Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

17 avril 2011

Oscar Wilde et le cadavre souriant, Gyles Brandeth

Oscar Wilde et le cadavre souriantOscar Wilde et le cadavre souriant est le troisième roman policier écrit par l'écrivain anglais Gyles Brandeth qui met en scène le célèbre dandy. Intriguée par l'idée de ce mélange des genres, j'ai donc commencé la série par ce troisième tome...

1883. Oscar Wilde, après une tournée florissante aux Etats-Unis, s'installe à Paris pour aiguiser sa notoriété. Grand ami de Sarah Bernhardt, il travaille avec Edmond La Grange sur sa nouvelle mise en scène, une nouvelle adaptation de Hamlet. Mais très vite, des meurtres entâchent la pièce et la réputation de la célèbre famille La Grange... Oscar Wilde mène alors l'enquête.

Si j'ai été intriguée par l'idée de Gyles Brandeth - faire d'un écrivain un détective en mêlant Histoire et fiction - je dois dire que c'est un rendez-vous manqué avec ce roman...
Non seulement l'intrigue traîne en longeur et s'attarde sur des détails biographiques inutiles à la fiction, mais en plus l'enquête en elle-même n'est vraiment pas palpitante et ne ressemble que de très loin à un roman policier.

Le premier cadavre est celui d'un caniche, puis s'ensuit, après une longue période au calme soporifique pour le lecteur, une série de trois meurtres pour le moins précipités et pour lesquels Oscar Wilde va se montrer très clairvoyant.
En pâle copie de Sherlock Holmes (ce qui n'est pas étonnant vu que Gyles Brandeth fait également intervenir Conan Doyle dans son intrigue), Wilde mène une pseudo enquête plutôt ennuyeuse, sur fond d'une nonchalance propre à son personnage d'artiste excentrique.
Une lecture qui m'a laissée complètement de marbre, et m'a même ennuyée sur la fin... Bien entendu, je m'arrête là pour la découverte de cette série !
L'avis de
Sharon qui a raté ce rendez-vous, elle aussi...

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11 avril 2011

La vie mode d'emploi, Georges Perec

9782253023906_GLa vie mode d'emploi est un roman de l'écrivain français Georges Perec publié en 1978 et récompensé par le Médicis cette même année. Partie à Copenhague en février et tombée à cours de lecture au milieu du voyage, j'ai acheté un exemplaire de ce roman dans une librairie française de la capitale danoise et me suis laissée porter au fil des pages...

Pour vous le présenter, rien de mieux que les mots de Perec lui-même, cités en préface : "J'imagine un immeuble parisien dont la façade a été enlevée [...] de telle sorte que, du rez-de-chaussée aux mansardes, toutes les pièces qui se trouvent en façade soient instantanément et simultanément visibles. Le roman [...] se borne à décrire les pièces ainsi dévoilées et les activités qui s'y déroulent..."

Perec a donc choisi, encore une fois, de se lancer dans un projet littéraire aussi audacieux que réussi (rappelez-vous mon avis très enthousiaste pour son roman sans la lettre [e], La disparition)
Ce roman, sous titré "romans" tant  il est riche, s'apparente à une curiosité littéraire qui ne peut laisser indemne un lecteur alerte. Son projet d'observer ce qui se passe dans un immeuble est une sorte de fantasme universel : que font donc nos voisins, derrière leur cloison ? Perec nous donne la possibilité de ce voyeurisme littéraire en se promenant d'étages en étages, de locataires en locataires et en nous abreuvant des histoires personnelles de sa ribambelle de personnages.
Ce 11, rue Simon-Crubellier, à Paris, ne semble plus avoir aucun secret pour nous et si Perec s'attarde souvent sur des détails physiques ou historiques concernant ses personnages ou ses murs, ce n'est que pour mieux donner à voir son projet littéraire.
Majestueux, incroyablement original, d'une lecture riche en anecdotes qui s'apparentent parfois à des nouvelles, La vie mode d'emploi est encore une fois un livre qui me permettra de regarder le monde par un prisme différent...

"C'est un de ces clivages à partir desquels s'organise la vie d'un immeuble, une source de toutes petites tensions, de micro-conflits, d'allusions, de sous-entendus, d'accrochages ; cela fait partie de ces controverses parois âpres qui secouent les réunions de copropriétaires." (p.268)

"Tout cela fait une histoire bien tranquille, avec ses drames de crottes de chien et ses tragédies de boîtes à ordures, la radio trop matinale des Berger et leur moulin à café qui réveille Mme Réol." (p.269)


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22 février 2011

Car voici que le jour vient, Fabienne Ferrère

9782264053329FSUn roman policier qui se passe dans le Paris de la fin du XVIe ? Il n'en faut pas plus pour m'allécher ! Car voici que le jour vient est la seconde enquête de Gilles Bayonne écrite par Fabienne Ferrère, enseignante de philosophie à Toulouse.

