Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




22 mai 2019

Aliénor Mandragore T.5 Le Val sans retour, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore Le val sans retour

Le Val sans retour est le cinquième et dernier tome de la série Aliénor Mandragore imaginée par Séverine Gauthier et mise en dessins par Thomas Labourot. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Dans la forêt de Brocéliande, le coeur d'Aliénor oscille toujours : devenir druide, comme Merlin, son père, ou fée, comme ce que ses envies lui intiment ? Perdue, fâchée avec Lancelot à qui elle a fait pousser des cornes, la jeune fille rend visite à son ermite, censé l'aider et la guider. Mais ce dernier a perdu une partie de sa mémoire dans le Val sans retour et avec elle de précieuses informations concernant l'enfance de sa pupille. Malgré les nombreux dangers, Aliénor décide de s'y rendre sur le champ pour retrouver la mémoire perdue de son ermite, et ainsi, une partie de son passé.

Voilà une série que j'ai pris plaisir à découvrir de bout en bout ! Ouvrir un Aliénor Madragore, c'est être certain de passer un agréable moment dans une aventure loufoque, colorée et drôle. Le duo d'auteurs a revisité avec beaucoup de talent la légende arthurienne pour en livrer une version toute personnelle mais néanmoins bien documentée.
Ce dernier tome aborde la question laissée en filigrane tout au long de la série : Aliénor suivra-t-elle les traces de son père et deviendra-t-elle druide à son tour ou écoutera-t-elle son coeur qui penche vers le monde des fées ? Il faudra le lire pour le savoir ! 
La petite Aliénor a bien grandi et doit maintenant prendre ses responsabilités. Mais pour envisager son avenir, c'est son passé que la jeune fille doit découvrir. S'ensuit une quête identitaire à travers le Val qui va permettre à la jeune fille de découvrir qui est véritablement sa mère et comprendre enfin son présent.
Les dessins de Thomas Labourot ont gagné en intensité dans ce tome et offrent des paysages aussi fantasmagoriques que déjantés. Les couleurs douces, utilisées tout au long de la série, offrent ce qu'il faut de chaleur et de douceur à la quête d'Aliénor, et les planches se suivent et ne se ressemblent pas.
Une série que je referme avec regret mais avec la certitude aussi que je la relirai avec plaisir. Un seul conseil : si vous n'avez pas encore succombé à l'appel d'Aliénor et de cette réécriture du cycle arthurien, c'est le moment, la série est complète ! 

 Retrouvez toutes mes chroniques de la série :

    

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album et suivre cette série ! 

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Planche 3 Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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12 mai 2019

Blanc Mortel, Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithBlanc Mortel est le quatrième tome de la série Cormoran Strike, série imaginée par J.K. Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru le mois dernier aux éditions Grasset. 

Le jour où un jeune homme en apparence déséquilibré sonne à l'agence de détectives de Cormoran Strike, ce dernier a tout lieu de penser que celui-ci affabule. Billy, c'est son nom, dit avoir été témoin du meurtre d'une enfant lorsqu'il était jeune et veut que la vérité soit faite sur cette sombre histoire. Mais avant que Strike ne puisse l'interroger, Billy s'enfuit. Tiraillé, l'enquêteur ne sait quel crédit accorder à ses dires mais par acquit de conscience, commence à effectuer quelques recherches. En parallèle, il se lance avec son associée, Robin, dans l'espionnage politique, alors qu'un Ministre victime de chantage, leur demande de trouver des charges contre son ennemi en infiltrant le Parlement. Les deux enquêtes sont sinueuses et piétinent, d'autant plus que Cormoran souffre désormais d'une certaine notoriété l'empêchant d'agir sur le terrain sans être découvert.

