Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

05 juin 2017

Le dimanche des mères, Graham Swift

A17871Le dimanche des mères est le dernier roman de l'écrivain britannique Graham Swift paru en janvier 2017 chez Gallimard.

30 mars 1924, Angleterre. Alors que l'artistocratie offre traditionnellement une journée à ses domestiques afin que ceux-ci rendent visite à leur mère, Jane, jeune domestique orpheline, hésite sur son emploi du temps : va-t-elle lire ou se promener à vélo ? Mais le téléphone qui sonne coupe court à ses doutes : Paul Sheringham, jeune aristocrate dont elle est la maîtresse depuis de nombreuses années, lui demande de le rejoindre dans sa maison familiale vide. Jane court le retrouver, profitant de cette entrevue alors que le mariage de Paul avec une riche héritière doit se dérouler deux semaines plus tard.

Reçu en cadeau pour mon anniversaire (merci à celui qui se reconnaîtra !), j'ai dévoré ce roman le temps d'une après-midi ensoleillée dans mon jardin, me plongeant dans cette intrigue aux relents de Downton Abbey.

La Première Guerre mondiale terminée, l'Angleterre est à un tournant social et économique. La domesticité n'est plus ce qu'elle était, ni les relations entre maîtres et personnels. Le monde change, la guerre a laissé des stigmates, et c'est comme une fin de siècle que dépeint cette intrigue brève et rapide. Le lecteur suit cette journée du 30 mars aux côtés de Jane, racontée par une Jane plus âgée, devenue toute autre que domestique. Le temps semble figé, le vernis s'effrite, les vélos ont remplacé les chevaux et les frontières s'effacent. 

J'ai plongé dans cette intrigue comme en apnée, me demandant où Graham Swift allait m'emmener. Et je n'ai pas été déçue du voyage. J'ai adoré cette incursion dans cette Angleterre du début du 20e portée par une plume sensuelle et dense. Une belle lecture, sans aucun doute !

Première participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda.

Une pensée toute particulière aux londoniens en ces jours sombres...

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27 avril 2017

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury

La fille qui lisait dans le métroLa fille qui lisait dans le métro est un roman de Christine Féret-Fleury paru aux éditions Denoël en mars.

Juliette prend le métro tous les jours pour se rendre à l'agence immobilière où elle travaille. Et tous les jours, dans la rame de la ligne 6, elle observe les passagers qui lisent. Ceux qui pleurent, ceux qui ne dégustent que quelques pages, ceux qui lisent fièvreusement... Un matin, Juliette décide de bouleverser ses habitudes et de descendre deux stations avant son arrêt, pour terminer son trajet à pied. Dans une petite rue, elle découvre un livre coincé dans une porte. Intriguée, elle s'approche quand une fillette d'une dizaine d'années l'invite à entrer, croyant avoir affaire à une passeuse de livres...

J'ai lu ce roman aujourd'hui, dans le métro, alors que j'assistais à une journée professionnelle (belle mise en abyme !). J'avais vu passer sa couverture colorée depuis quelques temps et je me suis laissé tenter par l'éditeur, ne connaissant pas son auteure. Et je dois dire que cette lecture ne me restera pas en mémoire... Intrigue facile et éculée, dénouement prévisible, personnages caricaturaux et superficiels, je me suis demandée au fil des pages où l'auteure avait voulu en venir, sans trouver une réponse une fois la dernière page tournée.

Juliette est une trentenaire un peu paumée dans la vie - comme c'est monnaie courante dans la chick-lit et certains feel good - et qui trouve un sens à cette dernière grâce sa rencontre avec Soliman et Zaïde. Elle découvre à leurs côtés à quel point les livres peuvent changer leur lecteur et les faire réfléchir à leur propre vie... Ok, jusque là, rien de révolutionnaire. Mais en fait, c'est tout. Voilà l'essentiel du roman ?! Pour une grosse lectrice qui travaille en plus dans le monde des livres, autant vous dire que je suis restée perplexe... Le propos du roman est simpliste, et la psychologie de l'héroïne (allez, n'ayons pas peur des mots et appelons-la l'héroïne !) est si rapidement esquissée qu'il est impossible de s'y attacher. L'ensemble est plat, mièvre et reste en surface. Aucune surprise, tout est facile. J'ai pensé à la bibliothérapie de Régine Detambel (qui ne m'avait pas convaincue non plus) et j'ai enchaîné ces pages au rythme des stations, pas convaincue ni séduite une seconde par ce que je lisais. Un rendez-vous complètement manqué...

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18 avril 2017

Les livres prennent soin de nous, Régine Détambel

les livres prennent soin de nousLes livres prennent soin de nous est un essai de la kinésithérapeute et formatrice en bibliothérapie créative Régine Détambel, paru en 2015 chez Actes Sud. 

Quand la vie fait mal, les livres sont de précieux alliés. Par leurs mots, leur musicalité, leurs personnages, les métaphores qu'ils convoquent, ils permettent à celui qui souffre - de détresse psychique ou physique - de s'évader, de trouver un temps où la douleur n'est plus, de faire un pas de côté pour mettre à distance l'objet de la souffrance.

Dégoté à Livre Paris le mois dernier, cet essai a attiré mon attention sur le stand d'Actes Sud, par son propos et ses premières pages. Je n'ai donc pas tardé à le découvrir. Régine Détambel montre tout au long de cet essai le pouvoir des livres, particulièrement dans des situations difficiles. En s'appuyant sur des recherches en bibliothérapie, elle balaie le spectre des situations dans lesquelles le livre est un remède, une aide pour le lecteur. Très court, largement accessible au plus grand nombre, Les livres prennent soin de nous est une sorte d'avant-goût qui permet de découvrir la bibliothérapie au sens médical du terme.

Si j'ai aimé plonger dans le concept de bibliothérapie, je dois avouer que l'ensemble ne m'a pas réellement convaincue. Trop léger, l'essai reste en surface et aborde trop rapidement chaque axe. J'aurais dû m'en douter vu la brièveté du texte, mais je crois qu'au fond de moi j'en attendais plus. J'ai refermé ces pages alléchée, mais frustrée et avec l'impression finalement d'avoir appris trop peu sur la question. Petit florilège de citations qui ont néanmoins retenu mon attention et autour desquelles j'aurais aimé en savoir plus.

