Bienvenue à Bouquinbourg

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27 octobre 2019

Boo, Neil Smith

Boo Neil SmithBoo est le premier roman de l'auteur et traducteur canadien Neil Smith. Il est paru en août 2019 à L'Ecole des Loisirs.

7 septembre 1979, Oliver Dalrymple, surnommé Boo par ses camarades à cause de sa carnation très pâle et de ses cheveux blonds, vient de mourir devant son casier, le n°106, au collège Helen Keller. Arrivé au paradis, l'adolescent asocial, surdoué et passionné par les sciences, découvre un univers ordonné où les morts sont séparés par pays et classes d'âge. Mais l'arrivée d'un nouveau au paradis et la nouvelle qu'il apprend à Oliver mettent à mal le fragile équilibre que ce dernier s'est construit en quelques semaines.

Dévoré lors du Read-a-thon d'Halloween, Boo est un roman diablement bien construit et qui aborde des thématiques adolescentes avec délicatesse.
Le personnage d'Oliver, tout d'abord, est un personnage à la psychologie finement ciselée. Le héros de l'histoire - qui prend en charge la narration par le biais d'un livre qu'il écrit pour ses parents - est un ado mal dans sa peau, harcelé par ses camarades à cause de sa différence physique et de ses centres d'intérêt. Gravitent autour de lui des personnages secondaires tout aussi intéressants, de Thelma, l'adolescente noire en surpoids en passant par Esther, adolescente de petite taille au tempérament explosif, Oliver s'entoure pour la première fois de personnes de son âge et découvre l'amitié. 
L'intrigue, ensuite, est rythmée et suit le compte-rendu d'Oliver sur ses journées au paradis. Celui-ci est régi par nombre de lois et le petit groupe de réfléchir au fait qu'il existe peut-être un moyen de communiquer avec le monde des vivants.   
Enfin, tolérance, amitié, différence, harcèlement, mort, famille sont autant de thèmes que le roman aborde avec finesse et pudeur et lui confèrent une profondeur singulière. L'ensemble se dévore sans voir les pages passer, le lecteur étant happé par le mystère autour de la mort d'Oliver et l'enquête qu'il mène avec ses amis.    
Un roman bouleversant et intelligent, un brin vintage et doté d'une certaine forme d'humour, malgré le sujet. A mettre entre toutes les mains, dès 13 ans.
Un grand merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de le découvrir dès sa sortie !

Et voilà ma cinquième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

 Challenge Halloween 2019, logo

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28 août 2019

La vie hantée d'Anya, Vera Brosgol

La vie hantée d'AnyaLa vie hantée d'Anya est la première bande dessinée de la jeune auteure américaine Vera Brosgol. Parue en 2011 aux États-Unis et lauréate du Eisner Award et parue une première fois en France chez Altercomics en 2013, elle sort aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Fille d'émigrés russes, Anya est une ado mal dans sa peau, ballottée entre culture et traditions familiales et intégration dans son pays d'adoption, les Etats-Unis. Élevée par sa mère avec son petit frère, la jeune fille tente de passer inaperçue au lycée mais son nom à rallonge et sa pointe d'accent russe ne l'aident pas.
Après une nouvelle brouille avec sa seule amie, Anya s'nefuit dans un parc et tombe dans un puits. Apeurée, l'adolescente se rend rapidement compte qu'elle n'y est pas seule : le fantôme d'Emily,
une jeune fille décédée dans ce puits vient la visiter. Son squelette est toujours là, quatre-vingt dix ans après son assassinat. Comme Emily l'aide à sortir du puits, Anya décide de l'aider à retrouver qui l'a tuée. En attendant, Emily aide Anya au quotidien au lycée et cette dernière est ravie. Mais Emily est-elle vraiment qui elle prétend être ?

