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16 mai 2016

La fille du train, Paula Hawkins

La_Fille_du_trainLa fille du train est un thriller de la britannique Paula Hawkins publié en 2015 chez Sonatine.

Rachel prend tous les jours le même train, pour rejoindre Londres depuis la banlieue qu'elle habite avec Cathy, sa colocataire. Tous les jours le même trajet, pour mentir à son amie et faire semblant d'aller travailler, alors que Rachel a perdu son emploi il y a quelques mois, à cause de ses problèmes d'alcool. Alors dans le train, en sirotant la plupart du temps du gin tonic, Rachel regarde le paysage défiler. Et tous les matins, alors que le train s'arrête sur la voie, elle regarde une maison en particulier, observe le couple qui y habite et se prête à imaginer leur vie. Jess et Jason, comme elle les nomme, sont heureux et amoureux. Ca, c'est ce qu'elle imagine jusqu'au jour où elle surprend celle qu'elle prénome Jess avec un autre homme chez elle. Rachel se sent investie d'une mission : prévenir Jason que sa femme le trompe. Mais alors qu'elle se persuade que c'est la meilleure des choses à faire, Jess disparaît et tous les soupçons pèsent sur Jason. Rachel voit une occasion de se rendre utile en l'aidant. Mais entre ses souvenirs hésitants et ses matins hagards d'alcoolique, Rachel n'est pas la plus à même pour l'aider...

C'est Mona Lisa Overdrive qui a réussi à me convaincre de succomber à ce thriller qui avait enflammé la blogosphère l'an dernier. Et pourtant, j'avais dit que les thrillers et moi, c'était fini fini... Mais comme elle a su me persuader que je ne finirais pas terrorisée au fond de mon lit, je me suis lancée dans ce roman, lors d'un trajet en train qui plus est (oui, je pousse le vice jusqu'au bout pour m'identifier à l'héroïne... Non, je n'ai pas bu de gin tonic pour parfaire l'illusion !^^)

Et bien m'en a pris ! Je me suis vraiment régalée avec ce thriller psychologique très intense, qu'il est difficile de lâcher. Paula Hawkins prend en otage son lecteur de façon efficace, en alternant les narrateurs. Le personnage de Rachel prend majoritairement en charge la narration, et tout est fait, dès les premières lignes, pour que le lecteur ne lui fasse pas confiance. Son alcoolisme et le fait qu'elle doute de ses souvenirs n'aident pas à lui donner une quelconque crédibilité. Et sa mémoire vacille, à cause de l'aclool. Rachel doute de tout, de tous. Et le lecteur de douter avec elle. Ou d'elle ? Ses mensonges répétés à tous les autres personnages l'empêtrent dans des situations délicates et n'inspirent aucune empathie. Et le lecteur de subir cette narratrice anti-héroïne par excellence qui cumule les tares et les défauts.

Megan - le vrai prénom de celle qu'elle prénomme Jess et qui disparaît au début du roman - et Anna -la femme de l'ex-mari de Rachel - se chargent également partiellement de prendre en charge la narration et possèdent elles aussi quelques secrets que le lecteur peine à percer. Les trois narratrices se succèdent, et avec elles le mystère s'épaissit...

Les époques alternent, les narrateurs aussi, et le suspense croît progressivement. Le lecteur n'accorde sa confiance à personne, doutant des dires de chacun, cherchant dans les bribes de souvenirs une once de vérité. Et comme dans tout  policier, il sait qu'un des personnages est coupable. Reste à savoir lequel ! Et je dois vous avouer que, malgré le nombre incalculable d'Agatha Christie que j'ai dévorés, je me suis fait mener par le bout du nez par l'auteure quasi jusqu'à la fin. Et quel final ! Un dénouement stressant mais ô combien bien orchestré. Bref, un régal ! Merci beaucoup Mona Lisa Overdrive de m'avoir convaincue de dévorer ce roman. J'ai très envie de découvrir dans la foulée Avant d’aller dormir de S. J. Watson que tu me conseilles aussi. Et je dois vous avouer que je lève la tête le matin dans le train maintenant. Qui sait ce que je peux apercevoir, au détour d'un jardin ?

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07 novembre 2015

L'attente de l'aube, William Boyd

L'attente de l'aube, William BoydL'attente de l'aube est un roman de l'écrivain, scénariste et réalisateur britannique William Boyd paru en 2012 aux éditions du Seuil.

