Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

16 novembre 2017

Les Harmoniques, Gérald Tenenbaum

Les Harmoniques, Gérald TenenbaumLes Harmoniques est le dernier roman du mathématicien et écrivain Gérald Tenenbaum paru en février 2017 aux éditions de l'Aube.

Un homme et une femme se retrouvent au débarcadère du vaporetto de Venise. Ils ont rendez-vous. Leurs destins sont croisés dans une histoire plurielle dont il faudra remonter le temps pour en comprendre l'essence.

Roman mélancolique et poétique à souhait, Les Harmoniques est comme une chanson douce un peu triste que l'on écoute avec plaisir. Chassé-croisé de personnages, de sentiments, d'époques et de lieux, il emmène son lecteur au coeur d'une intrigue à tiroirs qui se joue comme une partition. L'amour éclot, pour mieux être entraîné dans un espace-temps tourbillonnant et mélodieux. Les chapitres se succèdent, alternant les années, créant une confusion savamment entretenue, pour mieux dévoiler le dénouement.

Gérald Tenenbaum possède une plume fine, mélodieuse et précise, qui entraîne son lecteur au gré des chapitres, entre la France, l'Italie, l'Argentine, illustrant le concept d'harmonique dépeint en citation liminaire. Une lecture qui transporte dans un monde de mots et de sons. Une belle découverte.

"Entre brume et lagune, la lumière éraillée de fin d'après-midi oscille à l'infini. Une pluie fine brise les formes, le ciel brouillé se ressaisit dans la densité liquide. On est charmé, donc troublé, par la texture de l'air, une épaisseur qui ne protège pas. On plisse les yeux, on réprime un frisson, on inspire prudemment, et, comme une évidence longtemps éludée, on se résout à admettre que le reflet de la clarté est aussi une clarté." (p.9)

"On cherche parce que, au fond de soi, le mystère est un défi à ce que l'on est, on cherche pour parachever l'ordre du monde, on cherche parce que le trou béant de l'incapacité à répondre aux questions que l'on porte en soi est un outrage à l'élégance." (p.70)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,


08 novembre 2017

Philocomix, Thivet, Vermer et Combeaud

PhilocomixPhilocomix est un album imaginé par Jean-Philippe Thivet, Jérôme Vermer et Anne-Lise Combeaud paru en août 2017 aux éditions Rue de Sèvres.

Platon, Epicure, Sénèque, Montaigne, Descartes, Pascal, Kant, Bentham, Schopenhauer, Nietzsche : dix philosophes et autant de visions du bonheur. Autant de regards singuliers sur le monde et de réflexions pour vivre de façon sereine.

Quand deux auteurs de BD s'associent à un agrégé de philosophie pour s'interroger sur la question du bonheur et en rendre compte avec un humour décapant, Philocomix apparaît ! Oubliez vos souvenirs de vos cours de philo, ici, la philosophie est accessible et envahit notre quotidien. Les auteurs reprennent les idées des dix grands philosophes et les rendent abordables sans pour autant les simplifier. Le ton est très décalé, l'humour omniprésent, et chaque chapitre se clôt sur une illustration de la mise en pratique de la théorie dans la vie de tous les jours. Du "Connais-toi toi-même" de Platon au "Deviens qui tu es" de Nietzsche en passant par le "Ne désire rien que tu ne puisses acquérir" de Descartes, le lecteur parcourt des siècles de philosophie avec un humour certain et une justesse de ton.

L'ensemble est très accessible, drôle, bien construit - à chaque philosophe un chapitre exposant une rapide biographie et les grandes lignes de sa réflexion - et finalement bien inspirant. On se rend compte - sans surprise - que nos préoccupations actuelles possèdent une portée universelle et que bien d'autres avant nous s'étaient posé ces questions... Un album à mettre entre toutes les mains, sans aucune hésitation. Chacun pourra y piocher ce qu'il voudra dedans. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Noukette !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

25 octobre 2017

Monsieur Mardi-Gras Descendres T.1 Bienvenue !, Eric Liberge

Monsieur Mardi-Gras Descendres TBienvenue ! est le premier tome de la quadrilogie Monsieur Mardi-Gras Descendres imaginée par Eric Liberge. Il est paru en 2004 chez Dupuis.

