Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




23 mai 2019

La femme optimale, Miranda Gray

La femme optimale, Miranda GrayLa femme optimale est un  ouvrage de l'américaine spécialiste des femmes Miranda Gray. Il est paru en 2015 aux éditions Le Courrier du Livre. 

Toutes les femmes sont concernées par la question du cycle féminin. Souvent perçu comme une contrainte, voire une honte dans nos sociétés occidentales, il recèle pourtant de nombreux atouts. Miranda Gray s'intéresse au sujet et plus particulièrement aux fluctuations dans la vie des femmes et s'attache à montrer que chaque phase - phase menstruelle, pré-ovulatoire, ovulatoire et pré-menstruelle - est porteuse d'une énergie particulière. Cassant l'idée reçue d'une linéarité dans le quotidien des femmes, elle concentre son propos sur les cycles pour comprendre les périodes de chaque mois et les ressentis physiques et émotionnels qui en découlent. Le plan d'action sur 28 jours qu'elle expose promet de s'épanouir davantage en prenant en compte son cycle et en profitant de ses bienfaits plutôt que de le percevoir comme un désagrément. 

Vous l'avez peut-être remarqué, mais depuis quelques mois, je m'intéresse à la question du cycle féminin. Après la lecture de Sagesse et pouvoir du cycle féminin en janvier - lecture qui m'a permis d'arrêter mon contraceptif oral et d'utiliser la méthode de la symptothermie - j'ai eu envie d'avancer encore dans la compréhension de mon corps et la communication avec celui-ci. J'avais demandé ces deux livres à Noël et c'est tout naturellement que j'ai enchaîné avec la lecture de celui-ci.
Si je suis pour l'instant en plein milieu du plan et ne peux pas vraiment vous faire un retour sur la question, je peux néanmoins vous dire que j'ai énormément appris avec cette nouvelle lecture sur le sujet. Si Sagesse et pouvoir du cycle féminin se penche plus sur la question de la physionomie, de la symbolique, de la naturopathie et de la communication avec son corps (ce qui en fait selon moi une excellente introduction au sujet !), ce guide pratique est davantage un outil pour avancer dans la compréhension de son corps et de ses émotions.
Miranda Gray insiste sur le fait que le corps féminin est perpétuellement dans une phase de son cycle et que celui-ci ne se limite ni aux menstruations ni à l'ovulation. En
 renommant les quatre phases du cycle - phase contemplative, dynamique, expressive et créative - elle a étudié de près les capacités qui ressortent généralement de ces moments. Ainsi, les phases de menstruation et d'ovulation - respectivement phases contemplative et expressive - sont plus propices à l'introspection, au retour sur soi et à la passivité, tandis que les phases pré-ovulatoire et pré-menstruelle - phases dynamique et créative - sont des phases actives, plus dynamiques, ouvertes vers l'autre et la mise en place de projets. Rien n'est figé dans le propos, et l'auteure n'a de cesse de prévenir ses lectrices que chacune peut s'inspirer du plan et de ses conseils et l'adapter à ses propres ressentis. L'idée est de comprendre qu'être une femme ne permet pas une réelle linéarité d'énergie et d'émotions et qu'au lieu de combattre son cycle - voire l'ignorer - il vaut mieux le comprendre pour en tirer bénéfice. A chaque phase ses capacités, et le savoir permet de changer la donne !

Pour ma part, j'ai beaucoup appris avec cette lecture. Si le propos mériterait d'être un peu élagué pour cause de redites fréquentes (au moins, c'est quasi impossible de ne pas avoir compris l'essentiel !), il n'en demeure pas moins très intéressant. Je craignais un fatras ésotérique trop axé féminin sacré pour moi, mais finalement l'ensemble reste vraiment rationnel. J'ai pioché beaucoup d'idées dans ce guide et compris beaucoup plus mes émotions en les faisant coïncider avec les phases de mon cycle. L'idée du plan en 28 jours permet de travailler quotidiennement sur un domaine - bien-être, objectifs ou travail - et de profiter du potentiel de chaque phase pour l'exploiter au maximum. Pour l'instant, ça me parle beaucoup et coïncide avec mes émotions, donc je suis conquise !
En bref, un excellent ouvrage qui permet d'aller plus loin sur la question du cycle féminin. Encore un incontournable à avoir dans sa bibliothèque selon moi. 

