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05 juin 2010

Meurtres au Potager du Roy, Michèle Barrière

9782253128762FSDepuis que j'ai découvert sur le blog de Latite Michèle Barrière et ses romans noirs gastronomiques, je les dévore tous un par un. Après le 16ème siècle, nous voici plongés au cœur du 17ème, à la cour de Louis XIV...

Versailles, 1683. Alors que Louis XIV affirme sa passion pour les légumes, ses jardiniers cultivent au Potager du Roy de nombreuses variétés nouvelles. Le jour où tous les melons, fruit tant prisé par le monarque, sont vandalisés et un jardinier tué, les jardiniers sont en alertes. Le même crime est commis chez un maraîcher parisien. Benjamin Savoisy, premier jardinier du Potager, se lance alors sur la piste de cet étrange complot qui semble ourdir à Versailles...

Une fois encore, je me suis régalée avec cette lecture. Rapide, extrêmement documenté (une fois encore, un carnet de recettes d'époque se trouve à la fin du roman), Meurtres au Potager du Roy nous plonge au cœur du 17ème siècle à Versailles. L'intrigue est relativement centrée sur les mœurs gastronomiques de cette époque (n'oublions pas que Michèle Barrière est journaliste culinaire !) tout en étant riche de détails historiques.
L'enquête policière est peut-être le bémol de ce roman. Pour ma part, je l'ai trouvée extrêmement prévisible et j'ai été très intriguée de la naïveté du héros de Michèle Barrière. J'ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette époque et suivre à la fois les caprices culinaires du Roi Soleil, les modes gustatives de cette époque et l'introduction de nouveaux fruits et légumes en France, tels les petits pois, les asperges, ou encore les melons.

Dernier point positif à noter, et non des moindres : le Potager du Roy se visite toujours, à deux pas de Versailles.  L'auteur y a travaillé  quelques semaines pour préparer ce roman. Vous trouverez sur le site internet du Potager du Roi une foule d'informations pour compléter votre lecture.
A noter pour les parisiens, les samedi 2 et dimanche 3 octobre 2010, la grande manifestation 
"Les Saveurs du potager". J'y serai !


"Les écuyers sont les chefs. Ils contrôlent la qualité des plats et la quantité d'ingrédients. Les maîtres queux ont la charge des viandes et de la volaille. Les hâteurs sont ceux qui mettent les viandes à rôtir ou les poissons si l'on est maigre. Les potagers, comme leur nom l'indique, s'occupent des potages qu'ils soient de viandes ou de poissons et des bouillons pour faire les sauces. Les pâtissiers font les pâtés mais aussi les biscuits. Voilà pour la cuisine proprement dite." (p.30)

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06 mai 2010

Au douzième coup de minuit, Patricia Wentworth

52713600Il y a quelques temps, je vous faisais part de ma découverte de Patricia Wentworth, grâce à Caro qui m'avait offert Un pas de trop lors du Swap Irlande.
M'étant renseignée sur cette auteure et ses écrits, j'ai donc décidé il y a peu de m'intéresser à sa célèbre détective, Maud Silver. Comme je l'avais découvert au fil de mes recherches, celle-ci, imaginée avant Miss Marple, est la première occurrence du  personnage de "armchair detective" dans la littérature policière.

James Paradine est à la tête d'une entreprise importante. Le jour où des plans disparaissent de son bureau, il décide d'en faire part à sa famille, unique coupable potentielle, lors du repas de la Saint Sylvestre. Encourageant le coupable à venir dans son bureau pour réparer sa faute et lui assurant sa discrétion, James Paradine s'enferme dans celui-ci.  Mais lorsqu'au matin il est retrouvé mort, l'affaire familiale prend immédiatement une autre ampleur.
Miss Silver, une gentille vieille dame qui réside dans la village avoisinant, s'intéresse à l'affaire, tout en s'affairant à son tricot...

