Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

06 octobre 2015

Les Contes Macabres, Edgar Allan Poe et Benjamin Lacombe

Les contes macabresLes contes Macabres est un album de Benjamin Lacombe paru en 2009 dans la collection Métamorphoses des Éditions Soleil.

Piochant sept nouvelles dans les recueils Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires publiés en 1839 par l'auteur américain Edgar Allan Poe, Benjamin Lacombe les met en scène et les illustre avec le talent qu'on lui connaît. Ainsi, c'est Bérénice, Le Chat noir, L'Ile de la fée, Le Coeur révélateur, La Chute de la maison Usher, Le portrait ovale et Morella qui prennent vie sous le crayon du jeune et talentueux illustrateur français.

L'album en lui-même est un petit bijou, comme chaque album de Benjamin Lacombe, et chaque détail est particulièrement soigné, permettant au lecteur de s'immerger dans l'imaginaire sombre et torturé de Poe. Dès la couverture, le ton est donné, et celui-ci se poursuit au fil des pages, mêlant habilement le talent de Poe et celui de Lacombe. Ce dernier joue avec les couleurs de pages, se réapproprie tout, y compris les typographies, pour mieux rendre hommage au maître du romantisme américain. La traduction de Baudelaire accompagne ce duo et parfait le tout.

A la fin de l'album, une courte biographie des trois auteurs de cet album - respectivement Poe, Baudelaire et Lacombe - mêle les genres et les époques pour un rendu savoureux.

Je ne suis pas objective en ce qui concerne Benjamin Lacombe car j'apprécie tout particulièrement son trait et même si l'on peut lui reprocher de toujours offrir la106229515 même esthétique à ses albums - ce qui par ailleurs pourrait être une grande qualité aussi - j'avoue avoir éprouvé beaucoup de plaisir à la découverte de cet album longtemps remisé dans ma PAL. Après La Petite Sorcière, Grimoire de Sorcières, Notre Dame de Paris et Léonard et Salaï, Benjamin Lacombe m'enchante toujours autant...Et voici ma deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde. (si on considère mon Read-a-Thon d'Halloween de dimanche comme la première !)

Poe par LacombeAutoportrait de Lacombe

Planche 3

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18 mars 2015

En silence, Audrey Spiry

En silence, Audrey Spiry

En silence est le premier album de la jeune dessinatrice Audrey Spiry paru en juin 2012 chez Casterman.

Ils sont six à partir pour une journée d'initiation au canyoning dans un paysage superbe et isolé. Un jeune couple et une famille avec deux enfants. De plongeons en glissades, ils descendent la gorge, accompagnés de leur moniteur.      
Au détour d'un embranchement, Juliette, la jeune femme du couple, perd le groupe. Et alors qu'elle part à leur recherche, elle s'égare un peu. Et de questionnements en tâtonnements, Juliette en vient à partir à la recherche d'elle-même.

En silence est un album haut en couleurs dans lequel il est très agréable de s'immerger.      
Le scénario assez classique de récit d'une journée bascule très rapidement lorsque le personnage de Juliette s'égare, et prend une tournure intime. Dans les m
éandres de la gorge, la jeune femme s'interroge sur qui elle est vraiment et où la mène sa relation de couple. D'errance physique lors d'une journée ensoleillée de vacances, l'intrigue bascule dans une errance personnelle et introspective. Juliette part littéralement à la recherche d'elle-même, portée par l'élément aquatique.      
L'eau, personnage à part entière de cet album, bénéficie d'un traitement à part. Elle est vivante, vibrante, pleine de vie. Parfois accueillante, d'autre fois dangereuse, elle n'est pas sans rappeler le liquide amniotique.      
De cette recherche au plus profond d'elle-même à travers les courbes de cette eau vive, Juliette en ressors grandie, lavée. Transformée à jamais. On peut penser au Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, c'est sûr, mais les dessins d'Audrey Spiry sont là pour magnifier un texte rare.        
Bref, un album poétique et introspectif à découvrir. Laissez-vous tenter. Plongez vous aussi dans le silence de cet album et laissez-vous porter par cette eau tumultueuse. Peut-être en ressortirez-vous différent, qui sait ?

