Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




28 juillet 2019

Les chroniques de San Francisco T.5 D'un bord à l'autre, Armistead Maupin

Les chroniques de San Francisco 5D'un bord à l'autre est le cinquième tome du feuilleton littéraire Les Chroniques de San Francisco imaginé par l'américain Armistead Maupin. Il est paru en 1987 aux États-Unis avant d'être traduit en français par les éditions Passage du Marais en 1997.

Tout s'est apaisé, au 28, Barbary Lane. Alors que Mary Ann et Brian étaient au bord du divorce, l'adoption inopinée de Shawna sauve leur couple. Pour s'adapter au nouveau statut de vedette de la télé de Mary Ann, les tourtereaux ont déménagé au 23e étage d'une haute tour qui domine la ville. Michael, quant à lui, gère l'arrivée d'un neveu vierge et un brin désagréable que Mme Madrigal autorise à loger dans l'ancien appartement de Mary Ann et Brian. Ce dernier, alors qu'il tombe inopinément sur une ancienne maîtresse, apprend que celle-ci est séropositive et décide de faire un test sans en parler à Mary Ann. Pour noyer son angoisse, il file en weekend avec Michael. Dede et D'or, de leur côté, décident de partir camper avec les jumeaux au Wimminwood, un festival de musique et d'arts dédié aux lesbiennes. Mais tout ne se passe pas comme prévu sur place...

Voilà un tome que j'ai littéralement dévoré et qui m'a complètement conquise ! Et c'est peu de le dire.
A
rmistead Maupin poursuit son études de moeurs des années 80 en emmenant son lecteur tour à tour dans un festival lesbien, un camp pour hommes, le monde pailleté de la télévision et en faisant vivre mille aventures à ses personnages. Entre le Sida - toujours présent et qui plane comme une menace plus seulement réservée aux homosexuels -, la possible destruction des marches de Barbary Lane contre laquelle Mme Madrigal milite, l'adultère de Brian, les questions de couple de Dede et D'or, le conservatisme reaganien ambiant, les intrigues sont nombreuses et croisées et rythment avec enthousiasme ce cinquième tome.
Aucun temps mort, donc, dans D'un bord à l'autre, mais une intrigue farouchement engagée tout en étant exquisement drôle. Un bon conseil : si vous cherchez une série furieusement 70's-80's qui décortique cette époque extravagante, bourrée de joie de vivre et d'humanité, sur fond de bienveillance et d'humour, ne cherchez plus et dépoussiérez ce classique de la littérature populaire américaine qui n'a pas pris une ride. Pour ma part, j'ai hâte de découvrir le sixième tome, commandé chez ma libraire préférée ! 

Mes billets des quatre premiers tomes :

      

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , ,


22 juillet 2019

Les chroniques de San Francisco T.4 Babycakes, Armistead Maupin

Les chroniques de San Francisco TBabycakes est le quatrième tome du feuilleton littéraire Les Chroniques de San Francisco imaginé par l'américain Armistead Maupin. Il est paru en 1984 aux Etats-Unis avant d'être traduit en français par les éditions Passage du Marais en 1997.

1983. Alors que la Reine d'Angleterre visite San Francisco, Mary Ann couvre sa venue pour sa chaîne de télévision et fait la connaissance de Simon Bardill, un lieutenant déserteur de la flotte royale. Elle le présente à la joyeuse troupe du 28 Barbary Lane et Simon propose alors de prêter son appartement londonien pour un mois, en échange d'un des appartements de chez Mme Madrigal. Michael cède à la pression de Mary Ann qui lui propose de se changer les idées après la mort de Jon, son compagnon, décédé trois mois plus tôt du Sida, et part à Londres, lieu de son coming out seize ans plus tôt. 

Six ans et demi ! Oui, six ans et demi séparent ma lecture du troisième de celle du quatrième tome des Chroniques de San Francisco. A l'occasion du visionnage de la série sur Netflix, j'ai eu envie de me replonger dans ce feuilleton et je dois dire que j'y ai pris un certain plaisir.
A
lors que le troisième tome m'avait lassée et avait provoqué mon interruption de lecture, je me suis plongée avec plaisir dans ces nouvelles aventures des habitants du 28 Barbary Lane.
Pour la première fois, l'intrigue quitte San Francisco pour s'exiler en partie à Londres, aux côtés de Michael. Le personnage est en plein deuil de son compagnon, et le sida est évoqué à demi-mot, comme une menace qui plane sur les homosexuels. La maladie est omniprésente dans ce tome - Michael étant lui-même séropositif - et Maupin semble rendre compte de ces terribles années Sida.
De leur côté, Mary Ann et Brian éprouvent des difficultés à concevoir un enfant et l'auteur aborde cette question avec tout autant de pudeur en inversant les stéréotypes de genre, Brian cherchant à être comblé par la paternité tandis que Mary Ann se concentre sur sa carrière.
Un tome plus sombre que les précédents mais non moins dénué d'humour. Armistead Maupin poursuit son étude des moeurs avec brio et étoffe sa galerie de personnages déjà conséquente. Bref, un régal !