"La bibliothèque n'est pas, ne sera jamais, une pharmacopée maîtrisable." (p.83)

"Quand la vie emmure, l'intelligence perce une issue... Si l'écrivain publie, c'est d'abord parce que la littérature a commencé par modifier sa propre vie. Il est un lecteur averti, qui sait qu'un livre, un seul, peut parfois changer la donne, transformer le regard, ouvrir des horizons, mobiliser des énergies inconnues, infléchir la direction d'une existence." (p.85)

"C'est le propre de la narration que d'effacer l'idée même que le monde soit fragmentaire ; elle n'a sans doute pas d'autre but et c'est l'essentiel de la jouissance qu'elle procure. Elle comble les vides et ne joue des ellipses que dans l'éclat des transitions." (p.86)

"Lire et écrire serait donc le geste de se créer un cocon protecteur et exploratoire. On se protège pour pouvoir mieux explorer le monde. Le papier serait-il donc du sparadrap ?" (p.90)

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06 avril 2017

Liebster Award Livresque

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas prêtée au jeu d'un tag et c'est Petite Noisette qui m'a fait l'honneur de me décerner un Liebster Award livresque il y a quelques jours et m'a priée de répondre à quelques questions. C'est parti donc pour vous révéler 11 choses sur moi, répondre à ses 11 questions et poser moi-même 11 questions aux 11 blogs que je choisirai. 

Liebster Award livresque

*** Les 11 choses sur moi et les livres ***

1. Je lis rarement un livre à la fois, alors que régulièrement j'essaie de m'y tenir. Mais c'est plus fort que moi !

2. Je suis en train de faire un tri drastique dans ma bibliothèque selon la méthode de Marie Kondo. Résultat : je me suis séparée de la moitié de mes romans et documentaires pour ne garder que ceux qui comptent vraiment.

3. Plus de quatre ans après ma visite des Studios de tournage, j'ai décidé de relire tous les Harry Potter, à raison d'un tome par mois de janvier à juin, afin de me remettre en mémoire tous les détails de cette série qui a profondément marqué mon parcours de lectrice.

4. Je ne corne pas mes livres mais quand une citation me plaît, je marque au crayon sur la page de garde le numéro de la page où elle se trouve pour la retrouver facilement et l'insérer dans mon billet quand je rédige ma chronique.

5. Je lis beaucoup sur mon Kindle depuis que je l'ai acheté il y a bientôt six ans. Il me suit partout : en weekend, en vacances en sac à dos, dans le train. C'est un ami très pratique quand je ne veux pas transporter un gros livre ! Et puis quel confort de lecture...

6. Bonne résolution de 2017 (haha) : chroniquer immédiatement chaque livre une fois que celui-ci est terminé. Plus de billets en retards ni de livres non chroniqués donc. Et pour l'instant, je m'y tiens...

7. Je pleure extrêmement souvent quand je lis : il suffit qu'un personnage ou un animal meure, qu'une scène soit un tant soit peu émouvante, et pouf ! C'est l'avalanche de larmes ! Certains diront que je suis trop sensible. J'aime à croire que c'est mon empathie légendaire qui se propage au-delà des pages.

8. J'adore conseiller un livre à quelqu'un. Mais vraiment. J'adore quand un lecteur ne sait pas du tout quoi lire et qu'en sondant ses goûts, ses envies du moment, ses derniers livres lus et aimés, j'arrive à trouver un livre que je sens fait pour lui. Et quand je tombe juste, j'adore le voir revenir, des étoiles dans les yeux, m'expliquer à quel point il a aimé cette histoire, s'est identifié à ses personnages ou encore a été ému par cette intrigue. Ce sont toujours des discussions passionnées et passionnantes.

9. Lire est mon moyen de détente pour m'endormir. Quelle que soit l'heure à laquelle je rentre et me couche, où que je sois, je sors un livre pour lire quelques pages et m'endormir en rêvant à son intrigue. Depuis que je sais lire, c'est mon anti-stress préféré, quelle que soit la situation et bien souvent, dans des moments difficiles, m'évader dans la fiction m'a été d'un grand secours. Le fameux pouvoir cathartique de la littérature.

10. J'adore les livres et je lis très régulièrement des essais les concernant. Soit sur les bibliothèques, soit sur le rapport à la lecture, soit sur les livres en général. Alberto Manguel reste mon auteur chouchou pour ce type de lecture et au dernier Salon du Livre de Paris je n'ai pas pu résister à acheter Dans la forêt du miroir, qui me tentait depuis longtemps.

11. Quand ma semaine a été trop à mille à l'heure pour moi, j'ai un remède infaillible : rester au lit le dimanche matin avec une tasse de thé et un roman. Je peux lire trois ou quatre heures d'affilée, m'immergeant complètement dans l'univers de mon livre, et quand j'ai terminé, une petite douche et je me sens reposée et gorgée d'énergie. Comme si j'étais allée la chercher dans ces pages.

*** Les 11 questions de Petite Noisette ***

1.Ton dernier coup de coeur livresque ? Frida de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez, un album coloré et poétique qui rend magnifiquement hommage à la peintre mexicaine.

2.Pourquoi faire ce blog ? Parce que j'aime garder une trace de mes lectures, pouvoir naviguer dans mes bilans de lecture pour revoir comment les livres ont accompagné certaines périodes de ma vie. Ce blog, c'est ma mémoire, c'est mon passé. C'est ma vie à travers mes livres.

3.Quelle adaptation de livre en film as-tu préférée ? Pourquoi ? Tamara Drewe de Posy Simmonds, adapté à l'écran par Stephen Frears. Le réalisateur britannique a su rendre à la perfection l'ambiance champêtre de cette peinture sociale de l'Angleterre contemporaine par la reine du roman graphique. Un régal !

4.Quel est ton genre préféré ? Je n'en ai pas, mes goûts étant très éclectiques : roman historique, nouvelle, policier, jeunesse, album, BD, etc. 

 5.Quel est le genre que tu aimes le moins ? Je suis très peu polar esotérique, bit-lit et chick-lit (quoique ces derniers temps, avec le Challenge Feel good, je sors de ma zone de confort et lis quelques romances qui s'approchent dangereusement de ce dernier genre). 

6.Ton métier est-il en rapport avec les livres, et si oui, que fais-tu au quotidien en rapport avec la lecture ? Oui, et c'est une grande chance car il ne se passe pas un jour sans que je ne parle de livres au boulot. Je suis documentaliste en lycée et du coup je conseille beaucoup mes élèves et discute de livres avec eux. Le gros point positif de ce boulot c'est que je suis obligée de faire une veille littéraire pour penser mes acquisitions. Du coup, je mêle l'utile à l'agréable. 

