Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

10 février 2014

Meurtre au Ritz, Michèle Barrière

Meurtre au Ritz, Michèle BarrièreMeurtre au Ritz est le septième tome de la saga consacrée à la famille Savoisy écrit par l'historienne de l'alimentation Michèle Barrière. Ce roman est paru en juin 2013 au Livre de Poche.

Paris, 1898. César Ritz fignole les travaux du célèbre palace parisien qui portera son nom. A la tête de ses cuisines, le non moins célèbre Auguste Escoffier. Mais la réputation du lieu est menacée lorsque le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans une des chambres froides. Heureusement, Quentin Savoisy, journaliste gastronomique en herbe, s'attèle à cette enquête, aidé de Diane sa fiancée, fervente partisane des droits des femmes.

Avec ce nouveau roman, Michèle Barrière nous entraîne dans le tourbillon du Paris de la fin du XIXe siècle. Mêlant Histoire - l'affaire Dreyfus, l'ouverture du Ritz, les mouvements féministes naissants - et fiction, la romancière réussit une nouvelle fois une intrigue très bien ficelée qui laisse la part belle à la gastronomie.
Meurtre au Ritz nous permet de pousser la porte du célèbre palace et de découvrir l'effervescence liée à son ouverture. Les cuisines y tiennent bien entendu un rôle primordial, comme toujours, et le meurtre qui ouvre le roman semble lié à celles-ci. 
M
ais l'intrigue permet également une plongée appréciable dans l'époque dépeinte. Paris est un personnage à part entière, comme toujours dans les romans de Michèle Barrière qui aime à soigner ses lieux et à conserver une cohérence historique globale. Le lecteur se promène, en compagnie de Quentin, le héros, dans les ruelles parisiennes et découvre la ville telle qu'elle était en cette année 1898.
Lire un roman de Michèle Barrière c'est perdre la notion du temps, se glisser dans une époque pour mieux en comprendre les enjeux et découvrir, au détour d'une intrigue policière, l'histoire de la gastronomie et ses subtilités. Un régal...

Intrigué par les romans noirs gastronomiques ?
Découvrez  mon interview de Michèle Barrière
ainsi que mes précédents billets sur ses romans.

 

sang-hermine

 

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26 novembre 2013

Un roman argentin, Gilles D. Perez

Un roman argentin, Gilles D

Un roman argentin est le troisième ouvrage de Gilles D. Perez, paru en août 2013 chez Naïve. Agrégé de philosophie, partageant sa vie entre Paris et Barcelone, Gilles D. Perez a très tôt été fasciné par la culture hispanophone et nous livre, avec ce roman, un bel hommage à cette dernière.

Un ciel orageux. Un Boeing 747 à destination de Buenos Aires pris dans la tourmente. Le vol A 456 de la compagnie Aerolineas Argentinas n'arrivera pas à destination. Les passagers le savent. Ils paniquent. 
Parmi eux, un homme, la quarantaine, une vie paisible. Une vie qui ne lui a pas laissé le temps de passer à l'écriture. Tandis que le pilote lutte contre les éléments et que les autres passagers hurlent de voir leur vie leur échapper, cet homme pense. Il pense à tous ces livres qu'il aurait aimé écrire. Aux textes qui sommeillent en lui et qu'il n'aura pas le temps de coucher sur le papier. Au premier roman qu'il aurait écrit si la vie le lui avait permis.

Attention, petit bijou littéraire en vue ! Un roman argentin est un livre ébouriffant qui vous happe dès les premières lignes et ne vous libère qu'une fois la dernière page tournée.
Gilles D. Perez offre à son lecteur un roman à part, véritablement à part, à l'intrigue en apparence simple. Un avion en perdition, un homme qui se voit mourir et réfléchit. Mais le tour de force de ce roman réside dans la façon dont l'auteur traite cette situation. Son personnage se noie dans ses pensées, dans sa vie, repense à ses proches, à son quotidien. Puis il imagine ce qu'il aurait écrit s'il en avait eu le temps. Ce qu'il aurait fait à Buenos Aires si l'avion avait atterri. Ce qu'il aurait voulu vivre si sa vie ne tenait pas à un fil. Entre la mort qui le frôle et cet élan de vie qui le saisit, le narrateur entraîne le lecteur dans le sillon de ses réflexions. L'intrigue se déplace dans un Buenos Aires fantasmé, un Paris du présent, un roman jamais écrit, pour revenir à la carlingue de l'avion qui lutte contre les éléments. Brillant !
L'intrigue débute en hommage vibrant à Queneau et à son célèbre Exercice de style. Jouant avec les mots et avec les styles narratifs, Gilles D. Perez plante son décor et installe son lecteur dans une situation cinématographique au possible. Version communiqué de presse, british, épique ou parisienne, à chacun de choisir la tonalité qu'il préfère pour s'approprier cette situation catastrophique. Cette facilité de l'auteur de jouer avec les mots annonce dès les premières pages la couleur de son roman et semble faire écho aux velléités d'écriture de son narrateur. Métadiscours ou glissement autobiographique, le doute demeure.
Hommage à la littérature et aux grands auteurs d'Amérique du Sud, Un roman argentin demeure inclassable, une fois la dernière page tournée. Brillant, c'est certain, singulier et mémorable, sans aucun doute. Je me suis régalée, cela va sans dire.

