Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

02 septembre 2017

New York Odyssée, Kristopher Jansma

new york odyssée kristopher jansmaNew York Odyssée est le deuxième roman de l'américain Kristopher Jansma paru en janvier aux éditions Rue Fromentin.

Jacob, William, George, Sara et Irène, cinq amis liés depuis l'université et que l'entrée dans la vie active a poussés à s'installer à New York. New York, la ville qui ne dort jamais, synonyme d'effervescence, de fêtes, d'excès. Brûler la vie par les deux bouts et ne pas s'en soucier, tel était le désir de ces jeunes adultes. Mais un événement brutal va les ramener à la raison et les obliger à donner une autre direction à leur vie.

J'ai pris le parti - comme la quatrième de l'éditeur - de ne pas vous spoiler sur ledit événement, au risque de ne pas suffisamment vous allécher, peut-être. Mais sa révélation participe de l'ambiance de son intrigue et je ne veux pas gâcher cette découverte à ceux qui ouvriront ces pages.

New York Odyssée m'a été offert par mes libraires, lorsqu'en sortie scolaire avec mes pioupious du club lecture (oui, je parle de mes lycéens comme des pioupious et j'assume !) je leur ai annoncé que j'avais eu ma mutation et que je quittais la région. Nous avions passé deux heures à échanger autour des livres et avant de partir, elles m'ont collé celui-ci dans les mains, certaines qu'il me plairait. Et elles ne se sont pas trompées !

Véritable plongée dans le New York effervescent et du quotidien effréné des jeunes cadres d'aujourd'hui qui s'offrent le luxe d'un mode de vie malsain avant d'en payer chèrement les pots cassés, New York Odyssée est également une magnifique histoire d'amitié. De ces histoires qui ont pour toile de fond un Manhattan désenchanté, où le vernis se fissure rapidement pour laisser voir la partie sombre de chacun. Les paillettes et la vie trépidante se craquellent et donnent à voir le drame intime et les fêlures de chacun. Le lecteur s'attache à ces personnages si vraisemblables, se prend d'empathie pour leurs blessures, leurs errements, s'identifie, parfois, à leurs interrogations. C'est beau, c'est triste, c'est vibrant. Bref, un roman à découvrir sans hésiter. Elizabeth et Céline, si vous passez par Bouquinbourg, merci beaucoup de ce très beau roman qui a accompagné mon départ d'Ile-de-France.

"Ces soirs-là, nous savions pourquoi nous étions venus en ville. Quitte à vivre vraiment, alors nous voulions ressentir ces fêlures dans la voix, ce tremblement de toutes les extrémités. Et si nos appartements étaient des cercueils, et nos bureaux des pierres tombales, et nos rêves du poison - si tous nous allions lentement vers la mort - au moins nous nous relevions ensemble de ces épreuves grandioses et terribles." (p.16)

"Que les sceptiques doutent. Que l'avenir soit incertain. Dans une ville de huit millions d'âmes, ils seraient toujours deux, ensemble, du début à la fin." (p.61)

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03 octobre 2016

La petite couturière du Titanic, Kate Alcott

La petite couturière du Titanic Kate AlcottLa petite couturière du Titanic est un roman de la journaliste américaine Patricia O’Brien, qui écrit sous le pseudonyme de Kate Alcott, paru en 2012 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Éditions de l'Archipel en avril 2016.

10 avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton en direction de New York. A son bord, Tess Collins, une jeune gouvernante qui rêve de vivre de ses talents de couturière. La jeune fille vient d'être miraculeusement embauchée par Lucy Duff Gordon, la célèbre et non moins impressionnante créatrice de mode. Durant la traversée, Tess fait la connaissance de deux hommes - un marin et un riche homme d'affaires - avant que le naufrage ne les sépare. Sauvée de justesse, la jeune femme survit à la tragédie sans connaître le sort de ceux qui avaient fait chavirer son coeur. A New York, entre l'enquête sur le naufrage et ses débuts dans la mode, la jeune anglaise découvre une nouvelle vie.

