Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

02 avril 2017

Frida, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez

Frida, Benjamin Lacombe

Frida est un album signé Benjamin Lacombe pour les dessins et Sébastien Pérez pour le texte, paru en novembre 2016 chez Albin Michel.

Frida Khalo. Ce nom évoque tout un univers de couleurs et une vie teintée de tragédies et d'amours complexes. A travers neuf thèmes  - l'accident, la médecine, la terre, la faune, l'amour, la mort, la maternité, la colonne brisée et la postérité - les deux auteurs ont choisi de rendre hommage à la femme peintre la plus célèbre de l'histoire.

Ouvrir Frida, c'est comme se glisser dans une toile de l'artiste mexicaine, c'est s'immerger dans son univers haut en couleurs magnifiquement rendu par les dessins de Benjamin Lacombe, c'est découvrir un bel hommage à une vie tant de fois racontée. Ouvrir Frida, c'est s'assurer une claque esthétique et visuelle.

L'objet en lui-même est un véritable bijou. La couverture en tissu rend à la perfection le flamboyant des tableaux de Frida, tandis que les découpes intérieures font naviguer le lecteur à l'intérieur de son oeuvre. Mise en abyme et plongée dans l'intériorité de l'artiste, le travail de découpage des doubles pages permet de s'approcher de la complexité de l'oeuvre de Frida.

Les textes de Sébastien Pérez portent en eux toute la poésie des propres textes de Frida et c'est un réel bonheur de les découvrir à chaque page en même temps que le travail esthétique de Benjamin Lacombe. Ce dernier soigne ses planches avec minutie, récupérant les éléments de certaines tableaux de l'artiste mexicaine pour mieux lui rendre hommage et la raconter, et joue avec la profondeur de plans que lui permet le travail de découpage des pages.

Un album lu sitôt acheté, savouré à chaque page. Un album lu mais que je relirai avec grand plaisir, que je feuilletterai souvent. Un album hommage à une femme que j'admire et dont la subtilité de l'art me fascine. Une grande découverte, c'est certain.

"L'écorce se fend et la sève ruisselle jusqu'à la terre. La vie n'est qu'un recommencement."

"J'ai suivi les mouvements de tes mains. J'ai voulu peindre mon image. Je me suis perdue."

"Dans un cri triomphant, les formes et les aplats que je peins me libèrent. Sincères, sans mensonge. Le voile se lève."

Plutôt que des images des planches, je vous laisse avec la bande-annonce officielle de l'album, réalisée par Albin Michel.

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07 novembre 2016

L'ultime secret de Frida K., Gregorio León

L'ultime secret de Frida KL'ultime secret de Frida K. est un roman du journaliste et écrivain espagnol  Gregorio León paru en 2012 aux éditions Les Escales.

Un autoportrait de Frida Kahlo vient d'être dérobé dans une galerie d'art de Mexico et son propriétaire sauvagement assassiné. Dépêchée sur les lieux, Daniela, une jeune enquêtrice espagnole, découvre une histoire complexe qui mêle narcotrafiquants et corruption. Le portrait aurait été peint par Frida pour son amant, Trotski, alors en exil au Mexique. Quand des strip-teaseuses sont assassinées une à une et que des autels dédiés à Santa Muerte sont vandalisés, l'enquête se complique pour Daniela.

Une collègue m'a prêté ce roman, suite à une discussion que nous avons eue sur la peintre mexicaine un midi au boulot (comme quoi, en salle des profs on ne parle pas que des élèves...) Je l'ai dévoré en trois jours, happée par cette intrigue brillamment orchestrée qui alterne passé et présent. Entre conditions actuelles au Mexique - avec notamment les troubles politiques, les trafics de drogue, la corruption et le culte de la lugubre Santa Muerte - et récit de l'exil de Trotski chez Frida et Diego en 1940 et la relation amoureuse que la célèbre peintre entretint avec le révolutionnaire russe, le roman file à un rythme effréné.

Gregorio León entremêle faits historiques et inventions fictionnelles pour mieux faire revivre cet épisode de la vie de Frida, sa relation tumultueuse avec celui qu'elle aimât malgré ses infidélités - Diego Rivera - et sa passade clandestine avec Trotski. Le Mexico actuel est une toile de fond très bien dépeinte, et si les trafics en tous genres pullulent, c'est pour mieux servir l'intrigue de ce roman noir rudement bien ficelé.

J'ai adoré me plonger une nouvelle fois dans la vie de Frida (découverte il y a quelques années par la lecture de Diego et Frida de Le Clézio) et suivre cette enquête fascinante sur la disparition de ce tableau politiquement dangereux. Une très belle découverte. Je vais de ce pas remercier ma collègue pour ce prêt !