"J'aurai été, jusqu'à la fin, fidèle à moi-même : adepte de la métaphore à tout va, comme si la vie était toujours un récit en attente." (p. 17)

"La peur siphonne la vie mentale et impose à l'esprit la contemplation d'une image fixe. Mais, quand elle laisse place à l'épouvante, l'image disparaît et il n'y a plus qu'une béance informe et incolore." (p. 53)

"J'aurais insisté, le cognac aidant, sur la ville inversée que l'on voit dans les trottoirs baignés de pluie. J'aurais parlé des fragments d'architecture offerts par les flaques d'eau, non pas de la ville éternelle, mais de la ville transitoire. Pas de la ville monumentale à la gloire des illusions mais de la ville fugitive et modeste, où chacun peut reconnaître quelque chose de sa vie, où un coin de rue porte pour toujours la trace d'une histoire, et où la lumière d'un matin est le linceul d'un amour." (p. 72)

"Cette ville est un roman que je n'ai jamais fini de lire." (p. 120)

Je tiens à remercier Sybille de LP Langages et Conseils et les éditions  pour ce roman.

 

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12 septembre 2013

Une bonne éducation, Sylvia Tabet [Rentrée littéraire 2013]

Une bonne éducation, Sylvia TabetUne bonne éducation est un roman de l'écrivaine et artiste parisienne Sylvia Tabet qui paraît aujourd'hui aux éditions Dialogues.

La vie semble douce, lorsqu'on grandit dans les quartiers aisés de Paris. Mais pour Anne, la narratrice, son frère et sa soeur, sous l'apparente quiétude d'un milieu bourgeois sourd la violence d'une mère. Une enfance partagée entre la peur des coups et les moments de répit, grâce à leur père, leur grand-mère, ou encore la jeune fille au pair. Une enfance noyée par l'angoisse et une vie d'adulte marquée à jamais. Anne se souvient.

Une bonne éducation est un roman dont on ne ressort pas indemne. Le sujet traité est lourd mais abordé par la narratrice avec un détachement qui évite de sombrer dans un pathos éculé. Comme si Anne portait en elle la douleur de cette enfance volée mais avait mis à distance sa peur pour mieux la donner à voir. On évite ainsi les descriptions des coups et autres brimades pour se centrer plutôt sur les souvenirs qu'elle garde de cette période. 
Sylvia Tabet possède une plume d'une finesse étonnante, dotée d'un rythme changeant, à la fois rapide et lent, semblant suivre le cours des pensées de la narratrice. Les mots coulent, avec musicalité, et offrent au regard l'histoire de ces enfants silencieux. 
J'ai été émue par cette histoire, je me suis glissée dans les mots d'Anne, comme pour l'aider à supporter sa douleur, comme pour l'aider à panser son enfance blessée.  
J'ai parfois été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles et ces souvenirs sans date. Mais finalement j'ai eu l'impression d'écouter parler la narratrice. Et ce qui pourrait être assimilé à une confusion ressemble en réalité au cheminement de sa pensée. Son enfance enterrée, Anne relate ses souvenirs. C'est dur. Mais c'est diablement émouvant.

"Le beau fait du bien. Comme s'il renvoyait à la paix. A la douceur. Le beau fait oublier ce poids constant d'une vie décalée du bien-être et de la sécurité, c'est une forme de consolation ; une liberté, un pansement." (p.118)

"J'ai douze ans, ensemble nous pleurons sur les choses vraiment graves de la vie, ces réalités qui ont fait boule de neige sur notre histoire, sur nos jours empilés ; celles qui ne pourront jamais s'arranger et qui font que l'existence, tout à coup, devient essentiellement le passé, rendant le présent infranchissable." (p.157)

Merci à Julia et aux  Editions dialogie   pour la découverte de ce roman.