Mes billets des trois premiers tomes :

    

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [0] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , ,

12 juillet 2019

Le jardin arc-en-ciel, Ito Ogawa

Le jardin Arc-en-ciel Ito Ogawa Le jardin arc-en-ciel est le troisième roman de la japonaise Ito Ogawa à être traduit en France. Il est paru en 2016 aux éditions Philippe Picquier.

Quand Izumi rencontre Chiyoko, la lycéenne est sur le point de se jeter sous un train. La jeune mère célibataire décide de prendre sous son aile la jeune fille fragile. Leur amitié se transforme rapidement en relation charnelle.
Avec Sosuke, le fils d'Izumi, elles décident un jour de tout quitter pour recommencer une vie ailleurs. Et c'est ainsi qu'elles atterissent dans un petit village réputé pour avoir le plus joli ciel étoilé du Japon. C'est dans une vieille demeure délabrée que les deux femmes décident de s'installer malgré le quand-dira-t-on. Mais Chiyoko s'aperçoit rapidement qu'elle est enceinte d'une précédente relation. La famille Takashima accueille Takara dans la joie et décide dans la foulée d'ouvrir une maison d'hôtes ouverte à tous, sous couvert d'un joli drapeau arc-en-ciel.

Chaque fois que j'ouvre un roman d'Ito Ogawa, c'est un réel enchantement. Après Le restaurant de l'amour retrouvé et La papeterie Tsubaki qui m'avaient complètement charmée, l'auteure revient avec une nouvelle intrigue tout aussi positive et bienveillante, tournée cette fois vers la question de l'homosexualité, sujet ô combien délicat dans la société japonaise actuelle.
Portée par les voix des quatre personnages - Izumi, Chiyoko, Sosuke et Takara - l'intrigue avance à bon pas et déroule les années de vie de cette famille pas comme les autres. De la fuite à l'installation dans la maison délabrée, de l'ouverture de la maison d'hôtes aux études supérieures des enfants, les années coulent et avec elles le sentiment très fort que l'amour et la bienveillance sont plus forts que l'intolérance et les préjugés.
Ito Ogawa nous offre encore une fois un roman doudou qui posent les bonnes questions. Autour de la cuisine de Chiyoko, les hôtes s'ouvrent et la famille évolue. Il fait vraiment bon vivre dans cette maison d'hôtes sous les étoiles, dans ce petit coin reculé du Japon.
Dernier roman de l'auteure traduit en France, Le Ruban m'attend maintenant sagement dans ma PAL. Mais il ne va pas y rester longtemps, tant passer quelques heures en compagnie de la plume de cette auteure est un enchantement. Aviez-vous compris que je vous conseillais chaudement ses livres ? J'espère...

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

20 décembre 2016

Amours, Léonor de Récondo

Amours, Léonor de RecondoAmours est le quatrième roman de la violoniste et romancière française Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en 2015. 

Au début du XXème siècle, dans le Cher, Anselme de Boisvaillant, notable respecté, profite du sommeil de sa femme pour violer Céleste, la jeune bonne de la maisonnée.  Lorsque celle-ci tombe enceinte, Victoire, la femme d'Anselme, décide d'adopter l'enfant et de se faire passer pour sa mère afin de sauver l'honneur du couple et d'offrir à son époux l'héritier tant désiré. Passant outre l'affront et la honte liés à l'adultère, Victoire s'improvise mère mais peine à s'occuper de l'enfant. Elle oscille entre ennui et désarroi. Heureusement, Céleste veille sur le petit et prend soin de lui. Victoire s'en aperçoit rapidement et bien vite, les deux femmes se lient à l'insu d'Anselme.

Quel roman ! Reçu en cadeau pour mes trente ans et reçu à nouveau en réussite à mon mémoire (mes amies ont les mêmes idées sans même se connaître, c'est pas fabuleux ça ?), Amours est un petit bijou à côté duquel j'aurais pu passer si ces deux présences bienveillantes ne me l'avaient pas glissé entre les mains.