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06 janvier 2019

Inspiration du jour : photo

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Pas de chronique de livres aujourd'hui, mais une photo pour le Challenge Feel Good. Une photo prise lors d'une balade au début de cet automne, dans une forêt en Lorraine, près de chez moi. Une photo qui m'inspire tout autant qu'elle m'apaise. Regarder ce chemin me relie à la notion de chemin personnel. Chacun poursuit sa route, sa vie. Et même si elle a parfois des bosses, des trous, des virages, elle est là, parfaite dans ce qu'elle est. Juste pour chacun d'entre nous. Et en ce moment, alors que ma vie est à un tournant, je me raccroche à cette idée que je suis sur mon chemin de vie et que j'y suis à ma place. A ma juste place.

Passez une douce soirée.

***

 Jour 6 du Challenge Feel Good 

 Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

     

 

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04 janvier 2019

Sagesse et pouvoirs du cycle féminin, Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc

Sagesse et pouvoir du féminin sacréSagesse et pouvoirs du cycle féminin est un ouvrage coécrit par Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc paru la première fois en juin 2014 aux éditions Le Souffle d'Or. Une seconde édition, revue et corrigée, est parue en juin 2017.

Des premières règles à la ménopause, ce livre accompagne chaque femme durant son cycle féminin. Sans tabou, avec bienveillance, les deux auteures délivrent des conseils pour mieux appréhender sa féminité grâce à l'usage de plantes ou des postures, mais aussi pour mieux se connaître et se comprendre. Largement illustré, ce guide permet aux lectrices de comprendre les mécanismes à l'oeuvre durant leur cycle, en reconnaître les phases, s'approprier leur corps et renouer le dialogue avec lui. Qu'il s'agisse de connaître ses périodes de fertilité, de comprendre le fonctionnement de son cycle, d'opter pour une méthode de contraception ou de protection plus naturelle, la lectrice est guidée pas à pas tout au long de ce guide.

Cela faisait quelques temps que je m'intéressais à cette question de cycle féminin, subissant le mien plus que je ne le comprenais. J'avais amorcé une réflexion sur le sujet il y a quelques années, quand j'ai cessé définitivement les protections jetables pour l'usage d'une coupe menstruelle, mais cela s'était arrêté là. Quand j'ai découvert ce guide sur le blog de Natasha Echos Verts, j'ai su que j'avais trouvé la perle rare !      
Sagesse et pouvoirs du cycle féminin aborde sans tabou
un sujet dont on parle si peu et qui concerne pourtant toutes les femmes : le cycle féminin.      
Encore une fois bien documenté et proposant une bibliographie conséquente en annexe, ce guide à la fois théorique et pratique est découpé en trois parties :      
1/Etre une femme : découverte du corps, les règles, les hormones, les peurs ancestrales liées aux règles, les bonnes habitudes pour la santé féminine, les aliments qui nourrissent le cycle féminin, les plantes alliées de la santé des femmes   
2/
Bien vivre ma fertilité : observation de son corps, les périodes de fertilité et d'infertilité, tenir un calendrier pour son cycle, les plantes amies de la fécondité, retrouver les vrais cycles après l'arrêt de la pilule ou le retrait d'un stérilet, les contraceptions non agressives et naturelles, l'avortement     
3/
Vivre en harmonie avec mon cycle ; la renaissance après les règles, le rayonnement lors de l'ovulation, l'intuition avant ses règles, le calme des règles, créer un mandala de son cycle, la mémoire des femmes.      

Une très belle découverte, un guide précieux, dans lequel j'ai pu piocher beaucoup de conseils et d'idées, et que j'aurais aimé découvrir plus tôt, pour avoir moins cette impression de subir mon cycle et mes règles et me battre avec mon corps pendant les périodes de douleurs et de fatigue. Un incontournable à avoir chez soi, un ouvrage à offrir aux femmes de son entourage, pour parler et échanger sur le sujet.

