Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

18 février 2017

Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Rue des boutiques obscures, Patrick ModianoRue des boutiques obscures est le sixième roman de l'écrivain français Patrick Modiano - dont l'oeuvre a été couronnée par le Prix Nobel de littérature en 2014 - paru en septembre 1978. 

Guy Roland est détective. Guy Roland est amnésique, aussi. Quand son patron part à la retraite, Guy décide de partir sur les traces de son identité oubliée. En remontant les maigres pistes parisiennes dont il dispose, il retrouve son nom, ses proches et recompose son passé.

Première incursion dans l'oeuvre de Modiano, ma lecture de Rue des boutiques obscures s'est faite dans l'avion qui m'amenait à Prague, il y a quelques jours. Je suis tombée sous le charme de cette intrigue tournée vers la quête identitaire et la reconstitution d'un passé oublié. Le narrateur, qui enquête sur sa vie avec la précision de son ancienne profession, est un personnage difficile à cerner, qui ne donne à voir que ce qu'il désire de lui. Personnage flou, à l'identité insaisissable, il erre à la recherche de fragments de son passé pour comprendre qui il a été tout en étant observateur des souvenirs que chacun lui relate. Le charme de ces rencontres opère à chaque page, et le lecteur de suivre avec intérêt la reconstruction de ce moi brisé.

Un roman très court, déroutant, captivant, à la limite de l'absurde. Une très belle rencontre avec l'oeuvre de Patrick Modiano.

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30 juin 2016

Avant d'aller dormir, S.J. Watson

Avant d'aller dormir, SAvant d'aller dormir est le premier roman du britannique S.J. Watson paru en 2011 chez Sonatine. 

Lorsque que Christine se réveille un matin, elle ne reconnaît ni la chambre dans laquelle elle se trouve, ni l'homme couché à ses côtés. Prise d'effroi, la jeune femme s'enferme dans la salle de bain avant de découvrir avec horreur qu'elle a vieilli de vingt ans... L'homme dans la chambre, qui s'avère être son mari, lui apprend qu'elle a perdu la mémoire dans un grave accident il y a vingt ans. Depuis, à chaque fois qu'elle s'endort, Christine efface tous ses souvenirs. Et tous ses matins ressemblent à celui-ci... Commence alors un combat contre l'effacement de ses souvenirs et pour la réappropriation de sa vie, combat qu'elle mène grâce à l'aide d'un médecin qui lui fait écrire tous les jours dans un journal. Mais au fur et à mesure de la lecture de celui-ci, Christine note des incohérences dans ce que lui est dit chaque matin...

Largement conseillé par Amélie après ma lecture de La fille du train (qu'elle m'avait conseillé aussi !), je me suis plongée dans ce roman avec grand plaisir.

L'intrigue démarre sur les chapeaux de roue et entraîne son lecteur au coeur des sentiments nébuleux de l'héroïne, Christine. Cette dernière, qui est aussi la narratrice, emporte le lecteur dans son effroi face à cette révélation sordide : un accident l'a laissée quasi morte et lui a volé toute sa mémoire, la rendant incapable de fixer tout nouveau souvenir et la condamnant à un éternel présent. Les journées passent, rythmées par ces nuits qui effacent tout et le lecteur d'espérer, à chaque nouvel événement, que Christine le consigne soigneusement dans son journal, sa mémoire externe, son support du passé, afin de le retrouver le lendemain matin.

Très vite, pourtant, des incohérences apparaissent et le lecteur est en proie au doute : et si finalement tout n'était pas si simple ? Et si tout n'était pas dit à Christine ? Pour la protéger ? Ou peut-être pas ? Et si elle-même n'arrivait pas à percevoir la réalité telle qu'elle est ? Le roman s'accélère, les incertitudes gagnent du terrain, les moments de doute et d'effroi aussi. L'étau se resserre, jusqu'à un final éclatant.

S.J. Watson parvient à distiller un suspense haletant qui emprisonne son lecteur sans lui donner une once de chance de découvrir la vérité. C'est brillant ! Je suis sortie soufflée de ce roman, les nerfs un peu en pelote, conquise par sa construction narrative. Un thriller psychologique qui remplit parfaitement son rôle ! Merci Amélie pour ce conseil ! (et maintenant, pause dans les thrillers, sinon, petite nature que je suis, je vais finir par ne plus dormir !)

Voici ma quatrième participation pour terminer le Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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13 juin 2013

Loup y es-tu ?, Henri Courtade

9782070449729-1Loup y es-tu ?, paru en 2010 chez Mille Saisons, est le premier roman du biologiste passionné de littérature Henri Courtade .

Imaginez un monde dans lequel les personnages de contes de fées de notre enfance existent. Cendrillon serait mannequin, le Petit Chaperon Rouge une styliste de renom, la Belle au Bois Dormant l'épouse d'un milliardaire et Blanche-Neige travaillerait dans une billeterie à New-York. Mais si ces quatre jeunes femmes n'ont aucun souvenir de leur passé, il n'en est pas de même pour les sorcières qui tentent de les tuer dans leurs contes respectifs. Et ces dernières ne se limitent pas à leur proie désignée et étendent leur influence maléfique sur le monde actuel.