Léonor de Récondo signe ici une intrigue très riche dans laquelle les héroïnes sont magnifiées, leurs corps encensés et le plaisir charnel révélé. Derrière un rideau de conventions sociales lourdes, à une époque où les femmes n'avaient que peu de liberté, se révèlent deux personnages féminins forts, marqués par leur statut social. Céleste, issue d'une famille humble, qui n'a d'autre destin que de servir les autres, quels que soient leurs désirs - être violé par le maître de maison était courant à l'époque et non condamné par la loi - et Victoire, étouffant dans un mariage malheureux, s'ennuyant telle une Emma Bovary engoncée dans une vie qui ne lui convient pas. Le corps féminin, uniquement dévoué à accueillir un foetus à cette époque, se libère de ses corsets et se défait de ses interdits pour mieux accéder au plaisir. C'est beau, très beau même. Les 200 et quelques pages se tournent à une vitesse folle vers un dénouement incroyablement réussi. Léonor de Récondo signe ici un roman magnifique qui donne sans hésiter l'envie de découvrir le reste de son oeuvre. Merci Flo et Lise pour ce chouette cadeau !

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage. »

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

14 septembre 2016

Un jour, David Nicholls

Un jour, David NichollsUn jour est le troisième roman du britannique David Nicholls paru en 2008 mais le premier à être publié en France. Il est paru en 2011 chez Belfond et a été l'objet d'une adpatation cinématographique par Lone Scherfig en 2011.

Le 15 juillet 1988, lors de leur soirée de fin d'études, Emma et Dexter se rencontrent. Entre les deux étudiants que tout oppose, une alchimie voit le jour, symbolisée par une nuit sans lendemain. Alors que leurs chemins se séparent - Dexter, fortuné, part découvrir le monde en toute insouciance tandis qu'Emma enchaîne les petits boulots alimentaires - les deux amis ne cessent de correspondre. Durant vingt ans, ils s'échangent des lettres, se revoient à intervalles réguliers, et leur amitié ambiguë évolue au fil du temps. 

Cela faisait longtemps que je tournais autour de ce roman, que le résumé m'intriguait. Et cet été, j'ai décidé de le sortir de ma PAL et de me faire une idée. Et j'ai drôlement bien fait...

Si Un jour semble de prime abord une petite bluette , il n'en est rien. En réalité, le roman est une formidable étude de moeurs au travers du prisme de ces deux personnages que tout oppose. Dexter, l'intrépide et insouciant fils de bonne famille et Emma, la jeune femme responsable et rêveuse. Si l'un est dragueur, l'autre est sentimentale, et lorsque Emma envisage une carrière d'écrivain jeunesse, Dexter devient l'animateur d'une émission de télévision aussi creuse qu'inutile. Pour autant, ces deux-là sont aimantés l'un vers l'autre.

L'humour so british est bien présent dans cette comédie douce-amère, et le roman se présente comme une réelle peinture sociale de l'Angleterre sur vingt ans. Le lecteur suit avec plaisir l'histoire de ces deux personnages très vraisemblables, à raison d'un chapitre par an, à la date anniversaire de leur rencontre, le 15 juillet. Leur correspondance est un délice, tout comme leurs aventures.

Bref, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture, peinant à la lâcher. L'histoirekeep-calm-and-feel-good-246 d'une belle rencontre + une plume intéressante + l'Angleterre en toile de fond = un cocktail plus que réussi qui m'a complètement séduite et un coup de coeur de plus ! J'ai eu du mal à tourner la dernière page. Laissez-vous séduire vous aussi par le tandem Dex et Em... 

Voilà une nouvelle participation

au Challenge Feel Good que j'organise

Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

30 septembre 2013

Pompéi, Maja Lundgren

Pompéi est un récit écrit en 2001 par l'auteure suédoise Maja Lundgren. Il est paru en 2002 en France aux éditions Actes Sud.

An 79 de notre ère. La terre tremble quelques jours avant la sinistre catastrophe mais les signes échappent aux habitants de la cité de Pompéi. Chacun vaque à ses occupations. Par-delà les rues de la ville, le lecteur part à la rencontre de certains de ses habitants - gladiateurs, marchands, prostituées, mimes, esclaves, notables - et découvre cette époque fascinante. 