Jour 4 du Challenge Feel Good 

 Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

      

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23 décembre 2018

Noël à la petite boulangerie, Jenny Colgan

Noël à la petite boulangerieNoël à la petite boulangerie  est le dernier tome de la trilogie imaginée par Jenny Colgan. Il est paru en novembre 2017 aux éditions Prisma.

A Mount Polbearne, Noël approche et Polly et Huckle coulent des jours heureux, entre la boulangerie de la jeune femme et l'exploitation apicole de son compagnon. Mais le jour où Kerensa, la meilleure amie de Polly, lui annonce qu'elle ne sait pas si son mari est le père de son futur enfant, le monde de Polly chavire. La jeune boulangère veut garder le secret tout en ne rompant pas la confiance de Huckle, qui rêve de passer un peu plus de temps avec elle, alors que la boulangerie l'accapare peu à peu. En parallèle, une femme contacte Polly et lui annonce que son père, qu'elle ne connaît pas, est sur le point de décéder et demande à la voir. La veille de Noël est chargée en émotions pour la jeune femme...

J'adore, mais vraiment j'adore, les aventures de Polly ! J'avais dévoré le premier tome (et offert à beaucoup de gens de mon entourage !) et enchaîné sur la suite avec un grand enthousiasme. J'attendais donc avec impatience la fin de la trilogie et son dénouement.

Et je dois vous avouer que j'ai été un peu déçue. Vraiment déçue en fait. Si le cadre est toujours génial - Mount Polbearne, cette presqu'île des Cornouailles accessible que quelques heures par jour par un gué -, les personnages attachants, j'ai trouvé l'intrigue de ce troisième tome vraiment abracadabrante et invraisemblable. Je n'ai aimé ni le traitement de l'enfance de Polly - dont le père ne l'a pas reconnue - ni les questions concernant Kerensa, épouse adultère qui doute de la paternité de son enfant à venir. Les deux sujets sont survolés, manquent de profondeur, et c'est vraiment dommage.

J'attendais aussi que Noël soit magnifié, célébré comme il se doit à Mount Polbearne, mais Jenny Colgan a pris le parti de survoler les festivités et de les associer à une surcharge de travail pour Polly et des tensions dans son couple. Envolées donc, les réjouissances de fin d'année, place aux commandes insurmontables et aux ennuis financiers. Bref, on fait mieux pour faire rêver ! Or, et c'est là que le bât blesse, c'est justement en vendant un peu de rêve que cette série a autant séduit. Reste que ce troisième tome déroge à la règle et nous offre une intrigue un peu réchauffée sur la question de la confiance et de la famille.

Bref, vous l'aurez compris, une lecture largement en demi-teinte. Si je suis contente d'être retournée à Mount Polbearne retrouver Polly, Huckle et Neil, j'ai été vraiment déçue par l'intrigue développée. Dommage que la série se termine ainsi, cela ne lui rend pas hommage...

 Les avis de Chicky Poo, Isabelle, Agdel, Olive, Lilas, Joy, Myrtille, Fondant Grignote et Samarian.

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13 septembre 2018

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

Trois fois la fin du monde Sophie Divry

Trois fois la fin du monde est le nouveau roman de Sophie Divry paru ele 23 août aux éditions Noir sur Blanc.

A cause d'un braquage qui a mal tourné avec son frère, Joseph Kamal se retrouve en prison. Seul, sans famille - son frère s'est fait tuer par les policiers -, et sans espoir, le jeune homme tente de survivre non sans mal dans ce milieu ultra violent et codifié. Il baisse l'échine, voit l'horreur et ferme les yeux. Il voudrait que cela cesse, quitter cet enfer. Une explosion nucléaire lui offre cette chance. Joseph s'évade de la prison détruite et survit miraculeusement aux émanations toxiques. Avide d'une solitude tant recherchée en prison, il s'installe en zone interdite. Sur son chemin, il trouve une petite ferme isolée. Lui, le gosse de la ville, retrousse ses manches et se met à cultiver de quoi survivre. Rejoint par un mouton et un chat, il se créé son petit paradis, en auto-suffisance.