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09 février 2016

Intrigue à Giverny, Adrien Goetz

Intrigue à Giverny, Adrien GoetzIntrigue à Giverny est le quatrième roman qui met en scène Pénélope, personnage de conservatrice-détective imaginé par l'historien d'art et écrivain français Adrien Goetz, paru en 2014 chez Grasset.

Après Bayeux, Versailles et Venise, c'est désormais au mobilier national qu'est employée la fringante Pénélope. La jeune femme aspire à un brin de tranquillité mais lors d'un dîner au Musée Marmottan-Monet, elle fait connaissance de deux spécialistes du peintre impressionniste et le lendemain, l'une est portée disparue, tandis que l'autre est retrouvée égorgée. Pénélope, aidée de son journaliste de fiancé Wandrille, se lance sur les traces de ces deux femmes et de leur passion commune : Monet. Était-il l'homme tranquille qu'il semblait être ? Et que dire de son amitié avec Clémenceau ? Du musée Marmottan-Monet à Giverny, en passant par Monaco, où se déroule le mariage princier, Pénélope et Wandrille mènent l'enquête !

J'avais pris beaucoup de plaisir à découvrir les aventures de Pénélope dans les précédents romans de la série, et j'ai éprouvé le même sentiment à la lecture de cette Intrigue à GivernyAdrien Goetz maîtrise son sujet - c'est peu de le dire - et entraîne son lecteur sur les traces de Monet. Porté par une intrigue rythmée et bien ficelée, le roman est l'occasion de rendre hommage au père de l'impressionisme tout en abordant la question de l'oeuvre d'art et de sa conservation. Comme toujours, Adrien Goetz distille avec légèreté foule de détails historiques et artistiques dans son roman. L'ensemble est diablement léger et se dévore rapidement. La postface permet de démêler la fiction de l'Histoire, le fantasme de la réalité.

J'ai adoré plonger dans la vie de Monet aux côtés de Pénélope, découvrir Giverny et Marmottan-Monet à travers ses yeux, réfléchir au devenir d'une oeuvre et à sa délicate question de sa conservation. Petit bonus fort appréciable : nul besoin d'avoir lu les précédents tomes de la série pour se régaler à Giverny. Amateurs de Monet, d'art ou curieux, foncez ! Je vous garantis un divertissement documenté et savoureux !

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24 mai 2015

Nymphéas noirs, Michel Bussi

Nymph_as_noirsNymphéas noirs est un roman de l'auteur, professeur de géographie et chercheur au CNRS Michel Bussi paru en 2011 aux Presses de la Cité. 

Giverny, son moulin, ses ruelles aux couleurs chatoyantes, ses jardins de Monet avec leurs célèbres nymphéas. Tout y est paisible et la vie suit son cours, au rythme des hordes de touristes qui se déversent chaque jour pour visiter les lieux et marcher dans les pas du maître, chevalet et peintures à la main.   
Mais ça serait sans compter ce cadavre, dans le ruisseau, le crâne écrasé. Et ces trois femmes, dont on sait d'avance le destin scellé. Trois femmes singulières. Mais que se passe-t-il vraiment à Giverny ?

J'ai découvert il y a quelques temps Michel Bussi avec le roman N'oublier jamais. J'avais été happée par ce polar et agréablement surprise par son dénouement. J'ai voulu retenter l'expérience avec ce roman, demandé par une de mes élèves pour le lycée (et parce que Giverny et Monet sont singulièrement plus présents dans ma vie ces derniers temps).

Dès les premières pages, Michel Bussi plante son décor, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il le fait d'une main de maître. C'est même le point fort de ce roman : cette peinture de Giverny qui se déroule sous les yeux du lecteur. Tel un peintre, il dresse en quelques mots un portrait du village et c'est avec ravissement que le lecteur voit naître Giverny sous ses yeux. Les descriptions sont imagées et colorées et permettent de remarquablement se représenter le théâtre des macabres événements à venir.

Véritable architecte du suspense, Michel Bussi tisse la toile de son intrigue et emmêle son lecteur dans son filet dès le prologue, présentant trois personnages, trois femmes, et annonçant la mort de deux d'entre elles. Tel un marionnettiste un peu cruel, il joue avec ses personnages, et par là même, avec son lecteur qui se voit pris dans ses filets et obscurci par une intrigue très simple en apparence. Trop simple, évidemment.