Publié sous le titre The Dressmaker, La petite couturière du Titanic est une jolie romance qui mêle Histoire et fiction. Si le titre français peut faire penser que l'intrigue va se dérouler durant la traversée du Titanic, il n'en est rien car celle-ci, ainsi que le naufrage, sont évacués en début de roman et l'intrigue se concentre davantage sur la nouvelle vie de Tess à New York et les suites juridiques du drame du Titanic que sur la vie à bord. J'ai donc été quelque peu déçue de ce titre alléchant et en ouvrant ces pages, je m'attendais davantage à trouver des détails sur la vie sur le paquebot que sur l'enquête qui a suivi son naufrage.

Néanmoins, ma déception a rapidement été balayée par l'intérêt que j'ai porté aux détails historiques de l'intrigue. Non seulement les suites du naufrage sont historiquement fondées et bien documentées, mais certains personnages ont réellement existé, comme Lucy Duff Gordon. La créatrice de mode, dont la carrière était alors à son apogée, a ainsi créé la polémique quant aux conditions de sa survie au naufrage et sa carrière, entachée de ce scandale, ne s'en est jamais remise.

Le milieu dans lequel évolue Tess m'a également conquise - celui de la mode et de la création - et j'ai aimé suivre les pas de cette jeune anglaise dans le gigantisme de la grosse pomme du début du 20ème siècle. Si la romance est conventionnelle et sans surprise, j'avoue que je n'y ai pas prêté réellement attention. J'ai aimé ce que j'étais venue chercher dans ce roman : un contexte historique documenté et précis, sur fond de création et de mode.

En bref, une romance historique bien ficelée, bien documentée, qui ravira les amateurs d'histoire et de beaux sentiments. Merci à LP Langage&Projets et aux éditions de L'Archipel pour la découverte de ce roman.

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26 avril 2016

No impact man, Colin Beavan

No impact man, Colin BeavanNo impact man est un témoignage tiré de l'expérience écologique un peu folle que le New Yorkais Colin Beavan a racontée durant un an sur son blog. Il est paru en France en 2010 chez Fleuve Noir en grand format et en 2011 chez 10/18.

2006. Le réchauffement climatique flotte comme une menace fantasmée par les scientifiques et l'opinion publique et les politiques font la sourde oreille. Mais Colin Beavan, qui vit en plein coeur de Manhattan, sent bien que quelque chose ne tourne pas rond lorsqu'il observe des étudiants en tee-shirt en décembre, avec 20° au thermomètre. Alors qu'il réfléchit à son comportement de consommateur et à ses incidences sur l'environnement, il décide d'agir. Et pas de n'importe quelle manière : durant un an, avec Michelle, sa femme et Isabella, leur fille d'un an et demi, Colin va essayer de vivre le plus écologiquement possible en essayant d'atteindre le zéro impact environnemental. Donc zéro empreinte carbone, zéro déchet, zéro pollution dans l'air, zéro toxine dans l'eau, zéro ressource pompée à la planète. En gros, réduire son empreinte écologique à zéro. Ce qui implique un plan annuel progressif qui débute par la question des déchets, puis celle des transports, des produits ménagers et cosmétiques, de la nourriture et enfin de l'électricité. Plus de plats préparés, de légumes sous vide, de bouteilles plastiques, de couches jetables, d'ascenseur, de métro, de réfrigérateur, jusqu'à l'électricité en général, Michelle, Isabelle et Colin vont progressivement abandonner tout ce qui semble aujourd'hui être synonyme de progrès, pour mieux s'interroger. Et force est de constater que les résultats sont diablement intéressants et inspirants. 

J'en vois déjà qui murmurent dans leur barbe que mon blog se transforme en mix entre romans feel good et documentaires écolo... Je vous avoue que ce n'est pas l'idée mais si les premiers me permettent en ce moment de me détendre et de m'évader, les seconds nourrissent une réflexion débutée depuis plusieurs années. Après Zéro déchet, ma super copine Hélène, engagée dans une démarche similaire à la mienne, m'a prêté ce livre et je dois dire que sa lecture a été des plus édifiante.