J'ai toujours hâte de découvrir un nouveau livre de Sophie Divry. Si j'avais adoré son premier roman, La cote 400, j'avais été ennuyée par le personnage de La condition pavillonnaire  mais complètement séduite par  Quand le diable sortit de la salle de bain. En ouvrant celui-ci, le suspense était entier : la magie allait-elle opérer ? Et bien oui, un grand et immense oui ! La magie a opéré.
Sophie Divry réussit le tour de force de faire prendre un virage surprenant à son roman avec cette catastrophe nucléaire. Après un début dans la violence de l'univers carcéral, son personnage, Joseph, qui prend en charge la narration, se retrouve dans le silence et la solitude totale dans un univers post-apocalyptique. Loin de tout être humain. Loin de toute violence. Loin de toute communication, aussi. Il découvre le plaisir simple que procure la vie près de la nature, la satisfaction du travail manuel, et les douces relations avec les animaux. Robinson Crusoé contemporain au milieu de cette nature qui reprend le dessus, il se cache, attend. Parce que le retour en prison est inenvisageable pour lui, il préfère fuir la société des hommes et vivre en communion avec la nature, les saisons, les animaux. C'est beau, fort, poétique et imagé. Le lecteur de patienter aux côtés de Joseph, d'observer, avec lui, le temps qui passe, même si la tension est là, palpable, et de réfléchir à ce besoin de solitude si actuel.  
Un roman bouleversant, une auteure qui n'est jamais là où on l'attend, déroutante, à la plume percutante. A découvrir, sans hésitation, sans condition.

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30 mai 2018

La Saga de Grimr, Jérémie Moreau

La saga de GrimrLa saga de Grimr est un album signé Jérémie Moreau paru en septembre 2017 chez Delcourt. Il a reçu le Fauve d'or au Festival d'Angoulême en janvier dernier.

Islande, 18e siècle. Sous le joug de la domination danoise, l'île vit ses heures les plus sombres et ses habitants peinent à survivre. Echappant de justesse à une éruption qui tua ses parents, le jeune Grimr est adopté par Vigmar, un homme solitaire et rusé. Au fil des ans, Grimr devient un colosse infatigable et valeureux, une montagne de muscles dominée par une crinière rousse. Mais sans propriété terrienne sur l'île, et malgré leur commerce de passeur de fjord, Vigmar et Grimr vivent dans une situation à l'équilibre précaire. Surtout que les habitants environnants ne voient pas d'un bon oeil leurs affaires. 

Il en aura fallu des chroniques pour me décider à passer outre cette couverture : le visage fermé de ce personnage me rebutait et ne me donnait pas envie d'aller plus loin. Et puis, la semaine dernière, avec une ultime chronique, celle de Nathalie, je me suis décidée. Et j'ai rudement bien fait ! 
Une fois dépassée la couverture, il m'a été impossible de refermer cet album, happée complètement par l'histoire de Grimr, cet enfant qu'un volcan a rendu orphelin. Jérémie Moreau offre à chaque planche des paysages spectaculaires qui m'ont replongée dans les souvenirs de mon voyage sur cette île merveilleuse et envoûtante au possible (j'en avais mis quelques photos dans ce billet). La vie y est rude, les traditions bien ancrées, et malgré sa force et son courage, Grimr peine à y trouver sa place. La violence est là, entre la nature sauvage et les lois des hommes, leur cruauté et leur vénalité. 
J'avais déjà aimé le trait de Jérémie Moreau il y a quelques années dans Le singe de Hartlepool. J'ai retrouvé son côté flou parfois mais j'ai surtout été charmée par son traitement de la nature, les personnages me laissant davantage sur ma faim
Je n'ose en dire plus. Un simple conseil : n'attendez pas des mois comme moi pour découvrir cet album : c'est une merveille esthétique qui vous remplira d'émotions et à côté de laquelle il serait bête de passer.