Si la plume de Michel Bussi n'a rien de particulièrement remarquable, elle n'en demeure pas moins efficace. La peinture est omniprésente dans l'intrigue, par le biais de peintres, d'amateurs d'art ou encore de Monet, dont l'ombre plane sur le village. 

Nymphéas noirs est un roman policier agréable à lire, à l'intrigue bien construite et au décor enchanteur. Rajoutez à cela que l'inspecteur dépêché sur la scène de crime est un toulousain qui n'a pas froid aux yeux, et vous aurez compris que ce roman a assouvi mes attentes et m'a donné une envie : celle de découvrir Giverny !

D'autres lecteurs : Aifelle, Alex-mot-à-mots, Canel, CottageMyrtille, Sandrine, Yuko, etc.

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04 mars 2015

Les Gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi

Les gardiens du Louvre, TaniguchiLes Gardiens du Louvre est le dernier album de Jiro Taniguchi paru chez Futuropolis, en partenariat avec les éditions du Louvre, en novembre 2014.

Après un séjour en Europe pour un salon de la bande dessinée, un illustrateur japonais décide de faire escale à Paris afin de visiter ses musées.  
Fiévreux et délirant, il débute son séjour parisien avec un sentiment de solitude exacerbé par la maladie. Alors que celle-ci lui laisse quelque répit, il décide de se perdre dans les dédales du Louvre. Mais là encore, il est pris de vertiges et d'hallucinations et c'est la Victoire de Samothrace qui vient à sa rencontre pour le guider dans ce musée tentaculaire. 
Errant seul dans les couloirs du Louvre, il va se perdre à travers les époques et les genres picturaux. Croiser Camille Corot, Antonio Fontanesi, Asai Chu, ou encore Saint Exupéry, peu avant l'évacuation des oeuvres du musée en 1939. Et lors d'une escapade à Auvers-sur-Oise, c'est bien Van Gogh qui l'entraînera dans son atelier pour lui montrer sa dernière esquisse : Les Jardins de Daubigny. Un séjour parisien des plus mystérieux pour ce dessinateur japonais...

Ouvrir un album de Taniguchi, c'est à coup sûr s'immerger totalement dans un univers contemplatif des plus fascinants. De cet auteur, j'ai adoré Quartier Lointain (qui reste mon préféré), mais aussi Le gourmet solitaire, Le journal de mon père et L'homme qui marche. Et Les Gardiens du Louvre s'inscrit dans cette droite lignée d'albums tout en poésie et en contemplation, signature de l'auteur.   
Et cette fois, ce n'est pas le Japon qui est à l'honneur mais Paris et ses musées. A travers l'oeil de Taniguchi, les traits de la capitale française prennent forme et s'animent, à l'image des mystérieux gardiens
du Louvre que rencontre le héros.   
Véritable hommage à Paris
et à son histoire artistique, cet album trace des parallèles entre le Japon et la France, grâce aux artistes que Taniguchi fait revivre sous son crayon et les inspirations réciproques de leurs travaux.    
L
e trait de Taniguchi est fidèle à ses précédents albums, avec une différence notable : celui-ci est en couleurs. Difficile, peut-être, de rendre hommage au Louvre et à ses oeuvres en noir et blanc. 
J'ai adoré suivre les errements du narrateur dans les dédales du Louvre. Me perdre à ses côtés dans ce musée et m'interroger moi aussi sur la création artistique, sur la question de l'art à travers l'Histoire. Une très belle lecture. Mais ça, ce n'est pas une surprise avec Taniguchi...

C'était ma BD de la semaine et ma 61e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

  Top BD

 

Planche 1 Planche 2

Planche 3

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05 septembre 2013

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall Smith

L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall SmithL'air d'été est rempli de promesses est le neuvième tome de la série de l'écossais Alexander McCall Smith mettant en scène Isabel Dalhousie, directrice d'une publication philosophique et enquêtrice à ses heures perdues. Il paraîtra le 25 septembre en librairie aux Éditions des Deux Terres.

Isabel Dalhousie a la fâcheuse manie de se mêler des affaires des autres. Non par goût des mystères en tous genres mais plutôt parce qu'elle s'interroge sur la nature humaine et sa complexité. Pour cette quadra rentière rédactrice en chef d'une publication philosophique, fraîchement mariée et mère, la vie n'est que perpétuels questionnements. 
Mais alors qu'elle décide de se consacrer à sa famille et à sa revue, Duncan Munrowe, riche propriétaire foncier, fait appel à elle. Un tableau de sa collection privée a été dérobé. Isabel ne peut lui refuser son aide et doit mener de front cette nouvelle affaire et la précocité de Charlie, son fils.