Amateur de romans policiers au charme désuet et suranné, vous serez servi avec ce titre ! Tout est rassemblé pour passer un bon moment : la campagne anglaise, au calme reposant, une imposante demeure, une famille unie, aux apparences trompeuses, un meurtre déguisé en accident, un huis-clos qui devient vite oppressant, les masques qui tombent pour révéler les personnalités... jusqu'à Miss Silver, la gentille voisine à la retraite, inoffensive au premier abord, mais qui observe tout de ses yeux fatigués mais non moins alertes.
L'intrigue développée ici par Patricia Wentworth n'a certes rien d'exceptionnel et certains pourraient y voir un certain goût de déjà vu, mais j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture, me laissant porter par le côté rassurant de ces enquêtes que j'apprécie tant.

Je vais continuer ma découverte des enquêtes de Miss Silver, ayant acheté La roue de Sainte Catherine, que je lirai très prochainement !

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04 mai 2010

L'enfant des cimetières, Sire Cédric

9782842283575FSJ'avoue : quand j'ai vu la mention "thriller gothique" de l'éditeur, je me suis vraiment demandé ce qu'il en était. Je ne connaissais absolument pas Sire Cédric et me suis donc lancée dans cette lecture avec la plus grande d'objectivité possible (enfin, dans la mesure où celle-ci est réellement possible...)

Un tragédie familiale vient d'être commise : un fossoyeur d'une trentaire d'années, pris d'un étrange coup de folie, a abattu froidement son épouse et ses deux enfants avec une carabine, avant de se donner la mort.
David, photographe pour un quotidien, se rend immédiatement sur place pour couvrir l'événement avec Aurore, sa collègue journaliste. Le crime est d'une atrocité sans nom.
Les journaux s'emparent de cette affaire, tandis que la police récolte un indice de taille : un individu a assisté au massacre. Il s'agit du neveu du fossoyeur, âgé de dix-neuf ans. Mais ce dernier ne laisse pas à la police le temps de le retrouver et commet une fusillade meurtrière dans un hôpital, tuant au passage Kristel, la compagne de David.
Effondré, celui-ci tente par tous les moyens de comprendre  quelle folie s'est emparée de ces deux hommes. Mais en cherchant à y voir plus clair, David va se confronter aux forces occultes et à la fameuse légende urbaine de l'enfant des cimetières...

Bon, je vous le dis tout de suite : j'ai dévoré ce roman en une journée. Les thrillers me font toujours cet effet là : qu'ils soient bons ou mauvais, je ne peux jamais les lâcher.
N'étant absolument pas spécialiste de ce genre littéraire, j'ai du mal à juger ce type de lecture au regard de références précises ou de lectures antérieures avec lesquelles elles sont susceptibles de résonner. Je peux uniquement parler de ce que j'ai ressenti à cette lecture.
En réponse à ma curiosité pour la dénomination "thriller gothique", beaucoup d'éléments noirs et teintés d'ésotérique parsèment l'intrigue : la légende urbaine de l'enfant des cimetières - un adolescent albinos qui apparaît dans les cimetières et les morgues et qui s'insinue dans l'oeil de celui qui le regarde et le pousse au suicide -, les divers rituels, de sorcellerie, les développements autour des démons et des forces occultes, etc. Rien de rationnel donc, dès le début, mais c'est un pacte de lecture que Sire Cédric passe avec son lecteur dès son prologue. Qui rejette les mondes parallèles et le paranormal pose ce livre tout de suite !
L'ayant lu d'une traite, je n'ai pas eu l'impression que l'intrigue souffrait de longeurs. Le rythme est rapide, les événements s'enchaînent au pas de course et le suspense est dispensé efficacement au fil des pages.  La plume de Sire Cédric est très cinématographique et permet au lecteur de parfaitement se représenter tant les décors que les scènes de ce thriller. La psychologie des personnages principaux est suffisamment approfondie pour permettre une identification à ceux-ci, même si on peut regretter le manque de vraisemblance lorsque le personnage principal, alors en plein deuil de sa compagne, se jette à corps perdu dans la résolution de l'enquête morbide. Certains argumenteront qu'il est poussé à agir ainsi par les apparitions de Kristel et les conseils qu'elle lui prodigue pour l'aiguiller.
En résumé, un bon moment de lecture, malgré néanmoins des passages  que j'ai trouvés vraiment gore, notamment  toutes ces  énucléations et ces meurtres tous plus atroces les uns que les autres.
A savoir avant d'ouvrir ce livre !