Souvenez-vous : depuis deux mois, je suis plongée dans cette série de mon auteure favorite. Début mars, je découvrais L'appel du coucou, et si le rythme un peu lent me déroutait un peu, je persévérais néanmoins en enchaînant directement avec le deuxième tome, Le Ver à soie, que je dévorais en moins de quinze jours, avant de me plonger littéralement dans le troisième, La Carrière du Mal, dont je sortais haletante, perdue dans l'attente de la sortie de ce quatrième tome en français.  
Autant vous dire que j'attendais ce dernier avec une impatience rare et que sitôt en ma possession, je me suis lancée dans sa lecture avec délectation.  
J.K. Rowling signe ici un tome foncièrement différent des trois premiers. Si la trame demeure la même - une enquête de terrain pourvue de multiples rebondissements - le rythme du roman est plus lent, plus centré également sur ses deux héros, Cormoran et Robin. Le roman avance progressivement au fil des 700 pages, à la fois sur l'intrigue du chantage politique, à la fois sur l'histoire du meurtre de l'enfant mais aussi sur les relations personnelles de Cormoran et de Robin. Cette dernière tente de sauver son mariage, alors que celui-ci n'a qu'un an, tandis que Cormoran s'enlise dans une relation sans lendemain avec une dénommée Lorelei, qui attend beaucoup plus de l'ancien soldat unijambiste.  
R
este que, malgré une intrigue riche et fouillée, des personnages qui gagnent en densité psychologique, j'ai eu plus de mal à apprécier ce tome, me perdant un peu dans ses méandres labyrinthiques. J'ai mis près d'un mois à le lire, m'endormant souvent dessus (ce qui est rare !), captivée pourtant par les circonvolutions de l'enquête et de la vie des deux personnages principaux. Mais il a manqué une petite étincelle, je crois. Le dénouement est encore une fois inattendu et bien pensé, non dénué d'intensité dramatique, et offre à l'ensemble une portée intéressante. Mais j'ai nettement ressenti un intérêt en baisse au milieu de l'intrigue, avant que celle-ci ne s'accélère à nouveau.  
U
n tome que je referme donc avec plaisir, certes, mais pas autant que les trois premiers. J'attendrai quand même avec plaisir la sortie du prochain, que je lirai peut-être en anglais, pour éviter d'avoir à attendre la sortie française. Une série qui reste ma série coup de coeur de l'année, malgré cette petite déception.

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24 avril 2019

Un putain de salopard T.1 Isabel, Loisel et Pont

Un putain de salopard TUn putain de salopard est la nouvelle série signée Régis Loisel pour le scénario et Olivier Pont pour le dessin. Le premier tome, Isabel, paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Brésil, 1972. Max atterrit à Kalimboantao avec l'envie de rencontrer son père. Sa mère, disparue il y a peu, y a vécu durant les jeunes années de son fils et ne lui a jamais parlé de son père. En triant ses affaires, il est tombé sur deux photos sur lesquelles elle pose avec Max et un homme. Mais lequel de ces deux hommes est son père ? Aidé de trois françaises, Christelle, Charlotte et Corinne, Max commence ses recherches, en plein milieu de l'Amazonie, tandis que la transamazonienne est en train d'être construite. Mais le milieu est rude, la prostitution et la violence omniprésentes, et la vie tient à peu. Max déchante vite de son rêve d'exotisme et se heurte à la réalité de la jungle des années 70.

Ouvrir cet album, c'est plonger instantanément dans la moiteur de la jungle brésilienne, au coeur d'une intrigue que l'on pressent riche et intense. Loisel réussit à transporter son lecteur dans une histoire qui allie sérieux et humour, le trio de françaises n'étant pas en reste pour les blagues vaseuses et la déconne. Le timide Max se déride rapidement en compagnie des trois amies et sa quête familiale prend une tournure plus légère. Mais ça serait sans compter le contexte dans lequel les jeunes gens ont débarqué. 
Christelle et Charlotte sont infirmières expatriées et rejoignent rapidement le camp forestier dans lequel elles font un remplacement. Là-bas, elles découvrent la précarité et la dangerosité du quotidien au milieu de la forêt. Les jeunes filles sont arrachées à leurs familles pour servir les appétits sexuels des hommes sur les chantiers tandis que ces derniers travaillent dans des conditions dangereuses et n'hésitent pas à utiliser la violence pour parvenir  à leurs fins. 
L'intrigue s'installe progressivement mais sans temps mort aucun. Le lecteur suit en parallèle la quête de Max, aidé de la jeune muette Baïa, et les aventures de Christelle et Charlotte. Le trait d'Olivier Pont offre à l'ensemble un dynamisme certain, porté par des couleurs chatoyantes qui rendent hommage au monde végétal. Les personnages possèdent des traits ronds qui leur confèrent une touche de légèreté bien appréciable dans ce contexte-là. 
Un premier tome hautement addictif qu'il est impossible de lâcher. Une trame de fond qui s'installe en profondeur et dont on perçoit à peine les contours, des personnages attachants et une intrigue à la fois familiale et politique. Bref, un coup de coeur !

Planche 1 Planche 2

Planche 3

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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07 avril 2019

La carrière du Mal, Robert Galbraith

La carrière du malLa carrière du Mal est le troisième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike écrit par Robert Galbraith, alias J.K. Rowling. Il est paru en 2016 chez Grasset.

