Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 septembre 2018

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puertolas

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IkeaL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea est le premier roman publié par Romain Puertolas. Il est paru en 2013 aux éditions Le Dilettante. 

Ajatashatru Lavash Patel est un escroc fakir venu chercher en France un nouveau lit à clous chez le géant du meuble suédois. Malheureusement pour lui, il se retrouve rapidement coincé dans une armoire et baladé de pays en pays, au gré de la marchandise. Clandestin involontaire, il rencontrera de vrais clandestins soudanais qui fuient leur pays, une belle parisienne qui fera chavirer son coeur, un chauffeur de taxi furieux d'avoir été arnaqué, et du Royaume-Uni à l'Espagne en passant par la Lybie, Ajatashatru Lavash Patel vivra de rocambolesques aventures. 

J'ai tourné autour de ce roman un moment avant de décider d'en écouter sa version audio, lue par Dominique Pinon. Rocambolesque est bien le terme qui définit cette épopée drôle et loufoque. L'intrigue à tiroirs fait penser aux aventures de Jules Verne, le personnage d'Ajatashatru Lavash Patel étant empreint d'un humour féroce et d'une candeur très fraîche. C'est léger et drôle, avec une réflexion sur la condition de clandestin (l'auteur faisant lui-même partie de la police aux frontières) mais je n'ai pas pris un plaisir immense à écouter les tribulations de cet indien malchanceux. A tel point que je passe sans problème à côté de son adaptation ciné, sortie en mai cette année. 

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17 septembre 2018

Le confident, Hélène Grémillon

Le Confident, Hélène GrémillonLe confident est le premier roman de la femme de lettres française Hélène Grémillon. Il est paru chez Plon en 2010 et a connu dès sa parution un grand succès en France et à l'international.

La mère de Camille vient de décéder. La jeune femme, bouleversée, répond de façon automatique au courrier de condoléances lorsqu'elle découvre une étrange lettre. Le courrier, anonyme, évoque une histoire d'amour durant la Seconde Guerre mondiale. Camille croit d'abord à une erreur de destinataire, puis à un auteur qui souhaite être original pour lui envoyer son manuscrit - Camille est éditrice - mais comprend au fil des lettres que cette histoire la concerne, elle et sa famille.

J'ai emprunté ce roman un peu par hasard à la médiathèque, cherchant un nouveau livre audio pour mes trajets. Dès le premier chapitre, mon attention a été happée. Hélène Grémillon tisse une intrigue alternant passé et présent, prise en charge en alternance par plusieurs narrateurs. Camille, le personnage principal, reçoit les lettres de Louis - elle apprend vite son prénom - qui était éperdument amoureux d'Annie, une jeune fille de son village, en 1938, avant que la guerre n'éclate. Celle-ci, douée en peinture, s'était liée d'amitié avec une parisienne venue s'installer dans leur village. Mais leur amitié devint rapidement malsaine lorsque Mme M., c'est ainsi que Louis la nomme, confia à Annie son désarroi de n'avoir pas pu avoir d'enfant. Je n'en dirais pas plus pour garder le suspense entier de cette intrigue complexe s'il en est, où amours impossibles et jalousie se chevauchent.
La plume d'Hélène Grémillon est juste et précise, chacun des personnages ayant son style propre - renforcé dans la version audio par les voix des comédiens, Carole Bouquet, Jacques Weber, Sara Forestier et Hélène Grémillon elle-même -, et dévoilant peu à peu de terribles révélations. Un premier roman d'une intensité rare, émouvant et terrible. A découvrir sans hésiter !

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07 juin 2018

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles, Olivier BourdeautEn attendant Bojangles est le premier roman de l'écrivain français Olivier Bourdeaut paru en janvier 2016 aux éditions Finitude. Plusieurs fois primé, il a remporté un grand succès dès sa sortie.

Ils s'aiment d'un amour fou. Lui, George, ancien homme de loi reconverti en ouvreur de garages, elle, au prénom inconnu puisque son mari la nomme chaque jour différemment, amoureuse de la vie fantasque qu'elle s'invente. Tous les deux dansent, chaque jour, sur Mr Bojangles chanté par Nina Simone, devant les yeux ébahis de leur fils. La vie du trio n'est qu'un tourbillon de fantaisie et de drôlerie : les invités se succèdent, l'alcool coule à flot, les disques tournent en boucle tandis que Mme Superfétatoire, la grue domestiquée par la famille, amuse la galerie. Tout n'est qu'amusement et loufoquerie. Mais  l'équilibre de cette douce folie se rompt le jour où un percepteur d'impôt vient sonner à la porte. 