7.Quel est ton premier souvenir de lecture ? J'ai le souvenir d'un album de Tic et Tac que j'expliquais à ma mère alors que je ne savais pas encore lire !

8.Es-tu plutôt bibliothèque ou librairie ? Bibliothèque, sans hésiter ! Comme j'ai beaucoup déménagé ces dernières années, je me sépare progressivement de mes livres pour ne garder que mes essentiels. Du coup, j'emprunte beaucoup, ça m'évite de devoir trier trop souvent ma bibliothèque !

9.Participes-tu à des challenges lecture ? Pourquoi et lesquels ? Ces dernières années, beaucoup moins. La frénésie des premières années de blog m'a laissé un goût de contrainte parfois lourd. Du coup, je picore dans certains challenges comme Halloween, Noël ou encore les échappées dans un pays quand celui-ci me séduit.

10.Comment choisis-tu ta prochaine lecture ? Je pioche dans ma bibliothèque, au gré de mes envies, de mon ressenti une fois un livre terminé, de mon désir d'évasion temporelle ou géographique, souvent, des conseils que l'on m'a donnés, parfois. Et comme j'anime un club lecture hebdomadaire au lycée, je veille toujours à lire très régulièrement des livres de mon fonds que je peux présenter à mes élèves lors de notre rendez-vous sur les canapés du CDI !

11.Quel personnage de livre te ressemble ? J'aurais aimé pouvoir répondre comme Flaubert : "Madame Bovary, c'est moi", mais non seulement je ne ressemble pas du tout à Emma, mais en plus je ne peux la remplacer par aucun autre personnage qui me vient immédiatement en tête. Non vraiment, je ne me suis jamais dit : "C'est tout à fait moi !".

*** Les 11 blogs que je choisis ***

Hilde, Nelfe, Estellecalim, Tiphanie, Violette, Tante Fi, Myrtille lit, Moka, Pauline, L'Or, L'Irrégulière

*** Mes 11 questions ***

1. Comme le personnage de Thursday Next de Jasper Fforde, tu peux voyager à l'intérieur des livres. Ta première destination ?

2. Si tu pouvais changer la fin d'un livre...

3. Le personnage que tu rêverais de rencontrer en vrai...

4. Tu aurais adoré habiter dans ce lieu/cet univers...

5. S'il ne devait rester qu'un livre dans ta bibliothèque, ce serait...

6. L'adaptation ciné d'un livre qui t'a enchantée...

7. Et celle qui a failli te faire quitter la salle de ciné (ou ton canapé, au choix !)

8. La citation qui t'a le plus marquée dans une de tes lectures...

9. Ecrire dans ses livres, c'est pêché ou c'est permis ?

10. Le livre que tu aurais adoré avoir écrit...

11. Et l'auteur, vivant ou mort, avec qui tu adorerais passer une après-midi...

Bon tag, j'ai hâte de lire vos réponses !

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26 mars 2017

Livre Paris 2017 : mes achats au Salon du livre

Créer son propre livre au Salon du Livre de ParisL'occasion était trop belle : un magnifique soleil, des fourmis dans les jambes, l'envie de flâner à Paris, ma dernière année ici, aussi... Du coup hier, je n'ai pas résisté à faire un saut au Salon du Livre de Paris.

Me baladant au gré de mes envies entre les stands - croisant Marie Desplechin, Daniel Pennac, Leïla Slimani, Agnès Martin-Lugand, entre autres - écoutant d'une oreille les interviews, arrachant quelques pages bien choisies de l'installation prévue à cet effet, me remplissant des effluves des pâtisseries marocaines - le Maroc étant l'invité d'honneur de cette 36e édition -, visitant avec émotion l'exposition hommage consacrée à Jiro Taniguchi disparu le 11 février cette année ou encore la rétrospective des 90 ans des éditions du Masque, j'ai profité de cette incursion dans le monde des livres malgré la foule dense attirée comme moi par cette passion commune.

Et je ne suis pas revenue les mains vides, même si j'ai été assez raisonnable (dit celle qui vient de trier tout son appart, y compris ses livres, selon la méthode de Marie Kondo !). 

Salon du Livre de Paris 2017

J'ai craqué en premier lieu chez Actes Sud avec l'essai Les livres prennent soin de nous de Régine Détambel, suivi de près par Dans la forêt du Miroir, un autre essai de mon chouchou Alberto Manguel. Je pensais m'arrêter là, étonnée même d'avoir succombé à l'achat alors que le weekend dernier je me délestais de la moitié des livres de ma bibliothèque, quand mon regard a été attiré par La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt. Pressentant un livre qui pourrait me faire du bien - l'histoire relate la relation entre une grand-mère qui doit aller en maison de retraite et sa petite-fille - j'ai lâché prise et décidé de le glisser dans mon sac d'achat. Le silence de Jan Costin Wagner m'a été offert pour l'achat de deux Babel et je verrai s'il me séduit ou si je le donne à mes lycéens. Quant à Frida, de Benjamin Lacombre, c'était une évidence. D'une part parce que j'adore l'artiste mexicaine, d'autre part parce que j'aime le travail de Lacombe depuis ses débuts. Et pour avoir déjà dévoré cet album dans mon jardin, je ne peux que me féliciter d'avoir succombé à l'appel... 

Pas de reportage photos d'une journée marathon, ça serait vous mentir. J'ai flâné deux petites heures au salon avant de rejoindre des amis et profiter de Paris au soleil. Je n'avais pas envie d'attendre des heures pour une dédicace. Je n'avais pas envie de me retrouver devant un auteur et bredouiller trois banalités, comme d'habitude. Je n'avais pas envie de m'épuiser à slalomer dans la foule et jouer ma vie pour un livre. Je crois que je n'aime rien tant que le charme intimiste des salons littéraires de moins grande envergure où il est permis d'échanger avec un auteur et de discuter réellement de son oeuvre... Bon dimanche à tous !

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30 décembre 2016

2016 en lecture

L'année a filé si vite qu'il est déjà l'heure de dresser le bilan annuel de mes lectures. J'en entends qui rigolent déjà au fond, arguant que niveau lecture, justement, cette année n'aura pas été formidable. Et ils ont raison ! Cette année aura vraiment été scindée en deux : une première partie longue de sept mois à plancher sur mon Master, à travailler mes partiels, à rédiger mon mémoire et donc, à peu lire (et surtout peu écrire ici) et une seconde partie de cinq mois de liberté totale, où la lecture est revenue en force en parallèle de tout ce que j'aime faire de mon temps libre (de la couture aux jeux vidéo en passant par le cinéma). Je n'ai pas compté, mais j'ai sans conteste beaucoup moins lu cette année que les autres années. Et j'assume ! Si vous voulez vous amuser à compter ce que j'ai lu, allez-y, ça ne devrait pas être très long...