Paris, 1595. Des meurtres atroces sont commis dans le quartier de la Grande-Boucherie. Les victimes périssent à chaque fois sous les assauts d'animaux...
Le chevau-léger Gilles Bayonne est chargé de résoudre cette enquête et d'arrêter le meurtrier.

Si la quatrième de ce roman m'a véritablement alléchée, je dois avouer que j'ai été moins charmée que ce que je pensais. L'intrigue est pourtant intéressante et très bien menée, et les personnages sont bien esquissés, mais il a manqué à cette lecture une étincelle qui m'aurait définitivement conquise.
Le Paris de la fin du XVIe siècle est pourtant très bien retranscrit et permet une véritable immersion dans cette époque. J'ai aimé suivre cette enquête sous le règne d'Henri IV et en attendre le dénouement avec impatience.
Mais une fois la dernière page tournée, mon sentiment sur ce roman demeure assez mitigé. Peut-être l'ai-je lu à un moment où j'attendais autre chose d'une lecture ? Je n'en sais rien. Mais cet avis en demi-teinte n'amoindrit en rien la qualité de ce roman policier et la justesse historique de son intrigue.

L'avis de Mazel sur ce roman, plus enthousiaste que moi. Je tiens à remercier 53811911_p et 10_18 pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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15 janvier 2011

Les Soupers assassins du Régent, Michèle Barrière

barriereJ'ai posé, il y a peu, quelques questions à Michèle Barrière, ce qui n'a pas amoindri  mon envie de dévorer ses romans noirs gastronomiques, bien au contraire ! J'ai donc poursuivi mon périple culinaire avec Les Soupers assassins du Régent, son cinquième roman paru en 2008.

Paris, 1718. La Cour s'entiche du Champagne, dernier vin à la mode, et les bouteilles coulent à flot lors des soirées données par le Régent. Lorsqu'une jeune comédienne est retrouvée empoisonnée après un de ces banquets, la jeune Alixe panique. Son frère, Baptiste, est fournisseur officiel de Champagne à la Cour, et les soupçons se portent très vite sur lui. Et si un complot visait à assassiner le Régent ? Alors que son frère fuit, Alixe plonge dans les méandres du commerce du Champagne pour le disculper.

Quelle lecture savoureuse ! Encore une fois, Michèle Barrière entraine son lecteur dans une intrigue rocambolesque très bien ficelée ! L'engouement de la Cour pour le Champagne à cette époque est l'occasion pour l'historienne de l'alimentation qu'elle est d'abreuver son roman de détails sur ce célèbre breuvage.  De sa concurrence avec les vins de Bourgogne à sa fabrication, en passant par les subtilités de sa mise en bouteille, le Champagne est finalement le personnage principal de ce roman gastronomique.
Encore une fois, Michèle Barrière ancre son roman dans l'Histoire  grâce à l'apparition de personnages illustres : Marivaux et John Law, entre autres, jouent ainsi une partition fictive avec les héros de l'intrigue.

Merci Michèle Barrière pour ces moments de délectation très appréciables à chaque roman. Et merci encore Latite de m'avoir fait découvrir cette auteure que j'apprécie énormément...

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14 janvier 2011

Tag "Paris Je t'aime"

60284622_pL'Ogresse de Paris lance un Challenge intitulé Paris Je t'aime et m'a taguée dans la foulée, avec ce drôle de portrait chinois ode à cette si jolie ville.

Si j'étais un monument de Paris, je serais...
Le Centre Pompidou, qui offre une vue spectaculaire sur les toits de Paris.
Si j' étais une photo de Paris, je serais... Une vue du Parc du Vert Galant.
Si j'étais une chanson sur Paris, je serais...
"Paris, le Flore" d'Etienne Daho.
Si j'étais un livre dont l'histoire se déroule à Paris, je serais...
Au bonheur des Dames de Zola.
Si j'étais un tableau dont le décor est Paris, je serais...
"Paris, hiver, neige, Boulevard Bonne Nouvelle, au Théâtre du Gymnase" d'Eugène Galien-Laloue (Paris à la Belle époque...)
Si j'étais une rue de Paris, je serais...
La rue Cauchois...
Si j' étais un musée de Paris, je serais...
Le Musée d'Orsay : sa structure me coupe le souffle à chaque fois !
Si j'étais un film tourné à Paris, je serais...
Paris je t'aime, évidement !

