Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

16 novembre 2017

Les Harmoniques, Gérald Tenenbaum

Les Harmoniques, Gérald TenenbaumLes Harmoniques est le dernier roman du mathématicien et écrivain Gérald Tenenbaum paru en février 2017 aux éditions de l'Aube.

Un homme et une femme se retrouvent au débarcadère du vaporetto de Venise. Ils ont rendez-vous. Leurs destins sont croisés dans une histoire plurielle dont il faudra remonter le temps pour en comprendre l'essence.

Roman mélancolique et poétique à souhait, Les Harmoniques est comme une chanson douce un peu triste que l'on écoute avec plaisir. Chassé-croisé de personnages, de sentiments, d'époques et de lieux, il emmène son lecteur au coeur d'une intrigue à tiroirs qui se joue comme une partition. L'amour éclot, pour mieux être entraîné dans un espace-temps tourbillonnant et mélodieux. Les chapitres se succèdent, alternant les années, créant une confusion savamment entretenue, pour mieux dévoiler le dénouement.

Gérald Tenenbaum possède une plume fine, mélodieuse et précise, qui entraîne son lecteur au gré des chapitres, entre la France, l'Italie, l'Argentine, illustrant le concept d'harmonique dépeint en citation liminaire. Une lecture qui transporte dans un monde de mots et de sons. Une belle découverte.

"Entre brume et lagune, la lumière éraillée de fin d'après-midi oscille à l'infini. Une pluie fine brise les formes, le ciel brouillé se ressaisit dans la densité liquide. On est charmé, donc troublé, par la texture de l'air, une épaisseur qui ne protège pas. On plisse les yeux, on réprime un frisson, on inspire prudemment, et, comme une évidence longtemps éludée, on se résout à admettre que le reflet de la clarté est aussi une clarté." (p.9)

"On cherche parce que, au fond de soi, le mystère est un défi à ce que l'on est, on cherche pour parachever l'ordre du monde, on cherche parce que le trou béant de l'incapacité à répondre aux questions que l'on porte en soi est un outrage à l'élégance." (p.70)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [0] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,


06 septembre 2017

California Dreamin', Pénélope Bagieu

California Dreamin'California Dreamin' est un album biographique de Pénélope Bagieu paru en septembre 2015 chez Gallimard. Il relate le destin de Cass Elliott, charismatique chanteuse du groupe Mamas y Papas.

1960's. Ellen Cohen a une voix fabuleuse et une certitude inébranlable : elle sera chanteuse, une star même. Dotée d'une personnalité extravagante autant qu'attachante et d'un physique éloigné des standards, elle quitte Baltimore pour tenter sa chance à New York.

J'ai longtemps tourné autour de cet album, rebutée par ses dessins mais follement intriguée. Et puis j'ai succombé. Et quelle bonne idée ! Pénélope Bagieu dresse ici le portrait de Cass Elliott, prodigieuse chanteuse des Mamas y Papas. Sa vie, ses complexes, ses amours, ses déceptions, mais surtout cette incroyable volonté et cette certitude quasi mystique qu'elle deviendrait une star. L'album est un très bel hommage dans une narration à plusieurs voix, chaque chapitre étant consacré à un membre de l'entourage de Cass.

Pénélope Bagieu - qui me faisait marrer il y sept ans avec Joséphine et Ma vie est tout à fait fascinante - a su prendre un virage graphique des plus intéressants et mettre en image des destins de femmes incroyables (je pense à son projet Culottées dont je viens de terminer le second tome). Ne vous laissez surtout pas rebuter comme moi par ces dessins flous, qui semblent gribouillés, en noir et blanc. Ouvrez California Dreamin', plongez dans ces 270 pages de plaisir et partez à la rencontre d'une artiste hors du commun. Vous ne le regretterez pas...

Les avis de EnnaCanel, Lasardine, Mo', Noukette, Saxaoul.

Planche 1 Planche 2

Petit bonus : la playlist que Pénélope Bagieu insère en fin et qui permet de réécouter les  Mamas&Papas d'un autre oeil.

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

21 juin 2017

Les deux vies de Baudouin, Fabien Toulmé

Les deux vies de BaudouinLes deux vies de Baudouin est un album de Fabien Toulmé paru en février 2017 chez Delcourt, dans la collection Mirages.