2016 n'aura pas été un très bon cru niveau découvertes littéraires non plus, faisant la part belle à la détente, aux livres rapides, accessibles à mon cerveau fatigué par mes études en plus de mon travail. Peu de prise de risque, une zone de confort riquiqui que je n'ai pas eu envie de repousser, préférant me glisser dans des romances que je ne lis d'ordinaire pas, dans quelques polars, certains romans jeunesse, un peu de littérature étrangère et une poignée de documentaires sur le zéro déchet et le minimalisme. Pas de trucs un peu fous, pas de chefs-d'oeuvre de la littérature auxquels je me serais attaquée, pas de défi personnels du style tout Kafka dans le texte (en même temps, je ne connais pas l'allemand, ça limite un peu...). Bref, une année de lecture un peu flottante, mais c'est pas bien grave. 

 Petit focus très rapide sur les livres qui m'ont malgré tout marquée cette année.

(cliquez sur la couverture pour lire ma chronique)

La littérature française

Les gens heureux lisent et boivent du café

La littérature étrangère

Un goût de cannelle et d'espoir

Du côté de la jeunesse


La BD de mon année

Les documentaires qui m'ont accompagnée


Rien à ajouter, une petite année de lecture un peu ronronnante et une zone de confort si douillette que je me suis peu aventurée en dehors. Bref, 2016 ne restera pas dans les annales mais le meilleur est à venir !

Le meilleur est à venir

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23 décembre 2016

Ils n'avaient pas eu droit à leur chronique : je répare l'impair !

Je vous l'ai déjà dit mille fois mais quand on est blogeur littéraire, on est très rapidement confronté à un problème de taille (à moins d'être bionique ou génétiquement modifié) : celui de lire plus rapidement que de rédiger ses chroniques de livres. 

S'ensuit donc une pile de livres à chroniquer démente, des bilans de lecture qui débordent de livres qui attendent leur chronique individuelle avec des yeux suppliants (vous voyez le Chat Potté de Shrek ?) et un stress croissant de ne pas être à jour.

Ils n'avaient pas eu de chronique

Aujourd'hui, aux grands maux les grands remèdes : j'ai décidé de mettre à  plat toutes ces chroniques en retard et de repartir en 2017 sur des baises saines. Voilà, c'est dit !

Non, je ne suis pas folle et je n'ai pas décidé de passer les 15 prochains jours enfermés à bloguer H24 et à tuer mes yeux et mes neurones (surtout que certains livres ont été lus il y a plusieurs années) mais plutôt de faire un billet fourre-tout où je vais faire un point rapide sur ces lectures avec mes impressions de lecture, un peu à la manière du speed-booking que je fais avec les élèves en club lecture (3 minutes pour parler de sa lecture et convaincre les autres). Pas de chronmètre ici mais quelques lignes pour dire l'essentiel (j'ai hésité à m'imposer les 140 caractères de Twitter mais si l'exercice de style est intéressant, il est trop contraignant vu le nombre de textes concernés).

C'est mieux que rien, même si rien ne remplace une vraie chronique en bonne et due forme. Mais l'idée est de ne plus avoir de chroniques en retard pour commencer sereinement cette nouvelle année de lecture.

Pas de résumé des livres dans ce billet fourre-tout, mais un lien vers la page d'une librairie, si vous voulez en savoir plus sur chacun des titres présentés. C'est parti, par année de lecture ! (vous allez voir, c'est quand même effarant...)

2016

Vous vous souvenez du film L'Effet Papillon ? On prend les mêmes ingrédients, en un peu moins trash : une héroïne sympathique qui se réveille un beau matin en étant un homme et qui va se servir de cette trasnformation pour essayer de mieux comprendre l'autre sexe. Comique de situation et légèreté sont les maîtres-mots de cette comédie. Amusant à lire. On s'est tous demandé ce que serait notre vie si... (à vous de terminer cette phrase ! Pour ma part, j'ai plein de "Et si..." qui me viennent en tête et j'aimerais bien voir ce qu'aurait pu être ma vie si j'avais opéré d'autres choix).

 

 

Afficher l'image d'origineUn château familial dans la campagne anglaise, un rubis dérobé, un Noël traditionnel. Une nouvelle très plaisante de la Reine du crime que j'aurais préféré être un roman pour me glisser dans cet univers suranné que j'aime tant.

 

 

 

 

Le cocktail idéal pour se changer les idées : une romance prévisible sur fond de pâtisserie dans un petit village perdu sur une petite île au Sud des États-Unis. Étonnamment, j'ai dû m'y reprendre à trois fois pour lire ce roman et hormis le côté doudou de la pâtisserie et la confection des cupcakes, il ne me reste pas grand chose de cette lecture de cet été. 

  

 

 

Un roman très sombre, qui m'a mise mal à l'aise. La guerre, la délation et la violence dominent ce texte primé mais qui m'a rappelé certaines lectures de Giono que j'avais détestées plus jeune.

 

 

 

 

Un cryptogramme mystérieux qui a traversé les âges - le carré de Sator - découvert sur les ruines de Pompéi et qui aurait servi de sigle de ralliement aux premiers chrétiens que Néron a persécutés durant son règne. Un roman prêté par un collègue, qui avait tout pour me plaire : l'époque, la forme, le côté mystérieux de ce cryptogramme que j'ai pu voir à la Maison Forte de Reignac en Dordogne cet été mais pourtant le charme n'a pas opéré et je n'ai pas été passionnée par ces pages.

 

 

 Un roman dévoré durant mon périple en sac à dos au Vietnam évoquant la relation qu'entretient une jeune adulte et son grand-père, parti sur les routes avec un ami. Je garde le souvenir d'une belle relation inter-générationnelle, au travers de sms échangés et d'un roman assez fort.

 

 

 


Un autre roman dévoré durant mon périple au Vietnam, un classique de la littérature que j'avais envie de découvrir car il évoque un pays dans lequel j'étais. J'ai été subjuguée par la plume de Duras, transportée par son style dans cette histoire d'amour interdite. 

 

 

 

Je crée ma BD avec Mortelle AdèleUn coffret complet pour découvrir comment réaliser soi-même sa BD, accompagné de l'héroïne malicieuse Mortelle Adèle. Planches à découper, bulles, exercices à réaliser, j'ai trouvé cette publication très intéressante mais un tantinet trop difficile pour le public visé (à partir de 8 ans, je dirais plutôt 10 ans).