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03 juillet 2013

François sans nom T.1 Le sculpteur et la voleuse, Ricard, Runberg et Bianchini

François sans nom TFrançois sans nom est une série imaginée par Sylvain Ricard et Sylvain Runberg et dessinée par Marci Bianchini éditée chez Soleil dans la collection Quadrants. Le premier tome, Le sculpteur et la voleuse, est paru en mai 2013.

1466, quelque part en France. Alors que la jeune Félyzée est accusée de vol, elle croise la route d'un dénommé François. Un vagabond solitaire et érudit, accueilli par un sculpteur et qui aide ce dernier à réaliser les décorations du fronton de la cathédrale. Mais François poursuit d'autres desseins, gardés secret jusque là. Et Félyzée apprend bien vite qu'on le suspecte d'être le poète François Villon en exil...

Une série sur le sulfureux poète François Villon ? En voilà une bonne idée ! Ricard et Runberg nous offrent ici un scénario intéressant fondé sur l'anonymat que souhaite conserver le héros et le trouble jeté sur son passé. Qui est-il ? Pourquoi tant de hargne à l'encontre de l'Evêque d'Orléans, Thibaut d'Aussigny ? Ce premier tome nous permet d'aborder facilement la vie du poète le plus connu de la fin du Moyen Age par le biais d'une intrigue fictive au rythme bien mené.
Les dessins de Bianchini nous entraînent dans une France médiévale très bien reconstituée, à la vraisemblance historique respectée. Les tons chauds, ainsi que les dessins détaillés, permettent une immersion intéressante dans cette époque sombre.
Les planches possèdent un rendu dynamique grâce aux découpage des vignettes et leur organisation.
En bref, un premier tome prometteur !

Voici ma 55e participation
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Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Voici ma 55e participation
 à la BD du mercredi de Mango

Et ma 44e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)Top BD

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Planche 1Planche 2

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album reçu en service de presse.

Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf
Je tiens néanmoins à remercier Bénédicte et les Éditions pour cette lecture. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.AcIvWQXq.dpuf

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15 juin 2013

Le Bal, Irène Némirovsky

Le Bal, Irène NémirovskyLe Bal est un court texte de la romancière russe d'origine ukrainienne Irène Némirovsky paru en 1930 chez Grasset. La carrière d'Irène Némirovsky fut aussi productive que brève. Déportée à Auschwitz en 1942 à l'âge de trente-neuf ans, elle laissa derrière elle un grand nombre d'oeuvres publiées à titre posthume.

Antoinette a quatorze ans et désespère d'entrer dans le monde. Ses parents, nouveaux riches, décident de donner un grand bal pour étaler leur opulence. Mais lorsque Mme Kampf, la mère d'Antoinette, interdit à sa fille d'y assister, l'adolescente sent monter en elle une profonde injustice. Et sa vengeance ne tarde pas à éclater. 

Le Bal fait partie de ces petites perles grinçantes et dérangeantes à souhait. Irène Némirovsky y dresse le tableau des tourments de l'enfance, oscillant entre cruauté et tendresse. Le personnage d'Antoinette, rejetée et méprisée par ses parents, accomplit, en un instant seulement, une vengeance aux conséquences désastreuses et se présente en vengeresse d'une enfance mise à mal.
Critique des nouveaux riches de cette époque, ce court roman de 120 pages érige les adultes en parvenus intéressés attachés au superficiel et négligeant l'essentiel. Le ridicule suinte de ces personnages qui jaugent l'autre à l'aune du paraître et c'est avec délectation que le lecteur voit le mécanisme s'enclencher sitôt la vengeance d'Antoinette accomplie.
Un petit régal pour tous, qui existe aussi en collection Biblio Collège chez Hachette.

D'autres avis : Canel, Cynthia, Choco, Mango, etc.

Challenge ABC Babelio

Challenge ABC de Babelio

 

Challenge ABC BabelioQuid ? Challenge ABC de Babelio

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Voici ma lettre N pour le challenge ABC critiques de Babelio.

Babelio

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24 mai 2013

Intrigue à Venise, Adrien Goetz

Intrigue à Venise, Adrien GoetzIntrigue à Venise est la troisième aventure de la jeune conservatrice de musée Pénélope, parue en mars 2012 chez Grasset avant de sortir en poche en février 2013.