Vienne, 1913. Lysander Rief est un jeune acteur anglais de vingt-sept ans à la vie bien rangée. Fiancé à Blanche, une jeune comédienne, Lysander rencontre un pourtant problème sexuel qui l'amène à consulter un thérapeute viennois. Chez celui-ci, il croise le chemin de Hettie, une jeune femme fantasque dont il tombe éperdument amoureux. Mais Hettie entraîne bien vite Lysander sur une pente des plus dangereuses et le jeune acteur se voit rapidement entraîné dans la guerre qui débute en Europe et pour lequel il devient vite espion. Un traître se cache dans l'armée britannique. A charge de Lysander de découvrir son identité.

J'avais déjà eu ce problème avec L'ombre du vent de Zafon : avoir tellement entendu parler d'un roman que j'en attends beaucoup... Et que je suis déçue lors de ma lecture ! Tout est dit : j'ai entendu tant de bien sur ce roman, que j'étais très enthousiaste à l'idée de le découvrir. Mais la magie n'a pas opéré...
Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que j'apprécie ce roman : une intrigue rudement bien ficelée, dans lequel le suspense va crescendo, une narration qui change de focalisation et tient le lecteur en haleine, de l'humour, un contexte historique recherché dans lequel la guerre et la naissance de la psychanalyse servent de toiles de fond, un triangle amoureux et une passion destructrice, une plume des plus maîtrisées qui laisse transparaître le talent de raconteur d'histoires de William Boyd.  En bref, un roman excellent dans lequel, d'autres, ont pu plonger à corps perdu et suivre la piste du traître aux côtés des Lysander. Pour ma part, je me suis ennuyée... Je sais que je vais loin en disant ça mais j'exprime un ressenti réel et je m'interroge aujourd'hui encore sur sa raison. Je pense réellement que trop attendre d'un livre biaise son jugement et ces deux expériences - celle de Zafon et celle-ci - me laissent de marbre face à deux romans qui, s'ils avaient été découverts dans d'autres circonstances, m'auraient séduite au plus au point. Morale de l'histoire ? Essayer de ne pas être trop perméable aux échos que l'on peut avoir sur certains livres. Est-ce réellement possible ou faisable ? Grande question...
En bref, un roman qui possède de grandes qualités, qui a séduit énormément de lecteurs, mais à côté duquel, malheureusement, je suis passée.

Allez jeter un oeil à d'autres chroniques pour ne pas rester sur mon impression toute personnelle et bien mitigée : Adalana, Clara, Jostein, Le Bouquineur, Sandy, etc.

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27 juin 2015

La pyramide des besoins humains, Caroline Solé

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La pyramide des besoins humains est le premier roman jeunesse de Carolie Solé paru en mai dans la collection Medium de L'Ecole des Loisirs.

La pyramide des besoins humains est la représentation schématique de la théorie de Maslow qui classe les besoins humains en cinq catégories : besoins physiologiques, de sécurité, d'amour, de reconnaissance et de réalisation. C'est aussi le nom d'un nouveau jeu de télé-réalité auquel Christopher, quinze ans, un père violent et une fugue à son actif, va participer. Un peu par hasard, un peu par provoc', sans penser aux conséquences.

La pyramide des besoins humains est un court roman jeunesse (un tout petit plus de 120 pages, encore une fois), impossible à lâcher tant il hypnotise dès les premières pages.
Le lecteur suit avec avidité le parcours le parcours du jeune narrateur fugueur dont on sait finalement peu si ce n'est son contexte familial violent, selon les étapes de ce jeu de télé-réalité qui consiste à se mettre en scène selon les cinq besoins énoncés et obtenir le plus de voix possibles des internautes. Or pour Christopher, même le premier besoin n'est pas rempli de façon conventionnelle puisque le jeune homme dort dans un sac de couchage crasseux, dans la rue et se nourrit de hot-dogs douteux qu'il achète à un autre sans-abri. Mais c'est justement cette différence par rapport aux 14 999 autres candidats qui va attirer l'attention sur lui et le rendre célèbre en un rien de temps.image
Ce personnage adolescent cabossé suscite d'emblée une empathie sans concession, tant il offre un regard mature et distancié sur sa vie. Pas de pathos à outrance dans ces pages à la narration à la première personne, mais le récit d'une expérience - celle de Christopher avec la célébrité - et l'évocation d'une enfance dure mais sur laquelle le personnage porte là encore un regard juste.
Dénonçant les dérives de notre société et les dangers de l'interpénétration des sphères privées et publiques - notamment par les réseaux sociaux - et portant par là même un regard acéré sur notre époque, Caroline Solé amène à réfléchir aux conséquences de la mise en scène de sa vie et à la fabrique de célébrités aussi éphémères que dangereuses.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Rien de Janne Teller, autre roman jeunesse dont la lecture m'avait nourrie longtemps après avoir refermé ses pages. La pyramide des besoins humains est une belle réflexion à glisser entre toutes les mains, surtout adolescentes, cela va sans dire. Mais pas que.