Merci L'Ogresse de Paris pour ce tag ! Je tague à mon tour ma copine Héloïse, nouvellement parisienne, si le jeu la tente !  ;)

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Paris, hiver, neige, Boulevard Bonne Nouvelle, au Théâtre du Gymnase d'Eugène Galien-Laloue

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15 décembre 2010

La Tour noire, Louis Bayard

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Présenté comme " le meilleur thriller de l'année " par le Washington Post et encensé par la critique Outre-Atlantique, La Tour noire est le second roman du journaliste américain Louis Bayard publié en France.

Paris, 1818. Hector Carpentier, étudiant en médecine, est accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais vu. Dans la poche de la victime, le nom et l'adresse du jeune étudiant sont inscrits sur un papier. Appréhendé par le célèbre Vidocq, le jeune homme est embarqué  à son insu dans une intrigue politique haletante. Alors que le contexte politique et social du pays est trouble, certains semblent douter du décès du Dauphin, Louis XVIII, à la prison du Temple...

Cette lecture m'a déroutée dès les premières pages par son style. A mi-chemin entre le témoignage et la confession, le début du roman m'a vraiment surprise. Le narrateur - Hector Carpentier - s'adresse directement au lecteur, procédé que je déteste, tant il empêche de s'immerger complètement dans l'intrigue. Le héros raconte donc son histoire à un "vous" qui n'est autre que le lecteur. Le roman alterne entre cette confession du héros et un autre narrateur (dont on apprend au fil de la lecture l'identité) qui relate les conditions d'un détenu dans une prison.

Passé cette première impression peu encourageante, j'ai été agréablement surprise par cette lecture. Car malgré cet effet de style qui m'a dérangée, je suis néanmoins rentrée dans ce roman tant l'auteur déploie de connaissances intéressantes sur cette période. A partir d'un point trouble de l'Histoire - la mort présumée du jeune Dauphin dans sa geôle sans que l'on ait retrouvé sa dépouille - Louis Bayard brode une fiction haletante au rythme trépidant. L'intrigue est bien construite, les personnages  sont certes peu esquissés mais sans être caricaturaux (notamment Vidocq) et le rythme rapide. Malgré une fin un peu rocambolesque et qui aurait mérité, peut-être, un développement plus important, j'ai passé un bon moment avec ce roman.

Je remercie 53811911_p et Les Éditions Le Cherche-midi pour cette lecture reçue dans le cadre d'un partenariat

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03 novembre 2010

Souper mortel aux étuves, Michèle Barrière

souper_mortel_aux_etuvesDeuxième roman noir et gastronomique écrit par Michèle Barrière, Souper mortel aux étuves est ma quatrième lecture de cette auteure, après Meurtre à la pomme d'or, Meurtre au Potager du Roy et Natures mortes au Vatican.

Paris, 1393. Alors que son mari vient de se faire assassiner dans de glauques étuves - lieu de plaisir et de luxure - la jeune Constance décide de tout mettre en œuvre pour démasquer le meurtrier.
Pour mener à bien son projet, la jeune femme décide de se faire engager aux cuisines des étuves. Sur la piste des faux-monnayeurs sur lesquels enquêtait son mari, Constance va redoubler d'effort pour ressembler à une innocente et pauvre cuisinière. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises ! Dans ce lieu de débauche où le sexe et l'argent sont rois, l'ingénue jeune femme va faire des découvertes qu'elle n'est pas prête d'oublier..