Offert par ma binômette lors du Swap de Printemps, Pompéi est un livre que je souhaitais lire depuis quelques temps. 
Et si l'antiquité romaine me fascine toujours autant, je dois avouer que j'ai été assez déroutée par ce récit. Maja Lundgren a pris le parti d'une fiction extrêmement bien documentée mais à la construction narrative complexe. Si l'idée d'une déambulation dans les rues de la tristement célèbre Pompéi, quelques heures avant l'éruption du Vésuve, est intéressante, l'auteure semble pourtant vouloir à tout prix noyer son lecteur sous une foule de détails historiques au détriment d'une quelconque cohérence narrative. 
Les personnages se succèdent, tout comme les chapitres aux formes variées (l'un d'eux énumère notamment les métiers exercés dans la ville), et il semble difficile d'y déceler un quelconque lien.
L'écriture de Maja Lundgren est intéressante mais il ressort de l'ensemble un sentiment de confusion qui m'a mise mal à l'aise. L'impression d'être passée à côté du projet de l'auteure, de ce qu'elle voulait transmettre à son lecteur...

J'aime cette époque, beaucoup même. Donc j'ai réussi à me glisser dans ce livre et découvrir certains aspects de la vie quotidienne ou des moeurs des Pompéiens que j'ignorais. Mais si j'ai été charmée, c'est par cet aspect documentaire. Ce qui est le comble pour une fiction.
Une lecture en demi-teinte, donc, que j'ai partagé avec CottageMyrtille, mon acolyte de lectures communes (quand on aime, on ne compte pas !)
Merci, chère Mrs Pepys, pour ce livre. J'avais très envie de le lire. Je suis ravie de l'avoir découvert grâce à toi ! L'avis de Cess, enchantée.

Voici une nouvelle participation à mon Défi Au Coeur de la Rome antique.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature suédoise - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

19 novembre 2012

Une place à prendre, J.K Rowling

Une place à prendre, JUne place à prendre est le premier roman écrit par l'anglaise J.K Rowling, mondialement connue pour sa série Harry Potter, paru en septembre 2012 chez Grasset pour l'édition française.

Pagford, petite paroisse du Sud-Ouest de l'Angleterre. Barry Fairbrother succombe à une crise cardiaque. Son décès laisse de nombreuses personnes éplorées : sa femme et ses enfants, bien entendu, mais aussi les filles de l'équipe d'aviron du lycée dont il était l'entraîneur, ses acolytes politiques, etc. Mais certains se réjouissent de cette mort prématurée. Car Pagford, tranquille en apparence, regorge de malaises sociaux et politiques contre lesquels Barry menait une lutte sans merci. La menace source et l'équilibre de la petite ville est très vite menacée par les intérêts de chacun.

J'ai grandi avec la série Harry Potter. J'avais adoré, gamine, cet univers si singulier et le côté rassurant de ces romans et j'attendais la sortie de chaque nouveau tome avec impatience. Depuis, j'ai grandi... (Enfin, je viens juste d'aller aux Studios Harry Potter et je dois vous en faire le compte-rendu avec photos et tout le toutim, mais passons.)
Les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister ont été l'occasion de découvrir ce premier roman pour adultes dont la sortie faisait déjà tant d'émules. Je l'ai ouvert sans a priori, sans attente. Juste tentée par la quatrième énigmatique et elliptique à souhait.  
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue, loin de là. J'ai retrouvé dès les premières pages le style de Rowling, sa manière de faire monter le suspense et de gérer le rythme de son récit, dans un univers faussement rassurant aux perfidies multiples. J'ai grignoté chacune de ces 700 pages, découvrant les ramifications si nombreuses à l'intrigue principale.   
Les personnages se succèdent, et avec eux autant de psychologies finement étudiées et jamais archétypales. Chacun porte en lui son histoire et ses tourments et l'auteure parvient à leur donner vie à travers sa plume. C'est à peine si l'on a l'impression de lire un roman tant J.K. Rowling nous dresse des portraits complexes et nous offre des personnages d'une vraisemblance troublante. Car sous des abords caricaturaux - la junkie qui a du mal à décrocher, l'adolescente infecte avec ses profs qui tente de faire face à une situation personnelle des plus sordides, la jeune fille bouc émissaire qui s'auto-mutile, etc. - chacun des personnages nés sous la plume de J.K. Rowling recèle une complexité bien loin des archétypes du genre.    
La bourgade de Pagford lui permet de recréer un microcosme à l'image du monde et de ses travers. Les thèmes abordés sont nombreux (le racisme, la pédophilie, le viol, le harcèlement moral, les déterminismes sociaux, etc.) et la mort de Barry Fairbrother n'est qu'un détail autour duquel tout gravite. La petite paroisse condense tout ce que l'humanité peut avoir de moche et de mesquin et cela fait froid dans le dos.   
Un petit bémol, néanmoins, à noter : à trop vouloir se pencher sur la misère et les injustices de ce monde, J.K. Rowling nous livre ici un roman qui est loin d'être une partie de plaisir en terme de lecture. Certains passages m'ont mise mal à l'aise, d'autres sont réellement plombants. La misère sociale de certains personnages est désolante mais pourtant ô combien vraisemblable. Et c'est justement cette vraisemblance qui fait la force de ce roman. Pagford est une représentation de tous les travers de notre société et fait douloureusement écho à ce que nous vivons, à ce que nous côtoyons. C'est dur, parfois lourd à lire, mais tellement bien écrit et amené que l'envie d'en savoir plus est plus forte.   
Certains ont adoré ces 700 pages, d'autres l'ont détesté. Pour ma part, sans être un coup de coeur, j'ai été bluffé par le talent de J.K. Rowling. Une place à prendre est un roman très bien ficelé qui lui ouvre grand la porte de la littérature adulte.