Les avis de Mo', Moka, Noukette, Alice, Sabine, Hélène, Joëlle, Enna, Karine:), Blog-o-Noisette, Caro, Yvan, et le Tumblr de Jérémie Moreau.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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25 avril 2018

Calpurnia T.1, Daphné Collignon d'après Jacqueline Kelly

Calpurnia, Daphné CollignonCalpurnia de Daphné Collignon est l'adapation en bande dessinée du roman de Jacqueline Kelly paru en 2013 à L'Ecole des Loisirs. Ce premier tome sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Eté 1899, Texas. Calpurnia, onze ans, s'ennuie dans la vaste demeure familiale, sous la chaleur écrasante, au milieu de ses six frères. Alors que son père dirige une fabrique de coton et travaille beaucoup, sa mère, sévère, la cantonne à sa condition féminine et veut faire d'elle une dame. Mais la jeune fille ne l'entend pas de cette oreille. Un jour, après avoir observé des sauterelles jaunes peu communes, elle décide de demander de l'aide à son grand-père. Ce dernier passe beaucoup de temps dans son laboratoire et s'intéresse de près à la science. Il va initier Calpurnia à cette dernière et lui ouvrir de nouveaux horizons.

Quelle réussite cet album ! Je n'avais pas lu le roman originel mais je me suis plongée avec délice dans ces pages, réfléchissant au monde aux côtés de Calpurnia, la jeune naturaliste en herbe. Les magnifiques dessins de Daphné Collignon offrent un style graphique intéressant, entre douceur et charme suranné. La rondeur des personnages fait écho à l'enfance, et les textes qui accompagnent chaque planche font de l'album un réel roman graphique. Celui-ci suit la trame du roman et scinde les aventures de la jeune fille en trois chapitres.    

L'intrigue en elle-même apporte une réflexion sur la condition féminine. Une jeune fille qui ne s'intéresse pas aux mondanités et préfère étudier les insectes et la nature, quelle inconvenance ! Déplacer l'intrigue à cette époque est historiquement intéressant, mais l'écho contemporain est bien réel, vu le faible taux de femmes dans la branche scientifique. En plus de cet atout qui fait un pied de nez aux stéréotypes de genre, Calpurnia est une héroïne attachante, espiègle et réfléchie mais que Jacqueline Kelly n'a pas exempte de défauts, heureusement.   

Un premier tome très réjouissant, qui ressemble par ses couleurs à un carnet de croquis ou un herbier. Encore une suite que je vais attendre avec impatience ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de ce joli album.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Mo' !         

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27 septembre 2017

La forêt millénaire, Jirô Taniguchi

La forêt millénaire Jiro TaniguchiLa forêt millénaire est le dernier album du dessinateur japonais Jirô Taniguchi. Il sort ce mois-ci de façon posthume aux éditions Rue de Sèvres.

Parce que sa mère est malade et ne peut plus s'occuper de lui, Wataru, dix ans, quitte Tokyo pour aller vivre chez ses grands-parents dans la région de Tottori. C'est là que suite à un tremblement de terre, une forêt est apparue près du village. Très vite, Wataru se rend compte qu'il peut entendre les voix de la forêt et de ses animaux.

Vous savez à quel point j'aime les albums de Taniguchi, et je ne suis pas la seule. Son décès en février dernier a laissé un grand vide dans l'univers de la bande dessinée japonaise et cet album est l'un des derniers projets sur lequel il travaillait et qu'il n'aura pas eu le temps de mener à terme.Imaginez donc l'émotion qui m'a saisie lorsque je l'ai ouvert...

Faisant un pas de côté par rapport à ses habitudes, Taniguchi a pensé cet album en format à l'italienne et en couleurs. Ainsi, c'est un festival de verts qui s'ouvre dès la page de garde. Ode à la nature, réflexion sur le rapport de l'homme à son environnement, La forêt millénaire est un album poétique et contemplatif, signe distinctif de Taniguchi. Le lecteur suit le parcours identitaire de Wataru et embrasse son point de vue de Tokyoïte sur la nature environnante. C'est beau, fluide, aérien. A chaque double-page, les sons de la forêt semblent s'échapper de ces dessins soignés et oniriques. Le petit Wataru doit se faire accepter par les autres enfants, et se faire à cette nouvelle vie sans sa mère, loin de ses repères. Taniguchi esquisse avec pudeur sa souffrance et ses réflexions.