Je tiens à remercier 51760138_p et les Editions logo_lepreauxclercs pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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29 avril 2010

Ne vous fâchez pas Imogène, Charles Exbrayat

9782702419069FSPlus jeune, j'ai croisé la route de Charles Exbrayat et d'Agatha Christie dans la bibliothèque de mes parents. Mais par une étrangeté que je n'explique pas, j'avais décidé de ne m'attacher qu'à un seul détective de chacun de ces auteurs et de ne rien lire en dehors d'eux.
Ainsi, Hercule Poirot et Roméo Tarchinini ont eu le privilège de combler mes attentes, contrairement à Miss Marple et Imogène, auxquelles je n'ai pas daigné m'intéresser (n'y voyez aucune misogynie mais plutôt l'influence de mes parents et la façon dont ils m'ont décrit chaque personnage...)
Me voici donc, plus d'une décennie plus tard (...) à découvrir le fameux personnage d'Imogène, crée par Exbrayat en 1959. De façon logique, j'ai donc débuté par le premier roman dans lequel cette charmante femme apparaît : Ne vous fâchez pas Imogène !

Imogène est écossaise, descendante du clan McLeod. Imogène a près de cinquante ans et vit toujours seule à Londres, employée en qualité de sténodactylographe à l'Amirauté. Imogène a une tendance colérique qui fait d'elle une collègue parfois peu sympathique.
Mais le jour où son supérieur hiérarchique décide de lui confier une mystérieuse mission secrète pour l'Amirauté, Imogène exulte. Elle doit livrer des plans secrets à un contact à Callander, le village où elle a grandi en Écosse. Mais les choses se corsent très vite pour la courageuse Imogène : les espions rôdent autour d'elle pour lui dérober son précieux bien...
19266945

C'est avec plaisir que je découvre le personnage d'Imogène ! Vieille fille traditionnelle et pince-sans-rire, c'est un personnage drôle autant dans ses attitudes que dans ses réparties. Exbrayat a certes forcé le trait quant à sa psychologie parfois caricaturale, mais le tout dans une optique satirique et comique très réussie. La naïveté de la pauvre Imogène, notamment dans ses relations avec les hommes, prête à sourire plus d'une fois malgré des répétitions de situation parfois lourdes.
L'intrigue en elle-même est assez simple et prévisible (l'entourage de la vieille écossaise étant réduit, les soupçons se portent très rapidement sur certains personnages ambivalents), avec quelques lenteurs, mais le caractère d'Imogène et ses mésaventures  font que le roman se lit néanmoins très vite.
Le retournement de situation final permet de gommer les défauts d'une intrigue parfois simple et de donner une saveur nouvelle au roman, une fois la dernière page tournée.
Bref, je ne vais pas m'arrêter là dans ma lancée et poursuivrai mes lectures d'Exbrayat avec Imogène très prochainement !

Il va sans dire que la prochaine sortie sur les écrans français du film Imogène Mc Carthery, adaptation de ce roman, m'a permis de dépoussiérer mes vieux Exbrayat et de me pencher d'un peu plus près sur cette héroïne assez déroutante. Le fait que Catherine Frot endosse le rôle de l'écossaise traditionnelle qui a fait rire une génération de lecteurs m'a évidemment empêchée d'imaginer ma propre Imogène, mais a apporté une touche de comique non négligeable à ma lecture !

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28 avril 2010

La dernière enquête du chevalier Dupin, Fabrice Bourland

9782264049162FSA l'occasion du Festival Quais du Polar de Lyon, j'ai eu le plaisir d'assister à une conférence hommage à Sherlock Holmes en présence de plusieurs auteurs, dont Fabrice Bourland, qui s'est intéressé, dans un de ses romans, à l'œuvre de Doyle.
C'est à cette occasion que j'ai pu discuter avec lui et découvrir ce roman, pastiche d'Edgar Poe, et mettant en scène son célèbre chevalier Dupin.

