraits préférés (ils sont nombreux...)

"Les photos n'ont plus ce caractère crucial et définitif qu'elles avaient du temps de la photographie argentique. Bonne ou mauvaise, une photo était irrévocable et était décomptée de la pellicule. Le développement du film révélait de manière implacable, dans l'ordre chronologique, images réussies et images ratées ; impossible d'échapper à la sentence et aux statistiques." (p.7-8)

"[L]a réalité, comme un animal ne se laissant pas approcher, refusait d'être photographiée par certaines personnes et se dérobait". (p.19)

"A vouloir immortaliser des instants de vie, à vouloir arrêter le temps, j'en avais oublié notre vulnérabilité." (p.21)

"Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis de ne plus voir, vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n'en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible ; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort." (p.24)

"Chaque photo était une tentative pour la retenir, mais aussi un acte éminemment mortifère, qui la précipitait vers la mort. Je la voyais déjà d'un point de vue post mortem, de l'oeil du survivant qui fait sa provision d'images souvenir pour ses soirées d'hiver." (p.36-37)

"Je me rappelai le temps où, moi aussi, je m'abritais derrière un appareil photo, préférant à la réalité immédiate, la mise en image de cette réalité, comme une mise à distance, une prise de recul. [...] Derrière chaque photographe, il y a, en fin de compte, un grand timide qui a peur d'être au monde nu et désarmé.[...] Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment." (p.77)

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02 avril 2011

Doubles-jeux # 2 Le rituel d'anniversaire (Livre II), Sophie Calle

419BPTJZVPLDeuxième rendez-vous du samedi de mon cycle consacré à Sophie Calle et son projet Doubles-jeux, voici le deuxième livre du coffret (coffret que je vous avais présenté dans ce billet), Le rituel d'anniversaire.

Petit rappel du projet artistique :

Paul Auster, dans Leviathan, s'est inspiré de la vie de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria. Sophie Calle, séduite, a décidé de transformer cette inspiration en jeu artistique et de mêler, à son tour, réalité et fiction en jouant avec le roman de Paul Auster en déclinant son projet artistique en 7 livres (accompagnant à l'époque une exposition au Centre National de la Photographie).

Alors que dans le premier livre Sophie Calle avait épousé les manies du personnage de Maria (un régime chromatique et des journées placées sous le signe de certaines lettres de l'alphabet), dans ce deuxième livre (et jusqu'au livre VI), elle nous présente les moments de sa vie qui ont influencé Paul Auster dans la création de Maria.
sophie_calle_rituelAinsi, Le rituel d'anniversaire
donne à voir la façon dont Sophie Calle a abordé ses anniversaires de 1980 à 1993. Soucieuse que ses proches ne l'oublient pas ce jour-là, elle avait institué, dès 1980, un rituel, une sorte de règle du jeu : inviter autant de convives que son âge, (avec un convive inconnu choisi par un de ses invités) et ne jamais utiliser les cadeaux reçus à ces occasions. Malgré quelques entorses (avouées comme il se doit), Sophie Calle se tient à ce projet étrange et nous présente ici en photo les cadeaux reçus de vingt-sept à quarante ans, disposés dans une armoire.

Lecture drôle s'il en est, ce deuxième livre est vraiment un régal non seulement par ses photos, mais aussi par ses textes. Les mises en scènes des objets et les explicatifs les accompagnant permettent de pénétrer cette intimité propre aux fêtes d'anniversaire.
D'une lecture très rapide, Le rituel d'anniversaire est une illustration du fait que Sophie Calle transforme sa vie et son quotidien en projet artistique, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

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  Coffret doubles-jeux, composé de 7 livres,
publié chez Actes Sud.

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