Victor Tourterelle, cartographe de son état, glisse un jour malencontreusement sur une des petites voitures de son fils et décède sur le coup. Après sa mort, il atterrit au purgatoire. Devenu un squelette et rebaptisé pour l'occasion Mardi-Gras Descendres (quelle idée de mourir entre mardi gras et le mercredi des Cendres !), il va découvrir sa nouvelle vie après la mort, dans ce monde peuplé de squelettes. Mais Victor/Mardi-Gras ne veut pas se laisser faire et quitter le purgatoire. Il n'imagine pas dans quelle aventure il se lance alors....

Album étonnant s'il en est, Bienvenue ! pose le décor d'une intrigue originale. Son postulat ? Que se passe-t-il quand on meurt ? Eric Liberge invente un purgatoire sombre, porté par un dessin en noir et blanc aux nuances intéressantes et au trait léché. L'univers est inquiétant et laisse peu d'espoir aux personnages d'en réchapper.

Un premier tome qui a su capter mon intérêt et les bases d'une intrigue que j'ai trouvée bien menée. Il faut que je trouve la suite !

Planche 1 Planche 2

Challenge Halloween image

Et voici ma sixième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Mo' !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

16 octobre 2017

L'Oncle Silas, Joseph Sheridan Le Fanu

L'oncle Silas, Sheridan Le FanuL'Oncle Silas est considéré comme le chef d'oeuvre de l'écrivain irlandais Joseph Sheridan Le Fanu. Paru en 1864, il a été traduit pour la première fois en français en 1988 aux Nouvelles Editions Oswald.

Angleterre, 19e siècle. Un gentilhomme veuf vit isolé dans son domaine avec son unique fille, Mathilde. Coupés du monde, le père et sa fille vivent en autarcie, leur quiétude uniquement troublée par les rares visites au domaine. Au décès de son père, Mathilde est contrainte de quitter la demeure familiale pour rejoindre celle de son oncle Silas, devenu son tuteur. Personnage mystérieux et énigmatique, ce dernier souffre d'une réputation entachée par une obscure histoire de meurtre. La jeune Mathilde, héritière de son nom, prudente dès son arrivée au domaine, offre rapidement sa confiance à son oncle, vieil homme souffreteux et rempli de bonté à son égard. Mais rapidement, d'étranges événements viennent troubler la jeune fille et Silas dévoile peu à peu son vrai visage...

J'avais adoré l'adaptation en album de Carmilla, autre oeuvre majeure de Le Fanu et j'étais très curieuse de découvrir ce roman, offert par Nesto (coucou si tu passes par ici !) lors du Swap Partners in Crime que j'avais organisé il y a quelques années.

Roman gothique par excellence, L'oncle Silas fait partie de ces livres qui vous happent et vous enferment dans un univers sombre et inquiétant, sans perspective de fuite. Tels Horace Walpole, Ann Radcliffe, Wilkie Collins ou encore Charles Robert Maturin, dignes représentants du genre, Le Fanu excelle dans l'art de créer une ambiance pesante à souhait. La jeune Mathilde se retrouve rapidement  prise au piège dans la demeure de son oncle et les perspectives de fuite s'amenuisent au fil des chapitres.

L'univers du roman est diffus mais suit un fil conducteur décliné au fil des oeuvres du romancier : les spectres y côtoient la science, les jeunes filles persécutées sont en proie à des personnages masculins dominateurs, la religion et la théosophie s'opposent tandis que les assassinats et amours contrariées envoûtent le lecteur.

Un classique du genre absolument délicieux, un roman gothique des plus réussis (et étonnamment moins connu que ses contemporains), une intrigue qui vous enferre et ne vous laisse aucune chance d'en sortir indemne. Bref, un coup de coeur qui me rappelle avec délices mes cours de littérature anglaise à la fac et dont il serait dommage de se priver en cette période d'Halloween...

Challenge Halloween

Et voici ma quatrième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

Une chronique de soukee rangée dans Littérature irlandaise - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

11 octobre 2017

Vincent, mon frère mort-vivant, Jean-Marc Mathis et Thierry Martin

Vincent mon frère mort-vivantVincent, mon frère mort-vivant est un one-shot imaginé par Jean-Marc Mathis et dessiné par Thierry Martin paru en 2005 chez Soleil.