Un grand merci à Coline et aux Editions L'Ecole des Loisirs pour la découverte de ce roman coup de poing.

Les avis de Jérome, Noukette, Hélène et Leiloona.

 

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26 janvier 2015

Opium, Maxence Fermine

Opium, Maxence FermineOpium est le quatrième roman de l'écrivain Maxence Fermine paru en 2002 chez Albin Michel.

Londres, 1838. Charles Stowe, négociant en thé, décide d'embarquer pour la Chine, afin de suivre la route du thé et découvrir les merveilles que les occidentaux ne connaissent pas encore.
En chemin, sa route croise celle de Loan, une belle chinoise qui le fascine. Mais elle croise aussi celle de l'opium et de ses dangers.

J'ai découvert Maxence Fermine avec son premier roman, Neige, une de mes grosses claques littéraires de ces dix dernières années. Je n'avais pas réouvert un de ses livres depuis et j'avais adoré découvrir Opium dans mon colis du Swap de Printemps concocté par Mrs Pepys.
Malheureusement, la magie n'a pas opéré comme pour ma première incursion dans l'oeuvre de Fermine. Opium suit le même type de construction narrative, se déroule au même siècle, et si l'écriture est tout aussi poétique et musicale,  la comparaison avec Neige est évidente.
Impossible de ne pas y penser lorsqu'on découvre ces lignes. Et malgré un dénouement inattendu et une révélation intéressante, l'intrigue n'est pas aussi accrocheuse que celle du premier roman de l'auteur.
L'ensemble reste néanmoins très agréable à lire. Maxence Fermine excelle dans le maniement des mots et dans le rythme de ses phrases, toujours aussi poétiques. Son incursion sur la route du thé et son histoire est des plus intéressantes, il faut bien l'avouer. Mais j'attendais plus.
C'est peut-être idiot. C'est toujours le problème d'un premier roman excellent et qui a fait parler de lui - Neige est traduit en dix-sept langues - qui force la comparaison.
Alors j'avoue : je ne suis pas impartiale avec Opium. Si vous n'avez lu aucun des deux, je vous conseille donc de commencer par celui-ci, pour le découvrir avec un oeil neuf, et de dévorer ensuite Neige.

Voici ma première troisième participation au Reading Challenge 2015 :

11 Un livre dont le titre n'est composé que d'un seul mot

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Mrs Pepys

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05 janvier 2015

Bridget Jones Folle de lui, Helen Fielding

Bridget Jones Folle de lui, Helen FieldingPublié quatorze ans après le deuxième tome des aventures de Bridget Jones, Folle de lui en est une suite des moins... surprenante ! On ne présente plus le personnage loufoque de Bridget, imaginé par la romancière et femme de lettres anglaises Helen Fielding et incarné à l'écran par Renée Zellweger.

Bridget n'a plus trente ans mais la cinquantaine. Elle s'est enfin mariée avec son grand amour, Mark Darcy, mais celui-ci est mort, quatre ans plus tôt, alors qu'il était en mission à l'international.
Désormais veuve et mère de deux enfants en bas âge, Bridget n'en demeure pas moins toujours aussi gaffeuse et fleur bleue. Mais se caser avec un homme qui a la moitié de son âge, tout en essayant d'être une mère courage, ce n'est pas de tout repos et Bridget en fait rapidement les frais...