Paris, 1855. Le poète Gérard de Nerval est retrouvé pendu aux grilles d'une sordide rue. Certains attestent un suicide, arguant la santé mentale défaillante de l'auteur, tandis que d'autres crient au meurtre.
Le chevalier Dupin est dépêché sur place pour enquêter, aidé par un ami, le narrateur de cette histoire. Et ses découvertes vont très rapidement dépasser son entendement.

D'une lecture très rapide, ce roman est un régal. La plume de Fabrice Bourland est d'une fluidité rare et ses phrases s'enchaînent sans lourdeur.
L'intrigue en elle-même est à la fois mystérieuse et fascinante : qu'en est-il réellement de la mort du célèbre poète ? Et que viennent faire un corbeau observateur et une momie égyptienne
dans cette histoire
?
Le personnage du chevalier Dupin est égal à lui-même, à la fois suffisant, comme tout grand détective, et intrigant, pour le lecteur comme pour le narrateur. Ses observations, pertinentes et logiques, s'écoulent lentement au fil de la narration, permettant ainsi de rythmer le suspense du roman et d'orienter progressivement l'intrigue dans une direction originale.
Fabrice Bourland amène son lecteur à franchir les frontières entre fiction et réalité en faisant réfléchir son Dupin à la mort mystérieuse de Poe, le créateur originel de ce personnage.
Une excellente découverte que ce roman et ce auteur ! Moi qui n'étais pas très portée sur les pastiches, les jugeant souvent de qualité inférieure à l'œuvre dont ils proviennent, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Je vais poursuivre ma découverte de Fabrice Bourland avec Le fantôme de Baker Street, acheté également à son stand à Quais du polar !

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20 avril 2010

Le mystère de la maison Aranda, Jeronimo Tristante

couv71970536Je viens de terminer Le mystère de la maison Aranda, bien heureuse de découvrir ce roman policier dont j'avais entendu parler il y a quelques temps.

Madrid, 1877. Victor Ros vient d'être promu sous-inspecteur. Pour cet ancien voleur à la tire, cette promotion est le résultat d'un dur labeur. Mais au moment où il rentre dans sa nouvelle fonction, deux affaires attirent son attention : des prostituées se font assassiner d'un coup de poignard dans le ventre, tandis que dans le même temps une jeune femme agresse son mari en pleine nuit, après avoir lu un passage de La Divine Comédie...

Très enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture, mon entrain s'est affaibli au fur et à mesure de celle-ci... Le rythme de l'intrigue est très lent (une centaine de pages pour que l'histoire se mette en place), les personnages sont peu consistants et une abondance de dialogues parfois stériles et redondants parsèment le texte. Bref, un enthousiasme de plus en plus mou de mon côté, mais j'ai néanmoins poursuivi ma lecture.
Sauf que... Sauf que l'évocation des meurtres des prostituées , qui survient très tôt dans le roman, m'a bien évidemment fait penser à Jack l'Éventreur, transposant le drame à Madrid. Cet aspect de l'intrigue m'a fortement déplu, me faisant suspecter l'auteur de manquer d'imagination...
Et l'allusion à l'œuvre de Dante m'a complètement refroidie. Toute l'intrigue repose sur la question de la prétendue malédiction de la maison où la jeune femme agresse son mari, et le lien avec le livre démoniaque qu'elle lisait : La Divine Comédie. Depuis quelques années, une malédiction semble frapper les habitants de la maison Aranda et pousser les épouses à poignarder leurs maris. Et à chaque fois, l'œuvre de Dante se trouve à leurs côtés, sur la scène du crime. J'ai vraiment eu beaucoup de mal à adhérer au raisonnement de l'auteur et n'ai jamais été entraînée dans le côté fantastique dont il a teinté son roman.
L'intrigue est simple, trop simple pour un lecteur averti de romans policiers, les révélations sont courues d'avance et les personnages ont une psychologie développée a minima. Le duo que forme Victor Ros avec son collègue ressemble à une pâle copie de Sherlock et Watson, appliquant avec soin la méthode développée par Doyle :  observation et déduction.
Bref, après un dénouement ô combien prévisible, j'ai refermé ce roman en me disant qu'outre le voyage dans le Madrid de la fin du XIXe, il ne m'avait pas beaucoup apporté... Dommage ! C'est vraiment rare que je ne n'accroche pas avec un "Grand détective" de 10/18...
Je remercie néanmoins  
47286893 et la collection 10/18 pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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18 avril 2010