Après Bayeux et Versailles, la jeune Pénélope part à Venise pour un colloque. Pensant visiter la Sérénissime à cette occasion, la jeune femme est vite entraînée dans une sombre histoire. Un membre de l'Académie française passionné par la ville est assassiné et bientôt, ce sont tous les écrivains français de Venise qui sont menacés. La raison de ces meurtres ? Un mystérieux tableau de Rembrandt inconnu de tous...

J'avais adoré Intrigue à l'anglaise, un peu moins Intrigue à Versailles. Verdict pour ce troisième tome ? J'ai retrouvé la fraîcheur du premier. Peut-être étais-je conquise d'avance car le lieu de l'intrigue me fascine ces derniers temps...
Le lecteur suit avec plaisir les pérégrinations de la jeune Pénélope et de son amoureux, Wandrille, journaliste de son état, dans les rues de Venise. Adrien Goetz, qui enseigne l'Histoire des Arts à la Sorbonne, réussit avec brio à glisser une foule de détails historiques dans son roman sans le rendre indigeste. Un bon point qui offre à ce livre une dimension intéressante et le singularise par rapport au genre.
Et si un Rembrandt que personne n'avait jamais vu dormait quelque part ? Voilà une idée intéressante !
Adrien Goetz a écrit ce roman alors qu'il séjournait dans la Cité des Doges. Et l'atmosphère qu'il parvient à recréer tout au long de son roman est enchanteresse. Un air de dolce vita plane tout au long des pages, malgré la gravité de l'intrigue, et la jeune héroïne découvre une ville au passé historique riche mais au présent inquiétant.

Et comme Intrigue à l'anglaise m'avait donné envie de découvrir Bayeux et sa célèbre tapisserie (ce que j'ai fait peu après), ce roman m'a donné encore plus envie d'aller arpenter les rues de la Sérénissime !

D'autres avis : Eimelle, Mrs Pepys, etc.

Venise

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09 octobre 2012

Mystère rue des Saints-Pères, Claude Izner

Mystère rue des Saints-PèreMystère rue des Saints-Pères est le premier tome d'une série ayant pour hérosbiographie  un libraire parisien à la fin du XIXe siècle, écrit à quatre main par deux soeurs, Laurence Lefèvre et Liliane Korb, sous le pseudonyme de Claude Izner.

Paris, 1889. L'Exposition Universelle bat son plein et la Tour Eiffel en est la vedette. Les spectateurs se bousculent pour la voir et Victor Legris est du nombre. Mais sa découverte de la Dame de fer est écourtée : une femme s'écroule à côté de lui. A son cou, une étrange piqûre. Le jeune libraire son plonge alors dans l'enquête.

Que voilà un titre sympathique ! Les deux romancières nous offrent une intéressante plongée dans le Paris de la fin du XIXe siècle, le tout porté par une intrigue riche en rebondissements. Paris est un personnage à part entière que les deux soeurs prennent à coeur de décrire historiquement de façon précise. C'est bien simple : au fil des pages, j'avais l'impression d'assister à cette célèbre Exposition Universelle. Les bruits, les odeurs, la foule, l'excitation qu'elle produit, tous ces éléments sont relatés avec précision et participent d'une ambiance très réaliste. Les évolutions techniques, industrielles, culturelles et sociales sont également mises en avant et offrent une coloration singulière à cette enquête parisienne.
Le personnage de Victor Legris, libraire-enquêteur, porte en lui l'héritage des grands détectives qui l'ont précédé. Le duo Sherlock Holmes-Watson n'est pas loin du duo qu'il forme avec Kenji Mori, son accolyte empruntant à Holmes sa part mystérieuse et son passé de voyageur. Le suspense grandit au fil des pages, tandis que l'étau se resserre progressivement autour des suspects. Une agréable lecture qui me donne envie de découvrir la suite des aventures de Victor !

Elles l'ont lu aussi : Estellecalim, Mélusine, Argali, Mrs Pepys, Samlor... 

   Et voici ma lettre i pour le Challenge ABC de Babelio et une 2e participation au Challenge Polar historique de Samlor

                                              Challenge ABC Babelio  Challenge Polar Historique


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11 septembre 2012

L'Apothicaire, Henri Lœvenbruck

L'Apothicaire, Henri LoevenbruckL'Apothicaire est un roman de l'écrivain français Henri Lœvenbruck paru en octobre 2011 chez Flammarion.