Que de polémiques à la sortie de ce troisième tome des aventures de Bridget ! Non seulement Helen Fielding a eu l'audace de faire mourir Mark Darcy (oui madame, le beau Mark Darcy n'est plus... Heureusement que Colin Firth est éternel dans les adaptations ciné !), mais en plus elle a transformé Bridget en cougar éhontée qui n'hésite pas à s'enticher d'un toy boy dont elle pourrait être la mère. De quoi faire hurler au scandale les aficionados du couple Bridget/Darcy, et surtout de la Bridget complexée et mièvre dépeinte dans les deux premiers tomes.
Bref, si vous cherchez à savoir si ce roman vaut vraiment le détour, passez votre chemin. Je ne suis en effet malheureusement pas du tout objective sur la question, ne tente pas de l'être et ne le prétend surtout pas. Bridget est la seule chick lit que je lis et je pardonne tout à ces romans du seul fait de son personnage hilarant et de mes souvenirs de lecture du temps où j'étais lycéenne.
Malgré le revirement de situation - pensez, nous n'aurons jamais connu Bridget et Darcy heureux... -, j'ai quand même abordé ce livre avec enthousiasme, certaine d'y trouver ce que j'étais venue y chercher. C'est-à-dire tout simplement une détente efficace aux côtés d'un personnage bourré d'auto-dérision et qui, l'air de rien, porte en elle une part d'universel dans ses questionnements et ses fragilités.   
La narration alterne le présent et le passé, lorsque Bridget débute son aventure avec son toy boy. La mort de Darcy, si elle est véritablement esquissée, apporte une pointe de gravité à l'intrigue et offre - si si ! - un côté touchant à Bridget. Il est question de deuil, de perte et d'amour, bien sûr, mais ça reste Bridget. Donc les quelques égarements lacrymaux sont brefs et détonnent presque dans l'ensemble. Mais il était impossible à Helen Fielding de ne pas les glisser pour éviter de trahir la psychologie de notre* chère Bridget, affreusement amoureuse de son Darcy (* vous avez remarqué comme j'emploie le notre comme si Bridget appartenait à sa communauté de lecteurs ? C'est peut-être à cause de cet attachement que certains se sont senti trahis par ce troisième tome).
Pour ma part, malgré l'évident coup marketing de ce retour de Bridget, j'ai quand même franchement ri avec ce roman. Quelques blagues un tantinet scabreuses m'ont néanmoins déroutée (et il en faut beaucoup pour me choquer, attention) et ont détonné avec l'ensemble. Mais je n'en ai pas tenu rigueur à son auteure.   
Conclusion, si vous aimez Bridget, foncez ! C'est un roman dans la lignée des deux précédents, peut-être un peu moins drôle mais efficace. Les autres, je doute que vous ayez lu ce billet jusqu'au bout...    
(Et non je n'ai pas honte que ma première chronique de cette année 2015 soit consacrée à Bridget. Non non, aucune honte je vous assure !)

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10 octobre 2014

Ralph's party, Lisa Jewell

Ralph's partyRalph's party est le premier roman de l'écrivaine anglaise Lisa Jewell paru en 1999 en Angleterre. Best-seller dans le monde anglophone, il a été traduit en français en 2007.

Smith et Ralph partagent un appartement à Londres. Très différents l'un de l'autre, les deux amis d'enfance partagent néanmoins un goût commun pour les soirées TV / bières.
Le jour où Jem, une pétillante jeune femme, s'installe dans la collocation, l'équilibre de Smith et Ralph est mis à mal. Ralph tombe sous le charme de Jem, qui elle s'amourache de Smith. Ce dernier, follement amoureux de Cerise, la voisine du dessous, décide pourtant de profiter de la situation avec Jem. 
A l'étage en dessous, c'est le couple de Karl et Siobhan qui vit des heures difficiles. Siobhan se sent délaissée par son mari qui se perd dans une relation adultérine... avec Cerise ! 