Antoine a perdu Vincent, son grand frère, un simple d'esprit tué un jour par un hoquet. Mais Vincent n'a pas totalement disparu et erre dans le cimetière dont s'occupe son père, le fossoyeur. Seul Antoine peut le voir et ainsi continuer à jouer avec lui entre les tombes. Un jour, Vincent fait une surprise à Antoine : il l'entraîne dans un caveau qui débouche directement sur le royaume des morts ! Mais qu'un vivant y pénètre n'est pas du goût de tous et très vite Antoine est pourchassé et séparé de Vincent...

J'avais lu cet album lors de sa sortie et n'en avais gardé que peu de souvenirs. J'ai eu envie de l'exhumer à l'occasion du Challenge Halloween de Lou et Hilde et de m'en refaire une opinion... 

J'avais complètement oublié la dimension poétique et fantasmagorique de ces planches, ainsi que la jolie relation qui unit les deux frères. Ces deux enfants qui ne souhaitent que jouer ensemble, alors que l'un d'eux est mort, est assez émouvante, et si l'intrigue se déroule dans un univers sombre et morbide, l'humour est quand même présent et l'ensemble est relativement gai. Pas de larmoyant, malgré la souffrance du petit Antoine qui a perdu son grand frère, mais plutôt des secrets d'enfants, des jeux, un monde à part auquel les adultes n'ont pas accès. Le monde des morts est représenté par des planches sombres, parfois sanguines, assez floues, comme si l'air se déchirait et que l'univers se désagrégeait. Il en ressort une impression d'immersion totale dans ce monde parallèle, dans les pas du petit Antoine qui fuit le danger.

L'humour est présent à travers le personnage de Vincent, notamment, mais également en la personne du diable, représenté comme un diablotin ridiculement petit mais au pouvoir non proportionnel à sa taille. Les répliques fusent, parfois faciles, mais confèrent à l'ensemble une légèreté bienvenue.

Bref, cette relecture a été très plaisante et j'ai aimé naviguer entre ces deux mondes, sur les traces de Vincent et d'Antoine. Un one-shot intéressant et bien mené qui me laissera davantage de souvenirs avec cette relecture.

Planche 1 Planche 2

Challenge Halloween image

Et voici ma troisième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [34] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,


04 octobre 2017

Aliénor Mandragore T.3 Les Portes d'Avalon, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore TLes Portes d'Avalon est le troisième tome de la série Aliénor Mandragore imaginée par Séverine Gauthier et dessinée par Thomas Labourot, paru en juin aux éditions Rue de Sèvres. Conquise par le premier et le deuxième tome, j'avais hâte de découvrir la suite des aventures d'Aliénor.

Aliénor avait provoqué l'Ankou - le serviteur de la mort - dans le tome précédent, et celui-ci est bien déterminé à se venger de la jeune fille et récupérer l'âme de son père Merlin. Aidé d'un sort, il la précipite dans le Youdig, le marais sans fond passage vers les Enfers. Mais Aliénor s'en sort miraculeusement et s'échappe par une porte qui la conduit tout droit sur l'île d'Avalon, où son père a un temps conté fleurette à la fée Viviane. Mais les vivants ne venant d'ordinaire jamais sur Avalon, Aliénor ne sait pas comment en réchapper...

Quel régal cette série ! Avec ce troisième tome, Séverine Gauthier et Thomas Labourot continuent d'explorer le cycle arthurien en se penchant cette fois sur le mythe d'Avalon, où Excalibur aurait été forgée et où le Roi Arthur aurait été exilé après sa dernière bataille. Sous couvert d'un humour féroce, les deux auteurs donnent à voir un univers riche et très bien documenté, nourri de références au mythe et porté par des dessins ronds et colorés qui le rendent accessible aux plus jeunes.

Le lecteur suit avec plaisir les aventures d'Aliénor, Lancelot, Merlin et Morgane à travers Avalon. L'intrigue est parfaitement ficelée et le suspense bien présent. Pour comprendre les relations entre les personnages et ce que l'intrigue tait ou dit à demi-mots, les auteurs ont inséré depuis le début de la série L'écho de Brocéliande à la fin de l'album, sorte de gazette d'actualités et de rumeurs du monde qu'ils ont esquissé. C'est drôle, ça permet d'aller plus loin pour comprendre le cycle arthurien et ça prouve l'inventivité des deux auteurs pour se réapproprier avec brio ce mythe. Un troisième tome de qualité égale aux deux premiers et qui laisse présager encore du bon pour la suite ! Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de découvrir cette série, succombez sans tarder.