 

 

 2015

Une lecture singulière, qui oscille entre amour et violence, entre horreur et espoir. L'histoire d'un père monstrueux et de son fils, qu'il a élevé coupé de tous, dans une cabane au fond des bois. Un texte fort, porté par une langue extrêmement travaillée. Une lecture choc dont on ne ressort pas indemne.

 

 

 

Fabuleux essai sur la saga Star Wars et la culture américaine contemporaine à travers ce prisme. Même sans être fan de George Lucas et son univers, on se plonge avec effroi dans ce texte écrit par un spécialiste de la géopolitique et des États-Unis pour mieux comprendre ce pays aujourd'hui. A lire ! 

 

 

 

L'Ecosse du 17e siècle et ses traditions, une jeune fille accusée de sorcellerie se raconte dans sa geôle, en attendant le bûcher. Un roman magnifique, qui m'a arraché pas mal de larmes. Une écriture à couper le souffle, poignante, vibrante, une ode à l'Ecosse. Un très beau souvenir de lecture et une auteure que j'ai envie de découvrir davantage.

 "On a quelque fois tant à dire qu'on ne peut le dire. Quelquefois, mieux vaut ne pas faire des adieux." (p.119)

"Ne faites pas la guerre. Combattez avec votre plume. Lancez votre cri de bataille à l'encre, écrivez vos rêves." (p.435)

 

Un roman de Carole Martinez qui m'a remuée, beaucoup, mise mal à l'aise aussi. Une écriture toujours aussi belle, mais une histoire sombre qui m'a hantée et dont j'ai eu du mal à me défaire. Impossible de chroniquer ce roman, de parler de cette voix d'outre-tombe qui raconte son destin funeste. 

 

 

 

Un touriste occidental à Bali qui entreprend un chemin personnel avec un guide rencontré sur l'île. Un guide de développement personnel qui se cache derrière un roman. Un livre qui m'a plu, fait réfléchir, mais dont j'aurais beaucoup de mal à parler ici. Comme beaucoup de lectures documentaires que je fais, je trouve qu'il n'a pas sa place ici et je n'ai pas envie d'en parler davantage. Il appartient à mon jardin secret et mes impressions ne regardent que moi.

 

 

 

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Un roman beaucoup plus profond qu'il n'en a l'air, avec sa boule à neige sur la couverture. Lu alors que j'étais en chantier l'été 2015, à grelotter sous ma tente. Il interroge sur la question du bonheur, avec une héroïne universitaire à la psychologie intéressante qui voit ses certitudes s'effondrer lorsqu'elle rencontre un homme qui lui plaît. Une belle lecture, qui m'avait fait m'interroger moi aussi.

 

 

 

Une uchronie prometteuse - et si la Première Guerre mondiale n'avait pas eu lieu ? - mais vraiment trop courte et rapide pour être intéressante. Les personnages sont trop rapidement esquissés, l'intrigue bâclée, et ce qui aurait pu être un formidable roman se transforme en lecture banale et qui rate son lectorat : pour les plus jeunes qui ignorent les détails de cette période historique, l'intrigue n'est pas accessible. Pour les autres, elle est trop légère.

 

 

Un roman-fleuve, incroyable, porté par une plume absolument magnifique (et encore, je parle de la traduction) mais qui m'a demandé tous les efforts du monde pour le terminer. L'intrigue est si sombre et sans espoir pour Théo, 13 ans au début du roman, et qui voit sa vie basculer lors d'une explosion à New York dans laquelle sa mère perd la vie et qu'il récupère un tableau célèbre, que j'ai dû faire plusieurs fois des pauses dans ma lecture pour affronter la descente aux enfers du jeune homme.

 

 

La nuit tombée

Un homme seul sur sa moto part retrouver la zone interdite de Tchernobyl, lieu de son enfance. A l'occasion des 30 ans de la catastrophe en avril 2015, j'ai fait plusieurs lectures sur ce thème dont celle-ci, qui m'a secouée beaucoup. Cette nature dévastée, ces survivants marqués par la catastrophe, ces malades et ces morts qu'on tait. Une lecture qui fait froid dans le dos. 

 

 

 

Une belle adaptation BD du roman de Julien Blanc-Gras, parti découvrir le monde en tant que touriste. Un album découvert avant le roman, mais dont j'ai apprécié le trait et le style. J'ai bien envie de découvrir le roman, passionnée de voyage et d'exploration comme l'auteur.

"Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Touriste, ça me suffit."

 

Un album qui se déroule au Moyen Âge et dans lequel le petit héros refuse de devenir bourreau comme son père, préférant les plantes comme sa mère. Mais pour comprendre le mot qu'elle lui a laissé, il doit apprendre à lire ! Un jolie histoire, portée par des graphismes ronds et des couleurs douces. Un album qui plaira aux jeunes lecteurs sans hésiter !

 

 

2014

Qu'on se le dise, j'adore Bastien Vivès. Et je me demande bien pourquoi je ne suis pas plus attentive à ses parutions... Quoiqu'il en soit, Le goût du chlore est encore une fois un très bel album en noir et blanc qui raconte la rencontre d'un jeune homme et d'une jeune fille à la piscine. Entre longueurs et silences, leur rencontre dans le bassin est très émouvante. 

 

 

 

Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi je n'ai pas chroniqué cette merveille ? Une BD sans texte, aussi onirique que poétique, qui raconte le destin d'un homme qui quitte tout dans l'espoir d'une vie meilleure dans un monde qui lui est étranger. Un bijou encensé il y a quelques années sur les blogs et dont je n'ai pas pris le temps de parler... 

 

 

La redécouverte de cet écrivain autrichien à travers ces lettres échangées avec un correspondant et dans lesquelles il évoque ses réflexions sur la solitude, l'art, la vie. Un texte conseillée par une amie et qui m'a bouleversée.

 

 

 

 

 

J'ai découvert Bridget quand j'étais lycéenne, bien avant la sortie de ses aventures au cinéma. Depuis, c'est une histoire d'amour qui dure, qui dure... Me replonger dans ce second tome, c'est comme retrouver une vieille copine avec qui discuter, entre déboires sentimentaux et crises existentielles. Pour ceux qui aiment le film, ruez-vous sur les deux premiers romans d'Helen Fielding, petit bijoux d'humour anglais absolument truculents. A lire et à relire sans modération pour rire toujours autant de et avec Bridget !

 

 

Une BD comique sur fond de Far West de la Ruée vers l'or. Un étrange document qui pourrait changer la face des Etats-Unis. Une série que j'avais eu plaisir à découvrir, écrite par Lupano et portée par des dessins aussi ronds que soignés.