Jamais moralisateur, avec une humilité des plus déconcertantes, Colin Beavan se présente en citoyen lambda, conscient des enjeux planétaires et qui décide d'agir, ou tout du moins d'essayer. Sa réflexion permet d'aborder la dichotomie entre action collective et action individuelle et de se faire sa propre opinion. Récit de cette année de réflexion et de tâtonnements, ce livre suit les recherches de l'auteur, ses hésitations, ses doutes, les difficultés qu'il rencontre à mettre en oeuvre son projet (notamment familiales). Mais sans jamais baisser les bras, en contactant divers spécialistes, associations, politiques, Colin poursuit son projet de No Impact et l'adapte à son quotidien. Car se priver d'ascenseur quand on habite au neuvième étage d'un immeuble est déjà un énorme pas, comme celui d'aller au marché quand les repas sont habituellement achetés sous vides ou livrés par des traiteurs, ou encore décider d'être locavore quand on vit à Greenwich Village, en bas de la 5e Avenue. Colin et sa famille expérimentent beaucoup de choses, discutent, s'engueulent, parlementent, se réjouissent de certaines trouvailles, moins d'autres. Mais surtout ils se rendent compte à quel point une vie moins sédentaire leur convient mieux, que des plats frais préparés avec des aliments simples et sains leur donnent beaucoup plus d'énergie, qu'abandonner la télé leur permet de davantage profiter des liens sociaux, etc. Tous les trois semblent avoir trouvé une façon de vivre certes extrême durant un an, mais beaucoup plus saine, détendue, économique et bonne pour leur santé et Colin conclut son ouvrage en listant les habitudes qu'il a conservées après cette année expérimentale (la tasse réutilisable, le vélo, etc.), celles qu'il a adaptées et celles qu'il a abandonnées.

Colin Beavan, une sorte de héros sauveur de la planète, un surhomme en collant vert qui porte sa fille sur ses épaules pour descendre les neuf étages de leur immeuble, qui roule en tricycle en plein coeur de Manhattan, qui va au marché trois fois par semaine pour acheter des produits qui viennent d'un rayon de 400km maximum et cuisiner des repas sains et végétariens pour sa petite famille, qui s'occupe des couches lavables de sa fille (sa femme ayant décrété que comme c'était son projet, il en assumait les conséquences !), de la lessive à la main, monte à pied les douze étages de l'immeuble où il travaille, fait pousser de la menthe sur son balcon pour préparer des infusions qui remplacent le café, se trimballe avec un vieux pot de cornichons en guise de verre pour l'eau ou le thé, bref, Colin, une voix qui s'est élevée dès 2007 sur des problématiques qui nous concernent tous et qui a fait une drôle d'expérience que l'on devrait tous lire.

Pour ma part, vous vous en doutez si vous me connaissez un peu (et vue la longueur de cet article - du reste je vous félicite si vous l'avez lu en entier, le cas échéant je vous lance virtuellement des petits bouts d'épluchures de légumes, zéro déchet oblige !), ce livre m'a bien entendu ravie et donné envie de continuer ma réflexion sur le sujet. Depuis ma chronique sur Zéro Déchet et la liste des choses que j'avais entreprises pour la planète, j'ai continué à avancer : j'ai repris les serviettes en tissu plutôt que l'essuie-tout à la maison comme au boulot, j'ai acheté une gourde réutilisable (mon super Gobi que je vous présentais fièrement hier sur Instagram et que j'aime déjà d'amour !), j'ai vidé presque totalement mes boîtes mails boulot et perso et je recycle systématiquement tout carton et papier (chose que je ne faisais que partiellement jusqu'alors, alors que le verre cela fait bien longtemps). Il y a encore des choses à faire mais en trois mois, je me rends compte que j'ai quand même avancé. Prochaine étape : les cosmétiques ! Mes copines m'ont acheté le livre Slow Cosmétique le guide visuel pour mon anniversaire et je crois que je vais avoir peur de voir tout ce que je mets sur ma peau et mon corps... et que je rejette ensuite dans les eaux et qui pollue ! Et pour ceux qui en ont marre, je vous annonce qu'il y aura sous peu une autre chronique verte avec le livre super rigolo mais très intructif Famille (presque) zéro déchet que mes copines m'ont aussi offert pour mon anniversaire. J'en suis complètement fan et je sens que je vais encore vous en faire des tartines... 

