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13 juin 2013

Loup y es-tu ?, Henri Courtade

9782070449729-1Loup y es-tu ?, paru en 2010 chez Mille Saisons, est le premier roman du biologiste passionné de littérature Henri Courtade .

Imaginez un monde dans lequel les personnages de contes de fées de notre enfance existent. Cendrillon serait mannequin, le Petit Chaperon Rouge une styliste de renom, la Belle au Bois Dormant l'épouse d'un milliardaire et Blanche-Neige travaillerait dans une billeterie à New-York. Mais si ces quatre jeunes femmes n'ont aucun souvenir de leur passé, il n'en est pas de même pour les sorcières qui tentent de les tuer dans leurs contes respectifs. Et ces dernières ne se limitent pas à leur proie désignée et étendent leur influence maléfique sur le monde actuel.

Ces temps-ci, j'ai besoin de lectures qui me permettent de m'évader franchement de la réalité. Vous l'aurez peut-être remarqué au vu de mes récents billets. Être ailleurs, à une autre époque ou autrement, voilà ce qui me plaît en ce moment (et c'est suffisamment rare pour le noter). Et avec cette porosité entre contes de fées et réalité, voilà un roman qui m'a séduite dès les premières pages.
Henri Courtade possède une écriture cinématographique très visuelle qui stimule l'imaginaire de son lecteur tout au long de son roman. Moi qui ai lu ce roman sur une plage idyllique de Guadeloupe, j'ai vu émerger autour de moi des lieux très précis, des plans, des personnages, comme si je regardais un film. Une écriture aussi visuelle est assez rare et possède bien des atouts pour une intrigue merveilleuse comme celle-ci.

De plus, si les détournements de contes de fées possèdent un côté subversif et fascinant, il n'est pas rare de tomber dans certains écueils malheureux. L'auteur a ici réussi à très bien exploiter son idée, sans tomber dans la romance ni dans les clichés du genre. Les héroïnes sont dépoussiérées par rapport à leur conte originel et se sont adaptées à l'époque dans laquelle elles évoluent sans devenir des héroïnes écervelées à la recherche de leur prince charmant. Point d'oiseaux qui aident à faire une tarte ou de jeunes femmes qui frottent les sols mais des personnages à la mémoire abîmée qui peinent à retrouver leurs passés et tentent de réussir leur vie dans notre monde.
Et si tout cela semble déjà original, la véritable originalité de ce roman réside, selon moi, dans le fait de fusionner les contes de fées à l'Histoire. L'auteur a en effet imaginé que les grandes catastrophes de l'Humanité n'avaient pas été décidées que par les Hommes mais que des forces maléfiques les avaient influencés dans leurs décisions. Il n'est nullement question ici de minorer l'Histoire ou d'ôter toute responsabilité à l'Homme mais d'imaginer que les personnages maléfiques des contes ont pu avoir, à un moment ou à un autre, une influence invisible et un intérêt à inciter à tant de barbarie. Comme si le Mal rôdait entre les contes et la réalité. Cette interpénétration angoissante est source de bien des possibles.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'établir un parallèle avec la série Once Upon a time, contemporaine de la sortie de ce roman et que j'aime beaucoup, même si cette dernière plonge plus franchement, au fil des saisons, dans le merveilleux que dans l'historique.
En tout cas, vous l'aurez compris, j'ai été happée par cette histoire merveilleuse. Si vous avez envie d'imaginer que parmi nous se cachent des personnages de contes, ouvrez Loup y es-tu ?
D'autres avis : Coralie, Karine:), Lynnae, Melisende, Mina, Petite Noisette, Phooka, etc.

Première participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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30 mai 2011

L'oeil de la lune, Anonyme

L_oeil_de_la_luneLa suite du si mystérieux et ô combien énigmatique Livre sans nom ? J'étais partante, bien entendu, ayant dévoré ce premier opus d'une traite (et l'ayant même considéré comme un coup de coeur en 2010 !)

Santa Mondega, Amérique du Sud. Alors qu'une mystérieuse momie a disparu du musée de la ville et qu'un jeune handicapé mental est torturé à mort dans un hôpital psychiatrique, les habitants s'apprêtent à fêter Halloween. Mais le Bourbon Kid, l'homme que le whisky rend quasi invincible, n'est pas loin et attise la haine de certains. Depuis la tuerie de la fête de la Lune, le Kid, de son côté, est à la recherche de l'Oeil de la Lune, la pierre mystérieuse convoitée par tous.