Deuxième roman que je découvre en livre audio, En attendant Bojangles m'a complètement charmée. Je l'avais dans ma PAL depuis longtemps en version papier (depuis sa sortie !) mais je n'avais pas pris le temps de le découvrir. Un trajet ce week-end m'a permis de me plonger dans la version audio empruntée à la médiathèque.  
La voix de Louis Arène, de la Comédie-Française, donne vie à ces personnages fantasques et corps à cette intrigue ubuesque, tandis que les intermèdes musicaux de Nina Simone scandent l'intrigue. La narration alterne entre les souvenirs du narrateur enfant devenu adulte et le journal de son père. Les réminiscences divergent de l'un à l'autre, l'enfant et son oeil naïf ne voyant dans la fantaisie de sa mère qu'une fraîcheur innocente, quand son père, dès le début, sait que la folie se tapit dans un recoin, et qu'elle peut à tout instant faire voler en éclat l'équilibre mental de sa chère et tendre. 
La plume d'Olivier Bourdeaut est d'une musicalité sans borne (et en livre audio le résultat est d'autant plus fort !), l'auteur jouant sur les mots, leurs sonorités et les figures de style pour créer un non-sense absolument délicieux. 
C'est bien simple : je n'ai pas vu passer les 3h d'écoute, moi qui avais eu beaucoup de mal avec mon premier livre audio. Je me suis immergée dans cette intrigue drôle et émouvante, ode à un amour fou si romanesque. Je ne vous en dirai pas plus... Un coup de coeur indéniable à côté duquel je vous déconseille de passer ! 
Les avis de BlandineEnnaFolavril, Helene, ItzamnaJerome, LeiloonaMadameNatiora, Noukette, etc. 

  En bonus un entretien d'Olivier Bourdeaut

 

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04 mars 2018

Les morts de la Saint-Jean, Henning Mankell

LES MORTS DE LA SAINT JEANLes morts de la Saint-Jean est un roman policier du suédois Henning Mankell mettant en scène l'inspecteur Kurt Wallander. Il est paru en 1997 en Suède et en 2001 en France aux éditions du Seuil.

Août 1996. La police d'Ystad piétine sur la disparition de trois jeunes gens, durant la nuit de la Saint-Jean. La mère de l'un d'eux est persuadée qu'il leur est arrivé malheur, tandis que des cartes postales signées de leurs trois noms leur parviennent, postées d'un peu partout en Europe. L'affaire prend un autre tournant lorsque Wallander découvre que Karl Evert Svedberg, l'un de ses collègues, a été assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Ce dernier s'intéressait durant son temps libre à la disparition des trois jeunes. L'enquête bascule brutalement lorsque les corps sont retrouvés dans un parc par des promeneurs. Déguisés en costumes d'époque les trois jeunes semblent être en plein pique-nique alors que les analyses attestent que leur mort remonte à deux mois. Wallander en est sûr : les deux affaires sont liées !

J'ai longtemps été réticente mais j'ai enfin sauté le pas : ce roman est mon premier livre audio ! 17h10 d'écoute, essentiellement durant mes trajets pour aller travailler. Et si au début l'expérience m'est apparue très agréable, je me suis rapidement lassée, trouvant que le rythme était trop lent et que l'intrigue piétinait un peu. Je ne suis pas une grande adepte des polars contemporains, les trouvant souvent trop violents et répétitifs, mais une collègue m'ayant chaudement recommandé celui-ci, j'ai succombé en l'empruntant à la médiathèque. 
Outre la lenteur due au temps d'écoute (je lis plus rapidement !), j'ai trouvé que l'intrigue démarrait rapidement pour s'enliser progressivement, à l'image d'un Wallander vieillissant, souffrant de diabète et de surpoids. Les enquêteurs stagnent dans leur réflexion, s'égarant dans des pistes que le lecteur sait être des leurres. La narration est en effet parfois prise en charge par le tueur, ce qui donne au lecteur une longueur d'avance sur les personnages. Le suspense est moindre donc, et rapidement le lecteur de comprendre les contours du dénouement. Ne reste que le mobile. Un polar qui m'a détendue un temps, donc, mais qui n'a pas su capter réellement mon intérêt et dont je vais oublier le dénouement rapidement.

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