Voilà un roman parfait à lire à l'entrée de l'automne, dans les transports pour ma part. Un roman léger juste ce qu'il faut. Un brin chick-lit, mais pas complètement, un brin chronique sociale mais pas que. On rit des frasques de ces jeunes adultes empêtrés dans leurs sentiments, gauches, souvent, émouvants, parfois, par leur réalisme et leurs fragilités.
On pense obligatoirement aux Chroniques de San Francisco, en moins fouillé, en moins drôle aussi, et puis écrit vingt ans plus tard. Mais c'est agréable de suivre tout ce petit monde, rassemblé sous le même toit, qui se côtoie sans vraiment se connaître. Ces imbroglios sentimentaux, s'ils manquent parfois de vraisemblance (le jeu amoureux n'est qu'une succession de chaises musicales), n'en demeurent pas moins intéressants.   
On pense à Bridget Jones, aussi, pour le côté londonien sentimental. Et c'est agréable en fait, ces parallèles littéraires. 
Bref, Ralph's party est un roman qui tient ses promesses en matière de détente. Et si ce n'est d'ordinaire pas mon genre de lecture, j'ai passé un bon moment avec ce vaudeville anglais à la saveur douce amère. 

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20 septembre 2014

La Carte du Temps, Felix J. Palma

La carte du tempsLa carte du temps est le premier roman de l'écrivain, chroniqueur et critique littéraire espagnol Felix J. Palma traduit en France. Annoncé comme le premier tome d'une trilogie, il est paru en 2008 en Espagne et en 2011 en France aux éditions Robert Laffont.

Londres, 1896. L'agence Murray promet à quiconque débourse une coquette somme de voyager en l'an 2000. Andrew Harrington y voit la solution désespérée pour tenter de sauver sa bien-aimée, ultime victime de Jack l'Eventreur huit ans plus tôt. De son côté, revenue de ce voyage dans le temps, la jeune Claire Haggerty est tombée sous le charme d'un héros du futur. Mais l'agence Murray est-elle vraiment sérieuse ? H.G. Wells, le célèbre écrivain, en doute.

Friande des voyages dans le temps (allez donc savoir pourquoi !?), je me suis glissée avec grand plaisir dans ce long roman de plus de 700 pages.
Sceptique, en bonne cartésienne que je suis, vis-à-vis de cette histoire de machine à explorer le temps, j'ai néanmoins dévoré le tout, fascinée par l'imagination un peu dingue de l'auteur et ses trouvailles toutes plus singulières les unes que les autres. Difficile de vous en dire plus sans vous révéler les ficelles de l'ensemble, mais disons que l'auteur maîtrise son sujet et a beaucoup réfléchi à la question du déplacement dans le temps...
En outre, son idée
d'intégrer H.G. Wells, l'auteur notamment de La machine à explorer le temps, à son intrigue est absolument géniale. Comme si Felix J. Palma souhaitait faire un clin d'oeil au chef d'oeuvre de la science-fiction et à son auteur. Mise en abyme excellente, la présence de H.G. Wells permet au roman de s'insérer dans sa lignée, tout en y faisant largement référence et en rendant hommage aux grands récits du genre et à certains auteurs comme Jules Verne.
Wells n'est pas le seul à bénéficier d'une apparition, puisque Bram Stoker et Henry James  font partie intégrante de l'intrigue. Mais je ne vous en dirai pas plus !
Enfin, la composition tripartite du roman - dont chaque partie peut se lire indépendamment malgré des interpénétrations mutuelles évidentes - permet à Felix J. Palma de tisser méticuleusement les liens de son idée folle de voyage dans le temps. C'est bien construit, ça tient la route et ses trois intrigues sont originales et très différentes, même si elles sont liées par cette mystérieuse agence de voyage en l'an 2000. 
Un bémol, cependant, dans la longueur de certains passages de la troisième partie qui tendent à casser le rythme pourtant dynamique de l'ensemble. Mais cela ne m'a pas empêchée d'aller au bout, ravie de cette lecture.
Entre fantasme et réalité, entre hommage à la littérature du genre et imagination débordante, le romancier espagnol nous livre ici un roman des plus réjouissants dont je ne peux que vous conseiller la lecture. Prêt pour une immersion dans le temps ?

L'avis de Folfaerie sur ce roman.

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17 juillet 2014

Le génie des coïncidences, J.W. Ironmonger

Le génie des coïncidencesLe génie des coïncidences est un roman de J.W. Ironmonger paru en juin 2014 chez Stock.