Si j'ai été complètement charmée par Le livre sans nom, cette suite ne m'a vraiment pas fait le même effet. Il est vrai que l'ambiance est toujours la même - bain de sang, ironie et humour potache sont toujours au rendez-vous - mais il lui manque la saveur de la découverte.
L'auteur a repris exactement ce qui avait fonctionné dans son premier roman et a l'a remanié de façon à bricoler une intrigue qui tient la route, certes, mais n'atteint pas des sommets d'originalité. Je lui concède un retournement de situation dans les dernières pages vraiment appréciable et qui dynamise le tout, mais cette intrigue m'a moins conquise. Dès les premières pages, nous sommes plongés dans le passé du Bourbon Kid et les origines de ce Mal suprême... Du déjà-vu ! Quant aux références cinématographiques et culturelles, elles ont perdu leur saveur avec ce deuxième tome...
De plus, l'auteur a malheureusement pris un malin plaisir à distiller certaines scènes très gores entrecoupées de dialogues puérils de la part des personnages masculins, ce qui donne au roman une dimension parodique ratée. Si seulement l'ironie était plus savamment maniée, j'aurais pu sourire... Mais ce n'est pas le cas.
Bref, une lecture en demi-teinte, bien que mon billet laisse transparaître une grande déception. J'ai lu d'une traite ce roman, heureusement, car je ne sais pas si le suspense m'aurait tenue jusqu'au bout. Le charme qui a opéré avec Le livre sans nom s'est définitivement dissipé... Voici donc la chronique d'une mort annoncée d'une saga, ou comment un auteur aurait dû s'arrêter à son premier tome.
Sans moi, cela va sans dire, Le Cimetière du diable, la suite ô combien commerciale de ce best-seller.

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10 mars 2011

Les leçons du Mal, Thomas H. Cook

MALThomas H. Cook est un romancier américain, grand nom de la littérature policière contemporaine. Son dernier roman, Les leçons du Mal, paraît aujourd'hui aux Editions du Seuil.

Lakeland, petite bourgade du Mississipi. Jack Branch, fils de bonne famille, est revenu dans la ville où sa famille a prospéré pour enseigner au lycée.
Son cours sur le Mal et ses incarnations revêt une importance toute particulière à ses yeux, dans le climat social encore marqué par la guerre de Sécession.

Lorsque ses élèves doivent choisir une personne incarnant le Mal absolu à leurs yeux, Jack encourage l'un d'eux, introverti et mis à l'écart, à travailler sur son père, meurtrier rendu célèbre pour avoir assassiné une étudiante et avoir été abattu en prison.
Mais, lancés dans ce projet de dépasser la notion de Mal et la question d'hérédité qu'elle pose, Jack et Eddie, son élève, vont aller trop loin...

Les Etats-Unis ne m'ont jamais fait rêver en littérature et ne font que peu fonctionner mon imaginaire. Or, j'ai eu un peu de mal à m'immerger complètement dans une intrigue quand je n'arrive pas à me représenter mentalement les lieux de l'action. J'ai donc eu quelques difficultés à rentrer dans ce roman qui se déroule au Mississipi dans les années d'après-guerre.
Mais une fois l'intrigue lancée, il ne m'a plus été possible de le lâcher ! Premier roman que je lisais de cet auteur, Les leçons du Mal jouit d'une construction absolument talentueuse : différentes époques se succèdent au cours d'un même chapitre, évoquant, dès le début, un procès, ce qui participe grandement du suspense distillé au fil des pages. Sans jamais être confus ni brouillon, Thomas H. Cook nous entraîne d'une main de maître dans cette histoire.

L'intrigue est simple mais fonctionne bien : un jeune enseignant pousse un de ses élèves à se pencher sur l'histoire de sa famille pour s'en détacher et réfléchir à la notion de Mal. Mais cette notion leur échappe finalement à tous deux, et les conséquences en sont dramatiques...
Les personnages possèdent une psychologie finement étudiée grandement en lien avec l'histoire du sud des Etats-Unis avant les mouvements des droits civiques. La société était alors régie par des règles qui divisaient les classes sociales, reléguant certaines familles, voire certains quartiers, sous la domination des nantis. Jack, que l'on pourrait qualifier de bien-né, tente ainsi d'aider Eddie, issu d'une famille modeste, dans un souci de libérer ce dernier du fardeau de son ascendance. Il lui rêve un avenir et le pousse à transcender ses origines. Mais la vie n'est pas si manichéenne, et le Mal revêt bien des formes...
Bref, une très bonne lecture qui a su me séduire malgré mon peu d'enthousiasme pour le lieu de l'intrigue et qui me donne envie de découvrir les autres romans policiers de Thomas H. Cook.

 Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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