Paris, 1313. Andreas Saint-Loup est un apothicaire renommé. Mais le jour où il découvre dans sa boutique une pièce qu'il n'avait jamais remarquée jusqu'alors, sa raison vacille. Comment ne pas remarquer, au bout de tant d'années, un espace comme celui-ci en plein milieu de son échoppe ? A force de recherches, Andreas se rend compte que quelqu'un habitait cette pièce mais qu'il n'en a aucun souvenir. Démarre alors pour lui une quête insensée pour découvrir le mystère de cette perte de mémoire.

L'Apothicaire est un roman sur lequel j'ai du mal à avoir un avis tranché. Et ce pour plusieurs raisons. L'intrigue, tout d'abord, est à la fois bien ficelée et intriguante et m'a permis d'occuper mes nuits d'insomnies pékinoises. Elle mêle à la fois véracité historique et mystères variés sans jamais sombrer définitivement dans un genre donné. Difficile de savoir dans quelle direction Henri Lœvenbruck nous entraîne au fil des 600 pages de ce roman.
En outre, et c'est très appréciable, l'auteur donne à voir sa maîtrise de la période historique de son roman - le Moyen Age - et nous en restitue un tableau à la fois vivant loin d'être édulcoré.
Pour autant, si j'ai lu avec avidité l'histoire de cet apothicaire et me suis laissée gagner par le suspense de cette mystérieuse disparition, j'ai senti une sorte d'essouflement au fil des péripéties, trouvant le schéma narratif souvent répétitif. Andreas fuit, à la recherche de son destin, poursuivi par ses assaillants, et chaque moment de bonheur n'est qu'une acalmie dans cette course effrénée jusqu'à la vérité. J'ai malgré tout poursuivi ma lecture, curieuse d'en connaître le dénouement. Malheureusement, ce dernier m'a laissée complètement sur ma faim et m'a donné l'impression de contredire la personnalité même d'Andreas, cartésien et rationnel à l'extrême.
J'ai éteint ma liseuse sans parvenir réellement à analyser mon ressenti face à cette lecture. Malgré une conclusion que je trouve en-dessous de l'intrigue développée, je n'en ressors pas foncièrement déçue. Bref, je ne sais comment conclure si ce n'est que malgré tout, et pourtant je suis prompte à cela, je n'ai pas abandonné ma lecture. A vous donc, de voir si vous souhaitez plonger en compagnie d'Andreas Saint Loup !
Voici ma sixième lecture sur mon Kindle et ma sixième participation au Club des lecteurs numériques. Un grand merci à Madame Charlotte de m'avoir permis de découvrir ce livre !

Lecteurs numériques           Lu sur mon Kindle

                

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05 mars 2012

Luxomania, Edwige Martin

LuxomaniaLuxomania : Confidences d'une vendeuse dans l'univers secret du luxe est un ouvrage paru en janvier aux éditions Plon.

Après dix ans dans la pub, Charlotte se réoriente, suite à un licenciement économique, dans l'univers du luxe : elle devient vendeuse dans l'une des enseignes les plus prestigieuses du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.
Mais dans cet établissement réputé, elle y découvre l'envers du décor : les horaires difficiles, les protocoles auxquelles elle doit se plier, les clientes exaspérantes, la compétition entre vendeurs pour une prime illusoire, etc.

Inspiré du propre parcours de l'auteure, Luxomania est un livre qui s'annonce, dès la couverture, très accrocheur. Il y est question de confidences sur les  dessous de l'industrie du luxe, grâce à l'expérience de la narratrice dans une grande enseigne (fictive).
Mais au fil des pages, ces confidences tombent à plat. Le lecteur, malgré une grande ingénuité, se doute bien que les vendeuses des magasins de luxe n'ont pas un salaire faramineux, qu'elles ne sont pas habillées de pied en cap gratuitement par la marque qui les emploie, que, comme dans toutes les autres enseignes de mode, elles doivent faire du chiffre et vendre en priorité certains objets, etc. Je n'ai été surprise à aucun moment. Ni par les excentricités de nantis ni par la misère de certaines vendeuses qui, sous leur maquillage et leur foulard en soie, cachent une vie minuscule à laquelle elles se raccrochent.
Bref, un livre qui oscille dans un genre bancal. Sans être vraiment un roman, car c'est clairement de son expérience que l'auteure nous parle, sans non plus être un essai réflexif ni une biographie (le personnage s'appelle Charlotte...), Luxomania est un titre accrocheur qui ne tient pas ses promesses. Et c'est bien dommage ! Cet univers du luxe n'a malheureusement pas grand chose de secret...