Ces temps-ci, j'ai besoin de lectures qui me permettent de m'évader franchement de la réalité. Vous l'aurez peut-être remarqué au vu de mes récents billets. Être ailleurs, à une autre époque ou autrement, voilà ce qui me plaît en ce moment (et c'est suffisamment rare pour le noter). Et avec cette porosité entre contes de fées et réalité, voilà un roman qui m'a séduite dès les premières pages.
Henri Courtade possède une écriture cinématographique très visuelle qui stimule l'imaginaire de son lecteur tout au long de son roman. Moi qui ai lu ce roman sur une plage idyllique de Guadeloupe, j'ai vu émerger autour de moi des lieux très précis, des plans, des personnages, comme si je regardais un film. Une écriture aussi visuelle est assez rare et possède bien des atouts pour une intrigue merveilleuse comme celle-ci.

De plus, si les détournements de contes de fées possèdent un côté subversif et fascinant, il n'est pas rare de tomber dans certains écueils malheureux. L'auteur a ici réussi à très bien exploiter son idée, sans tomber dans la romance ni dans les clichés du genre. Les héroïnes sont dépoussiérées par rapport à leur conte originel et se sont adaptées à l'époque dans laquelle elles évoluent sans devenir des héroïnes écervelées à la recherche de leur prince charmant. Point d'oiseaux qui aident à faire une tarte ou de jeunes femmes qui frottent les sols mais des personnages à la mémoire abîmée qui peinent à retrouver leurs passés et tentent de réussir leur vie dans notre monde.
Et si tout cela semble déjà original, la véritable originalité de ce roman réside, selon moi, dans le fait de fusionner les contes de fées à l'Histoire. L'auteur a en effet imaginé que les grandes catastrophes de l'Humanité n'avaient pas été décidées que par les Hommes mais que des forces maléfiques les avaient influencés dans leurs décisions. Il n'est nullement question ici de minorer l'Histoire ou d'ôter toute responsabilité à l'Homme mais d'imaginer que les personnages maléfiques des contes ont pu avoir, à un moment ou à un autre, une influence invisible et un intérêt à inciter à tant de barbarie. Comme si le Mal rôdait entre les contes et la réalité. Cette interpénétration angoissante est source de bien des possibles.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'établir un parallèle avec la série Once Upon a time, contemporaine de la sortie de ce roman et que j'aime beaucoup, même si cette dernière plonge plus franchement, au fil des saisons, dans le merveilleux que dans l'historique.
En tout cas, vous l'aurez compris, j'ai été happée par cette histoire merveilleuse. Si vous avez envie d'imaginer que parmi nous se cachent des personnages de contes, ouvrez Loup y es-tu ?
D'autres avis : Coralie, Karine:), Lynnae, Melisende, Mina, Petite Noisette, Phooka, etc.

Première participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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29 juin 2011

La boîte noire, Jacques Ferrandez et Tonino Benacquista

9782070788040La boîte noire est une nouvelle de Tonino Benacquista publiée en 2001 dans un recueil intitulé Tout à l'ego. Elle a été adaptée en BD la même année et portée à l'écran en 2005 par Richard Berry avec José Garcia dans le rôle titre. Ayant passé un excellent moment avec L'Outremangeur, de Benacquista et Ferrandez, j'ai eu envie de découvrir une autre BD de ce tandem.

Arthur Seligman est victime d'un grave accident de voiture qui lui provoque une amnésie partielle. Janine, une des infirmières qui s'occupent de lui, lui confie à sa sortie d'hôpital un carnet dans lequel elle a noté les paroles qu'il a proférées lors de son coma. Un accès à sa boîte noire, en somme, dans laquelle se trouvent consignés ses désirs, ses peurs et ses fantasmes...planche_boinoire_1106975097_dd557

Avec cette nouvelle, Benacquista donne à voir à son lecteur une partie fascinante du cerveau humain : celle du subconscient, celle à laquelle nous n'aurons pas accès, et qui contient nos désirs les plus profonds. Qui n'a jamais eu envie de percer à jour son propre cerveau ?
Bien entendu, le risque de confondre fantasme et réalité est grand, et Benacquista n'en fait pas l'impasse. Son personnage tente coûte que coûte de comprendre les méandres de sa mémoire, entre vrais souvenirs et réminiscences tronquées ou faussées, au risque de se perdre...
Le trait de Ferrandez accompagne ces flous dans la mémoire du personnage. Les plongées dans la boîte noire d'Arthur, en particulier, frôlent l'abstrait, et les couleurs vives utilisées illustrent à merveille sa confusion mentale.
J'avais lu cette nouvelle plus jeune, mais je n'en ai aucun souvenir. Cette lecture était donc comme une découverte, plutôt agréable, même si j'ai été moins charmée par le travail de Ferrandez que dans L'Outremangeur, première collaboration de ces deux auteurs en BD.

  Et voici ma dix-septième  participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1


Et ma neuvième au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 14/20)
qui présente le Top BD du moi de juin aujourd'hui !
Logo_top_bd_2011





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