Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

05 avril 2018

Agatha Raisin enquête T.3 Pas de pot pour la jardinière, M.C. Beaton

Agatha Raisin enquête TPas de pot pour la jardinière est le troisième tome de la série Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton. Il est paru en 2016 chez Albin Michel. 

A son retour de vacances dans son paisible village des Cotswolds, Agatha Raisin apprend avec stupeur que son taciturne voisin James Lacey est tombé sous le charme d'une nouvelle venue. Mary Fortune, c'est son nom, est drôle et élégante, et possède un incroyable talent de jardinière. La journée portes ouvertes des jardins de Carsely approche à grand pas et Mary est certaine d'y triompher. Mais la jalousie d'Agatha n'a pas le temps de parvenir à son apogée : Mary est retrouvée morte, la tête enfoncée dans un grand pot de fleurs. Encore une enquête pour Agatha ! 

J'avais succombé au charme d'Agatha il y a deux ans, et cette chronique patiente dans mes billets de lecture depuis l'été dernier, alors que j'étais moi-même dans les Cotswolds. Heureusement que j'en avais rédigé le brouillon ! Si le premier tome m'avait enchantée, j'avais trouvé le deuxième un peu gros et prévisible. Et c'est malheureusement le cas aussi avec ce tome, cousu de fil blanc. L'intrigue est trop rapidement esquissée pour être crédible et le paisible petit village des Cotswolds se transforme, au fil des tomes, en théâtre de faits divers rocambolesques.  
Mais malgré ce gros bémol, je dois avouer que j'ai passé un bon moment à Carsely avec Agatha. Cette dernière est toujours aussi comique, pleine de mauvaise foi et dotée d'un sacré caractère, et si le lecteur ne peut pas réellement éprouver de l'empathie pour elle, il peut néanmoins s'attacher à cette célibataire endurcie que la vie n'a pas épargnée. Un bon moment de lecture, drôle et divertissant. 
Les avis de Alex-Mots-à-Mots, Chroniques Littéraires, Fondant, Melo, Sharon sur ce tome et celui de Chicky Poo sur l'adaptation télévisuelle de la série !

Le lien vers mes chroniques de deux premiers tomes :

Agatha Raisin T Agatha Raisin T

 

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15 février 2018

L'homme de Lewis, Peter May

L'homme de Lewis, Peter MayAprès L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis est le deuxième tome de La Trilogie écossaise écrite par le romancier et scénariste écossais Peter May. Il est paru en 2011 aux éditions du Rouergue.

Ile de Lewis, archipel des Hébrides. Le corps d'un jeune homme est retrouvé dans la tourbe, miraculeusement conservé et momifié. Alors qu'on suspecte une découverte archéologique, les analyses médico-légales mettent à jour un tatouage représentant Elvis Presley. La victime aurait donc vécu au 20e siècle. Les analyses ADN la mettent en relation avec Tormod Macdonald, le père de Marsaili, le premier amour de Fin. Ce dernier, après avoir démissionné de la police et divorcé, est de retour sur l'île, bien décidé à rénover la maison de ses parents pour s'y installer. Pour éviter que Tormod - aujourd'hui atteint de démence sénile - soit accusé de meurtre, Fin décide de mener l'enquête avant que l'inspecteur dépêché d'Inverness n'arrive sur les lieux...

J'avais adoré me plonger dans l'ambiance sombre et pesante du premier tome de la saga, un polar rudement bien mené sur fond d'Ecosse contemporaine. Cette nouvelle intrigue se déroule toujours sur l'île de Lewis, entre passé et présent. La narration alterne les points de vue - entre souvenirs de Tormod et enquête officieuse de Fin - jusqu'à ce que les deux convergent, dans un dénouement glaçant.

L'Ecosse est toujours un personnage à part entière dans ce second tome, Peter May apportant un soin particulier à soigner ses ambiances. Les personnages gagnent en épaisseur psychologique et en histoire personnelle. Le passé, bien présent, semble planer au-dessus de l'île et empêcher ses habitants d'avancer sereinement.

Encore une plongée des plus réussies dans cette intrigue sombre à souhait. Le Braconnier du Lac perdu, dernier tome de la trilogie, m'attend sagement. Le temps de quelques lectures bien différentes (du post apocalyptique et des carnets de voyages m'attendent dans ma PAL, notamment) et je me plongerai avec plaisir dans le dénouement de cette saga écossaise.

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06 janvier 2018

L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter May

L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter MayL'île des chasseurs d'oiseaux est le premier tome de La Trilogie écossaise écrite par le romancier et scénariste écossais Peter May. Il est paru en 2009 aux éditions du Rouergue.