Les vestiges de l'aube, David S. Khara

lueurs01Reçu cette semaine, j'ai dévoré d'une traite Les Vestiges de l'aube, premier  roman de David S. Khara. Et je n'ai pas été déçue !

Barry Donovan, flic New Yorkais, est empêtré dans une enquête pour meurtre. Depuis les attentats du 11 septembre, sa vie est brisée et le désespoir le submerge.
Sa rencontre avec Werner Von Lowinsky, sur internet, redonne un sens à sa vie. Son interlocuteur est une oreille bienveillante et sa présence virtuelle est apaisante.
Mais ce que Barry ignore, c'est que Werner  n'est pas un homme comme les autres... Werner est un vampire. Un vampire vivant reclus dans le sous-sol de son ancienne propriété. Et sa rencontre avec Barry lui insuffle un regain de vitalité et d'humanité très grisant. Les deux hommes s'entraident au gré de leurs discussions régulières, et entre eux naît une amitié peu commune...

Autant vous le dire tout de suite, je me suis régalée avec ce roman ! Et pourtant, les vampires  dans la littérature et moi... Surtout en ce moment avec cette déferlante de bit-lit plus ou moins réussie... Bref, disons que je suis une lectrice exigeante avec ce thème !
Et avec ce thriller, j'ai été satisfaite au-delà de ce que j'espérais ! Le personnage de Werner, le vampire, est doté d'une humanité rare, de sentiments d'empathie et de compassion étonnants. L'intrigue, centrée sur les deux personnages principaux, avance à bon rythme, tout en laissant une grande place à la psychologie de Barry et Werner.
Ces deux personnages en souffrance trouvent un réconfort inattendu dans leur correspondance virtuelle quasi quotidienne. La lecture est fluide, les chapitres alternant la focalisation sur l'un ou l'autre (symbolisée par une police en italique ou non).
On est loin du mythe du vampire gothique, écumant les cimetières et saignant avec délectation de pauvres humains, victimes faciles et inoffensives. Werner est un vampire très humain, dont la vie a pris fin lors de la guerre de Sécession, et qui cherche, désormais, à reconquérir ses sentiments et un semblant de vie. Sa rencontre avec le personnage de Barry, brisé par la tragédie des Tours jumelles, va être le déclic dans son éternité d'inaction et d'attente.
Un excellent thriller qui modernise le mythe du vampire sans céder à la facilité. Un vampire qui se nourrit tous les cinq ans, raffole d'électro-ménager et navigue sur le web, quelle bonne idée !
Dernière interrogation, et non des moindres : à quand la suite Monsieur Khara ?? Je l'attends avec impatience !
Je remercie 47286893 et les Éditions Rivière Blanche pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. Et je remercie David S. Khara de m'avoir dédicacé son livre !

"Je me nomme Werner Von Lowinsky. Mon père était prussien et ma mère française. Mélange ô combien explosif si l'on se replace dans le contexte historique de mes jeunes années. Je suis né en 1812 à New York. Je suis un vampire. Voilà. Croyez-moi ou pas, craignez-moi ou pas, peu importe. Les choses sont ainsi." (p.11)

"Bien loin des caricatures décrivant des goules putrides, je corresponds plus à l'image d'un dandy qu'à celle d'un cadavre décomposé." (p.11)

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17 avril 2010

L'affaire du Chien des Baskerville, Pierre Bayard

baskerville_bayardA Lyon, à l'occasion du Festival Quais du Polar, j'ai eu la chance de rencontrer Pierre Bayard, un auteur que j'apprécie et estime beaucoup, après avoir lu Qui a tué Roger Ackroyd (sur lequel j'avais rédigé un billet) et Enquête sur Hamlet.
Pour terminer ma lecture de son cycle de "critique policière", qui est définie, par le site Fabula comme une
  "démarche justicière", prenant comme point de départ
" l’attention aux invraisemblances", je me suis lancée dans L'affaire du Chien des Baskerville.
Je me suis donc empressée d'acheter cet essai, de le faire dédicacer (en faisant au passage deux ou trois blagues...) et de le dévorer !