Baudouin, la trentaine, a une vie des plus mornes. Juriste dans un grande boîte à la Défense, il passe son temps au boulot ou dans les transports. Une fois le soir venu, c'est Morrison, son chat, qu'il retrouve en guise de compagnon. Baudouin déprime dans sa vie routinière, enfermé dans un travail qui l'accapare sans le passionner. Mais sa vie bascule lorsqu'il apprend qu'il a une tumeur et qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre. Il décide alors avec Luc, son frère, de dresser une liste de toutes les choses qu'il souhaite vivre avant de mourir. Accompagné de ce dernier, médecin humanitaire épicurien et optimiste, Baudouin part en Afrique et commence à vivre comme jamais il ne l'avait fait jusqu'alors.

Quel album ! Quelle claque ! Je ne m'attendais à rien en l'ouvrant, je l'ai refermé en larmes, avec l'envie de le faire découvrir à plein de gens de mon entourage... Si le propos de départ m'a rendue prudente - je craignais un énième livre sur un personnage condamné qui découvre à quel point la vie est belle quand on lui annonce sienne est quasi finie - cet a priori s'est envolé au fil des pages de ce gros album (plus de 250 pages !). Fabien Toulmé - qui a fait beaucoup parler de lui avec la parution de Ce n'est pas toi que j'attendais - traite le sujet avec intelligence et ne sombre dans aucun écueil.

Oser changer de vie, vivre ses rêves, voilà qui est audacieux dans une société en crise où l'argent semble être l'unique bouée de sauvetage. C'est ce que Baudouin décide de faire quand il est acculé, quand il comprend que gagner tant d'argent, en étant rongé par le stress au boulot et incapable d'entretenir une relation amoureuse stable, est inutile. Alors Baudouin plaque tout, son appart, ses meubles, colle Morrison chez ses parents et part trois semaines en Afrique. Trois semaines pour écouler ce qu'il y a sur sa liste. Trois semaines pour s'autoriser à refaire de la musique, lui le musicos passionné mais brimé dans son choix professionnel par des injonctions parentales raisonnables. Trois semaines pour choisir le bonheur et l'insouciance plutôt que la raison et la morosité. Trois semaines pour vivre, enfin. Et c'est libérateur, pour le lecteur aussi, de voir cette vie assumée, cette vie choisie et non plus subie. Le propos est clair, mais en rien caricatural. On est loin de l'album bien-pensant et moralisateur qui prône une jolie vie. Et Fabien Toulmé est là où on ne l'attend pas...

Baudouin ressemble à plein de jeunes cadres qui, rongés par une injonction sociale écrasante, en oublient de construire leur vie personnelle au profit d'un quotidien triste et solitaire. Le personnage est émouvant, dans ses errances et ses peurs, et jamais caricatural. Son frère Luc, trublion téméraire, apparaît comme un sauveur de ces derniers mois de vie, leur donnant une saveur que Baudouin ne se serait jamais autorisé à connaître. La relation qu'entretiennent les deux frères est vibrante d'authenticité - la narration alternant présent et enfance des deux personnages - et Fabien Toulmé soigne cet aspect sans tomber dans le larmoyant. La maladie est brièvement évoquée, mais laisse rapidement la place à cette furieuse envie de vivre qui anime Baudouin.

Le trait assez minimaliste, qui ne m'a pas vraiment séduite de prime abord, accompagne finalement bien le propos. Bref, un album que j'ai dévoré d'une traite et dont je suis ressortie bouleversée. A lire, sans hésitation. Sans aucune hésitation même.

Les avis de Jerome, Mo et Noukette.

 Planche 2 Planche 3

 image

Cette semaine chez Stephie !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , ,

02 novembre 2016

La justice de l'inconscient, Frank Tallis

La justice de l'inconscient, Frank TallisLa justice de l'inconscient est le premier tome de la série Les Carnets de Max Liebermann imaginée par le psychologue clinicien et romancier britannique Frank Tallis, paru en 2007 dans la collection Grands détectives des éditions 10/18.

Vienne, 1902. Le corps sans vie d'une voyante est découvert dans une pièce fermée de l'intérieur. Si tout porte à croire que la jeune femme s'est donné la mort, l'inspecteur Rheinhardt en doute et appelle à sa rescousse son comparse musicien, le psychiatre Max Liebermann. Et les deux hommes vont avoir fort à faire pour démêler les noeuds de ce crime que beaucoup pensent être l'oeuvre de forces occultes.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas succombé à l'appel du polar historique et pourtant c'est un genre que j'affectionne tout particulièrement car il permet de s'immerger dans une époque donnée par le biais d'une intrigue policière. Mon dévolu s'est jeté sur ce roman, au résumé prometteur et au contexte historique très tentant, que j'ai déniché aux Carrières de Lumière (ne me demandez pas pourquoi il était en vente à la boutique alors que je sortais d'une expo sur Klimt !)