Je fais décidément les choses à l'envers en ce moment : j'aurais aimé vous parler d'abord des premiers tomes de cette série, mais qu'importe !  
Mon incursion dans les romans d'Alexander McCall Smith a débuté il y a quelques mois avec le premier tome des Chroniques d'Edimbourg. Et si j'ai été séduite par le fourmillement de l'immeuble situé au 44 Scotland Street, je l'ai été d'autant plus par le personnage d'Isabel et ses aventures. 
Alexander McCall Smith a imaginé un personnage attachant et furieusement vraisemblable. Sa finesse d'esprit et sa capacité à analyser le monde qui l'entoure en font une héroïne à part au charme singulier. Loin des clichés du genre et de la dichotomie beauté/intelligence, le personnage d'Isabel est un condensé d'intelligence et d'humanité. Une femme que l'on aimerait croiser au détour d'une rue, le temps d'un échange.  
Dans ce nouvel opus, la philosophie tient toujours une part importante et c'est avec délectation que le lecteur suit le cheminement de l'héroïne et se laisse envahir par le doute. Car l'intérêt de cette série ne réside pas dans ses enquêtes mais dans la démarche intellectuelle de celle qui les résoud. En toute humilité, Isabel Dalhousie convoque les grands penseurs et confronte les théories pour essayer de cerner la nature humaine. Le manichéisme est absent mais le vice bien là et Isabel de démêler le vrai du faux. Et cette histoire de tableau volé pourrait faire voler en éclat des certitudes et un équilibre chèrement acquis. 
Je me refuse à vous parler davantage de la vie personnelle de l'héroïne, vous évitant ainsi certaines révélations, mais je conclurai en affirmant qu'Alexander McCall Smith a su offrir à Isabel Dalhousie une vie à la hauteur de ses aspirations. A mi-chemin entre un cadre conventionnel et une vie de bohème.  
Laissez-vous entraîner dans le sillage d'Isabel, vous perdre dans les ruelles d'Edimbourg et sentir palpiter cette ville aux abords si calmes. Laissez-vous envahir par cet esprit aiguisé qui saura faire émerger le doute en vous. Laissez-vous tenter, tout simplement.

Un grand merci à Loan et Carla et aux Éditions des Deux Terres pour ce roman. 
Voici ma deuxième participation au Challenge consacré à Alexander McCall Smith organisé par Emy.

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28 août 2012

Le scandale Modigliani, Ken Follett

Le scandale ModiglianiPublié en 1976, Le scandale Modigliani est le premier roman de l'écrivain gallois Ken Follett.

Un Modigliani inconnu ? Une belle aubaine pour Dee, étudiante en arts, Julian, galeriste fauché, et Lipsey, détective privé. Surtout qu'il s'agit du seul tableau restant que le peintre aurait réalisé sous l'emprise de drogues.

Mon été ne fut pas riche en lectures. La tête ailleurs, j'ai eu en effet beaucoup de mal à fixer mon attention sur des pages. Mais ce premier roman de Ken Follett a su forcer mon esprit à se concentrer un tant soit peu.
Malgré une préface plutôt péjorative - préface signée Ken Follett lui-même -, j'ai plongé en compagnie des personnages dans le milieu très fermé de l'art. Nous sommes dans les années 1980, les tableaux se vendent un prix dérisoire par rapport à nos jours, mais les questions de fond sont là. Qui détermine la valeur d'un tableau ? Les galeristes, par de subtiles manoeuvres pour susciter la demande ? Les acheteurs ? Pourquoi un faux serait-il moins coté qu'un original s'il est en tous points semblable à celui-ci ? Existe-t-il vraiment une liberté individuelle pour un jeune artiste qui tente de percer ? Des interrogations habilement soulevées par l'auteur, auxquelles nous n'aurons pourtant pas de réponse.
Si l'intrigue est un peu alambiquée et pêche par une alternance de personnages parfois un peu indigeste, elle n'en demeure pas moins intéressante grâce à son rythme effréné. Ken Follett préfigure, dans ce roman, son oeuvre à venir et de nombreuses caractéristiques de cette dernière : la véracité historique, la style journalistique, etc. Si ce Scandale Modigliani ne relève pas d'une réussite totale, il n'en demeure pas moins une lecture agréable pour un été.

D'autres lectrices de ce roman : Argali, Miss Alfie, Mrs Pepys, Syl, Estellecalim...

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12 avril 2012

Le tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte

Le tableau du maître flamandLe tableau du Maître flamand est un roman de l'écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte paru en 1990 et couronné par le Grand Prix de littérature policière en 1993.