 

 

 

 

Un frère et une soeur qui héritent, à la mort de leur père, de son restaurant étoilé. Mais il va falloir beaucoup de ruse et d'imagination pour sauver le restaurant paternel des dettes que celui-ci avait contractées. Un album agréable, porté par le scénario d'Arleston, le papa des Trolls de Troy, au dessin un peu manga. Une série que je n'ai pas poursuivie.

 

 

2013

La tectonique des plaques

Entre Margaux Motin et moi, c'est une histoire qui dure depuis ses débuts. Avec La tectonique des plaques, son troisième album l'illustratrice et blogueuse aborde la question du changement de vie, quand à 35 ans et mère célibataire elle décide de commencer une nouvelle histoire d'amour. Plus réaliste et un tantinet moins barré que ses deux précédentes publications, cet album est quand même promesse d'une belle rigolade !

 

 

Le mystère du hareng saur

Rien ne va plus dans le monde des livres et pour Thursday Next ! Si vous me connaissez, vous savez à quel point j'adore cette série complètement barrée et loufoque de Jasper Fforde, ode à la littérature anglaise et aux distorsions temporelles. Encore un tome à dévorer d'urgence !

 

 

 

 

Plan B pour l'étéUne belle histoire de relation inter-générationnelle entre une adolescente et sa grand-mère, la première étant contrainte de passer l'été avec la seconde. De la légèreté, des retournements de situation, des personnages attachants. Un bon roman ado que j'avais adoré découvrir !

 

 

  

Swing à BerlinUn très beau roman qui se déroule en 1942, quand Goebbels décide de créer un groupe de jazz pour remonter le moral des troupes et que Wilhem Dussander, pianiste émérite, est contraint d'accepter de recruter d'autres musiciens. Un roman percutant, abordant une époque maintes fois traitée en littérature de jeunesse, mais par le prisme de la musique. C'est intéressant, culturellement et historiquement documenté sans être indigeste. Parfait !

 

 

 LuzUn roman lourd, sur l'adolescence et ses violences. J'avais eu du mal à rentrer dedans, à comprendre où voulait en venir l'auteur. A pourquoi il faisait subir tout ç à son héroïne. Des pages dont j'avais été soulagée de sortir.

 

  

 

 

La drôle de vie de Bibow BradleyUn roman incroyable qui relate le destin de Bibow Bradley, dont la vie semblait pourtant toute tracée, dans sa petite ville de l'Illinois et qui, enrôlé pour la guerre du Vietnam, la traverse en observateur extérieur. Un excellent souvenir de lecture, et un roman sacré Pépite du roman adolescent au Salon de Montreuil en 2012.

 

 

 

InfiltrésUne mission secrète commanditée par la CIA et un adolescent hacker de génie dans un fauteuil roulant. L'intrigue fonctionne bien. Je me souviens d'une lecture au rythme dense, qui ressemble à un film d'action. A proposer sans hésitation aux adolescents, ne serait-ce que pour la question du handicap, finement traitée. 

 

 

 

2012

Un album signé Jodorowski, avec comme personnage principal un mime durant la Seconde Guerre mondial, qui parce qu'il évoque la Résistance alors que des SS sont dans le public, sera mutilé et envoyé en camp de concentration. Une lecture forte, portée par des dessins magnifiques. Un excellent souvenir !

 

 

 

Imaginez un train bloqué en pleine tempête de neige avec des adolescents qui commencent à avoir des accès de démence. Bienvenue dans Peur Express, un thriller ado rudement bien ficelé qui m'avait plu autant qu'il m'avait glacée !

 

 

 

 

Six adolescents marginaux réunis dans une mission secrète pour infiltrer la mafia taïwanaise. Chacun avec son trouble -l'hyperactivité, la dépression, la trisomie, la bipolarité, l'autisme, la dépendance aux jeux vidéo - ils vont unir leurs forces pour mener à bien leur mission. Encore une fois la question du handicap traité comme une force. Un roman que j'avais trouvé intelligent et bien mené.

 

 

 

L'adolescence de l'auteur, Vincent Cuvellier, qui, sorti du système scolaire, est perclu de doutes et d'échecs mais tenu par une certitude : plus tard, il sera écrivain. Ce texte est le récit de cette période trouble, mue par un instinct fort. Une écrite franche, incisive et un rythme rapide. A mettre entre les mains de ceux qui, à cet âge, aiment manier la plume.

 

 

 

Quand des adolescents décrocheurs partent en randonnée avec des animateurs pour redonner un sens à leur vie et redécouvrir la nature. Un roman court, très fort, violent parfois, et qui m'avait laissée un peu sonnée, une fois la dernière page tournée.

 

 

 

 

La photoQuand tous les personnages présents sur une photo la commentent et donnent leur version de cette journée. Un roman très court, teinté de poésie, porté par l'écriture sublime de Marie Desplechin. Une belle rencontre.

  

2017 peut arriver : je déclare officiellement qu'il n'y a plus de chroniques en retard sur ce blog !

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04 décembre 2016

Read-a-thon de Noël, c'est parti ! [billet mis à jour toute la journée]

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Je vous l'annonçais dans mon billet hier : c'est aujourd'hui que je participe au Read-a-Thon de Noël organisé par Chicky Poo et Samarian (merci les filles pour l'organisation au top !)

 Au programme : 12h de lecture, de 8h à 20h, sur le thème de Noël (je ne pensais pas être d'attaque dès 8h vu que je sortais hier soir et vu surtout que je suis un peu grippée mais si, miracle !) Depuis que j'ai ouvert mon blog et que j'ai découvert le concept du Read-a-Thon (ou RAT), j'essaie d'en faire un par an et de consacrer une journée entière à la lecture avec d'autres blogueuses. C'est vraiment une superbe expérience, intéressante sur bien des points ! Pour cette édition, n'hésitez pas à aller encourager les autres participantes (nous sommes 39 en tout !) :  - Samarian - Myrtille Chicky Poo - Mélodie - tea-rex - MademoiZelle Jo - Ophélie - Les femmes qui lisent sont dangereuses - Cazadora - Nahe - No Place Nowhere - MissK - Même les sorcières lisent - DidineTouloulou - Jelydragon - Elodie - Sophie - Dawn - Fondant Griotte -Tiadeets -maelysaimelire -La bibliothèque de Momiji Bullette - Lou - Lylou - L'or rouge -Little A - Pitiponks - Sogirlwriting - agdel - Sorbet Kiwi - Kimy Smile - Lilas Violet - Ma vie et compagnie - Northanger - Nath - Hilde - Margotte.