Tout le monde connaît la légende du chien des Baskerville, développée par Conan Doyle dans son ouvrage éponyme. Sur la lande déserte, un immense chien, telle une évocation des Enfers, surgit, tous crocs dehors, pour tuer ses pauvres victimes... Le célèbre Sherlock Holmes, appelé à enquêter, s'intéresse de près au décès de Charles Baskerville, héritier de la famille, survenu quelques mois avant le début de la narration. Quelqu'un semble s'en prendre aux Baskerville, et Henry, le neveu de Charles, est en danger ! Heureusement, Watson et Sherlock sont là pour le protéger et déjouer la machination qui se trame...
Oui, mais... Mais Pierre Bayard se penche sur cette affaire et met en parallèle certaines incohérences du texte... Et si Sherlock Holmes s'était trompé d'assassin ? Et si ce dernier coulait depuis tout ce temps des jours paisibles entre les lignes de Conan Doyle, à jamais innocenté d'un crime que personne ne semble voir dans ce roman ?

Comment résister à une deuxième lecture de Conan Doyle, plus approfondie, plus fouillée, qui permet de lire entre ses lignes ? Pierre Bayard excelle une nouvelle fois dans cet exercice, scindant son propos en étapes progressives et amenant son lecteur à une révélation pour le moins étonnante.
Une excellente lecture pour qui s'intéresse à cette enquête du célèbre détective et qui permet de la reconsidérer sous un autre angle. U
Sans_titre_2n détour par les relations entre Doyle et son célèbre personnage permet non seulement de mettre en perspective ce roman par rapport à l'œuvre de l'écrivain mais aussi de comprendre l'emprise du personnage sur son créateur et les réactions qu'il suscite chez ce dernier.
Pierre Bayard insinue le doute dans l'esprit de son lecteur, l'amenant à s'interroger sur le degré fictionnel d'un texte et la frontière entre réalité et imagination...
Allez, j'avoue, sixième coup de cœur de l'année... Vous l'aviez peut-être deviné ?

"Observation et déduction, telles sont donc, exposées ici pour la première fois mais souvent reprise dans l'ensemble de l'oeuvre, les deux clés de la méthode Holmes, celle qui doivent lui permettre de mener à bien ses enquêtes." (p.41)

"Loin d'être un système fermé, la méthode Holmes laisse ainsi subsister, tant au niveau ponctuel des indices qu'à celui de la construction d'ensemble, des solutions alternatives. Et c'est paradoxalement sa richesse qui la conduit à l'incertitude." (p.58)

"Et dès lors que Le Chien des Baskerville, s'ouvre sur une erreur d'interprétation de Holmes, il est inévitable de se demander si celle-ci ne préfigure pas une erreur plus globale, portant sur l'ensemble du roman, et si, se glissant dans la marge étroite entre loi scientifique et généralité statistique, un assassin n'en aurait pas profité pour échapper à la police et pour couler depuis, en toute impunité, des jours paisibles." (p.58)

"Et si l'on suit cette hypothèse, il existe donc, autour du monde littéraire ouvert par l'œuvre, une multitude d'autres mondes possibles que nous pouvons compléter par nos images et nos mots." (p.69-70)

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17 février 2010

Murena chapitre premier : La pourpre et l'or, Dufaux, Delaby

25783418_5452062Conseillée par Anneso, j'ai donc acheté le premier tome de la série Murena, une BD historique. Et je ne suis pas déçue !!