C'était ma BD de la semaine chez Noukette aujourd'hui et ma 63e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

  Top BD

Planche 1 En silencePlanche 2 En silence

Planche 3 En silence

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05 février 2015

Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

le plus petit baiser jamais recenséLe plus petit baiser jamais recensé est un roman du musicien et écrivain montpelliérain Mathias Malzieu paru en 2013 chez Flammarion.

Un inventeur en mal d'amour échange un jour un baiser éclair avec une femme qui disparaît aussitôt. Sous le charme de ses sens, il part à sa recherche. Aidé d'un vieux détective et de son perroquet apprivoisé, il va tout faire pour retrouver celle qui se volatilise quand on l'embrasse.

Ouvrir un roman de Mathias Malzieu, c'est se plonger à coup sûr dans un univers au charme singulier. Un brin mélancolique et suranné. Un tantinet barré et sombre. Complètement poétique et fantasque.  
J'avais aimé La mécanique du coeur, lu il y a quelques années, mais je n'avais pas ouvert un livre de Malzieu depuis. 
J'ai retrouvé avec plaisir son monde, son côté rock et barré dans ce roman qui se présente comme une suite métaphorique de La mécanique du coeur. Le héros de cette nouvelle intrigue a encore une fois le coeur brisé et souffre des méandres de l'amour. Le lecteur suit sa drôle d'enquête pour retrouver la femme invisible de ses rêves, à coup d'inventions farfelues et de trouvailles improbables.
On ne peut que penser à Boris Vian et son Écume des jours et à Michel Gondry et ses petits trucages et bricolages rigolos (surtout que Gondry a adapté en 2013 L'Écume des jours). C'est drôle, onirique et très inventif, à l'image de la plume de Malzieu. 
Mais... Mais en étant complètement honnête, si la teneur poétique de l'écriture de Mathias Malzieu est indiscutable, on pourrait néanmoins reprocher à celle-ci d'être un peu trop chargée en figures de style pour être fluide et simplement belle. Comme si l'auteur avait trouvé sa patte et la déclinait au fil de ses histoires. Comme si - je vais loin en disant ça - Mathias Malzieu se regardait faire du Mathias Malzieu. Les figures de style se succèdent -et notamment les oxymores- et rendent parfois l'ensemble un peu indigeste, un tantinet prétentieux. La cohérence se perd malheureusement au fil du conte et s'égare dans les méandres des mots. Comme si ceux-ci prenaient finalement le pas sur l'intrigue.
Une lecture en demi-teinte, donc. Un ensemble très imagé qui perd en fluidité et une histoire d'amour impossible qui pourrait être attachante et tendre mais qui souffre des jeux de style de son auteur. Je referme ce roman sans avoir compris pourquoi la belle disparaissait à chaque baiser. Était-ce l'essentiel, me direz-vous ? Peut-être pas... Mais cela m'a finalement gênée. Et si Malzieu soulève toujours autant d'enthousiasme à chacune de ses parutions, je m'en réjouis pour lui. Mais je crois que pour ma part, je suis moins sensible à son écriture et passerai désormais mon chemin. 

D'autres avis : Jostein, Lasardine, Liliba, Mélo, Yuko, etc.

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13 octobre 2014

Carmilla, Sheridan le Fanu et Isabella Mazzanti

CarmillaCarmilla est une des oeuvres les plus connues de l'écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, auteur majeur du récit fantastique.
Publiée en 1872 et à l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'écrivain, elle paraît aujourd'hui en album illustré par l'italienne Isabella Mazzanti, dans la collection Métamorphose chez Soleil.