Intriguée par l'histoire de ce one shot, j'ai découvert avec plaisir le trait rond et un brin enfantin de Vera Brosgol qui n'est pas sans rappeler celui de Bryan Lee O'Malley, le papa de Scott Pilgrim. Le dessin est vivant et les tons bleu semblent déposer sur cette histoire un voile vaporeux propice à l'émergence du fantastique en la personne d'Emily.
L'intrigue se met en place doucement, l'auteure prenant soin d'installer le décor et les personnages de son histoire. Son héroïne, partagée entre son héritage russe et sa volonté de s'insérer au lycée, souffre d'un mal-être adolescent classique mais jamais anodin. Incompréhension avec sa mère, complexes physiques, problèmes relationnels, la vie d'Anya n'est pas simple et l'auteure aborde avec sensibilité ces problématiques adolescentes. La part autobiographique est là, derrière les lignes évoquant la question de l'intégration, l'auteure étant elle-même née à Moscou avant d'émigrer à cinq ans aux États-Unis avec sa famille.
Un joli one shot, qui est là où on ne l'attend pas, une lecture touchante, qui sous couvert d'histoires de fantômes, évoque subtilement la question du mal-être adolescent.

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Merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

La BD de la semaine

Pour la rentrée des bulles, c'est Moka qui nous accueille chez elle
et rassemble les billets des participants aux mercredis BD !

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08 juin 2019

Les gratitudes, Delphine de Vigan

Les gratitudes, de ViganLes gratitudes est le dernier roman de la romancière et scénariste Delphine de Vigan. Dexuième tome d'une trilogie qui peut se lire de façon indépendante et entamée avec Les loyautés, il est paru en mars dernier aux éditions JC Lattès. 

"On croit toujours qu'on a le temps de dire les choses, et puis soudain c'est trop tard." Pour Marie, il est trop tard. Elle n'a pas réussi à dire merci, à exprimer toute sa gratitude à Michka, la voisine qui s'est occupée d'elle quand elle était petite, quand sa mère, dépassée par sa maternité, la négligeait. A cette voisine tant aimée qui était là, telle une grand-mère bienveillante, pour s'occuper d'elle, la veiller, la consoler, la nourrir, la rassurer. Michka est partie avant que Marie ait pu lui dire tout ça. Alors Marie se souvient des derniers mois de Michka, après son installation dans une EHPAD. Jérôme aussi, se souvient, lui qui a accompagné la vieille dame dans ses derniers mois, lui faisant travailler les mots qu'elle oubliait. 

C'est la première fois que j'ouvre un roman de Delphine de Vigan et autant vous dire que j'ai pris une grosse claque.
La romancière dépeint tout en pudeur le délicat sujet de la vieillesse et de la perte d'autonomie et de capacités. Michka plonge souffre progressivement d'aphasie et les mots lui échappent, au fil des jours, malgré le travail qu'elle mène avec Jérôme, son orthophoniste. La vieille dame s'enferme progressivement dans ses pensées, incapable d'exprimer ce qu'elle souhaite.
La jeune Marie, regrettant de ne pas avoir pu exprimer sa gratitude à Michka, se remémore ces derniers mois avec la vieille dame, et la narration alterne entre son point de vue et celui de Jérôme, tandis que des cauchemars de Michka émaillent l'ensemble.
La plume de Delphine de Vigan est à la fois poétique et subtile et embrasse ces deux sujets - la vieillesse et les regrets- avec une pudeur et une finesse rares. L'aphasie dont souffre Michka est abordée parfois avec humour, parfois avec amertume, quand la vieille dame confond les mots et les mélange. La romancière parvient à offrir une visée universelle à son propos. J
'ai plus d'une fois eu les larmes aux yeux durant ma lecture, l'auteure réussissant à toucher du doigt cet intime qui nous concerne tous. Ces regrets, parfois, de n'avoir pas pu, pas su, tout dire avant qu'il ne soit trop tard. Un roman aussi court que bouleversant. Une très belle lecture. 