Alors qu'il vient de perdre son fils unique dans un tragique accident, l'inspecteur Fin Macleod est chargé de retourner sur l'île de son enfance, l'île de Lewis, afin d'y enquêter sur un assassinat.  Ce dernier ressemble à s'y méprendre à l'enquête qu'il suit à Edimbourg où un homme a été retrouvé pendu et éventré. Ce retour sur Lewis, dix-huit ans après son départ, le replonge dans son enfance. Cette enfance passée sur cette île venteuse au Nord de l'Ecosse, où l'on parle le gaélique et se chauffe à la tourbe. Fin y retrouve ses anciens camarades d'école, ceux qui sont restés sur Lewis, qui n'ont pas pu quitter l'île. Et il y retrouve aussi Marsaili, son premier amour.

Cela faisait longtemps que cette trilogie me faisait de l'oeil, moi, amoureuse ultime du Royaume-Uni en général et de l'Ecosse en particulier. Et comme je fais une pause dans la série Outlander, j'ai eu envie de me plonger dans l'Ecosse d'aujourd'hui avec cette série.
Peter May nous offre ici une intrigue sombre et violente, à l'image des éléments qui se déchaînent sur cette petite île britannique. Le meurtre qui amène Fin sur l'île est particulièrement sordide et celui-ci va baigner dans un milieu froid et peu amène, où les rancoeurs et les regrets ont pris la part belle sur l'enthousiasme et l'espoir. Rare personnage a avoir réussi à quitter l'île, Fin retrouve ses anciennes connaissances, aigries et lassées de leur vie insulaire et reculée. Il vente fort, il pleut souvent sur l'île de Lewis, et l'alcool est bien souvent l'unique remède pour oublier une vie subie. La galerie de personnages est aussi bien léchée que l'intrigue, qui avance à bon pas.
Vous savez que je suis petite nature niveau lecture (et niveau ciné aussi !), que l'extrême violence me met mal à l'aise et que je peine à me détendre en lisant le récit de tortures et de meurtres. C'est la raison pour laquelle je fuis le polar contemporain, bien souvent trop rude pour moi. Mais l'envie de me plonger dans les pages de Peter May a pris le dessus sur ma réticence. Et si j'ai eu des moments d'horreur dans ma lecture (particulièrement avec cette tradition de chasse au guga) j'ai néanmoins adoré me glisser aux côtés de Fin sur cette île écossaise et me plonger dans ses souvenirs plus ou moins heureux. Le deuxième tome, L'homme de Lewis, m'attend sagement dans ma liseuse. Mais pas pour longtemps !

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23 novembre 2017

Blackmail Blues, Chris Diehl

Blackmail Blues, Chris DiehlBlackmail Blues et le second roman de Chris Diehl paru en mai 2017 aux éditions du Toucan.

Un homme est retrouvé noyé, le corps contusionné. L'enquête est confiée à Tom Riley et Tess Lorenzi, un duo de policiers complémentaires et à l'esprit vif. David Pounds, la victime, dirigeait une société d'informatique et menait grand train. Mais les enquêteurs se rendent rapidement compte que sa vie dissolue et son amour de l'argent ne lui a pas attiré que de belles amitiés...

J'avais adoré le premier roman de cette auteure, Enola Game - huis-clos entre une mère et sa fille porté par une plume poétique à souhait - et j'avais hâte de la découvrir dans un autre genre, le policier.
Mais la magie n'a pas opéré. J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cette intrigue que j'ai trouvée assez commune et à m'attacher aux personnages. Je n'ai pas retrouvé ce qui m'avait tant plu dans son premier roman, cette poésie à chaque page, cette intrigue émouvante à souhait, ces personnages vibrants d'authenticité. Chris Diehl a pourtant élaboré une psychologie à chacun de ses personnages, même secondaires, mais j'ai trouvé l'ensemble lourd, manquant de fluidité, à l'image de ces nombreuses notes de bas de page explicatives qui gèlent la lecture et la rendent indigeste.
Je me doutais que le changement de registre serait déroutant mais pas à ce point. J'ai eu l'impression de regarder un épisode d'une série télé policière quelconque plutôt que de découvrir un roman d'une écrivaine dont j'avais tant aimé le premier roman. J'aurais aimé un nouveau coup de coeur avec cette auteure, une claque, un policier qui me réconcilie avec le genre. Je termine laborieusement ma lecture avec un goût de déception en bouche.
Je tiens néanmoins à remercier les Editions du Toucan d'avoir pensé à moi et de m'avoir envoyé cet ouvrage.