Bon, trêve de blablas, commençons les choses sérieuses : faute d'organisation au top, je n'ai pas vraiment de grignotes pour ce RAT, hormis les petits pains d'épices à la cannelle que j'ai faits cette semaine. Comme j'ai peu d'appétit en ce moment, ça ne devrait pas prêter à conséquence. En revanche, la réserve de thé est faite et je ne tomberai pas à court de mon précieux breuvage, c'est l'essentiel !

Quant aux livres soigneusement choisis pour l'occasion, ils ont tous pour décor la période de Noël ! Ma PAL spéciale RAT de Noël se compose donc de :

  • Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy
  • Une part de ciel de Claudie Gallay
  • Un Noël sans fin de Kristen Rivers (sur ma liseuse)
  • Christmas Pudding d'Agatha Christie (sur ma liseuse)
  • La danse hésitante des flocons de neige de Sarah Morgan (sur ma liseuse)

De la romance, de l'historique, du policier... Cette PAL est hétéroclite, à la hauteur de ce que j'aime !

 Read-a-thon de Noël

 Allez, il est 8h, je déclare officiellement le Read-a-thon de Noël à Bouquinbourg ouvert !

 8h : Une décoction de gingembre pour contrer le vilain rhume qui me guette depuis jeudi - la faute au retour du salon de Montreuil où j'ai emmené des élèves et qui s'est terminé par 4h d'attente dans le froid faute de transports - et je commence avec Christmas Pudding d'Agatha Christie dans mon lit (c'est Hilde hier qui m'avait donné envie de découvrir cette enquête de Poirot que je ne connaissais pas. Merci si tu passes par ici !) Rien de mieux que la Reine du crime et une enquête de Poirot dans la campagne anglaise pour commencer cette journée !

8h40 : Je viens de terminer Christmas Pudding, (59 pages lues) une courte nouvelle assez sympathique d'Agatha Christie mais que j'aurais souhaitée plus longue pour profiter davantage de l'ambiance de Noël très traditionnelle dans un château anglais. Une douche chaude, un tour chez les autres participantes et je continue ! Je ne sais pas encore avec quelle lecture... A voir.Home sweet home

10h13 : Ma première pause s'est un peu éternisée. Petit tour chez les autres participantes, douche brûlante pour essayer d'endiguer le rhume qui semble vouloir s'installer et me fatiguer (je vous passe la minute glamour du lavage de nez et d'inhalations aux huiles essentielles !), préparation de ma première tasse de thé noir et d'un petit déj' sain et consistant (banane, compote de pommes, amandes, baies de goji et cannelle), migration vers le canapé, choix de ma nouvelle lecture, petit tour sur Insta, bref, on a connu plus efficace ! Cette fois, ça y est, je recommence ! J'ai jeté mon dévolu sur Un Noël sans fin de Kristen Rivers. A tout à l'heure !

11h55 : Avec un rythme de lecture de tortue du à mon cerveau embrumé par mon rhume, j'ai réussi à lire 84 pages d'Un Noël sans fin. L'intrigue est classique et reprend celle d'Un jour sans fin avec Bill Murray : l'héroïne, qui déteste Noël, se voit contrainte de revivre la journée du 24 décembre en boucle. C'est léger, pour l'instant ça me va bien. Je vais voir si je continue d'être séduite par la suite. Pour l'heure, il est temps de préparer de quoi me réchauffer et me nourrir ce midi. Je concocte une poêlée forestière maison et pars voir ce qui se passe par chez vous !

13h25 : C'est reparti ! Mon repas chaud et consistant avalé, je me suis préparé une infusion Yogi Tea et je reprends ma place au soleil sur le canapé. Je continue ma lecture d'Un Noël sans fin. Nath m'a ensuite proposé une lecture commune d'Un goût de cannelle et d'espoir donc je sais quelle sera ma prochaine lecture !

Casse-noisette16h30 : Terminé Un Noël sans fin (254 p.) ! J'ai lutté contre la fatigue qui m'a assaillie après manger et contre mon rhume qui persiste et signe et j'ai vaillement terminé ce roman feel good qui se passe à Strasbourg. Je vais aller me préparer une nouvelle tasse de thé chaud, chercher de quoi grignoter dans mes placards avant de passer sur vos blog et de commencer Un goût de cannelle et d'espoir. Le jour se couche, le froid arrive. Il est temps d'allumer les bougies et les lumières !

19h36 : Je relève la tête. Ce roman m'absorbe complètement. J'en ai lu une petite centaine de pages pour le moment (belle performance, petite tortue va !). Je pensais arrêter le RAT à 20h, faisant ainsi 12h de participation (je ne vais pas dire de lecture parce que j'ai fait pas mal de pauses...) mais j'ai vraiment du mal à lâcher Un goût de cannelle et d'espoir. L'intrigue alterne l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale dans un boulangerie familiale contrainte de collaborer avec le régime et le Texas en 2007, dans la boulangerie que tient la fille de cette famille. Les deux intrigues, liées par les personnages, sont très prenantes. Difficile de lâcher ces pages. Je continue donc, je verrai combien de temps... Bonne continuation à celles qui y sont encore, je passerai plus tard chez vous !

21h03 : Je déclare officiellement ce RAT de Noël terminé ici ! 13h consacrées à la lecture, durant lesquelles j'ai essayé d'y être au maximum, malgré le rhume qui s'est abattu sauvagement sur moi !^^

Bilan des courses : j'ai lu 59 pages de Christmas Pudding, 254 pages d'Un Noël sans fin et 147 pages d'Un goût de cannelle et d'espoir. Ce qui fait un total de 460 pages pour aujourd'hui, soit 1 roman et une nouvelle terminés et un roman en court ! Ce n'est pas faramineux, mais vu mon état, je ne pensais pas réussir à lire tout court (je pensais sombrer sous mon plaid en 3 minutes mais à part vers 14h où le sommeil m'a guettée, j'ai été alerte tout au long de la journée... enfin, alerte au maximum de ce que je pouvais donner vu mon état !) Les innombrables tasses de thé que j'ai bues m'ont accompagnée tout au long de cette journée, comme ma décoction de gingembre et le remède indiqué par Nath en commentaire. Merci aux organisatrices pour ce Read-a-thon de Noël. Encore une très belle journée sous le signe de la lecture et une expérience fort intéressante d'immersion et de partage. Bonne continuation à celles qui poursuivent encore.