Thomas Post est un universitaire spécialisé dans la thèse des coïncidences. Tout événement n'est, selon lui, que le fruit du hasard et toute notion de coïncidence n'est qu'une interprétation de l'enchaînement de faits que ses calculs mathématiques déconstruisent.
Fort du succès de sa théorie, le jeune maître de conférence voit sa thèse mise à mal lorsqu'il rencontre Azalea Lewis, une jeune femme dont la vie entière semble régie par de curieuses coïncidences. Cette dernière le met au défi de lui prouver que sa thèse des coïncidences s'applique à sa drôle de vie.

Voilà un roman diablement rafraîchissant. J.W. Ironmonger entraîne son lecteur dans une intrigue à tiroirs à la fois temporels et géographiques. De 1982 à 2012, de Londres à l'Ouganda en passant par l'Irlande, Thomas va se lancer sur les traces du passé d'Azalea pour essayer de tester sa théorie sur son histoire personnelle.
Les chapitres se succèdent, alternant les époques de narration sans jamais perdre le lecteur, et ce dernier de suivre avec minutie le cheminement intellectuel du jeune universitaire pour voir si sa théorie n'est pas bancale.
L'émotion est au rendez-vous de cette intrigue qui allie fiction et Histoire - avec notamment les enlèvements d'enfants en Ouganda - et les rebondissements, nombreux, tiennent le lecteur en haleine.

J'ai lu ce roman d'une traite, dévorée par la curiosité, m'interrogeant au passage moi aussi sur cette étrange notion de coïncidences. Et si... Et si nos vies étaient dictées par quelque chose ? Et si le hasard n'existait pas ? Et si tout convergeait vers un point précis ? Et si, finalement, nous n'avions que peu de libre arbitre dans tout ça ? Et pour une fois, ça fait un bien fou de mettre de côté toute rationalité et de se poser en observateur de sa vie en ayant ces questions en tête...
Le génie des coïncidences est une lecture absolument délicieuse, savamment construite, dont je ne peux que vous conseiller la lecture.
Les avis de Cathulu et Clara
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Un grand merci aux Éditions Stock et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

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09 mai 2014

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding

BridgetLe Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding est initalement paru sous forme de chroniques dans The Independant et The Daily Telegraph entre 1995 et 1996, avant d'être réunies en roman en 1996. Mondialement connue pour être l'archétype de la trentenaire célibataire, Bridget Jones est rapidement devenue un personnage culte et ses aventures ont ouvert la voie à une veine de chick-lit plus ou moins réussie. 

Londres. Bridget, trente ans, célibataire, à la recherche du grand amour. Entre son boss avec qui elle entretient une liaison, ses amis célibataires aussi désépérés qu'elle, sa mère qui tente de la caser à tout prix, ses amis mariés-et-fiers-de-l'être qui ne comprennent pas sa situation, le ringard Mark Darcy qui finalement ne l'est pas tant que ça, Bridget se cherche. A coup de vodka, de clopes, d'incartades à son régime et de soirées d'intense réflexion avec ses amis. Comment trouver l'homme avec qui partager sa vie ? Et comment le garder ? Bridget se débat avec sa vie... et le fait avec beaucoup d'humour !

J'avais lu les deux tomes des aventures de Bridget quand j'étais au lycée... Ça commençait à dater un peu et si en dehors de ces romans je n'avais jamais succombé à l'appel de la chick-lit, une envie d'y revenir m'a prise, récemment. 
Envie de détente. De retrouver la Bridget des romans plutôt que celle des films. Attention, loin de moi l'idée de dire que Renée Zellweger ne correspond pas à l'image que j'ai de Bridget. Elle campe à la perfection le personnage de girl next door et possède un potentiel comique indéniableJe ne m'attarderais pas non plus sur Colin Firth ou Hugh Grant dans les rôles de Mark Darcy et Daniel Cleaver. Enfin, je pourrais, mais les digressions pourraient être longues (Hiiiii ! La scène d'arrivée de Hugh Grant dans l'ascenceur ! Le "I like you very much" de Colin Firth !! Parenthèse fermée. Cris hystériques contenus). 
Mais, dans mon souvenir, les romans étaient bien plus drôles que les films et j'avais envie de revenir aux origines de Bridget. Et mon souvenir était bon : je me suis marrée tout le temps de ma lecture ! J'ai adoré retrouver le style un peu télégraphique du journal de Bridget, son compte (plus ou moins sincère) de cigarettes/unités d'alcool/calories en début de chaque chapitre, ses tribulations invraisemblables mais vraiment tordantes.
Forcément un brin caricatural, le personnage de Bridget cristallise toutes les angoisses véhiculées par le statut de célibataire. On rit, c'est sûr. Et on apprécie la fraîcheur du ton, en gardant à l'esprit que ce roman a bientôt vingt ans mais qu'il résonne toujours de la même façon. Bridget Jones, porteur d'universalité ? Je n'irai peut-être pas jusque là. Mais presque... Récriture moderne d'Orgueil et Préjugés, Bridget Jones dépeint avec un humour décapant la société et ses travers par le prisme du célibat. A lire ou relire. A consommer sans modération, qu'on se le dise. 