Planche 1 Planche 2

Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

Challenge Halloween image

C'était ma première participation Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Moka !

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , , ,

02 septembre 2017

New York Odyssée, Kristopher Jansma

new york odyssée kristopher jansmaNew York Odyssée est le deuxième roman de l'américain Kristopher Jansma paru en janvier aux éditions Rue Fromentin.

Jacob, William, George, Sara et Irène, cinq amis liés depuis l'université et que l'entrée dans la vie active a poussés à s'installer à New York. New York, la ville qui ne dort jamais, synonyme d'effervescence, de fêtes, d'excès. Brûler la vie par les deux bouts et ne pas s'en soucier, tel était le désir de ces jeunes adultes. Mais un événement brutal va les ramener à la raison et les obliger à donner une autre direction à leur vie.

J'ai pris le parti - comme la quatrième de l'éditeur - de ne pas vous spoiler sur ledit événement, au risque de ne pas suffisamment vous allécher, peut-être. Mais sa révélation participe de l'ambiance de son intrigue et je ne veux pas gâcher cette découverte à ceux qui ouvriront ces pages.

New York Odyssée m'a été offert par mes libraires, lorsqu'en sortie scolaire avec mes pioupious du club lecture (oui, je parle de mes lycéens comme des pioupious et j'assume !) je leur ai annoncé que j'avais eu ma mutation et que je quittais la région. Nous avions passé deux heures à échanger autour des livres et avant de partir, elles m'ont collé celui-ci dans les mains, certaines qu'il me plairait. Et elles ne se sont pas trompées !

Véritable plongée dans le New York effervescent et du quotidien effréné des jeunes cadres d'aujourd'hui qui s'offrent le luxe d'un mode de vie malsain avant d'en payer chèrement les pots cassés, New York Odyssée est également une magnifique histoire d'amitié. De ces histoires qui ont pour toile de fond un Manhattan désenchanté, où le vernis se fissure rapidement pour laisser voir la partie sombre de chacun. Les paillettes et la vie trépidante se craquellent et donnent à voir le drame intime et les fêlures de chacun. Le lecteur s'attache à ces personnages si vraisemblables, se prend d'empathie pour leurs blessures, leurs errements, s'identifie, parfois, à leurs interrogations. C'est beau, c'est triste, c'est vibrant. Bref, un roman à découvrir sans hésiter. Elizabeth et Céline, si vous passez par Bouquinbourg, merci beaucoup de ce très beau roman qui a accompagné mon départ d'Ile-de-France.

"Ces soirs-là, nous savions pourquoi nous étions venus en ville. Quitte à vivre vraiment, alors nous voulions ressentir ces fêlures dans la voix, ce tremblement de toutes les extrémités. Et si nos appartements étaient des cercueils, et nos bureaux des pierres tombales, et nos rêves du poison - si tous nous allions lentement vers la mort - au moins nous nous relevions ensemble de ces épreuves grandioses et terribles." (p.16)

"Que les sceptiques doutent. Que l'avenir soit incertain. Dans une ville de huit millions d'âmes, ils seraient toujours deux, ensemble, du début à la fin." (p.61)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

31 août 2017

Au fond de l'eau, Paula Hawkins

Au fond de l'eau, Paula HawkinsAu fond de l'eau est le nouveau roman de la britannique Paula Hawkins, mondialement connue pour son thriller La fille du train (qui m'avait réconciliée avec les thrillers l'an dernier). Il est paru en France en juin chez Sonatine.

Lorsque Nel est retrouvée morte dans la rivière, sa soeur, Jules, est obligée de revenir à Beckford, la ville de leur enfance, pour s'occuper de sa fille, Lena. Le passé ressurgit et Jules doit affronter l'effroyable présent : sa soeur s'est donné la mort dans le bassin aux noyées, cette partie de la rivière où des femmes se sont jetées dans l'eau pour en finir. Alors qu'elle faisait un reportage photographique sur cette partie de la rivière, Nel a été emportée par son projet artistique. C'est ce que tout le monde croit, y compris l'inspecteur Sean. Mais Jules se rend rapidement compte que la mort de sa soeur survient quelques temps à peine après le suicide d'une adolescente du village, Katie, la meilleure amie de Lena. Et si ces deux morts étaient liées ?