L'agence de détective de Cormoran Strike est de plus en plus prospère, grâce aux enquêtes qu'il a menées avec succès avec Robin Ellacot, son assistante devenue progressivement son associée. Mais lorsqu'un matin celle-ci reçoit un colis contenant une jambe de femme accompagnée de paroles de chanson du groupe de rock Blue Öyster Cult, Cormoran prend peur. La chanson fait référence à un  tatouage que sa mère avait, ce qui met Cormoran sur la trace de trois de ses anciennes connaissances qui pourraient lui en vouloir. L'ancien soldat devenu enquêteur se met immédiatement au travail.  De son côté, Robin, ébranlée par cette découverte, perd peu à peu pied dans son couple avec Matthew, tandis que leur mariage arrive à grands pas. 

C'est bien simple, il ne m'aura fallu qu'un gros mois pour dévorer les trois premiers tomes de cette série et leurs 2200 pages (le quatrième arrive dans quelques jours !). Et autant vous le dire tout de suite : mon enthousiasme n'a pas faibli au fil des tomes, bien au contraire ! 
J. K. Rowling réussit à étonner son lecteur avec une nouvelle intrigue foncièrement différente des deux premières. Dans ce tome, le lecteur plonge dans le passé de Cormoran Strike et ses sombres années. Il en apprend bien plus sur son passé de soldat et son enfance dans des squats avec sa mère et sa jeune soeur. La question de l'amputation est évidemment abordée avec ce membre sectionné reçu au courrier et Cormoran de revenir sur ce qu'il ressent à ce sujet. 
L'intrigue alterne une focalisation sur le meurtrier, dont on sait le minimum, et une focalisation sur Cormoran ou Robin. Les chapitres se succèdent et le lecteur, impuissant, voit la folie meurtrière s'emparer de celui qui ne trouve sa jouissance que dans le fait de découper des femmes et les mettre à sa merci. L'étau se resserre, tandis que Robin, insouciante, se lance à corps perdu dans les filatures que lui confie Cormoran.  
Un troisième tome haletant, à la construction bien différente des deux premiers, un dénouement ingénieux autant qu'inattendu, un duo d'enquêteurs dont la psychologie s'étoffe. Bref, on en redemande !

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24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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07 mars 2019

L'appel du coucou, Robert Galbraith

L'appel du coucou

L'appel du coucou est un roman policier de J.K. Rowling écrit sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru en novembre 2013 aux éditions Grasset.

Mayfair, quartier cossu de Londres. Lorsque la jeune mannequin Lula Landry est retrouvée morte, précipitée de son blacon du deuxième étage, la police croit au suicide. Mais le frère de la défunte est sceptique et engage le privé Cormoran Strike. Cet ancien lieutenant revenu d'Afghanistan amputé, gagne maigrement sa vie en menant des enquêtes et se plonge à corps perdu dans l'histoire de la jeune femme, adoptée par un couple fortunée. Et lorsque son agence d'intérim lui envoie Robin Ellacott en guise de secrétaire, le trentenaire ne se rend pas compte qu'il va rapidement former un duo de choc avec sa partenaire. 

Vous connaissez mon amour pour J.K. Rowling, et pourtant je n'avais pas encore mis le nez dans sa série de polars écrite sous pseudonyme.  
C'est chose faite avec ce roman ! Et si sa lecture m'a occupée une partie du mois de février, ce n'est pas tant à cause de ses 700 pages que de mon rythme de tortue du mois dernier (cf. mon bilan de lecture de février !).  
Verdict ? J'ai trouvé des longueurs à l'intrigue, certes, mais elle m'a quand même tenue en haleine et sitôt la dernière page tournée, j'ai emprunté dans la foulée le deuxième opus des aventures de Cormoran et Robin, Le ver à soie. Car finalement c'est le duo d'enquêteurs qui m'a séduite dans ce roman, plus que l'intrigue en elle-même. Il faut reconnaître à J.K. Rowling son talent de romancière : tout se tient, chaque détail de l'intrigue est savamment relié à la toile d'ensemble et le roman policier est une réussite, mais il ne se passe pas grand chose et le rythme est assez lent. Je comprends les avis en demi-teinte !  
Le point d'orgue réside néanmoins dans les personnages, gros atout de la créatrice d'Harry Potter, qui sait construire une psychologie vraisemblable et fine.  
Un premier tome un peu longuet parfois, donc, mais qui fonctionne finalement très bien et m'a donné envie de continuer la série dans la foulée. 

Les avis de Sandrine et Amélie, peu conquises de leur côté par ce premier tome.