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22 novembre 2017

L'été Diabolik, Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse

L'été diabolikL'été Diabolik  est un album imaginé par Thierry Smolderen et mis en dessins par Alexandre Clérisse, paru en janvier 2016 chez Dargaud. 

Eté 1967. Antoine, quinze ans, profite de ses vacances. Lorsqu'il gagne un match de tennis contre Eric, un adolescent de son âge, il n'imagine pas à quel point son été va prendre un tournant inattendu. Sa nouvelle amitié va lui ouvrir les portes des premières amours, du LSD, du sexe, mais sera aussi synonyme de phénomènes étranges comme la disparition de son père ou encore un tragique accident de voiture. Un été décidément bien singulier...

Quel album ! Encensé par la critique et sur la blogosphère lors de sa sortie, cet album me rebutait et j'ai dû attendre que tout s'apaise à son encontre pour l'ouvrir et me plonger dans ses pages. Et j'ai rudement bien fait ! Tourbillon psychédélique, album pop déroutant et rudement bien ficelé qui alterne thriller rétro, espionnage, romance et quête identitaire, L'été Diabolik est un petit bijou dont on ne sort pas indemne !
La mise en page aérée et inégale entraîne le lecteur dans cette intrigue fantasque à l'image du LSD so 60's, enchaînant les références chères à Thierry Smolderen, Fantomas, Diabolik (personnage imaginé par les soeurs Angela et Luciana Giussani), Le fantôme du Bengale, etc. qu'il évoque dans un carnet en fin d'album.

Si les dessins entièrement réalisés par ordinateur ne m'ont pas convaincue de prime abord (et m'ont rappelé Zombillenium), ils ont finalement réussi à me séduire en modernisant complètement ces sixties revisitées. Album barré s'il en est et pourtant savamment construit, L'été Diabolik est une lecture dont on aurait vraiment tort de se priver...

Les chroniques de MokaYvan, Noctenbule, Leil’, Noukette, Stephie, Mo, L'Irrégulière, Un amour de BD.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

 

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24 septembre 2017

Agatha Raisin enquête T.2 Remède de cheval, M.C. Beaton

Agatha Raisin enquête T

Remède de cheval est le deuxième tome des aventures d'Agatha Raisin, l'héroïne imaginée par M.C. Beaton. Il est paru en juin 2016 chez Albin Michel.

Agatha la londonienne a définitivement posé ses valises dans les Cotswolds, dans le petit village de Carsely. Douillettement installée dans son cottage et rendue populaire dans le village par l'enquête qu'elle a précédemment menée, la quinquagénaire qui n'a pas la langue dans sa poche et fume comme un pompier profite de sa retraite. Mais quand un charmant vétérinaire vient s'installer au village, Agatha est toute émoustillée, surtout que ce dernier ne semble pas insensible à son charme. Mais quand ce dernier est retrouvé mort, tué par un anesthésique pour cheval, Agatha est sous le choc. Persuadée qu'il s'agit d'un meurtre, l'apprentie détective se lance dans une enquête rocambolesque, aidée de son charmant mais non moins agaçant voisin James Lancey...

J'avais succombé au charme d'Agatha l'été dernier, en dévorant La quiche fatale, le premier tome de ses aventures. Et j'ai été tout aussi enthousiaste à l'idée de découvrir la suite de ses aventures, surtout que je les ai lues durant mon propre séjour dans les Cotswolds, cet été...

Si Agatha provoque toujours aussi peu d'empathie de la part du lecteur - anti-héroïne par excellence, elle cumule mauvaise foi et mauvaise humeur ! - elle n'en demeure pas moins attachante dans ses failles. L'enquête dans laquelle ils se lancent avec James Lancey est bien ficelée et ne connaît aucun temps mort. C'est parfois un peu gros, un tantinet invraisemblable, mais on pardonne tout à cette Miss Marple moderne. Si vous avez envie d'un bon policier anglais traditionnel, où les tourtes à la viande et le thé seront présents à chaque page (enfin, Agatha préfère le café en réalité !), où l'enquête respectera les codes du genre et ne penchera jamais vers le mauvais goût ni le gore, glissez-vous avec plaisir dans cette série old school irrésistible !

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29 décembre 2016

Au fil de l'eau, Juan Diaz Canales

Au fil de l'eau CanalesAu fil de l'eau est un album signé par le madrilène Juan Diaz Canales (le scénariste de Blacksad et plus récemment de Corto Maltese) paru en septembre aux éditions Rue de Sèvres.