Je ne vous le cache pas : un goût d'inachevé - une frustration même - s'empare du lecteur une fois la dernière page de cette histoire tournée, mais une joie surgit dans le même temps. La joie de tenir entre les mains le dernier projet de ce grand homme. L'objet en lui-même est magnifique, doté d'une couverture cartonnée d'une fort belle facture et présente à la fin un carnet de croquis et un explicatif des racines du projet. Bref, une très belle découverte, une histoire qui laissait présager une intrigue complexe et une belle réflexion sur le rapport de l'homme à son environnement. Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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BD de la semaine saumon

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24 septembre 2017

Agatha Raisin enquête T.2 Remède de cheval, M.C. Beaton

Agatha Raisin enquête T

Remède de cheval est le deuxième tome des aventures d'Agatha Raisin, l'héroïne imaginée par M.C. Beaton. Il est paru en juin 2016 chez Albin Michel.

Agatha la londonienne a définitivement posé ses valises dans les Cotswolds, dans le petit village de Carsely. Douillettement installée dans son cottage et rendue populaire dans le village par l'enquête qu'elle a précédemment menée, la quinquagénaire qui n'a pas la langue dans sa poche et fume comme un pompier profite de sa retraite. Mais quand un charmant vétérinaire vient s'installer au village, Agatha est toute émoustillée, surtout que ce dernier ne semble pas insensible à son charme. Mais quand ce dernier est retrouvé mort, tué par un anesthésique pour cheval, Agatha est sous le choc. Persuadée qu'il s'agit d'un meurtre, l'apprentie détective se lance dans une enquête rocambolesque, aidée de son charmant mais non moins agaçant voisin James Lancey...

J'avais succombé au charme d'Agatha l'été dernier, en dévorant La quiche fatale, le premier tome de ses aventures. Et j'ai été tout aussi enthousiaste à l'idée de découvrir la suite de ses aventures, surtout que je les ai lues durant mon propre séjour dans les Cotswolds, cet été...

Si Agatha provoque toujours aussi peu d'empathie de la part du lecteur - anti-héroïne par excellence, elle cumule mauvaise foi et mauvaise humeur ! - elle n'en demeure pas moins attachante dans ses failles. L'enquête dans laquelle ils se lancent avec James Lancey est bien ficelée et ne connaît aucun temps mort. C'est parfois un peu gros, un tantinet invraisemblable, mais on pardonne tout à cette Miss Marple moderne. Si vous avez envie d'un bon policier anglais traditionnel, où les tourtes à la viande et le thé seront présents à chaque page (enfin, Agatha préfère le café en réalité !), où l'enquête respectera les codes du genre et ne penchera jamais vers le mauvais goût ni le gore, glissez-vous avec plaisir dans cette série old school irrésistible !

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01 juillet 2017

Une saison à la petite boulangerie, Jenny Colgan

Une-saison-a-la-petite-boulangerieUne saison à la petite boulangerie est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2016 aux éditions Prisma. C'est la suite de La petite boulangerie du bout du monde.

Polly coule toujours des jours heureux à Mount Polbearne, en Cornouailles, avec Huckle, son amoureux et Neil, son macareux, dans le phare qu'ils ont acheté. Elle prépare chaque jour avec amour du pain dans sa petite boulangerie. Mais le jour où sa propriétaire décède et que le neveu de celle-ci reprend la direction de la boutique, tout s'effondre pour Polly. Ce dernier veut rogner sur les coûts de revient et proposer des produits de piètre qualité, sous vide. Polly est désemparée. A cela s'ajoutent des problèmes financiers et la perspective qu'Huckle retourne aux Etats-Unis pour subvenir à leurs besoins...

L'été dernier, j'avais passé un moment délicieux en Cornouailles, en compagnie de Polly et de son macareux, Neil. J'ai retrouvé avec grand plaisir tous les ingrédients qui ont fait le charme de ce premier tome. Le cadre enchanteur, tout d'abord, mais aussi l'aspect chaleureux et positif de ce petit coin de l'Angleterre battu par les vents.

Polly est encore une fois malmenée par la vie mais son personnage saisit chaque occasion de rebondir et de prendre l'adversité comme une façon de se dépasser. C'est positif, sans dégouliner de bons sentiments. L'intrigue se déroule tranquillement, suivant les effluves des pains croustillants préparés par l'héroïne. Une lecture doudou, sans hésiter, que j'ai adoré lire durant cette période un peu compliquée de fin d'année et que j'ai partagée avec Tiphanie.

Une nouvelle lecture pour le Challenge Feel Good et le Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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