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05 juin 2019

Babybox, Jung

BabyboxBabybox est le nouvel album du belgo-coréen Jung, connu pour sa série autobiographique Couleur de peau : miel. Il est paru en septembre 2018 dans la collection Noctambule de chez Soleil. 

Claire Kim vit à Paris et travaille avec ses parents, dans le restaurant coréen familial. Alors que la jeune femme cherche à avoir un enfant avec son compagnon, sa mère meurt brutalement dans un accident de voiture qui laisse son père dans le coma. La jeune femme lutte pour rester la tête hors de l'eau en s'occupant de son petit frère de dix ans, anéanti lui aussi par le décès de leur mère. En triant ses affaires, la jeune femme tombe sur une photo de coquelicot et se souvient d'une après-midi passée avec sa mère dans un champ de coquelicot. Celle-ci voulait lui avouer un secret, quand elle serait plus grande. Mais n'aura pas eu le temps. Dans la boîte, Claire trouve un certificat d'adoption. Le sien. Elle avait onze mois lorsque ses parents l'ont adoptée après qu'elle a été déposée dans une baby box. Pour la jeune femme, il est insupportable de vivre sans en savoir plus. Elle décide de retourner en Corée pour partir sur les traces de son passé.  

Je ne connais Jung que de nom, et j'ai plongé dans les pages de cet album sans a priori. Mais force est de constater que l'album m'a percutée de plein fouet. Abordant avec beaucoup de pudeur un sujet aussi sensible que l'adoption, Jung imagine le parcours d'une jeune coréeenne à la recherche de ses racines.
Les dessins en noir et blanc sont réhaussés de rouge, la couleur préférée de Claire qui a teint ses cheveux dans cette couleur à l'adolescence. Le trait est clair, parfois minimaliste sur certains scènes, plus détaillé sur d'autres, et permet une plongée dans cette quête identitaire ô combien émouvante. 
Le texte est à la fois poétique et subtil, scindant l'histoire de Claire en plusieurs chapitres émouvants et remplis de réalisme.
Une pointe d'humour apparaît en la personne de Julien, le petit frère de Claire, passionée par l'Ecosse depuis qu'il a vu Braveheart.
Un album bouleversant sur le sujet intime de l'adoption. A lire les yeux fermés.     

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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22 mai 2019

Aliénor Mandragore T.5 Le Val sans retour, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore Le val sans retour

Le Val sans retour est le cinquième et dernier tome de la série Aliénor Mandragore imaginée par Séverine Gauthier et mise en dessins par Thomas Labourot. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Dans la forêt de Brocéliande, le coeur d'Aliénor oscille toujours : devenir druide, comme Merlin, son père, ou fée, comme ce que ses envies lui intiment ? Perdue, fâchée avec Lancelot à qui elle a fait pousser des cornes, la jeune fille rend visite à son ermite, censé l'aider et la guider. Mais ce dernier a perdu une partie de sa mémoire dans le Val sans retour et avec elle de précieuses informations concernant l'enfance de sa pupille. Malgré les nombreux dangers, Aliénor décide de s'y rendre sur le champ pour retrouver la mémoire perdue de son ermite, et ainsi, une partie de son passé.

Voilà une série que j'ai pris plaisir à découvrir de bout en bout ! Ouvrir un Aliénor Madragore, c'est être certain de passer un agréable moment dans une aventure loufoque, colorée et drôle. Le duo d'auteurs a revisité avec beaucoup de talent la légende arthurienne pour en livrer une version toute personnelle mais néanmoins bien documentée.
Ce dernier tome aborde la question laissée en filigrane tout au long de la série : Aliénor suivra-t-elle les traces de son père et deviendra-t-elle druide à son tour ou écoutera-t-elle son coeur qui penche vers le monde des fées ? Il faudra le lire pour le savoir ! 
La petite Aliénor a bien grandi et doit maintenant prendre ses responsabilités. Mais pour envisager son avenir, c'est son passé que la jeune fille doit découvrir. S'ensuit une quête identitaire à travers le Val qui va permettre à la jeune fille de découvrir qui est véritablement sa mère et comprendre enfin son présent.
Les dessins de Thomas Labourot ont gagné en intensité dans ce tome et offrent des paysages aussi fantasmagoriques que déjantés. Les couleurs douces, utilisées tout au long de la série, offrent ce qu'il faut de chaleur et de douceur à la quête d'Aliénor, et les planches se suivent et ne se ressemblent pas.
Une série que je referme avec regret mais avec la certitude aussi que je la relirai avec plaisir. Un seul conseil : si vous n'avez pas encore succombé à l'appel d'Aliénor et de cette réécriture du cycle arthurien, c'est le moment, la série est complète ! 