Laura vit seule avec son père, dans un château en Styrie. L'adolescente souffre de solitude et c'est avec un plaisir immense qu'elle voit sa vie bouleversée par l'arrivée au château de Carmilla, une jeune fille de son âge. Les deux adolescentes se lient rapidement d'amitié.
Mais les jours passants, des décès étranges se produisent dans les alentours. Et Laura fait des rêves étranges, remarquant au réveil de drôles de traces sur son corps. Une langueur peu à peu l'envahit...

Publié vingt-cinq ans avant le Dracula de Stoker, Carmilla est une nouvelle fondatrice dans le mythe du vampire à laquelle Bram Stoker rendra hommage et dont il reconnaîtra l'influence sur son oeuvre. Demeurée dans l'ombre de Dracula - à laquelle tout semble se référer, à tort - elle fait pourtant partie des textes qui participent de l'image du vampire telle que nous la connaissons et mérite une visibilité plus grande. Son adaptation en album en est l'occasion.
En grand maître du récit fantastique, Le Fanu offre ici à son lecteur une petite merveille très bien orchestrée. La gradation du suspense et de la peur au fil des pages est parfaitement maîtrisée et donne au lecteur l'impression d'un étau qui peu à peu se resserre autour du personnage de Laura. Le doute n'existe pas, quant à l'identité de l'auteur de ces crimes, bien entendu, et c'est avec impuissance que le lecteur regarde le châtelain et sa fille abriter le mal en leur sein et le protéger.
Mais l'intérêt de la nouvelle ne réside pas dans ce mystère mais dans l'influence de Carmilla sur Laura, son emprise sur elle - amicale, amoureuse, le doute persiste -, et la relation étrange qui naît entre les deux femmes. Au fur et à mesure des chapitres, le lecteur assiste au vampirisme de Carmilla, et regarde peu à peu Laura perdre ses forces, s'abîmer dans cette relation, s'y perdre, en se demandant si son entourage réagira à temps pour la sauver.
Figure féminine nimbée d'une aura mystérieuse et inquiétante, le personnage de Carmilla symbolise l'énigme, le mystère. De la nature humaine peut-être ? De la monstruosité de la condition humaine, qui sait ? Personnage silencieux, elle cristallise toutes les peurs et hante les pages comme le château et l'esprit de Laura. D'elle, le lecteur sait très peu. Mais sa présence est là, insaisissable et silencieuse.
Figure féminine du vampire qui ne s'attaque qu'à ses paires, Carmilla est et reste une énigme au fil des pages. S'amourachant de ses victimes pour mieux les vider de leur sang, les séduisant pour mieux les aliéner. Dangereuse, c'est certain, mais si belle. Si attachante. Si envoûtante...

Les illustrations d'Isabella Mazzanti transportent le lecteur dans cette nouvelle gothique inquiétante et ténébreuse à souhait. Le noir domine, notamment avec la chevelure de Carmilla, et se décline en nuances de gris - jusqu'au blanc - qui contrastent avec la seule couleur utilisée au fil des pages, le rouge. Le sang, mais aussi le côté virginal des jeunes filles, sont symbolisés par cette couleur, utilisée notamment en arabesques aux allures orientales, qui témoignent du parcours hétéroclite de l'illustratrice.  Quel plaisir visuel !
Les dessins complètent le texte, le dépassent parfois, l'interprètent souvent, pour mieux l'accompagner. Les personnages ont des allures de personnages de contes, avec leurs grands yeux expressifs et l'innocence qui semble se dégager des pages n'est qu'un leurre auquel le lecteur ne croit bien évidemment pas.
Vous l'aurez compris, l'
adaptation en album de cette nouvelle est en tous points splendide et je suis tombée sous le charme de Le Fanu, certes, mais aussi d'Isabella Mazzanti. C'est un objet visuellement très intéressant, dans lequel chaque détail est soigné, des pages de garde aux têtes de chapitre. Ouvrir cet album, c'est véritablement s'immerger dans la nouvelle gothique de Le Fanu. Une petite merveille ! A lire, relire, à offrir aux amateurs du genre ou à soi...
Challenge Halloween 

Voici ma première participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou, lue pendant le Marathon de lecture d'Halloween.