 A la fin de son expérience, Colin Beavan a lancé un projet mondial No Impact au printemps 2009, conjointement à la sortie de son livre et qui permet de mutualiser des réflexions sur le sujet. N'hésitez pas à aller faire un saut sur le site (en anglais par contre !)

 

 Et parce qu'il a lancé un blog dès le début de son projet, Colin a bénéficié d'une large visibilité dans les médias pour relater son expérience et a été suivi par une équipe de cinéastes indépendants qui ont réalisé un film sur cette année hors du commun. Alors si vous voulez savoir comment Colin, Michelle et Isabella ont vécu cette année No impact, jetez un oeil à cette bande-annonce !

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29 mars 2016

La nuit de l'oracle, Paul Auster

La nuit de l'oracle, Paul AusterLa nuit de l’oracle est un roman de l’écrivain américain Paul Auster paru en 2004 chez Actes Sud.

Sidney Orr est écrivain, et après une longue maladie, il se remet peu à peu à l’écriture. Il trouve l’inspiration grâce à un étrange petit carnet bleu acheté dans une papeterie minuscule. Mais peu à peu, alors qu’il est pris par la frénésie de l’écriture, Sidney voit peu à peu son univers se détériorer et les frontières entre fiction et réalité s’estomper.

Premier Paul Auster que je lis (il faut bien un début à tout !), La nuit de l’oracle est un roman gigogne des plus fascinants où plusieurs histoires s’emboîtent. Il y a celle, principale et évidente, de Sidney Orr qui raconte sa vie et abonde en notes de bas de page, afin de donner le maximum de précisions à son lecteur, mais celle aussi qu’il écrit dans son carnet bleu et enfin La nuit de l’oracle, le roman que trouve le personnage de son livre. Trois histoires emboîtées, trois frontières de plus en plus poreuses, et un personnage qui ne sait plus si ce qu’il écrit est vrai ou si sa vie est une fiction.

Brillamment orchestré, La nuit de l’oracle est un texte à la narration alambiquée qui plonge dans les méandres de l’imagination d’Auster et dont le lecteur sort à bout de souffle, chamboulé et un peu secoué par ce labyrinthe étourdissant.

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13 janvier 2016

La Cité des dieux sauvages, Isabel Allende

La Cité des dieux sauvagesLa Cité des dieux sauvages est le premier tome d'une trilogie de romans jeunesse écrits par l'écrivaine chilienne Isabel Allende, paru en 2003 chez Grasset.

Sa mère gravement malade, Alexander Cold est envoyé chez sa grand-mère paternelle à New York. Pour l'adolescent, la découverte de la ville et la vie avec cette femme excentrique et froide est un choc. Mais il apprend bien vite qu'il doit suivre celle-ci, en plein coeur de l'Amazonie, pour se lancer sur les traces d'une créature gigantesque, probablement humanoïde, qui sème la mort sur son passage. Alex et sa grand-mère se joignent alors à l'expédition dirigée par un célèbre anthropologue et se lancent à la poursuite de la Bête. Alex n'est pas au bout de ses surprises.

Cela faisait quelques temps que j'avais envie de découvrir l'oeuvre d'Isabel Allende - et notamment La maison aux souvenirs - et l'occasion m'a été donnée il y a peu de découvrir ce roman, offert pour l'achat de deux autres.
Originellement destiné à un lectorat adolescent, ce premier tome combine tous les ingrédients d'un roman d'aventure : un jeune héros qui sort de son environnement habituel, une quête, un danger qui rôde sous la forme de cette étrange créature, des péripéties en chaîne et un suspense croissant quant à la loyauté des membres du groupe. La quête initiatrice est là, elle aussi, et possède des relents de Jules Verne. 
Si l'intrigue est bien ficelée, ce roman s'apparente néanmoins clairement à une cène d'exposition et joue parfaitement son rôle de premier tome d'une trilogie. Isabel Allende distille ce qu'il faut comme détails pour offrir à sa série une densité intéressante, tout en permettant à ce premier tome de fonctionner de façon indépendante.
Si j'ai apprécié l'ensemble (j'adore absolument tout ce qui a trait aux expéditions scientifiques, témoignage évident de mon désir secret de jouer à Indiana Jones !),
je n'ai pas été séduite au point de souhaiter poursuivre la lecture de cette trilogie. Cela tient peut-être à mon absence relative de goût pour les romans en série, ou au fait que le charme n'a pas opéré autant que je l'aurais souhaité avec cette intrigue et ses personnages. Je persiste néanmoins dans ma volonté de découvrir La maison aux esprits et le reste de l'oeuvre de cette auteure.