Encore une fois, j'ai été transportée dans l'univers décrit avec brio par Michèle Barrière. Ses connaissances sur Paris au Moyen Age (et sur Bruges aussi...), permettent au lecteur de s'immerger complètement dans les mœurs et la vie quotidienne de ses personnages.
J'ai appris ainsi (honte à moi !) que l'eau n'avait pas encore cette malheureuse réputation que le siècle des Lumières lui a attribuée - celle de transmettre tous les maux - et qu'il n'était pas rare de se laver à Paris, en ce XIVe siècle (d'où les étuves, plus ou moins bien famées).
La gastronomie tient bien entendu une place de choix dans cette nouvelle intrigue très bien ficelée et nous permet d'avoir un bel aperçu des traditions culinaires de cette époque. Le personnage de Constance, novice en cuisine, permet à Michèle Barrière de nous introniser dans le milieu culinaire de cette fin du XIVe. Entre blanc-manger et dariole, j'ai salivé au fil des pages...
On apprend aussi quelques mots disparus aujourd'hui, comme "boutonner" qui signifie "piquer de clous de girofles", "parboulir" qui désigne le fait de "faire bouillir un court instant la viande avant de la rôtir", "détremper" qui est un synonyme de "mouiller avec du vin ou du verjus" et "souffire" qui renvoie à une cuisson douce dans de l'huile ou du saindoux.
Un rythme rapide, une intrigue très bien menée et une ambiance moite à souhait dans ces étuves, font de Souper mortel aux étuves
un roman très agréable à lire !
Le cahier de recettes médiévales à la toute fin, ainsi que les détails sur chacune des catégories d'aliments complètent une lecture fort instructive (on apprend ainsi que les légumes avaient la réputation de transmettre des maladies car ils venaient de la terre ou encore que le bœuf n'avait pas le droit de cité sur les tables dans la mesure où il était considéré comme un outil de travail pour le transport et l'agriculture).

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J'ai fait cette lecture dans le cadre du Challenge Juste pour Lire de Mylène. Je l'ai lu, entre autres, durant deux de mes sessions de lecture de 3 heures (comme annoncé ici).



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21 juin 2010

Intrigue à l'anglaise, Adrien Goetz

54260756_p Voici un des premiers titres que j'ai relevé en furetant sur les blogs et qui m'avait attirée, il y a de cela quelques mois. Étant tombée dessus complètement par hasard en librairie (je vous jure, un pur hasard...), je n'ai pu que succomber, bien entendu. La vie est bien faite parfois, non ?

Tout juste diplômée, Pénélope, conservatrice de musée, est nommée dans la jolie ville de Bayeux, mondialement connue pour sa tapisserie. La petite ville s'annonce étriquée pour la jeune parisienne. Mais ce serait sans compter l'agression de la directrice du musée. Choquée, Pénélope doit prendre en charge ce dernier et se rend à une vente aux enchères, où elle se fait dérober ce qu'elle vient d'acquérir : des fragments de tapisserie. L'histoire devient sérieuse. La jeune conservatrice décide de mener l'enquête : et si ces deux faits étaient liés ? Et si la célèbre tapisserie que tout le monde admire était incomplète et que sa fin devait mettre à mal la monarchie anglaise actuelle ?

J'ai passé un excellent moment de lecture (en ce moment, je n'arrête pas !) La spécificité de ce roman policier - tant est qu'il soit possible de le classer en roman policier - réside dans le fait qu'aucun enquêteur ne mène l'enquête. Celle-ci est prise en charge par une jeune héroïne qui n'a rien à voir avec la police et qui enquête à son compte pour y voir plus clair. Sa psychologie est fournie sans pour autant centrer le roman sur son personnage. Car la véritable héroïne de ce roman, c'est cette fameuse tapisserie de Bayeux (qui est en réalité une broderie ). On l'imagine, à travers les descriptions, on tente de comprendre l'histoire de sa création, la technique utilisée même. Bref, on se passionne ! Et c'est là la réussite d'Adrien Goetz ! 
Les détails historiques sont très nombreux, tout comme les précisions artistiques  (on n'en attendait pas moins d'Adrien Goetz, professeur d'histoire de l'art à la Sorbonne)
Cette lecture m'a rappelé La Dame à la Licorne, de Tracy Chevalier, qui m'avait entraînée au Moyen Âge dans la réalisation de la célèbre tapisserie du même nom.

L'avis d'Heclea sur ce roman.

Enfin, pour voir la tapisserie de Bayeux dans son intégralité, à partir de photos, c'est par ici

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09 juin 2010

F, comme flic P, comme Privé, Joseph Farnel

9782753805675FSUne quatrième qui annonce un roman policier à la saveur des grands classiques du genre, un privé qui enquête sur des tableaux de maîtres disparus... Je me suis lancée dans cette lecture avec envie !

Georges Lernaf est un ancien flic reconverti en privé. Lorsque Paul Sendor, un homme riche au passé douteux, le contacte pour enquêter sur la réapparition de tableaux de la collection Schloss, spoliée durant la Seconde Guerre mondiale, Georges se lance à corps perdu dans cette enquête. Aidé de son ami Emile Dujardin, commissaire de police, il va tenter d'y voir plus clair dans cette histoire. Mais rapidement, des meurtres sanglants ponctuent leurs recherches... Il faut faire vite !