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09 janvier 2019

L'anniversaire de Kim Jong-Il, Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

L'anniversaire de Kim-Jon IlL'anniversaire de Kim Jong-Il est un album écrit par Aurélien Coudray et mis en image par Mélanie Allag. Il est paru en août 2016 aux éditions Delcourt. 

Jun Sang a huit ans et vit en Corée du Nord. Sa fierté ? Etre né le 16 février, le même jour que Kim Jong-Il. Pour le petit garçon, le patriotisme représente toute sa vie et c'est avec fierté qu'il joue avec ses camarades à tuer l'ennemi Sud-Coréen et son allié américain. Mais le jour où la famine imposée par le régime devient trop rude, la famille décide de fuir en Chine. Arrêtés à la frontière, Jun Sang, ses parents et sa soeur sont déportés dans le camp de concentration de Yodok, réservé aux opposants au régime. Là-bas, ils connaîtront les coups, les travaux forcés, le rationnement, l'humiliation, la peur. Et Jun Sang perdra ses idéaux patriotiques.

Sur la Corée du Nord, j'avais adoré la BD documentaire de Guy Delisle, Pyongyang. Choquée par le récit de l'illustrateur québécois, j'ai eu envie d'en savoir plus et de découvrir cet album fictif. Et je dois dire que la claque a été grande. J'ignorais tout des camps de concentration de la Corée du Nord et de Yodok - camp qui retiendrait aujourd'hui 50 000 hommes, femmes et enfants soupçonnés d'être opposés au régime - et je ne mesurais pas l'oppression dans laquelle vivent les nord-coréens aujourd'hui. 

Sur fond d'insouciance enfantine et de légèreté, Aurélien Ducoudray nous entraîne dans une intrigue qui s'assombrit rapidement, au rythme des désillusions du jeune héros. Les illustrations de Mélanie Allag, rondes et colorées au début de l'album, s'assombrissent rapidement dans une bichromie en noir et blanc à l'image des moments vécus dans les camps. Les personnages se transforment également, des rides et des cernes apparaissant sur leur visages, leurs corps se décharnant. L'album marque donc clairement la fin de l'enfance de Jun Sang et sa confiance dans son pays et son dirigeant.

Dénonciation d'un état totalitaire et de sa propagande, L'anniversaire de Kim Jong-Il est un excellent album sur la Corée du Nord. Malgré le côté fictif, il est aisé d'imaginer le quotidien des nord-coréens aujourd'hui, entre photos du père de la patrie et de son fils accrochées partout, statues monumentales, chants patriotiques et médias bridés (les téléviseurs sont réglés sur la chaîne nationale par un technicien lors de l'achat et bloqués ensuite, chercher d'autres chaînes étant illégal et sévèrement réprimé), une vie de sacrifices au nom d'un pays qui possède l'un des plus bas niveau de droits de l'homme au monde et d'un dirigeant qui maintient son peuple dans un état de précarité avancé. Bref, un album dur mais essentiel. 

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

La BD de la semaine

C'est reparti pour la BD de la semaine et aujourd'hui c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

Jour 9 du Challenge Feel Good 

(ce n'est pas feel good en apparence, je vous l'accorde, mais aujourd'hui le thème était une BD engagée et je pense que je rentre totalement dans la catégorie avec ce album !)

 Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

 

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02 janvier 2019

Passe-passe, Delphine Cuveele et Dawid

Passe-passePasse-passe est un one shot signé Delphine Cuveele pour le scénario et Dawid pour les dessins, paru en avril 2014 aux éditions de la Gouttière.

Une grand-mère et une fillette partagent de doux moments de complicité. Mais petit à petit, l'aînée perd ses couleurs, disparaît progressivement, tandis que le papillon qui accompagne leurs aventures se pare de couleurs chatoyantes et semble récupérer son âme.

Album sans parole, Passe-passe plonge le lecteur dans une parenthèse poétique tout en abordant un thème lourd, celui de la disparition. La fillette voit peu à peu sa grand-mère perdre ses couleurs et se transformer en un papillon majestueux mais l'ensemble se déroule dans une ambiance joyeuse et légère.

Delphine Cuveele signe ici un scénario sous forme de conte philosophique, où la métempsychose permet d'appréhender la mort avec douceur. Le trait de Dawid est rond, enfantin, et les planches colorées donnent vie à ces souvenirs que se construit la fillette. Sa grand-mère s'efface progressivement, pour finir par n'être qu'un souvenir, mais la joie demeure. Un album très beau, tant dans sa forme que dans son fond, qui aborde avec délicatesse le thème de la mort et offre au lecteur la possibilité de garder un oeil d'enfant. 