D'autres avis sur ce roman : Argali, Cla S, Herisson, ManuCatherine, Noukette, Syl, Stephie, Mélo, Mango, Belledenuit, LystigCryssildaL'Irrégulière...   
Un grand merci à Oliver et à
Priceminister pour la découverte de ce roman.

 

Les matchs de la rentrée littéraire 2012 sur PriceministerNote : 17/20

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [36] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

05 mars 2011

Le sexe à Rome, John R. Clarke

9782732431185FSQuels étaient les mœurs sexuelles des Romains à l'Antiquité ? Pourquoi affichaient-ils tant de représentations artistiques de rapports sexuels dans leurs demeures et quelles en étaient les significations ?
John R. Clarke, professeur d'histoire de l'art à l'université d'Austin, au Texas, s'est penché sur la question à travers les vestiges de cette époque. Si le sujet peut sembler déroutant, voire prêter à sourire, le documentaire qui en résulte est tout à fait passionnant.

Il nous propose, à partir de peintures (notamment de la Maison des Mystères à Pompéi), de sculptures, d'amulettes ou encore de poteries diverses, de tenter de comprendre la représentation de la sexualité des romains (de 100 av. J.C. à 250 apr. J.C.), et de nous affranchir de la vision judéo-chrétienne que nous en avons pour mieux en percevoir les codes, qui sont parfois surprenants.
Nous apprenons ainsi qu'une sexualité épanouie était une bénédiction divine, et que les romains ne s'attachaient pas aux différences entres hommes et femmes en matière de plaisir (les termes "homosexualité" ou "hétérosexualité" n'existaient pas). Chacun faisait comme bon il lui semblait, du moment qu'il s'agissait d'un individu de situation sociale inférieure. Car finalement, aucune égalité ne régnait dans ce domaine : les Romains bien-nés faisaient ce qu'ils voulaient avec leurs esclaves hommes ou femmes (considérés comme du mobilier de leur demeure) ou des individus plus jeunes, mais il était mal-vu d'avoir ce type de rapport entre citoyens d'une même classe sociale.

Plus étonnant encore, les représentations picturales sexuelles avaient des fonctions qu'on peine à imaginer aujourd'hui : prouver sa catégorie sociale (il était bien vu d'avoir des tableaux représentant des scènes sexuelles socialement acceptées dans sa domus), éloigner le mauvais oeil (notamment dans les thermes, lors du déshabillage, il fallait rire pour éloigner le mauvais oeil dû aux convoitises) ou encore faire rêver ceux qui fréquentaient les lupanars. Car, et c'est encore une chose qui peut étonner, les lupanars n'étaient absolument pas les maisons closes propres et luxueuses qu'on peut imaginer et qui sont souvent représentées dans les films. Les Romains riches avaient leurs propres esclaves pour accomplir leurs désirs, donc seuls les classes inférieures fréquentaient ces établissements, de fait peu onéreux pour les attirer. Lorsqu'un coït coûte le prix d'une coupe de vin, le lecteur d'aujourd'hui comprend mieux que les luxueux lupanars étaient en réalité d'obscurs bouges sans lit ni coussin...

Je m'arrêteLogo_1 là, car je pourrais vous en faire un exposé beaucoup plus long si je m'écoutais. En résumé : un livre étonnant, très documenté et qui nous pousse à mettre de côté notre façon de penser la sexualité aujourd'hui pour comprendre les moeurs de cette époque.
J'inscris c
ette lecture comme huitième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

 

PompeiI_235

Villa des Mystères, Pompéi

Une chronique de soukee rangée dans Beaux Livres - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,