Madrid, de nos jours. Le pays est marqué par la crise économique et le quotidien difficile. Niceto et ses amis nonagénaires arrondissent leurs fins de mois à coup de petits trafics. Parce qu'ils sont âgés et qu'ils ont du bagou, même les flics les laissent tranquilles. Mais cet équilibre précaire est rompu quand un à un les amis de Nicetto décèdent dans d'étranges et violentes circonstances. Lorsque Niceto disparaît à son tour, son fils et son petit-fils, redoutant le pire, se lancent sur ses traces.

C'est avec son excellente série Blacksad que Juan Diaz Canales s'est fait connaître du grand public et j'avais moi-même été soufflée par son talent de scénariste. Avec cet album, c'est son talent de dessinateur qui est mis en valeur, porté par un scénario à la fois grave et sombre. Sur fond de crise économique, Juan Diaz Canales aborde la question de la vieillesse et de la fin de la vie, mais aussi la précarité de l'Espagne d'aujourd'hui, le tout dans un style fluide très agréable. Le sujet est lourd, prend aux tripes, et l'intrigue se met en place progressivement avant d'accélérer lors de la disparition de Niceto. Porté par un noir et blanc majestueux et un dessin précis et soigné, l'album possède un petit quelque chose de polar qui rappelle sans conteste Blacksad. Le dénouement incroyable teinte l'ensemble d'une mélancolie sans pareille. Un très bel album à découvrir. Merci à Coline et aux Éditions Rue de Sèvres pour cet envoi.

Les avis de ClarabelJacques, Mo, Jérôme, Noukette et Stephie.

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15 novembre 2016

Agatha Raisin enquête T.1 La quiche fatale, M.C. Beaton

Agatha Raisin TAgatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome de la série consacrée à l'enquêtrice Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton, et qui compte aujourd'hui vingt-huit titres. Publié en Angleterre en 1992, ce premier tome vient d'être traduit en français et de paraître en juin chez Albin Michel.

Alors qu'elle est une brillante et efficace chargée de clientèle londonienne, Agatha Raisin décide du jour au lendemain de quitter l'atmosphère survoltée de la ville pour le calme des Costwolds, une chaîne de collines dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. La quinquagénaire célibataire y achète un cottage douillet et pense s'y reposer... Mais elle s'ennuie bien vite ! Pour y remédier, et malgré ses piètres talents de cuisinière, elle participe au concours de quiches organisé par la paroisse. Mais le juge du concours meurt empoisonné par sa quiche. Agatha, pour éviter d'être inculpée de meurtre, décide de mener l'enquête.

Cet été, alors que j'étais plongée dans mon mémoire, j'ai vu passer beaucoup de chroniques sur ce roman et j'ai eu moi aussi envie de succomber au charme d'Agatha Raisin. Et j'ai bien fait ! Que tremblent les dentelles, que frémissent les tasses de thé et les scones, voilà Agatha Raison, la quinquagénaire la plus dynamique de la littérature anglaise !

Amateur de cottage, de campagne anglaise, d'ambiance british et de pubs aux décors empesés, vous avez devant vous le roman parfait pour vous ! Cette Miss Marple contemporaine et non conventionnelle (elle fume et boit sans cesse !) saura vous ravir et vous entraîner dans ses aventures cocasses. La quiétude du petit village anglais au charme suranné impeccable est le théâtre d'une intrigue bien ficelée et sans temps mort. Sur fond de concours de quiches (ce qui en soi est déjà drôle) se déploient une galerie de personnages fantasques et une intrigue comique à souhait. Le genre policier est ici malmené par cette enquêtrice débutante à la logique parfois hésitante mais le tout fonctionne très bien, porté par un humour bien présent, et possède même un petit côté addictif. Avis aux amateurs : vous pourriez, vous aussi, tomber sous le charme d'Agatha Raisin...

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-motsAnneCryssilda, FondantoChocolat, Myrtille, Ollie, Sharon, etc.

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02 novembre 2016

La justice de l'inconscient, Frank Tallis

La justice de l'inconscient, Frank TallisLa justice de l'inconscient est le premier tome de la série Les Carnets de Max Liebermann imaginée par le psychologue clinicien et romancier britannique Frank Tallis, paru en 2007 dans la collection Grands détectives des éditions 10/18.