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17 juin 2015

Reckless T.1 Le Sortilège de pierre, Cornelia Funke

Reckless TReckless est une série de fantasy imaginée par la romancière et illustratrice allemande Cornelia Funke, connue pour son best-seller Coeur d'encre. Le premier tome, Le sortilège de pierre, est paru en 2010 chez Gallimard.

Jacob Reckless a douze ans lorsqu'il découvre un monde parallèle derrière le miroir du bureau de son père. Un monde fascinant mais dans lequel rôdent des créatures maléfiques. Le garçon s'y évade toutes les nuits et devient chasseur de trésors jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. Mais une nuit, Will, son jeune frère, le suit et faute de prudence, est victime d'un sortilège le transformant peu à peu en Goyl, une créature en pierre. Le temps compte, car Will commence déjà à se transformer et oublier Clara, celle qu'il aime. Jacob n'a que deux jours pour sauver Will avant que ce dernier ne se transforme totalement en pierre et oublie son passé d'humain.

Je ne suis pas une grande lectrice de Fantasy, en témoignent mes chroniques de lecture. Mais depuis que je suis (assidûment même !) un MOOC consacré au sujet, mon horizon littéraire s'élargit, tout comme mes envies ! Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce nouveau roman de Cornelia Funke que j'avais sous la main.  
Le roman s'ouvre sur la découverte du monde derrière le miroir par le jeune Jacob, puis après quelques descriptions qui plantent le décor d'un univers de fantasy, le récit fait un bond de douze ans dans le futur et le lecteur retrouve Jacob, vingt-quatre ans, en prise avec la malédiction de son frère qui le ronge peu à peu et transforme sa peau en pierre.  Cette ellipse temporelle, si elle déroute de prime abord, annonce dès le début l'enchevêtrement de l'intrigue qui se déroule de façon linéaire mais délivre au fur et à mesure des éléments du passé qui permettent de la comprendre.  
L'intrigue poursuit le schéma traditionnel de la quête d'un héros solitaire et les allusions aux contes de fées sont légion (les prénoms des deux frères n'étant pas sans rappeler ceux des frères Grimm, bien entendu). Les créatures merveilleuses se succèdent, empruntées à différents folklores, et le lecteur de suivre les aventures de Jacob et de son frère, dans cet univers onirique et inquiétant.  
Un roman qui se lit très vite, à la particularité d'être illustré par l'auteure elle-même, et qui ouvre de belles perspectives d'aventures pour le trio de personnages. Si j'ai passé un bon moment de lecture, j'avoue avoir été quelque peu déçue en comparaison de Coeur d'encre et de son hommage aux livres. Mais peut-être que le deuxième tome, que j'ai sous la main également, saura me faire changer d'avis ?

 Et hop ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 :

24. Un livre choisi pour sa couverture

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16 avril 2015

La vérité sur l'Affaire Harry Québert, Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry QuébertLa vérité sur l'Affaire Harry Québert est le deuxième roman du Suisse Joël Dicker paru aux éditions Fallois / L'Age d'Homme en 2012 et couronné la même année par le Grand prix du roman de l'Académie française et le Goncourt des lycéens.