 Retrouvez toutes mes chroniques de la série :

    

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album et suivre cette série ! 

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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12 mai 2019

Blanc Mortel, Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithBlanc Mortel est le quatrième tome de la série Cormoran Strike, série imaginée par J.K. Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru le mois dernier aux éditions Grasset. 

Le jour où un jeune homme en apparence déséquilibré sonne à l'agence de détectives de Cormoran Strike, ce dernier a tout lieu de penser que celui-ci affabule. Billy, c'est son nom, dit avoir été témoin du meurtre d'une enfant lorsqu'il était jeune et veut que la vérité soit faite sur cette sombre histoire. Mais avant que Strike ne puisse l'interroger, Billy s'enfuit. Tiraillé, l'enquêteur ne sait quel crédit accorder à ses dires mais par acquit de conscience, commence à effectuer quelques recherches. En parallèle, il se lance avec son associée, Robin, dans l'espionnage politique, alors qu'un Ministre victime de chantage, leur demande de trouver des charges contre son ennemi en infiltrant le Parlement. Les deux enquêtes sont sinueuses et piétinent, d'autant plus que Cormoran souffre désormais d'une certaine notoriété l'empêchant d'agir sur le terrain sans être découvert.

Souvenez-vous : depuis deux mois, je suis plongée dans cette série de mon auteure favorite. Début mars, je découvrais L'appel du coucou, et si le rythme un peu lent me déroutait un peu, je persévérais néanmoins en enchaînant directement avec le deuxième tome, Le Ver à soie, que je dévorais en moins de quinze jours, avant de me plonger littéralement dans le troisième, La Carrière du Mal, dont je sortais haletante, perdue dans l'attente de la sortie de ce quatrième tome en français.  
Autant vous dire que j'attendais ce dernier avec une impatience rare et que sitôt en ma possession, je me suis lancée dans sa lecture avec délectation.  
J.K. Rowling signe ici un tome foncièrement différent des trois premiers. Si la trame demeure la même - une enquête de terrain pourvue de multiples rebondissements - le rythme du roman est plus lent, plus centré également sur ses deux héros, Cormoran et Robin. Le roman avance progressivement au fil des 700 pages, à la fois sur l'intrigue du chantage politique, à la fois sur l'histoire du meurtre de l'enfant mais aussi sur les relations personnelles de Cormoran et de Robin. Cette dernière tente de sauver son mariage, alors que celui-ci n'a qu'un an, tandis que Cormoran s'enlise dans une relation sans lendemain avec une dénommée Lorelei, qui attend beaucoup plus de l'ancien soldat unijambiste.  
R
este que, malgré une intrigue riche et fouillée, des personnages qui gagnent en densité psychologique, j'ai eu plus de mal à apprécier ce tome, me perdant un peu dans ses méandres labyrinthiques. J'ai mis près d'un mois à le lire, m'endormant souvent dessus (ce qui est rare !), captivée pourtant par les circonvolutions de l'enquête et de la vie des deux personnages principaux. Mais il a manqué une petite étincelle, je crois. Le dénouement est encore une fois inattendu et bien pensé, non dénué d'intensité dramatique, et offre à l'ensemble une portée intéressante. Mais j'ai nettement ressenti un intérêt en baisse au milieu de l'intrigue, avant que celle-ci ne s'accélère à nouveau.  
U
n tome que je referme donc avec plaisir, certes, mais pas autant que les trois premiers. J'attendrai quand même avec plaisir la sortie du prochain, que je lirai peut-être en anglais, pour éviter d'avoir à attendre la sortie française. Une série qui reste ma série coup de coeur de l'année, malgré cette petite déception.