Une bande-annonce, plutôt que des planches, pour vous faire découvrir l'univers d'Isabella Mazzanti

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cette magnifique découverte.

ions pour cette lecture encore une fois très agréable. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.qwsqmTSg.dpuf

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21 mai 2013

Incarceron T.1, Catherine Fisher

Incarceron TIncarceron est une série pour la jeunesse écrite par la galloise Catherine Fisher et qui compte à ce jour deux tomes. Ma copine Héloïse m'ayant offert les deux premiers tomes lors du Swap Nouvel An 2012, j'ai décidé de les sortir de ma PAL et de les lire. Une lecture commune a précipité la chose...

Incarceron. Une prison dangereuse et vivante dont on ne s'échappe pas, régie par des luttes et des jeux de pouvoir. Une prison qui possède une âme et qui s'autogère. Finn y est prisonnier, comme bien d'autres, mais tente de s'échapper à tout prix.
De son côté,
Claudia, fille du directeur d'Incarceron, subit une existence qu'elle n'a pas voulue, à l'Extérieur. Promise à un homme qu'elle n'aime pas, la jeune fille cherche à comprendre le fonctionnement d'Incarceron.
Un jour, elle vole une clé à son père et se rend compte qu'elle peut communiquer avec Finn, retenu prisonnier dans la prison, qui possède une clé similaire.

Roman labyrinthique et complexe à souhait, Incarceron plonge le lecteur dans un univers sombre et violent, parfois anxiogène. La construction narrative alternée entre la prison - avec Finn - et l'Extérieur -avec Claudia - dynamise le récit et happe le lecteur. L'intrigue est portée par un rythme très rapide et chaque chapitre amène son lot de rebondissements qui tient le lecteur en haleine.
La prison en elle-même, entité vivante et omnisciente qui interagit avec les prisonniers, est une idée assez fascinante. Une machine dotée de conscience, dominant les prisonniers et prenant certaines décisions est à la fois inquiétante et diablement bien trouvée.
Les deux jeunes héros, Finn et Claudia, subissent tous deux une vie régie par des interditsLectures communes et des règles absurdes et tentent de s'en extirper. L'énergie qu'ils déploient à s'y employer est intéressante et participe de leur psychologie soignée. Catherine Fisher a su imaginer des personnages complexes sans sombrer dans un manichéisme facile.
Je lis de moins en moins de romans pour ado. Peut-être parce que j'en ai beaucoup lu avant et que je me suis lassée du genre. J'ai néanmoins découvert celui-ci avec plaisir. Et si j'ai eu quelques difficultés à le commencer, j'ai maintenant hâte de lire la suite !

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec SvCath. Je file voir de ce pas ce qu'elle en a pensé ! D'autres avis : HecleaHéloïse, Nelfe, Mina, etc.

Challenge ABC Babelio 

Ma lettre F du Challenge ABC de Babelio et 1/12 du Challeng'Ô Swap de LadyScar

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17 octobre 2012

Scotland Yard T.1 Au coeur des ténèbres, Dobbs et Perger

Scotland Yard

Scotland Yard est une série prévue en deux tomes éditée chez Soleil. Dobbs en signe le scénario et Stéphane Perger les dessins. Ce premier tome, Au coeur des ténèbres, est paru en juillet 2012 dans la collection 1800.

Londres, 1889. A Scotland Yard, le talentueux inspecteur Gregson voit sa carrière entravée par son supérieur, Lestrade, qui a fait de lui son souffre-douleur.
Et lorsqu'un transfert de prisonniers débouche sur une tuerie et une évasion, Gregson est sanctionné et obligé de travailler dans les sous-sols de Scotland Yard. Bien décidé à lever le voile qui opacifie cette histoire et retrouver les criminels évadés qui terrorisent Londres par leurs meurtres, l'inspecteur va chercher dans la ville des alliés peu communs et s'associer avec la pègre.