La quatrième ne ment pas en annonçant un roman policier aux dialogues piquants, digne héritier des grands classiques. Les personnages sont assez archétypaux, mais ce n'est pas un inconvénient puisqu'ils s'inscrivent directement dans les codes du genre. Le lecteur se voit entraîné dans ce Paris sans chichi où les commissaires alcooliques déjeunent dans des petites brasseries au charme d'antan et où chaque réplique fait revivre un argot parfois oublié.
L'intrigue de Joseph Farnel est à la fois prenante et bien rythmée. Le lecteur ne sait jamais qui joue un double jeu et qui berne le héros.
Il fait bon vivre dans cette ambiance digne des Tontons flingueurs, où les meurtres ont une légèreté presque comique et où le coup de fourchette des personnages réchauffe les cœurs.
Petit bémol néanmoins sur le dénouement qui n'apporte aucune réponse à l'enquête de Georges Farnel. Le lecteur reste sur sa faim. Une suite est-elle prévue ? Je pense, tout du moins je l'espère...
Je garde néanmoins une très bon souvenir de lecture, et notamment d'ambiance, avec ce roman.

Je remercie 53596970_p et les éditions Alphée pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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18 mai 2010

Le souffle des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211046FSLes romans qui mêlent fiction et histoire ? J'adore ! Les romans qui mêlent fiction et histoire pour les jeunes ? Je suis prudente quant à la qualité, mais quand elle est au rendez-vous, je ne peux que m'incliner...

Éléonore est née à Lille en 1852. Dotée d'une sensibilité musicale exceptionnelle récusée par son père, la jeune fille est envoyée chez sa tante à Paris pour débuter son apprentissage de lingère. Elle repère très vite, rue Saint Georges, la boutique de monsieur Sax, remplie de cuivres en tous genres. Téméraire, la jeune fille se travestie en garçon pour travailler dans les ateliers de cet inventeur d'instruments de musique. Sa supercherie découverte, elle intègre alors la fanfare des Tourterelles, uniquement composée de femmes, et dirigée par le frère de monsieur Sax. Débute alors pour la jeune fille une vie remplie de rencontres et de musique à Montmartre.
Mais les événements de la Commune viennent bouleverser ce fragile équilibre... Et lorsque l'Exposition Universelle est organisée à Paris en 1878 et qu'un trompettiste américain entre dans la vie d'Éléonore, tout chancelle...

Je me suis laissée entraîner dans le tourbillon de cette intrigue, vibrant au son des cuivres de la fanfare féminine des Tourterelles. Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas mêlent avec brio l'histoire de la France au 19e avec l'histoire du saxophone et autres cuivres, le tout au service d'une intrigue fictive haute en couleurs. Il est rare, dans un roman, que le thème de l'histoire de la musique et de ses instruments soit abordé. Pour ma part, il me manquait des jalons pour me repérer dans ce domaine, jalons construits grâce aux détails historiques de ce roman, précis sans être lourds. C'est le principal atout de ce roman, à mon sens : s'engager dans une voie que peu empruntent et le faire sans didactisme aucun.
Les personnages ont une psychologie suffisamment développée pour permettre au lecteur une identification certaine.  Eléonore est une jeune héroïne courageuse, portée par son amour de la vie et de la musique. Sur son parcours, elle croise de nombreux mentors qui sauront la guider dans ses choix et l'aider à affermir son caractère et ses convictions politiques pour ne pas se perdre dans l'obscurité des affrontements de la Commune. Aux personnages imaginés par l'auteur se superpose les figures historiques de cette époque, comme Hector Berlioz, Alexandre Dumas ou encore Napoléon
III.

L'intrigue de ce premier opus est intéressante et imprévisible, la lecture est très fluide et les années filent pour le personnage d'Éléonore, au gré de l'Histoire et de ses rencontres. Il fait bon vivre à Montmartre en compagnie de ces personnages mélomanes et bohèmes.
Pour ma part, je continue mon voyage à la Nouvelle-Orléans avec Le Swing des Marquises, où Éléonore... Mais chut !  Je n'en dirai pas plus !
J'inscris bien entendu cette lecture dans le Challenge Des notes et des mots d'Anne
challenge-Des-notes-et-des-mots-4
Je tiens à remercier chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série. Quelle belle découverte ! Pour jeter un œil sur leur site, c'est par ici, et pour voir leur page Facebook, consacrée uniquement aux livres, c'est par là !

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