New Hampshire, août 1975. Nola Kellergan, quinze ans, disparaît mystérieusement à Aurora, petit village de la côte. L'affaire est classée sans suite faute d'indices probants
New York, 2008. Marcus Goldman est la gloire montante de la littérature américaine. Son premier roman l'ayant propulsé en haut des ventes, le jeune homme goûte à la gloire et à ses paillettes. Mais tenu de fournir un nouveau roman à son éditeur, Marcus panique. L'angoisse de la page blanche le guette et les semaines défilent sans qu'il ne parvienne à écrire quoi que ce soit
Bien décidé à honorer son contrat éditorial, le jeune écrivain décide d'aller rendre visite à un de ses anciens profs de fac, Harry Québert, à Aurora. Mais malgré les échanges avec son vieil ami, Marcus est en mal d'inspiration et contraint de rentrer à New York. Mais sa surprise est immense quelques jours plus tard lorsqu'un coup de téléphone l'informe de l'arrestation d'Harry. Trente-trois ans après sa disparition, le corps de Nola vient d'être retrouvé enterré dans la propriété de ce dernier. Mû par son désir de soutenir son ami, Marcus retourne à Aurora. Et au fil des jours, son désir se transforme en volonté d'innoncenter son mentor en écrivant son histoire. Le jeune écrivain se lance donc à la recherche de preuves.

Tant a déjà été dit de ce roman à sa sortie qu'il est bien difficile d'écrire une chronique qui apporte quelque chose. Mais je ne pouvais pas ne pas parler de ces 900 pages dévorées en cinq jours ! Je m'en suis longtemps tenue éloignée, allergique que je suis à ces titres dont tout le monde a parlé. Et même s'il y a eu des avis négatifs, beaucoup l'ont encensé. Alors par peur d'être déçue, encore (je me souviens de ma rencontre en demi-teinte avec Zafon), je gardais ce livre à distance. Mais une sorte d'engouement s'est produit de façon totalement indépendante autour de moi, et il ne m'en a pas fallu plus pour l'ouvrir ! (vous remarquerez à quel point je suis parfois faible et influençable ?)

Et j'ai drôlement bien fait ! Quand on parle d'addiction avec ce roman, c'est exactement ça. Si vous faites comme moi, vous allez l'ouvrir, un peu présomptueux, avec cet air d'en avoir vu/lu d'autres, en vous disant que non, décidément, cela ne passera pas par vous... Et puis... Et puis vous allez tourner les pages. Vite. Très vite même. Avide de savoir ce qui se passe. Parce que Joël Dicker excelle dans ce petit exercice de style qui consiste à accrocher son lecteur et ne plus le laisser partir. Malgré un style assez plat et qui ne restera pas dans les mémoires, le charme opère. Le suspense est distillé juste ce qu'il faut, le héros sympathique mais pas trop, les descriptions cinématographiques, la narration dynamique - l'intrigue alterne les époques - et lorsque Harry est emprisonné, le lecteur n'a qu'une envie : que Marcus retourne dans cette petite ville du New Hampshire et résolve ce mystère. Parce qu'il s'agit bien d'un mystère. Qui croire ? A qui faire confiance ?  Vaste question...

Dit comme ça, je sens que vous allez me rétorquer qu'il n'y a là rien de bien original. Et je vous le concède. Sur le papier, quand on en entend parler, il flotte comme une impression de déjà lu. On pense à Lolita avec cette petite Nola, à Millenium pour ce huis-clos et ce passé un peu glauque que l'on déterre des années après. Oui. Mais comme avec le premier tome de Millenium, cela fonctionne vraiment bien et je vous défie d'interrompre votre lecture !

Le roman est structuré par des conseils d'écriture prodigués par Harry à Marcus. Et c'est là que c'est drôlement intéressant. Joël Dicker emberlificote son lecteur et sème le doute. Car le héros ressemble quand même beaucoup au romancier. Mise en abyme ? Joker sorti de la manche de l'auteur ? Je ne vous dirai rien et vous laisse vous interroger. L'écriture et le métier d'écrivain ont une large place dans cette intrigue, et ce n'est pas pour me déplaire, bien au contraire.

En tout cas, je ne peux que vous encourager à vous glisser aux côtés de Marcus pour élucider ce mystère et aider le jeune romancier à écrire son roman-plaidoyer. Ouvrez La vérité sur l'Affaire Harry Québert, et parlons-en ensemble. Parce que des quatre personnes autour de moi qui l'ont lu en même temps que moi, les avis ont été unanimes... Alors, tentés ?

D'autres lecteurs : A propos de livres, Cristie, Enna, Laure, Marion, Natiora, etc.