Cet album avait tout pour me plaire. Un scénario sombre, qui évoque à la fois le Londres victorien, une enquête criminelle gérée par Scotland Yard, des références à Sherlock Holmes (avec les personnages de Lestrade, Moriarty, Wiggins), à Jack l'Eventreur, à Dracula, etc. Mais aussi des dessins soignés : de superbes aquarelles qui dépeignent à merveille la noirceur londonienne et ces meurtres sordides. Chaque double page jouit d'une organisation qui lui est propre et offre à la lecture un dynamisme inquiétant et réjouissant à la fois.
Et pourtant, la magie n'a pas opéré. J'ai lu cet album sans lui trouver de réel intérêt. L'intrigue est certes soignée mais ne m'a pas captivée. J'ai apprécié l'esthétisme et le travail de Stéphane Perger mais cela n'a pas suffi. Un rendez-vous raté avec une BD qui avait pourtant tout pour me plaire. Je l'ai lue pendant le RAT de dimanche. Peut-être n'était-ce pas le bon moment ?  Planche 1 

Je remercie néanmoins Claire Ughes et les éditions Soleil pour cette découverte.

 Voici ma 47e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 38e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 13/20)

 Top BD

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27 juin 2012

Zombillenium T.1 Gretchen, Arthur de Pins

Zombillenium TZombillenium est une série de BD d'Arthur de Pins comptant actuellement 2 tomes. Le premier, sorti en août 2010, s'intitule Gretchen. Et à force de l'avoir vu sur la blogosphère, je voulais savoir ce qu'il en était.

Zombillenium est un parc d'attractions où la peur est le maître mot. Chaque employé est une créature effrayante. Et Aurélien, trompé par sa femme et complètement désabusé, va vite s'en rendre compte. Tué accidentellement sur le bord de la route, il est embauché par Francis von Bloodt, le vampire qui gère le parc.

Au vu du nombre d'éloges sur la blogosphère, je m'attendais, en ouvrant cet album, à quelque chose de décoiffant, de grinçant, etc. Si j'ai aimé l'humour parsemé au fil des pages et qui offre à l'intrigue une dimension noire vraiment appréciable, j'ai trouvé cette dernière un peu légère. L'idée de départ est pourtant bonne - un parc d'attraction qui dupe ses visiteurs avec des créatures réelles que tout le monde croit déguisées - mais elle s'essouffle très vite.
Les dessins, quant à eux, ont un côté très froid. Pas de fioriture ni de rondeurs mais des planches sans relief, au trait qui semble plaqué. Les couleurs, travaillées à l'ordinateur, accentuent ce côté plastique. Je n'ai pas vraiment accroché, ayant  l'impression de lire un dessin animé en BD ! 

Planche 1Bref, un album que je suis contente d'avoir découvert mais une série que je ne poursuivrai pas. 

Ils ont lu ce 1er tome aussi : Manu, Acro, Yaneck, Theoma ...

 Et voici ma 44e participation
à la BD du mercredi de
Mango

  

  Et ma 35e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

  Top BD

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13 février 2012

La Dame en Noir, Susan Hill

La dame en noirLa Dame en noir est le neuvième roman de l'auteure anglaise Susan Hill, paru pour la première fois en 1983.

Le soir de Noël. Alors que les histoires d'épouvante font la joie des petits et des grands, Arthur Kipps s'isole pour se plonger dans son passé. A ses débuts de notaire, il dut s'occuper d'une étrange histoire qui ne cesse depuis de le hanter. Dépêché dans une petite ville du nord de l'Angleterre pour s'occuper des affaires d'une octogénaire décédée, le jeune homme qu'il était fut confronté à de terrifiants phénomènes et d'inquiétantes rencontres. Bravant son courage, faisant fi des racontars, il décida de s'installer, le temps de sa mission, dans la vieille demeure de sa cliente...