Les chroniques de Mo', Moka, Noukette, Jérôme, Lunch, Sandrine et David.

  

 Jour 2 du Challenge Feel Good 

Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

     

 

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10 octobre 2018

Dracula T.1 Le Prince Valaque Vlad Tepes, Pascal Croci, Françoise-Sylvie Pauly

Dracula T

Le Prince Valaque Vlad Tepes est le premier tome du dyptique Dracula, fruit de la collaboration entre Pascal Croci et Françoise-Sylvie Pauly. Il est paru en 2005 aux éditions Emmnanuel Proust.

Londres, 1888. Bram Stoker, le père de Dracula, examine avec l'archiviste du British Museum l'histoire du Prince Valaque Vlad Tepes, à travers le testament de son épouse malheureuse, la Princesse Cneajdna. Celle qui, mariée sans inclination au cruel Prince Tepes, l'a vu lui échapper dans les bras d'une créature étrange.

S'il y a bien un album que je voulais découvrir depuis longtemps et que je gardais au chaud pour cette période de l'année, c'est bien celui-ci ! Dracula est un album hybride, qui mêle histoire et fantastique, qui fait intervenir autant Bram Stoker - le romancier de Dracula - que le Prince à l'origine de ce roman épistolaire. Les recherches des deux auteurs sont poussées, pour dépeindre le personnage de Vlad Tepes et sa cruauté légendaire (les anecdotes d'empalement sont historiquement fondées) mais teintées de fantastique. Le récit enchâssé, donne à voir une intrigue sombre et dénuée d'espoir, à l'image du destin de la malheureuse Princesse Cneajdna.   
Les dessins sont de toute beauté, les dégradés sombres offrant à l'ensemble une note angoissante qui complète cette couverture rouge sang. Les personnages émaciés, la nature quasi morte dans cette neige autant étouffante qu'étincelante, dressent un décor désolé autant que mortuaire. Un bel hommage à l'oeuvre de Stoker, au personnage aussi. Un second tome que j'aimerais découvrir rapidement ! 

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  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

Challenge Halloween 2018, Halloween, logo    

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27 septembre 2018

La poupée sanglante, Gaston Leroux

La poupée sanglante, Gaston LerouxLa poupée sanglante est un roman de Gaston Leroux publié originellement en 1923 sous forme de feuilletons quotidiens. 

Sur l'Île Saint-Louis, le relieur d'art et poète Benedict Masson se languit d'amour pour la douce Christine, fille d'un talentueux horloger. Celle-ci, bien que fiancée à Jacques Contentin, prosecteur à l'école de médecine, se meurt d'amour pour Gabriel, un étrange et beau jeune homme que la famille cache jalousement dans son atelier. Benedict enrage, car il est lui-même doté d'un physique très ingrat qui repousse les femmes.  
Le jour où Christine lui demande de venir travailler avec lui dans la demeure du marquis de Coulteray, Benedict accepte avec empressement. Mais il règne une étrange atmosphère dans ce manoir. La marquise se meurt, atteinte de folie dit-on. Entre deux crises, elle met en garde Christine et Benedict : son mari la mord et la vide de son sang. 
Benedict ne sait pas encore qu'il vient de sombrer dans une implacable machination. 

Découvrir une des dernières oeuvre du père de Rouletabille s'annonçait savoureux, même si ce livre traînait dans ma PAL depuis des lustres. Mais je ne m'attendais pas à un tel bijou !   
Gaston Leroux, célèbre pour ses romans policiers teintés de fantastique, ne déroge pas à la règle avec sa Poupée sanglante. La narration, qui alterne les extraits de journaux, oscille, tremblote, le fantastique est là, se dressant fièrement contre la science et la raison. Benedict Masson, personnage ambivalent s'il en est, est-il le poète transi qui se meurt d'amour pour la belle Christine ou le sauvage tueur de femmes de chambre, comme le récit nous l'apprend par la suite ? Le mystère reste entier... Gaston Leroux s'amuse à jouer avec les codes du genre, empruntant à Mary Shelley mais aussi aux romans gothiques. Le mystère est là, au milieu de tous, en plein Paris. La mort rôde, la vie après la mort aussi, aidée de la science. Bref, un roman à la construction savoureuse, rempli de retournements de situation, sombre et glaçant comme à souhait.  Un roman parfait pour cette période de l'année, porté par un grand nom du roman populaire du 20e siècle. A découvrir sans tarder !

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