Madrid. Julia, restauratrice de tableaux, découvre sur l'oeuvre du XVe siècle qu'elle restaure, une mystérieuse inscription : Quis ecavit equitem ? Cette inscription latine, masquée par Van Huys, l'auteur du tableau, fait étrangement écho au sujet même de la toile. Qui a tué le chevalier, l'un des joueurs peints ?

Un ultime visionnage de La neuvième porte, la semaine dernière, m'a donné envie de sortir ce roman de ma PAL. Arturo Pérez-Reverte est en effet le romancier à l'origine de ce film de Polanski avec Johnny Depp, film plutôt bien ficelé je dois dire.
Mais revenons à ce roman... J'en avais entendu beaucoup de bien, d'où mon achat chez un bouquiniste il y a quelques temps... Et nombreux ont été les commentaires récents m'assurant une lecture absolument délicieuse...
Malheureusement, j'ai été un peu déçue. L'idée de départ est excellente et prometteuse, mais le rythme de l'intrigue est trop lent pour tenir le lecteur en haleine. Le manque d'épaisseur psychologique des personnages les fait irrémédiablement pencher du côté de la caricature.  C'est bien dommage !
J'ai pourtant aimé les mises en abyme de l'auteur, nous faisant voyager entre les deux époques. Si le procédé est éculé, il n'en demeure pas moins efficace avec cette intrigue.
Mais la magie n'a opéré qu'un temps et j'ai trouvé trop de longueurs à ce roman et un dénouement vraiment trop prévisible pour, après en avoir fermé la dernière page, me dire que je l'ai vraiment aimé.

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19 novembre 2009

Diego et Frida, Le Clézio

diegoVoilà un livre que j'ai cherché longtemps sur les étals des libraires et des bouquinistes avant de le trouver dernièrement à Paris.
Je pense que le fait que Le Clézio ait eu le Nobel de Littérature en 2008 a dû participer à sa réimpression.

Diego et Frida relate, comme son nom l'indique, la romance entre les deux artistes mexicains
Diego Rivera et Frida Khalo, sur fond d'implication politique et historique.
Le couple s'aime et se déchire au rythme de l'histoire du pays qu'ils aiment tant et de leurs nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis.
Diego, bien plus âgé que Frida, est déjà un artiste accompli lorsqu'ils se rencontrent en 1923 à la Preparatoria. Son implication politique, sa passion pour l'art et les femmes habiteront ce géant, cet "ogre" comme le nomme Le Clézio, toute sa vie, au détriment de ceux qui l'aiment.
Frida, quant à elle, se plonge dans la peinture, et les autoportraits plus particulièrement, suite à l'accident de bus qui la rendra infirme et stérile à vie. La souffrance de sa vie transparaît dans ses peintures, tout comme son amour inconditionnel pour Diego.

La plume de Le Clézio dépeint avec beaucoup de douceur ces deux existences, permettant au lecteur de s'immiscer discrètement entre eux.
Cette biographie très documentée, mêlant notamment des extraits de correspondances à des citations d'autres biographies, permet d'avoir une approche biographique et artistique assez globale des deux protagonistes.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et vous le conseille vivement. Il m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur les deux artistes. J'ai cherché pas mal de leurs œuvres d'art sur Internet, certaines faisant écho à des périodes de vie décrite dans ce livre.

Cette biographie était en fait pour moi le prolongement du visionnage du film éponyme de Julia Taymor consacré à Frida et sorti sur les écrans en 2003. Il m'arrive en effet souvent d'avoir une boulimie sur un auteur, un personnage historique ou encore une époque et de me jeter à corps perdu dans des lectures qui lui sont consacrées...

"L'infirmité progressive, l'enfermement dans la solitude de la douleur ont transformé le rêve d'enfant en fantasme, et donné une valeur presque mythique à cette autre elle-même, qu'elle scrute indéfiniment dans son miroir." p.65

"L'hiver est doux et pluvieux, et elle pense avec nostalgie aux ciels éclatants et au froid du matin à
Coyoacán, aux enfants qui grignotent la canne à sucre de Noël au coin des rues, aux Indiennes qui vendent des fleurs de noche buena et de la terre végétale." p.146

"Pris par la réalisation des peintures murales du Palais National, dans le tumulte sensuel de la vie et les remous de la politique au jour le jour, Diego peut bien croire au bonheur de Frida dans sa nouvelle vie, son indépendance. Elle-même ne joue-t-elle pas à être heureuse ?" p.218

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