Je tiens néanmoins à remercier   logo2   et les éditions Plon  pour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

fashion

 Une lecture que j'inscis dans le défi Read me, I'm Fashion de L'Irrégulière

 

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06 février 2012

Au bonheur des Dames, Emile Zola

A bonheur des damesAu bonheur des Dames est le onzième roman de la série des Rougon-Macquart, publié la première fois en 1883.

Lorsque la jeune Denise, orpheline, arrive à Paris avec ses deux jeunes frères, elle se met en quête d'un emploi pour subvenir à leurs besoins. Son oncle, chez qui elle vient frapper, ne peut lui en donner : les affaires vont mal pour les petites boutiques du quartier qui souffrent du Bonheur des Dames, un des premiers grands magasins parisiens où les tissus se vendent à des prix dérisoires.
La jeune Denise se résout à travailler dans cette fourmilière géante, régentée par Octave Mouret. Les journées sont longues, les clientes exaspérées et les vendeuses individualistes, mais Denise travaille dur pour échapper à la misère.

Première incursion dans la saga des Rougon-Macquart (et en ayant fait des études de lettres s'il vous plaît !), la lecture de ce roman m'a littéralement enchantée.
J'ai plongé avec plaisir dans la description de ce Paris en pleine mutation et dans ces transformations économiques. Les descriptions du magasin sont telles qu'elles semblent étonnamment anachroniques pour leur époque. On y croise des employés soumis à des pressions hiérarchiques, un système d'entreprise où chaque personne possède un rôle bien défini dont il ne doit pas s'éloigner, des stratégies pour vendre et tenter les clientes, etc.
L'univers des grands magasins, décrit sous toutes ses coutures, m'a évidemment fait penser aux grandes enseignes parisiennes d'aujourd'hui, et c'est avec stupéfaction que je me suis rendu compte à quel point ces systèmes économiques sont rodés depuis bien longtemps. Le basculement, décrit ici avec l'oncle de Denise et ses voisins, montre comment les petites boutiques, fonctionnant selon des anciens modèles commerciaux, se sont fait littéralement dévorer
 par les grandes enseignes aux profits toujours plus exacerbés. C'est dur, la misère rôde pour beaucoup, mais c'est diablement bien décrit !
Zola nous plonge dans cette machine infernale où chaque employé est une partie d'un engrenage fabuleux qui permet à la bête humaine de fonctionner. Un pur régal ! Un roman qui m'a donné envie de découvrir davantage l'oeuvre de Zola. Après des années loin des auteurs classiques trop étudiés au lycée et en fac, je reviens progressivement vers eux...

Lu sur mon Kindle

Pour ceux qui veulent avoir accès au texte dans son intégralité, il est disponible chez Ebooks. Voici ma quatrième lecture sur mon Kindle, et ma quatrième participation au Club des lecteurs numériques.

                    Lecteurs numériques      

 

"Deux figures allégoriques, deux femmes riantes, la gorge nue et renversée, déroulaient l'enseigne : Au bonheur des Dames."

"Et les étoffes vivaient, dans cette passion du trottoir : les dentelles avaient un frisson, retombaient et cachaient les profondeurs du magasin, d'un air troublant de mystère ; les pièces de drap elles-mêmes, épaisses et carrées, respiraient, soufflaient une haleine tentatrice ; tandis que les paletots se cambraient davantage sur les mannequins qui prenaient une âme, et que le grand manteau de velours se gonflait, souple et tiède, comme sur des épaules de chair, avec des battements de la gorge et le frémissement des reins."

"Le soleil pâlissait, la poussière d'or rouge n'était qu'une lueur blonde, dont l'adieu se mourait dans la soie des tentures et les panneaux des meubles."

"C'était la femme que les magasins se disputaient par la concurrence, la femme qu'ils prenaient au continuel  piège de leurs occasions, après l'avoir étourdie devant leurs étalages [...] Et si, chez eux, la femme était reine, adulée et flattée dans ses faiblesses, entourée de prévenances, elle y régnait en reine amoureuse, dont les sujets trafiques, et qui paye d'une goutte de son sang chacun de ses caprices."

"Ce fut le dernier coup porté à ces dames. Cette idée d'avoir de la marchandise à perte fouettait en elles l'âpreté de la femme, dont la jouissance d'acheteuse est doublée, quand elle croit voler le marchand. Il les savait incapables de résister au bon marché."

"L'heure était venue du branle formidable de l'après-midi, quand la machine surchauffée menait la danse des clientes et leur tirait l'argent de la chair."

fashion

 Une lecture que j'inscris dans le défi Read me, I'm Fashion de L'Irrégulière


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