C'est bien simple : j'ai dévoré les 440 pages de cette intrigue avec un plaisir évident. Frank Tallis nous offre ici un premier tome de qualité qui allie intrigue diablement bien ficelée (qui rappelle brièvement le mystère du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie) et cadre historique riche et bien documenté. La Vienne impériale du début du XXe siècle est extrêmement bien rendue, la géographie de la ville maîtrisée par l'auteur (un plan en préambule permet d'en avoir un rapide aperçu) et les moeurs dépeintes avec soin. Pas d'anachronisme ici ni de personnage féminin qui s'extraie de sa condition et défie les lois de la bienséance mais un roman qui respecte les codes en vigueur à l'époque. Même les dialogues rendent compte de cette courtoisie propre au niveau social des personnages et sont empreints d'une politesse sans égale. La plume de Frank Tallis, soignée et précise, porte le roman de façon efficace.

L'intrigue permet en outre de croiser des personnalités historiques - Freud ou encore le compositeur Gustav Mahler - et d'interroger les avancées scientifiques de ce début du XXe siècle. C'est brillant !

Quant aux personnages, le duo formé par les deux enquêteurs - l'un inspecteur de police et l'autre médecin - fonctionne à merveille, chacun contribuant à l'enquête par sa forme d'intelligence et ses affinités. La galerie de personnages secondaires est intéressante et laisse présager une suite des plus délicieuses. Le versant psychologique et psychiatrique est dépeint avec soin et offre au roman une dimension peu commune.

Bref, un excellent roman bien loin de certains polars qui optent pour un contexte historique dans le but de se donner une certaine légitimité mais qui n'offrent de ce cadre qu'un décor en carton pâte décevant et bien souvent bourré d'anachronismes. La justice de l'inconscient est sans conteste le meilleur polar historique que j'ai pu découvrir ces dernières années et encore un beau coup de coeur à noter sans tarder !

Une chronique de soukee rangée dans Polars historiques - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , , ,

16 mars 2015

Nos vies désaccordées, Gaëlle Josse

Nos vies désaccordées, Gaëlle JosseNos vies désaccordées est le deuxième roman de la diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique Gaëlle Josse, paru en mars 2012 chez Autrement et récompensé du Prix Alain-Fournier en 2013

François est un jeune pianiste célèbre qui parcourt le monde au gré de ses tournées. Un jour, il apprend que la femme qu'il a tant aimée et quittée subitement, Sophie, est internée depuis plusieurs années dans un hôpital psychiatrique.       
Mu par l'envie de la revoir, François met sa carrière en pause et abandonne tout pour la retrouver. Plongé dans ses souvenirs, il part à la rencontre de son ancien amour, qui passe ses journées à écouter inlassablement les enregistrements de ses concerts.

Découvert dans le colis du Swap de Printemps que m'avait offert Mrs Pepys, Nos vies désaccordées fait partie de ces romans qui vous chavire, qui vous bouleverse, qui vous hante. Cette histoire d'amour puise dans les tragédies classiques sa force et sa puissance et nul lecteur ne peut en sortir indemne.      
François se livre au fil des pages, raconte son histoire, sa carrière, ses succès, son amour pour Sophie, aussi. Son envie de la revoir, de la retrouver. Malgré son état. Malgré son mutisme. Parce que la seule chose qui la relie au reste du monde est la musique de son ancien amant, qu'elle écoute à longueur de journée.      
En 123 pages, Gaëlle Josse réussit à faire jaillir un flot d'émotions, par vagues plus ou moins intenses, à l'image de la musique de François. La narration à la première personne prise en charge par celui-ci entraîne le lecteur dans ses doutes, dans son ressenti. Et s'il était responsable de l'état de Sophie ? Et s'il avait pu agir différemment pour éviter tout cela ?      C'est beau, très beau. Mais immensément triste aussi. Un roman bouleversant porté par une très belle plume. Une excellente découverte.