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24 avril 2019

Un putain de salopard T.1 Isabel, Loisel et Pont

Un putain de salopard TUn putain de salopard est la nouvelle série signée Régis Loisel pour le scénario et Olivier Pont pour le dessin. Le premier tome, Isabel, paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Brésil, 1972. Max atterrit à Kalimboantao avec l'envie de rencontrer son père. Sa mère, disparue il y a peu, y a vécu durant les jeunes années de son fils et ne lui a jamais parlé de son père. En triant ses affaires, il est tombé sur deux photos sur lesquelles elle pose avec Max et un homme. Mais lequel de ces deux hommes est son père ? Aidé de trois françaises, Christelle, Charlotte et Corinne, Max commence ses recherches, en plein milieu de l'Amazonie, tandis que la transamazonienne est en train d'être construite. Mais le milieu est rude, la prostitution et la violence omniprésentes, et la vie tient à peu. Max déchante vite de son rêve d'exotisme et se heurte à la réalité de la jungle des années 70.

Ouvrir cet album, c'est plonger instantanément dans la moiteur de la jungle brésilienne, au coeur d'une intrigue que l'on pressent riche et intense. Loisel réussit à transporter son lecteur dans une histoire qui allie sérieux et humour, le trio de françaises n'étant pas en reste pour les blagues vaseuses et la déconne. Le timide Max se déride rapidement en compagnie des trois amies et sa quête familiale prend une tournure plus légère. Mais ça serait sans compter le contexte dans lequel les jeunes gens ont débarqué. 
Christelle et Charlotte sont infirmières expatriées et rejoignent rapidement le camp forestier dans lequel elles font un remplacement. Là-bas, elles découvrent la précarité et la dangerosité du quotidien au milieu de la forêt. Les jeunes filles sont arrachées à leurs familles pour servir les appétits sexuels des hommes sur les chantiers tandis que ces derniers travaillent dans des conditions dangereuses et n'hésitent pas à utiliser la violence pour parvenir  à leurs fins. 
L'intrigue s'installe progressivement mais sans temps mort aucun. Le lecteur suit en parallèle la quête de Max, aidé de la jeune muette Baïa, et les aventures de Christelle et Charlotte. Le trait d'Olivier Pont offre à l'ensemble un dynamisme certain, porté par des couleurs chatoyantes qui rendent hommage au monde végétal. Les personnages possèdent des traits ronds qui leur confèrent une touche de légèreté bien appréciable dans ce contexte-là. 
Un premier tome hautement addictif qu'il est impossible de lâcher. Une trame de fond qui s'installe en profondeur et dont on perçoit à peine les contours, des personnages attachants et une intrigue à la fois familiale et politique. Bref, un coup de coeur !

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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07 avril 2019

La carrière du Mal, Robert Galbraith

La carrière du malLa carrière du Mal est le troisième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike écrit par Robert Galbraith, alias J.K. Rowling. Il est paru en 2016 chez Grasset.

L'agence de détective de Cormoran Strike est de plus en plus prospère, grâce aux enquêtes qu'il a menées avec succès avec Robin Ellacot, son assistante devenue progressivement son associée. Mais lorsqu'un matin celle-ci reçoit un colis contenant une jambe de femme accompagnée de paroles de chanson du groupe de rock Blue Öyster Cult, Cormoran prend peur. La chanson fait référence à un  tatouage que sa mère avait, ce qui met Cormoran sur la trace de trois de ses anciennes connaissances qui pourraient lui en vouloir. L'ancien soldat devenu enquêteur se met immédiatement au travail.  De son côté, Robin, ébranlée par cette découverte, perd peu à peu pied dans son couple avec Matthew, tandis que leur mariage arrive à grands pas. 