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30 novembre 2016

L'éveil de Mademoiselle Prim, Natalia Sanmartin Fenollera

L'éveil de Mademoiselle PrimL'éveil de Mademoiselle Prim est le premier roman de la journaliste espagnole  Natalia Sanmartin Fenollera paru en 2013 chez Grasset. Véritable ovni littéraire, il a été publié dans plus de soixante-dix pays.

Imaginez un petit village du nom de Saint-Irénée d'Arnois dans lequel les habitants - qui ont fui le monde moderne - ont créé un petit paradis où la simplicité et le bonheur des choses simples règnent. Ici, les commerçant vendent leurs produits, l'économie est locale, l'instruction des enfants est faite par les adultes et aucune réunion ne se tient sans une théière et une montagne de délices à déguster. La lecture et l'étude tiennent une place toute particulière dans ce village où les habitants viennent d'horizons divers. C'est en répondant à une petite annonce que Prudence Prim, trentenaire érudite et qui pense être née à la mauvaise époque, atterrit à Saint-Irénée d'Arnois. Au service d'un homme un peu plus âgé qu'elle qui a en charge les quatre enfants de sa défunte soeur, Prudence organise la bibliothèque personnelle de la maison. Mais la vie dans ce petit village va bouleverser son équilibre personnel.

Repéré chez Fondant il y a quelques temps, ce roman au titre singulier (mais pourquoi donc est-il question d'éveil ?) avait attisé ma curiosité. Et je dois avouer que si je m'attendais à une intrigue un peu éculée et un brin de romance, j'ai été assez déroutée. Oui il y a de la romance, oui, il est question de livres, mais pas que.

De Prudence, le lecteur sait peu si ce n'est qu'elle a abandonné un métier dans lequel elle ne s'épanouissait pas pour s'installer à Saint-Irénée d'Arnois. Des autres personnages, l'on en apprend aussi peu au fil des pages, qui font davantage l'éloge de cette vie simple qu'ils ont choisie et de leur quotidien, que des raisons qui les ont poussés à renoncer à tout pour venir ici. Ce village fictif où le temps semble s'être arrêté fait la part belle à la culture et tous ses habitants semblent être mus par le même désir de bonheur simple. L'intrigue rend hommage à la littérature (il est question entre ces pages de Virgile, Horace, Jane Austen, Dickens, Elizabeth Gaskell ou encore Louisa May Alcott) et aux livres, véritables trésors que l'employeur de Prudence (dont le lecteur ignore jusqu'au nom) pense qu'il faut les découvrir dans un certain ordre.

C'est un véritable éveil que Prudence Prim va vivre en allant à Saint-Irénée d'Arnois, un éveil de sa conscience mais aussi un éveil sentimental. Difficile d'en dire beaucoup plus sans vous révéler trop de détails. Si j'ai passé un agréable moment en compagnie de ces personnages lettrés et ô combien stimulants, j'avoue avoir perdu un peu de vue parfois où l'auteur voulait en venir réellement. Il me reste beaucoup de questions en suspend et une gêne quant aux relents passéistes en refermant ce roman pour que je reste sur un sentiment autre que mitigé.

D'autres lecteurs : Aifelle, , Tante Fi, etc.

"Cherchez donc la beauté, mademoiselle Prim. Cherchez-la dans le silence, cherchez-la dans le calme, cherchez-la au milieu de la nuit et cherchez-la aussi à l'aurore. Arrêtez-vous pour fermer les portes tandis que vous la cherchez, et ne vous étonnez pas si vous découvrez qu'elle ne vit pas dans les musées ni ne se cache dans les palais. Ne vous étonnez pas si vous découvrez finalement que la beauté n'est pas un quoi, mais un qui." (p.330)

"Elle avait appris à fermer les portes. Elle avait appris à  les ouvrir doucement et à les refermer avec précaution et exactitude. Et quand on apprend à fermer les portes, pensa-t-elle en regardant le couple d'amoureux, d'une certaine façon on apprend à ouvrir et fermer correctement tout le reste. Lorsqu'on fait les choses correctement, le temps paraissait s'étirer indéfiniment." (p.341)

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04 septembre 2016

La Passe-Miroir T.2 Les disparus du Clairdelune, Christelle Dabos

A66198Les disparus du Clairdelune est le deuxième tome de la série La Passe-Miroir imaginée par Christelle Dabos. Il est paru en octobre 2015 chez Gallimard.

Émigrée au Pôle où elle est sur le point d'épouser Thor, la jeune Ophélie peine à s'accoutumer à la vie à Citacielle. Promue vice-conteuse par Farouk, l'esprit de famille du Pôle, la jeune liseuse observe les manigances des sujets d'un oeil circonspect. Son fiancé, Thorn, est toujours aussi mystérieux et Ophélie apprend avec dégoût que ce dernier souhaite l'épouser pour hériter de son don de liseuse et lire le Livre de Farouk, un manuscrit ancien auquel l'esprit de famille est très attaché. Dans le même temps, d'importantes disparitions surviennent au Pôle : d'influentes personnalités disparaissent dans d'étranges circonstances. C'est dans ce contexte tendu et opaque et que la famille d'Ophélie décide de lui rendre visite...

Souvenez-vous... J'avais adoré le premier tome et je n'avais qu'une hâte : découvrir la suite des aventures d'Ophélie. Et je n'ai pas été déçue par ce second tome, bien au contraire ! Christelle Dabos continue de tisser minutieusement la toile de son intrigue et de délimiter progressivement l'univers qu'elle a inventé. Ce second tome poursuit sur le même rythme assez lent que le premier et le lecteur suit le quotidien d'Ophélie dans cette cité pervertie par les intrigues et les complots. Difficile d'y voir clair, de cerner les personnages et de connaître les alliés de la jeune fille, et c'est justement ce qui est intéressant. Pas de manichéisme, aucune facilité dans ce petit monde qui n'est pas sans rappeler celui de la cour royale en France. Personne n'est foncièrement bon ni mauvais, et c'est la force de cette série : brouiller les pistes, les frontières, pour plus de vraisemblance.

L'univers que Christelle Dabos donne à voir est régi par des règles solides et la jeune auteure nous montre l'étendue de son talent dans ce second opus. L'intrigue est bien ficelée, avance par étapes, mais le lecteur de sentir que ce second tome n'est qu'un élément d'un ensemble bien plus vaste et dont il ne connaît pas encore tous les rouages. On en redemande, une fois la dernière pas tournée. Et c'est suffisamment rare en jeunesse de mon côté que je tiens à le signaler...

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