"La vie légère comme une hirondelle, parfois." (p.14)

"Vit-on ailleurs qu'en exil ?" (p.22)

"J'avais choisi de partir en tournée en préférant croire que les choses allaient s'arranger et en évitant de faire face à ce qui m'était impossible d'accepter, l'effondrement de la seule femme que j'ai aimée. Trop aimée pour admettre qu'elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus de ses abîmes." (p.38)

"Sophie, lente et fulgurante, volubile et silencieuse, désinvolte et grave, désarmante de sincérité. Sophie. Ma tempête."(p.64)

"Avec mes soeurs, elles constituaient une figure féminine unique, shivesque et protéiforme." (p.117)

"Je voudrais demeurer ainsi avec Sophie dans cette sensation retrouvée, sa main dans la mienne, ensemble portés par les vagues de nos existences, l'écorces de nos peurs rompue. J'ai toute la vie pour y arriver." (p.123)

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,


22 juin 2013

Pour l'amour du chocolat, José Carlos Carmona

Pour l'amour du chocolatPour l'amour du chocolat est le premier roman de José Carlos Carmona, professeur de musique à l'université de Séville. Sorti en 2010 chez Grasset, il est paru en poche chez J'ai lu en février 2013.

Automne 1963. Eleanor Trap atterit en Suisse et rencontre son oncle, Adrian Troadec. Ce dernier, submergé par la nostalgie, lui raconte comment, en 1922, il tomba éperdument amoureux d'Alma, une jeune violoncelliste. Pour attirer son attention et la séduire, il décida d'ouvrir une boutique de chocolats dans leur ville, Lausanne. Le Petit Chocolat Troadec vit ainsi le jour, et tandis qu'Adrian se perdait d'amour pour Alma, cette dernière s'envolait aux Etats-Unis au bras d'un capitaine de l'aviation américaine.

Voilà un roman qui a su me chavirer comme Soie l'avait fait en son temps. En 165 pages, José Carlos Carmona nous entraîne dans le sillage d'une famille, de 1922 à 2001, de la Suisse à l'Italie, en passant par la France et les Etats-Unis. Plusieurs générations se succèdent, avec comme point d'ancrage Le Petit Chocolat Troadec, la chocolaterie fondée par Adrian.
Les personnages s'aiment, se déchirent, se séparent pour mieux se retrouver, hésitent, se trompent, se pardonnent. Personne ne s'épargne, et la vie n'épargnera pas les nombreux personnages croisés au fil des pages.
José Carlos Carmona possède une plume très poétique qui m'a fortement rappelé celle de Maxence Fermine et d'Alessandro Barrico. Ses phrases sont cadencées, rythmées et musicales et les images se succèdent au fil des pages.
Et le plus poignant avec ce court roman, c'est que  l'auteur relate l'histoire vraie d'un jeune homme dont la vie s'arrêta brutalement le 21 juillet 2001, lors de la tristement célèbre fusillade à Gènes.

Vous l'aurez compris, Pour l'amour du chocolat fait partie des rares textes qui ont résonné en moi d'une façon particulière. Ils sont trois à m'avoir fait cet effet, depuis l'ouverture de ce blog. J'avais dit que c'était fini, qu'il n'y aurait plus de coup de coeur ici car cela dépendait de trop de critères pour être légitime parfois quelques mois après, mais je ne pouvais pas laisser ce texte comme ça sur mon blog, sans le démarquer des autres. Alors c'est officiel, Pour l'amour du chocolat mérite grandement de voir apparaître un petit logo sur sa chronique. Histoire de vous prouver davantage encore, s'il en était besoin, que j'ai été bouleversée par ce roman. Histoire de vous inciter à le découvrir. Histoire de partager avec vous cette pépite. Et tant pis si c'est la seule lecture à avoir un macaron Coup de coeur 2013 ! L'avenir nous le dira...
Marilyne avait été conquise aussi.

« On était en 1963. Automne 1963. Martin Luther King venait de proclamer au monde : "J'ai fait un rêve". Elle avait vingt-trois ans  ». (p.13)

challenge Des notes et des mots 4Première participation au nouveau Challenge Des notes et des mots d'Anne.

hez Anne

 

 challenge-Des-notes-et-des-mots-4

Quid ? Challenge Des notes et des mots chez Anne

- See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/24/22063208.html#sthash.LofZPksK.dpuf

Une chronique de soukee rangée dans Littérature espagnole - Vos commentaires [42] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

30 décembre 2011

Frogs and Owls, Michel Boucher

Frogs and OwlsFrogs and Owls est un livre-CD de comptines paru en octobre 2011 aux éditions du Merle Moqueur.
29 chansons et comptines traditionnelles en anglais sont regroupées dans cet album au format carré, suivies de leur traduction en français.