C'est bien simple, il ne m'aura fallu qu'un gros mois pour dévorer les trois premiers tomes de cette série et leurs 2200 pages (le quatrième arrive dans quelques jours !). Et autant vous le dire tout de suite : mon enthousiasme n'a pas faibli au fil des tomes, bien au contraire ! 
J. K. Rowling réussit à étonner son lecteur avec une nouvelle intrigue foncièrement différente des deux premières. Dans ce tome, le lecteur plonge dans le passé de Cormoran Strike et ses sombres années. Il en apprend bien plus sur son passé de soldat et son enfance dans des squats avec sa mère et sa jeune soeur. La question de l'amputation est évidemment abordée avec ce membre sectionné reçu au courrier et Cormoran de revenir sur ce qu'il ressent à ce sujet. 
L'intrigue alterne une focalisation sur le meurtrier, dont on sait le minimum, et une focalisation sur Cormoran ou Robin. Les chapitres se succèdent et le lecteur, impuissant, voit la folie meurtrière s'emparer de celui qui ne trouve sa jouissance que dans le fait de découper des femmes et les mettre à sa merci. L'étau se resserre, tandis que Robin, insouciante, se lance à corps perdu dans les filatures que lui confie Cormoran.  
Un troisième tome haletant, à la construction bien différente des deux premiers, un dénouement ingénieux autant qu'inattendu, un duo d'enquêteurs dont la psychologie s'étoffe. Bref, on en redemande !

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24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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07 mars 2019

L'appel du coucou, Robert Galbraith

L'appel du coucou

L'appel du coucou est un roman policier de J.K. Rowling écrit sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru en novembre 2013 aux éditions Grasset.

Mayfair, quartier cossu de Londres. Lorsque la jeune mannequin Lula Landry est retrouvée morte, précipitée de son blacon du deuxième étage, la police croit au suicide. Mais le frère de la défunte est sceptique et engage le privé Cormoran Strike. Cet ancien lieutenant revenu d'Afghanistan amputé, gagne maigrement sa vie en menant des enquêtes et se plonge à corps perdu dans l'histoire de la jeune femme, adoptée par un couple fortunée. Et lorsque son agence d'intérim lui envoie Robin Ellacott en guise de secrétaire, le trentenaire ne se rend pas compte qu'il va rapidement former un duo de choc avec sa partenaire. 

Vous connaissez mon amour pour J.K. Rowling, et pourtant je n'avais pas encore mis le nez dans sa série de polars écrite sous pseudonyme.  
C'est chose faite avec ce roman ! Et si sa lecture m'a occupée une partie du mois de février, ce n'est pas tant à cause de ses 700 pages que de mon rythme de tortue du mois dernier (cf. mon bilan de lecture de février !).  
Verdict ? J'ai trouvé des longueurs à l'intrigue, certes, mais elle m'a quand même tenue en haleine et sitôt la dernière page tournée, j'ai emprunté dans la foulée le deuxième opus des aventures de Cormoran et Robin, Le ver à soie. Car finalement c'est le duo d'enquêteurs qui m'a séduite dans ce roman, plus que l'intrigue en elle-même. Il faut reconnaître à J.K. Rowling son talent de romancière : tout se tient, chaque détail de l'intrigue est savamment relié à la toile d'ensemble et le roman policier est une réussite, mais il ne se passe pas grand chose et le rythme est assez lent. Je comprends les avis en demi-teinte !  
Le point d'orgue réside néanmoins dans les personnages, gros atout de la créatrice d'Harry Potter, qui sait construire une psychologie vraisemblable et fine.  
Un premier tome un peu longuet parfois, donc, mais qui fonctionne finalement très bien et m'a donné envie de continuer la série dans la foulée. 

Les avis de Sandrine et Amélie, peu conquises de leur côté par ce premier tome.

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