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13 février 2015

La vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola

La vie sexuelle des super-hérosLa vie sexuelle des super-héros est un roman de l'écrivain italien Marco Mancassola paru chez Gallimard en 2011.

New York, mai 2005. Les super-héros qui ont sauvé l'Amérique au début du siècle dernier ont cessé leurs actions bienfaitrices et se sont recyclés dans diverses activités professionnelles. 
Mais une menace plane au-dessus d'eux, sous la forme de lettres anonymes révélant des détails de leur sexualité. Quand Robin est assassiné, la menace devient réelle et les super-héros commencent à craindre pour leur vie...

Avec un tel titre, je m'attendais à un roman traitant son sujet avec humour. Je m'attendais à du frivole, du léger. Un tueur qui menace ses victimes en leur parlant de leurs fantasmes les plus secrets et en révélant des détails croustillants de leur sexualité ? Voilà qui était amusant et tentant comme approche. 
Malheureusement, il n'en est rien. Non seulement ce roman n'est pas drôle du tout, mais en plus son intrigue est lente et tortueuse, les chapitres se succédant sans réel lien apparent si ce n'est les super-héros. C'est sombre, désabusé et nostalgique, comme si Marco Mancassola embrassait le point de vue de ces anciennes stars déchues. On pourrait y voir une critique de la société, certes, mais on s'interroge sur la nécessité du sexe et de la noirceur pour étayer cette idée.
Si le plaisir de retrouver des grands noms de chez Marvel et DC Comics est là - le lecteur suit tour à tour le quotidien de Mister Fantastic, Batman, Mystique et Superman - il est de courte durée. C'est malheureusement tout l'intérêt que j'ai trouvé à ce roman. Et c'est bien peu.
Les scènes de sexe sont gores et glauques, les personnages seuls et déprimés. Et puis c'est lent. Si lent. Un bien triste portrait de l'Amérique. Si triste que je n'ai même pas réussi à aller au bout de ce roman de près de six cents pages. L'intrigue traîne trop en longueur, s'étire tel le corps de Mister Fantastic. Et puis franchement, quelle idée aussi d'assassiner Batman avec un fist fucking ?  Je crois que c'est le détail qui m'a décidée à arrêter ma lecture. Oui, messieurs dames, Batman mérite une fin plus digne. Non mais.
Une erreur de casting dans mon parcours de lectrice. C'est sûr. Un roman dont je n'ai absolument pas saisi l'intérêt et qui - c'est rare - m'est littéralement tombé des mains. Maintenant, si vous avez vraiment du temps à occuper et de la patience...

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015
50 - Un livre que vous avez commencé et jamais terminé

Un livre que vous avez commencé et jamais terminé.

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28 mai 2014

Ekhö Monde Miroir T.2 Paris Empire, Arleston et Barbucci

Ekhö Monde miroir TParis Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2013 chez Soleil.

Fourmille Gratule, qui a atterri par hasard sur Ekhö dans le premier tome, s'est installée dans le New York de ce monde miroir du nôtre où les dragons remplacent les moyens de transport et l'électricité n'existe pas. Gérante de l'agence artistique que sa tante lui a léguée, Fourmille doit se rendre à Paris avec Yuri, qui a malencontreusement atterri sur Ekhö lui aussi, et Grace, la secrétaire de l'agence, afin de négocier un contrat. Mais Fourmille est une nouvelle fois possédée et cette fois-ci c'est le fantôme du fils de Napoléon VII qui l'habite. Le mystère de sa mort doit être résolu pour que Fourmille retrouve sa personnalité...

J'avais adoré découvrir le premier tome de cette série, m'immergeant avec beaucoup de plaisir dans cet univers d'heroïc-fantasy très attachant. Le plaisir est intact à la lecture de ce deuxième opus.
L'intrigue esquissée dans le premier tome s'installe progressivement dans cette suite et s'ouvre toujours autant, promettant à la série des aventures rocambolesques.