La Dame en noir est un digne héritier de la gothic novel : apparitions ectoplasmiques, vieille demeure réputée hantée, nature envahissante et  inquiétante... Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliff ou Le Château d'Otrante d'Horace Walpole ne sont vraiment pas loin !  Susan Hill soigne ses descriptions afin de permettre à la tension de s'installer progressivement.Le jeune Arthur Kipps est témoin de phénomènes paranormaux assez inquiétants, et leur apparition dans un tel lieu accroît le suspense du roman.
Si j'ai aimé l'ambiance digne d'un excellent roman gothique - cette maison chargée de passé, isolée par la marée, théâtre d'un drame familial qui hante les esprits - je n'ai malheureusement éprouvé aucune surprise en lisant ce roman. Susan Hill ne parvient pas à surprendre son lecteur et reste trop proche de ses dignes prédecesseurs. Largement inscrit dans la lignée des grands noms de la gothic novel, son roman ne parvient ni à les égaler ni à émerger singulièrement et son intrigue reste assez superficielle. Peut-être est-ce parce que je me suis plongée dans les romans terrifiants d'Ann Radcliff et ses semblables pour mes études que je suis si dure avec cette lecture ? Peut-être aurais-je été séduite si je n'avais pas étudié les mécanismes de la gothic novel ?
J'ai passé un bon moment, certes, mais rien de mémorable pour un roman de ce genre... Les avis de
Mango et Karine, plus enthousiastes.

Je tiens à remercier Julie de Langage & Projets ainsi que les Éditions Capture pour l'envoi de ce roman.
Une adaptation cinématographique de James Watkins sort en mars sur nos écrans, avec Daniel Radcliffe dans le rôle titre.

 

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21 octobre 2011

Séquestrée, Chevy Stevens

sequestree-chevy-stevens-L-HtyJjESéquestrée est le premier roman de Chevy Stevens paru aux Éditions de l'Archipel en septembre.

Annie O'Sullivan, agent immobilier, mène une vie tranquille sur l'île de Vancouver. Mais sa vie bascule le jour où, alors qu'elle fait visiter une maison, elle se fait enlever. Séquestrée dans une cabane isolée en pleine forêt, violée, battue et contrainte d'obéir à son ravisseur, Annie vit des jours cauchemardesques.
Pour apprendre à vivre après ce traumatisme, elle entame une thérapie. Chaque chapitre de ce roman est un monologue à son thérapeute, à qui elle raconte son calvaire de bout en bout.

Les éloges de la blogosphère ne cessent de pleuvoir sur ce thriller, et je m'attendais moi-même à un roman qui me tiendrait en haleine. Mais la magie n'a pas opéré...
L'intrigue en elle-même n'est pas très originale - la séquestration n'est pas un thème nouveau dans la littérature - et les longueurs sont pesantes. Si la construction narrative est intéressante, elle tue dans l'oeuf le suspense qui éclôt très tôt. On connaît d'avance la fin : Annie s'en est sortie puisqu'elle est là, en train de faire une thérapie. Tout le suspense réside dans le fait de savoir comment. Mais cela n'a pas suffit à éveiller mon intérêt.
Je me suis même parfois ennuyée dans la description de ces journées cauchemardesques. Chevy Stevens semble prendre un malin plaisir à décrire sévices et tortures sexuelles. Le mauvais goût n'est jamais loin et la vraisemblance s'émiette. Le personnage d'Annie relate son calvaire mais d'une manière telle qu'il est impossible de se faire à l'idée qu'elle parle à quelqu'un : les viols et autres horreurs sont racontées avec une telle distance qu'on peine à croire que le personnage les a vécus. Cela semble un détail, mais ça m'a gênée au cours de ma lecture.
Enfin, et parce que j'ai lu ce thriller jusqu'au bout, je m'attendais à un dénouement qui améliorerait mon opinion sur cette lecture. Mais je suis restée sans voix tant ce dernier était tiré par les cheveux...
Bref, un rendez-vous manqué. Peut-être que j'en attendais trop, certes, mais je ne pense pas que mon regard eût été foncièrement différent si j'avais acheté ce thriller sans le connaître.
Je tiens néanmoins à remercier Valérie et les Éditions l'Archipel pour ce roman reçu en service de presse. Les avis plus enthousiastes de Stephie, Canel et Mango