Rome, mai 54. L'empereur Claude prépare sa succession, hésitant entre son fils adoptif, Néron, né de son union avec Agrippine, et son propre fils, Britannicus, qu'il a souvent délaissé au profit de Néron.
Derrière lui se trament maints complots pour que ces enfants accèdent au pouvoir. Le jeune Néron, aidé de sa mère, va tout faire pour  y accéder, tandis que Claude tente de faire de son fils naturel son successeur...

Agréable surprise que cette BD qui relate l'Histoire de Rome à cette époque.  Les illustrations sont très réussies, rythmant l'intrigue tel un film, les personnages sont bien esquissés, la lecture en est rapide.                                                                                                                     
La vie quotidienne de
murena_t1s Romains est montrée telle qu'elle était, sans pathos ni transposition de sentiments actuels. Le quotidien était dur et violent, surtout pour les esclaves et les gladiateurs, et cette BD n'épargne pas cette partie de l'Histoire.
J'ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans l'histoire de la Rome antique à travers cette BD très documentée (la bibliographie située à la fin de la BD nous renseigne sur les sources des auteurs).
Un glossaire à la fi
n nous renseigne sur les événements réels de la BD (paroles de personnages, anecdotes, etc.) et rend cette lecture encore plus enricLogo_1hissante.

Bref, une très bonne découverte ! Merci encore Anneso pour cette idée de lecture. Il ne me reste plus qu'à acheter les autres tomes maintenant !

Et voici ma troisième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

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08 janvier 2010

Meurtres sur le Palatin, Cristina Rodriguez

9782702434697Et voilà, terminé Meurtres sur le Palatin, de Cristina Rodriguez, premier livre que je lisais de cette auteure.

Nous sommes sous le règne de Tibère à Rome. Un homme a été découvert criblé de coups de poignards, un denier dans la bouche pour payer son passage au royaume des morts. Une affaire de corruption et d'argent sale semble y être liée.
Kaeso, un jeune prétorien, se charge de l'enquête. Accompagné de Io, son fidèle léopard, il parcourt la ville et ses sombres quartiers pour mettre au jour la vérité.

Grande amatrice de polars historiques, et particulièrement sur la Rome Antique, je me suis précipitée sur ce titre ! Je ne connaissais ni cette auteur ni son célèbre personnage.
L'intrigue débute in medias res et semble intéressante de prime abord. Je me suis laissée porter... Les meurtres se succèdent (comme l'indique le pluriel du titre...) et le récit avance à bon rythme.
Les personnages sont bien esquissés, peut-être un peu archétypaux (le héros est d'une beauté rare et ne semble présenter aucun vice, sa cousine folle amoureuse de lui est aussi jolie que futée...), mais cela ne trouble pas la lecture.
Par contre, beaucoup de dialogues, parfois inutiles à mon goût, au détriment de descriptions de l'environnent direct des personnages. Rome n'apparaît pas du tout comme un personnage du roman et ne donne lieu qu'à très peu de descriptions.
De plus, pour un roman qui se passe à cette époque, je m'attendais à beaucoup plus de détails historiques, voire une approche beaucoup plus fouillée des mœurs et traditions de la Rome Antique.
Pour avoir lu de nombreux romans sur cette période, j'ai été un peu déçue de cet aspect là. L'intrigue semble avoir été transposée à cette époque sans en apporter plus de précisions. Les mœurs romaines ne sont pas étudiées (et parfois même des mœurs contemporaines semblent avoir été collées sur les personnages de façon anachronique), ni les traditions ou encore les événements historiques.
Nous n'en apprenons pas plus que l'intrigue policière présentée, qui est assez plate. Ce qui est bien dommage !

C'est donc un r
oman qui se lit très vite mais ne laisse pas forcément un souvenir impérissable pour ma part.
J'ai pris plaisir à me plonger dans cette époque grâce aux connaissances que j'en ai, mais n'est pas été transportée par l'intrigue p
olicière assez banale.

Je remercie Logo_147286519 ainsi que les 47970598_p  de m'avoir offert ce livre !
D'autres critiques de blogueurs : El Jc et Jess.

Et voici ma seconde participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

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