Ce livre-CD se présente comme une approche ludique de la langue de Shakespeare et je dois dire que c'est très réussi ! Une nouvelle fois avec l'Opération Masse Critique de Babelio, j'ai été comblée par le livre que j'ai reçu.
De mon stage en bibliothèques anglaises en Master 2, j'avais rapporté une foule de photocopies des chansons et animations pour les tout-petits auxquelles j'avais pu assister. Les paroles de ces comptines qu'on chantait à pleins poumons lors des séances de Baby Bounce en bibliothèque, les paroles, mais pas les airs, qui, au fil de temps, se sont estompés dans ma mémoire. Quel plaisir d'en retrouver la plupart dans cet album !
Si je n'ai pu essayer cet album sur des enfants (mes lycéens semblent un peu trop âgés pour ça...), je suis persuadée que les plus petits seront séduits par les couleurs douces des illustrations de Michel Boucher et les mélodies entraînantes de ces comptines. Une façon amusante de se familiariser avec l'anglais, un livre que j'aurais aimé avoir plus jeune. Bref, un très bel album et un CD à écouter pour la musicalité de ses textes et ses rythmes.

Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Au merle moqueur  pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

Et voici ma deuxième participation au Mois anglais de Lou, Cryssilda et Titine et ma huitième au Challenge Des notes et des mots d'Anne !

tea2       challenge-Des-notes-et-des-mots-4

 

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

27 novembre 2011

Mort à la Fenice, Donna Leon

Mort à la FeniceMort à la Fenice, paru en 1992, est le premier livre de la romancière américaine Donna Leon. Voyageuse dans l'âme, Donna Leon, née en 1942, a tour à tour vécu en Chine, en Arabie Saoudite, en Iran, en Suisse, en Grande-Bretagne, avant de s'installer définitivement à Venise. Mort à la Fenice est le premier roman qui met en scène le commissaire Brunetti, personnage récurrent des romans policiers de Donna Leon.

Deuxième acte de La Traviata. Le public du théâtre La Fenice, à Venise, attend sans un murmure que le chef d'orchestre entre en scène. Mais celui-ci vient d'être retrouvé empoisonné dans sa loge ! Le commissaire Brunetti est dépêché sur les lieux. Un empoisonnement à l'arsenic, une veuve éplorée ainsi que des chanteurs taiseux, le commissaire est perplexe. Mais qui a bien pu tuer le plus grand chef d'orchestre contemporain ?

Par son format Point 2, ce livre m'a suivie dans les nombreux transports en commun que j'ai été obligée de prendre la semaine dernière. Je l'ai dévoré en 2 jours ! Et je dois dire que j'ai été séduite.
Séduite par Venise, tout d'abord, que Donna Leon érige en personnage de l'intrigue. La ville n'est pas seulement le théâtre d'un meurtre. Elle participe de l'ambiance et de l'atmosphère singulière de ce roman. Donna Leon prouve, par ses descriptions détaillées et les déambulations de son héros, que cette ville ne lui est pas étrangère et entraîne dans son sillage son lecteur.
Séduite également par l'intrigue développée. Je suis amatrice de ce type d'intrigue policière classique : un mort, des suspects, un enquêteur. L'originalité réside ici dans le décor de l'intrigue : un théâtre vénitien dans toute la splendeur du baroque et l'univers de la musique. Donna Leon parvient sans peine à représenter ce spectacle intemporel qu'est l'opéra et, sans abreuver son lecteur d'une foule de détails, l'intronise dans cet univers.
Séduite enfin par le dénouement auquel je ne m'attendais pas et qui est venu me cueillir en pleine réflexionchallenge-Des-notes-et-des-mots-4 quant aux suspects.
Vous l'aurez compris : j'ai passé un agréable moment à Venise en compagnie du commissaire Brunetti. Amateur de romans policiers au charme désuet, ce roman est pour vous !
L'avis d'Elea, qui a passé une moment de lecture agréable, mais sans plus.
Et voici une participation supplémentaire au Challenge Des notes et des mots d'Anne !

Je tiens à remercier libfly ainsi que pour ce roman reçu dans le cadre de
l'opération Un poche, Un(e) mordu(e), Une critique !