 Challenge Thriller

2/3 pour le Challenge Thriller de Cynthia

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15 septembre 2011

Tokyo, Mo Hayder

mo-Hayder_tokyoTokyo est le troisième roman de la romancière britannique Mo Hayder. Publié en France en 2004, il traînait dans ma PAL depuis quelques temps, après avoir été dégoté chez un bouquiniste.

Grey, la vingtaine, débarque seule à Tokyo, obsédée par un sujet : le massacre de Nankin par les Japonais en 1937. Mais le seul témoin de cet épisode, un vieil universitaire, n'est pas disposé à revenir sur cette période de sa vie et à lui parler.
La jeune anglaise est rapidement embauchée dans un bar à hôtesses. Mais les cients qu'elle y rencontre sont loin d'être des hommes d'affaires lambdas. Subvenant à ses besoins, Grey continue en parallèle ses recherches sur Nankin. Car son obsession n'est pas qu'empathique : la jeune femme a bien des secrets à cacher et des réponses à trouver dans cette tragédie. Et son précédent internement en hôpital psychiatrique la pousse à chercher des vérités dans le passé.

Je connaissais de réputation Mo Hayder et de ses romans. Je savais que je m'exposais à une lecture choquante, violente, etc.
Résultat ? Une nuit d'insomnie quand, arrivée à la moitié du livre et après un début plutôt calme, l'intrigue s'accélère.  Je me suis laissé happée jusqu'à la dernière page. Vous dire que j'étais tellement tendue qu'il m'était impossible de m'endormir sans connaître le dénouement n'est pas loin de la vérité... Non, en fait c'est l'exacte vérité !
Tokyo est un roman que l'on peut qualifier de morbide. Non seulement l'histoire personnelle de Grey, l'héroïne, prend très vite une tournure dérangeante, mais les détails historiques sur le massacre de Nankin font froid dans le dos.
Si Mo Hayder avoue en postface la difficulté de trouver des documents sur cet épisode historique et, surtout, des documents exposant les faits d'une façon cartésienne, sans exagération dans la cruauté ni dans l'horreur, elle en propose ici une version très personnelle mêlée à une part fictionnelle intéressante. Les personnages possèdent une psychologie très fine et leurs vies s'entremêlent inextricablement.
Comme tout bon thriller, la tension monte progressivement (le personnage de la Nurse est devenu mon cauchemar ultime !) et les explications sont données au compte-goutte pour ménager le suspense. L'alternance de temporalité entre les chapitres - Nankin en 1937 et aujourd'hui à Tokyo - permet de faire évoluer les deux histoires de façon parallèle et de faire monter l'intensité dramatique conjointement.

Lectures communesIl y a beaucoup à dire sur ce roman mais je m'arrêterai là. Pour terminer, je vous préviens : si vous ouvrez ce livre, faites le en connaissance de cause. Pour ma part, je crois que je vais m'arrêter là dans ma découverte de Mo Hayder (je suis une trop petite nature pour ce type de thrillers...)
Tokyo
était une lecture commune avec
Manu, Estellecalim, (un peu en retard) Canel et Sophie.

Et comme je n'ai pas pu résister au Challenge Thriller de Cynthia,
je me suis inscrite dans la catégorie "Touriste planquée" (3 thrillers à lire avant le 15 juin 2012)

Challenge Thriller

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