Vienne, 1902. Le corps sans vie d'une voyante est découvert dans une pièce fermée de l'intérieur. Si tout porte à croire que la jeune femme s'est donné la mort, l'inspecteur Rheinhardt en doute et appelle à sa rescousse son comparse musicien, le psychiatre Max Liebermann. Et les deux hommes vont avoir fort à faire pour démêler les noeuds de ce crime que beaucoup pensent être l'oeuvre de forces occultes.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas succombé à l'appel du polar historique et pourtant c'est un genre que j'affectionne tout particulièrement car il permet de s'immerger dans une époque donnée par le biais d'une intrigue policière. Mon dévolu s'est jeté sur ce roman, au résumé prometteur et au contexte historique très tentant, que j'ai déniché aux Carrières de Lumière (ne me demandez pas pourquoi il était en vente à la boutique alors que je sortais d'une expo sur Klimt !)

C'est bien simple : j'ai dévoré les 440 pages de cette intrigue avec un plaisir évident. Frank Tallis nous offre ici un premier tome de qualité qui allie intrigue diablement bien ficelée (qui rappelle brièvement le mystère du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie) et cadre historique riche et bien documenté. La Vienne impériale du début du XXe siècle est extrêmement bien rendue, la géographie de la ville maîtrisée par l'auteur (un plan en préambule permet d'en avoir un rapide aperçu) et les moeurs dépeintes avec soin. Pas d'anachronisme ici ni de personnage féminin qui s'extraie de sa condition et défie les lois de la bienséance mais un roman qui respecte les codes en vigueur à l'époque. Même les dialogues rendent compte de cette courtoisie propre au niveau social des personnages et sont empreints d'une politesse sans égale. La plume de Frank Tallis, soignée et précise, porte le roman de façon efficace.

L'intrigue permet en outre de croiser des personnalités historiques - Freud ou encore le compositeur Gustav Mahler - et d'interroger les avancées scientifiques de ce début du XXe siècle. C'est brillant !

Quant aux personnages, le duo formé par les deux enquêteurs - l'un inspecteur de police et l'autre médecin - fonctionne à merveille, chacun contribuant à l'enquête par sa forme d'intelligence et ses affinités. La galerie de personnages secondaires est intéressante et laisse présager une suite des plus délicieuses. Le versant psychologique et psychiatrique est dépeint avec soin et offre au roman une dimension peu commune.

Bref, un excellent roman bien loin de certains polars qui optent pour un contexte historique dans le but de se donner une certaine légitimité mais qui n'offrent de ce cadre qu'un décor en carton pâte décevant et bien souvent bourré d'anachronismes. La justice de l'inconscient est sans conteste le meilleur polar historique que j'ai pu découvrir ces dernières années et encore un beau coup de coeur à noter sans tarder !

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28 juin 2016

La troisième fille, Agatha Christie

La troisième fille, Agatha ChristieLa troisième fille est un roman policier de la Reine du crime - Agatha Christie - paru en 1966 en Angleterre.

Alors qu'il vient de terminer l'écriture de son essai sur les maîtres du roman policier, Hercule Poirot s'ennuie... Mais ce sentiment est de courte durée car une jeune fille vient le trouver pour lui demander de l'aide. Elle pense en effet avoir commis un crime, mais elle en doute. Le détective belge a à peine le temps de lui poser quelques questions qu'elle s'évanouit dans la nature. Il n'en faut pas plus à Poirot pour qu'il décide de mener l'enquête !

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman d'Agatha Christie et celui-ci était une découverte. Je m'en suis réjouie ! Hélas, la réjouissance fut de courte durée tant l'ennui m'a gagnée au fil des pages...

L'intrigue se met en place rapidement mais patine tout aussi rapidement, Poirot se retrouvant face à un crime qui n'a pas eu lieu et un personnage énigmatique qui disparaît. Le détective s'enlise dans ses réflexions, passant très régulièrement en revue la galerie des personnages qui entourent cette énigme, peinant à émettre des hypothèses. La jeune Norma, qui fait appel à lui, disparaît et laisse derrière elle bien des interrogations. C'est lent, très lent, il ne se passe pas réellement grand-chose et le lecteur a l'impression d'être figé aux côtés d'un Poirot vieillissant et empêtré dans ce mystère.

Les personnages sont assez plats, parfois caricaturaux, et même Poirot est en retrait, manigançant certaines opérations que le lecteur apprend a posteriori.

Un dénouement digne des grands Agatha Christie permet de redorer le blason de la Reine du crime, mais pas assez pour effacer le sentiment d'ennui qui naît et s'installe progressivement tout au long de ces 300 pages. Un Agatha Christie que je ne connaissais pas mais que je suis certaine de ne pas relire tant il m'a laissée de marbre...

Voici ma troisième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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