Je ne résiste pas et vous mets la bande-annonce, bien entendu...

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13 mars 2013

La Dame en blanc, Wilkie Collins

La dame en blanc, Wilkie CollinsLa Dame en blanc est, avec Pierre de Lune, l'une des oeuvres les plus connues du romancier britannique Wilkie Collins. Ce contemporain et ami de Dickens, s'il connut un certain succès lors de la parution de ses romans, resta néanmoins longtemps oublié des lecteurs francophones. Publié en 1860, La Dame en blanc est considéré aujourd'hui comme précurseur du roman policier.

Londres, époque victorienne. Walter Hartright, jeune professeur de dessin, est engagé pour enseigner cet art à deux jeunes filles, Marian et Laura, dans la belle demeure de Limmeridge House. Loin de Londres, dans cet endroit bucolique, le jeune homme tombe vite sous le charme de la blonde et frêle Laura. Mais il ne sait pas qu'elle est déjà fiancée pour honorer le dernier souhait de son père. Éperdu d'amour, Walter renonce à son bonheur et part en Amérique. Mais durant son absence, Laura, tout juste mariée, tombe entre les mains de son odieux mari, Sir Percival, et de son ami italien, le Comte Fosco.

Éblouissant par sa construction narrative, La Dame en blanc est un roman haletant à l'intrigue diablement inventive.
Wilkie Collins distille au fil des pages quelques indices de ce qui se trame sans jamais laisser au lecteur le soin de comprendre où il veut en venir. On comprend très vite que la délicate Laura et son mari ne s'entendent pas et que ce dernier en veut à son héritage, mais une fois que l'on a l'impression de déceler les dessous de l'intrigue, Wilkie Collins, tel un magicien, sort une à une les cartes de sa manche. Et autant vous le dire tout de suite : bien malin celui qui verra clair dans son jeu.
Son intrigue, labyrinthique au possible, est prise en charge à tour de rôle par plusieurs narrateurs. Le procédé - qu'il reprendra dans Pierre de Lune - permet une dynamique certaine au roman et place la question de la vérité au centre des préoccupations. Chaque personnage doit en effet, tel un document juridique accablant, raconter ce qu'il a vu des événements selon son point de vue. Cette quête de vérité permet au romancier de passer outre certains détails de l'intrigue - le personnage prenant alors en charge la narration explique leur inutilité quant à l'affaire pour laquelle il témoigne -, tout en introduisant insidieusement des paroles que le lecteur sait fausses, non par mensonge, mais par naïveté, voire duperie. C'est fort, très fort !
Trois époques se succèdent, et avec elles son lot de personnages qui a assisté à certains détails de cette histoire retorse.
Le dénouement apporte toute la clarté et révèle au lecteur impuissant une machination incroyablement efficace.

Magistral, comme chaque oeuvre de Collins que je découvre. La légende dit que son ami Dickens jalousait ses oeuvres. Et je comprends pou
Lectures communesrquoi ! Un auteur à connaître, et à faire connaître largement.

Une lecture commune pour laquelle je suis éhontément en retard (pensez donc : ce billet aurait dû paraître le 31 janvier...). Mon acolyte de toujours, CottageMyrtille a eu la gentillesse de m'attendre pour publier son billet. Un grand merci !

D'autres avis sur ce roman : Alex-Mot-à-MotsAntigone, Karine:), Lounima, Manu, Mazel, Miss Alfie, Sabbio, Stellade, Yoshi73, etc.

Une lecture qui me permet d'avancer dans quatre de mes challenges (je vous avais dit que j'étais raisonnable...) :

British Mysteries Challenge ABC Babelio Thursday Next

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