Les dessins de Barbucci sont encore une fois magnifiques et les larges planches du Paris et du New York d'Ekhö sont un régal pour les yeux. Les détails sont très nombreux et particpent de cette ambiance particulière, à la fois légère et onirique.
L'humour est toujours aussi présent et permet de casser le côté classique de l'intrigue. Le duo formé par Fourmille et Yuri détonne toujours autant par son inadéquation et créé des situations toujours aussi cocasses.
Un deuxième tome prometteur, donc, qui permet d'ancrer la série davantage dans son univers miroir et tisse une intrigue qui s'annonce riche pour la suite.

Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette lecture encore une fois très agréable.

  Voici ma 65e participation  à la de Mango
 
et ma 53e au Top BD des blogueurs de Yaneck
  Top BD

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30 mai 2013

Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald

P1060744Gatsby le magnifique est l'un des romans les plus connus de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerlad. Paru en 1925, il n'a pas séduit ses contemportains. C'est dans les années 50, après la mort de son auteur survenue en 1940, que le roman rencontra son public et devint une référence.

Été 1922, dans la moiteur new-yorkaise. Nick Carraway, le narrateur, loue une modeste maison à Long Island, dans la banlieue de New-York.
Intrigué par le faste des fêtes données par son voisin, il rencontre le mystérieux Jay Gatsby. Personne ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il possède une fortune colossale et fuit la solitude.
Lorsque ce dernier lui demande une entrevue avec Daisy, sa cousine, Nick accepte sans savoir les conséquences de son acte.

Roman culte s'il en est, Gatsby le magnifique semble être sur toutes les lèvres depuis la projection de l'adaptation de Baz Luhrmann avec Di Caprio dans le rôle titre à l'ouverture du Festival de Cannes.
Pour ma part, j'ai eu envie de découvrir Fitzgerald et sa plume par le biais de ce roman. Tendre est la nuit m'attend sagement dans ma PAL et ne devrait pas y rester bien longtemps.
Car Gatsby le magnifique est un roman fascinant, tant dans sa construction que dans son intrigue. Fitzgerald choisit comme narrateur Nick, un voisin devenu ami du fameux Gatsby, mais il distille du suspense dès l'ouverture du roman. Nick écrit ces lignes bien après cet été 1922 et de ses paroles semblent suinter quelque chose de tragique. Les événements se succèdent et avec eux les révélations sur le passé de Gatsby et de ceux qui gravitent autour de lui.
L'ambiance de ce roman est singulière. L'effervescence des années folles liée à l'émergence du jazz, à la prohibition de l'alcool et aux grandes chantiers de construction à New-York est sensible au fil des pages et c'est avec brio que Fitzgerlad parvient à faire revivre cette insouciance joyeuse.
L'écriture de Fitzgerald, enfin, est fluide et imagée et souhait et offre à son intrigue une richesse de descriptions salutaires.
Une lecture à part. Un romancier talentueux qui, comme bien d'autres, n'a pas eu la reconnaissance qu'il méritait de son vivant. Un auteur dont je vais poursuivre la découverte et que je vous engage à lire à votre tour.
D'autres avis : Cla, Cristie, Cynthia, Keisha, Sofynet, Yoshi73, Yuko, etc.

 Cette lecture me permet d'avancer dans trois des challenges auxquels je suis inscrite !

  • 1/5 pour le Challenge Gilmore Girls  chez Touloulou
  • deuxième participation au Thursday Next Challenge organisé par Alice
  • 2/6 au Challenge Romans Cultes organisé par Métaphore 

 Challenge Gilmore Girls 

Je sors de mon habitude de ne parler que d'un livre et non de son adaptation pour vous dire deux mots du film de Baz Luhrmann, actuellement sur nos écrans. J'ai été déçue. Si les costumes réalisés par la créatrice italienne Miuccia Prada sont magnifiques, certaines scènes sont déconcertantes d'anachronismes. Comme si Baz Luhrmann avait souhaité rendre contemporain son film pour mieux séduire son public. Les scènes de fêtes, somptueuses dans le roman, sonnent faux dans le film et brisent la vraisemblance historique. Pour ma part, je n'ai pas eu l'impression d'être immergée dans les années 1920 mais de regarder une soirée costumée de la jet-set actuelle. Bien dommage...

Gatsby_le_Magnifique_1 Gatsby_le_Magnifique_2 


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