J'avais été complètement happée par l'intrigue de La fille du train, me prenant au jeu de cette narration alternée savamment orchestrée, et j'attendais ce nouveau roman avec impatience. Hélas, il est bien difficile d'être à la hauteur d'une pépite littéraire, quel qu'en soit son genre. Et Paula Hawkins n'est pas parvenue à transformer l'essai.

Au fond de l'eau est un thriller efficace, certes, mais qui ne possède en rien la saveur de La fille du train. Ses personnages sont assez communs, sans réelle complexité psychologique et son intrigue ficelée trop rapidement pour ne pas être prévisible. Paula Hawkins opte à nouveau pour une narration alternée mais sans la singularité d'un narrateur aux souvenirs confus, comme dans son précédent roman. Et l'air de rien, l'ensemble perd de son charme. Les personnages se succèdent pour prendre en charge la narration et offrir au lecteur leur point de vue, mais  le tout reste plat, sans relief. Si j'avais tourné les pages de La fille du train à une vitesse vertigineuse, je me suis passablement ennuyée à Beckford sur les traces de Nel et de ce bassin aux noyées. Un thriller très commun, qui n'a su ni me terroriser ni me surprendre. C'est bien dommage...

Nelfe en revanche a passé un très bon moment entre ces pages.

Une chronique de soukee rangée dans Thrillers - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

07 juin 2017

Aliénor Mandragore T.2 Trompe-la-Mort, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor 2

Trompe-la-Mort est le second tome des aventures d'Aliénor Mandragore, la série imaginée par Séverine Gauthier et Thomas Labourot. Il est paru en juin 2016 aux éditions Rue de Sèvres.

Merlin est toujours mort, tué par le cri d'une mandragore déterrée par sa fille Aliénor dans le premier tome. Mais si son corps se décompose petit à petit dans la chaumière familiale, son fantôme erre dans les parages. Aliénor décide d'en finir avec cette situation et décide d'aller à la rencontre de l'Ankou, le collecteur d'âmes, et de faire revenir son père à la vie. Aidée de Lancelot, elle se lance à l'aventure !

J'avais adoré le premier tome des aventures d'Aliénor et je n'avais qu'une hâte : découvrir la suite. Ce deuxième album s'inscrit parfaitement dans la lignée du premier, drôle et bien construit. L'intrigue de Séverine Gauthier se complexifie habilement, portée par les dessins de Thomas Labourot. Le cycle arthurien est toujours la toile de fond de cette épopée rocambolesque dans laquelle les personnages principaux - Lancelot, la Dame du Lac, Merlin, etc. - gagnent en épaisseur psychologique. L'ensemble est toujours aussi drôle et les références nombreuses.Planche 1

Un régal que cette nouvelle aventure d'Aliénor. J'attends le tome 3 qui sort ce mois-ci avec impatience ! Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cet album.

 

image

Cette semaine chez Moka !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

24 mai 2017

La maison, Paco Roca

La maison, Paco RocaLa maison  est un album du dessinateur espagnol Paco Roca paru en mai 2016 chez Delcourt, dans la collection Mirages.

Un vieil homme meurt, seul. Ses trois enfants se réunissent pour vider la maison de famille dans laquelle Antonio, c'est son nom, a passé ses derniers jours. Une maison secondaire, qui a vu les années défiler. Une maison dans laquelle les objets se sont entassés au fil du temps. A l'occasion du rangement et du nettoyage de la maison et de son jardin, ses enfants se souviennent.

Joli album en format à l'italienne, La maison est une plongée dans l'histoire d'Antonio et de sa famille. Paco Roca aborde avec beaucoup de sensibilité et de pudeur un thème un peu lourd - celui de vider une maison de famille. Les couleurs dans les tons sepia et le découpage en petites vignettes donnent l'impression de naviguer dans un album photos, écumant les souvenirs d'une famille.

La portée du propos est universelle et permet de se glisser en silence entre ces frères et soeur, et d'y trouver une résonnance certaine. Un album poétique, fin et dont il émane une sorte de nostalgie. Une belle lecture.

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

BD de la semaine saumon 

Aujourd'hui chez Mo'!

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,