 

Une chronique de soukee rangée dans Romans policiers - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

03 septembre 2011

La répétition, Eleanor Catton

La répétition, Eleanor CattonLa répétition est le premier roman de la néo-zélandaise Eleanor Catton, publié en 2007 sous le titreThe Rehearsal.

Victoria, jeune élève d'un lycée réservé aux filles, subit les attouchements de son professeur de musique. Tous les élèves sont sous le choc et tentent par tous les moyens de surmonter leur émoi. Mais l'événement est tel qu'il donne lieu à la mise en scène d'une pièce de théâtre par des comédiens en herbe d'une école de théâtre.

La répétition est un roman qui peut sembler d'un abord difficile. Eleanor Catton joue avec la temporalité et mêle mise en scène théâtrale et fiction pour mieux mettre en péril les codes du genre. Elle le fait avec brio, et c'est avec peine que j'ai cerné, lorsque j'ai commencé ma lecture, ce qui était fiction et ce qui était métadiscours sur le théâtre.
Les chapitres alternent, précédés d'un jour de la semaine ou d'un mois, et c'est grâce à cette indication temporelle parfois floue que le lecteur peut se repérer dans cette construction narrative complexe.

L'auteure propose une réflexion double sur l'adolescence, d'un côté, et sur le jeu du comédien et la mise en scène de théâtre de l'autre. C'est brillant, savamment construit et furieusement intriguant ! Ses personnages adolescents incarnent cette période délicate avec autant de consistance que de vrais adolescent
s. Mais où commence le jeu des comédiens et où s'arrête la plume d'Eleanor Catton ?
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas été tant malmenée, secouée, mise en doute par la temporalité, ou plutôt l'absence de temporalité, dans un roman. Ma dernière expérience remonte à ma lecture de L'apprentissage de la ville de Luc Dietrich. La répétition est une lecture riche, qui se mérite, qui reste en tête par sa construction en chapitres alternés entre vraie fiction et fausse fiction. Une petite pépite !

Une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge d'Anne, Des notes et des mots.

 Je remercie libfly et denoel  pour ce livre de la rentrée littéraire reçu en avant-première.
  Capture

Une chronique de soukee rangée dans Littérature néo-zélandaise - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

29 août 2011

Hymne, Lydie Salvayre

9782020985550Hymne est le dernier roman de Lydie Salvayre paru en août 2011.

Mais Hymne n'est pas à proprement parler un roman qui respecte les codes du genre. Il s'approche plutôt d'un hommage personnel à Jimi Hendrix, fait par Lydie Salvayre elle-même.
L'auteure ne se cache par derrière la première personne du singulier qu'elle utilise dès les premières pages, et affirme sa volonté de rendre hommage à celui qui s'appropria, le 18 août 1969 à Woodstock The Star Spangled Banner - l’hymne américain - et le transforma en prestation musicale hors du commun.

A partir donc de cet événement, de cette reprise par Hendrix, Lydie Salvayre brode ici un texte aux envolées parfois lyriques, vibrant d'une fascination sans borne pour ce musicien. Il n'est en aucun cas question d'une analyse musicale quelconque, Lydie Salvayre s'en défend dès les premières pages, mais plutôt d'un hommage personnel qui s'égare parfois dans la biographie.
Hymne est une lecture troublante. Que l'on connaisse ce cri - celui que poussa Hendrix en ce 18 août 1969 à Woodstock - ou non, les mots de Lydie Salvayre émeuvent et provoquent une adhésion immédiate. Mon premier geste, une fois ce livre posé, a été de chercher et d'écouter la prestation d'Hendrix pour continuer à faire vivre le texte de Lydie Salvayre. Certains y trouveront peut-être trop d'emphase, voire une fascination qui frise l'adulation. Pour ma part, j'ai été sous le charme de cet hommage aux accents parfois intimes, dont la musicalité semble faire écho au talent d'Hendrix.
Hymne n'est pas un texte à réserver aux fans du musicien. Au contraire ! C'est un texte que chacun peut lire, pour découvrir comment un événement artistique a pu autant chambouler des générations et comment aujourd'hui il résonne encore dans la tête de certains.
Lydie Salvayre signe ici un texte poignant, incroyablement vivant, une partition sans faute en somme.

Une présentation d'Hymne par Lydie Salvayre elle-même.
(Source : Seuil.com)


Une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge d'Anne, Des notes et des mots.

Je remercie libfly et les seuil  pour ce livre reçu en avant-première.
  Capture

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,